Posts Tagged ‘nero’

Chers petits frères ! (Part 4/5)

***

Auteur : Shiva Rajah

Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Depuis plus d’une heure, Aerith et Tifa n’avaient que le nom de Sephiroth à la bouche et les garçons commençaient sérieusement à saturer.

“Dis, Loz, est-ce qu’il dort en pyjama ou en caleçon ? ” ;

” Il est plutôt douche ou bain ? ” ;

” Qu’est-ce qu’il aime manger ? ” ;

” Rasoir électrique ou à lame ? ” ;

” Il met quoi, comme eau de toilette ? ” ;

” Il lui arrive de faire des cauchemars ? ” ;

” Il est déjà rentré blessé ? ” ;

“Qu’est-ce que vous avez fait ? “.

Reno, à bout, finit par se lever du canapé, où ils avaient tous pris place à la lumière des bougies, et se planta devant les filles.

- Oh, ouiiii… Il était blessé à mort ! gémit-il d’une voix suraiguë de midinette. Tu te souviens, Weiss ? Du sang et de la sueur coulait sur son torse musclé, piailla-t-il en se frottant la poitrine à travers son t-shirt. Il était méga trop beau ! Alors on l’a défringué complètement et on l’a mis au lit tout nu. Après on a pris une grooosse éponge et on l’a lavé partout-partout-partout. Il avait la méga fièvre et il gémissait en se tordant dans tous les sens, ses beaux cheveux humides étalés sur les draps trempés de sueur ” Ahhh Ahhh Ahhh ” ! (Il reprit subitement son sérieux et fusilla les adolescentes d’un regard sarcastique) C’est ça, que vous voulez entendre ? Si vous voulez des sensations vraiment fortes, on peut aussi aller à la buanderie vous chercher l’un de ses slips sales !

Les filles virèrent au rouge écrevisse et garçons éclatèrent de rire.

- Vous vous croyez plus malins, quand vous regardez des photos de filles nues sur le net, peut-être ? rétorqua Tifa. Vous pensez qu’on vous entend pas ? ” Ouah ! Elle est trop bonne, celle-là ! ” ; ” Trop chaude, la meuf ! “.

- ” T’as vu ses nichons ? Je me la ferai bien ! ” renchérit Aerith d’une voix rauque, imitation grossière de ses camarades.

- En voilà un langage, pour des demoiselles ! railla la voix de Sephiroth depuis la porte du salon.

Il était nu-pieds, torse-nu, uniquement vêtu d’un léger pantalon de coton noir, et ses cheveux avaient été noués en une longue natte lâche qu’il dansait sur son épaule.

Tifa et Aerith se congelèrent sur place et les garçons rirent de plus belle.

- On vous entend rire depuis la chambre du bébé, reprit le Soldat en s’approchant pour prendre un biscuit salé sur la table basse, au risque de faire se liquéfier pour de bon les “demoiselles” présentes. Vous allez finir par le réveiller.

Nero tira sur son pantalon, que ce dernier retint de justesse - mais pas assez vite que éviter que les filles n’aient un léger aperçu particulièrement croustillant de ce qui se cachait dessous, même si ça ne dura que le temps d’un clignement de cils.

- C’est cause que Tifa et Aerith, elle arrêtent pas de poser des questions sur toi.

- Nero ! Arrête de t’accrocher aux vêtements des gens, le tança son frère.

- C’est pas qu’est-ce que j’ai fait !

Le soldat sourit en soulevant Nero. Dans ses bras, le garçonnet paraissait encore plus petit que d’habitude.

- Ce n’est pas ce que j’ai fait, reprit-il gentiment ce dernier.

- Mais c’est qu’est-ce que j’ai dit ! protesta le petit, les faisant tous rire. Bah n’empêche que c’est vrai, qu’est-ce que j’ai dit ! Aerith et Tifa, elles demandent plein de trucs bizarres et ça énerve tout le monde.

Les filles regrettèrent en cet instant de ne pas pouvoir se transformer en flaque d’eau pour de bon et se glisser entre les lattes du plancher.

- Des questions bizarres sur moi ? s’étonna Sephiroth d’un air faussement intrigué. Ah bon ?

Il était habitué depuis belle lurette à ce genre de réactions de la part des adolescentes - ou même de femmes plus âgées - et avait appris à passer outre. Mais il y avait en revanche une chose que personne, à l’Académie, ne laisserait passer : l’occasion de taquiner le petit Nero qui, par ses facéties, son langage enfantin souvent hilarant et sa bouille de chibi, était devenu au fil des mois la mascotte attitrée de tout le régiment. Il faut dire aussi que, Weiss et son frère étant orphelins, ils vivaient tous deux en permanence à la caserne de l’Académie de Midgar, ce qui avait fait de Nero un peu le petit frère - ou le fils adoptif - de presque chaque soldat.

- Oui, plein !

- Enfin, l’une d’entre elles a déjà trouvé réponse, général, intervint Reno, narquois. Nu sous le pyjama, les filles ! lança-t-il en désignant du pouce la partie de l’anatomie du soldat que Nero avait dévoilé par mégarde.

Les demoiselles piquèrent un fard carabiné, faisant redoubler l’hilarité des invités, et Sephiroth lança au rouquin une œillade critique.

- Reno…

Au premier, Kadaj donna de la voix et tous les adolescents pressèrent leurs mains sur leurs bouches en marmonnant des excuses.

- Eh voilà ! fit Yazoo à la façon d’un parent mécontent du comportement de ses enfants en faisant claquer ses petites mains sur ses cuisses avec un sérieux de pape. Vous avez réveillé le bébé ! Bravo !

L’expression qu’il affichait était si insolite pour un garçonnet de huit ans, qu’il y eut un court moment de silence avant que tout le monde ne ricane de plus belle.

- Yazoo ! railla Sephiroth, pris d’un fou-rire incontrôlable. Je crois que Nero commence à déteindre sur toi !

Ce dernier se raidit dans ses bras.

- Je déteins, moi ? Comme les t-shirts de Zack dans la machine à laver ?

Weiss faillit s’étrangler avec le soda qu’il était en train de boire.

- Quelque chose comme ça, oui. Ah ! Ah ! Ah ! s’esclaffa Sephiroth.

Nero fronça ses petits sourcils en croisant les bras sur son pyjama “Super-Mog”, l’air soudain très concentré, comme s’il venait soudain de penser à quelque chose de particulièrement important.

- D’accord… Alors c’est pour ça que je fais du noir partout !

C’en fut trop pour le soldat, qui dût le poser par terre et s’appuyer contre le mur pour rire tout son soûl.

Yazoo haussa ses petits épaules en voyant les “grands” rire comme des idiots etsauta du canapé pour prendre Nero par la main.

- Viens, on va voir le bébé.

- J’espère que je serais jamais grand, moi. Les grands sont trop bêtes.

Yazoo acquiesça d’un soupir déchirant et se dirigea vers l’escalier en traînant des pieds.

- J’en ai marre de cette famille… Ils ont vraiment aucun sens des “responsabilisations” !

A l’énoncé de cette sentence, l’hilarité des adolescents et de Sephiroth atteignit des sommets.

***

Loz, qui était monté derrière les garçonnets pour calmer le bébé jusqu’à ce qu’il rendorme, redescendit dans la salon pour constater avec déplaisir - ô combien ! - que Sephiroth était toujours là, orteils et torse à l’air, en train de grignoter du pop-corn en compagnie de ses amis et sous le regard dégoulinant d’admiration des filles.

Et le pire, c’était que la lumière dorée des bougies le drapait d’ombres particulièrement avantageuses qui accentuaient sa musculature parfaite.

Qu’à cela ne tienne, il n’allait pas se laisser faire ! Lui aussi avait un corps d’athlète !

Il s’arrêta à mi-hauteur de l’escalier, attendit quelques instants dans l’ombre pour être sûr que personne ne l’avait remarqué, et remonta discrètement dans sa chambre pour ôter ses vêtements et fouiller à la recherche d’un pantalon de pyjama uni - ce qui ne fut pas une mince affaire car ils étaient presque tous estampillés de super-héros ou de personnages de dessins animés. Au moment de l’enfiler, il renifla ses aisselles, tendit la main vers son déodorant mais hésita. Un sourire incurva soudain ses lèvres et il jeta le pantalon de pyjama sur le lit avant de se diriger vers la salle de bains…

Tifa allait voir ce qu’elle allait voir ! A bishonen, bishonen et demi !

Il croisa son reflet dans le miroir et fronça le nez.

Bon d’accord, peut-être pas “et demi” mais au moins “et quart”, allez !

***

- Qu’est-ce qu’il fabrique ? commença à s’inquiéter Sephiroth. Kadaj devrait dormir depuis longtemps.

Weiss repoussa son frère pour se lever.

- Je peux aller voir, si vous voul… Quand on parle du loup !

- Désolé ! s’excusa Loz en entrant dans le cercle de lumière des bougies. Kadaj m’a bavé dessus, j’ai dû prendre une douche. Ouh, là, là… C’est moi ou on crève de chaud, ici ?

Plusieurs paires d’yeux écarquillés le considéraient, certains admiratifs, d’autres complices ou amusés, et d’autres encore, comme ceux de Nero, ouvertement étonnés.

- Pourquoi que t’es en culotte ? demanda le garçonnet en désignant le boxer-short vert et noir qui lui moulait les fesses et les hanches.

Sephi se mordit la langue pour ne pas rire et les filles laissèrent leur regard courir sur la peau brillante, tendue par une musculature qui, malgré le jeune âge de son propriétaire, n’avait presque rien à envier à celle de son aîné.

- C’est un short de gym, Nero, pas une “culotte”, expliqua Zack, amusé.

- T’as oublié de te sécher ? s’enquit Yazoo à son tour. T’es tout mouillé.

- Je viens de dire que j’avais chaud, moustique !

- Alors pourquoi que t’as la peau comme les poulets de la cantine ? insista Nero.

Weiss, comprenant parfaitement ce qu’essayait de faire son ami, attrapa son frère par derrière et lui plaqua la main sur la bouche.

- Ca suffit, Nero, arrête de l’embêter. Alors, Reno ? Tu las finis, ton histoire ?

Reno reprit son récit - probablement une anecdote croustillante - et Loz prit place sur le canapé, entre Cloud et Tifa en défiant Sephiroth du regard.

Ce dernier lui sourit, pas le moins du monde impressionné. Il ouvrit même la bouche pour faire un commentaire malicieux afin de le taquiner devant ses amis lorsqu’il le vit serrer les poings et les mâchoires, l’affolement dansant dans ses grands yeux mako. Ce reflet si particulier, le soldat le reconnut pour l’avoir vu mille fois dans les yeux des jeunes recrues indociles, lorsque les officiers les passaient en revue et leur hurlaient des imprécations dans les oreilles pour “les mater” ou “leur forger le caractère”, comme ils disaient. Cette lueur, c’était la peur de l’humiliation. Ou plutôt, la peur d’être humilié sans pourvoir répliquer ou faire quoi que ce soit pour se défendre.

Il avait provoqué lui-même cette rage impuissante chez des aspirants soldats trop vaniteux des centaines de fois mais la voir dans les yeux de son petit frère lui tordit le ventre.

Loz n’était pas un jeune postulant arrogant et indiscipliné qu’il fallait mater. C’était son petit frère… Celui qu’il avait tenu dans ses bras, lorsqu’il était bébé, et qui venait se réfugier dans son lit lorsqu’il faisait des cauchemars, la nuit. Ce n’était ni un tir-au-flanc, ni un jeune coq prétentieux. C’était son “Lozy”, son “bébé nounours” même s’il était devenu à homme sans qu’il s’en aperçoive. Il n’était pas son ennemi. Alors pourquoi cette expression ?

Aerith, qui le dévisageait lui, Sephiroth, avec admiration dès qu’elle pensait ne pas être vue, rougit violemment lorsque Zack la poussa discrètement de l’épaule pour qu’elle cesse son manège et il comprit. Il comprit qu’en cet instant, il n’était plus le grand frère qui était là, parmi eux, mais le Héros de la planète, la “vedette” élevée sur un tel piédestal par les médias et la population qu’il en était devenu intouchable. Une seule moquerie, une seule parole désobligeante de sa part devant Tifa et Loz perdrait aussitôt toute crédibilité ou charme à ses yeux. C’est du moins ce que croyait son petit frère en cet instant. Il le lisait dans son regard…

Il profita donc d’une pause dans le monologue de Reno pour se pencher en avant par-dessus la table basse et refermer sa main sur la cuisse de Loz, tâtant le muscle avec une brusquerie toute militaire. L’adolescent se figea, attendant la réflexion cuisante qui ne saurait tarder.

- T’as encore pris des cuisses, non ? demanda Sephiroth le plus sérieusement du monde. Belle fibre. Combien soulèves-tu, maintenant ?

- Quat… quatre-vingt kilos, bredouilla Loz, ne sachant à quel sauce il allait être mangé.

Les filles laissèrent échapper un petit cri admiratif et Weiss lui asséna une claque dans le dos.

- Je te bats ! Quatre-vingt-sept, mon pote ! Désolé.

Nouveaux cris et Weiss fit gonfler son biceps, fier de lui, tandis que Sephiroth se resservait un verre de soda, un sourire énigmatique sur les lèvres.

Il attendit que l’excitation retombe un peu et laissa nonchalamment tomber :

- Lorsque Loz dit “quatre-vingt kilos”, Weiss, je crois qu’il veut dire “quatre-vingt kilos”… sur chaque jambe !

Reno faillit en laisser tomber son verre et Zack s’étrangla avec une chips.

- Tu déconnes, là ? bredouilla Weiss en se tournant vers Loz, sidéré. “quatre-vingt kilos” sur chaque jambe ? En même temps ?

Ce dernier haussa les épaules, un peu gêné.

- Pourquoi ? Tu fais comment, toi ?

- Oh, la vache ! s’écria Cloud, qui n’en croyait pas ses oreilles.

- Et vous, général ? s’enquit Aerith, rougissante. Combien soulevez-vous, si ce n’est pas indiscret.

Sephiroth sourit et secoua la tête.

- A peine quatre-vingt-dix. Répartis sur les deux jambes, s’entend. Loz est un phénomène. Sa morphologie est idéale. Une alliance parfaire entre force et souplesse. Il n’y a qu’à regarder.

Il désigna le jeune corps presque nu de son frère, que ce dernier avait pris grand soin d’huiler un tout petit peu après la douche sur la peau encore mouillée pour faire ressortir les muscles à la lumière des bougies.

- C’est vrai que tu… tu es vraiment très… très… bien fout… musclé, murmura Tifa, le coeur soudain battant en détaillant le physique parfait.

Comment diable avait-elle fait pour ne pas le remarquer plus tôt ?

Chacun y alla de son petit commentaire et Sephiroth sourit à son jeune frère, qui lui adressait à présent à regard débordant de reconnaissance.

Discrètement, il lui fit signe de monter s’habiller et lui montra Tifa avec un clin d’oeil. Loz comprit immédiatement le message : tu lui as donné un aperçu du paradis ; maintenant, referme la porte et laisse-là rêver à ce qu’elle a vu.

Et question séduction, Sephiroth en connaissait un rayon !

- Je vais enfiler quelque chose, je commence à avoir un peu froid, fit-il.

- J’y crois pas ! railla Reno. Monsieur n’aime pas qu’on mate, hein ? Monsieur est timide, en réalité !

Loz lui lança un baiser, railleur.

- T’en fais pas, ma poule, je te laisserai mater quand tu voudras, si ça peut de faire tellement plaisir !

Les autres rirent de bon coeur et, lorsqu’il revint, vêtu du pantalon de pyjama uni qu’il avait abandonné sur son lit peu avant et d’un débardeur noir moulant avantageusement un torse, qui promettait de devenir ample et vigoureux dans quelques années, il aurait juré que le regard de Tifa sur lui avait changé. Quelque chose brillait à présent dans ses beaux yeux noisette, lorsqu’elle le dévisageait, quelque chose qui lui mettait tous les sens en émoi.

Sephiroth observait discrètement les deux adolescents avec un petit pincement au coeur, se souvenant de ses premiers émois et de ses premiers chagrins d’amour.

Tous s’imaginaient - et en cela le service de communication de la Shinra avait fait un travail admirable - que le grand général, le héros de la planète, était à mille lieues de ces choses. Qu’il était un parangon de vertu et de droiture, une sorte de créature froide et insaisissable que des choses aussi vulgaires que le sexe, le désir ou les sentiments ne touchait pas. Mais tous se trompaient… Il avait été adolescent lui-aussi. Lui aussi avait pleuré pour avoir la permission de minuit. Lui-aussi avait rasé son duvet naissant plusieurs fois par jour en espérant le voir se transformer en barde et poils drus et virils. Lui aussi avait souillé ses draps en rêvant à des créatures de rêve aux seins énormes et aux jambes interminables. Lui aussi avait rêvé d’abandonner ses fichus petits frères pleurnichards et casse-pieds dans le désert afin d’en être définitivement débarrassé. Et tant d’autres choses encore…

- Qu’est-ce que t’as ? T’es triste ? Tu vas pleurer ?

Il tressaillit en entendant la petite voix de Nero, qui s’était glissé entre ses jambes pour agripper sa taille de ses petits bras.

Le soldat regarda autour de lui et vit que Loz et ses amis discutaient avec animation au sujet d’un jeu, semblait-il, s’il en croyait l’espèce plateau de bois que Yazoo brandissait.

- Non, pourquoi serais-je triste, Nero ? (Il souleva le garçonnet pour l’asseoir sur sa cuisse) Je repensais à l’époque où j’avais l’âge de Loz.

- Avant que tu sois vieux ? demanda Nero.

Sephiroth pouffa.

- Je ne suis pas “vieux”, Nero. Je suis une grande personne.

Le petit secoua la tête.

- Mhh… Mhh…

- Non ? Tu n’es pas d’accord.

- Weiss et Loz et Zack et Reno et Cloud… ils sont grands. Enfin… Cloud, je sais pas trop, ajouta-t-il après réflexion, faisant s’esclaffer le soldat. Mais toi, t’es vieux.

Sephiroth haussa les épaules, toujours aussi amusé par les réflexions du garçonnet.

- Bon, eh bien disons que je suis vieux, alors. Mais j’ai été petit, tu sais. Comme Kadaj.

Nero ouvrit de grands yeux horrifiés.

- Tu faisais pipi partout sur les gens ?

- Ah ! Ah ! Ah ! Nero… Parfois, on devrait te filmer ! Ah ! Ah ! Ah !

Vous avez aimé ce texte ? Laissez-moi un petit mot !

XIII - L’Omega

***

Rédaction : Shiva Rajah

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Yazoo, allongé sur le ventre, laissait Reno lui masser le dos mais n’en ressentait pas moins une certaine gêne. Il n’était pas habitué au contact des autres - hormis celui ses frères, bien entendu. A plus forte raison à celui d’un turk qui, il y a peu encore, comptait parmi ses ennemis !

- Ca va mieux ? demanda ce dernier en décrispant patiemment les muscles situés le long de la moelle épinière.

L’argenté acquiesça en silence, de plus en plus embarrassé.

D’abord un bain avec lui et maintenant ça !

Ca devenait carrément ” bizarre “…

Il avait beau savoir que Reno ne faisait tout cela que pour le soulager, c’était quand même un tantinet licencieux, il fallait bien le reconnaître.

A moins que ce ne soit uniquement parce que sa propre nature obscène lui faisait voir des choses étranges là où il n’y avait rien d’autre qu’une sincère aménité et l’envie de l’aider…

Honteux de ses pensées graveleuses, Yazoo enfouit son visage dans l’oreiller pour dissimuler au turk un embarras de plus en plus visible.

Peine perdue.

- Quelque chose ne va pas ? s’inquiéta Reno d’une voix douce. Tu as l’air mal à l’aise.

L’incarné tourna un peu la tête et le regarda du coin de l’œil pour éviter de lui dévoiler ses joues cramoisies.

Reno était penché sur lui, nu-pieds sur le sol, la chemise, à demi-ouverte sur son torse, retombant par-dessus son pantalon et les manches remontées sur ses avant-bras. Il lui souriait avec sérénité, la tête légèrement penchée sur le côté, sa longue queue de cheval d’un roux éclatant rabattue sur son épaule.

Le turk était visiblement détendu et décontracté, du moins essayait-il de le paraître pour ne pas indisposer Yazoo et cela le rendait incroyablement… sexy.

La rougeur de l’incarné s’accentua et Reno laissa échapper un petit rire.

- Oui, ça te met vraiment mal à l’aise, on dirait, hein ? demanda-t-il en se redressant.

Yazoo sentit les mains chaudes quitter son dos avec un petit pincement au cœur.

Maintenant que les doigts agiles ne courraient plus sur sa peau, il réalisait à quel point ce contact avait été agréable.

- Je… Je n’ai pas l’habitude qu’on me touche, bredouilla-t-il.

- Désolé, je voulais juste t’aider à faire passer les crampes.

- Non, je… C’était très… bien. Je veux dire… ça fait du bien. Mais c’est bizarre…

- Bizarre ? Comment ça ? s’enquit le turk, de plus en plus amusé par la maladresse de Yazoo.

- Je… Je ne suis pas habitué, répéta ce dernier. J’ai beau avoir reçu de la mémoire de Sephiroth ce genre de… de sensation, c’est… C’est très différent à vivre réellement. Les contacts physiques avec un être vivant, s’entend. Les machines, c’est différent.

Reno grimaça.

- Un robot masseur, ça doit pas être génial, si tu veux mon avis ! En tous les cas, je ne lui mettrai pas le dos entre les pinces, ça c’est clair !

Yazoo sourit, un peu plus détendu.

- Oui, je suppose.

Il se tut, ne sachant quoi ajouter.

- Tu veux que je continue encore un peu ? s’enquit le turk pour le tirer d’embarras.

- Oh… Je… Non, je… Ne te sens pas obligé, je…

- Ca ne me gêne pas ! le coupa le Reno en reprenant son massage. En fait, j’aime ça, si tu veux tout savoir. Ca me détend. J’aime le contact des gens. Les filles disent que suis une véritable pieuvre !

Les mains habiles malaxèrent agréablement les muscles de ses épaules et Yazoo soupira de plaisir.

- Elles reprochaient souvent à Sephiroth d’être distant, au contraire, dit-il.

Reno leva un sourcil, intéressé.

- Attends, ne me dis pas que tu as en mémoire ses parties de… ” jambes en l’air “, si ? (L’incarné pouffa et hocha la tête.) Sérieux ?

Yazoo acquiesça à nouveau.

- Tout comme mes frères. Enfin, je suppose.

Reno tiqua en essayant d’imaginer ce qu’on devait ressentir avec les souvenirs et des sensations aussi intimes de quelqu’un d’autre gravés dans la mémoire.

- Ca doit faire super bizarre…

L’incarné haussa les épaules.

- L’expérience tangible est très différente du souvenir, en réalité.

- Et tu peux ajouter : plus agréable… ajouta Reno avec un air faussement suffisant en agitant ses doigts devant le nez de Yazoo.

- Et bien plus agréable, oui, acquiesça celui-ci avec une moue entendue.

Ils rirent de bon cœur et, une fois encore, l’incarné se dit qu’il ne s’était encore jamais laissé aller ainsi. Il avait sans doute ri et souri plus souvent ces dernières vingt-quatre heures qu’il ne l’avait fait depuis qu’il était sorti de la matrice, quelques semaines plus tôt.

- C’est incroyable, de se dire qu’il était là, dans mon corps, et que je m’en souviens absolument pas… murmura Yazoo au bout d’un petit moment en observant la paume de sa main, où Sephiroth avait enfoncé ses ongles en refermant le poing dans un accès de rage.

- Nous allons essayer de tirer toute cette historie au clair dès demain, ne te prends pas la tête avec ça pour l’instant. Détends-toi.

Reno s’assit sur le bord du lit et repoussa les longs cheveux de mercure sur le côté pour avoir un meilleur accès à la nuque. Yazoo sentit un long et délicieux frisson lui descendre le long du dos, ce qui n’échappa pas au turk.

- C’est d’enfer, ça, hein ? demanda-t-il en glissant ses doigts dans les soyeux fils argentés avec un clin d’œil complice. Moi aussi, j’adore qu’on me tripote les cheveux. Ca me fait frissonner de la tête aux pieds.

L’incarné poussa un profond soupir de pur plaisir et frémit de plus belle.

- Kadaj mettait parfois la tête sur mes genoux et restait des heures comme ça, à se faire câliner. Ca me manque. Il me manque…

Reno massa la nuque gracile avec précaution. Comment diable un homme pouvait-il avoir un cou aussi délicat ? Yazoo, bien que mince, était large d’épaules, pourtant.

- Il n’est pas certain que Kadaj ait rejoint la rivière de la vie, tu sais… murmura le turk, presque à contrecœur.

Bon sang de bois, Reno ! Qu’est-ce qui te prend de lui lâcher des infos, comme ça ? T’es con ou quoi ? File-lui les codes d’accès aux bases de données secrètes de la Shinra, tant que t’y es ! “

C’était totalement stupide, il s’en rendait bien compte mais merde, quoi ! Ce mec avait l’air tellement triste, tout d’un coup…

L’incarné se retourna subitement sur le dos et le fixa, ses beaux yeux mako écarquillés, emplis d’un espoir auquel il n’osait pas encore s’accrocher.

- Il… Il est vivant ? bredouilla-t-il en s’asseyant pour agripper à la chemise de Reno. La Shinra pense que Kadaj est vivant ? insista-t-il dans un murmure, à quelques centimètres à peine de son visage

Son souffle court qui s’échappait, haletant, d’entre les lèvres charnues, chatouillait le menton de Reno et son rythme cardiaque battait la charge. Si l’on ajoutait à cela le regard vert mako suppliant, son visage de chaton mouillé tendu vers le sien et les cheveux en bataille, Yazoo, mec ou pas mec, aurait fait fondre le cœur d’un bahamut.

Le turk sentit un torrent de lave se déverser dans ses veines mais réussit de conserver un semblant de calme.

- Nous ne sommes sûrs de rien, chuchota-t-il à un souffle la petite bouche boudeuse. Mais c’est possible, en effet.

L’incarné laissa échapper une sorte de gémissement entre le cri de soulagement et la lamentation déchirante et colla le front contre la poitrine du turk, toujours agrippé à sa chemise.

- Faites qu’il soit vivant… gémit-il d’une voix à peine audible. Dieux de cette planète, qui que vous soyez, faites qu’il soit encore vivant…

Le souffle brûlant qui glissa sur sa peau moite, entre ses muscles pectoraux, fit frissonner Reno et, presque timidement, il entoura les épaules de Yazoo de ses bras pour le serrer contre lui.

- S’il est vivant, nous le trouverons… promit-il en se demandant vaguement pourquoi il tenait autant à le rassurer. Nous le trouverons, tu verras…

***

La forme ectoplasmique d’Hojo marcha de long en large, dans le laboratoire, visiblement très contrariée par le rapport des deux chercheurs du Deep Groung que Nero avait mis à sa disposition.

- Il semblerait que les cellules de Jenova empêchent la fusion avec l’Omega, monsieur. Je doute que, même si nous arrivions à faire aboutir la Réunion, l’entité accepte le corps de Sephiroth comme hôte.

Hojo tordit ses mains fantomatiques, fou de rage.

A travers la vitre sans tain qui formait un pan entier du mur de la pièce, il observa le cristal où reposait son fils, comme si les reflets mako, désormais ternis par les expériences ratées de fusion, pouvaient lui fournir une réponse. Point n’était besoin d’être scientifique pour voir que le mythique soldat allait de mal en pis. Sa peau ivoirine avait pris une teinte bleuâtre et était devenue si fine qu’on lisait à présent parfaitement le réseau complexe des veines. Les magnifiques cheveux de mercure avaient perdu de leur lustre, virant au gris terne, la bouche sensuelle était crevassée et de nombreuses fissures courraient sur le cristal sensé protéger le grand corps athlétique. Ou ce qu’il en restait…

- Malédiction !

Si l’organisme de Sephiroth n’acceptait pas l’Omega, l’opération n’avait aucun intérêt ! Son projet était un échec !

La porte du bureau s’ouvrit pour laisser entrer un jeune homme mince à la chevelure aussi ténébreuse que les volutes sombres qui tourbillonnaient autour de lui, menaçant de happer tout ce qui se trouvait à portée.

Ses bras étaient entravés dans une sorte de camisole de force renforcée de cuir et son visage délicat disparaissait presque entièrement sous un masque de contention venu d’un autre âge, d’une époque où la médecine et la psychiatrie tenaient encore plus de la torture et de la barbarie que de la science. Et comme pour finir de lui donner une allure aussi étrange qu’inquiétante, une grande paire d’ailes métalliques aux rémiges tranchantes et aux alules remplacées par des mains artificielles articulées, saillaient de son dos, menaçant d’écraser le corps frêle sous leur poids.

- Ma patience a des limites, professeur, fit-il de sa belle voix posée à l’indéfinissable accent aristocratique.

Ses yeux purpurins se voilèrent de colère et Hojo ravala sa hargne.

La détresse de ce garçon lui avait offert une voie royale pour avoir accès aux laboratoires du Deep Ground - sous prétexte d’aider son frère Weiss - et ce n’était pas le moment de tout ficher par terre pour un simple accès de rage.

- Mon cher enfant… commença le scientifique, mielleux. Le croyais que la vie de ton frère bien-aimé importait plus que tout.

Nero se raidit.

- C’est le cas. Mais il semblerait que vous accordiez plus de temps et d’énergie à ramener votre fils à la vie qu’à sortir mon pauvre frère de sa léthargie !

La forme opalescente d’Hojo s’approcha pour lui poser la main sur l’épaule.

- Je n’ai jamais considéré ceci, fit-il en désignant le cristal mako à travers la glace sans tain, comme mon fils. Ce n’était qu’une expérience. Et, aujourd’hui, il me permet de faire les tests nécessaires devant me permette de sauver Weiss. Regarde-le, Nero. Regarde ce qu’une mauvaise préparation peut faire. Observe sa peau, ses cheveux, ses jambes réduites à l’état de déchets mako… Tiens-tu vraiment à ce que ton frère serve de cobaye jusqu’à ce qu’on trouve la bonne méthode. Ou préfères-tu que ce soit lui ?

Le ténébreux frissonna.

- Quand aurez-vous terminé vos… ” tests ” ? Quand pensez-vous pouvoir aider mon frère ?

- Bientôt, assura Hojo avec un sourire qui ressemblait plus à une grimace qu’à un signe de consolation. Mais, pour cela, je dois me concentrer et ne pas être interrompu sans cesse.

Nero encaissa le reproche sans broncher et tourna les talons après un dernier regard menaçant qui en dit plus long que n’importe quelle diatribe. Il signifiait ” trahis-moi et je te détruirai “.

Le scientifique jura et alla s’appuyer contre le miroir sans tain, son front ectoplasmique contre la vitre.

Pourquoi cela ne marchait-il pas ? Pourquoi Jenova et Omega ne fusionnaient-ils pas ? Etait-ce pour les mêmes raisons que Sephiroth n’avait pu être accepté par la rivière de la vie ? Parce que l’Omega appartenait à cette planète et pas Jenova ?

Si c’était le cas, aucun des ” super-soldats ” qu’il avait créés ne ferait un hôte acceptable. Absolument aucun ! Tous avaient reçu les cellules de Jenova. Absolument tous !

Non…

Non, pas tous.

Tous sauf…

- Weiss… murmura Hojo.

Mais oui ! Comment n’y a-t-il pas pensé plus tôt !

Hormis Nero, nourri depuis qu’il n’était qu’un fœtus au mako stagnant, les membres du Deep Ground n’avaient reçu que du mako purifié. Certes, Hojo n’avait pu mener l’expérience à son terme mais les premiers résultats avaient été stupéfiants. C’est vrai qu’il n’avait pas assez de recul pour pouvoir étudier les effets secondaires et les mutations ou dégénérescences possibles mais il n’en était plus là, de toute façon ! Il fallait faire vite et, contrairement à ce qu’il avait espéré, Sephiroth ne ferait pas l’affaire.

Génétique oblige, il aurait bien sûr été plus facile pour lui d’intégrer le corps de son fils que celui d’un étranger mais puisque son rejeton ne pouvait supporter l’Omega…

Un sourire torve incurva ses lèvres fines et les deux scientifiques présents dans la pièce frissonnèrent.

Bien sûr, comme Nero, ils ignoraient les véritables objectifs d’Hojo et pensaient que c’était uniquement par amour de la science et par soif de connaissances que la mémoire et la conscience désincarnée du chercheur avaient survécu dans la toile mondiale. Nero était persuadé que, pour Hojo, Weiss était une énigme, un challenge scientifique à relever, et que c’était pour cela qu’il avait annihilé le nano-virus qui dormait en lui et cherchait à le sortir de l’étrange coma que cela avait entraîné.

En réalité, le chercheur n’avait rien annihilé du tout et avait juste endormi le virus et l’organisme du chef des Tsviets. Sous prétexte de chercher le meilleur moyen de le ramener à la vie, Hojo avait obtenu l’accès au laboratoire secret du Deep Ground, où il avait espéré implanter l’Omega dans le corps de son fils avant d’y installer sa propre conscience désincarnée - son âme diraient certains.

Oui, il avait projeté de voler le corps de son propre fils après en avoir fait l’arme de destruction ultime et cela sans aucun scrupule. Après tout, n’était-il pas le créateur de Sephiroth ? Et ce qu’on a créé, on est en droit de le réclamer comme sien, ou même de le détruire, si l’envie nous en prend, non ?

C’est du moins ainsi qu’Hojo voyait les choses.

Hélas pour ses ambitions destructrices, son incapable de fils ne lui servait à rien ! Et dire qu’il avait mis tant d’espoirs en lui… Il était l’expérience parfaite, l’arme ultime, ciselée, modelée durant des années pour devenir l’épée qui purifierait la planète et qu’est-ce qui avait eu raison de lui ? Une armée ? Une puissance occulte ? Une Arme surpuissante ? Même pas !

Sa propre conscience et son impardonnable sensiblerie…

Oui, sa maudite et stupide humanité ! Que ne lui avait-il nettoyé le cerveau alors qu’il en était encore temps !

- Maudit sois-tu ! Misérable déchet, expérience ratée. Tu es bien le fils de ta garce de mère… Inutile et stupidement, pitoyablement humain… Comme Lucrecia…

Mais même un déchet pouvait servir la science. Il y avait toujours quelque chose à récupérer dans une expérience ratée…

- Avez-vous découvert où se terraient les deux autres ? demanda-t-il aux deux chercheurs qui essayaient de se faire le plus petits possible.

- Non, monsieur. Le clone n’a pas réussi à faire parler le plus jeune.

Maudite Jenova ! Mais comment aurait-il pu prévoir une chose pareille, aussi ? Depuis quand des cellules de cadavre étaient-elles supposées avoir une conscience et posséder celui qu’elles infectaient ?

Le monde entier s’était-il donc ligué pour lui pourrir la vie ?

Il inspira un grand coup.

Du calme…

S’énerver était contre-productif et ne servait à rien.

Weiss… Il fallait qu’il se concentre sur Weiss…

Il tenait peut-être une nouvelle piste à explorer. Mais avant cela…

- Trouvez-les, quoi qu’il en coûte ! Trouvez Loz et Yazoo et amenez-les-moi ! Morts ou vifs, peu m’importe, désormais…

S’il abandonnait définitivement l’idée d’implanter l’Omega dans Sephiroth, il n’avait plus besoin que des cellules des trois incarnés pour guérir et compléter le corps de son fils. Il lui servirait d’enveloppe charnelle au cas où l’expérience avec Weiss échouerait.

Oui, en cas d’échec, le corps de son fils lui irait comme un gant ! C’était la seule chose à laquelle il pouvait encore servir, de toute façon.

Dans le cristal mako, un désagréable frisson traversa le corps torturé de Sephiroth. Comme un mauvais pressentiment. Un très mauvais pressentiment…

…à Suivre

Ce texte vous plu ? Laissez-moi un message !

Chers petits frères ! (Part 3/5)

***

Auteur : Shiva Rajah

Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

- On pourra le faire, après le bain, dis, Aerith ? insista encore Yazoo.

Weiss, qui donnait le bain à Yazoo et à Nero tandis qu’Aerith s’occupait de bébé Kadaj - Loz étant de corvée de vaisselle avec Tifa au rez-de-chaussée - roula des yeux et enduisit les longs cheveux des petits garçons d’une bonne dose d’après-shampoing.

Ni l’un ni l’autre ne voulait qu’on touche à sa tignasse ” comme celle de grand frère “ mais de là un supporter un démêlage dans les règles, il ne fallait quand même pas pousser ! Imiter Weiss ou Sephiroth, oui ; supporter les tiraillements du peigne, hors de question !

Nero visa son compagnon de son pistolet à eau et celui-ci répliqua avec le sien, ce qui les fit rire aux éclats.

- Bon, ça suffit ! les sermonna Weiss, trempé jusqu’aux épaules. Tenez-vous tranquilles, un peu !

Mais la baignoire, que les garçonnets avaient remplie de jouets aquatiques, ne poussait guère à la modération ou au calme.

Nero frappa l’eau de ses petits bras pour éclabousser Yazoo et celui-ci en fit autant, envoyant des gerbes d’eau en tout sens.

- Eh ! intervint Aerith, dont la robe légère fut éclaboussée par l’eau savonneuse. Arrêtez, vous allez mouiller le bébé !

Kadaj, à qui elle venait d’enfiler un pyjama ” mog ” qui lui donnait l’air d’une peluche, ne semblait pas aussi soucieux qu’elle et tapait dans ses menottes en riant comme un petit fou.

Weiss, le t-shirt désormais détrempé, saisit les bras maigres de son cadet et lui fit les gros yeux.

- Nero, ça suffit, j’ai dit ! C’est aussi valable pour toi ! ajouta-t-il, menaçant, en défiant Yazoo du regard de faire encore la moindre vaguelette dans la baignoire.

