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Soldat, va dire au monde…

Dans “Crisis Core”, on apprend que Weiss et Nero avaient demandé à Genesis de les aider à prendre le contrôle du très secret Deep Ground, pour se libérer de la tyrannie des Restrictors et des scientifiques de la Shinra. Le Soldat, ayant d’autres priorités, refusa…

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Texte : Shiva Rajah
Illustration : Studio Gothika
***
Le cadet devait supporter
Les expériences et contusions.
Le plus âgé l’indignité
Des insultes et humiliations.
Ils espéraient, nuit après nuit,
Un miracle ou une délivrance
Ils priaient pour que leur ami
Dénonce tant d’indifférence.
*
Courage, Soldat ! Brise le silence !
Raconte au monde notre vie
Ami, fais preuve de vaillance.
Viens-nous en aide, je t’en supplie…
*
Nero le croyait homme d’honneur
Et Weiss homme de décision
Mais quand, par une nuit d’horreur,
On sépara les deux garçons,
Nero finit dans un sous-sol
Où nul ne descendait jamais.
Et Weiss, captif à l’entresol,
Ne pouvait que l’entendre hurler.
*
Courage, Soldat ! Brise le silence !
Raconte au monde notre vie
Ami, fais preuve de vaillance.
Viens-nous en aide, je t’en supplie…
*
Nero, sans cesse, entre deux coups,
Appelait Weiss de sa prison
Et on lui marquait l’autre joue
De la boucle d’un ceinturon…
Weiss répondait, crevant de haine,
Se débattait, mais ses bourreaux
Agrémentèrent ses lourdes chaînes,
D’épines qui déchiraient sa peau.
*
Courage, Soldat ! Brise le silence !
Raconte au monde notre vie
Ami, fais preuve de vaillance.
Viens-nous en aide, je t’en supplie…
*
Mais Genesis ferma les yeux,
Délaissa ses amis d’enfance.
Ses cheveux roux, ses traits gracieux,
Valaient bien toutes leurs souffrances.
Si le bourreau des deux garçons
N’était pas le seul à pouvoir
Préserver son corps d’Apollon
Il y aurait eu quelque espoir…
*
Courage, Soldat ! Brise le silence !
Raconte au monde notre vie
Ami, fais preuve de vaillance.
Viens-nous en aide, je t’en supplie…

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Lumière

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Auteur : Ayame Nightbreed

Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

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Journal de Weiss - Première page

La plus belle des libertés est sans doute celle d’être maître de ses mouvements. Pouvoir aller là où l’on veut, quand on le veut…

En être privé, c’est comme être privé de lumière. Mais je suis mal placé pour dire une chose pareille.

Quand je ferme les yeux, je ne vois qu’une blancheur aveuglante et cette couleur est la mienne. Il s’agit sans doute de ma supposée pureté. Ils disent que je suis fait de lumière. Mais mes jours sont gris, et mes nuits sont noires.

On se lasse vite d’une couleur uniforme, mais c’est toujours mieux que ma cage de béton et de mako. Ils m’ont enfermé là il y a peu de temps, tout près du cœur du réacteur. Je suppose qu’ils espèrent doubler, voire tripler mes capacités.

De temps en temps, on me laisse aller et venir dans la ” salle du trône “, comme ils l’appellent. On m’a même donné de quoi écrire. Nero le fait déjà, lui ; il m’a dit une fois que cela l’aidait à ne pas perdre la raison.

Nero… Mon cher petit frère. Je l’aime tellement… Bien plus que moi-même. M’en veut-il de m’être laissé enchaîner ainsi et de l’avoir laissé seul ? Me considère-t-il encore comme son unique, son adoré grand frère ? Me hait-il ?

Lui qui ne supporte pas la solitude… Il devra maintenant vivre avec elle au quotidien.

Journal de Weiss - Page 6

Ils se doutent que je risque à tout moment de m’attaquer à eux, soit par désir de vengeance, soit parce que j’aurais perdu la raison.

Quoi qu’il en soit, si je devais tuer ceux qui m’ont créé de toutes pièces, je disparaîtrais avec eux. La raison à cela ? Un implant à la base de ma nuque - où dort un nanovirus qui provoquera un arrêt cardiaque à la moindre alerte - relié à un ordinateur surveillant mes moindres faits et gestes.