Ce dernier, sachant très bien jusqu’où il pouvait pousser l’ami de son frère, baissa lentement les mains et détourna les yeux avec une grimace boudeuse.

- Alors ? On pourra le faire ou pas ? demanda-t-il encore.

- Invoquer les esprits n’est pas un jeu, Yazoo, on ne sait jamais ce qui peut arriver, expliqua calmement Aerith, Kadaj assis à cheval sur sa hanche.

Le garçonnet laissa Weiss lui démêler et lui rincer les cheveux - non sans couiner des chapelets entiers de ” Aïe ! Aïe ! Aïe ! ” aussi exagérés qu’inutiles - avant de répondre.

- Mais t’as dit que ça marchait sûrement pas et que c’était juste pour amuser les gens !

La jeune fille se tourna vers le postulant Soldat, qui haussa les épaules, ne sachant plus quoi dire pour dissuader le garçonnet. Durant tout le dîner, Yazoo n’avait cessé de harceler Aerith sur le ouija découvert dans la réserve.

- Pourquoi que tu veux faire venir des ” spris ” ? demanda Nero, qui se laissait sagement coiffer sans protester.

Il adorait que son frère s’occupe de lui et tant pis s’il lui tirait un peu les cheveux ou lui pinçait parfois accidentellement la peau avec une fermeture ou un clip ! ” Si on pouvait le greffer à la jambe de son frangin, Nero serait le plus heureux des gosses ! “ avait l’habitude de plaisanter Reno.

- Des ” ES-prits “, le reprit le frangin en question en l’aidant à enfiler un petit pyjama estampillé de bébés chocobos hirsutes.

- C’est quoi ?

- Des fantômes.

Nero se pétrifia et ouvrit de grands yeux effrayés.

- Tu veux faire venir des fantômes dans ta maison ? apostropha-t-il Yazoo tout en s’accrochant au t-shirt de Weiss comme si l’un d’entre eux risquait à tout moment de jaillir du bain qui se vidait en glougloutant pour l’attraper par sa petite jambe et l’entraîner dans le siphon.

Aerith éclata de rire.

- Mais non, aucun fantôme ne va venir. Il ne s’agit que d’un j…

Elle fut interrompue par le bruit caractéristique de l’ampoule de la salle de bain qui venait de griller et de plonger la pièce dans le noir complet.

Nero poussa un cri strident et Yazoo lui fit écho par réflexe.

- Nero ! gronda Weiss. Tu m’étouffes !

Kadaj se mit à donner de la voix et Aerith tâtonna pour aller ouvrir la porte, le bébé toujours dans les bras.

Il faisait aussi sombre dans le couloir que dans la salle de bains.

- J’ai l’impression que le disjoncteur a sauté, fit-elle en soupirant. Chut, chut, du calme, bébé, ce n’est rien.

- C’est bizarre… nota son compagnon en allant à la fenêtre pour jeter un œil dehors, son petit frère accroché à sa jambe comme une moule à son rocher. Il n’y a plus une seule lumière à l’extérieur non plus. Pas même sur la route.

- Une coupure générale, tu crois ?

- Ca m’en a bien l’air.

- Zut…

- Weiss, je veux pas que les fantômes ils viennent ! sanglota Nero en tirant sur son pantalon.

Une curieuse sensation de froid se fit autour de la jambe de Weiss, typique des ténèbres que pouvaient invoquer son cadet, et l’adolescent s’accroupit pour emprisonner les petites menottes dans ses grandes mains.

- Arrêt de faire ça ! Aucun fantôme ne va apparaître, c’est juste une panne électrique !

- J’ai peur !

- Nero, arrête ça tout de suite !

- Mais Aerith elle a dit que les ” sprits “, c’est dangereux !

- C’est toi qui nous mets tous en danger, pour l’instant, pas les esprits !

- Maiiiiiiisss !

- Je t’ai dit d’arrêter, Nero ! Tu veux une fessée ?

L’adolescent lui asséna une tape sur les fesses.

Les pleurs redoublèrent mais la sensation de froid disparut aussitôt… remplacée par une forte impression d’humidité.

- Nero… gémit Weiss, à bout.

- J’ai pas fait exprès ! sanglota de plus belle le garçonnet, toujours accroché à sa jambe.

*

Sephiroth, l’oreille collée à son téléphone, soupira.

- Oui, mère, j’y vais tout de suite. Je serai là-bas dans une demi-heure, tout au plus. Mais que s’est-il passé exactement ? Lâché ? Tu veux dire ” lâché “, vraiment ” lâché ” ? Irréparable ? Combien de temps ? Eh bien… Oui, mieux vaut qu’ils restent tous à la maison. Sans lumière ni signalisation, les routes sont trop dangereuses pour les laisser rentrer seuls ou pour que quelqu’un vienne les chercher. Non, Weiss et Nero devaient rester à la maison jusqu’à lundi, l’académie était prévenue. Par contre, Zack et Cloud devaient partir en patrouille d’initiation, avec les cadets, demain à l’aube. Je pense qu’au vu des circonstances, Angeal va annuler, de toute façon. Ne t’en fais pas, je m’en occupe. Tu t’occupes de faire prévenir les parents des filles ? Moi aussi, je t’embrasse. Bon courage, mère, tu vas en avoir besoin.

Il raccrocha et Angeal lui tapa sur l’épaule.

- Alors ?

Son ami secoua la tête.

- Le tube de décompression du réacteur mako a lâché.

- Comment ça, ” lâché ” ?

- Fendu sur toute la longueur. Ils doivent de changer et relancer les flux.

- Combien de temps cela va-t-il prendre, pour remettre le courant à Midgar ?

- D’après mère, au minimum 12 heures. Au pire 48.

Angeal jura.

- On avait bien besoin de ça !

- Je dois filer à la maison. Les garçons sont seuls et ils ont invité des camarades. Zack et Cloud sont avec eux. Tu veux que je te les ramène ?

- Non, garde-les avec toi, si ça ne te dérange pas. Je vais devoir reporter la patrouille d’initiation de toute faç…

” ACCIDENT SUR LA VOIE 8 ! UN TRAIN EST RESTE BLOQUE DANS SA SECTION 42. JE REPETE : ACCIDENT SUR LA VOIE 8 ! UN TRAIN EST RESTE BLOQUE DANS SA SECTION 42. MERCI AUX TROUPES D’ASTREINTE DE REGAGNER LEUR SECTION POUR RECEVOIR LES INSTRUCTIONS. “

- Ca commence… gémit Angeal.

- A mon avis, ça va être comme ça toute la nuit. Veux-tu que je reste ?

- Non, file chez toi. Les gamins doivent crever de trouille. Nous, on peut communiquer grâce au réseau interne mais les relais téléphoniques eux, ont dû tous tomber…

*

- Pas de réseau, annonça Cloud en refermant son téléphone portable.

Ils étaient tous réunis dans le salon, autour des deux torches électriques que Loz et Reno avaient trouvées dans la cuisine et le garage.

- C’est une grosse panne générale, on dirait, fit Zack. Peut-être un problème au réacteur. Quelque chose a pu sauter.

Loz se raidit et blêmit.

- Ma mère devait y travailler aujourd’hui…

Zack réalisa alors sa bourde et agita la main.

- Attends, je veux pas dire qu’il y a eu un accident ou un truc comme ça, non. Je parlais d’un problème matériel.

Tifa, comprenant les craintes du garçon, lui serra le bras.

- Je suis sûre que Jenova va bien, Loz. S’il y avait eu un accident grave, on aurait entendu une explosion ou quelque chose comme ça. Pas vrai, Zack ?

Ce dernier hocha vigoureusement la tête.

- Ouais, bien sûr. A tous les coups.

- On va mourir ? demanda Nero d’une toute petite voix en voyant leurs mines lugubres.

Il portait un ancien pyjama de Yazoo beaucoup trop grand pour lui mais Weiss n’avait pas prévu de change en cas ” d’accident “. Voilà presque deux ans que son cadet n’avait plus besoin de ce genre de précautions.

- Bien sûr que non, on ne va pas mourir, idiot ! s’emporta l’adolescent. C’est juste une panne électrique, enfin !

Nero eut un mouvement de recul devant le ton hargneux. Ses lèvres tremblèrent un moment et, malgré les efforts déployés pour les retenir, il éclata en bruyants sanglots en s’accrochant à la jambe de son frère (désormais recouverte d’un pantalon de pyjama de Loz) pour enfouir son petit visage dans le tissu de coton bariolé.

- Mais qu’est-ce qu’il a, aujourd’hui ? s’étonna Zack. Il n’arrête pas de chouiner. Ca ne lui ressemble pas.

Weiss laissa échapper un profond soupir.

- Je vous l’ai dit, il est fatigué. Cette crevette noiraude ne veut plus faire sa sieste l’après-midi et voilà le résultat !

- C’est pas vrai, j’suis pas fatigué ! sanglota Nero, suspendu au pantalon de son frère. Et j’suis pas une crevette !

Ce dernier retint le vêtement de justesse, manquant de se retrouver cul nu devant ses amis.

- T’aurais pas dû mettre ta ceinture à laver aussi dans la bassine ! railla Reno. Pas quand monsieur pot de colle est dans les parages, n’attendant qu’une occasion de jouer les ” porte-clés ” !

- J’suis pas un porte-clés ! s’écria le petit sans cesser de pleurnicher, faisant s’esclaffer tout le monde.

Le bruit des rires les empêcha d’entendre la voiture qui se garait dans l’allée. Ce furent les phares qui éveillèrent leur attention.

- C’est grand frère ! s’écria Yazoo en se précipitant vers la porte pour l’ouvrir juste au moment où Sephiroth s’apprêtait à glisser la clé dans la serrure.

Le garçonnet lui sauta dans les bras et les deux filles présentes laissèrent échapper un petit cri aigu qui exaspéra Loz.

Ca y est ! La ” star ” venait une fois de plus lui ” casser son coup ” ! Et dire que tout était si bien parti, avec Tifa… Il l’avait fait rire, elle avait adoré le dîner, ils avaient plaisanté et s’étaient effleurés à plusieurs reprises en faisant la vaisselle et, comble de la chance, la Déesse lui envoyait une panne électrique qui coinçait la jeune fille à la maison pour une durée indéterminée. Alors pourquoi fallait-il que Sephiroth arrive maintenant ? Pourquoi ! Pourquoi ! Pourquoi !

Merde, merde et re-merde ! “

- Tout le monde va bien ? demanda le Soldat en jetant un œil à la ronde. La centrale électrique a subi une grosse avarie et ne sera pas opérationnelle avant demain midi, au moins. Aerith, Tifa, un messager est allé prévenir vos parents que vous passerez la nuit ici, c’est plus prudent. Zack et Cloud, la mission d’entraînement de demain est annulée. Vous restez ici aussi.

Les garçons prirent sur eux pour ne pas sauter de joie et se contentèrent d’un sobre : ” Bien, Général. A vos ordres, mon Général. “

- Reno, reprit le Soldat. Je ne savais pas que tu étais là. Veux-tu que je fasse prévenir chez toi aussi ?

Le rouquin secoua la tête.

- Non, pas de problème, Général. Mon père est à Corel pour son boulot. Je suis seul à la maison. Je peux rester sans problème.

- Parfait, alors. Tout le monde a dîné ?

Loz acquiesça, de plus en plus contrarié.

- On a mangé, la vaisselle est faite et rangée, les gamins sont lavés et on s’apprêtait à faire un ” truc “, là. Alors, si tu as faim ou que tu veux prendre un bain, il y a ce qu’il faut dans le frigo et on a fini avec la salle de bain du premier.

Sephiroth leva un sourcil intrigué face au ton acerbe de son cadet mais en comprit vite la raison en le voyant se rapprocher de sa camarade de classe, comme pour faire un rempart entre son frère et elle.

Les yeux de son jeune frère paraissaient lui hurler : ” Dégage ! Tu vois pas que tu gênes, là ? “

Le Soldat reposa donc Yazoo sur le sol et hocha la tête.

- Bien, alors je… commença-t-il en se contrôlant pour ne pas rire. Je vais vous laisser entre vous. Je… Je vais prendre une douche et manger un petit quelque chose dans la cuisine.

- Oh mais, ne partez pas à cause de nous, Général ! s’écria Tifa en rougissant. Vous… Je veux dire… Nous serons honorés que vous acceptiez de rester… Enfin, ici… Pas dans la cuisine. Euh… Je… Nous…

Au fur et à mesure que le sourire narquois de Sephiroth s’élargissait, la rougeur et le bégaiement de la jeune fille s’accentuaient - au grand amusement de ses camarades.

Loz lança un regard réfrigérant à son aîné, le défiant de rester avec eux, et ce dernier agita la main.

- C’est gentil, Tifa, mais j’ai ramené du travail, fit-il en brandissant un dossier épais comme le poing. Amusez-vous bien et ne couchez pas Yazoo et Nero trop tard. Au vu du nombre, je crains qu’il ne faille sortir un ou deux sacs de couchage. Vous allez vous débrouiller ? Je me charge de Kadaj, ajouta-t-il en prenant le petit des bras d’Aerith.

Ravi, le bébé gazouilla et Sephiroth couvrit sa bouille de baisers bruyants tout en grimpant l’escalier quatre à quatre sous le regard attendri des filles.

- Ohahhh… C’est trop chou ! Il est trop sexy ! soupira Tifa.

- Tu l’as jamais vu le matin au réveil… maugréa Loz.

- C’est vrai, il a tout pour lui… renchérit Aerith, rêveuse, sans prêter attention à lui.

- Les joues barbues, une haleine de chacal et les cheveux comme une serpillère… poursuivit Loz, dans l’indifférence générale.

-Je veux bien me sacrifier et aller dormir sur le tapis de sa chambre !

Elles pouffèrent et les garçons échangèrent un regard effondré en secouant la tête, dédaigneux.

- Bon, vous avez fini, oui ? finit par intervenir Cloud. Vous vous êtes vues ? Vous êtes ridicules.

Ils partirent tous dans une discussion animée mais les filles ne semblaient pas prêtes à redescendre sur terre après avoir vu leur idole d’aussi près et en pensant qu’elles allaient passer la nuit sous le même toit que lui !

- Pourquoi qu’elles sont tout drôle ? demanda innocemment Nero à Yazoo en voyant les jeunes filles glousser, se tortiller et soupirer à qui mieux-mieux.

Son ami fit vibrer ses lèvres, méprisant.

- Toutes les filles font ça, quand elles voient grand frère.

- Pourquoi ?

Yazoo haussa les épaules.

- Maman dit que c’est un truc de grands.

- Ils sont bizarres, les grands, quand même…

- Ouais, c’est clair !

…à suivre

Vous avez aimé ce texte ? Laissez-moi un commentaire !

F.A.C. DU POSTULANT TSVIET

F.A.C.*DU POSTULANT TSVIET

A l’attention des nuls et des non-entravants

*(Foire Aux C…)

On m’a dit que l’entraînement des Tsviets, c’est des super balèze et que, dès la première semaine, on apprenait à faire des invocations. C’est vrai ?

C’est vrai. Dès le lendemain de ton incorporation, on te remettra un petit livre avec des centaines de recettes pour faire ton propre bahamut en 20 minutes avec un tube de dentifrice, deux poils pubiens et un trombone.

Est-il vrai que Nero est condamné aux ténèbres parce qu’il est maudit ?

Bien sur !! Il te porte la poisse rien qu’en le regardant. Parfois, il suffit même que tu le frôles du doigt et pouf ! Ton bras se paralyse, ta maison brûle et tu attrapes la chtouille grimpante. N’oublie surtout pas de prévenir les médias et n’hésite pas à demander des précisions à nos services de renseignement, histoire bien continuer à saturer nos lignes avec d’autres questions débiles…

Il parait que tous les courriers et coups de fil des Tsviets sont espionnés, c’est vrai ?

Évidemment ! L’empereur Immaculé a personnellement embauché 30.000 turks spécialisés pour surveiller tous les Tsviets et noter sur un petit cahier rouge les noms et les adresses de tous ceux qui font un pet de travers. Ensuite, ils lui donnent tout ça et si jamais Weiss estime que tu as dit « le » mot de trop, tu es abattu sans sommation. Y’a des gilets pare-balles à moins de 1500 gils, mais Weiss vise toujours les yeux, donc pas la peine de t’en acheter un, t’es déjà mort.

Un jour, j’ai envoyé une photo de fille nue via mon mobile à un ami du DEEP GROUND. Je risque des ennuis ?

Aïe aïe aïe…

Je pense que t’es bon pour faire un testament car l’Empereur Immaculé a aussi engagé des brigades anti-porno. Si jamais ils voient qu’un civil a posté une photo osée via son téléphone mobile à un Tsviet, ils envoient une décharge électrique par ondes qui arrive dans son oreillette et qui l’électrocute. Ensuite, pendant que tu es dans le coma, ils viennent te chercher pour te transférer au centre de torture du DEEP GROUND. Là, on t’interroge dans un cachot avec des rats partout et tu te fais arracher les bijoux de famille avec une pince à escargot.

T’as d’autres questions connes du même genre ou on s’arrête là ?

J’ai critiqué le DEEP GROUND un soir que j’étais bourré dans un bar. Qu’est ce que je risque ?

La pendaison.

Ensuite, on laissera pourrir ton cadavre sur la Grand Place, des corbeaux viendront te manger les yeux, tes amis cracheront sur ta dépouille et on te retiendra une demi-journée de paye.

C’est difficile, le concours d’admission chez les TSVIETS ?

Trop balaise ! Déjà, le manuel d’infanterie n’existe qu’en version alphabet cetra, donc, il faudra prendre des cours intensif de langue primitive pour comprendre le moindre mot. Ensuite tu passeras pour un con si tu ne sais pas répondre à des trucs de folie genre « quelle est la couleur des cheveux blancs de Weiss » ou « les racines carrées sont-elles vraiment carrées ? ».

Non, t’es pas convaincu ?

Franchement, d’où t’a vu qu’on recrutait sur concours, abruti ?

J’ai voulu m’inscrire l’été dernier à un stage de survie gratuit organisé par le DEEP GROUND mais un pote m’a dit que c’était super risqué de leur donner des renseignements personnels.

Je pense que ton pote a dû subir une inspection du GISTAC, le Groupe d’Intervention Spéciale des Tsviets Anti-Crétins. Un jour, à 3 ou 4 heures du matin, tu entendras des bruits sourds venant de dehors, puis des coups violents sur ta porte. Une armée de Tsviets la défoncera avec un bélier puis ils entreront, balanceront du gaz lacrymogène et des grenades flash partout. Une fois toi et ta famille maîtrisés, ils iront ausculter le contenu de ton ordinateur, de ton mobile et de ton agenda électronique. Et, pour chaque allusion peu flatteuse de près ou de loin au DEEP GROUND, ils casseront une à une les pattes de ton hamster.

Le coup de l’entraînement à balles réelles au DEEP GROUND et des mecs qui crèvent tout les jours, c’est que du flan, ça se peut pas ! C’est juste pour impressionner. En fait, il paraît que c’est comme au SOLDAT, avec une salle d’entraînement virtuelle et un programme holographique super réaliste, c’est tout !

Comment t’as deviné ? T’es trop balèze, toi !

Tu sais quoi ? Pour te récompenser d’être aussi malin, je t’invite à venir essayer notre super “salle d’entraînement virtuel”. Avec tes p’tits bras pleins de muscles et de doigts, tu te pointes en face de Weiss et zoupla ! Tu lui agites un gros flingue virtuel sous le nez en lui balançant des insultes virtuelles pour provoquer une bonne colère bien virtuelle. Et là, tu pourras entamer un combat virtuel plein de feintes et de coups virtuels.

Si tu te sens un peu vidé et que ça pue le brûlé, ne t’inquiète pas, c’est juste que t’as les tripes à terre et la cervelle flambée…

D’autres questions navrantes ?

Remplissez le formulaire ci-dessous et on vous répondra dans les plus brefs délais

Soldat, va dire au monde…

Dans “Crisis Core”, on apprend que Weiss et Nero avaient demandé à Genesis de les aider à prendre le contrôle du très secret Deep Ground, pour se libérer de la tyrannie des Restrictors et des scientifiques de la Shinra. Le Soldat, ayant d’autres priorités, refusa…

***
Texte : Shiva Rajah
Illustration : Studio Gothika
***
Le cadet devait supporter
Les expériences et contusions.
Le plus âgé l’indignité
Des insultes et humiliations.
Ils espéraient, nuit après nuit,
Un miracle ou une délivrance
Ils priaient pour que leur ami
Dénonce tant d’indifférence.
*
Courage, Soldat ! Brise le silence !
Raconte au monde notre vie
Ami, fais preuve de vaillance.
Viens-nous en aide, je t’en supplie…
*
Nero le croyait homme d’honneur
Et Weiss homme de décision
Mais quand, par une nuit d’horreur,
On sépara les deux garçons,
Nero finit dans un sous-sol
Où nul ne descendait jamais.
Et Weiss, captif à l’entresol,
Ne pouvait que l’entendre hurler.
*
Courage, Soldat ! Brise le silence !
Raconte au monde notre vie
Ami, fais preuve de vaillance.
Viens-nous en aide, je t’en supplie…
*
Nero, sans cesse, entre deux coups,
Appelait Weiss de sa prison
Et on lui marquait l’autre joue
De la boucle d’un ceinturon…
Weiss répondait, crevant de haine,
Se débattait, mais ses bourreaux
Agrémentèrent ses lourdes chaînes,
D’épines qui déchiraient sa peau.
*
Courage, Soldat ! Brise le silence !
Raconte au monde notre vie
Ami, fais preuve de vaillance.
Viens-nous en aide, je t’en supplie…
*
Mais Genesis ferma les yeux,
Délaissa ses amis d’enfance.
Ses cheveux roux, ses traits gracieux,
Valaient bien toutes leurs souffrances.
Si le bourreau des deux garçons
N’était pas le seul à pouvoir
Préserver son corps d’Apollon
Il y aurait eu quelque espoir…
*
Courage, Soldat ! Brise le silence !
Raconte au monde notre vie
Ami, fais preuve de vaillance.
Viens-nous en aide, je t’en supplie…

Vous avez aimé ce texte ? Laissez un commentaire !

Chers petits frères ! (Part 2/5)

***

Auteur : Shiva Rajah

Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Yazoo poussa la porte de la chambre de son petit frère à la volée et, comme il l’avait espéré, Loz était penché sur la table à langer, en train de passer une lingette sur les fesses rebondies de Kadaj, qui piaillait de plaisir de se sentir enfin propre.

- Tadaaaa ! claironna-t-il en désignant son aîné à Tifa d’un grand geste théâtral. Le voilà !

Loz se pétrifia, blême de honte, les petits pieds de Kadaj dans une main, la lingette souillée dans l’autre, et Yazoo eut fort à faire pour ne pas éclater de rire tant la tête de son frère valait le coup d’œil.

Tifa, elle, s’était figée, les yeux écarquillés, le carton à pâtisserie qu’elle tenait se balançant doucement au bout de son solide ruban rose.

- Je… Je… bredouilla Loz.

- OHHHH ! C’EST TROP MIGNOOOONNN !!! s’écria soudain son amie, qui n’en croyait pas ses yeux.

Yazoo - qui attendait avec impatience le moment fatidique où son idiot de grand frère allait bredouiller un chapelet d’excuses stupides et avoir l’air plus idiot encore - fronça les sourcils et se tourna vers la jeune femme avec une moue.

- Hein ?

Mais Tifa ne faisait plus du tout attention à lui.

Elle laissa même échapper - signe évident que les choses ne se déroulaient pas du tout comme Yazoo l’avait espéré - le même genre de petit cri suraigu que poussaient les filles quand elles voyaient Sephiroth tondre la pelouse torse-nu dans le jardin.

- Qui t’a appris à t’occuper d’un bébé, Loz ?

Elle se précipita vers la table à langer pour regarder Kadaj avec ce que Yazoo appelait la ” méga tête de débile “. A savoir celle que faisaient généralement les adultes en présence de son petit frère.

Loz, plus qu’agréablement surpris par le revirement de situation, se rengorgea et haussa les épaules, un rien suffisant.

- Oh ! Quoi, ça ? fanfaronna-t-il en faisant sauter le pot de talc dans sa main comme l’aurait fait le barman d’une boîte branchée avec une bouteille d’alcool. C’est rien ! Ma mère a beaucoup de travail et, avec ces deux têtards, il faut bien un homme à la maison pour lui donner un coup de main ! ajouta-t-il en insistant un peu sur le mot “homme“.

Yazoo lui jeta un regard méprisant en faisant vibrer ses lèvres avec un bruit de ballon de baudruche que l’on dégonfle en pinçant l’embouchure.

Son aîné lui répondit par une œillade menaçante mais Tifa, les cils papillonnant d’admiration et des étoiles plein les yeux, ne remarqua rien.

- Dis-donc, Yazoo ! gronda Loz pour faire bonne mesure. Je ne t’ai pas demandé de m’apporter un paquet de couches de la remise ?

Le garçon se renfrogna et croisa les bras, vexé de se faire rabaisser ainsi devant Tifa. Il tenta même de faire de la résistance.

Pas longtemps…

- Tu préfères que j’utilise ton t-shirt, crapouillard ? demanda son frère en se penchant sur lui pour faire mine de le déshabiller.

Sachant qu’il était tout à fait capable de mettre ses menaces à exécution, Yazoo s’enfuit littéralement de la chambre sous les rires amusés de son frère et de Tifa.

Quelle humiliation !

Mais ça se paierait tôt au tard, ça, parole de Yazoo ! Comment, il ne le savait pas encore mais il trouverait !

Dans la chambre de Kadaj, Tifa se pencha sur le bébé pour lui faire des papouilles et lui chatouiller le ventre mais Loz lui conseilla de reculer.

- J’éviterais de faire ça, si j’étais toi.

La jeune femme leva un sourcil.

- Ah ? Pourquoi ?

- Bah… Kadaj est du genre à t’asperger au moment où t’y attends le moins, si tu vois ce que je veux dire.

Mais force était de constater, si l’on en croyait l’expression de la jeune fille, qu’elle ne comprenait pas du tout à quoi il faisait allusion.

- Si tu t’approches de trop et qu’il se lâche… essaya d’expliquer laborieusement Loz en rougissant.

Elle plissa le nez.

- Tu as peur qu’il me vomisse dessus ?

Le garçon grimpa d’un ton dans les pourpres.

- Il veut dire que si tu restes dans sa ligne de mire tant qu’il n’a pas sa couche, il va t’arroser au museau, baby ! railla la voix de Reno depuis la porte. Yo, potes ! salua-t-il en entrant dans la pièce.

Tifa rougit à son tour, comprenant enfin de quoi il retournait.

- Oh ! Ca !

- Super élégant, Reno, merci… grommela Loz.

La jeune fille pouffa et Reno, comme à son habitude, en rajouta encore pour faire bonne mesure.

- Attends, Tifa tu sais pas à qui t’as affaire, là… fit-il en désignant le bébé comme un organisateur de match de catch le ferait avec son meilleur poulain. C’est bébé Kadaj ! En chair et en os ! Le recordbaby du jet de pisse en longueur !

- Reno ! le tança Tifa en pouffant malgré elle.

- Sérieux. Record à battre : de la table à langer à l’humidificateur en un seul jet ! claironna le rouquin avec emphase en montrant la trajectoire d’un ample mouvement du bras.

- Reno ! intervint Loz à son tour en se tenant les côtes.

- Et si les cheveux de Cloud n’avaient pas ralenti l’impulsion du lancer à mi-course… je suis sûre qu’il aurait atteint la porte ! conclut Reno d’un ton tragique, faisant redoubler l’hilarité de ses camarades. Ce jour maudit, par la faute d’une coquetterie capillaire qui voulut défier les lois de la pesanteur, nous sommes passés à côté d’un moment historique ! La dure loi du sport…

- Reno, arrête, merde ! supplia Loz, à bout de souffle à force de rire.

Kadaj, les voyant tous aussi joyeux entra dans la partie, ce qui décupla l’hilarité générale.

Ce fut le moment que choisit Weiss pour arriver à son tour, la menotte de son frère Nero fermement cramponnée - comme à son habitude - à la jambe de son pantalon. A première vue, la tenue de l’adolescent laissait supposer qu’il sortait d’une salle d’entrainement d’arts martiaux sans avoir pris la peine de sa changer mais, comme disait Reno : “quiconque a eu un Nero suspendu à son futal comprend très vite la nécessité de porter une ceinture de judo nouée à double tour sur son pantalon de survet !”

- A peine arrivé et déjà en train de faire le pitre, poil de carotte ?

- Eh ! Yo, man ! T’as pensé au jeu dont je t’ai parlé ?

Son ami brandit une clé mémoire.

- Evidemment.

- Woah ! Cool !

Weiss désigna Kadaj du menton avec fit un clin d’oeil à Loz.

- Alors ? On a fini la vidange et on astique la carrosserie ?

- Si tu veux prendre ma place… proposa l’argenté avec un sourire narquois.

Son ami secoua la tête et désigna son petite frère, accroché à son pantalon.

- Merci mais j’ai déjà donné ! Pour rien au monde je ne veux revivre ça.

Reno se tapa les cuisses.

- Ah ! Ah ! Ah ! Tu m’étonnes !

Nero adressa à son aîné un regard accablé.

- Pourquoi tu dis ça ? demanda-t-il avec une petit moue chagrine en tirant sur la jambe de son pantalon. Tu m’aimais pas, quand j’étais bébé ?

Weiss leva les yeux au ciel et lui ébouriffa les cheveux.

- Mais si.

- C’est plutôt tes couches “radioactives” que ton frère avait du mal à apprécier, morpion ! lança Reno.

Ils éclatèrent de rire et le garçonnet se renfrogna.

- J’suis pas un morpion !

- Pourtant, question adhérence… ricana Reno.

- Maiss euh ! Weiss ! Il rigole de moi !

Les rires redoublèrent.

- Ne les écoute pas, Nero, ils sont bêtes ! le rassura Tifa en lui tendant les bras. Viens me faire un câlin.

Il ne se le fit pas dire deux fois et la jeune fille le souleva de terre pour l’asseoir à cheval sur sa hanche.

Nero était si petit, pour un enfant de six ans, que l’on aurait eu peine à lui en donner plus de quatre. Tout menu, il ne pesait pas plus lourd qu’une plume et Tifa pouvait faire le tour de son petit bras avec son pouce et son index.

- Alors, il paraît tu as cassé les pieds de ton frère tout l’après-midi ?

Le garçonnet secoua frénétiquement la tête avec une moue enfantine, ce qui eut pour effet d’auréoler ses longs cheveux noirs (qu’il refusait obstinément de couper “pour avoir les mêmes que Weiss“) d’une sorte de brume ténébreuse.

- C’est pas vrai ! C’est lui casse mes miens de pieds !

Tifa pouffa.

- Tiens donc !

- Vaut mieux entendre ça que d’être sourd ! railla Weiss. Monsieur pleurniche tout l’après-midi, refuse de faire sa sieste et c’est moi qui lui brise les noix !

- Et pourquoi que quand c’est toi qu’es fatigué, c’est toujours moi que j’dois aller dormir, d’abord ? se récria Nero de sa petite voix flûtée, faisant s’esclaffer tout l’auditoire de plus belle.

- Un point pour le grumeau ! gloussa Reno.

- Il est où, Yazoo ? demanda encore le garçonnet quant les rires se furent un peu calmés.

Loz regarda sa montre.

- C’est vrai ça, il en met du temps, en bas, qu’est-ce qu’il fabrique ?

- Bouge pas, j’y vais ! proposa Reno. Je préfère éviter de rester dans la visée du sniper fou tant qu’il n’a pas sa couche ! ajouta le rouquin avec un clin d’oeil, faisant rire ses camarades de plus belle.

***

Dans la remise, Yazoo avait totalement oublié pourquoi il était là.

Bien qu’on lui ait ordonné à de multiples reprises d’utiliser l’escabeau lorsqu’il voulait attraper quelque chose sur les étagères du haut - et qu’on lui ait formellement interdit d’y grimper comme un singe - Yazoo était un vrai casse-cou et n’en faisait qu’à sa tête.

Et, bien sûr, ce qui devait fatalement arriver arriva : un rayonnage avait fini par céder.

Heureusement pour le garçonnet, les cartons qui lui étaient tombés dessus ne contenaient que des décorations d’anniversaire et des guirlandes en papier.

Il savait que cela allait lui valoir une bonne punition mais, pour l’heure, quelque chose de beaucoup plus intéressant occupait ses pensées et accaparait son attention : l’étrange coffre en bois sculpté qui était apparu derrière le mur de cartons qu’il avait fait tomber.

Hélas, il était tout au fond, contre le mur, sous un tas de boîtes scellées avec le logo de la Shinra.

- Woah… C’est quoi, ce truc ?

Il se dégagea des cartons qui lui étaient tombés dessus et essaya d’atteindre le coffre en se faufilant entre deux packs d’eau minérale.

-Qu’est-ce que tu fabriques ? Ton frère attends toujours le paquet de… C’est quoi, ce bazar ? C’est toi qui as fichu cette pagaille ?

Yazoo, à quatre pattes par terre, tourna la tête et, avec soulagement, reconnut Reno.

- L’étagère s’est cassée.

- T’as encore joué les acrobates, c’est ça ?

- C’était un accident.

Le rouquin ricana.

- Ouais, bien sûr ! Et toi, tu es la petite fée de la remise. Et moi, le roi des gnomes !

Le garçonnet haussa les épaules avec dédain et se permit même de lui faire une grimace, à laquelle Reno, nullement vexé, répondit en tirant la langue.

Si ça avait été Weiss ou Cloud, Yazoo aurait été bon pour une fessée et un aller simple par la peau du cou en direction de sa chambre avec une fastidieuse leçon de morale. A croire que ces deux-là n’avaient jamais été petits et n’avaient jamais fait de bêtises !

Ce que les ” grands ” pouvaient être barbants, des fois, franchement !

- Reno, tu m’aides à sortir la boîte, là ?

Ce dernier s’accroupit pour voir ce que lui montrait le garçon.

Il s’agissait d’un coffre sculpté aux poignées ornementées qui devait bien mesurer dans les trente centimètres de haut sur autant de large et peser son poids de bois massif.

- C’est quoi, ce truc ? On dirait que c’est drôlement vieux.

- S’il te plaît… supplia Yazoo avec une petite voix larmoyante et un regard de chiot battu sous sa frange en bataille qui faisait toujours craquer Sephiroth.

Mais Reno n’était pas Sephiroth et il éclata de rire.

- T’as l’air d’un cocker à qui on a volé ses croquettes ! Ah ! Ah ! C’est bon, arrête de faire cette tête, tu vas rester coincé ! Et après, tu seras tellement moche qu’on devra te mettre dans le jardin pour chasser les corbeaux. Pousse-toi.

Un peu vexé tout de même, Yazoo lui laissa la place et le rouquin entreprit de tirer doucement le coffre vers lui sans faire tomber ce qui se trouvait au-dessus.

- Fais attention, intervint le garçonnet. Plus à gauche. Oui, t’y est presque. Encore un peu. Attention ! Tiens la boite blanche ! Fais gaffe, ça va tomb…

- Eh ! Moi, je veux bien t’aider mais, si c’est pour me les briser, tu te débrouilles tout seul, d’accord ?

- Je me tais ! Je me tais !

Yazoo pressa ses deux mains sur sa bouche en signe de bonne volonté et recula.

Au bout d’un petit moment, Reno réussit à décoincer le coffre et à le tirer vers lui sans rien casser ou faire tomber, les boites prenant la place laissée vide à la façon d’un jeu de cubes.

- Et voilà ! T’as vu le pro ? C’est pas beau, ça ? Bah dis donc, c’est une antiquité, ce machin. T’es sûr que ta mère serait d’accord pour tu fouilles là-dedans ? C’était drôlement bien planqué, quand même.

Yazoo haussa les épaules.

- Les choses qu’on a pas le droit de toucher, c’est dans une pièce du grenier fermé à clé et dans le labo de maman. Ici, elle nous a jamais dit de pas prendre des trucs.

Reno se mordilla la lèvre.

C’est vrai que si Jenova avait voulu mettre quelque chose hors de portée de ses enfants, elle ne l’aurait pas rangé dans la remise…

- O.K. T’es chez toi, après tout. Tu dois savoir ce que tu fais. Tiens.

Yazoo repoussa les toiles d’araignée qui recouvraient le coffre et le fermoir crissa en cédant. Son jean et son T-shirt étaient couverts de poussière mais il n’y prêta pas attention. Depuis qu’il était en âge de marcher, il passait des heures à déterrer ce qu’il considérait comme de véritables trésors dans la remise, le grenier ou le garage et, à presque neuf ans, il n’avait pas perdu une once de ce plaisir.

Il plongea les mains dans le coffre et extirpa, avec mille précautions, ce qui semblait être une vieille robe bleu pâle.

- Ca devait être à maman !

Reno se pencha à son tour sur le contenu mystérieux, curieux.

- C’est quoi ce truc, avec l’écriture bizarre ? demanda-t-il en désignant ce qui ressemblait à une planche de bois recouverte de symboles et de lettres incompréhensibles.

Yazoo extirpa la planche, et le petit triangle d’ivoire qui semblait l’accompagner, du fouillis de vieilles fripes.

- C’est quoi, comme langue ?

Ils regardèrent l’objet en silence.

- Il faudrait demander à Aerith mais je suis presque sûr que c’est de l’ancien cetra. J’ai vu quelque chose dans le genre dans un film, une fois, dit Reno, je crois que permet de communiquer avec les esprits.

Yazoo écarquilla les yeux, fasciné

- Sérieux ?

- Enfin, ça permet… ” en théorie “. Va pas t’imaginer des trucs. Ce n’est qu’un jeu.

- Ca pourrait être drôle d’essayer, risqua le garçonnet.

Reno haussa les épaules.

- Il faudrait le montrer à Aerith. Si ça se trouve, c’est pas ça du tout.

Le garçonnet se redressa, l’objet dans les mains.

- Alors viens, on va lui montrer ! Elle a dû arriver !

Il voulut filer, son trésor sous le bras, mais le rouquin le retint par la ceinture de son pantalon.

- Eh, là ! Minute, grumeau ! T’oublies rien ?

Yazoo haussa les sourcils et se débattit.

- Quoi ? Lâche-moi !

- Ton frère attend quelque chose, il me semble !

Le garçonnet cessa de s’agiter et ses épaules tombèrent de dix bons centimètres.

- Rah ! J’avais oublié le nabot bouffeur de purée…

- Oui, bah le nabot bouffeur de purée, il a cul à l’air depuis un moment grâce à toi. Et s’il arrose le papier peint, devine qui Loz va attraper pour faire le ménage… le menaça Reno en riant.

Yazoo lui confia son ” trésor ” et revint sur ses pas en traînant des pieds.

- J’en ai marre de cette famille…

Le rouquin éclata de rire.

- C’est ça ! persifla-t-il. Tous des bourreaux et toi, t’es un ange. On connait la chanson. Allez, hop, hop ! Un paquet de couches et que ça saute, moussaillon !

- Je vais lui faire manger, ses fichues couches…

- Et utilise ce satané escabeau !

à suivre

Vous avez aimé ce texte ? Laissez-moi un commentaire !

Chers petits frères ! (Part 1/5)

***

Auteur : Shiva Rajah

Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Loz passa en revue les derniers t-shirts de sa garde-robe.

Pas assez moulant… Trop gamin… Trop large… Manches trop longues… Trop vieux… Celui-là, elle m’a déjà vu avec… Non… Celui-là non plus… Celui-là ! “

- Loz, je dois aller au labo ! Tu gardes le bébé !

L’ordre de Jenova résonna dans l’escalier et tomba comme une sentence sur l’adolescent, qui poussa un gémissement déchirant.

Les deux t-shirts qu’il avait mis la moitié de la matinée à choisir lui tombèrent des mains.

- Oh, nooon !

Yazoo, assis son lit en train de lire une bande dessinée de ” Super Soldat “, laissa échapper un petit rire malicieux.

- Pas de ” bisou-bisou ” avec Tifa aujourd’hui ! railla-t-il en tendant une bouche en cul de poule à son aîné.

Celui-ci fit mine de lui jeter l’un des petits haltères avec lesquels il s’entraînait dès qu’il en avait l’occasion et le garçonnet, vif comme un serpent, sauta du lit en ricanant.

- Si tu me tapes, je le dis à maman !

- Sale petit morv…

- Et tu vérifies bien que Yazoo ne jette pas son dîner à la poubelle ! Je t’ai tout laissé dans four, tu n’as plus n’as plus qu’à réchauffer !

- Mais mamaaan ! plaida encore l’adolescent. Je devais aller au cinéma avec mes amis ! T’avais dit oui !

Yazoo fouilla dans la commode, mit deux paires de chaussettes de ski sous son t-shirt pour imiter une grosse paire de seins et se pavana devant son grand frère en faisant toutes sortes de simagrées pour le faire enrager.

- Je suis désolé, mon chéri, s’excusa Jenova. On a vraiment besoin de moi !

- Et Sephiroth, alors ? Pourquoi c’est jamais lui qui se coltine les nabots ?

Un ravissant minois à la longue chevelure de platine et aux jolies prunelles carmin passa par l’entrebâillement de la porte de la chambre des garçons et lui fit un clin d’œil espiègle.

- Parce que ton grand frère s’est déjà “coltiné” un “nabot” appelé Loz il n’y a pas si longtemps ! Et qu’il ne revient pas avant demain soir, de toute façon. J’ai droit à un bisou avant de partir ?

Yazoo se précipita pour embrasser sa mère avec enthousiasme.

- Tu reviens quand ?

- Ce soir, j’espère. Mais… qu’est-ce que t’es mis là, toi ? demanda la jeune femme en tâtant les deux grosses bosses moelleuses qui gonflaient le t-shirt de son fils.

Le garçon bomba le torse pour faire ressortir sa poitrine d’emprunt et fit mine de jouer avec ses longs cheveux en roulant des hanches.

- Je m’appelle Tifaaa et je veux aller au cinéma avec mon Loooz chéri ! singea-t-il d’une voix aiguë, faisant rire sa mère.

Loz s’empourpra violemment.

- Arrête !

Mais, encouragé par l’hilarité de Jenova, Yazoo en rajouta et fit rouler ses faux seins sous ses mains.

- Eh ! le rabroua la jeune femme en lui retirant les chaussettes. Ca suffit, tu deviens vulgaire. (Elle considéra les deux grosses paires de chaussettes de ski et pouffa.) Tu n’as pas trouvé plus gros ?

Yazoo écarquilla les yeux.

- Mais ils sont énormes, ses ploplos, m’man ! J’te jure ! Comme ça, au moins ! C’est pour ça que Loz est amoureux d’elle !

Celui-ci monta d’un ton dans les pourpres.

- J’suis pas amoureux, sale morveux !

Il voulut fondre sur son cadet mais celui-ci se cacha derrière sa mère.

- Bon, ça suffit, tous les deux ! (Elle prit le visage de Loz dans ses mains et l’embrassa avec effusion) Reste calme. Tu es son grand frère, tu dois montrer l’exemple.

***

Weiss, l’oreille collée à son téléphone portable, posa le garçonnet en pleurs sur le lit, à bout de nerfs.

- Mais tu vas te taire, oui ! cria-t-il, excédé.

Le petit tressaillit et se tut brutalement en écarquillant ses grands yeux pourpres mais… se remit à pleurer de plus belle.

Euh… J’avais une oreille… “ gémit la voix de Loz dans l’écouteur.

De sa main libre, l’adolescent agrippa ses longs cheveux blancs - soigneusement hérissés sur sa tête, à la dernière mode de l’Académie du Soldat - et poussa un grognement inintelligible, prêt à commettre un fratricide.

- Je vais le tuer, Loz ! gronda-t-il. Je te jure que, cette fois, je vais vraiment le tuer !

Il est peut-être malade. Ou il a mal quelque part. “

- Malade ? Tu parles ! MÔnsieur pique une crise parce que MÔsieur a refusé de faire la sieste et que, maintenant, MÔsieur est fatigué… ET QU’IL A DECIDE DE M’EMMERDER !

Il hurla les derniers mots au visage de son petit frère, dont les pleurs redoublèrent.

Weiss… Mes tympans… “

- Excuse-moi. Je suis à bout de nerfs, mec. Je n’en peux plus de… L’ENTENDRE CHOUINER ! MAIS TU VAS LA FERMER, OUI ? !

Nouveau concert de cris et de sanglots.

Weiss-euh ! “

- Désolé.

Ecoute, pourquoi tu ne viens pas à la maison avec lui ? Je suis sûr qui si on le colle avec Yazoo et Kadaj, ils joueront et nous ficheront la paix. De toute façon, le cinéma, c’est fichu, alors on pourrait tous regarder un film ici. En plus, ma mère a fait un tas de trucs à manger, il y a de quoi nourrir tout un régiment du Soldat ! “

- Je viens d’appeler Zack pour lui dire que la soirée était grillée aussi en ce qui me concernait. Il a dû prévenir les autres et ils ont sûrement prévu un truc de rechange.

O.K. Je les appelle tout de suite et je te recontacte. “

- Ca marche. Je… Oh ! LA FERME, NERO !

***

Loz s’affairait en cuisine en prévision de l’arrivée de ses amis.

C’était la première fois que Tifa venait à la maison alors, pour l’occasion, il avait mis les petits plats dans les grands : au moins quatre variétés d’amuse-gueule sur la table basse du salon, la tarte salée et les délicieuses lasagnes de Jenova au four en train de chauffer, de la glace au congélateur… Tout y était !

Reno amenait les films (dont au moins un film d’horreur, Loz avait bien insisté là-dessus - rien de mieux pour qu’une fille se serre contre vous !), Cloud avait tenu à acheter les sodas, Aerith et Zack, les sucreries, et Weiss venait avec les derniers logiciels de simulation de combat en vogue à l’Académie du Soldat.

Tout était réuni pour passer une soirée de rêve entre amis - surtout avec Tifa ! - et pour…

- Loz ! Kadaj, il fouette !

Loz se tourna vers la porte avec un soupir déchirant.

Yazoo se tenait dans l’encadrement et se bouchait le nez d’une main tandis que, de l’autre, il tenait la menotte de Kadaj, uniquement vêtu de sa couche qui - à en croire d’odeur qu’elle dégageait - avait grand besoin d’être changée.

- Yazoo, ne le promène pas comme ça, il va prendre froid, idiot !

- Mais j’vais pas lui mettre son pyjama alors qu’il est tout puant !

Kadaj, qui commençait tout juste à marcher, levait vers eux de grands yeux curieux, comprenant sans doute qu’il était l’objet de leur discussion mais pourquoi, ça… allez savoir !

Loz s’accroupit devant le bébé, attendri malgré lui par la bouille attentive.

- Alors, boule puante ? On a encore fait des saletés ?

Le petit lui sourit et tapa dans ses mains, tout joyeux qu’on s’intéresse à lui.

Son frère le souleva dans ses bras.

- Va me chercher un paquet de couches dans la remise, Yazoo.

- Hein ? Mais maman en a remis plein hier sur la table à langer !

- Il n’y en a plus, j’ai utilisé la dernière tout à l’heure. Et dépêche-toi ! ordonna Loz en quittant la pièce.

Yazoo grimaça, donna un coup de pied rageur dans le pied d’une chaise de cuisine et se dirigea vers l’escalier qui menait au sous-sol de la maison d’un pas traînant, tout en rouspétant contre son jeune frère.

- Sale mangeur de purée… Usine à crottes !

C’est alors que, par une fenêtre qui donnait sur le petit jardinet de la propriété, il aperçut Tifa, qui approchait avec une grosse boîte rose, estampillée du logo d’une célèbre pâtisserie.

Le garçon se précipita pour ouvrir avant que la jeune fille n’ait le temps de sonner.

- Bonsoir ! lança-t-il avec son plus beau sourire. Bienvenue à la maison !

Tifa, le doigt à quelques centimètres de la sonnette, lui sourit à son tour et se pencha pour embrasser sa joue rebondie.

- Bonjour, toi ! Je suis un peu en avance. Loz est là ?

Yazoo lui prit la main et l’entraîna à l’intérieur de maison.

- Oui, viens !

- Hein ? Eh ! Attends !

Mais le garçon avait déjà fermé la porte et la tirait derrière lui avec enthousiasme.

- Il est au premier avec Daj’ !

- Mais attends, voyons ! fit Tifa en riant tandis que Yazoo l’entraînait dans l’escalier. Laisse-moi au moins poser les gâteaux quelque part !

Mais Yazoo n’avait pas l’intention de perdre une seule seconde ! Ce n’était pas tous les jours qu’on avait l’occasion de faire surprendre son idiot de grand frère par sa petite copine avec les deux mains dans le caca !

à suivre

Vous avez aimé ce texte ? Laissez-moi un commentaire !

Lumière

***

Auteur : Ayame Nightbreed

Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Journal de Weiss - Première page

La plus belle des libertés est sans doute celle d’être maître de ses mouvements. Pouvoir aller là où l’on veut, quand on le veut…

En être privé, c’est comme être privé de lumière. Mais je suis mal placé pour dire une chose pareille.

Quand je ferme les yeux, je ne vois qu’une blancheur aveuglante et cette couleur est la mienne. Il s’agit sans doute de ma supposée pureté. Ils disent que je suis fait de lumière. Mais mes jours sont gris, et mes nuits sont noires.

On se lasse vite d’une couleur uniforme, mais c’est toujours mieux que ma cage de béton et de mako. Ils m’ont enfermé là il y a peu de temps, tout près du cœur du réacteur. Je suppose qu’ils espèrent doubler, voire tripler mes capacités.

De temps en temps, on me laisse aller et venir dans la ” salle du trône “, comme ils l’appellent. On m’a même donné de quoi écrire. Nero le fait déjà, lui ; il m’a dit une fois que cela l’aidait à ne pas perdre la raison.

Nero… Mon cher petit frère. Je l’aime tellement… Bien plus que moi-même. M’en veut-il de m’être laissé enchaîner ainsi et de l’avoir laissé seul ? Me considère-t-il encore comme son unique, son adoré grand frère ? Me hait-il ?

Lui qui ne supporte pas la solitude… Il devra maintenant vivre avec elle au quotidien.

Journal de Weiss - Page 6

Ils se doutent que je risque à tout moment de m’attaquer à eux, soit par désir de vengeance, soit parce que j’aurais perdu la raison.

Quoi qu’il en soit, si je devais tuer ceux qui m’ont créé de toutes pièces, je disparaîtrais avec eux. La raison à cela ? Un implant à la base de ma nuque - où dort un nanovirus qui provoquera un arrêt cardiaque à la moindre alerte - relié à un ordinateur surveillant mes moindres faits et gestes.

Aussi simple que cela. La solution idéale - du moins, la meilleure qu’ils aient trouvée.

Je dois me soumettre à leur volonté ; ils peuvent faire de moi ce qu’ils souhaitent … Et ils ne s’en privent pas.

Ils devraient se méfier, pourtant : l’animal blessé sur le point de se faire dévorer [...] est souvent le plus dangereux…

Journal de Weiss - Page 15

Il m’arrive de plus en plus souvent de penser à notre passé. J’ai beaucoup de temps pour ça : hormis les bains de mako et les entraînements quotidiens, il ne se passe presque rien.

C’est mon frère cadet qui a tué notre mère, le jour même de sa naissance. Ses pouvoirs ténébreux se sont éveillés à l’instant ou il a poussé son premier cri. Tout ce qui se trouvait à sa portée fut englouti dans ses Ténèbres affamées, sauf lui et moi. Mais il s’en est fallu de peu…

J’étais là, ce jour fatidique où ma vie de petit garçon fut bouleversée. Même si ma mère ne s’approchait de moi que pour me faire subir des examens, je savais qu’elle allait mettre au monde un second fils. Mon frère. Un frère à moi et rien qu’à moi ! J’ignorais alors la notion de fraternité, mais je ne voulais pas manquer sa venue au monde.

Mais les choses ne se sont pas passées comme je l’imaginais.

Je m’étais caché dans l’un des conduits d’aération, que je m’amusais à explorer ; c’était par ailleurs ma seule occupation. De là où j’étais, caché dans l’ombre, j’ai vu naître mon frère et ses pouvoirs obscurs.

Malgré mon effroi et la présence des Ténèbres, j’ai trouvé le courage de rejoindre mon frère en bas pour calmer ses pleurs. Ce petit, je l’aimais déjà. Il avait tué notre mère, c’est vrai, mais quelle importance ? Elle ne m’avait jamais porté dans mon cœur et je le savais pertinemment. Je ne devais pas lui faire penser à un fils, avec mes cheveux blancs et mes yeux trop bleus. Elle ne valait pas mieux que le reste des scientifiques.

Mais au moins, j’avais Nero près de moi, désormais.

Journal de Weiss - Page 30

Je ne cesse de penser à mon frère.

Je l’aime… Plus que tout dans ce monde clos. Comme je suis le seul capable de calmer les crises que ses Ténèbres provoquent en lui, on me laisse maintenant m’en occuper le plus souvent possible.

Pour être franc, je ne pourrais pas survivre sans sa présence. Tant qu’il est là, je garde espoir. Et s’il devait mourir, je n’aurais moi-même plus la force de combattre.

Nous ne sommes que des animaux de compagnie, des jouets. De simples possessions qu’ils exhibent fièrement. J’ai de plus en plus de mal à supporter tout ça ; les cris de mon frère, ces cris déchirants que j’entends de jour comme de nuit…

Quelques jours plus tôt, ils ont décidé de lui visser de fausses ailes mécaniques dans le dos pour remplacer ses bras. Quand je l’ai découvert, j’ai cru devenir fou.

A quoi est-ce qu’ils pensent, à la fin !?

Je les hais !

Journal de Weiss - Page 42

Je suis allé libérer mon frère, hier. Je n’y croyais pas mais tout s’est déroulé comme nous l’avions prévu.

Je savais qu’il était enfermé à quelques étages au-dessus du réacteur mais je ne l’avais jamais vu de mes propres yeux.

Nero a toujours été incapable de me dire ce qu’il endurait, là-dedans. Combien de fois l’ai-je retrouvé effondré dans sa cellule dans un état pitoyable, presque mort de faim, d’effroi et de douleur ?

Quand je le voyais dans cet état, je me sentais capable de braver tous les dangers pour le protéger des mains de ces fous. Rien ne m’importait plus que lui.

Finalement, il aurait mieux valu pour lui qu’il ne survive pas à tout cela. Quel instinct primitif a pu le pousser à supporter toutes ces horreurs ? Quel que soit son destin, il aura une vie courte; son don finira par le tuer. Je m’étonne encore qu’il ait pu vivre si longtemps sans en ressentir les effets. Son enfance et son adolescence n’ont été que ténèbres et souffrances.

Pour le protéger, j’ai dû suivre la volonté de ces hommes et devenir le plus résistant possible. Une contrainte ? Au contraire. Prendre soin de mon frère cadet est depuis toujours, plus qu’un devoir, c’est la meilleure chose que je puisse faire.

Dès qu’ils le savaient affaibli et dans l’incapacité de se servir de ton don, ils n’hésitaient pas à le malmener, à le blesser ou à tenter de nouvelles expériences sur lui. Ils espéraient sans doute découvrir ses dernières limites. Combien de fois ai-je dû calmer ses pleurs, apaiser son corps meurtri de mes caresses ?

Pour le moment, il dort ; il s’est assoupi contre moi, alors que nous étions en train de discuter. Il n’arrête pas de parler de l’extérieur, de ce que nous ferons, une fois sortis de Deepground…

J’ai du mal à être optimiste. Une fois dehors, ce sera combattre ou mourir. Nos troupes nous obéiront, elles savent déjà ce qu’elles ont à faire.

Finalement, rien ne va changer… Mais nous disposerons d’un bien inestimable : la liberté.

J’ai promis à Nero que je ne le quitterai plus jamais. Enfin, dans la limite du temps qu’il me reste, du moins.

Et il ne me reste que deux jours…

Il va bien falloir que je le lui dise, je ne peux plus lui mentir.

Journal de Weiss - Avant-dernière page

Ca y est… je vais mourir.

Je savais que je perdrai la vie en me rebellant contre eux. Mais je devais sauver Nero. Une fois que la machine serait lancée, plus rien ne peut l’arrêter, et personne ne s’opposera à lui ni au reste de Deepground. Ce dernier continuera à m’obéir. Et je suppose qu’il le fait déjà, en ce moment. Ne suis-je pas son ” Empereur immaculé ” ?

Nero… Je t’ai fait promettre de ne pas dévoiler ma mort aux autres. Nous ne pouvons pas leur faire confiance. Nous savons tous les deux ce qui se passerait s’ils venaient à le découvrir : ils se rebelleraient contre nous. Sans remettre en cause tes capacités, tu ne tiendrais pas longtemps face à une armée de cette envergure.

Tu m’as dit de t’attendre, que tu trouverais un moyen de me ramener à la vie. La mort n’a pas de secrets pour toi, mais permets-moi quand même de douter [...]…

Ils ont pensé à tout, même à notre propre fin, parce qu’ils savaient qu’un jour ou l’autre, nous les détruirions. Et, nous ayant étudiés sous tous les angles durant plus de vingt ans, ils savaient très bien comment se débarrasser de nous une bonne fois pour toutes. Alors… Il est certainement inutile de tenter quoique ce soit. Ce serait trop risqué.

Si tu mourais à ton tour, je… Non, je ne suis même pas capable d’y penser.

Journal de Weiss - Dernière page

C’est décidé : je vais t’attendre. Pour l’avoir côtoyée à maintes reprises, je sais comment éviter les griffes de la mort. Il me suffira de me réfugier dans cet océan de lumière, ma propre essence. Mon âme sera en sécurité en attendant.

Je sais déjà à quoi ma mort ressemblera. Je ne serai plus qu’une âme flottant dans une immensité lumineuse, que mes sens ne percevront pas, mais que je verrai tout de même. Ni son, ni odeur, ni matière palpable. Uniquement ce néant blanc et mes pensées.

Je dois au moins faire ça pour toi. Je m’en veux déjà tant de te laisser seul ; nous qui venions tout juste de nous retrouver. Comment vas-tu survivre dans le monde extérieur ? Ici, tous te voyaient déjà comme un monstre, alors je n’ose imaginer ce qu’on pensera de toi à la surface. Mais je te fais confiance, tu t’en sortiras.

Un jour, tu retrouveras peut-être tout ce que j’ai écrit ces dernières années. Je te l’ai toujours répété mais… Je t’aime, sache-le. Je déteste devoir te le dire comme ça : mes mots sonnent comme un adieu.

Nous nous reverrons, Nero. Nous nous reverrons bientôt.

Tu ne cesses de répéter que je suis ta lumière, la seule au milieu de tes Ténèbres. Mais Nero, si l’un éclaire l’existence de l’autre, c’est bien toi. Les Ténèbres [...] peuvent-elles rayonner d’une lueur obscure ? Je crois que oui… Tu es mon alter-ego, mon autre moi. Nous nous sommes toujours dit que nous ne faisions qu’un, tu te souviens ?

Mais nous avons deux visages : l’un noir et l’autre blanc.

Bientôt, nous serons à nouveau réunis. Alors… Sèche tes larmes, relève la tête… et ne m’oublie pas.

Ce texte vous a plu ? Laissez un commentaire !

LXVII - Graines de jalousie

L’hermaphrodisme est un vice de forme…

ou une forme de vice !”

L. Campion

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Genesis se laissa aller contre le dossier relevé de son lit et ferma les yeux en soupirant, priant pour que tout ce qu’il venait d’apprendre ne soit qu’un cauchemar ou une mauvaise blague.

Depuis presque deux heures, il écoutait Sephiroth, assis sur une chaise à son chevet, et celui-ci semblait encore plus écœuré que lui - si c’était possible - par ses propres mots.

- Je mangerai la cervelle de ce salopard d’Hojo à même sa tête avec une petite cuiller, cracha le Banoran.

- C’est toi qui risquerais d’en crever, essaya de plaisanter son ami.

Genesis laissa échapper un rire amer.

- Ouais… Tu n’as peut-être pas tort.

Merill s’approcha d’eux.

- Monsieur Rhapsodos, je vais retirer votre perfusion mais vous devriez rester encore allongé une petite heure. Normalement, la solution préparée par le docteur Rui devrait arrêter définitivement la dégénérescence de vos organes mais, le cas échéant, on pourrait réitérer l’opération en modifiant un peu le mélange sans le moindre problème, rassurez-vous.

Genesis hocha aimablement la tête et se laissa faire sans broncher.

- Ca a l’air si simple, à t’entendre… soupira-t-il.

- Oh ! Ca en l’est pas, monsieur Rhapsodos. Il a fallu des années de recherche sur le mako purifié au docteur Rui pour arriver à mettre au point ce genre de sérum.

- Si seulement ce traitement avait existé il y a 10 ans… soupira le Banoran.

Merill sourit.

- Mieux vaut tard que jamais, monsieur.

- Oui, on va dire ça. Comment va Nero ?

- Il réagit bien mieux qu’on ne pouvait l’espérer, ne vous en faites pas. Son frère est avec lui, au premier. Si je puis me permettre, monsieur… ce que vous avez fait était vraiment très généreux.

Genesis eut un sourire triste.

- Généreux, mon garçon, j’aurais dû l’être des années plus tôt et tout ceci ne serait jamais arrivé.

- Genesis… le tança gentiment Sephiroth.

Merill s’éloigna, un peu embarrassé, et son patient secoua la tête.

- Weiss m’avait prévenu, Seph, avoua le Banoran, la gorge serrée.

- De quoi tu parles ?

- Lorsque lui et Nero sont venus me chercher, peu après l’incendie de Nibelheim. Avant de mettre mon corps à l’abri dans la grotte, ils m’ont supplié de les aider à éliminer les chefs de la 14ème légion.

Sephiroth frissonna.

- Les Restrictors ?

Genesis acquiesça.

Les Restrictors étaient les éminences grises du légendaire Deep Ground, la 14ème force de Soldat - ainsi nommée car elle avait vaincu en une seule nuit tous les membres du “Ragnarok”, la 13ème légion considérée jusqu’alors comme le bras armé le plus puissant de la Shinra.

- Weiss disait que quelque chose de grave se préparait. Que les Restrictors allaient les utiliser, lui et son frère, comme fers de lance d’une nouvelle unité de supers soldats du Deep Ground.

- Les Tsivets.

- J’ai cru qu’il exagérait et j’ai refusé… murmura le Banoran d’une voix brisée.

- Genesis…

- Merde, Seph, j’ai refusé ! Je lui ai dit que ce n’était plus mes affaires, que je ne voulais plus être mêlé de près ou de loin aux magouilles de la Shinra !

Il se couvrit le visage des mains.

- Genesis, tu ne pouvais pas devin…

- Je les ai laissé tomber, Seph ! Ils m’ont supplié de les aider et je les ai laissé tomber pour courir me planquer quelque part entre ma propre conscience et le royaume des morts en croyant que passer des années à méditer loin de tout m’aiderait à comprendre le sens de la vie et ferait de moi un être… supérieur ! Comme si un simple humain pouvait… (Il se tut, à demi-étouffé par le remords) Ils n’étaient que des gosses… Ils n’avaient personne. Et je les ai laissé tomber pour courir après une chimère !

- D’accord, tu les as laissé tomber. Mais ils sont là, maintenant, dans ce manoir, bien vivants. Et beaucoup d’autres aussi. Des milliers d’autres qui ont besoin de nous. Alors plutôt que de te morfondre sur tes erreurs passées, tu ferais mieux de te reprendre pour nous aider à affronter ce qui se prépare !

Genesis le dévisagea un long moment, sourit avec ce qui n’était pas loin de ressembler à de la tendresse et hocha la tête.

- Et on dit que les fortes têtes ne changent jamais…

*

Kay gazouillait sur le lit tandis que Loz détournait son attention pour permettre à Yazoo de soigner ses petits pieds meurtris.

Tifa et Gretta s’étaient rendues au village avec Marlène et Denzel, qui ne tenaient plus en place et n’avaient qu’une envie : se glisser en douce dans la chambre de Weiss et de Nero pour voir de quoi avaient l’air les mystérieux invités et anciens compagnons d’infortune de Shelke.

Loz fit mine de dévorer le petit vendre rebondi et le bébé rit comme un fou en donnant des coups de pied en tout sens, empêchant Yazoo de continuer à appliquer la pommade sur les petons tendres.

- Loz !

Son cadet se saisit fermement d’une petite jambe potelée, ce qui parut déplaire fortement au bébé, qui fronça des minuscules sourcils argentés pinça les lèvres avec une grimace boudeuse.

La mimique était si typique de Loz que Yazoo fut pris d’un fou-rire.

- Quoi ?

- On dirait toi ! Ah ! Ah ! Ah !

L e jeune colosse allait répliquer lorsqu’on frappa à la porte de la chambre.

- C’est ouvert !

Le battant s’ouvrit lentement et la silhouette de Weiss se dessina dans l’encadrement.

L’ancien Tsviet était vêtu d’un ample pantalon de toile, d’un sweat-shirt bleu pâle qui moulait son torse athlétique et de rangers militaires prêtées par Cid. Tous deux faisaient pratiquement la même taille. Tifa et Gretta devaient revenir du village avec quelques vêtements pour lui, les argentés et le bébé. Pour ce qui était de Nero, c’était une tout autre paire de manches (au sens propre comme au figuré). Reeve s’était entretenu un long moment au téléphone et par Internet avec la section de recherche du WRO au sujet d’un vêtement de contention adapté.

- Pardon de vous déranger, s’excusa Weiss de sa belle voix de baryton. Je voulais vous remercier de vous être occupés de mon frère. Shelke m’a dit que vous l’aviez fait sortir du caisson et que vous étiez resté avec lui tout ce temps.

Yazoo sourit en remettant ses petits chaussons au bébé.

- Entre, ne reste pas à la porte. Comment va ton frère ?

- Bien mieux. Grace à vous tous. Shelke est avec lui. (Il s’approcha et se pencha sur le petit) Te revoilà, toi, petit lutin. Tu me reconnais ?

Kay gazouilla en agitant ses petites menottes vers lui.

Voyant qu’il n’osait pas toucher le bébé, Loz le souleva et le lui tendit.

- Dis bonjour, Kay !

Aussitôt, le petit s’agrippa à Weiss et le dévisagea avec de grands yeux curieux.

Le rire du jeune homme résonna dans la pièce. Un joli rire comme Yazoo et Loz n’en avaient jamais entendu : clair, spontané et terriblement communicatif.

Le bébé, envoûté, se mit à rire lui aussi. La température et la luminosité de la chambre parurent montrer de plusieurs degrés.

Les jumeaux échangèrent un regard aussi étonné que charmé.

Weiss paraissait illuminer littéralement la pièce de sa présence mais, étrangement, malgré une plastique parfaite et des traits à faire pâlir d’envie tous les anges du paradis, son charme n’agissait pas sur le plan ” physique “. L’attirance qu’il provoquait n’avait rien de sexuel ni même de sensuel. Sa séduction opérait à un autre niveau…

Etrange.

En le voyant jouer et rire avec Kay, son surnom ” Weiss l’immaculé ” commençait à prendre tout son sens pour les deux argentés.

Avec un tel charisme, il n’était pas étonnant que ses soldats se soient mis à l’adorer comme un demi-dieu…

- Eh ! On s’amuse comme des fous et on ne m’a pas invité ? claironna la voix enjouée de Reno.

Yazoo, encore sous le charme, se tourna vers la porte.

- Kay a reconnu Weiss, fit-il pour se redonner une contenance.

- Ah ouais ? Et le beau Reno, tu le reconnais, p’tit grumeau ? (Il fit une grimace ridicule en direction du bébé et le rire de celui-ci redoubla) Sephiroth aimerait te présenter à son vieil ami, Yazoo baby. Tu es le seul qu’il n’ait pas encore vu. Tu veux bien descendre une minute ?

- Oh… Oui, bien sûr.

- Au fait, comment va Nero ? demanda aimablement le turk.

- Bien mieux, répondit Weiss, un rien gêné car peu habitué à tant de sollicitude. C’est toi qui m’a ramené en hélicoptère, n’est-ce pas ?

Reno s’inclina avec une révérence comique.

- A ton service !

- Ne pilotais-tu pas aussi l’un des hélicoptères qui ont donné la chasse à Genesis et à Angeal, lorsqu’ils ont déserté le Soldat ?

Le turk hoqueta et écarquilla les yeux.

- La vache… Ca, c’est de la mémoire ! Ouais, j’en pilotais un. Je n’étais qu’un simple exécutant, à l’époque. Mais toi tu… Ton frère et toi deviez être des gamins, non ? Ca fait quoi ? Huit ? Neuf ans ?

Weiss hocha la tête, amusé.

- Nero avait 16 ans. Moi, 23.

- On a plus ou moins le même âge, alors, toi et moi ? s’étonna le turk, surpris par l’apparente jeunesse de l’ancien chef des Tsviets.

- Je crois bien.

Yazoo poussa Reno dehors avant qu’il ne commence à cuisiner Weiss sur une hypothétique recette miracle de l’éternelle jeunesse et ce dernier rit de bon cœur, amusé par leurs pitreries.

*

- De l’hermaphrodisme ? répéta Genesis, qui n’en croyait pas ses oreilles. Tu es sérieux, Seph ?

Sephiroth hocha la tête avec gravité.

- Promets-moi de ne pas y faire la moindre allusion.

- Oui… Oui, bien sûr, cela va de soi mais c’est quand même incroy…

- Chut ! Les voilà.

Genesis leva la tête pour voir s’avancer Yazoo, flanqué du turk roux qui était parti le chercher, et réalisa aussitôt qu’il lui serait inutile de se mordre la langue. Le corps élancé moulé dans un long manteau cuir noir et l’adorable visage encadré par une longue chevelure de mercure pur lui avait fait perdre la voix !

Alors c’était ça, le ” jumeau ” hermaphrodite de Loz ?

L’ancien soldat s’était attendu au pire à une caricature grassouillette du jeune colosse avec des seins, des joues hirsutes et une voix aiguë et, au mieux, à une version de lui un peu efféminée mais sûrement pas à… ça !

Bouche bée, il regarda s’avancer la créature éthérée qui répondait donc au charmant surnom de ” Yazoo baby ” et lorsque celui-ci s’arrêta devant son lit en souriant, Genesis crut que des dizaines de papillons venaient de prendre leur envol dans son estomac.

- Yazoo, voici Genesis, l’un de mes amis d’enfance, le présenta Sephiroth.

L’incarné adressa au Banoran un élégant petit salut de la tête.

Ce dernier dut se faire violence pour ne pas tendre la main afin de chasser une mèche de cheveux du visage en cœur pour la glisser derrière l’une des délicates petites oreilles.

- C’est un honneur de vous rencontrer, capitaine Rhapsodos, fit l’apparition de sa voix douce en s’inclinant avec respect.

Un parfum sucré à tourner les sens caressa les narines de Genesis. Il entrouvrit les lèvres pour le respirer par la bouche afin de le goûter et faillit fermer les yeux pour le déguster comme il l’aurait d’un vieux cognac.

- Tu contiens dans ton oeil le couchant et l’aurore; récita-t-il, plongeant son regard dans celui de l’incarné.

Tu répands des parfums comme un soir orageux;

Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore

Qui font le héros lâche et l’enfant courageux.

Yazoo hoqueta, à la fois flatté et surpris, et une rougeur - que Genesis trouva au demeurant particulièrement charmante - colora ses pommettes hautes.

C’était bien la première que quelqu’un s’adressait à lui de la sorte !

Sephiroth leva les yeux au ciel.

- Oui, j’avais oublié ce détail, railla-t-il. Genesis adore les niaiseries et plus particulièrement lorsqu’elles riment !

Yazoo fit tinter son rire musical et le Banoran lui fit un clin d’œil.

Un geste de séduction que Reno, qui observait les réactions de Genesis depuis qu’ils étaient arrivés, n’apprécia pas mais alors pas du tout

à suivre

Vous avez aimé ce texte ? Laissez-moi un commentaire !

LXVI - Un mort bien vivant

Quand on n’a rien à se reprocher dans la journée,

on ne craint pas que les fantômes viennent

hurler à la porte au milieu de la nuit. ”

Proverbe chinois

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Derrière la vitre de la cuve, Weiss essayait désespérément de deviner ce qui se disait et se passait dans le laboratoire.

Il avait définitivement repris ses esprits deux heures plus tôt, en sentant l’horrible douleur - typique du mako purifié - embraser ses poumons et ce fut pour voir Sephiroth allonger son frère sur - ou plutôt ” dans ” - le corps de Genesis, que d’autres hommes avaient transporté jusque là dans une civière.

- Weiss ? Weiss, tu m’entends ?

Il baissa les yeux vers Shelke, qui tapotait le verre de la cuve pour attirer son attention.

- Kadaj va augmenter un peu la concentration de mako, l’informa la jeune fille. Fais-nous signe si tu sens une gêne ou une brûlure quelconque.

Indifférent à son propre sort et à la douleur de ses os brisés, l’ancien chef des Tsviets désigna ce qui se passait dans le laboratoire et secoua la tête, soucieux.

- Je te l’ai dit, insista la jeune fille. Tu n’as rien à craindre. Il s’agit bien de Genesis. Du vrai Genesis. Nero a besoin de ces cellules ou sinon, il risque de…

Weiss sentit un horrible élancement au côté droit, là où une côte avait transpercé son foie, et il posa lourdement le front sur le verre avec un ” toc ” sinistre, interrompant son ancienne subordonnée.

Celle-ci se tourna vers sa sœur, ne sachant plus comment convaincre le jeune homme de se concentrer sur sa propre guérison.

Shalua s’approcha.

- Weiss ? Weiss, regarde-moi. Regarde-moi !

Elle donna une tape sur la paroi et il daigna enfin lui accorder un peu d’attention mais son magnifique regard bleu et or décelait un monde d’angoisse et de souffrance.

- Tout va bien se passer, assura-t-elle d’une voix douce. Vincent et Genesis savent ce qu’ils font, je t’en donne ma parole.

Le Tsviet vissa ses prunelles aux siennes, comme s’il lui demandait silencieusement de jurer qu’il n’arriverait rien à son frère, et Shalua sourit.

- Ce qui aidera vraiment Nero à se remettre rapidement, c’est de voir que son grand frère va bien et qu’il est hors de danger.

Weiss ferma les yeux un instant, comme s’il se concentrait pour essayer de se reprendre et de gérer la douleur et hocha la tête.

- Bien. J’ai réduit les fractures et il faut à présent que le mako ressoude tes os et régénère tes organes. Kadaj va y aller en douceur.

Le jeune homme acquiesça de nouveau et se tourna vers Kadaj, qui lui sourit pour le rassurer.

- Le mako aussi pur est très instable, fit ce dernier. Alors j’ai vraiment besoin que tu m’alertes à la moindre gêne.

Weiss plissa le front en signe d’incompréhension et tourna la tête vers Shelke, qui laissa échapper un petit rire.

- Tu n’es plus au Deep Ground, Weiss, dit-elle. Ici, tu te rendras à peine compte du changement de concentration de mako. Kadaj est un vrai virtuose.

L’incarné haussa un sourcil, un peu perdu, et la jeune fille s’assit sur l’accoudoir de son fauteuil.

- Au Deep Ground, les scientifiques n’utilisaient pas de paliers progressifs, expliqua-t-elle.

Kadaj tordit le nez.

- Charmant… Et moi qui pensais que nous avions écopé des pires sadiques au cratère Nord !

De l’agitation se fit dans l’infirmerie.

Telle un étrange papillon s’arrachant à sa chrysalide, Nero avait commencé à s’extraire du corps de Genesis. Et à le voir haleter et lutter, cela n’avait rien d’un exercice aisé.