Aussi simple que cela. La solution idéale - du moins, la meilleure qu’ils aient trouvée.

Je dois me soumettre à leur volonté ; ils peuvent faire de moi ce qu’ils souhaitent … Et ils ne s’en privent pas.

Ils devraient se méfier, pourtant : l’animal blessé sur le point de se faire dévorer [...] est souvent le plus dangereux…

Journal de Weiss - Page 15

Il m’arrive de plus en plus souvent de penser à notre passé. J’ai beaucoup de temps pour ça : hormis les bains de mako et les entraînements quotidiens, il ne se passe presque rien.

C’est mon frère cadet qui a tué notre mère, le jour même de sa naissance. Ses pouvoirs ténébreux se sont éveillés à l’instant ou il a poussé son premier cri. Tout ce qui se trouvait à sa portée fut englouti dans ses Ténèbres affamées, sauf lui et moi. Mais il s’en est fallu de peu…

J’étais là, ce jour fatidique où ma vie de petit garçon fut bouleversée. Même si ma mère ne s’approchait de moi que pour me faire subir des examens, je savais qu’elle allait mettre au monde un second fils. Mon frère. Un frère à moi et rien qu’à moi ! J’ignorais alors la notion de fraternité, mais je ne voulais pas manquer sa venue au monde.

Mais les choses ne se sont pas passées comme je l’imaginais.

Je m’étais caché dans l’un des conduits d’aération, que je m’amusais à explorer ; c’était par ailleurs ma seule occupation. De là où j’étais, caché dans l’ombre, j’ai vu naître mon frère et ses pouvoirs obscurs.

Malgré mon effroi et la présence des Ténèbres, j’ai trouvé le courage de rejoindre mon frère en bas pour calmer ses pleurs. Ce petit, je l’aimais déjà. Il avait tué notre mère, c’est vrai, mais quelle importance ? Elle ne m’avait jamais porté dans mon cœur et je le savais pertinemment. Je ne devais pas lui faire penser à un fils, avec mes cheveux blancs et mes yeux trop bleus. Elle ne valait pas mieux que le reste des scientifiques.

Mais au moins, j’avais Nero près de moi, désormais.

Journal de Weiss - Page 30

Je ne cesse de penser à mon frère.

Je l’aime… Plus que tout dans ce monde clos. Comme je suis le seul capable de calmer les crises que ses Ténèbres provoquent en lui, on me laisse maintenant m’en occuper le plus souvent possible.

Pour être franc, je ne pourrais pas survivre sans sa présence. Tant qu’il est là, je garde espoir. Et s’il devait mourir, je n’aurais moi-même plus la force de combattre.

Nous ne sommes que des animaux de compagnie, des jouets. De simples possessions qu’ils exhibent fièrement. J’ai de plus en plus de mal à supporter tout ça ; les cris de mon frère, ces cris déchirants que j’entends de jour comme de nuit…

Quelques jours plus tôt, ils ont décidé de lui visser de fausses ailes mécaniques dans le dos pour remplacer ses bras. Quand je l’ai découvert, j’ai cru devenir fou.

A quoi est-ce qu’ils pensent, à la fin !?

Je les hais !

Journal de Weiss - Page 42

Je suis allé libérer mon frère, hier. Je n’y croyais pas mais tout s’est déroulé comme nous l’avions prévu.

Je savais qu’il était enfermé à quelques étages au-dessus du réacteur mais je ne l’avais jamais vu de mes propres yeux.

Nero a toujours été incapable de me dire ce qu’il endurait, là-dedans. Combien de fois l’ai-je retrouvé effondré dans sa cellule dans un état pitoyable, presque mort de faim, d’effroi et de douleur ?

Quand je le voyais dans cet état, je me sentais capable de braver tous les dangers pour le protéger des mains de ces fous. Rien ne m’importait plus que lui.

Finalement, il aurait mieux valu pour lui qu’il ne survive pas à tout cela. Quel instinct primitif a pu le pousser à supporter toutes ces horreurs ? Quel que soit son destin, il aura une vie courte; son don finira par le tuer. Je m’étonne encore qu’il ait pu vivre si longtemps sans en ressentir les effets. Son enfance et son adolescence n’ont été que ténèbres et souffrances.