Le rythme cardiaque de Weiss se mit à battre la chamade, faisant hurler les appareils de contrôle, et Kadaj jura.

- Du calme, Weiss, le supplia Shelke. Concentre-toi !

Nero était parvenu en rampant à extraire la moitié supérieure de son corps de celui de son hôte… lorsqu’il s’effondra sur le côté, à bout de souffle.

- C’est pas vrai… soupira Vincent. Allez, encore un petit effort !

- Ne peut-on pas l’aider ? proposa Loz, prêt à se saisir des bras minces pour le tirer vers lui.

- Surtout pas ! intervint l’essence fantomatique de Genesis. Tu pourrais endommager irrémédiablement et son corps, et le mien.

- Voire même couper tout bonnement ce garçon en deux, ajouta Reeve.

Cid, lui aussi présent, se raidit.

- Tu es sérieux ?

- Les cellules de sa partie inférieure sont totalement imbriquées dans les miennes, confirma Genesis.

Sephiroth s’accroupit à côté de Nero, trop épuisé pour ne serait-ce que se redresser sur ses avant-bras.

- Allez, courage, c’est bientôt fini. Tu y es presque.

Le Tsviet secoua la tête.

- Je… Je n’y arrive… pas…

- Essaye quand même une dernière fois. Respire un grand coup.

Nero obéit et s’accrocha même aux jambes de Sephiroth pour essayer de se libérer. En vain. Son bassin et ses jambes restaient prisonnières de ceux de Genesis - ou plutôt ” mêlés ” à eux.

- Je… Je ne… peux pas… Je suis… Désolé…

Le Soldat lança un regard désespéré à Vincent, qui secoua la tête.

- Il est en train de s’épuiser pour rien alors qu’il a besoin de toutes ses forces pour se remettre d’aplomb et assimiler les cellules de Genesis, trancha ce dernier. Ce n’est pas bon du tout.

- Alors, je crois que nous n’avons pas le choix, fit Reeve en se tournant vers l’essence fantomatique de l’ancien soldat 1ère classe. Il va falloir l’aider.

- J’aurais préféré éviter ça, murmura ce dernier. Ca risque d’être très violent et dans son état de fragilité, il…

- Genesis… intervint Sephiroth, la tête de Nero sur ses genoux. Il est vraiment à bout.

- D’accord, d’accord, Seph, c’est bon, j’ai compris.

*

Dans le grand salon, les autres hôtes du manoir - Denzel et Marlène, qui dormaient encore, exceptés - étaient réunis devant un petit déjeuner très matinal, les yeux bouffis de sommeil.

- Bon sang ! Je pourrais dire que j’en aurais vu, des trucs bizarres, dans ma vie… fit Rude, encore vêtu de sa tenue de commando, en avalant son troisième café.

Reno lui tapa sur l’épaule et se saisit d’une carafe de jus de fruits.

- Tu l’as dit, mon pote.

Il remplit son verre et celui de Yazoo, qui ne cessait de lorgner sur le cadran de la montre de son amant.

Tifa, qui avait remarqué son manège depuis un moment, se pencha à son oreille

- Tseng et Elena seront là d’un moment à l’autre, chuchota-t-elle.

L’argenté sourit et elle lui pressa amicalement la main.

- En fait, non, pas tout de suite, annonça Rufus avec une moue. Avec les événements de la nuit, j’ai oublié de vous en faire part mais Tseng a appelé. Ils ont dû s’arrêter en route. Un petit problème d’ordinateur de bord mais rien de grave. Ils seront là dans la soirée. (Les épaules de Yazoo s’affaissèrent) Je suis désolé, j’aurais dû t’en parler tout de suite.

L’argenté se reprit et secoua la tête.

- Ca ira, ne vous en faites pas. Je… Je m’étais juste mentalement préparé à leur arrivée pour ce matin, c’est tout.

Reno lui passa le bras autour des épaules, réconfortant.

- Les machines sont toujours là pour nous pourrir la vie pile poil quand il ne faut pas, petit ! soupira Barret avec philosophie.

Yuffie s’étira et se frotta les yeux.

- Je me demande comment ça se passe, en bas.

*

Genesis eut beau essayer de réintégrer son corps aussi délicatement que possible, comme il l’avait craint, à peine ” réinstallé “, Nero en fut expulsé avec une violence inouïe.

Si Loz n’avait pas aidé Sephiroth à le retenir, le ténébreux aurait sans doute été propulsé à plusieurs mètres et il ne s’en serait pas tiré indemne.

La douleur n’en fut cependant pas moins intense et, tout comme cela avait été le cas lorsqu’Hojo l’avait chassé du corps de Genesis une première fois, Nero eut l’impression que chacune de ses cellules se scindait en deux.

Son cri résonna dans l’infirmerie.

Weiss, affolé, hurla le nom de son frère en silence dans le mako en plaquant ses deux mains contre la vitre et Shelke essaya une fois de plus de l’apaiser.

- Ca va aller ! Ma sœur et Vincent sont avec lui. Reprends-toi ! Tu dois te calmer ou tu risques d’endommager irrémédiablement les os fracturés que Shalua a remis en place ! Si le mako les ressoude de travers, tu es bon pour passer sur la table d’opération avant de retourner là-dedans !

A quelques mètres de là, Shalua auscultait Nero, qui gisait dans les bras de Sephiroth.

- Il est choqué mais ça a l’air d’aller. Tu m’entends, chaton ? Ouvre-les yeux, allez.

- Nero… gémit Genesis, qui essayait de se redresser un peu avec l’aide de Merill.

- Doucement, Capitaine Rhapsodos. Reconstituer ce que vous avez offert à votre ami va prendre un peu de temps. Restez tranquille.

Nero ouvrit lentement les yeux et Shalua lui sourit en passant la main dans ses cheveux dégoulinants de sueur.

- Ca va, chaton ? Comment te sens-tu ? As-tu mal quelque part ?

- Fa…tigué…

Sephiroth et Vincent laissèrent échapper un soupir d’intense soulagement.

- C’est normal, poursuivit la jeune scientifique en caressant le front moite. Tu vas pouvoir dormir et te reposer autant que tu le voudras, maintenant, je te le promets.

Elle se tourna vers la cuve, où Weiss s’agitait de plus en plus, et leva le pouce avec un large sourire, pour faire signe que tout allait bien.

- Ca a marché, dit Shelke en posant ses paumes contre celles de Weiss à travers la vitre de la cuve. Tu entends, Weiss ? C’est fini, Nero est hors de danger, maintenant.

L’ancien chef des Tsviets hocha la tête et se laissa aller en arrière contre la paroi en fermant les yeux, comme si le soulagement lui coupait les jambes et lui ôtait ce qui lui restait d’énergie.

- Weiss ? appela doucement Kadaj. Weiss, encore un effort, il faut trouver le bon palier de mako. Ensuite tu pourras te laisser aller jusqu’à ce que tu sortes de là.

Weiss se força à sourire malgré la douleur et acquiesça.

*

Tseng - ou du moins avait-il l’apparence de Tseng - enjamba le corps inanimé d’Elena et du pilote de l’avion pour se saisir du petit cercueil, qu’il ouvrit pour récupérer le minuscule défunt momifié.

- Ridicule… cracha-t-il en voyant les vêtements de poupée.

Il dénuda le corps du bébé sans la moindre pitié, éparpillant la layette sur le sol, et voulut le glisser dans la poche de son costume mais la position des petits bras et des jambes potelées l’en empêchèrent.

- Saleté…

Il jeta un regard alentour et prit un sac en papier destiné aux passagers souffrant du mal de l’air.

Il brisa les membres du bébé avec des “ crac ! ” sinistres, désolidarisa le corps de la tête et jeta le tout dans le sac avant de glisser ce dernier dans sa poche.

- Des cellules de Jenova parfaitement conservées ! ricana-t-il en tapotant les petits restes momifiés à travers la toile de sa veste, faisant s’entrechoquer les morceaux avec un bruit de cailloux. Un génie ! Je suis un génie…

à suivre

Vous avez aimé ce texte ? Laissez-moi un commentaire !

Ténèbres

***

Auteur : Ayame Nightbreed

Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Arisu

***

Journal de Nero - Première page

Les Ténèbres…

Mes Ténèbres. Mon monde intérieur. Cette part de moi sans limite tangible.

Elles sont mon seul refuge en cas de menace. Le seul endroit - si on peut appeler ça ” un endroit ” - où je me sens intouchable. Un sanctuaire maudit auquel je dois ma survie et où nul ne peut m’atteindre.

Les plaintes des morts qui hantent mes Ténèbres sonnent comme une berceuse à mes oreilles. Une berceuse qui m’apaise depuis toujours…

Non… Ce n’est pas tout à fait vrai.

En réalité, je dispose d’un second refuge : les bras de mon frère aîné. Il va sans dire que je les préfère à mes Ténèbres. Malheureusement, contrairement à elles, je n’ai pas la possibilité de rejoindre Weiss quand je le désire.

Encore moins ces derniers temps.

Weiss… Que ne donnerais-je pour une nuit à tes côtés ?

Ta présence seule suffit à faire refluer mes Ténèbres jusqu’aux limites de mon être. Ta lumière m’apporte à la fois répit et réconfort. Elle peut parfois même adoucir mon âme jusqu’à me faire éprouver un sentiment de paix. Mais plus que ta lumière, c’est toi, Weiss qui m’es essentiel.

Ta peau, tiède et si douce ; tes mains apaisantes et aimantes ; ta voix, si chaude et si rassurante. Et tes yeux… Tes yeux d’un bleu pur agrémenté d’une touche d’or qui illumine ton visage. A eux seuls, tes yeux me renvoient l’image de ce que tu es pour moi, Weiss : l’incarnation de la perfection.

Journal de Nero - Page 17

Sans Weiss, le temps n’est plus qu’une succession de moments plus ou moins longs et éprouvants. Repos, examens, entraînement, injections de mako, examens. Repos, examens, entraînement, injections de mako, examens…

On lui permet parfois de dormir dans la même pièce que moi - quand on ne le laisse pas enchaîné à son propre trône plusieurs jours de suite. En ce qui me concerne, les nuits que nous passons hors de nos cellules respectives sont ma seule raison de ne pas perdre la raison.

Mais peut-on parler de ” nuits ” ?

De simples numéros verts sur un cadran noir, au-dessus de la porte de notre geôle, pour nous rappeler à quel point notre bonheur est éphémère : voilà ce qu’est ” la nuit ” pour nous.

Ah ! Bien sûr, j’ai déjà eu le privilège de voir la nuit, celle de l’extérieur, les rares fois où l’on nous envoie en mission à la surface. Ces nuits-là sont l’exact reflet de ma propre existence : noires, solitaires et silencieuses, et regorgeant de menaces cachées.

Journal de Nero - Page 21

Il est désormais manifeste pour ” eux “ que Weiss et moi représentons un danger non négligeable (nous sommes certainement leurs expériences les plus imprévisibles et les moins dociles). On nous séparera bientôt, j’en ai la certitude.

Journal de Nero - Page 22

On enferma Weiss au cœur du réacteur Zéro, exposé à des doses de mako mortelles pour un être normalement constitué, et moi quelques niveaux plus haut, enchaîné à plusieurs mètres du sol.

Je passai ces années seul, dans l’obscurité, à hurler et à supplier jusqu’à m’en briser la voix.

Je ne dormis presque jamais car les chaînes d’acier mordaient dans ma chair et le poids de mes ailes métalliques semblait me déchirer le dos. La douleur me tenait constamment éveillé et rares étaient les moments où je sombrais dans mes Ténèbres, terrassé par l’épuisement.

Journal de Nero - Page 27

Mon univers a toujours été fait de trois couleurs : le noir de mon essence, le blanc pur de mon frère et le rouge, celui du sang de tous ceux que l’on m’a fait éliminer ou dont j’ai choisi d’abréger la vie.

Si je regrette toutes ces morts ?

Tue et tu vivras. “ Telle était la règle d’or, au Deepground.

Difficile de dire si j’aime tuer ou non…

Impossible de nier, cependant, que j’éprouve un certain plaisir à donner la mort à ceux qui se font appeler ” humains ” et qui prétendent nous être supérieurs, faisant étalage de leur intelligence et de la liberté dont ils jouissent. Pour eux, nous ne sommes que des numéros, des bêtes qu’ils se réjouissent d’envoyer à l’abattoir. Que dis-je, des animaux ?

Non…

Les rares animaux que j’ai eu l’occasion de voir - ailleurs qu’au fond de mon assiette, s’entend - étaient bien mieux traités que les soldats du Deepground.

Les ” autres ” nous voient que comme des expériences à étudier, des curiosités qu’ils ont eux-mêmes créées, des monstres à torturer. Et c’est bien ce que nous sommes, en réalité.

Des monstres.

Je ne suis pas dupe ; je sais, pour avoir aperçu le monde extérieur, que nous ne devrions pas vivre ça. Mais à quoi bon s’apitoyer sur son sort ? C’est comme ça.

Pourtant, je ne suis pas certain que les ” autres ” valent mieux que nous…

Je les hais et les méprise presque autant que moi-même. Ils ne sont rien. Ne valent rien. Qui qu’ils soient, d’où qu’ils viennent, ils sont tous les mêmes !

Journal de Nero - Page 45

Weiss… Mon frère bien-aimé.

Ils l’ont tué !

Tout était prévu ! Tout ! Depuis le début.

Weiss, pourquoi avoir fait ça ?

Pourquoi ?

Tu disais que tu voulais me libérer, les empêcher de m’entraver dans mes propres cauchemars, dans l’obscurité de mon cœur. Tu disais que tu aurais fait n’importe quoi pour moi. Tu disais que tu m’aimais…

Etait-ce une raison pour payer mon salut de ta vie ?

Ma vie ne vaut pas un dixième de la tienne. Nous aurions mieux fait de rester encore un peu dans nos cages respectives. Ne nous sommes-nous pas promis d’être toujours ensemble ?

Journal de Nero - Dernière page

Mon frère… Je me rappelle ton sourire lorsque tu venais retirer mon masque et que tu prenais mon visage souillé de larmes entre tes mains. Si elle n’était pas déjà vouée aux ténèbres, j’aurais vendu mon âme pour un seul de tes sourires. Tu étais la seule chose qui m’empêchait de sombrer dans la folie. Nous ne faisions qu’un. Notre amour était l’unique sentiment capable de mettre à mal ma noirceur sans pour autant me faire souffrir et je sais qu’il restera intact quoiqu’il arrive.

Weiss…

J’ai tant besoin de toi… De ta chaleur et de ta lumière…

Mais tu es parti.

Pourtant, je te sens encore près de moi. Ton cœur ne bat plus. Ta voix s’est tue et tes bras sont inertes mais tu es toujours là. A la fois proche et si lointain.

Mon cher frère…

Parce que tu m’as sauvé de la folie, je t’arracherai à la mort.

Je t’en fais le serment, Weiss… Nous serons bientôt réunis. Personne ne nous séparera plus jamais. Et je ne laisserai plus qui que ce soit faire du mal à mon autre moi, à mon frère, à mon contraire, au seul être que j’ai aimé.

Que ferons-nous lorsque nous serons de nouveau ensemble ?

Je n’en sais rien…

Toi seul dois en décider.

Peut-être une nouvelle existence, ailleurs, loin d’ici… Je sais que ta lumière nous guidera. J’ai confiance en toi. Il y a toujours dans les ténèbres, pour épaisses qu’elles soient, une lueur - d’espoir, d’amour, qu’importe ?

Cette lumière, c’est toi.

FIN

La bonne éducation (2e partie)

***

Rédaction : Shiva Rajah

Inspiré d’un passage du roman “Thyia de Sparte” de Cristina Rodriguez (studio Gothika)

Illustration : M.A. Sambre (Studio Gothika)

Corrections : Arisu

***

- Postulant Soldat au rapport, chef !

Zack redressa la tête pour voir à qui appartenait la petite voix flûtée qui s’adressait à lui de façon aussi solennelle de si bon matin et éclata de rire en voyant le minuscule garçonnet.

- Nero ? Qu’est-ce que tu fais là ? demanda-t-il en finissant de lacer ses bottes.

- Je me suis échappé de la salle de simulation ! claironna fièrement le garçonnet.

Zack pouffa.

- Toi, avec tes petites jambes et ta petite tête, tu as réussi à échapper au Restrictor ?

Un membre de la mythique 14ème force du Soldat venait une fois par semaine à l’Académie pour surveiller les progrès des recrues qu’ils avaient repérées lors des entraînements.

A l’instar de la plupart des gens, Zack n’avait jamais pu entrevoir ne serait-ce que le regard du mystérieux personnage, toujours à l’abri de la visière d’un casque de métal noir qui lui recouvrait entièrement la tête.

- Il n’a même pas pu me toucher ! se récria Nero, vexé.

- Tiens donc !

- C’est vrai !

- Et comment t’y es-tu pris ? En lui mordant les doigts de pied pour l’empêcher de te courir après ?

Le garçonnet éclata de rire.

- Bah non, t’es bête ! On peut pas faire ça, il a des grosses bottes qui montent, comme Sephiroth ! (Zack sourit) Je lui ai vomi dessus !

- Tu as quoi ? s’écria le jeune homme, estomaqué.

- Bah ch’ai mis deux doigts là, chur la langue, comme cha…

Zack bondit sur lui pour lui retirer les doigts de la bouche.

- Non, ça va ! Je te crois sur parole.

- Et puis quand il criait et que les soldats le nettoyaient, je suis parti sans que personne me voie. Voilà ! conclut fièrement le petit.

Le postulant soldat partit d’un rire tonitruant et hocha la tête.

- Le Restrictor t’effraie donc à ce point là ?

Le garçonnet acquiesça.

- Il est méchant et il essaye toujours de me faire peur pour que je fasse sortir du noir de mes mains alors que, normalement, j’ai pas le droit !

- Oh… Je vois. Dans ce cas, je dis que tu as sans doute bien fait de t’enfuir - mais ne le répète pas ! (Nero bomba fièrement son petit torse) Cela étant dit, qui t’a appris à faire une chose aussi dégoûtante ?

- Weiss !

- Weiss ?

Nero acquiesça.

- Enfin, il m’a pas appris. Il fait ça tout le temps pour faire croire au Restrictor qu’il est malade.

Zack haussa le sourcil, de plus en plus surpris.

- C’est de famille, ma parole !

Pourtant, être remarqué par le restrictor et avoir ne serait-ce qu’une chance d’intégrer le prestigieux Deep Ground était le rêve de tous les postulants Soldats.

Pourquoi Weiss laissait-il laissé passer une telle occasion ? Pire, pourquoi faisait-il tout pour la gâcher ?

- Et pourquoi Weiss fait-il une chose aussi étrange ?

Le garçonnet se mordit la lèvre inférieure et rougit.

- Je sais pas.

- Pourquoi Weiss fait quoi ? demanda Angeal, qui venait d’entrer dans le dortoir. Bah ! Qu’est-ce que tu fais là, toi ? ajouta-t-il en remarquant Nero. Je te croyais à l’infirmerie !

Le garçonnet rentra la tête dans les épaules.

- Je… Je me suis perdu… couina-t-il .

Angeal gronda et fronça les sourcils.

- Tu t’es perdu ?

- Oui…

- Et tu es sans doute venu jusqu’ici pour demander ton chemin à Zack ?

- Euh… Je sais pas… Oui ? fit-il, ne sachant visiblement pas s’il s’agissait d’une bonne explication ou non.

Le Soldat avança d’un pas et se pencha en avant sur le garçonnet, qui se couvrit la tête de ses petits bras tatoués.

- Tu sais ce qu’on fait aux petits garçons qui mentent ?

A force de se tasser, Nero était presque assis sur le sol et Zack dut faire un effort pour ne pas éclater de rire et ruiner le simulacre de sévérité d’Angeal.

Ce dernier avait lui-même le plus grand mal à empêcher les coins de la bouche de s’étirer et le fou-rire le menaçait en voyant le frère de Weiss accroupi à ses pieds.

Soudain Nero éclata en sanglots et agrippa son petit ventre.

- Tu ne vas pas te remettre à vomir, hein ? demanda Zack, méfiant.

Le garçonnet secoua la tête.

- Tu as bobo au bidon ? s’enquit Angeal, regrettant aussitôt d’avoir joué les grosses brutes.

Le petit secoua encore la tête en pleurant de plus belle.

- Non… sanglota-t-il.

- Je t’ai fait si peur que ça ?

Nero acquiesça.

- Oui…

Le Soldat s’accroupit devant lui et sourit, rassurant.

- Allez, c’est fini, chibi face, c’était pour de faux. Viens me faire un câlin.

Il tendit les bras mais le petit recula en se tenant toujours le bas-ventre à deux mains.

- Alors ça y est, tu ne m’aimes plus ? fit Angeal avec un grimace boudeuse dans l’espoir de le faire sourire.

- Si… couina le garçonnet en reniflant.

- Alors pourquoi tu ne veux pas me faire un câlin ?

- J’ai fait un truc pas exprès… finit par avouer le garçonnet d’une toute petite voix entre deux sanglots en agrippant son petit pantalon de plus belle.

Zack se détourna, la main sur la bouche pour étouffer un fou-rire incontrôlable et Angeal dut se mordre la langue au sang pour ne pas en faire autant.

- Je vois…

Poursuivi par le rire incontrôlable de Zack, il souleva l’enfant de terre et se dirigea vers les douches en le tenant à bout de bras, le plus loin possible de lui.

*

Nero prenait son goûter assis sur la cuisse de Zack, à qui Angeal avait confié le petit après l’avoir récuré comme une casserole et habillé de vêtements propres.

- Au fait, tu ne m’as pas dit pourquoi Weiss faisait semblant d’être malade devant le Restrictor.

- Je sais pas si j’ai le droit. Il m’a dit de rien dire.

Le jeune homme entreprit de lui peler une orange et de la séparer en quartiers.

- Qui ? Weiss ?

Nero acquiesça et prit un quartier d’orange qui, dans sa minuscule petite main paraissait énorme.

Lorsqu’il le mit tout entier dans sa bouche, le jus gicla et Zack prit une serviette en papier pour le débarbouiller.

- Doucement ! Ne mets pas de si gros morceaux dans ta bouche, tu vas t’étouffer.

- Weiss, il l’écrabouille dans un verre.

- Oui mais tu es grand, maintenant, tu peux manger des oranges sans avoir besoin de les presser. Non ?

Le garçonnet haussa ses petites épaules et pris un autre quartier d’orange.

- Chais pas. Tu me racontes encore la grenouille bleue et la princesse ?

- Dans un moment. Et si je te promets que personne ne saura que tu m’en as parlé ? Que c’est un secret rien qu’entre toi et moi, d’homme à homme ?

Nero fronça ses petits sourcils.

- Que je suis grand et que je mange des vraies oranges ?

Zack pouffa.

- Mais non ! Pourquoi Weiss ne veut pas être sélectionné pour le Deep Ground.

- C’est quoi ” sectionné ” ?

- Pas sectionné, chibi face ! Se-LEC-tion-né. Choisi par le Restrictor.

- Tu veux, toi ?

- Bien sûr !

Le petit parut désarçonné.

- Tu veux que Restrictor te fasse ” des choses ” ? chuchota-t-il, ne parvenant à croire ce que lui disait Zack.

Celui-ci sentit une main invisible se refermer sur son ventre.

- Que… Qu’est-ce que tu veux dire par “faire des choses ” ?

- Des choses…, répéta Nero en rougissant.

Un froid glacial envahit le jeune homme.

- Tu l’as vu “faire des choses ” à Weiss ? (Le petit acquiesça.) Qu’est-ce que tu as vu ?

Nero s’agenouilla sur sa cuisse et colla sa petite bouche contre l’oreille de Zack, comme le font les enfants pour confier un secret.

- Des choses qu’on doit pas parler, chuchota-t-il. Des choses de grandes personnes.

- Nero… Est-ce que… Est-ce que Restrictor a obligé Weiss à… à faire ces ” choses ” ?

Le garçonnet se mordit les lèvres, sur le point d’éclater en sanglots, et renifla.

Il parvint à ravaler ses larmes un petit moment mais se mit finalement à pleurer en se couvrant le visage de ses menottes aux curieux ongles d’un noir bleuté.

Etait-ce un effet de l’imagination de Zack ou une sorte de fumée noire commençait à se former autour des petites mains ?

Oh, merde… “ pensa le jeune homme, gagné par la panique.

” Lui immobiliser les mains “, avait dit Weiss. ” Lui immobiliser les mains et le rassurer “.

- Ca va aller, Nero. Excuse-moi, je ne voulais pas t’embêter, d’accord ? Calme-toi.

- Il l’a obligé… sanglota le garçonnet. Restrictor disait qu’il faisait ça pour son bien. Weiss, il criait. Il donnait des coups de pieds et puis il m’a vu… Il m’a dit de partir. Il a dit que c’était pour jouer.

Zack contracta les mâchoires, au bord de la nausée, et jura.

- Je suis pas un bébé… ajouta Nero d’une voix tout juste audible en se blottissant contre Zack pour enfouir son petit visage dans son pull, comme un enfant se cache sous les couvertures pour échapper au monstre du placard. C’était pas pour jouer. Mon frère, il voulait pas. Je sais qu’il voulait pas. J’ai vu les autres le faire dans les toilettes, les grands. Et c’est pas pareil…

- Salopard…, murmura le Gongagien, fou de rage.

Et lui qui avait toujours pris l’élite du Soldat pour des exemples de droiture - à plus forte raison un membre du puissant Deep Ground !

Il tombait de haut.

Nero pleura un long moment dans les bras de Zack, qui regardait droit devant lui, le regard vide, effondré.

- C’est très mal, hein ? finit par demander le petit. Restrictor a fait du mal à Weiss, pas vrai ? Il avait pas le droit, dis ?

- Oui, Nero. C’était mal. Très mal. Et non. Il n’avait pas le droit. En aucun cas il avait le droit de faire ça…

*

- Un Restrictor abattu en plein gymnase et pas un indice ? Vous vous moquez de moi, Heidegger ?

Les hurlements d’Ashton Shinra s’entendaient dans tout l’étage.

- Monsieur, je…

- Vous soupçonnez bien quelqu’un, non ? intervint le professeur Hojo, qui paraissait suivre la conversation avec un amusement mêlé de dédain.

Heidegger haussa piteusement les épaules et Shinra faillit en avaler son cigare.

- C’est une plaisanterie ! s’époumona-t-il.

Hojo fit claquer sa langue contre son palais avec un bruit sec particulièrement désagréable.

- Comment est mort notre imbécile ? demanda-t-il avec mépris, faisant tiquer Shinra.

- D’après les médecins de l’Académie, il serait mort de… de peur, murmura Heidegger, comme s’il devait annoncer que la mer était en train de flamber.

- De… quoi ? tempêta le président. De peur ? Un gradé du Deep Ground ? Non mais c’est vous qu’il va falloir enfermer ! Qu’est-ce que c’est que ces sornettes ?

- Soyez plus précis, ordonna Hojo, comme si Ashton Shinra n’existait pas.

Heidegger haussa les épaules.

- Il avait les yeux écarquillés, exorbités, et un masque de terreur sur le visage comme si… Comme si…

- Comme si toutes les terreurs qu’il avait éprouvées au cours de sa vie avaient resurgi d’un seul coup, en une seule, énorme, et épouvantable panique ; comme s’il s’était retrouvé prisonnier de ses propres ténèbres, finit Hojo à sa place comme s’il se délectait de chaque mot prononcé.

- Auriez-vous une idée sur ce qui a pu se passer, Hojo ? demanda le président, curieux.

Le professeur laissa échapper un rire rocailleux qui leur écorcha les oreilles.

- J’en ai même deux, monsieur le président. Deux magnifiques idées très prometteuses… Aussi fascinantes et différentes que peuvent l’être le blanc du noir !

Il quitta le bureau en ricanant, laissant les deux hommes stupéfaits dans la confusion la plus totale.

FIN

Ce texte vous a plu ? Laissez-moi un commentaire !

LXV - Chibi Face

” Un ami, c’est quelqu’un qui vous connaît bien…
et qui vous aime quand même. ”

Hervé Lauwick

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Lorsque Vincent et les soldats du WRO qui l’accompagnaient firent irruption dans la grotte surplombant le ravin où coulait la rivière de la vie, ils furent saisis par le spectacle qui s’offrit à eux.

A quelques pas à peine du bord de l’abîme, Genesis semblait défier… Genesis !

- Qu’est-ce que… bredouilla l’un des soldats, ébahi.

- Shelke, as-tu une idée de ce qui se passe ? demanda l’ex turk à la jeune fille.

Celle-ci observait la scène, aussi surprise que ses compagnons, mais analysa immédiatement la situation.

- On dirait qu’il essaye de récupérer son propre corps, Vincent. Et il n’est pas seul, regarde.

Elle désigna les deux formes opalescentes qui observaient elles aussi la scène avec inquiétude et Vincent laissa échapper un cri.

- Lucrecia !

Tous se tournèrent alors vers lui et, profitant, de la diversion, le voleur du corps de Genesis s’en débarrassa comme d’un vieux vêtement pour plonger dans l’abîme où coulait la rivière de la vie avec un rire fou.

Le corps désincarné de Genesis voulut le suivre mais Angeal, le second ” fantôme ” présent, s’interposa.

- Non ! Recupère ton corps et rejoins ces hommes ! ordonna le Soldat avant de plonger derrière Hojo.

Lucrecia voulut sauter à son tour mais Vincent l’appela encore.

- Non ! Lucrecia ! Attends !

- Nous nous verrons bientôt, Vincent, je te le promets… dit-elle avant de se lancer à son tour dans l’onde tourbillonnante. Je te confie Genesis.

- Lucrecia !

Il se précipita au bord du précipice, où l’essence désincarnée du soldat s’était agenouillée près de son propre corps.

- Il n’est pas là… bredouilla-t-il en enfonçant une main translucide dans la poitrine sanglée de cuir. Comment est-ce possible ?

- Tu es Genesis, n’est-ce pas ? demanda Shelke, qui s’était approchée à son tour. Le ” vrai ” Genesis ?

Celui-ci hocha la tête, hébété.

- Où est-il ? demanda-t-il. Où est le garçon qui avait pris ce corps ?

Vincent se tourna vers eux.

- Nero ? En sécurité. Très affaibli mais il reconstitue son enveloppe et ses organes petit à petit.

Genesis secoua la tête, sceptique.

- Il reconstitue son enveloppe ? Mais… Avec quoi ? C’est impossible ! Il… Il n’a rien pris. Pas une seule cellule. Mon corps est intact !

- Nous l’avons mis dans un caisson mako, l’informa Shelke.

- Un caisson mako ? répéta-t-il, visiblement préoccupé. Mais ça ne suffira jamais !

- Est-ce Hojo que nous avons vu plonger dans la rivière ? demanda Vincent, encore sous le choc de ce qu’il avait vu.

- Oui. Oui, c’était bien cette ordure d’Hojo. Comment… Comment Nero s’y est-il pris ? insista Genesis.

Shelke leva le sourcil, étonné de l’inquiétude de l’ancien soldat pour le second des Tsviets.

- Pas de la meilleure façon, je le crains, mais il n’avait pas vraiment le choix. Le fait de devoir reconstituer son corps avec la force de son seul moi psychique l’a fortement affaibli et, à entendre ma sœur, il est aussi fragile qu’un nouveau-né.

- Récupère ton enveloppe et partons d’ici, ordonna Vincent. Il nous faut nous dep…

- Non, le coupa Genesis. Si je réintègre mon corps, je ne pourrais plus en sortir.

L’ex turk ouvrit de grands yeux.

- Tu préfères donc rester un fantôme ?

- Bien sûr que non ! Mais j’aimerais d’abord que Nero y prenne la matière suffisante pour se régénérer et, pour cela, il faut lui amener ” vide “. D’après ce que me dit cette jeune fille, il n’aura jamais la force de s’y glisser si j’y suis déjà.

Shelke sourit.

- Alors Sephiroth avait raison, finalement. Tu sembles beaucoup aimer Nero et son frère.

- Sephiroth ? bredouilla Genesis. Alors cette femme disait vrai ? Sephiroth est… vivant ?

- ” Cette femme ” est sa mère, l’informa l’ex turk. Lucrecia Crescent. Et, oui, il est bien vivant.

Le soldat frotta son visage désincarné, visiblement très ébranlé.

- Je suis resté absent si longtemps…

Vincent et Shelke échangèrent un regard embarrassé.

Les soldats du WRO qui les accompagnaient, eux, ne savaient visiblement plus du tout à quel saint se vouer.

*

- Et tu ne m’as rien dit ? gronda Loz, fou de rage mais essayant de se contrôler pour ne pas malmener Nero, toujours blotti contre lui. Cette ordure a torturé mon fils !

- ” Cette ordure “ a tué le mien ! rétorqua Yazoo sur le même ton, faisant blêmir son frère. Qu’est-ce ce que tu crois ? Que je n’avais pas envie, moi aussi, de grimper dans ce satané hélicoptère pour aller régler son compte à cet enfant de salaud ? Tu crois que j’ai déjà oublié ce qu’il a fait à mon bébé ?

- Bien sûr que non. Je… Je suis désolé… Ce n’est pas ce que je voulais dire, murmura son jumeau, horriblement mal à l’aise. Mais ni Vincent, ni Rufus, ni toi n’aviez le droit de nous empêcher de régler son compte à cet homme !

- Peut-être avons-nous estimé que ta vie et celles de mes frères valait mieux que le plaisir fugace d’une vengeance ! railla le cadet, amer. Mille pardons d’avoir voulu vous protéger des griffes de ce Genesis et de Jenova !

- De quoi devons-nous être protégés, Yazoo baby ? On peut savoir ? demanda la voix de Cid, qui venait d’arriver dans leur dos, flanqué de Sephiroth et de Cloud.

Yazoo ferma les yeux et pinça les lèvres, anéanti.

Il avait juré à Reno de garder le secret sur la mission et, en trois heures à peine, il avait déjà réussi à mettre la puce à l’oreille à tous ses frères.

Quel piètre compagnon il faisait pour un turk aussi haut placé que Reno !

Il s’apprêtait à fournir une explication laborieuse lorsque le cri de Shalua, qui venait de sortir de son bureau le téléphone collé à l’oreille, l’interrompit.

- Merill ! Ils sont sur le toit ! Prépare la cuve et demande à Kadaj de descendre de toute urgence !

- Il est en si mauvais état que ça ? s’enquit son assistant, anxieux.

- A en croire Reno, oui. Cid ! Je vais avoir besoin de toi, là-haut !

- Mais enfin, qu’est-ce qui se passe, ici ? demanda Cloud, le regard allant de Shalua à Yazoo.

Cette dernière ne prit pas le temps de répondre et quitta l’infirmerie en tirant le pilote interloqué par le devant de son t-shirt.

L’argenté, lui, sentit ses joues s’empourprer sous le regard croisé de ses frères.

*

Weiss, sanglé à la civière se sentit ballotté en tout sens et il lui sembla entendre des voix d’hommes affolés autour de lui. Son esprit embrumé ne lui permettait de saisir que des bribes de leur conversation.

” …cassé …sérieux …urgence …Kadaj …cuve …dangereux pour lui …mako purifié ..Omega …Nero “

Nero…

Son petit frère…

Où était-il ?

- Ne…ro… gémit-il. Ne…ro…

Une voix douce de femme chuchota tout contre son oreille.

- Nero est en sécurité, je te le promets, tu le verras bientôt. Accroche-toi, mon grand, on va s’occuper de toi.

Nero…

Il ne fallait pas que Nero le voie dans cet état. Cela le terrifierait. Il aurait voulu le dire à la femme mais il se sentait incapable de former une phrase cohérente.

Son petit frère n’avait jamais supporté de le voir malade ou malmené. Ca le rendait fou de peur et de chagrin. Comme il y a quatre ans, là-bas, au réacteur zéro, lorsque Weiss et ses lieutenants avaient enfin réussi à se débarrasser de leur bourreau, ce Restrictor maudit qui les avait enfermés et dressés comme chiens de combat.

Non…

Non, c’était injuste de dire ça…

Les chiens de combats étaient bien mieux traités !

Lorsque le Restrictor s’était effondré à ses pieds, Weiss s’était figé et avait attendu quelques instants. Une douleur… Une gêne… Un malaise… Un quelconque signe annonçant que le nanovirus qu’on lui avait injecté pour prévenir toute mutinerie, et qui devait se réveiller dans les trois jours suivant la mort de son bourreau, avait commencé son œuvre de destruction.

Le nanovirus…

Cette minuscule promesse de mort…

Le seul obstacle qui l’avait empêché de se révolter jusqu’alors.

Du moins jusqu’à ce qu’on attache Nero à cette colonne maudite dans ce sous-sol crasseux et qu’il l’entende hurler et l’appeler à l’aide jour et nuit…

Une seule chose comptait aux yeux de Weiss plus que sa propre vie : son petit frère. Et son premier geste d’homme libre, après avoir éliminé le Restrictor, fut d’aller libérer Nero.

- C’est fini … avait-il murmuré à son oreille lorsqu’il avait brisé les chaînes qui retenaient impitoyablement son corps menu contre la pierre dure. C’est fini, chibi face

Chibi face “

Un sobriquet affectueux donné par Angeal Hewley et que le benjamin n’acceptait que de la part de son frère aîné.

Nero était resté un long moment blotti contre lui, dans ce sous-sol horrible, comme s’il voulait s’assurer de la réalité de son frère. Il lui fallut plusieurs minutes pour faire sortir quelques mots de sa gorge, écorchée à force de sanglots et de hurlements.

- Tu as… réussi… Tu as pu te… libérer de… lui… Je suis tellement… heureux… Mon frère… Bien aimé…

- Oui, chibi face, cette fois, c’est bien terminé.

- Comment ? Le virus… Comment as-tu…

- Nous trouverons, l’avait coupé Weiss. Ne t’en fais pas pour ça.