Pour le protéger, j’ai dû suivre la volonté de ces hommes et devenir le plus résistant possible. Une contrainte ? Au contraire. Prendre soin de mon frère cadet est depuis toujours, plus qu’un devoir, c’est la meilleure chose que je puisse faire.

Dès qu’ils le savaient affaibli et dans l’incapacité de se servir de ton don, ils n’hésitaient pas à le malmener, à le blesser ou à tenter de nouvelles expériences sur lui. Ils espéraient sans doute découvrir ses dernières limites. Combien de fois ai-je dû calmer ses pleurs, apaiser son corps meurtri de mes caresses ?

Pour le moment, il dort ; il s’est assoupi contre moi, alors que nous étions en train de discuter. Il n’arrête pas de parler de l’extérieur, de ce que nous ferons, une fois sortis de Deepground…

J’ai du mal à être optimiste. Une fois dehors, ce sera combattre ou mourir. Nos troupes nous obéiront, elles savent déjà ce qu’elles ont à faire.

Finalement, rien ne va changer… Mais nous disposerons d’un bien inestimable : la liberté.

J’ai promis à Nero que je ne le quitterai plus jamais. Enfin, dans la limite du temps qu’il me reste, du moins.

Et il ne me reste que deux jours…

Il va bien falloir que je le lui dise, je ne peux plus lui mentir.

Journal de Weiss - Avant-dernière page

Ca y est… je vais mourir.

Je savais que je perdrai la vie en me rebellant contre eux. Mais je devais sauver Nero. Une fois que la machine serait lancée, plus rien ne peut l’arrêter, et personne ne s’opposera à lui ni au reste de Deepground. Ce dernier continuera à m’obéir. Et je suppose qu’il le fait déjà, en ce moment. Ne suis-je pas son ” Empereur immaculé ” ?

Nero… Je t’ai fait promettre de ne pas dévoiler ma mort aux autres. Nous ne pouvons pas leur faire confiance. Nous savons tous les deux ce qui se passerait s’ils venaient à le découvrir : ils se rebelleraient contre nous. Sans remettre en cause tes capacités, tu ne tiendrais pas longtemps face à une armée de cette envergure.

Tu m’as dit de t’attendre, que tu trouverais un moyen de me ramener à la vie. La mort n’a pas de secrets pour toi, mais permets-moi quand même de douter [...]…

Ils ont pensé à tout, même à notre propre fin, parce qu’ils savaient qu’un jour ou l’autre, nous les détruirions. Et, nous ayant étudiés sous tous les angles durant plus de vingt ans, ils savaient très bien comment se débarrasser de nous une bonne fois pour toutes. Alors… Il est certainement inutile de tenter quoique ce soit. Ce serait trop risqué.

Si tu mourais à ton tour, je… Non, je ne suis même pas capable d’y penser.

Journal de Weiss - Dernière page

C’est décidé : je vais t’attendre. Pour l’avoir côtoyée à maintes reprises, je sais comment éviter les griffes de la mort. Il me suffira de me réfugier dans cet océan de lumière, ma propre essence. Mon âme sera en sécurité en attendant.

Je sais déjà à quoi ma mort ressemblera. Je ne serai plus qu’une âme flottant dans une immensité lumineuse, que mes sens ne percevront pas, mais que je verrai tout de même. Ni son, ni odeur, ni matière palpable. Uniquement ce néant blanc et mes pensées.

Je dois au moins faire ça pour toi. Je m’en veux déjà tant de te laisser seul ; nous qui venions tout juste de nous retrouver. Comment vas-tu survivre dans le monde extérieur ? Ici, tous te voyaient déjà comme un monstre, alors je n’ose imaginer ce qu’on pensera de toi à la surface. Mais je te fais confiance, tu t’en sortiras.

Un jour, tu retrouveras peut-être tout ce que j’ai écrit ces dernières années. Je te l’ai toujours répété mais… Je t’aime, sache-le. Je déteste devoir te le dire comme ça : mes mots sonnent comme un adieu.

Nous nous reverrons, Nero. Nous nous reverrons bientôt.