Nero s’était alors raidit dans ses bras et avait levé vers lui un regard épouvanté.

- Tu as tué le Restrictor sans… Sans anihiler… le virus ?

- Nous trouverons une solution, Nero, Shelke va me…

- Non ! avait hurlé son frère, en larmes en s’accrochant désespérément à lui.

- Nero, je…

- Il ne reste que trois jours, Weiss ! Comment vas-tu faire ?

- Je t’ai dit que…

- Pourquoi as-tu fait ça ? Pourquoi ? Pourquoi ? POURQUOI ? !

La dernière chose dont il se souvenait ensuite, était d’avoir pénétré grâce à Shelke dans la réalité virtuelle de la toile mondiale, à la recherche d’informations et… plus rien.

Jusqu’à ce que, trois ans plus tard, Vincent Valentine et son frère chassent (ou du moins l’avait-il cru) l’homme qui avait pris possession de son corps pour en faire l’hôte de l’Omega…

à suivre

Vous avez aimé ce texte ? Laissez-moi un commentaire !

LXIV - Plus mort que vif

Mieux vaut la mort dans le combat que la vie d’un vaincu.
Anonyme

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

L’oreillette de Vincent grésilla et il leva la main pour signifier aux soldats de la WRO qui le suivaient de s’arrêter.

Ces derniers obéirent comme un seul homme et se placèrent dos au mur de l’étroit conduit souterrain qu’ils arpentaient prudemment depuis près d’une heure et qui menait aux entrailles du mont Nibel.

Ici l’Unité alpha. Tout est propre. Rien à signaler dans les grottes du secteur C01. “ fit la voix de Rude dans l’oreillette de l’ex-turk.

Ici unité beta. Tout est propre aussi dans la zone C02, Monsieur. Quelles sont vos instructions ?” demanda la voix d’une jeune femme à son tour.

Vincent se tourna vers Shelke, qui lui fit signe de la tête en tapotant sur son PDA.

- Unités alpha et beta, continuez la progression comme convenu dans les secteurs C03 et C04, ordonna l’ex-turk. Nous vous envoyons une topographie détaillée des lieux.

A vos ordres, Monsieur. “

O.K., on continue, Vince “

Vincent donna ordre de poursuivre et la petite colonne armée se remit en marche.

*

Denzel finit par s’endormir, pelotonné dans le lit entre Tifa et Loz.

- Décidément, il sera dit que nous ne passerons pas une seule nuit tranquilles… soupira la jeune femme.

L’argenté eut un sourire las et tendit la main pour lui caresser la joue.

- Avec le bébé, ça ne va pas s’arranger, tu sais. Je vais m’installer avec lui à côté, dans la chambre que Yazoo et moi nous…

- Ne dis pas de bêtises, le coupa Tifa. Le bébé viendra ici, avec son papa.

Le papa en question se permit un petit rire ironique.

- As-tu déjà passé des mois avec un nourrisson qui se réveille plusieurs fois par nuit avec des cris aigus ? demanda-t-il, non sans humour.

- Non mais ça ne doit pas être si terrible que ça.

- Crois-moi sur parole, Yazoo et moi avons eu envie de jeter ” bébé Kadaj ” dans les toilettes plus d’une fois.

La jeune femme pouffa en se mordant la langue pour ne pas réveiller Denzel.

- Dans les toilettes ?

- Nous n’avions pas de fenêtres, au cratère Nord, plaisanta l’argenté avec une moue taquine.

Tifa grimaça désespérément pour ne pas piquer un fou-rire.

- Idiot…

Loz lui pinça tendrement la joue.

- Je vais redescendre un peu auprès de ce garçon, dans le caisson.

- Nero ? Il est inconscient.

- Peu importe. Il m’a ramené mon fils. Rester un peu à ses côtés est le moins que je puisse faire en l’absence de son frère. Ca va aller ?

Tifa, tombant de fatigue, acquiesça, les yeux mi-clos, et embrassa sa paume.

- Oui, ne t’en fais pas. Essaye de revenir dormir un peu quand même.

Il se pencha prudemment par-dessus le garçonnet et déposa un baiser sur les lèvres offertes.

- Ne t’inquiète pas pour moi. Dors.

Il les borda, elle et Denzel, et s’habilla en silence, sachant très bien qu’il n’était pas prêt de se recoucher.

Veiller Nero n’était qu’un prétexte.

Bien qu’il ait fait mine de ne s’apercevoir de rien pour ne pas effrayer Tifa, il s’était évidemment rendu compte que Yazoo lui cachait quelque chose. Et il était bien décidé à le ” cuisiner ” le temps qu’il faudrait pour savoir de quoi il s’agissait !

*

Rude et son unité firent irruption dans une large grotte.

- Go ! Go ! cria le turk. En position !

La dizaine de soldats du WRO se déploya aussitôt le long des parois en balayant les lieux du faisceau des torches qu’ils avaient fixées à l’extrémité de leurs armes.

Tout semblait désert et Rude s’apprêtait à en informer Vincent lorsqu’un jeune soldat roux l’interpella depuis l’extrémité opposée de la grotte.

- Monsieur ! cria-t-il. Par ici ! Dans les rochers !

Le turk se tourna vers lui.

Comme une poupée désarticulée que l’on aurait jetée au sol, l’ancien chef des Tsviets gisait sur le dos, les bras en croix et la tête renversée sur les arêtes aiguës des pierres qui lui servaient de couche.

- Oh, merde… gémit Rude en se précipitant vers lui. Vince ! cria-t-il dans le petit micro fixé au col de sa tenue de commando. On l’a trouvé ! Dis à Reno de poser l’hélico sur le terre-plain, à l’entrée de la grotte !

*

- Comment va-t-il ? demanda Loz à son jumeau, le faisant sursauter.

Ce dernier se tenait debout à côté du caisson de Nero et le regardait avec inquiétude.

- Il s’agite, hyperventile et n’arrête pas d’appeler son frère. Il ne te rappelle pas quelqu’un ? demanda-t-il avec un sourire triste en posant la main à plat sur la paroi de verre, juste au-dessus du visage comprimé dans son masque de contention, comme pour lui caresser la joue à distance.

Loz s’approcha à son tour et sentit son cœur se pincer devant le corps tremblant, si mince que l’on voyait le dessin des côtes sur ses flancs. Par rapport au reste, si menu, ses bras, ses épaules et sa musculature pectorale et abdominale paraissaient étonnamment vigoureux mais pouvait-il en être autrement lorsqu’on vous contraint à manier d’énormes pistolets de près de trois livres chacun et qu’on vous visse une immense paire d’ailes métalliques aux os de l’épine dorsale et des omoplates ?

Les longs doigts graciles étaient recroquevillés sous le petit menton pointu, autant du moins que le permettaient les fins poignets entravés par plusieurs épaisseurs de gaze.

Les globes oculaires roulèrent sous les paupières diaphanes à demi-closes.

- Weiss… eiss… eiss…

A peine un murmure.

La poitrine ornée d’arabesques haleta, fut prise de soubresauts, et des larmes perlèrent au bout des longs cils frémissants.

La gorge de Yazoo se serra tandis qu’il avait l’impression de revenir des années en arrière, là-bas, au cratère Nord, lorsque les scientifiques ramenaient Kadaj dans leur chambre, après lui avoir fait subir les Dieux seuls savaient quoi.

L’adolescent semblait si fragile, alors, étendu sur son lit, à peine conscient, tremblant et utilisant le peu de forces qui lui restait pour gémir le nom de Loz sans discontinuer, jusqu’à ce que celui-ci revienne enfin de son entraînement forcé le soir venu et serre le garçon contre lui pour le bercer comme un tout petit. Comme lorsqu’il était enfant et qu’un cauchemar l’effrayait.

Les jumeaux s’étaient toujours occupés de Kadaj avec autant de dévouement l’un que l’autre mais, dans ses moments là, lorsqu’il était vraiment terrifié, c’était toujours l’aîné que le cadet réclamait. La force peu commune de Loz, sa carrure, sa voix profonde et son indéfectible patience rassuraient Kadaj et le calmaient plus sûrement que n’importe quelle caresse ou mot tendre de Yazoo.

Une figure paternelle, protectrice et rassurante ? Sans doute.

Et c’est aussi ce que devait être Weiss pour Nero, si l’on en croyait ses réactions et ce qu’avait raconté Shelke.

Alerté par les ” bips ” de l’ordinateur relié au caisson, Merill s’approcha pour vérifier les données.

- Zut… soupira-t-il en constatant que l’agitation de son patient montait en flèche, risquant de provoquer un incident cardiaque - ou pire. Shalua, ça ne va pas, appela-t-il.

La jeune scientifique s’approcha à son tour et lut par-dessus l’épaule de son assistant.

- Il va falloir injecter une nouvelle dose de sédatifs.

- Encore ? J’ai peur que cela lui fasse plus de mal que de bien.

Yazoo lança à Loz un regard suppliant. Celui-ci sourit et hocha la tête.

- Shalua, peut-on le sortir du caisson, un instant ? demanda le grand argenté.

Les deux médecins ouvrirent de grands yeux surpris.

- Loz, il a besoin du mako qui…

- Juste une minute. Il est juste effrayé. C’est d’un contact, dont il a besoin, pas de médicaments.

Shalua parut hésiter mais Yazoo insista.

- Kadaj faisait exactement les mêmes mimiques et réagissait de la même façon après avoir été malmené par les chercheurs, dit-il. Loz arrivait toujours à calmer. Laisse-le essayer, ça n’engage à rien.

Avec un soupir sceptique, la jeune femme et Merill s’exécutèrent, sans grand enthousiasme, et, après l’avoir enroulé le corps nu avec mille précautions dans une couverture très douce, Loz souleva le fragile ténébreux dans ses bras et alla s’asseoir sur l’un des lits, dont Yazoo redressa le dossier pour qu’il puisse s’y appuyer, son précieux fardeau roulé en position fœtale contre sa poitrine.

- Attention à son dos, les points de suture sont encore très frais, prévint Merill en collant quelques électrodes sur la poitrine et le dos de Nero.

Shalua s’avança avec un masque à oxygène relié à la cuve par un long tuyau où circulait un gaz verdâtre et le posa sur le visage de son patient après avoir déclipsé la partie du système de contention qui lui cachait la bouche.

- C’est de mélange d’oxygène et de mako, expliqua-t-elle. Ca ne vaut pas le caisson mais c’est mieux que rien.

Nero inspira le mélange avec avidité, au début, puis de plus en plus lentement tandis qu’il se laissait aller contre la large poitrine, dont il entendait battre le cœur contre son oreille.

” Papam… Papam… Papam… ”

Une grande main lissa les longs cheveux noirs tandis qu’il se sentit bercé tout doucement d’arrière en avant, en un mouvement lent et hypnotique accompagné par le rassurant battement.

” Papam… En arrière… Papam… En avant… Papam… Papam…”

La peau contre le haut de sa joue, l’une des rares parties de son visage que laissait à découvert son masque de contention, était tiède et douce. Le muscle qu’elle recouvrait, puissant et volumineux.

Comme ceux de Weiss…

Mais ce n’était pas lui.

Et ce n’était pas non plus Angeal.

Qui était cet homme, qui le tenait dans le berceau protecteur de ses bras avec la même tendresse que son frère ou que leur capitaine, sans la moindre crainte ou dégoût ?

” Weiss… Grand frère… Bientôt là… Dormir… Weiss… Mont Nibel… Va revenir…”

Une voix qui n’appartenait pas à l’homme contre qui il se blottissait, lui parvenait par intermittences, elle aussi rassurante et douce, presque féminine. A demi inconscient, il ne parvenait pas à tout saisir mais l’essentiel était clair : Weiss viendrait bientôt. Weiss serait bientôt là, près de lui, et le protégerait comme il l’avait toujours fait.

En attendant, l’homme aux grandes mains douces veillerait sur lui. Oui, il en était persuadé. Il le sentait dans la façon dont ses doigts lissaient ses cheveux et dont ses lèvres effleuraient parfois sa pommette ronde. Comme seuls son frère et Angeal avaient osé le faire jusqu’à présent.

Et Genesis.

Genesis…

Genesis… Je croyais que tu nous aimais bien… C’est ce que tu disais toujours… Pourquoi nous as-tu fait autant de mal ? Parce que j’ai pris ton corps ? J’en avais juste besoin pour sauver mon frère bien aimé… Je te l’aurais rendu intact… Jamais je n’aurais fait quelque chose pour te nuire ou te blesser, Genesis… Même lorsque tu as refusé de nous aider à nous libérer des restrictors, nous t’avons protégé de la Shinra… J’ai mis moi-même ton corps à l’abri dans la grotte…Tu savais que je te l’aurais rendu très vite… Tu le savais… Tu le savais… Tu le savais ! Alors pourquoi nous as-tu fait ça ? Pourquoi, Genesis ? Pourquoi ? “

Une larme perla entre ses longs cils et Yazoo essuya les grands yeux en amande à l’aide d’une compresse stérile.

- Comment es-tu aussi sûr que Weiss ne va pas tarder, Yazoo ? murumura Loz avec un regard perçant. (Son jumeau se figea) Qu’est-ce que tu ne veux pas me dire, petit frère ?

*

Dans l’hélicoptère, Vincent aida Rude à fixer Weiss à la civière de secours.

Reno, qui s’était tourné pour voir à quoi ressemblait l’homme qu’il était venu sauver, jura.

- Faut avoir fait ” bombe sup’ ” pour être officier supérieur dans le SOLDAT ou quoi ? Ils les recrutent sur photo ?

- Reno… le tança Vincent.

- Oh, ça va, je détendais un peu l’ambiance, c’est tout…

- Il est dans un sale était, soupira Rude.

- Hojo… ne cessait de répéter l’ancien chef des Tsviets dans une sorte de délire à demi conscient. Vincent… Vincent Valentine…

- Je suis là, le rassura ce dernier.

Il épongea le sang qui coulait de la lèvre du jeune homme avec une moue révoltée. Ce garçon et son frère étaient-ils donc destinés à servir toute leur vie de marionnettes et de défouloir à des bourreaux tous plus déséquilibrés les uns que les autres ?

Weiss était jeune, beau, rayonnant et si plein de vie… Quel gâchis !

Vincent le couvrit d’une couverture de survie et le blessé s’agita.

- Du calme. On va te sortir de là. Le cauchemar est fini, Weiss.

- Hojo… répéta celui-ci en agrippant le bras de l’ex-turk.

- Hojo est mort.

- Non… Il est… Vivant…

- J’ai tué Hojo lorsqu’il…

- Vincent… l’interrompit Shelke, les yeux brillants soudain d’une étrange lueur dorée en sautant dans l’hélicoptère. Il y a des perturbations importantes en bas, près de la rivière.

- Genesis… insista Weiss avant de sombrer dans l’inconscience. Genesis… C’est… C’est Hojo…

- Quoi ?

*

Des dizaines de mètres plus bras, celui qui n’était pas Genesis courait en direction du flux vital de la planète, qui passait sous la montagne.

Si seulement il avait encore eu Nero sous sa coupe, il aurait envoyé tous ces gêneurs et ces satanés soldats dans un endroit d’où il ne risquaient plus de revenir autrement que fous !

Mais Nero s’était enfui…

Et il avait dû abandonner Weiss…

Il secoua la tête avec rage.

- Arrête de ressasser, ce n’est qu’un léger retard ! s’admonesta-t-il sans cesser de courir.

Un dernier coude…

Une dernière dénivellation…

Et elle était là : sa libération. La rivière de la vie où il s’apprêtait à plonger..

Mais quelque chose se dressait entre lui et elle.

Quelque chose qu’il n’avait pas prévu…

Pas prévu du tout !

Genesis-Hojo se figea dans son élan, à quelques mètres à peine du gouffre où coulait la rivière, et son visage se tordit en un masque de rage.

Devant lui, flanqué des apparitions fantomatiques de son ex-femme et du soldat Angeal Hewley, une légende vivante bien plus consistante que les deux défunts lui adressait un sourire vibrant de mépris.

- On est venu m’informer que tu avais pris quelque chose qui m’appartenait, dit l’apparition en campant fermement ses jambes désincarnées sur le sol de pierre, bien décidé à empêcher le scientifique de passer pour se jeter dans le rivière.

Hojo sentit son estomac d’emprunt se contracter et sa crainte n’avait rien à voir avec Lucrecia ou Angeal, pour haineux qu’ils fussent. Les morts ne sont que des fantômes inoffensifs.

Mais les âmes désincarnées, c’était une autre paire de manches… surtout lorsque l’âme en question risquait à tout moment de reprendre de son corps et de vous emprisonner avec elle à l’intérieur comme un vulgaire moustique dans un bocal…

Hojo recula d’un pas.

- Genesis… bredouilla-t-il.

à suivre

Vous avez aimé ce texte ? Laissez-moi un commentaire !

LXIII - Mon père, cet assassin

” Mon père aima ma mère comme on aime un complice ;
comme le crime aime le vice !”

C. Rodriguez

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et relecture : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Tifa bâilla et Loz la serra contre lui.

Vêtue d’une simple nuisette par-dessus laquelle elle avait rapidement enfilé un déshabillé pour descendre à l’infirmerie, elle frissonnait dans l’air climatisé du sous-sol.

- Nous devrions remonter dormir un peu, chuchota-t-il à son oreille. Il est presque quatre heures du matin.

La jeune femme acquiesça avec un sourire épuisé et se laissa aller contre son torse nu.

- Tu vas finir par attraper la mort, à te promener comme ça, murmura-t-elle en frictionnant la peau satinée.

Il haussa les épaules.

- Le froid ne me fait pas plus d’effet que ça, tu devrais commencer à le savoir, répondit-il avec un clin d’oeil. Où est passé Denzel ?

La jeune femme jeta un regard alentour.

Elle et Loz se tenaient debout près du caisson mako où Nero était toujours inconscient. Sephiroth, Cid et Cloud discutaient non loin de là avec des mines sombres. Shalua et Merill nettoyaient et désinfectaient le box de chirurgie et Shelke était penchée sur le berceau de Kay, qui gazouillait joyeusement sous les chatouilles de la jeune fille.

- Il était avec le bébé et Shelke à l’instant…

- Là, fit Loz en désignant la porte entrouverte du bureau de Shalua.

Tifa fronça les sourcils.

- Sale petit farfouilleur trop curieux ! gronda-t-elle faisant rire l’argenté.

- Je vais le chercher.

- Et fais-lui la leçon, surtout ! Toi, il t’écoutera peut-être.

Loz traversa le laboratoire en direction du bureau et Kadaj entra à ce moment précis, accompagné de Cait et d’une Yuffie aux yeux bouffis de sommeil.

- Ca y est, ils ont terminé ? s’enquit cette dernière en s’approchant du caisson pour observer Nero. Tiens, je ne me souvenais plus qu’il avait tous ces tatouages.

- Ce ne sont pas des tatouages, l’informa Tifa. D’après ce que j’ai compris, ces marques sont apparues sur sa peau à la puberté.

Cait écarquilla les yeux et colla presque la truffe contre le couvercle de verre pour mieux voir.

- Tu parles d’un truc bizarre, nota l’Utaïenne.

Kadaj tendit l’oreille.

- C’est quoi, ce bruit et cette fumée noire ? On dirait des centaines gémissements mêlés, dit-il en frissonnant malgré lui. Un mélange spécial de mako ?

Sa compagne sourit.

- Non, c’est Nero qui fait ça. C’est son ” don “. Il invoque des sortes de ténèbres peuplées de… de… Je ne sais pas vraiment quoi, en fait. Mais je peux te dire que quand tu te retrouves coincée dedans, ça n’a rien de drôle !

- Ca y est ? demanda une voix douce derrière eux. Alors ? Il a dit quelque chose ?

Ils se tournèrent pour voir Yazoo, qui venait d’arriver à son tour.

- Non, lui apprit Tifa. Il ne s’est pas encoré réveillé. Reno n’est pas avec toi ?

- Il est dans le bureau de Rufus, avec Rude, Vincent et Reeve.

Kadaj tiqua.

- Un problème ?

- Non ! le rassura son frère avec un sourire. Pas du tout. Maintenant que grand frère est réveillé, ils doivent préparer son ” grand retour ” pour la presse.

- Oh. Je n’avais pas pensé à ça.

- Je dois aller dire à Shelke qu’ils ont besoin d’elle.

- Elle est là-bas, avec Kay, fit Tifa en pointant la jeune fille du menton.

Yazoo s’éloigna avec un soupir silencieux. A l’instar de Loz, et contrairement à ce que pensaient beaucoup de personnes, il n’avait jamais été très doué pour mentir, surtout pas à ses frères. Mais, qu’il le veuille ou non, c’était visiblement le prix à payer pour être l’amant d’un turk…

Aussi naturellement que possible, il s’approcha de Shelke et se pencha vers elle comme si de rien n’était, pour caresser les joues du bébé que la jeune fille berçait.

- Vincent a besoin de toi, murmura-t-il sans se départir de son sourire, pour donner le change à ceux qui pouvaient les observer. Lui, Reno, Rude et Barret vont aller chercher le frère de Nero au mont Nibel. Un escadron de la WRO appelé par le commandeur Tuesti sera sur place dans moins d’une demi-heure et vous attendra.

Shelke sourit en retour et hocha la tête, entrant dans son jeu. Le bébé s’était presque rendormi et elle le donna à l’argenté.

- Une attaque terrestre ? Pas d’appui aérien ?

- Uniquement l’hélico piloté par Reno pour évacuer Weiss le plus vite possible.

- Pourquoi pas une unité de Cid ?

- Il porte les cellules de Jenova lui-aussi, à présent. Vincent pense qu’il est donc lui aussi devenu une cible, au même titre que moi et mes frères.

- Je comprends. J’y vais tout de suite.

Elle quitta l’infirmerie calmement et Yazoo embrassa doucement le bébé endormi avant de le coucher dans son berceau.

Ensuite, comme Reno le lui avait demandé, il se dirigea vers le box de chirurgie pour parler discrètement à Merill et Shalua.

Cette dernière, le voyant approcher avec les traits tendus, retira son masque et posa la lingette désinfectante qu’elle passait sur toute la surface de la table d’opération.

- Yazoo baby ? Tu en fais une tête. Tu es souffrant ?

Il s’approcha tout près, en prenant garde de rester dos au mur vitré du box afin que personne ne puisse voir son expression ni les mouvements de ses lèvres.

- Shalua, j’ai des consignes de Vincent pour toi. Souris, comme si tout était normal.

La jeune femme obéit.

- Tu me fais peur, qu’est-ce qui se passe ?

- Vincent, ta sœur et les turks partent chercher le frère de Nero au mont Nibel.

- Quoi ? Seuls ? intervint Merill en souriant à son tour comme s’ils parlaient de la pluie et du beau temps.

- Non. Un escadron de la WRO les attend là-bas. Lucrecia a parlé à Vincent. Weiss est sans doute très très mal en point. Elle craint même que Genesis ne soit sur le point de le tuer, si ce n’est pas déjà fait. Il faut vous préparer à son arrivée. Reno l’évacuera par hélicoptère au plus vite et il faut que vous soyez prêts à une éventuelle intervention d’urgence.

- J’ai compris. Qui est au courant ?

- Ici ? Personne. A part vous et moi, s’entend. Et il ne faut surtout pas en parler aux autres. Vincent ne veut pas qu’ils aillent se jeter dans la gueule du loup.

La jeune femme acquiesça.

- Il pense toujours que Genesis veut mettre la main sur des porteurs des cellules de Jenova ?

- Disons qu’il préfère ne prendre aucun risque. (Yazoo grimaça et serra les poings) Je serais pourtant volontiers allé dire ma façon de penser à cet enfant de salaud.

Shalua lui prit les mains et les serra.

- Si c’est bien lui qui a fait ces maudites manipulations au labo du Deepground et qui a tué Kaly, il paiera, Yazoo baby. Je te promets que nous lui ferons payer d’une façon ou d’une autre.

- Grand frère dit que, du temps où ils étaient amis, Genesis aurait été incapable de faire la différence entre une éprouvette et une seringue.

- Il n’a pas tort. J’avoue que je serais curieuse moi-aussi de savoir où Genesis a appris à faire des manipulations génétiques aussi complexes.

Yazoo allait répondre mais fut interrompu par les sanglots et les supplications étouffées de Denzel, qui s’échappèrent soudain du bureau de Shalua, les figeant tous et faisant réveillant le bébé.

Tifa se précipita mais Cid, Cloud et Sephiroth, qui étaient plus près, la devancèrent.

*

Au plus profond du mont Nibel, Genesis sentit presque immédiatement que quelque chose ” clochait “. Comme si une alarme silencieuse s’était mise à carillonner dans les tréfonds de son cerveau, il pressentit un danger. Un danger imminent.

Il se raidit et tendit l’oreille, les sens au aguets.

Weiss, étendu à ses pieds, brisé et ensanglanté, puisa dans ses dernières forces pour sourire et le railler.

- Je crois que… tu vas avoir… de la visite… sous peu.

- La ferme !

- Tu comptes faire… quoi ? Me traîner par les… cheveux en… espérant qu’après quelques coups… supplémentaires je… joue les… chiots… obéissants ? Je croyais que… tu me connaissais… un peu… mieux que ça…

Il ricana et Genesis le fit taire d’un coup de pied dans le foie.

- Je t’ai dit de la fermer !

Mais il savait que Weiss avait raison.

En perdant Nero, il avait perdu sa meilleure arme et son seul moyen de pression sur l’ancien chef des Tsviets. Mais, bon sang ! Comment aurait-il pu deviner que cette saloperie de tas de ténèbres impures allait abandonner son frère adoré cette façon ? !

C’ était même la dernière chose à laquelle il se serait attendu !

Et en emportant la seule source de cellules de Jenova qui lui restait, qui plus est !

De pure frustration, il frappa Weiss à coups redoublés.

Nero. Il devait récupérer Nero s’il voulait faire obéir son frère. Et il devait récupérer aussi une source de cellules de Jenova de toute urgence ! Il allait avoir besoin d’aide.

Avec un peu de chance, les géostigmates avaient déjà dû se répandre dans Nibelheim et ce serait bien le diable si, avec l’appui de Jenova, il ne parvenait pas à prendre le contrôle de quelques imbéciles plus gravement atteints que les autres pour ” l’assister ” dans cette tâche.

Nero, Weiss et une source de cellules. C’était tout ce qu’il lui fallait pour mener ses plans à bien.

Des plans bien plus modestes que ce qu’il avait imaginé au début - avant que cette chienne qui lui avait servi d’épouse ne lui vole son fils et les trois rejetons de celui-ci pour les mettre à l’abri, loin de la rivière de la vie - mais, pour un homme de son génie, il y avait toujours ” moyen de moyenner “, comme il disait.

S’il ne pouvait commencer tout de suite par un feu d’artifice, il commencerait par une étincelle. La réaction en chaîne suivrait…

Pour l’instant, il devait renoncer à Weiss. Encore une fois. Comme il avait déjà dû y renoncer un an plus tôt, là-bas, au réacteur zéro. Pas pour longtemps, c’est vrai.

Oui, il serait toujours temps de les récupérer lui et son frère par la suite.

Chaque chose en son temps…

Ce qu’il avait raté dans les ruines de Midgar, un an plus tôt, puis à Nibelheim plus récemment, il le réussirait à Edge ! Jamais deux sans trois et, cette fois, il réussirait à réveiller l’Omega pour de bon ! Il avait juste besoin pour cela de quelques cellules de Jenova.

Des cellules de Jenova…

Mais où en trouver ?

Il se tapa rageusement le front de son poing fermé.

Réfléchir ! Réfléchir ! Réfléchir !

Reeve avait mis toutes les cellules restantes à l’abri…

Le bébé s’était envolé avec Nero…

Les argentés étaient protégés de bien trop près pour être atteintes directement…

Réfléchir ! Réfléchir ! Réfléchir encore ! Il devait y avoir un moyen. Il y avait forcément un moyen. Il y avait toujours un moy…

Son visage s’éclaira soudain et un sourire hideux déforma ses traits.

- Bien sûr… Comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ? ! Je suis un génie… murmura-t-il. Un génie ! Un pur génie !

Un rire hystérique incontrôlable résonna dans la grotte et Weiss, qui reconnut immédiatement ces mots et cet affreux rire rocailleux pour les avoir entendus à maintes reprises, se redressa péniblement sur un coude, les yeux écarquillés d’horreur.

- Ce n’est pas… possible… bredouilla-t-il. Toi…

- Quoi ? railla Genesis. Tu réalises l’évidence seulement maintenant ? Ah ! Ah ! Ah ! Tout dans les muscles et rien dans la tête ! Pauvre Weiss !

- Tu es… mort…

Le rire grinçant redoubla et l’ancien chef des Tsviets sentit le désespoir le terrasser.

- Vincent… t’a tué… gémit-il encore. Il t’a tué… il y a un an… au réacteur… zéro… Vincent… t’a tué !

Sans cesser de rire, celui qui n’avait jamais été Genesis lui asséna un coup si violent à la tête qu’il perdit connaissance.

- Profite des petites vacances que je t’accorde, amphitryon d’Omega. Je veux que tu sois en pleine forme, lorsque je reviendrais vous chercher, toi et ton frère chéri. Ah ! Ah ! Ah !

*

Dans le bureau de Shalua, Denzel s’accrochait désespérément en pleurant aux hanches Loz, qui regardait Cloud et Tifa à tout de rôle, ne sachant plus quoi faire pour le calmer.

- Je savais pas ! sanglotait le petit garçon. J’te jure que j’savais pas ! Ils me disaient qu’ils travaillaient pour que le monde soit meilleur ! J’te jure que je savais pas, Loz ! J’te jure !

Cid s’approcha et s’accroupit aux pieds du garçonnet.

- Mais enfin, de quoi tu parles, mon grand ?

- Je savais pas qu’il faisaient ça ! geignit encore Denzel en pointant le doigt vers l’ordinateur portable de Shalua, où Sephiroth avait consulté les vidéos de surveillance un peu plus tôt.

Sur l’écran, Loz, sous anesthésie générale, était allongé nu et sanglé sur la table d’opération tandis qu’Hojo, aidé de ses assistants, un homme et une jeune femme, faisaient les prélèvements de sperme qui donneraient naissance à Kay cinq ans plus tard.

- Les vidéos retrouvées au labo du Deepground… soupira Shalua. Denzel ! Qu’est-ce qui t’a pris de regarder ces horreurs ?

Cloud s’approcha à son tour et Denzel lui sauta dans les bras.

- Dis-lui, Cloud ! supplia-t-il. Dis-lui que je savais pas !

- Mais enfin, tu ne pouvais pas deviner qu’il avait subi tout ça, voyons… Pourquoi ça te met dans un tel état ? Tu as de la peine pour lui, c’est ça ?

- Il voudra plus être mon papa, maintenant !

Tous les adultes présents échangèrent un sourire attendri.

- Mais enfin, Denzel, qu’est-ce que ça a à voir avec toutes les vilaines choses que les méchants savants lui ont fait ? demanda à son tour Tifa en retenant un rire.

- Je suis pas comme eux ! cria presque Denzel en s’accrochant à nouveau à Loz, qui se baissa pour l’asseoir sur sa cuisse et le serrer contre son torse nu. Quand je t’ai dit que je voulais que tu crèves, c’était pas vrai ! Je le pensais pas ! Je te jure que je suis pas comme eux ! Je savais pas ce qu’ils faisaient ! Je savais pas ! Je te promets ! Je te promets !

Loz tiqua.

- Denzel, mais de qui tu parles ? Tu n’es pas comme qui ?

En sanglotant et sans oser relever la tête, le garçonnet pointa le doigt vers l’écran de l’ordinateur.

Tous tournèrent la tête vers l’image figée de la caméra de surveillance.

- Tu n’est pas comme Hojo ? demanda doucement Cloud. C’est ça, que tu veux dire ?

Denzel secoua la tête, fixant toujours le sol.

- Non… murmura-t-il d’une voix à peine audible. Les autres…

- Le monsieur et la dame en blouse blanche ? demanda Sephiroth à son tour.

Le garçonnet acquiesça et inclina le front en pleurant de plus belle.

Yazoo lui ébouriffa les cheveux.

- S’il a vu ne serait-ce qu’un millième de ce que ces deux ordures nous ont fait subir là-bas, je comprends qu’ils puissent lui faire peur, soupira-t-il.

Cid grimaça.

- A ce point là ?

Loz acquiesça en berçant Denzel dans l’espoir de le calmer un peu.

- Plus le mari se montrait sadique durant la journée, cracha-t-il avec une haine dans le regard que le pilote ne lui avait jamais vu, plus sa femme devenait perverse durant la nuit lorsqu’elle me forçait à la…

- Loz ! l’interrompit Yazoo en désignant le garçonnet.

Son aîné rougit.

- Désolé.

- Tu n’es pas comme eux, Denzel, reprit son jumeau. C’était sans doute les scientifiques les plus méchants du cratère nord après Hojo ! Même un bahamut enragé n’est pas aussi méchant.

Loz acquiesça.

- C’est vrai. Même si tu m’avais dit des choses encore plus horribles, tu ne leur arriverais même pas tout en bas de la cheville !

- Je ne savais pas, qu’ils étaient comme ça ! sanglota de nouveau le petit garçon. Pardon ! Pardon !

- Denzel ! essaya de plaisanter Cloud. Ils disent ça pour te rassurer, voyons !

Personne, hormis Shalua, ne remarqua que Tifa s’était levée depuis un petit moment, déjà, et que, penchée sur l’écran, elle était devenue blême comme un linge.

Elle venait de reconnaître les deux visages pour les avoir époussetés des dizaines de fois dans leur cadre, sur la table de chevet de Denzel.

- Tifa ? Tu en fais une tête. Tu les connais ? demanda la jeune scientifique.

Le pleurs de Denzel redoublèrent et Tifa inspira un grand coup avant de laisser tomber d’une voix blanche :

- Je crois que ce sont ses parents…

… à suivre

Vous avez aimé ce texte ? Laissez-moi un commentaire !

On ne dit pas…

***

Rédaction : Shiva Rajah

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Vous connaissez tous les fameuses blagues sur les nains… On ne dit pas “un imposteur” mais : “un facteur de petite taille” !

Dans la même veine, quelques petits “on ne dit pas” à la sauce FF7, rien que pour rire un coup !

Hein ?

Si, si, Kadaj en tenue d’aérobic, ça a un rapport avec ce qui suit, vous verrez ! Promis !

***

On ne dit pas ” Le ton monte “ mais ” Shera prend l’escalier “.

On ne dit pas ” Lazard fait des courbettes “ mais “Lazard est nul comme prof “.

On ne dit pas “Barret a du cran”, on dit “Barret est frisé”.

On ne dit pas “Aerith a un potager”, on dit “Aerigh a un vieux copain”.

On ne dit pas “Immaculé Weiss” mais “Je me suis fait mettre par le boss”.

On ne dit pas “l’électronique” mais “Reeve fait l’amour”.

On ne dit pas “Yazoo avale une biroute” mais “Yazoo emprunte une route à 2 voies”.

On ne dit pas “Loz a un cerf-volant” mais “Loz est long à la détente”.

On ne dit pas “Le gestionnaire des taches” mais “Le chef des turks”.

On ne dit pas “Scarlet est paniquée”, mais “Scarlet cherche un mec”.

On ne dit pas “Cloud a vaincu”, mais “Le chocobo est pluri-anal”.

On ne dit pas “Le Général fait les vendanges”, mais “Sephiroth pète comme un Dieu”.

On ne dit pas “Cait est un chat hors pair”, mais “Le chat de Reeve est castré”.

On ne dit pas “Rufus a enclenché le processus de paix”, mais “Le patron va lâcher une caisse”.

On ne dit pas “La connerie” mais “Yuffie s’amuse”.

On ne dit pas “Décongeler” mais “Les idiots du cratère nord”

On ne dit pas “Cloud est incompétent” mais “Cet idiot de Cloud fait de l’aérophagie”

On ne dit pas “Compense” mais “Reno essaie de réfléchir”

On ne dit pas “Un instant” mais “Kadaj fait du stretching” (vous voyez, je vous disais bien qu’il y avait un rapport !)

On ne dit pas “Le Gospel” mais “Denzel a pris un coup de soleil”

On ne dit pas “ce jeune soldat s’est élevé à la force du poignet” mais “Zack est un branleur”

On ne dit pas “Ciboulette”, mais “Trois trois argentés dévêtus”

On ne dit pas “Un match interminable” mais “Un combat amical entre SOLDATS”

Vous avez aimé cette partie de rigolade ? Laissez-moi un commentaire !

Les murs murmurent toujours !

***

Rédaction : Shiva Rajah

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Troisième et dernière cargaison de graffitis version FF VII ! Ah ! Bah… C’est que j’ai plus de stock au bout d’un moment, moi ^___-

Et des murs des cuisines à ceux des douches, Hojo rouspète toujours !