Tu ne cesses de répéter que je suis ta lumière, la seule au milieu de tes Ténèbres. Mais Nero, si l’un éclaire l’existence de l’autre, c’est bien toi. Les Ténèbres [...] peuvent-elles rayonner d’une lueur obscure ? Je crois que oui… Tu es mon alter-ego, mon autre moi. Nous nous sommes toujours dit que nous ne faisions qu’un, tu te souviens ?

Mais nous avons deux visages : l’un noir et l’autre blanc.

Bientôt, nous serons à nouveau réunis. Alors… Sèche tes larmes, relève la tête… et ne m’oublie pas.

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Ténèbres

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Auteur : Ayame Nightbreed

Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Arisu

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Journal de Nero - Première page

Les Ténèbres…

Mes Ténèbres. Mon monde intérieur. Cette part de moi sans limite tangible.

Elles sont mon seul refuge en cas de menace. Le seul endroit - si on peut appeler ça ” un endroit ” - où je me sens intouchable. Un sanctuaire maudit auquel je dois ma survie et où nul ne peut m’atteindre.

Les plaintes des morts qui hantent mes Ténèbres sonnent comme une berceuse à mes oreilles. Une berceuse qui m’apaise depuis toujours…

Non… Ce n’est pas tout à fait vrai.

En réalité, je dispose d’un second refuge : les bras de mon frère aîné. Il va sans dire que je les préfère à mes Ténèbres. Malheureusement, contrairement à elles, je n’ai pas la possibilité de rejoindre Weiss quand je le désire.

Encore moins ces derniers temps.

Weiss… Que ne donnerais-je pour une nuit à tes côtés ?

Ta présence seule suffit à faire refluer mes Ténèbres jusqu’aux limites de mon être. Ta lumière m’apporte à la fois répit et réconfort. Elle peut parfois même adoucir mon âme jusqu’à me faire éprouver un sentiment de paix. Mais plus que ta lumière, c’est toi, Weiss qui m’es essentiel.

Ta peau, tiède et si douce ; tes mains apaisantes et aimantes ; ta voix, si chaude et si rassurante. Et tes yeux… Tes yeux d’un bleu pur agrémenté d’une touche d’or qui illumine ton visage. A eux seuls, tes yeux me renvoient l’image de ce que tu es pour moi, Weiss : l’incarnation de la perfection.

Journal de Nero - Page 17

Sans Weiss, le temps n’est plus qu’une succession de moments plus ou moins longs et éprouvants. Repos, examens, entraînement, injections de mako, examens. Repos, examens, entraînement, injections de mako, examens…

On lui permet parfois de dormir dans la même pièce que moi - quand on ne le laisse pas enchaîné à son propre trône plusieurs jours de suite. En ce qui me concerne, les nuits que nous passons hors de nos cellules respectives sont ma seule raison de ne pas perdre la raison.

Mais peut-on parler de ” nuits ” ?

De simples numéros verts sur un cadran noir, au-dessus de la porte de notre geôle, pour nous rappeler à quel point notre bonheur est éphémère : voilà ce qu’est ” la nuit ” pour nous.

Ah ! Bien sûr, j’ai déjà eu le privilège de voir la nuit, celle de l’extérieur, les rares fois où l’on nous envoie en mission à la surface. Ces nuits-là sont l’exact reflet de ma propre existence : noires, solitaires et silencieuses, et regorgeant de menaces cachées.

Journal de Nero - Page 21

Il est désormais manifeste pour ” eux “ que Weiss et moi représentons un danger non négligeable (nous sommes certainement leurs expériences les plus imprévisibles et les moins dociles). On nous séparera bientôt, j’en ai la certitude.

Journal de Nero - Page 22

On enferma Weiss au cœur du réacteur Zéro, exposé à des doses de mako mortelles pour un être normalement constitué, et moi quelques niveaux plus haut, enchaîné à plusieurs mètres du sol.

Je passai ces années seul, dans l’obscurité, à hurler et à supplier jusqu’à m’en briser la voix.

Je ne dormis presque jamais car les chaînes d’acier mordaient dans ma chair et le poids de mes ailes métalliques semblait me déchirer le dos. La douleur me tenait constamment éveillé et rares étaient les moments où je sombrais dans mes Ténèbres, terrassé par l’épuisement.