(Dans la cafétéria des turks)

Déjà 6h00 du matin ? Il est plus que temps de nous cuiter !
Reno


- POSTE VACANT POUR CAUSE DE DECES -

Ouais… Encore une fichue excuse pour pas bosser !
Hojo


Dans les toilettes d’un bar à la mode de la Costa del Sol

A mon époque, la Costa del Sol, c’était les 3 “S” : Sea, Sun & Sex !
Cid

Et à la notre, c’est les 3 “M” : Mazout, Mélanomes & Morbacs !
Cloud


Sur le mur flambant neuf d’un labo de la Shinra

Pas un tag, pas un graffiti, pas une tache ! Je le cherchais, c’est : LE MUR DU SILENCE !
Lucrecia


(Dans les WC du SOLDAT, dans un état lamentable)

Mais enfin, qu’est-ce que vous avez fichu, ici ? ! On dirait qu’il y a eu un congrès d’aveugles parkinsoniens !
Hojo

Non, juste de vieux scientifiques de passage.
Sephiroth


Sur la camionnette de livraison de Cloud :

- ARRETS FREQUENTS -

Vessie faiblarde !
Zack


(Dans les WC du SOLDAT)

Vous qui venez ici, dans une humble posture
De vos flancs alourdis, décharger le fardeau
Veuillez, quand vous aurez soulagé la nature
Epancher dans l’amphore, un courant d’onde pure
Et, sur l’autel fumant, placer pour chapiteau
Le couvercle arrondi, dont l’auguste jointure
Aux parfums indiscrets doit servir de tombeau…
Genesis

Oh, là, là… Faut que t’arrêtes Loveless d’urgence, toi, hein !
Angeal

C’est pas Loveless, c’est du Musset, ignare !
Genesis

Oh, le boulet…
Zack

Ils ont raison, t’en tiens une sacrée couche !
Sephiroth

Toi, le héros de supermarché, on t’a rien demandé !
Genesis

Ah bah, valà ! Y nous l’a encore énervé ! LOLLLL
Angeal


Je pardonne à ceux qui m’ont offensé… mais j’ai la liste !
Tseng


Loz, t’es tellement con que s’il existait un championat de la connerie, tu serais même trop con pour le gagner !
Cloud

Et le championnat d’orthographe, enfoiré ? Tu t’inscris quand ?
Loz


(Discrètement gravé au pied d’une cuve Mako du réacteur de Nibelheim)

Plonge qui veut, remonte qui peut !
Anonyme


(Dans les WC des turks)

Reno, sois gentil, évite de tirer la langue à tout va ! Surtout quand elle est chargée.
Elena

Pourquoi ? T’as peur que je blesse quelqu’un ?
Reno


(Dans un des WC de la tour Shinra)

Ne déroulez pas le papier en le tirant entre vos jambes et n’arrachez que la longueur dont vous avez besoin ! Et, surtout… NE LE RE-ENROULEZ PAS SUR LE ROULEAU APRES USAGE !
Hojo

Putain, y’a des caméras, ici, ou quoi ?
Reno


(Dans les toilettes pour dames du 7ème ciel)

LES FEMMES N’ONT PAS BESOIN DES HOMMES !
Elena

Faut avouer qu’ici, on peut se débrouiller plus ou moins sans eux…
Rosso


(Dans les toilettes de la salle de tir des turks)

C’est ici que repose
Une certaine dose
D’une certaine chose
Qui ne sent pas la rose.
Celui qui se propose
De faire ici sa prose
Doit avant toute chose
Tenir la porte close.
Anonyme

Oh, non, merde ! Genesis, tu vas pas t’y mettre ici aussi, hein ! Les chiottes du SOLDAT te suffisent plus ?
Reno

Comment tu sais que c’est moi ?
Genesis

Baka…
Reno


(Mot sur le frigo, dans la cuisine du bar de Tifa)

Loz, je t’ai gardé ton repas dans la boîte bento bleue. Je te préviens que si tu laisses encore les légumes, tu as intérêt à trouver une explication plus convaincante que “j’aime pas ça” ou tu auras affaire à moi ! Tu donnes un très mauvais exemple aux enfants !
Tifa

O.K. Je n’en mange pas parce que je suis un grand émotif ! Comment peux-tu rester insensible au hurlement épouvantable de l’épinard plongé vivant dans une casserole légumicide ? Je refuse d’être mêlé à ce génocide ! J’ai donc laissé les légumes dans la boîte…
Loz


(Dans les douches du SOLDAT)

Hier soir, à l’entrainement, Sephiroth a paniqué !
Anonyme

Mais moi, oui !
Zack


Bel homme, fort, courageux, bonne situation, cherche jeune femme pour partager doux moments et plus si affinités…
Rude (poste 32 21)

Rudo, c’est les WC pour hommes, ici, crétin !
Reno


Le ghetto de ma liberté s’achève au bout de mes bras.
Kadaj

La vache, c’est profond… Mais qu’est-ce-que ça veut dire ?
Loz

A mon avis, qu’il vient de fumer un truc !
Yazoo


(Gravé sur la peinture flambant neuve de la carlingue du Tiny Bronco )

Le plaisir solitaire, c’est économique : pas besoin d’inviter votre main au resto après !
Anonyme

Vince, je sais que Lucrecia de manque et qu’il faut que tu te défoules mais là, t’es lourd…
Cid


Gravé le mur fraîchement repeint du labo d’Hojo, sous l’avertissement suivant :

- INTERDICTION DE GRIBOUILLER, DE PEINDRE, DE BOMBER OU D’AFFICHER SUR CE MUR -

Franchement, ça ne me serait même pas venu à l’idée !!!
Vincent

Bon sang ! Mais quel crétin lui a collé cette saleté de gant en métal ?!
Hojo

Si vous le découvrez, je veux bien le tuyau. Moi aussi j’aurais deux mots à lui dire…
Cid


(Sur le mur des toilettes du DEEP GROUND)

C’est ici que tombent en ruines
Tous les déchets de la cuisine.
Dans un lieu aussi respectable,
Il faut se tenir ici comme à table
Et garder le bord de la lunette
Aussi propre que celui de son assiette.
Si vous venez sans papier ni paille,
Lavez-vous les doigts au lieu de salir la muraille.
Anonyme

Ah non ! Nan, nan, Genesis ! T’es gentil, tu vas versificoter dans les chiottes du SOLDAT si tu veux mais pas ici !
Weiss

Merde, c’est pas vrai ! Mais comment vous faites pour savoir que c’est moi ?
Genesis

T’es vraiment une pomme, toi, hein !
Weiss


WUTAI AUX UTAIENS !
Anonyme

Et la frisée aux lardons !
Sephiroth

Et le poulet aux morilles !
Angeal

Et le steak au poivre !
Genesis

Et le chèque au porteur !
Zack

C’est fini, oui !?
Tseng


(Sur le mur de la bibliothèque du manoir de Nibelheim)

Avec la chance que j’ai, je vais sûrement me faire choper à écrire au marqueur sur ce putain de mu_

Game over ! Hojo : 1 - Reno : 0
Rude


Hojo, Palmer et Heidegger sont dans un avion en flammes et il n’y a que 2 parachutes. Question : qui se sacrifie ?
Zack

Réponse : on s’en fout !!!
Angeal


A 8 ans, Tifa rêvait de poupées et moi de SOLDATS. Maintenant, c’est moi qui rêve de poupées et elle qui rêve de SOLDATS !!!
Cloud

Loz peut la draguer, alors ?
Yazoo

Pourquoi ?
Cloud

Bah, t’en es pas un, non ?
Yazoo

Loz non plus !
Cloud

Non, mais il en a une plus grosse que la tienne !
Yazoo

Depuis quand il a une épée, lui ?
Cloud

Oh, la vache… Tu m’étonnes que t’as pas pu devenir SOLDAT !
Yazoo


Et si on parlait du plaisir d’enseigner ?
Lazard

Et si on parlait d’enseigner le plaisir ?
Sephiroth


(Dans l’ascenseur du DEEP GROUND)

- MAXIMUM 6 PERSONNES -

Ou 1 Azul…
Shelke


(Dans les WC du 7ème ciel)

Il y a quelque chose d’héroïque à commander un plat ici, quelque chose d’inconscient à l’avaler et quelque chose de maso à le payer. Suis-je un héros inconsciemment masochiste ? Un inconscient masochistement héroïque ? Ou un maso héroïquement inconscient ?
Lazard

Juste un con d’intellectuel…
Loz


FIN (Bah vi, a pu ! Ces petits mots sont inspirés de vrais graffitis et j’en ai plus en stock !)

Vous avez aimé ce texte ? Laissez-moi un commentaire !

La bonne éducation

***

Rédaction : Shiva Rajah

Inspiré d’un passage du roman “Thyia de Sparte” de Cristina Rodriguez (studio Gothika)

Illustration : M.A. Sambre (Studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Ce soir-là, Zack ne dormit que quelques heures, agitées par des cauchemars rebutants. Il avait toujours rêvé d’intégrer le Soldat et, maintenant qu’il y était, il ne pouvait se défaire d’une certaine appréhension. Serait-il à la hauteur ? Allait-il tenir le coup, seul et loin de chez lui ? Allait-il se faire des amis ?

Tout quitter à 14 ans à peine - maison, camarades et parents - n’a rien d’aisé, surtout lorsqu’on a passé toute son enfance à l’abri d’un petit village niché dans les montagnes !

Un jeune homme qui, d’après sa tenue, devait être un postulant comme lui, le réveilla avant l’aube. Les soldats professionnels, eux, étaient debout depuis un moment déjà et avalaient rapidement leur petit déjeuner avant de sortir en courant.

- Salut ! Je m’appelle Weiss se présenta le garçon aux longs cheveux blancs immaculés hérissés sur son crâne.

- Zack, ronchonna celui-ci d’une voix ensommeillée. Zack Fair.

- Enchanté !

- Qu’ont-ils tous, à s’agiter comme ça ?

- Rien du tout. C’est comme ça tous les matins. Allez, debout, il faut aller donner à manger aux enfants.

- Aux… quoi ?

- Allez ! Lève-toi, gros paresseux !

Weiss le tira de sa couette et lui mit une brique de jus d’orange et une barre vitaminée dans les mains avant de le pousser vers la porte.

- Mais où allons-nous ? gémit le Gongagien à demi-endormi en croquant dans la pâte filandreuse.

- M’écoutes-tu, quand je te parle ? Il faut donner à manger aux enfants.

- Quels enfants ? Les soldats ont une crèche ? demanda Zack, sidéré.

Son compagnon éclata de rire.

- Mais non, idiot ! Ce sont les minimes et les cadets de l’Académie !

- Ah !

- Allez, avance !

- Ça va ! Ça va ! Oh ! là, là…

Il suivit son guide à travers les couloirs jusqu’à ce qui semblait être l’aile des enfants - un grand dortoir attenant à une salle à manger et à une salle de bain commune. Des cris et des éclats de rire résonnaient à l’intérieur, entrecoupés par des hurlements hystériques.

- Ils sont déjà réveillés. Viens, Angeal va péter un plomb, sinon.

- Qui ?

- Angeal Hewley. Le parrain qui t’a été assigné. Ne l’entends-tu pas hurler ?

- C’est lui qui s’égosille comme ça ?

- Tu vas comprendre pourquoi dans un instant ! rétorqua l’adolescent en grimaçant.

Ils entrèrent dans le dortoir et Zack faillit repartir en courant.

Une quinzaine de petits démons criaient, sautaient sur les lits et jetaient des objets à la figure d’un minuscule garçonnet en pyjama qu’un grand Soldat essayait de protéger entre deux braillements en faisant un rempart de son corps athlétique.

Ses épaules tombèrent de deux pouces en voyant arriver les garçons.

- Ah ! Tout de même ! fit-il. Bon sang, Weiss, fais quelque chose !

Weiss se saisit de deux plateaux métalliques, destinés à servir le repas des enfants, et les cogna bruyamment l’un contre l’autre, écorchant les tympans de Zack.

Les garçonnets se figèrent et rentrèrent la tête dans leurs épaules en se bouchant les oreilles.

- Ceux qui veulent manger ont intérêt à fermer leur bec et à laisser mon frère tranquille ! hurla l’adolescent. Des volontaires pour un jeûne ? (Les enfants pincèrent les lèvres ou pressèrent leurs mains sur leur bouche.) Personne ? Dommage, cela en aurait fait plus pour moi ! Vous en êtes certains ? Personne ne veut l’ouvrir ? Allez, un petit effort ! Non ? Alors à table en rang par deux. Et dans le calme !

Les garçons s’installèrent aux deux longues tables de la salle principale, attendant l’inspection de Weiss, qui les passa en revue. Ceux qui ne satisfaisaient pas à ses critères de prestance, parce qu’avachis ou de guingois, recevaient une tape sur les fesses ou la tête, selon ce qui dépassait du rang.

Un garçonnet leva le bras.

- Quoi ? gronda Weiss.

- C’est Nero qui a commencé ! pleurnicha l’enfant en désignant le petit garçon aux longs cheveux noirs qui sanglotait à présent dans ses bras d’Angeal. Il a encore fait des trucs bizarres !

L’adolescent soupira.

- Il est petit ! Il ne sait pas encore contrôler ses pouvoirs. Ce n’est pas une raison pour le passer à tabac dès que j’ai le dos tourné !

- Oui, mais…

- Et, si j’ai bien compris, tu n’as pas faim !

- Si ! se récria le garçon.

- Alors pourquoi parles-tu sans autorisation ?

L’enfant pressa les deux mains sur sa bouche et secoua la tête.

- J’aime mieux ça. Toi et toi, venez avec moi chercher les chariots du petit déjeuner. Les autres, bouche cousue. Zack me dira qui a désobéi.

Il fila avec les deux garçonnets et Angeal installa le petit Nero sur l’un des bancs.

- Tu es donc mon filleul, dit-il à Zack en souriant. Ravi de faire ta connaissance. Je dois filer, je vais être en retard, mais nous nous verrons ce soir pour faire plus ample connaissance. Dis à Weiss de faire attention à Nero. Il s’est tordu la cheville en se battant avec les autres.

Zack s’inclina avec respect.

- A vos ordres, monsieur.

Le soldat laissa échapper un rire enjoué.

- Oublie le ” monsieur “, p’tit ! Angeal suffira.

Il ajusta son énorme épée dans son dos et sortit, laissant le garçon avec les enfants.

Ceux-ci l’observaient avec curiosité.

- Alors, tu es le frère de Weiss ? demanda le jeune homme au petit garçonnet brun.

- C’est un démon ! Il fait des trucs horri…

- C’est pas vrai !

- Ca suffit ! trancha Zack. Le premier qui parle sans autorisation, ça va barder pour son matricule ! Et toi, le petit brun, réponds à ma question.

- Oui, monsieur, fit le garçonnet d’une voix fluette.

Zack sourit, attendri.

- Fais-moi voir ton pied.

Le petit le rejoignit en boitillant. Il lui arrivait à peine à la taille.

- Quel âge as-tu, dis-moi ? (Nero leva sept doigts.) Sept ans ? C’est tout ? Et tu es déjà à l’Académie du SOLDAT ? (Le garçonnet qui avait traité son minuscule camarade de monstre leva la main à son tour.) Oui ?

- C’est un menteur ! Il a cinq ans, pas sept ! Il est ici parce qu’il a tué sa mère et que, du coup, il a plus de parents !

Zack n’eut que le temps d’attraper Nero au vol alors qu’il se jetait sur le garçon toutes griffes dehors en hurlant.

- Du calme !

Le petit pleura et se débattit dans ses bras comme un beau diable tandis que les autres enfants poussaient des sifflements et des “ouh !” méprisants.

Assassin ! Nero est un assassin ! Lalalèreuh ! “

Ouh ! Sale assassin ! “

- Eh ! s’emporta Zack. J’ai dit : stop !

Peine perdue, les enfants s’époumonèrent de plus belle et l’un d’en eux, un grand gaillard qui devait bien avoir dix ou douze ans - et qui au vu de sa surcharge pondérale ne passerait probablement jamais les épreuves sportives du SOLDAT - cracha même en direction du frère de Weiss.

- Non mais tu te crois où, toi ? cria le Gongagien en lui jetant un regard agressif. Attends que je te…

- QU’EST-CE QUE C’EST QUE CE RAFFUT ? tonna une voix d’homme depuis la porte.

La voix glaciale tomba sur les enfants et sur Zack comme une chape de plomb et tous rentrèrent la tête dans leurs épaules, pétrifiés, en reconnaissant le soldat roux.

Soldat qui s’avança d’un pas aussi décidé qu’agacé, son long manteau de cuir rouge frôlant presque le sol.

- Monsieur Rhapsodos… salua le Gongagien avec respect, presque aussi impressionné que les garçons.

Il savait qu’en entrant à l’Académie il rencontrerait les plus grands soldats de la planète, ceux qui étaient devenus ses héros au fil des années, mais les croiser dans des circonstances aussi informelles était encore au-delà de ses rêves les plus fous !

Les enfants baissèrent les yeux, tremblant de tous leurs membres, et Nero s’accrocha au pantalon de Zack, terrifié à l’idée de se faire punir.

- Où vous croyez-vous, tous ? gronda encore Genesis. Dans une garderie ? Que se passe-t-il ? demanda-t-il à Zack. Pourquoi tout ce charivar… (Il remarqua alors Nero, qui faisait tout son possible pour se dissimuler derrière les jambes du jeune homme) Je vois. Tu as encore joué des mimines, pas vrai ?

- J’ai pas fait exprès… couina le petit d’une voix à peine audible en reniflant. C’est sorti tout seul, ajouta-t-il en tendant ses menottes, paumes vers le haut.

Amusé par le geste et la petite bouille penaude, Genesis éclata de rire et s’accroupit en face de lui.

- Arrête de pleurer et viens ici, chibi face !

Il tendit les bras et Nero boitilla vers lui.

Comparé au grand soldat, le frère de Weiss paraissait encore plus minuscule.

- Qu’est-ce qui se passe, avec ton pied ? demanda encore Genesis en asseyant le garçonnet sur sa cuisse.

Nero tendit sa petite jambe en s’accrochant au manteau de cuir de l’officier, qui tâta la cheville enflée.

- Aïe !

- Il va falloir bander ça. (Il se tourna vers Zack) Occupe-t’en lorsqu’il aura mangé.

- Oui, monsieur.

Le soldat rassit le petit à sa place et partit comme il était venu et sans ajouter un mot.

Quel étrange personnage… “ pensa Zack.

Weiss revint et ordonna aux enfants qui l’avaient suivi de distribuer verres, bols et couverts. Après quoi, lui et Zack leur servirent le petit déjeuner, composé d’une bouillie de céréales, d’un œuf dur, d’un fruit et de fromage frais généreusement tartiné sur une épaisse tranche de pain.

Nero, lui, étant le plus petit, bénéficiait d’un traitement un peu particulier et le Gongagien ne put s’empêcher de pouffer en voyant Weiss donner la becquée à son petit frère, assis sur ses genoux.

Tel un moineau, le garçonnet avalait sagement et sans rechigner tout ce que son aîné lui glissait dans la bouche, qu’il s’agisse de petits morceaux de pomme soigneusement pelée ou de bouts de pain trempés dans le lait chaud.

- Pourquoi les autres enfants ont-ils peur de lui ? demanda discrètement Zack en s’accroupissant près de l’adolescent.

Nero devait agripper son verre de jus de fruits à deux mains pour pouvoir le soulever sans le renverser mais, par prudence, Weiss plaça néanmoins sa paume sous les fragiles menottes.

- Nero a des pouvoirs qu’il n’arrive pas encore à contrôler. Ce n’est qu’un bébé.

- J’suis pas un bébé ! protesta le petit, qui aurait laissé tomber son verre si son frère n’avait pas eu la prudence de mettre sa main dessous.

- Non, tu n’es plus un bébé, concéda Weiss en retenant un rire. Allez, finis de manger et va te laver les mains.

- Des pouvoirs ? insista Zack.

- Il fait apparaître des ténèbres avec ses mains ! Ca peut t’engloutir et même te tuer ! expliqua le gros garçon qui avait craché sur Nero un peu plus tôt.

- Qui t’a permis de l’ouvrir, toi ? gronda Weiss. Occupe-toi de tes affaires et file changer de chemise ! ordonna-t-il en désignant les taches de fromage frais et de jus de fruits qui maculaient les vêtements de l’indiscret.

Ce dernier obéit sans demander son reste.

- J’ai tout fini ! chantonna Nero en brandissant son verre vide.

- C’est bien. Va te débarbouiller.

Weiss le posa à terre et il boitilla en direction de la salle de bains commune.

- C’est quoi, cette histoire de ténèbres ? s’étonna le Zack, sceptique.

- Certains scientifiques disent que Nero a le pouvoir d’ouvrir et d’invoquer des dimensions parallèles, soupira Weiss. Hojo, lui, assure que ce n’est pas le cas mais qu’il crée lui-même des ténèbres à partir de la matière.

Zack grimaça, comprenant plus ou moins ce que cela pouvait impliquer.

- Tu veux dire… Qu’il a le pouvoir de créer du vide à partir de la matière ? De fabriquer des trous noirs à loisir ?

Weiss haussa les épaules.

- Je n’en sais rien. J’ignore de quoi il s’agit exactement mais si tu es pris là-dedans… surtout ne panique pas. En général, ça se produit parce qu’il a peur, quand il fait un cauchemar ou qu’il se sent en danger.

- Ca t’est déjà arrivé ?

- Plus d’une fois, oui. Quand ça arrive, il faut lui immobiliser les mains et, surtout, le rassurer.

Zack frissonna.

- Woah…

Weiss lui tapota l’épaule, rassurant.

- Ce n’est qu’un petit garçon, tu ne dois pas avoir peur !

- Je n’ai pas peur ! se récria le Gongagien.

Un peu plus tard, les bols rangés, la cheville de Nero bandée et tous les petits Soldats en devenir débarbouillés, Zack et Weiss les firent mettre en rang deux par deux devant la porte.

- Eh ! appela ce dernier en attrapant son frère par le bras. Où comptes-tu aller, toi, avec ton pied plus gros que ta tête ?

Il voulut sortir Nero du rang mais ce dernier se débattit et éclata en sanglots. Jamais Zack n’aurait cru qu’une chose aussi petite pouvait faire autant de bruit !

- Mais qu’est-ce qu’il a ? demanda-t-il à Weiss entre les piaillements suraigus.

- Il veut venir avec moi, pardi ! fit l’adolescent en riant. Tiens, attrape-le.

- Mais que veux-tu que j’en fasse ?

- Reste avec lui. Et profites-en pour dormir un peu, tu as une tête à faire peur. Nous serons de retour pour midi.

Il sortit avec les enfants et Nero s’époumona en donnant des coups en tout sens.

- Weiss ! Attends ! Où vas-tu ?

- C’est le jour du simulateur. Les enfants doivent apprendre à s’entraîner avec.

- Mais je…

- Au fait ! cria Weiss depuis le couloir. Si Nero te mord… Fais-en autant !

- Ah, parce qu’en plus, il mord ? !

Zack lava les yeux au plafond avec un soupir découragé et le petit referma sa mâchoire sur le gras de sa cuisse.

- Refais ça et je te mange le foie ! cracha le jeune homme en lui montrant les dents, menaçant.

Nero se tut instantanément et ouvrit de grands yeux.

- C’est quoi un ” foua ” ?

***

- Mais pourquoi le prince il s’est marié avec la princesse ?

- Parce qu’il l’aimait.

- Mais pourquoi il l’aimait ?

Zack s’affala sur le petit lit du garçonnet.

- Tu poses trop de questions, Nero.

- Tu me racontes encore ?

- Il faut en laisser un peu pour demain.

- Pourquoi ?

L’adolescent se prit la tête dans les mains et poussa un gémissement plaintif.

- Je crois que je préfère encore quand tu mords !

- T’as mal à la tête ? Tu vas mourir ?

- Hein ?

- Y’a un garçon, il est mort comme ça.

Zack se redressa sur un coude.

- On ne meurt pas d’un mal de tête, Nero. Ce garçon était sûrement malade.

- Je sais pas. Il avait tout le temps mal à la tête. Et il saignait tout le temps du nez aussi. Angeal, il dit que quand on saigne du nez, c’est la cervelle qui fout le camp.

Le Gongagien éclata de rire.

- Charmant…

- Tu saignes du nez, toi, quant t’as mal à la tête ?

- Non.

- Alors tu vas pas mourir ! affirma le petit le plus sérieusement du monde. C’est quand on a les deux qu’on meure. (Zack lui pinça la joue, attendri malgré lui) Ils vont bientôt revenir, les autres ? Ils sont où ?

- A la visite médicale.

- On leur fait des piqûres ?

- Je ne pense pas.

Le ” troupeau ” était venu manger à midi et reparti à la suite de Weiss et du professeur Hojo, ce qui avait encore occasionné une bonne crise de larmes de la part de Nero, qui ne voulait pas laisser partir son frère. Le médecin avait fait taire le petit d’une gifle, ce qui avait brisé le cœur de Zack et révolté Weiss mais ni l’un ni l’autre n’avaient leur mot à dire, hélas.

- J’ai chaud… se plaignit Nero en tirant sur son pyjama estampillé d’un chocobo joufflu sur le devant.

- Pour tout t’avouer, moi aussi. Ils pourraient monter un peu la clim !

Son pull lui collait à la peau et l’eau de sa bouteille tiédissait en moins de temps qu’il n’en fallait pour la prendre dans le réfrigérateur.

- On prend une douche ?

Zack ouvrit la bouche pour répliquer mais se ravisa.

- Et pourquoi pas, après tout ? Allez, grimpe !

Nero lui sauta dans les bras avec un cri joyeux et Zack se dirigea vers la salle de bain commune, sur le sol carrelé de laquelle il posa le petit.

- Tu veux que je te raconte une histoire, moi ? demanda celui-ci pendant que l’adolescent lui retirait son pantalon.

- Dis-donc, qu’est-ce que tu es blanc ! nota Zack en faisant passer le haut du pyjama de Nero par-dessus sa tête. Ton frère ne te met jamais au soleil ou quoi ?

- Chais pas. Tu veux que je te la raconte, mon histoire, ou pas ?

- Vas-y, vas-y, allez, céda le gongagien en souriant.

- C’est Sephiroth qui nous a dit qu’un jour, un garçon avait volé un rat dans le laboratoire tu professeur Hojo. Et puis… Ah ! C’est trop chaud ! Et puis il l’a cachée dans sa poche. Alors son instructeur, il a demandé ce qu’il cachait. Il a dit qu’il cachait rien et tu sais ce qui s’est passé ?

- Plutôt que de se faire prendre, il a laissé le rat lui dévorer le ventre et il est mort.

Le petit ouvrit de grands yeux .

- Tu connaissais le garçon ?

- Nero, cette anecdote est une légende urbaine qu’on trouve sur Internet, expliqua Zack en lui lavant les cheveux. Ca n’a jamais eu lieu. C’est une histoire que l’on raconte aux petits garçons pour leur expliquer ce qu’est le courage.

- Sephiroth a menti, alors ?

- Pas exactement.

Il sécha le garçonnet, l’assit sur un banc et se lava à son tour.

Une fois sec, il porta sa main à son visage et se frotta les joues.

- Nero ?

- Quoi ?

- Touche… Tu trouves que je pique ?

Nero passa ses petites menottes sur ses joues en fronçant ses sourcils.

- Non.

Zack grimaça et s’assit sur le banc.

Depuis des semaines - en fait depuis qu’il avait su qu’il était admis l’Académie - il se rasait consciencieusement tous les soirs et tous les matins. Il avait entendu dire que si on faisait ça, la barbe finissait par pousser drue. Alors pourquoi diable ça ne poussait pas plus ?

- T’es sûr ? insista-t-il, un peu vexé. Je ne pique pas du tout ?

Nero haussa ses petites épaules.

- Non.

- Merde…

- Tu devrais être content. Mon frère, il râle tous les soirs parce qu’il doit s’enlever les poils de la figure.

Le jeune homme se raidit, encore plus vexé.

- Weiss se rase la barbe ?

Le petit acquiesça.

- Il en a pas besoin. Il en a déjà plein sur la tête.

Zack éclata de rire tonitruant.

- Tu sais que commence à t’adorer, toi ! Ah ! Ah ! Ah !

Contaminé par l’hilarité du gongagien, Nero partit d’un fou rire mais sans savoir pourquoi.

A Nero

Je ne me sens soulagée
Ni avec, ni sans toi
Avec, tu me tues,
Mais sans toi, je suis perdue !

Shelke

Que fait un ange aussi joli
Volant si loin du paradis ?

Cid

Comment se passe une journée,
une fois qu’on t’a rencontré ?
12 heures en pensant à toi
12 heures en rêvant de toi

Vincent

Ce n’est pas la lune mais toi,
qui illumine nos ténèbres
.

Genesis

Cesser de t’aimer et de m’inquiéter pour toi ?
J’ai laissé tomber une épingle dans l’océan.
Trouve-là d’abord et on verra…

Weiss

Les murs murmurent encore…

Vous les avez réclamés, les voilà ! Plus de graffitis version FF VII !

Qu’il s’agisse des murs des casernes ou de ceux des toilettes de la Shinra, Hojo n’a pas fini de rouspéter !

***

(Dans le vestiaire de la salle d’entraînement du DEEP GROUND)

Weiss signifiant “blanc” en germanique, pourquoi a-t-on appelé le frère de notre cher empereur immaculé “Nero” (du latin “nero”/”noir”) au lieu de “Schwarz” (du germanique “Schwarz”/”noir-sombre”) ?
Rosso

Pour que les idiotes aient quelque chose d’intelligent à dire (du ténébreux “j’t'emmerde” !)
Nero


- EN CAS D’INCENDIE NE PAS UTILISER L’ASCENSEUR -

Utilisez l’extincteur !
Vincent


Dans le dico médical d’Hojo, à côté du mot “blennoragie”, y’a marqué “Voir index”. J’ai regardé mes doigts, c’est bon, j’ai rien.
Zack

Seigneur ! Et c’est avec ça que je suis supposé faire des soldats d’élite…
Hojo


Ce qu’il y a de bien, dans la position du missionnaire, c’est qu’on peut continuer à lire sa BD !
Kadaj

En levrette, c’est mieux, t’as pas besoin de la tenir !
Loz

Que je revoie UNE BD traîner dans la chambre… UNE SEULE !
Yazoo


(Dans les WC de la salle de réunion des turks)

Vous êtes là pour éjecter votre bol fécal, pas pour le couver !
Tseng


(Sur le mur du vestiaire des Turks)

A ce qu’on m’a dit, ce mur serait réservé aux graffitis ! La, la, la…
Anonyme

Non, mon petit Reno ! Vos gribouillages immondes sont interdits, ce mur doit rester propre sous peine de sanctions !
Hojo (heureux possesseur d’une mini-caméra espion et d’un fusil de chasse à 2 coups chargé de gros sel !)

Oh, merde…


L’insupportable manie de repeindre ce mur est une atteinte à liberté d’expression !
Genesis

Continuez vos cochonneries et je vais vous atteindre autre chose, moi !
Hojo


C’est pas pour me vanter mais, aujourd’hui, il fait vachement beau !
Rufus

C’est contagieux, la mégalomanie ?
Weiss


(Dans la salle de commandement du WRO)

- NO SMOKING ! -

But salopette, yes !
Cid


Soutenez Cloud !
Yuffie

Pourquoi ? Il se sent mal ?
Angeal


- SOS SUICIDE : UN COUP DE TELEPHONE PEUT SAUVER UNE VIE -

Sur la tête, il peut aussi fracturer un crâne…
Sephiroth


Sephiroth for president !
Cloud

And Cloud for queen !
Cid


(Dans un ascenseur flambant neuf de la section des turks)

Voilà ce que j’appelle un ascenseur nickel. Pas une marque, pas un graffiti, pas une tache, rien. Bravo les gars ! Splendide !
Genesis


(Dans les WC du SOLDAT)

Plus de 5 secousses, c’est de la masturbation !
Reno


J’ai fait pipi à côté. Le faire a soulagé ma vessie. Le dire a soulagé ma conscience !
Kadaj


OAHHHH !!!! DES FILLES AVEC DES GROS NENEEEESS !!!!
Loz

Où ça, où ça ?
Rude

Rudo, il a écrit ça au mois de juillet ! T’es lent, mais t’es lent…
Helena


(Dans la salle d’attente du service d’évaluation psychologique du SOLDAT)

Je vois bien que vous m’en voulez, pour mon complexe de persécution !
Sephiroth

Depuis que j’ai mon complexe de castration, j’ai l’impression qu’il me manque un truc…
Angeal

Moi, j’aimerais bien avoir un complexe de castration, mon complexe de frustration ne me suffit plus !
Genesis

C’est ça, moquez-vous ! Attendez de vous coltiner un bon syndrome post-traumatique, vous ferez moins les malins !
Hojo


(Dans les toilettes du du bar de Tifa)

Soyez gentils d’écrire à hauteur des yeux. Trop bas, on se penche en avant et on déjante de la cuvette. Trop haut, on se penche en arrière et se fracasse le crâne sur la chasse. Merci d’avance.
Reeve


J’ai testé le mako, on dirait de l’eau de vaisselle…
Weiss

Je viens de palper l’infirmière, on dirait de la gélatine…
Azul

Je viens de d’essayer la piscine, on dirait une baignoire…
Nero

Je viens de payer les factures du Deep Ground. On dirait de l’arnaque !
Rufus


MERDE ! PUTAIN ! BORDEL ! CHIER ! (Maintenant que j’ai prouvé que je pouvais moi-aussi piloter une fusée, où faut-il s’inscrire ?)
Reno

Tu remets tes lacets, pour courir ?
Cid


(Gravé sur l’écorce d’un arbre de la cité des anciens)

Si tu es le garçon super canon qui s’est battu ici la nuit dernière avec les longs cheveux argentés, des yeux d’émeraude, un long manteau de cuir noir zipé, un pantalon moulant et une petite bouche en coeur, je ne dors plus la nuit !!!! Où t’as acheté ton flingue ? Répondre ici : ……………
Vincent


(Sur le mur du bar de Tifa)

Un repas ici : 4 heures de mastication, 40 heures d’aigreurs, 4 semaines de nausées, 4 années de plaidoiries.
Rufus


Un jour mon prince viendra !
Jenova

Depuis le temps que tu l’attends, quand il va te voir, il va avoir un choc…
Lucrecia


(Sur le mur de la salle de cours de Lazard)

Ceux qui ont le savoir, produisent. Ceux qui ne savent pas et ne produisent pas, enseignent. Ceux qui enseignent, transmettent aux nouvelles recrues ce qu’ils savent. Merde, qu’on me dise comment c’est possible !?
Sephiroth


Ce qu’il y a sur ce mur de WC est vraiment odieux !
Hojo

Jetez donc un coup d’oeil dans le miroir : c’est pire !
Weiss


(Dans les toilettes du réacteur de Nibelheim)

Pour gagner un superbe badge “tireur d’élite”, visez juste ! (Demander le badge dans bureau du fond, en sortant, là où y’a marqué “Pr Hojo”).
Anonyme


On me reproche toujours de passer mon temps dans “Loveless”
Genesis

Et moi, on me reproche toujours de commencer des trucs et de ne jamais les finir…
Sephiroth

Ouais. Les enfants, par exemple !
Kadaj


(Dans les WC des turks)

Ah, enfin !… S’asseoir, défaire son noeud de cravate et poser les pieds sur la porte, relax…
Rude


(Dans un ascenseur de la Shinra, au-dessus d’une moquette trempée)

Ce petit pissou m’a purgé de toute la haine que je nourris pour les ascenseurs à musique…
Reno

Cette fic vous a plu ? Laissez un commentaire !

LXII - Qu’on l’attache ou qu’on l’égorge !

“Qu’on me donne une échelle

pour monter au pilier

et pour briser les chaînes

de mon frère bien-aimé…”

G. Torres de Villa

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Nero savait ce qu’était la souffrance.

Aussi loin qu’il s’en souvienne, il avait toujours vécu avec elle, qu’elle soit physique ou psychologique.

Son frère bien aimé avait toujours été le seul à pouvoir la soulager un peu.

Les premiers souvenirs qu’il avait, étaient ceux d’une pièce obscure, sans meuble ni fenêtre, froide et totalement vide, au centre de laquelle il passait son temps assis, à se balancer, à dormir en boule ou à chantonner.

Nero ne contrôlait pas du tout ses pouvoirs, alors, il n’était guère plus qu’un bébé, et le moindre geste un peu vif de ses petites menottes pouvait provoquer des trous noirs où tout ce qui se trouvait à portée - objets ou gens - disparaissait corps et biens.

C’est d’ailleurs ainsi qu’il avait tué sa mère, en venant au monde, en l’engloutissant elle et les médecins dans un maelström de ténèbres hurlantes, faisant de Weiss un petit orphelin de sept ans.

Si celui-ci en voulut à son frère ?

Il n’en eut pas l’occasion car, durant plus d’un an, on lui fit croire que son frère était mort lors de l’accouchement.

C’est l’indiscrétion d’une infirmière qui poussa Weiss à fouiller le réacteur Zéro - où il vivait avec les scientifiques et d’autres enfants - de fond en comble.

Il finit par trouver le bébé dans un sous-sol glacial, enfermé dans une pièce vide aux épais murs de métal renforcé.

Immédiatement, dès l’instant où le petit avait tendu ses mains vers lui en pleurant, il avait été pris de pitié et d’affection pour la petite créature.

Weiss lui avait raconté bien plus tard qu’il lui arrivait de descendre en cachette au sous-sol et de le trouver dans un état si pitoyable - presque inconscient par manque de nourriture et croupissant dans une couche qui n’avait pas été changée depuis parfois trois jours - qu’il avait songé à plusieurs reprises à briser le petit cou tendre une fois pour toutes et abréger ses souffrances.

Bien sûr, il ne l’avait jamais ne serait-ce que tenté. Il aimait trop son petit frère pour cela. Mais il était bien le seul !

Nero se souvient d’avoir eu faim très souvent, déjà à cette époque. Les hommes en blouse lui apportaient une petite bouteille en plastique contenant du lait froid (qui se serait donné la peine de chauffer un biberon pour lui ?) lorsqu’ils ne pouvaient plus faire autrement mais, la plupart du temps, il devait se contenter d’avaler sa salive et de pleurer en écoutant son petit estomac gargouiller.

Lorsque Weiss eut treize ans, Hojo lui fit intégrer l’Académie du SOLDAT et autorisa le garçon à emmener son frère, alors âgé de six ans, avec lui.

Ce fut la première fois que Nero vit la lumière du jour.

Les scientifiques regardèrent partir l’enfant avec un soulagement à peine dissimulé, heureux de voir s’éloigner cet ” aspirateur à ténèbres “, comme ils l’appelaient.

Si Weiss avait pensé de prime abord que de quitter le réacteur Zéro pour vivre à l’Académie allait améliorer la vie de son frère, il réalisa bien vite son erreur.

Nero faisait peur et, lorsqu’il n’était pas là pour s’en occuper, personne ne le faisait.

On lui interdisait même le réfectoire, les salles de classe, la cour, bref, tous les endroits où se retrouvaient habituellement les autres enfants.

Au début, le garçonnet errait donc dans les couloirs en veillant à ne croiser personne, de peur qu’un soldat ou un aspirant ne le bouscule avec l’habituel ” dégage, de là, toi ! ” méprisant en le repoussant - du bout du pied s’il était courageux ou de celui de son arme, s’il l’était moins. Car personne, hormis Weiss, n’osait toucher Nero.

Ce dernier prit donc l’habitude de rester enfermé dans la chambre de son frère toute la journée, se cachant sous le lit dès qu’il entendait le moindre bruit de pas approcher. Hormis un lit, un lavabo qui lui permettait de ne pas mourir de soif et des toilettes qu’il était désormais assez grand pour atteindre, les choses n’étaient pas si différentes que dans le réacteur Zéro. Comme là-bas, il passait les heures à attendre son frère, à s’ennuyer, à pleurer et à avoir faim.

Un soir, c’en fut trop pour Weiss, qui ne supportait plus de voir son frère dépérir, et il planifia leur fuite.

Il n’avait que quinze ans mais était grand et fort, un corps d’adulte, déjà, et ce serait bien le diable s’il n’arrivait pas à trouver du travail en mentant un peu sur son âge ! Nero et lui s’installeraient quelque part et il s’occuperait du petit comme il se devait.

Il prépara donc un sac avec leurs maigres affaires, un peu de nourriture, de l’argent qu’il avait volé dans la poche d’un scientifique du labo sans le moindre scrupule et, vers deux heures du matin, il réveilla son frère.

- Réveille-toi, Nero.

Le garçonnet avait frotté ses yeux ensommeillés.

- Pourquoi ? Je dois aller sous le lit ?

- Non, plus personne ne t’obligera à te cacher où que ce soit, assura Weiss en l’habillant. On se tire d’ici ! Pour toujours !

- Où ça ?

- En sécurité, allez viens.

Il avait pris son petit frère par la main et s’était glissé discrètement dans le couloir.

Tout alla comme sur des roulettes jusqu’à la porte d’entrée de l’académie mais, au moment où les enfants allaient s’esquiver au nez et à la barbe de soldat de garde - trop occupé à regarder des photos de filles nues dans un magazine - leurs rêves de fuite s’évaporèrent.

La porte s’ouvrit devant eux pour laisser apparaître un grand soldat brun à la carrure impressionnante que Weiss reconnut aussitôt. Les plus grands officiers étaient de véritables stars, à Midgar, et Angeal Hewley en faisait partie.

Il fronça les sourcils, surpris de se retrouver nez à nez avec les deux garçons en rentrant d’une soirée bien arrosée en ville.

Point n’était besoin d’être devin pour comprendre qu’il était en présence de deux petits déserteurs en herbe et, lorsqu’il le comprit, un sourire amusé étira ses lèvres, à la surprise de Weiss, qui s’attendait plutôt à une bonne taloche (au mieux !).

- Et où vous comptez aller où, comme ça, tous les deux ? railla-t-il. Boire une bière dans les taudis ?

Nero se blottit contre les jambes de son frère en pleurant et ce dernier baissa la tête, penaud.

- Eh ! Oh ! insista Angeal d’une voix douce pour ne pas effrayer davantage le petit. Tu ne veux pas répondre ?

- Qu’est-ce qui se passe, ici ? avait grondé la voix bourrue de Heidegger, qui arrivait dans le couloir. Qu’est-ce que vous fichez là en pleine nuit, tous les deux ?

Weiss avait rentré la tête et Angeal lui avait pris son sac pour le mettre sur son épaule.

- Merci de me l’avoir rapporté, p’tit ! fit-il d’une voix forte. Sans toi, je l’aurais cherché toute la nuit.

Heidegger fronça ses gros sourcils, soupçonneux.

- Hewley ! Que fait ce garçon et l’aberration qui lui sert de frère ici en pleine nuit ?

Weiss avait vu Angeal se raidir, choqué par les paroles du chef des armées de la Shinra.

- Il m’attendait pour me rendre mon sac, que j’avais oublié, avait menti le soldat en passant un bras protecteur autour des épaules du garçon.

Heidegger était alors reparti, pas plus convaincu que ça mais peu importait. L’essentiel pour Nero était qu’il ne punisse pas Weiss.

Effrayé, néanmoins, il avait éclaté en sanglots et, chose impensable, Angeal l’avait alors soulevé dans ses bras… et avait marqué une pause. Non parce que Nero l’effrayait ou le dégoûtait mais parce qu’il ne s’attendait pas à ce qu’il soit aussi léger et aussi maigre.

- Il est malade ? avait-il demandé à son aîné.

- C’est une longue histoire, monsieur, avait soupiré celui-ci.

- Eh bien, tu vas me la raconter, ton histoire. Allez, en route !

Et c’est ce que Weiss avait fait, celle nuit-là, dans la chambre du soldat. Il lui avait parlé du réacteur Zéro, de la naissance de Nero et de leur vie là-bas puis à l’académie.

Nero était petit mais il se souvenait encore parfaitement de deux choses : l’expression horrifiée d’Angeal et son premier bol de chocolat chaud.

A compter de ce jour, le soldat avait pris les garçons sous son aile, et il s’agissait sans doute là des années les plus heureuses de toute leur vie. Si l’on faisait abstraction de Zack, bien sûr, l’autre protégé d’Angeal. Combien de fois Weiss et lui en étaient-ils venus aux mains ? Nero en avait perdu le compte. Lorsqu’il ne faisait pas des allusions sexuelles grossières sur la relation fusionnelle des deux frères, il leur trouvait des surnoms grotesques, surtout à Nero: boule de suif “, pelote de poix “, bout de charbon “ ou encore ” nonos ” ou ” gribouille “, en raison des arabesques noires ressemblant à des tatouages qui étaient apparues sur la quasi totalité de son corps à la puberté.

Angeal, lui, le surnommait affectueusement chibi face “ en raison de ses immenses yeux carmins et de son petit nez retroussé.

Oui, les années passées aux côtés d’Angeal avaient été les plus belles de leur existence… jusqu’à ce que les Restrictors, les membres les plus puissants du SOLDAT, un mythe parmi les jeunes miliciens, viennent les chercher pour les ramener à nouveau au réacteur Zéro.

Deep Ground

Ca sonnait plutôt bien, sur le papier. Une unité d’élite presque aussi secrète et mystérieuse que les Restrictors eux-mêmes.

Weiss et Nero avaient obtempéré et un nouveau cauchemar avait commencé.

Un entraînement inhumain agrémenté de traitements divers avaient décuplé leurs capacités jusqu’au point limite de rupture.

Les pouvoirs de Nero étaient devenus tels qu’il lui était désormais presque impossible de les contrôler et, après plusieurs incidents, Hojo et les Restrictors n’avaient trouvé d’autre solution que de lui immobiliser le haut du corps dans une sorte de camisole de force et un masque de contention qui lui meurtrissait la peau du visage et l’empêchait d’ouvrir la bouche.

Weiss avait été horrifié, lorsqu’il l’avait vu mais il ne pouvait rien faire.

Pour remplacer ses bras, on lui implanta d’énormes appendices mécaniques, lourds et douloureux au possible, qu’il dût apprendre à utiliser.

Et s’il crut alors qu’il avait atteint le fin fond de l’humiliation et de l’indignité, il déchanta vite car, camisole ou pas, mors ou non, ses pouvoirs étaient toujours immenses et il pouvait désormais disparaître dans ses propres ténèbres pour réapparaître où il le souhaitait. Murs et portes n’étaient plus un obstacle, ce qui lui permettait de rejoindre son frère lorsqu’il le voulait, fut-il au secret ou en cellule disciplinaire.

Lorsque les Restrictors s’en rendirent compte, le véritable enfer commença.

Au plus profond des sous-sols du réacteur, juste à l’endroit où l’on confinait Weiss la plupart du temps, près de la cuve de mako, on l’attacha dos à une énorme colonne de pierre, à presque deux mètres du sol. De lourdes chaînes se croisaient sur sa poitrine, entre ses bras immobilisés par la camisole, et le pressaient contre la pierre pour l’empêcher de glisser.

Cette façon de procéder faisait que ses ailes métalliques lui rentraient dans le dos et les reins. Quant aux chaînes, elle mordaient profondément dans ses bras repliés et sa poitrine, meurtrissant la chair à travers le cuir épais, l’empêchant presque de respirer - et le masque de contention n’arrangeait rien.

Au début, il crut à une simple punition et serra les dents mais, au bout d’un quart d’heure son dos lui faisait si mal que ses larmes se mirent à couler. Une demi-heure plus tard, il crut que les chaînes s’incrustaient dans ses côtes et une heure après, il suppliait et criait pour qu’on vienne le libérer, jurant qu’il n’utiliserait plus jamais ses pouvoirs pour se déplacer d’un endroit à l’autre.

Personne ne l’entendit et, le lendemain, on vint lui apporter un peu d’eau et lui injecter une solution opaque dans la veine du cou.

- Bon appétit ! railla le médecin en faisant l’injection.

Nero sentit un froid glacial l’envahir en devinant ce que cela signifiait.

Si on le nourrissait par intraveineuse, c’est qu’on avait l’intention de le laissa pendu là encore un moment mais comment allait-il supporter une douleur pareille durant encore plusieurs heures sans devenir fou ?

Plusieurs heures…

Il y resta des mois.

Des mois durant lesquels il ne pouvait que hurler et appeler son frère à l’aide à s’en arracher les cordes vocales.

Mais Weiss, à quelques mètres à peine au-dessus de lui, ne pouvait que l’entendre et souffrir à s’en liquéfier le cœur de ne rien pouvoir faire pour l’aider.

Bien conscients qu’il délivrerait son frère dès qu’il en aurait l’occasion, les Restrictors avaient enchaîné Weiss à ce qui deviendrait son trône.

Voilà.

Voilà à quoi rêvait Nero tandis que Reeve Tuesti, avec mille précautions, l’allongeait dans un caisson médical transparent dans lequel on pourrait non seulement contrôler température et pression à la perfection mais aussi injecter une fine brume de mako qui lui permettrait d’accélérer sa remise sur pied sans traumatiser son organisme déjà fragilisé à l’extrême.

Pourquoi repensait-il à tout cela ?

Peut-être parce que, malgré le fait qu’il soit endormi, il entendait de façon inconsciente parler Shelke, qui racontait précisément tout cela au petit groupe composé de Cid, Tifa, Loz, Sephiroth et Cloud, descendus prendre des nouvelles du blessé et du bébé.

- C’est horrible… frissonna Cloud.

- Tu le savais ? demanda Cid à Sephiroth.

Ce dernier secoua la tête, lui aussi révolté mais pas le moins du monde surpris. Il connaissait la façon de procéder de son père.

- Pas pour le Deep Ground. La dernière fois que j’ai vu Weiss et Nero, ils faisaient partie des poulains d’Angeal. Et des meilleurs, qui plus est.

- Pauvre gamin… soupira le pilote en voyant Shelke attacher les mains de Nero à l’aide d’un morceau de gaze très douce et sans serrer.

Le but était seulement de l’empêcher d’agiter brutalement les mains et de provoquer un trou noir par accident, pas de lui faire mal ou de l’empêcher de bouger.

- Il a l’air si fragile, comme ça, sans son costume et tout son attirail… acquiesça Tifa en désignant le corps nu si mince.

La peau si pâle - et couverte de ce qui n’était donc pas des tatouages, à en croire Shelke - paraissait si fine qu’elle semblait sur le point de se rompre à chaque petit tressautement du jeune homme.

- C’est vraiment nécessaire, ça, Shalua ? demanda Cid en la voyant placer précautionneusement le masque de contention sur l’adorable visage de poupée de porcelaine de Nero.

Elle frôla affectueusement les lèvres joliment ourlées de son jeune patient du bout des doigts en s’étonnant une fois encore de leur insolite couleur bleutée.

- Oui, Cid, c’est vraiment nécessaire. Pour lui, si ce n’est pour nous.

Elle fixa le masque, dissimulant la bouche sensuelle.

A l’autre bout de l’infirmerie, le bébé de Loz gazouilla, tout joyeux, et Tifa leva les yeux au ciel.

Denzel était penché sur le berceau et lui chatouillait le ventre en lui faisant des grimaces.

- Je lui avais pourtant dit, de ne pas le réveiller, soupira la jeune femme en se dirigeant vers le garçonnet.

- Quand pourra-t-on lui parler, commandeur Tuesti ? demanda Sephiroth en désignant Nero.

Reeve lissa doucement les cheveux d’ébène et secoua la tête.

- Il est dans un état plus ou moins similaire au vôtre lorsque nous vous avons récupéré dans le mont Nibel, Général. Genesis ne lui a rien épargné.

L’ex-cauchemar de la planète se frotta le visage, sceptique.

- Ca ne lui ressemble pas, assura-t-il. Pas du tout.

- Quoi donc, père ? intervint Loz.

En l’entendant apostropher Sephiroth de la sorte, les autres se raidirent, s’attendant à une vive réaction, mais le principal concerné ne s’offusqua nullement de ce titre, bien au contraire.

- Lorsqu’Angeal a mis Weiss et son frère sous sa protection, Genesis s’est tout de suite pris d’affection pour le petit, expliqua-t-il. Il passait des heures avec Nero sur les genoux, à le faire lire. Il ne lui aurait jamais de mal, assura-t-il. Ni à lui, ni à Weiss. C’est impossible !

Reeve ferma le caisson avant de commencer à y répandre le mako gazeux.

- C’est pourtant ce que semblent affirmer Lucrecia et Aerith.

Cloud acquiesça.

- Aerith est formelle. C’est bien lui qui est derrière tout ça.

- Ca n’a pas de sens… soupira Sephiroth. Et qu’en est-il de cette histoire de… comment Kadaj a-t-il appelé cela, déjà ?

- Les géostigmates, répondit Loz.

- C’est ça, les ” géostigmates “. A-t-on des nouvelles, à ce sujet ?

Reeve secoua la tête.

- Non, Général, pas pour l’instant. Mais j’ai placé un détachement de protection autour de la source d’eau originelle, dans les ruines de Midgar. C’est le seul antidote que nous connaissions pour l’instant.

- Vous avez bien fait, commandeur. Jusqu’à quel degré d’épidémie pouvons-nous répondre avec cette source ?

- Je dirais… 100 000 personnes au maximum, intervint Cid Au-delà, nous risquons de contaminer la source ou de l’assécher.

- Pas de quoi faire face à une pandémie, si je comprends bien.

- Non, Général.

- Aucune chance, mon frère, confirma l’amiral de la W.R.O.

- Quelles sont les autres options ?

Ils partirent dans une discussion de stratégie organisationnelle et Cloud les écouta, un peu à l’écart, fasciné.

D’instinct, Sephiroth reprenait ses réflexes de chef des armées et c’était bien une réunion d’état major, voire de crise, qui s’était improvisée là, devant ses yeux et dans cette infirmerie, entre trois des plus hauts gradés de l’armée de la planète.

Même vêtu de sa tenue d’hôpital - nu-pieds, un pantalon de coton bleu clair et une tunique à manches courtes au confortable col en V -, l’avant-bras amicalement posé en signe de confiance sur l’épaule de Cid, le mythique Sephiroth faisait vibrer l’air de sa présence et de son charisme.

Cloud était incapable de le quitter des yeux, fasciné, happé par la vision ensorcelante de cette légende vivante comme une phalène par la flamme d’une bougie…

… à suivre

Vous avez aimé ce texte ? Laissez-moi un commentaire !

LXI - J’ai mal, je t’aime

“On ne souffre jamais seul.

On souffre toujours avec ceux qui souffrent

à cause de votre souffrance.”

E. Wiesel

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Shalua coupa la dernière terminaison nerveuse qui reliait la moelle épinière de Nero au système de contrôle du mécanisme de ses ailes et Reeve retira précautionneusement le second tronçon d’aile. Une horrible écharde de métal au bout de laquelle pendait un imbroglio gluant de chair rougeâtre, de reste d’os, de câbles et de nerfs qui, avec les années, s’étaient formés autour de la structure que l’on avait fixée à la colonne vertébrale, aux côtes et aux omoplates du jeune homme.

- Ca devait lui faire un mal de chien… nota le chef de la WRO en posant la répugnante écharde de métal sur le sol.

Shalua acquiesça sous son masque de chirurgie tandis qu’elle s’affairait sur le dos du ténébreux.

- Les douleurs osseuses sont les pires qui soient. J’ignore comment il a pu supporter tout ça.

Shelke vérifia les fonctions vitales de son ancien compagnon d’armes sur son ordinateur.

- Plus que vingt minutes d’anesthésie, annonça-t-elle.

Reeve hocha la tête.

- Ca suffira largement. Nous avons presque fini.

Pauvre gosse… “ pensa-t-il en lissant la longue chevelure noire de ses mains gantées de latex.

Il secoua la tête, pris de pitié, mais Nero ne sentit pas la caresse réconfortante.

Nero était loin du box de chirurgie du manoir de Nibelheim.

Très loin…

Des années en arrière, en fait…

*

Ce n’était pas le cas de son frère Weiss.

Les coups de pieds furieux de Genesis et la douleur de chaque nouvel impact lui interdisaient la moindre échappatoire à la douleur, ne fût-ce qu’en se réfugiant dans ses souvenirs. Ce n’était pourtant pas faute de provoquer son tourmenter en espérant qu’un uppercut assez fort l’assommerait.

L’ancien chef des Tsviets, l’admiré, l’adoré, l’immaculé Weiss, se tordait sur le sol rocheux en gémissant sous les coups, le souffle coupé, les mains liées et le corps brisé et ensanglanté.

- Dis-lui de revenir ! hurlait Genesis à tue-tête. Appelle-le ! Appelle-le !

Il lui asséna un coup de pied particulièrement violent à la poitrine et le jeune supplicié en eut le souffle coupé mais essaya malgré tout de ricaner.

L’ironie était la dernière arme qui lui restait et il savait que cela rendait Genesis fou de rage.

- Désolé… J’ai pas… son numéro de… téléphone… sur moi…

Son bourreau le saisit par ses longs cheveux blancs et souleva sa tête pour lui parler à un pouce à peine du visage. Un visage qui, il y a encore quelques heures, avant que sa peau éburnéenne n’éclate sous l’impact des coups, aurait rendu jaloux bien des anges.

- Très drôle… Continue à faire le malin et c’est en morceaux, que ton frère te récupérera. Contacte-le ! Utilise ce lien empoisonné qui vous unit ! répéta-t-il en cognant brutalement sa tête sur le sol, lui ouvrant une nouvelle entaille - au front, cette fois. Dis-lui de revenir avec ce qu’il m’a volé !

- Va te… faire… mettre !

L’ex-soldat feula comme un fauve enragé et lui donna un coup de pied si brutal dans ses reins, provoquant une telle douleur, que Weiss s’évanouit.

Genesis jura, comprenant que c’était bien ce que le tsviet avait cherché à faire depuis le début.

- Maudit ! gronda-t-il en Tu ne perds rien pour attendre ! Je te jure que lorsque j’en aurais fini avec toi, tu hurleras tellement et tu appelleras ton frère au secours avec une telle force psychique qu’il aura de la chance si sa cervelle n’éclate pas !

*

Dans le grand open space réservé aux turks dans les plus hauts étages de la nouvelle tour Shinra, Tseng tapait impatiemment du pied.

Que fichait Elena ?

Elle aurait dû être là depuis un moment déjà et le pilote de l’hélicoptère commençait à s’impatienter !

Avec un soupir irrité, le chef des turks se rassit à son bureau, sur lequel était posée une petite boîte blanche de bois laquée ornée de minuscules poignées d’argent ciselé.

N’importe qui aurait pris cette boîte pour un grand écrin à bijoux ou un coffre à trésors quelconque jusqu’à qu’il lise la petite plaque gravée et délicieusement ornementée qui y avait été fixée deux heures plus tôt par un bijoutier réveillé en pleine nuit (et grassement payé pour le dérangement) : ” KALY - R.I.P.* “.

(*Note : pour ceux qui m’ont posé la question par mail, R.I.P. est l’inscription que l’on trouve sur les pierres tombales et les cercueils occidentaux, elle est l’abréviation du latin “Requiescat in pace” (Qu’il/elle repose en paix))

La porte s’ouvrit, laissant passer sa collègue retardataire, qui s’avança avec un grand et luxueux sac cartonné à la main.

Tseng lui adressa un regard lourd de reproches.

- Où diable étais-tu passée ? Nous aurions déjà dû part… Qu’est-ce que tu fais ? s’étrangla-t-il en la voyant ouvrir le petit cercueil.

Elena, guère intimidée, brandit le sac estampillé du logo d’un prestigieux magasin de jouets de luxe.

- J’ai dû faire intervenir quelques contacts pour me faire ouvrir la boutique en pleine nuit, mais j’ai enfin trouvé ce que j’ai cherché toute la journée ! claironna-t-elle en débarrassant le minuscule cadavre de son petit drap d’hôpital bleu.

L’Utaïen faillit en manger sa cravate.

- Elena ! Par tous les Dieux de la planète ! Repose ce fœtus dans son cercueil immédiatement !

La jeune femme se contenta de hausser les épaules et allongea la minuscule créature sur le bureau de son chef avec un petit bruit sec qui retourna l’estomac de celui-ci.

Le mako avait littéralement momifié les tissus, désormais durs comme de la pierre et parfaitement conservés, comme si la vie du petit être s’était figée dans le temps, fossilisée par le mako. En fait, le bébé paraissait dormir et n’importe qui, qui l’aurait vue ainsi, se serait attendu à voir la menotte se resserrer d’instinct autour de son doigt.

Une poupée de cire “ avait pensé Elena lorsqu’elle avait touché le fœtus momifié la première fois. Une poupée de cire comme celles qu’on voit dans les musées… “

Si ce n’est que les poupées de cire étaient à taille humaine alors que le petit cadavre, à qui on avait ôté la vie à cinq mois de gestation à peine, tenait presque tout entier dans sa main.

- Bon sang, Elena, mais qu’est-ce que tu fiches ? s’étrangla Tseng en la voyant sortir de minuscules vêtements de poupée de son sac.

Patiemment, et sans s’énerver ou lui prêter attention le moins du monde, la jeune femme habilla le bébé avec les vêtements de poupée : une adorable grenouillère bleue et blanche brodée de petits poussins chocobo, des chaussons blancs et un petit bonnet assorti.

- S’il veut le voir, il sera mieux comme ça que nu dans un morceau de tissu récupéré à la morgue, répondit-elle enfin, ravie du résultat. Qu’est-ce que tu en dis ?

Le chef des turks frissonna car le bébé avait l’air plus que jamais vivant.

- C’est… (Il soupira) Je ne sais pas si je dois trouver ça sordide ou… Ou… Remets-le là-dedans, tu veux ?

Il se détourna, horriblement mal à l’aise, et la jeune femme allongea doucement le bébé dans son cercueil après en avoir retiré l’horrible drap bleu et referma le couvercle, le cœur un peu lourd.

Cela n’aurait sans doute pas été le cas si elle n’avait pas eu cette fichue conversation, avec Reno.

Ils avaient parlé longtemps.

Sans doute même plus longtemps qu’elle ne l’avait jamais fait et elle était sûre d’une chose : Reno était fou amoureux de Yazoo. C’était une évidence. Une évidence dont le jeune turk ne s’était peut-être même pas encore rendu compte. Il lui avait parlé de l’argenté pendant presque une heure, lui racontant à quel point les découvertes dans le laboratoire secret du Deep Ground l’avaient remué.

Rends le fœtus aussi présentable que possible, d’accord ? “ avait-il demandé avec une timidité et une anxiété qu’elle ne lui connaissait pas. Je suis sûr qu’il voudra le voir avant qu’on le mette dans la crypte”.

Elle l’avait rassuré, alors, lui avait dit que cela ne poserait aucun problème, que le petit corps était parfaitement conservé et que le bébé paraissait dormir.

Reno avait soupiré de soulagement et elle avait souri.

Oui, il était vraiment amoureux…

Et elle ne savait que trop ce que l’on pouvait ressentir en voyant souffrir la personne que l’on aimait le plus au monde.

Les images de la terrible nuit qu’elle et Tseng avaient passé au cratère nord frappèrent à la porte de sa mémoire mais elle ne les laissa pas entrer.

Pas cette fois.

Plus jamais…

Depuis qu’elle avait tenu le petit corps dans ses mains et qu’elle avait vu les premières images de Kay, filmé par Reno, quelque chose s’était réveillé en elle.

Quelque chose avait changé.

Profondément.

Obtenir l’amour de Tseng, ce qui avait été pour elle durant des années la finalité rêvée, le but ultime, commença à perdre de son importance.

Oh, bien sûr, elle l’aimait toujours et ne cesserait sans doute jamais de l’aimer, mais autre chose occupait désormais le premier plan son esprit : un bébé. Elena, qui avait passé une partie de sa vie à ôter celle des autres lorsque la situation l’exigeait, rêvait désormais de la donner…

Elle ne pouvait donc que trop imaginer ce que devait ressentir Yazoo, à qui l’on avait arraché son enfant sans même lui donner une chance de le voir.

Elle trouvait cela cruel, injuste et profondément choquant. Peu importe ce qu’il avait pu faire, deux ans plus tôt, aucune mère ne méritait ça ! Car, aussi curieux que cela semble à dire, Yazoo était bien la mère de la petite créature qu’elle avait habillée avec tant de soin.

Elena avait passé la journée sur Internet et au téléphone pour trouver des vêtements de bébé à la bonne taille. En vain. Même les vêtements pour grands prématurés étaient encore trop larges.

Le vêtir ainsi aussi sonné faux, comme une parodie ou une bouffonnerie de maternité. Elle voulait, au contraire, que tout paraisse normal, naturel. Comme l’enterrement d’un bébé mort-né. Une tragédie, certes… mais une chose qui arrivait souvent. Pas comme un bébé grandissant dans un cadavre et tué par des savants fous uniquement soucieux de performance !

Elena était sûre que, plus cela paraîtrait naturel et plus Yazoo se remettrait facilement.

Pourquoi y tenait-elle tellement ? Aurait-on pu se demander.

Pour Yazoo ? Pour Reno ? Pour le bébé ? Pour elle-même ?

Sans doute les quatre à la fois.

Mais aussi, et surtout, parce qu’elle était une femme et qu’elle comprenait. Oui, elle comprenait d’instinct et savait ce qu’elle devait faire - ou ce qu’elle aurait aimé qu’une autre mère, en devenir ou non, fasse si les rôles avaient été inversés.

Elena souleva le cercueil avec un mystérieux sourire, à la fois triste et paisible, que Tseng ne réussit pas à interpréter.

- Oh, Tseng ! fit-elle sans se retourner. Peux-tu prendre le sac ? J’ai aussi acheté un cadeau pour Kay. Je le donnerai à Loz de notre part à tous.

- Euh… Ou… Oui… bredouilla l’Utaïen. Bien sûr.

Elle sortit et le chef des turks récupéra le sac avec un froncement de sourcils incrédule.

La jeune femme avait quitté la pièce sans même lui adresser un regard. Pas même l’un de ceux qui l’agaçaient tant, dégoulinants d’admiration, qu’elle lui coulait entre ses longs cils, croyant qu’il ne remarquait rien.

Il aurait dû en éprouver du soulagement, voire même de l’espoir en se disant qu’elle avait peut-être enfin fini par comprendre où était leur place à tous deux et accepter qu’il ne serait jamais rien pour elle que son supérieur hiérarchique, mais… curieusement ce ne fut pas le cas.

Si Tseng ne se connaissait pas mieux que ça et ne se savait pas à l’abri de sentiments aussi mesquins qu’improductifs, il aurait pu croire qu’un petit pincement vexé lui avait piqué l’estomac…

*

Allongé sur son lit et une coupe de vin à demi pleine posée sur la table, Vincent regardait les étoiles par la fenêtre entrouverte, goûtant la fraîcheur nocturne.

Lui, Cait et Merill avaient aidé Sephiroth à remettre de l’ordre dans le bureau de Shalua et avaient attendu un peu que cette dernière finisse de s’occuper de Nero mais Reeve leur avait fait signe que ce serait plus long que prévu.

Enlever les restes d’ailes métalliques ne suffisait pas, leur avait-il expliqué, il fallait aussi retirer très soigneusement un appareillage complexe fixé à l’os.

- Vincent…

Celui-ci tressaillit et sentit une armée de petits lézards glacés lui descendre le long du dos en entendant la voix douce qui s’éleva dans son dos, dans l’angle le plus sombre de sa chambre.

La gorge sèche, il pivota lentement et sa gorge serrée émit un son étranglé en reconnaissant la ” visiteuse ” nocturne.

- Lucrecia… finit-il par articuler après plusieurs tentatives infructueuses.

L’apparition s’approcha et tendit vers sa joue une main ectoplasmsique que, bien sûr, il ne sentit pas.

- Mon amour… chuchota la jeune femme, ses yeux fantomatiques brillants de larmes.

Il aurait tant voulu la consoler. La serrer dans ses bras. Enfouir son visage dans ses cheveux et respirer son parfum frais. Il aurait voulu… Oh ! Dieux, il aurait voulu tant de choses…

- Lucrecia… Si tu savais comme tu me manques…

La jeune femme fit des efforts inhumains pour se reprendre et ne pas se laisser aveugler par ses sentiments.

Elle n’avait pas le loisir de se laisser aller.

Le temps pressait.

Il fallait faire vite.

- Vincent… Weiss va mourir, dit-elle de but en blanc.

L’ex-turk se raidit.

- Quoi ?

- Il faut aller le chercher sans tarder ou Genesis va le tuer ! Il n’acceptera jamais de lui livrer son frère. Il préférera mourir et s’il meure… nous ne pourrons plus compter sur l’Omega pour combattre Jenova.

L’apparition trembla, parut se dissoudre, puis réapparut à nouveau mais si pâle qu’on la distinguait à peine.

- Lucrecia ! cria Vincent en bondissant de son lit.

La jeune femme paraissait à présent souffrir et avait visiblement du mal à rester visible.

- Lucrecia… Pourquoi a-t-on besoin de l’Omega ? En quoi Genesis est-il…

- Weiss… l’interrompit précipitamment Lucrecia en luttant pour ne pas disparaître complètement. Weiss vous expliquera tout… La source du mont Nibel… Weiss… Ne le laissez pas… Mourir…

- Lucrecia !

- La source… du mont… Nib…el…

Elle disparut complètement et, après un court instant d’hésitation, Vincent bondit hors de sa chambre et se précipita en direction des appartements de Rufus.

à suivre

Part 12 Les chemins de la vertu… ne sont décidément pas sur la route du Star Tash !

Un cri résonne dans la nuit : NOOOOOOONNNNNN !!!

Dans la chambre de Weiss et de Nero

Nero (qui sort la tête des draps) : C’était quoi ça ?

Weiss (un gros point d’interrogation sur la tête) : Tu crois qu’ils ont des singes hurleurs dans le vaisseau ?

Nero (réfléchit un moment et secoue la tête) : Nan, je pense pas.

Weiss : Alors je vois pas.

Re-cri : AAAAHHHHAIEAIEAIEAIE ! ! !

Nero : C’est Lozy, non ? Faut aller voir !

Weiss (qui le retient par une aile) : Minute papillon ! Avant d’aller butiner ailleurs, tu peux m’expliquer comment ça se fait que tu l’appelles par son petit nom ?

Nero (gaufré par terre, le nez dans la descente de lit) : Non mais tu crois que c’est le moment de me piquer une crise de jalousie ?

Il se dégage, et se précipite dehors, en pyjama.

Pendant de temps, dans la chambre de Loz et Yazoo :

Yazoo (qui maintient les poignets de Loz) : C’est pas la peine de gigoter comme ça, de toute façon t’échapperas pas à… ça !

Loz (s’accrochant aux draps) : NAAAAAAAAAAANNNNNNNNNN ARRREEETEUHHHH NNAAHHHAAWWWWWOUILLE OUILLE OUILLE AIEAIEAIE !

Yazoo (suant au labeur) : Trop tard, c’est fait !

Pendant de temps, dans le cercueil de Vincent, dans les soutes :

Cid (ouvrant le couvercle du cercueil pour sortir la tête) : C’était quoi, ça ?

Vincent (en soulevant le cache à dentelle qui lui couvre le yeux pour dormir) : Vaut p’têt mieux y aller, j’crois que Loz est en train de douiller !

Ils s’habillent vite fait, se précipitent et croisent Nero, Weiss, Tifa, Cloud, Reno… enfin toute la clique dans les coursives et… Tseng, que le boucan a réveillé !

Vincent (voyant Tseng) : Merde !

Tseng : Vous disiez, agent Valentine ?

Vincent: EUH… rien ! Je me demandais ce qu’était ce bruit, hihihi…

Tseng (en remontant son pantalon de pyjama estampillé de fleurs de gingembre utaïennes et en raffermissant sa poigne sur la batte de base-ball qu’il a apportée avec lui) : Allons-y doucement, peut-être un démon s’est-il introduit chez l’officier Loz. Restez derrière moi.

Weiss (se marrant comme une baleine) : Attends de voir la gueule de ” l’introduction ” ! (Nero lui donne un coup d’aile) Aïeuh !

Cloud : Heu… Monsieur ? C’est p’têt pas la peine d’y aller, vous savez…

Tseng : Il le faut ! L’entraide est le ciment d’une équipe bien soudée !

Reno (en aparté à Tifa) : Ca se soude, le ciment ?

Tifa (effondrée) : Reno, tu es vraiment un boulet…

Cloud (insiste) : Yazoo et Loz sont des soldats 1ère classe, après tout, si y’a un monstre là dedans, personne n’est plus qualifié qu’eux.

Tseng : Quand bien même, il faut qu’ils sachent qu’ils peuvent compter sur leurs camarades pour tout !

Weiss (lève le doigt et s’apprête à faire un commentaire enthousiaste mais se reprend un autre coup d’aile de Nero sur la tête) : Mais aïeuh ! T’arrêtes un peu, oui ? !

Cloud (à court d’arguments) : Oui mais p’tet qu’on va les réveiller pour rien et Yazoo peut être très très très en colère lorsqu’on le réveille en sursaut, vous savez…

Tout le monte hoche vigoureusement la tête, sachant très bien ce qu’ils risquent de trouver de l’autre côté de la porte.

Tseng (outré) : Soldat Strife ! Je commence à en avoir plus qu’assez de votre attitude de péteux ! (En se tournant vers les autres) Aurais-je donc affaire à une bande de couards ?

Cloud (les yeux soudain plus mako que bleus) : PETEUX, MOI ?

Sephiroth (sa dignité guerrière traînée dans la boue) : Monsieur ! Avec tout le respect que je dois au chef des turks, je vous demande de retirer ses paroles ou je me verrais contraint de demander réparation sur-le-champ !

Cloud (la bouche en cœur) : Mon hérooooossss…

Tseng (un peu rassuré) : Pardonnez-moi, mais j’ai craint un moment… Enfin ça ne fait rien. On y va !

Il défonce la porte de la cabine.

Tous : NNAAANNN ! ! ! ! ! !

Tseng (qui lâche soudain la batte et fixe le lit) : Mais que…

SHKLONG (bruit de la batte qui tombe sur le sol)

Tout le monde se précipite, s’attendant au pire, et voient Yazoo, sous les draps, appuyé sur les oreillers entrain de fumer une cigarette, un grand sourire aux lèvres.

Les multiples paires yeux glissent alors sur Loz.

Il est allongé, les bras en croix, et fixe le plafond avec un large sourire en banane, aussi béat que niais.

Yazoo (faisant des ronds avec la fumée d’un air d’autosatisfaction intense) : Oui ? C’est à quel sujet ?

Tseng (qui bafouille) : Je… Euh… On a entendu crier… Alors… Bah…

Yazoo : Oh, ça ! Ce n’est rien. Loz a fait un cauchemar mais il va mieux maintenant. Hein, Lozy ?

Loz (qui hoche la tête, toujours béat et le regard toujours au plafond) : Vi, vi… Y va bien…

Tseng (inquiet quand même) : Vous êtes sur ? Il n’a pas l’air très “dans son jus”, là, quand même, hein…

Yazoo : Faites-moi confiance, je m’occupe de lui, monsieur.

Tseng : Bon, eh bien, dans ce cas… Bonne nuit.

Yazoo (tout sourire) : Bonne nuit ! Dis bonne nuit, Lozy.

Loz (qui il agite la main sans se départir de sourire idiot) : Onne huiiii !

Tseng chasse tous les curieux et referme la porte.

Yazoo (se penchant sur Loz) : Ca va mamour ?

Loz : Hein ?

Yazoo : Je te demande si ça va.

Loz (tronche de mongolien) : Kezudit ?

Yazoo (qui commence à s’inquiéter quand même) : Loz, c’est moi ! On se réveille ! C’est ton sucre d’orge adoré !

Loz (qui bondit hors du lit, reprenant ses esprits d’un coup) : Ah ! Ne m’approche pas !

Yazioo : Bah m’amour…

Loz (hystérique) : Sadique ! B’sédé ! Comment t’as pu me faire une chose pareille ? Monstre ! Sans cœur ! Bourreau !

Yazoo (la larme à l’œil) : Mais… je t’aime, mouaaa !

Loz (sur le point de péter les plombs) : Tu m’aimes ? Et tu t’imagines que je vais te croire après ce que tu viens de me faire ?

Yazoo (qui essaye de le prendre dans ses bras) : M’amour…

Loz : ME TOUCHE PAS ! VIOLEUR ! Tu mériterais que je te tranche la tête !

Yazoo (effondré sur le sol en larmes) : Ne me dis pas des choses aussi horribles !

Loz (qui le toise avant de sortir) : C’est ça ! Chiale ! Tu pisseras moins !

Il part en claquant la porte.