Journal de Nero - Page 27

Mon univers a toujours été fait de trois couleurs : le noir de mon essence, le blanc pur de mon frère et le rouge, celui du sang de tous ceux que l’on m’a fait éliminer ou dont j’ai choisi d’abréger la vie.

Si je regrette toutes ces morts ?

Tue et tu vivras. “ Telle était la règle d’or, au Deepground.

Difficile de dire si j’aime tuer ou non…

Impossible de nier, cependant, que j’éprouve un certain plaisir à donner la mort à ceux qui se font appeler ” humains ” et qui prétendent nous être supérieurs, faisant étalage de leur intelligence et de la liberté dont ils jouissent. Pour eux, nous ne sommes que des numéros, des bêtes qu’ils se réjouissent d’envoyer à l’abattoir. Que dis-je, des animaux ?

Non…

Les rares animaux que j’ai eu l’occasion de voir - ailleurs qu’au fond de mon assiette, s’entend - étaient bien mieux traités que les soldats du Deepground.

Les ” autres ” nous voient que comme des expériences à étudier, des curiosités qu’ils ont eux-mêmes créées, des monstres à torturer. Et c’est bien ce que nous sommes, en réalité.

Des monstres.

Je ne suis pas dupe ; je sais, pour avoir aperçu le monde extérieur, que nous ne devrions pas vivre ça. Mais à quoi bon s’apitoyer sur son sort ? C’est comme ça.

Pourtant, je ne suis pas certain que les ” autres ” valent mieux que nous…

Je les hais et les méprise presque autant que moi-même. Ils ne sont rien. Ne valent rien. Qui qu’ils soient, d’où qu’ils viennent, ils sont tous les mêmes !

Journal de Nero - Page 45

Weiss… Mon frère bien-aimé.

Ils l’ont tué !

Tout était prévu ! Tout ! Depuis le début.

Weiss, pourquoi avoir fait ça ?

Pourquoi ?

Tu disais que tu voulais me libérer, les empêcher de m’entraver dans mes propres cauchemars, dans l’obscurité de mon cœur. Tu disais que tu aurais fait n’importe quoi pour moi. Tu disais que tu m’aimais…

Etait-ce une raison pour payer mon salut de ta vie ?

Ma vie ne vaut pas un dixième de la tienne. Nous aurions mieux fait de rester encore un peu dans nos cages respectives. Ne nous sommes-nous pas promis d’être toujours ensemble ?

Journal de Nero - Dernière page

Mon frère… Je me rappelle ton sourire lorsque tu venais retirer mon masque et que tu prenais mon visage souillé de larmes entre tes mains. Si elle n’était pas déjà vouée aux ténèbres, j’aurais vendu mon âme pour un seul de tes sourires. Tu étais la seule chose qui m’empêchait de sombrer dans la folie. Nous ne faisions qu’un. Notre amour était l’unique sentiment capable de mettre à mal ma noirceur sans pour autant me faire souffrir et je sais qu’il restera intact quoiqu’il arrive.

Weiss…

J’ai tant besoin de toi… De ta chaleur et de ta lumière…

Mais tu es parti.

Pourtant, je te sens encore près de moi. Ton cœur ne bat plus. Ta voix s’est tue et tes bras sont inertes mais tu es toujours là. A la fois proche et si lointain.

Mon cher frère…

Parce que tu m’as sauvé de la folie, je t’arracherai à la mort.

Je t’en fais le serment, Weiss… Nous serons bientôt réunis. Personne ne nous séparera plus jamais. Et je ne laisserai plus qui que ce soit faire du mal à mon autre moi, à mon frère, à mon contraire, au seul être que j’ai aimé.

Que ferons-nous lorsque nous serons de nouveau ensemble ?

Je n’en sais rien…

Toi seul dois en décider.

Peut-être une nouvelle existence, ailleurs, loin d’ici… Je sais que ta lumière nous guidera. J’ai confiance en toi. Il y a toujours dans les ténèbres, pour épaisses qu’elles soient, une lueur - d’espoir, d’amour, qu’importe ?

Cette lumière, c’est toi.

FIN