Nero et Tifa, qui étaient restés devant la porte à discuter (et a essayer d’entendre ce qui se passait dans la chambre, bien sur), voient sortir Loz comme une furie.

Loz (qui entraîne Tifa avec lui) : Viens là ! Faut qu’j'te cause !

Tifa : Hein ? (elle regarde Nero, qui hausse les ailes - enfin les épaules) Mais keskia ?

Loz : Je t’explique ça dans deux minutes

Il l’entraîne à travers les coursives.

Nero (qui rentre à pas de loup dans la cabine, voit Yazoo effondré) : Ca va pas ?

Yazoo (en larmes) : Laisse-moi ! J’veux mourir ! Il me déteste !

Nero (qui le prend dans ses bras et le berce *ah bah dès qu’il peut profiter d’un câlin, lui…*) : Mais non, mais non, il est sous le coup du bromure, c’est tout…

Yazoo : Il a même dit que je mériterais qu’il me coupe la tête !

Nero (avec de gros poutous) : Allons, allons, il avait plutôt l’air d’avoir apprécie lorsque nous sommes entrés…

Yazoo (en secouant la tête et mettant des grands coups de cheveux à Nero) : Nan ! Il m’a dit que j’étais un pervers !

Nero : Mais non, voyons, il était un peu en colère, c’est tout.

Yazoo : Y m’aime, plus j’te dis ! ! !Il a même dit que j’étais ridicule tout nu ! Et moi qui lui ai tout donné ! Je veux mourir !

Nero (qui ne sait plus quoi dire) : Je te répète que ce sont les effets secondaires du bromure, enfin ! C’est un mauvais moment à passer, c’est tout !

Yazoo : J’peux pas ! C’est trop dur ! Tue-moi !

Nero (qui se dégage) : Ah non, hein ! Ca va bien, maintenant, vos crises de mélo-dramatico-culpabilité-déceptionnée ! Ca va lui passer, je te dis !

Yazoo (qui renifle) : Et en attendant je fais quoi moi, hein ?

Nero : Comment ça ? (Il remarque alors le regard aguicheur de Yazoo mais se souvient - enfin c’est surtout son popotin, qui se souvient - de la façon dont Loz lui a fait regretter d’avoir touché à sa propriété privée) Euh… Nan. Nan, nan, moi j’ai rien à voir dans vos salades, cette fois, hein !

Il se glisse prestement hors de l’étreinte un peu trop collante et s’esquive vers sa cabine façon “surtout ne pas contrarier les grands dépressifs mais poussez pas le bouchon trop loin quand même”.

BONCHH ! Aieuh! Oups…

Ca c’est parce qu’en tournant le coin de la coursive, il est entré en collision avec Tseng…

Nero (toussotant): Ah, euh, tiens, vous ici, Sir ! Quelle bonne surprise, vous n’êtes donc pas encore retourné vous coucher ?

Tseng (encore un peu déconcerté et se disant que décidément quelque chose lui échappe sur ce vaisseau): J’ai eu l’impression que ce serait peut-être bien que je fasse une petite ronde… Dès fois qu’il resterait du danger… Un monstre… Chais pas… Un truc normal, quoi…

Nero (devinant que ça carbure sec sous le crâne de béton du turk): Allons, allons, il n’y a rien d’anormal ici, qu’est-ce qui vous inquiète?

Tseng (en se grattant la tête): Je n’avais jamais vu l’équipage aussi nerveux… On dirait qu’ils sont sous tension et qu’ils me cachent quelque chose…

Nero (en apparté) : Aie…

… à suivre

Vous avez aimé ce texte ? Laissez-moi un commentaire !

LX - Charnelles vapeurs

” Tu noies tes chagrins dans l’alcool ?
Méfie-toi, ils savent nager. »
Y. Mirande

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

Les versions non censurées de ce texte et de cette illustration se trouvent fascicule “Les interdits de www.ff7-yaoi-fanfics.com” tome 2 (voir dans la boutique)

***

- Ca va aller ? demanda Reno en aidant Yazoo à s’allonger sur le lit. Ce n’était peut-être pas une si bonne idée que ça, ce verre de cognac. Je suis désolé, je n’aurais pas dû laisser Rufus te faire avaler ça.

L’argenté sourit.

- Tu n’y es pour rien et Rufus non plus. Il voulait juste que je me détende un peu. Et je dois être le seul homme au monde qui se retrouve dans cet état après trois gorgées d’alcool !

Il rit et le turk l’aida à se déshabiller en admirant le corps pâle à la douce lumière de la veilleuse avant de le recouvrir.

Bon sang ! Ce qu’il mourrait d’envie de lui faire l’amour…

Pourtant, malgré les tendres moments qu’ils avaient passés ensemble, ils n’avaient pas encore franchi le pas - si par “pas”, on entendait “relation sexuelle incluant une pénétration”.

Yazoo n’était pas encore assez à l’aise pour cela et Reno savait qu’il ne le forcerait jamais. Il attendrait qu’il soit prêt à le recevoir même si cela devait lui coûter plusieurs dizaines de nuits blanches.

- Dors, mon ange.

Il déposa un baiser léger sur ses lèvres et passa la main dans ses cheveux argentés.

- Tu… tu ne te couches pas ?

Reno cligna de l’oeil.

- Je vais aller voir comment ça se passe avec Nero, en bas. Et tu as besoin de te reposer après tout ce qui s’est passé.

Yazoo plongea ses yeux mako dans les siens et noua ses bras autour de son cou.

- Reste… S’il te plaît.

- Tu es sûr ?

- Oui. Je veux que tu sois près de moi. Pour toujours… Je t’aime Reno.

Reno goûta à la coupe de ses lèvres le cognac que Yazoo avait bu. Puis il retira sa veste de costume et s’allongea près de lui pour blottir son visage au creux de son cou.

- Reno ? murmura Yazoo au bout d’un petit moment.

Le turk releva lentement la tête.

Les joues de l’argenté avaient pris une teinte rosée et son souffle était un peu haletant.

- Ca va ? Tu n’as pas l’air bi…

Yazoo lui posa un doigt sur la bouche et lui adressa un sourire débordant d’amour.

- Chut…

Sans prévenir, il bascula Reno sur le dos et s’assit sur le matelas.

Avec une lenteur et une tendresse qui chavira le cœur du turk, il fit courir sa petite bouche en coeur sur son cou.

Reno ferma les yeux et les boutons de sa chemise semblèrent fondre entre les doigts de Yazoo. Il la sentit glisser sur ses épaules et il se redressa légèrement pour pouvoir la retirer complètement.

Les doigts délicats et les lèvres de l’argenté tracèrent un chemin caressant sur sa poitrine, son ventre, et la fermeture éclair de son pantalon céda à son tour.

Yazoo le fit glisser le long de ses jambes athlétiques jusqu’à l’envoyer rejoindre la chemise sur le sol, suivi de près par ses chaussures et ses chaussettes.

Lorsque le turk sentit ses doigts se glisser sous l’élastique de son caleçon, il hoqueta, surpris par son audace.

Bah merde ! Tu parles d’effets secondaires… “ pensa-t-il en retenant un sourire.

Des frissons lui remontèrent le long du ventre mais l’incarné de s’attarda pas. Il fit glisser le sous-vêtement jusqu’à ses chevilles et le posa avec le reste des affaires.

Reno entrouvrit les yeux et surprit le regard admiratif que je jeune homme posait sur son corps nu. Un corps mâle, mince et aux muscles bien dessinés. Un corps pour lequel bien des femmes se seraient damnées. Et, au bas du ventre plat, une hampe de chair dure et palpitante.

L’excitation rosit encore les joues de Yazoo et son propre sexe se dressa entre ses cuisses.

- Ce que t’es canon, comme ça… laissa échapper Reno, la gorge serrée.

Les longs cheveux argentés accrochaient la lumière de la lampe et tombaient sur ses épaules comme un châle coûteux. Yazoo était mince mais Reno distinguait parfaitement le dessin ferme de ses abdominaux et la courbe harmonieuse de ses pectoraux ornés de deux petits grains rose pâle.

Très doucement, les mains fines se tendirent vers le visage de Reno et celui-ci ferma de nouveau les yeux, savourant la délicate caresse des doigts fuselés sur sa peau.

L’argenté faisait courir la pulpe de ses doigts sur son corps en évitant soigneusement le bas de son ventre, faisant vibrer chaque nerf.

Le turk soupira en sentant son corps répondre à ses caresses.

Yazoo laissa une traînée de baisers chauds et humides sur sa poitrine. La respiration de Reno s’accéléra et il entrouvrit les yeux. La langue de l’argenté poussa contre l’un de ses tétons, lui arrachant un soupir comme cela envoyait un long frisson directement dans son bas-ventre.

Il apprend vite, la vache… ”

L’argenté l’excita doucement avec ses dents, faisant courir une traînée de baisers sur sa poitrine d’un téton à l’autre.

- Eh, Yazoo baby… Tu sais que tu vas avoir du mal à m’empêcher de sauter dessus, si tu continues ? grogna Reno en mordant sa lèvre inférieure, son front se plissant tandis que les sensations augmentaient.

Yazoo se contenta de sourire et la traînée de baisers descendit sur la surface lisse et dure de son estomac, chaque contact brûlant le faisant se contracter, puis elles fuirent à nouveau.

Reno sentit ses cuisses s’écarter d’elles-mêmes et une partie de lui se révolta alors même que l’autre attendait… anticipait, fascinée.

Le premier baiser sur l’intérieur de sa cuisse le fit sursauter.

Yazoo amena ses doigts à se joindre aux baisers, monta depuis l’intérieur de sa cuisse, joua avec une douceur exaspérante avec ses parties pour descendre jusqu’à l’intérieur de l’autre cuisse. Puis remonta à nouveau. Et sa bouche humide se referma enfin sur lui, sa langue poussant les testicules d’avant en arrière.

Le turk prit une autre inspiration frémissante.

Il aimait ça.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, il aimait que Yazoo prenne les devants et le touche comme ça.

Bah merde, alors ! Si je m’attendais à ça… ”

Cette certitude était invraisemblable, effrayante, dévastatrice…

- Je t’aime, murmura l’argenté en frottant de sa joue le membre soyeux et palpitant.

Il fit courir le bout de sa langue de la base à l’extrémité et entendit le soupir de Reno. Il sourit, le lécha à nouveau dans une longue et lente caresse, poussant le pénis du turk contre son aine.

Celui-ci voulait bouger, soulever ses hanches pour aller au-devant de cette langue et gémit de plaisir pendant que Yazoo continuait cette lente torture insensée.

L’incarné fit doucement courir ses lèvres sur le sexe dur, le mordillant, le frôlant avec ses dents. Sa langue flexible en lécha l’extrémité puis plongea dans la petite fente humide, se tordant comme si elle essayait de s’y forcer un passage et ses doigts caressèrent les testicules, encerclant la chair douloureusement contractée par le désir… doucement.

Reno poussa un râle et ses mains agrippèrent les draps.

- Continue… s’entendit-il mendier. Oh, oui, continue…

Mais Yazoo s’arrêta et Reno frissonna. Il en voulait plus et gémit encore. Un petit son implorant.

Pourquoi arrêtait-il ?

Il sentit Yazoo bouger à côté de lui sur le lit, puis il fut chevauché, le visage empourpré du jeune homme baissé vers lui, souriant.

- Yazoo…

Celui-ci appuya ses mains de chaque côté de sa tête, sur l’oreiller, et se pencha en avant.

- Prends… chuchota-t-il contre son oreille en pressant l’un de ses tétons contre la bouche du turk, son souffle lui envoyant des frissons dans le cou.

Reno n’en revenait pas.

C’était comme si la minuscule quantité d’alcool qu’avait avalée l’argenté avait fait tomber toutes ses inhibitions.

Ne profite pas de la situation, Reno. Contrôle-toi, merde… ” s’admonesta-t-il.

Non, il ne devait pas profiter de la situation.

Il ne le devait pas !

Il ne le devait pas !

Il ne le devait pas !

Mais… le petit grain dur sombra entre ses lèvres douces tandis que Yazoo haletait comme la langue mouillée et chaude de Reno dardait entre ses lèvres pour le goûter, le fouettant rapidement.

Le corps de l’argenté se contracta sous l’effet de l’excitation et les dents de Reno attrapèrent tout doucement le téton entre ses dents. Il tira un peu sur la peau tendre, tenant le petit grain de chair afin que sa langue puisse cingler contre son extrémité.

Yazoo soupira et un spasme lui agita le corps.

Le turk libéra le petit téton molesté et continua de le tremper avec sa langue jusqu’à ce que l’argenté se laisse glisser pour embrasser sa poitrine en allégeant sa tension avec de légers mouvements des lèvres.

Reno inspira profondément et la bouche douce remonta jusqu’à sa gorge, à son menton puis à ses lèvres.

- Je t’aime, mon ange… murmura Reno avant de presser sa bouche sur la sienne.

Leurs langues se cherchèrent et bataillèrent durant un long moment avant que Yazoo ne se redresse, s’installant confortablement sur le ventre de Reno pour frotter ses fesses contre le sexe impatient.

- Reno…

Mais Reno avait rejeté la tête en arrière, perdu dans un flot de sensations qu’il ne parvenait plus à contrôler.

Reno se noyait.

Reno qui sentait sa verge dressée contre les fesses fermes.

Reno qui, le souffle court, se demandait comment on pouvait éprouver un tel plaisir au contact d’un corps si semblable au sien.

Reno qui, bientôt, ne fut même plus capable de penser.

Et lorsque la main de Yazoo descendit sur son propre ventre et commença à caresser son sexe vibrant en rythme avec des mouvements graduels de ses hanches, Reno en oublia même comment respirer.

Il imaginait que c’était sa main, pas celle de l’argenté, qui arrachait de si délicieuses plaintes de ses lèvres entrouvertes.

Il allait tendre sa main vers le sexe dressé lorsque Yazoo lui glissa deux doigts dans la bouche.

Il les accueillit sans protester, les léchant comme s’il se fut agi de son sexe, et il poussa même un petit gémissement plaintif lorsqu’ils se retirèrent… pour se glisser entre les fesses de l’argenté, qui poussa un long soupir en rejetant la tête en arrière dans un envol de mèches argentées.

Reno imagina ces doigts qu’il ne voyait pas se faufiler dans leur caverne de chair et faillit jurer de surprise mais se mordit la langue à temps.

Non, Yazoo ne pouvait pas être en train de faire ça…

Pas son Yazoo baby, si timide et réservé. Même pas dans ses rêves érotiques les plus fous !

Reno tendit les mains pour les poser sur les fesses rondes et sentit le poignet droit de Yazoo faire des mouvements de va et vient de plus en plus rapides tandis que la main gauche s’affairait de plus en plus rapidement sur son sexe, faisant jaillir par intermittences un bourgeon de chair rose de son tendre fourreau de peau. Du bout des doigts, le turk sentit ceux de Yazoo entrer en lui et sortir, vriller et se tordre tandis que ses fesses se pressaient et se frottaient de plus en plus durement sur son propre sexe.

Le turk hoqueta, incrédule.

“Oh, la vache, il le fait…”

***

Alangui, épuisé et le souffle court, Yazoo se pelotonna contre Reno mais ce dernier semblait inanimé.

- Je t’aime…

Pas de réaction.

Pourquoi Reno ne disait-il rien ?

Yazoo parut alors réaliser ce qu’il venait de faire et son ventre se noua.

” Oh, non… Je n’aurais pas dû… Je suis le premier homme de qui il tombe amoureux et je me comporte comme un chien en rut pour quelques gorgées de cognac. Oh, Dieux, Reno, qu’est-ce que je viens de faire… “

Timidement, il lui chatouilla la nuque mais Reno ne bougea pas.

L’argenté sentit les larmes lui monter aux yeux.

” J’ai tout gâché… Gaia, viens-moi en aide, j’ai tout gâché ! “

En réalité, Reno gisait simplement sur le ventre, se complaisant dans les après-fourmillements de son orgasme.

Il aimait la façon dont le cœur de Yazoo battait contre son dos et dont son souffle et le bout de ses doigts lui chatouillaient la nuque.

Avec un pincement au cœur, il le sentit s’écarter et il se mit sur son flanc pour lui faire face.

L’argenté avait enfoui son visage dans l’oreiller, comme s’il avait honte.

Reno se redressa et lui lissa les cheveux mais Yazoo ne releva pas la tête.

- Qu’y a-t-il, Yazoo baby ? murmura Reno, soudain inquiet.

- Je suis désolé… Je me suis comporté comme un sauvage …

Sa voix se brisa et le turk écarquilla les yeux.

- Quoi ? Qu’est-ce que racontes ?

Yazoo leva enfin les yeux. Il pleurait.

Reno, attendri, prit son petit visage dans ses mains et essuya ses larmes d’un baiser.

- Tu es mon ange à moi, chuchota-t-il. Maintenant plus que jamais.

- Tu ne m’en veux pas ?

Le turk éclata de rire et le serra contre lui.

- T’es fou ! Ah ! Ah ! Ah !

… à suivre

Ce chapitre vous a plu ? Laissez-moi un commentaire !

LIX - Mea culpa

“Un véritable égoïste accepte même que les autres soient heureux,

s’ils le sont à cause de lui.”

J. Renard

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : d’après des illustrations de M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Cloud, l’oreille collée à la porte de Tifa, ne perdait pas une miette de ce que disait Loz et avait du mal à réaliser que la belle voix grave et posée était celle de l’argenté brutal et obtus - du moins était-ce ainsi qu’il l’avait toujours considéré - qu’il avait combattu à Edge deux ans plus tôt.

- C’est une vieille légende cétra. Celle d’un jeune garçon d’écurie amoureux d’une princesse.

- Un conte de fées ? s’étonna Tifa avec un rire doux.

- Pas exactement. A moins que les contes pour enfants ne commencent par un viol.

- Un viol ? se récria la jeune femme, indignée.

- Une tentative, en fait. Sur la personne de la princesse par son oncle, qui était aussi le conseiller du roi. C’est arrivé dans l’écurie, alors que la jolie jeune femme s’apprêtait à enfourcher son cheval pour partir en promenade.

- Quelle horreur !

- Mais c’est là qu’intervient notre jeune palefrenier.

- Il a sauvé la princesse ?

- Oui. En tuant le conseiller d’un coup de fourche.

- Et comment a réagi le roi ?

Cloud entendit Loz éclater de rire.

- Tu veux que je te la raconte, cette histoire ? Ou tu vas continuer à poser des questions tout du long ?

Tifa pouffa.

- Pardon.

- Bon. Le roi, donc, le père de la jeune femme, voulut récompenser le garçon d’écurie et lui proposa de réaliser son plus grand souhait - dès l’instant qu’il était en son pouvoir de le faire, bien sûr.

- Et qu’est-ce que c’ét… Pardon, pardon.

Cloud ne put s’empêcher de sourire de l’autre côté de la porte.

Tifa ne changerait décidément jamais…

- Le palefrenier, amoureux de la princesse depuis toujours, demanda l’impensable : sa main. Et le roi, outré qu’un simple palefrenier ose prétendre à la main de sa fille, essaya de le dissuader en lui proposant des richesses, des terres et même un château encore plus grand que ce manoir. Mais rien n’y fit. Le garçon voulait la princesse et le roi réalisa bien vite que celle-ci n’était pas du tout hostile à cette union, bien au contraire. En fait, elle était elle-même éprise en secret du garçon d’écurie courageux et avenant.

- Oh ! Un amour secr… Désolée. Je ne dis plus rien, promis !

- Le roi, coincé, décida donc de biaiser et expliqua au jeune homme que seul un noble chevalier pouvait épouser une princesse et que, pour devenir chevalier, il se devait au minimum de briller à la guerre ou de mener une quête importante. La paix régnant depuis de longues années, le palefrenier opta donc pour la quête et le roi, bien entendu, lui en confia une totalement irréalisable. Pars, voyage et trouve la Vérité. “ lui dit-il. Et une fois que tu l’auras trouvée, tu pourras revenir épouser ma fille. ” Le jeune homme ne se laissa pas abattre. Il partit et, durant des années, il chercha la Vérité. Il parcourut le royaume en long, en large et en travers. Il alla demander audience aux sages de chaque cour, de chaque ville et chaque école, interrogea les plus savants d’entre eux mais aucun ne pouvait assurer avoir trouvé un jour la Vérité. Alors le jeune garçon d’écurie s’en fut voir les prêtres, du temple le plus lointain à la plus minuscule chapelle mais, là non plus, personne n’avait jamais vu la Vérité. Mois après mois, il chercha en vain et cinq années passèrent.

- Cinq ans ?

- Oui. Cinq longues années. Et, une nuit, au sommet d’une montagne, alors que, désespéré et honteux, il s’était assis dans la neige pour attendre la mort, une vieille femme l’interpella : J’ai entendu dire que tu me cherchais, mon garçon ? “ Le palefrenier sursauta et vit approcher une vieille femme lépreuse repoussante, sale et couverte de plaies. Qui es-tu ? “ demanda-t-il. Quelle question ! ” rétorqua-t-elle. “La Vérité, bien sûr ! Qui veux-tu que je sois ! “ Le jeune homme, malgré le dégoût que lui inspirait la veille lépreuse, la suivit jusqu’à sa masure et parla avec elle jusqu’au petit matin, lui posant mille questions. Lorsque le soleil fut au plus haut, il dut se rendre à l’évidence : la vieille lépreuse ne mentait pas. Elle était bel et bien la Vérité qu’il avait tant et tant cherchée. Sa quête avait été un succès.

- Et il pouvait enfin repartir épouser sa princesse, conclut Tifa avec un petit rire amusé.

- Eh bien… Pas tout à fait. Il restait un petit détail à régler. Comment prouver au roi qu’il avait bien trouvé la Vérité ? Il s’en ouvrit à la vieille femme. Je suis heureux d’avoir trouvé la Vérité que tant d’hommes ont cherché leur vie durant en vain. ” dit-il. ” J’ai mené à bien la quête que m’a confiée le roi mais… Que dois-je lui dire, pour qu’il me croie ? Que lui répondre lorsqu’il voudra savoir qui est la Vérité ? “ demanda le garçon. Alors, la vieille femme lépreuse se pencha sur l’épaule du garçon d’écurie avec un sourire et murmura à son oreille : Va et dis-lui que je suis jeune et belle. “

Tifa poussa une exclamation ravie et, derrière la porte, Cloud faillit lui-même laisser échapper un hoquet surpris.

- La vérité est une vieille femme lépreuse que personne n’a envie de regarder en face, Tifa, reprit Loz de sa belle voix. C’est pour ça que tu ne peux pas en vouloir à grand frère d’avoir du mal à la regarder droit dans les yeux et de préférer l’imaginer comme ça l’arrange.

- Oh, Loz… soupira la jeune femme, émue.

Dans le couloir, Cloud sentit l’émotion lui serrer la gorge.

Il avait déjà commis des erreurs de jugement, dans sa vie. Beaucoup, même. Mais en ce qui concernait Loz… Force était de constater qu’il ne s’agissait même plus d’une erreur. Il s’était mis le doigt dans l’œil jusqu’au coude, oui !

Barret avait raison.

Cid avait raison.

Tifa avait raison.

Shalua, Yuffie, Vincent…

En fait, tous avaient raison ! Même Marlène avait été plus perspicace que lui ! L’incarné était quelqu’un de bien, un homme digne de ce nom “, comme disait le chef d’AVALANCHE, n’en déplaise aux imbéciles comme… Comme lui-même, en fait !

Toutes les horreurs qu’il avait pu dire au sujet du jeune argenté lui revinrent en mémoire et il sentit la honte lui serrer les tripes. Oh, bien sûr, il pouvait toujours se rassurer en se disant qu’il n’était plus lui-même, alors.

Ouais, tu parles ! Elle bon dos, Jenova, sur ce coup-là, tiens ! “ s’admonesta-t-il, en s’appuyant contre le mur du couloir. Tu t’es comporté comme un connard parce que tu étais jaloux, la voilà, la vérité, mon pauvre Cloud ! “

Il resta là un petit moment encore, immobile près de la porte à essayer de faire le tri dans la tempête qui se déchaînait dans sa tête et sans vraiment chercher à écouter ce que disaient Loz et Tifa.

Il lui sembla cependant qu’il était vaguement question de ” progrès “, de ” blocages qui s’effaçaient petit à petit ” et de ” mettre des mots sur des sentiments “. Apparemment, la jeune femme ne perdait pas une occasion d’obliger son compagnon à parler, à exprimer ce qu’il ressentait et le jeune soldat se souvint avec une pointe de nostalgie du nombre de fois où elle avait essayé de faire de même avec lui.

Contrairement à Loz, Cloud n’avait jamais cédé, restant obstinément enfermé dans sa coquille et, en cet instant, il le regrettait.

L’argenté et son amie d’enfance partirent d’un terrible fou-rire pour une histoire de ” petite souris ” et de ” gros rat ” qu’il ne saisit pas (sans doute un ” truc ” entre eux qu’ils étaient les seuls à pouvoir comprendre) et il s’éloigna en silence dans le couloir enténébré.

Il s’apprêtait à boire de l’eau à la bouteille qu’il avait ramenée de la cuisine dans l’espoir de se dénouer un peu la gorge lorsqu’il vit Denzel, en pyjama, venir à pas de loup en sens inverse.

Lorsqu’il le remarqua, le garçonnet sursauta si fort qu’il faillit lâcher la petite peluche qu’il tenait dans les bras.

- Denzel ? s’étonna Cloud. Pourquoi n’es-tu pas au lit ?

Le petit, pris en faute, rougit brutalement et cacha la peluche derrière son dos comme s’il s’était agi d’un paquet de bonbons qu’il serait allé voler en douce dans la cuisine.

***

Dans le village de Nibelheim, au premier étage de sa petite maison attenante à sa boutique d’informatique, le vieux Stan se coula discrètement hors du lit sans réveiller son épouse. Nauséeux, il se rendit dans la salle de bains, verrouilla silencieusement la porte et alluma la lumière.

Sans doute cette satanée pizza !

Il savait pourtant qu’il devait éviter ce genre de nourriture mais sa gourmandise avait été la plus forte.

Il fit couler le robinet d’eau froide pour s’asperger le visage et laissa échapper un cri étouffé en voyant ses avant-bras recouverts de tâches noirâtres qu’il ne reconnut que trop pour en avoir vu les victimes maintes et maintes fois à la télévision et dans les journaux deux ans plus tôt, lors de l’épidémie.

- Oh, mon Dieu, pas ça…

Il leva plus haut les manches de sa veste de pyjama et son cœur fit un tel bond dans sa poitrine qu’il dut s’appuyer contre le mur carrelé pour ne pas se trouver mal.

Ses bras noueux étaient recouverts de géostigmates jusqu’aux épaules…

***

- Où comptes-tu aller te promener, à une heure pareille ? s’enquit Cloud.

Denzel baissa la tête.

- A la cuisine, j’avais soif.

Le soldat fronça le nez, amusé par le mensonge enfantin, et désigna la peluche que le garçonnet cachait derrière son dos, un petit chocobo bleu fait dans une matière molle et particulièrement douce. Du genre de celle qui conviendrait parfaitement à un bébé…

- Et ton petit compagnon a soif aussi, je suppose ?

Le garçonnet vira au rouge cramoisi.

- Je… J’avais peur de descendre dans le noir.

Cloud pouffa.

- Tu allais voir Kay en douce, mhh ?

- Non ! (Le jeune soldat leva un sourcil, ironique) Je… Je voulais juste lui donner ça, avoua-t-il finalement d’une toute petite voix en brandissant la peluche. Il est tout seul à l’infirmerie et il a pas de jouet alors que Marlène et moi, on en a plein la chambre.

Cloud, aussi amusé qu’attendri, souleva le garçonnet dans ses bras et alla s’asseoir sur une marche d’escalier, à l’extrémité du couloir.

- Il n’est pas tout seul, Denzel, essaya-t-il de rassurer le petit, qu’il avait assis sur ses genoux. Merill et Shalua veillent sur lui. Sephiroth aussi est en bas, ainsi que Shelke et Reeve.

- Ah ? Bon, bah j’ai pas besoin d’y aller, alors. Tu sais, c’était juste comme ça, pour rendre service. Je m’en fiche, moi, de ce bébé.

L’excuse était si maladroite que le soldat faillit éclater carrément de rire.

- Tiens donc ? Tu t’en fiches ?

- Ouais ! acquiesça Denzel, les joues cuisantes, sans oser pour autant regarder son ami en face. C’est que le bébé de Loz, après tout, c’est pas comme si c’était ton bébé à toi.

Cloud tiqua.

- Comment ça ?

- Bah si c’était ton bébé à toi, je m’en ficherai pas, je veux dire.

Commençant à comprendre de quoi il retournait et à quoi rimaient tous ces mensonges malhabiles, le jeune homme sentit un pincement au cœur.

- Denzel… Regarde-moi. Allez, lève la tête. (Le garçonnet obéit en se mordillant la lèvre inférieure, prêt à éclater en sanglots) Pourquoi ne veux-tu pas avouer que tu l’aimes déjà, ce bébé, mhh ? (Denzel ne répondit pas) Pour les mêmes raisons que tu refuses d’avouer que tu aimes Loz de plus en plus ?

Une larme coula sur la joue du garçonnet et il s’agrippa au cou de Cloud.

- J’veux pas que tu nous laisses, moi et Tifa ! sanglota-t-il.

Le jeune soldat le serra fort contre lui et sourit.

C’était donc bien ça, il ne s’était pas trompé. Denzel craignait que s’il montrait trop d’affection pour Loz ou le bébé, Cloud ne se sente rejeté et prenne ses distances. Voire même qu’il disparaisse à jamais de leurs vies.

Mais n’était-il pas le premier responsable des craintes du garçonnet ?

Pas en raison de la façon odieuse dont il s’était comporté ces derniers jours avec les argentés et particulièrement avec l’aîné, non, cela Denzel savait que ce n’était dû qu’à la ” jénovite “. Mais parce qu’au fil des années, il avait donné au petit garçon l’image d’un homme qui, lorsqu’il se trouvait confronté à des difficultés ou à des doutes, préfèrait prendre la fuite plutôt que de s’en ouvrir à ses proches pour trouver la force de les affronter.

Ne me faites pas de peine et évitez de me causer des problèmes ou je m’en vais ! “

Beau modèle paternel et adulte qu’il avait donné à voir là !

Et dire qu’il s’était permis à d’innombrables reprises de juger Sephiroth, Cid ou les argentés - et tant d’autres ! - et de jouer les donneurs de leçons…

C’est toi, le minable, mon pauvre Cloud… “ pensa-t-il. Minable au point qu’un tout petit garçon doit souffrir en silence et taire ses sentiments de peur de te voir t’enfuir comme le lâche que tu es ! “

Un lâche, oui, parfaitement. Voilà ce qu’il était dès lors qu’il s’agissait d’engagement et de sentiments. Un être d’un incorrigible égoïsme et d’une lâcheté sans nom ! Il s’en rendait bien compte, à présent, alors que Denzel sanglotait, blotti contre lui et s’accrochant à son cou comme s’il craignait de le voir bondir sur ses pieds pour disparaître à jamais dans l’obscurité.

Décidément… C’était la nuit de toutes les révélations, ce soir ! Les Dieux avaient-il décidé que le moment était venu de lui asséner une volée de claques afin de lui remettre les idées en place ?

Peut-être bien car Cloud eut un ” déclic “. L’un de ces rares moments où l’on sait que quelque chose en nous vient de changer bien que l’on ne sache expliquer quoi ni comment.

Le jeune homme sentit comme une sensation d’air frais au fond de ses poumons et l’impression que le poids de son cœur trop lourd avait soudain diminué de moitié, qu’il était devenu aussi léger et agréable à porter qu’une plume. Un curieux sentiment d’assurance l’envahit. La certitude, en cet instant précis, de savoir exactement et sans le moindre toute possible non ce qu’il voulait mais ce qu’il convenait de faire et de quelle manière…

Il tapota le dos de Denzel, rassurant.

- Tu veux qu’on reste toujours amis, si je comprends bien ?

- Oui… pleura le petit en redressant timidement la tête.

Le jeune soldat se composa un faux masque déçu et simula une profonde tristesse.

- Et moi qui pensais que tu voulais que soyons beaucoup plus proches… dit-il avec un soupir déchirant. Une vraie grande famille… Je suis désolé, Denzel, je n’avais pas compris.

Le garçonnet fronça les sourcils, perdu.

- Hein ? Mais tu as dit que Tifa et toi vous ne…

- C’est de ma faute, pardonne-moi, le coupa Cloud en poursuivant sur sa lancée, comme s’il n’avait rien entendu. Je dirai à Tifa qu’il vaut mieux qu’elle attende un peu avant de s’engager avec Loz, que tu n’es pas prêt à avoir tout ce monde autour de toi. Elle comprendra, ne t’en fais pas.

- Mais de quoi tu…

- J’ai été idiot, vraiment. Après tout, je suis quoi, pour toi ? Un ami de ta mère, point. Et c’est déjà très bien que m’acceptes en tant qu’ami, je n’aurais jamais dû vouloir davantage. Quel besoin as-tu d’un oncle, en fait, si on réfléchit bien ? C’est vrai. Enfin, ” un “, non. Un bon paquet, en réalité, parce que rien que moi, Kadaj, Yazoo, Cid et Sephiroth, nous sommes déjà cinq frères et si on rajoute les conjoints, à savoir Yuffie, Shalua et Reno, bien sûr, c’est… Oui, c’est beaucoup trop, j’aurais dû m’en rendre compte, Denzel, je n’ai pas réfléchi. Passer d’orphelin à une famille aussi grande avec, en plus, un petit frère, c’est… Ouh !

- Une famille…

- Tu sais quoi ? Je parlerai à Loz et à Tifa dès demain matin et je…

- Attends ! s’écria Denzel en mettant ses petites mains sur la bouche de son ami pour le faire taire.

Cloud cligna des paupières avec une innocence désarmante et sut, en voyant pétiller les prunelles du garçonnet, qu’il était arrivé à ses fins.

- Comment ça, ” une vraie grande famille ” ? insista ce dernier, certain d’avoir mal compris.

Il libéra la bouche de son ami et celui-ci haussa les épaules comme si c’était une évidence.

- Oui, si Loz devient ton papa, je deviens forcément ton oncle, puisque c’est mon frère.

Denzel écarquilla les yeux.

- Ton frère ? Mais tu disais que…

- On s’en fiche, de ce que je disais ! J’avais la jénovite, tu l’as déjà oublié ? Tu crois que Loz, Kadaj et Yazoo m’appellent ” grand frère ” comme ça, juste pour faire joli ?

- C’est vraiment tes frères, alors ?

- Evidemment ! Demande à Loz, tu verras.

- Et Sephiroth aussi, c’est ton frère ?

- Oui. Et Cid, aussi, depuis que Loz lui a donné son sang.

Denzel en resta bouche bée.

- Ouahhhh…

- Mais bon, puisque tu préfères que nous restions juste amis, je…

- Non !

- Non ?

Denzel lui sauta à nouveau au cou mais c’en était fini des larmes et des sanglots. Le garçonnet riait de pur bonheur, cette fois.

- Je veux qu’on soit une vraie famille, avoua-t-il. Et je veux avoir un petit frère. Et je veux aussi plein d’oncles et tantes. Et un vrai papa pour que les copains, ils ne se moquent plus de moi à l’école…

Cloud pressa le garçonnet sur sa poitrine nue en se souvenant de cette terrible journée.

Lorsque l’école de Denzel avait organisé ” la journées des papas “, où les pères des écoliers devaient venir parler de leurs métiers respectifs devant la classe, Cloud avait tenu le rôle comme il l’avait pu. Le soir, cependant, le garçonnet était rentré en larmes et couvert de bleus pour s’être battu contre ses petits camarades, qui l’avaient raillé parce qu’il n’avait pas de ” vrai papa ” à présenter à la classe.

- Avec un papa comme Loz, plus personne n’osera se moquer de toi, assura le jeune homme, sachant à quel point cette journée avait été douloureuse pour le petit.

- C’est clair !

Non, plus personne n’oserait se moquer de lui !

Denzel s’imaginait déjà dans la cour de l’école, attendant avec les autres l’arrivée des parents, qui viendraient pour la plupart à pied.

Alors on entendrait un énorme ” VRAAAOUUUUMMM ! “.

Tous ses copains écarquilleraient les yeux en voyant arriver une grosse moto noire. Les garçons seraient épatés et les filles deviendraient toutes rouges en voyant Loz tout vêtu de cuir noir descendre du bolide avec des armes et tout et tout.

Les garçons diraient : Oh ! Qui c’est ? T’as vu comment il est fort ? On dirait un héros de jeux vidéo ! “. Et les filles : ” Oh, là, là… qu’est-ce qu’il est beau ! T’as vu ? On dirait un chanteur de rock ! “

Et là, lui, Denzel, lancerait sur un ton presque négligent :

- Arrêtez de dire n’importe quoi. C’est mon papa, il est officier 1ère classe dans le SOLDAT. Il est en tenue de combat parce qu’il revient d’une mission super importante avec mon oncle Sephiroth. Hein ? Bah évidemment, le Général ! T’en connais beaucoup, des ” Sephiroth ” ? Bah oui, c’est le grand frère de mon papa. Quoi, je vous l’ai jamais dit ? Ah ouais ? Je croyais.

- Denzel ? Tu rêves ?

Le garçonnet cligna les yeux et sortit de son rêve éveillé pour voir le visage amusé de Cloud, à quelques centimètres du sien.

- Tu diras à Loz que je veux bien qu’il soit mon papa ?

Le sourire du jeune homme s’agrandit.

- Et pourquoi tu n’irais pas lui dire toi-même, mhh ? Je suis sûr que ça lui ferait plaisir.

- Quoi ? Maintenant ?

- Mon petit doigt me dit que lui et Tifa sont réveillés. Et puis on ira ensuite vite fait apporter ton cadeau à Kay avant de retourner se coucher, qu’est-ce que tu en penses ?

Denzel acquiesça vigoureusement, ravi.

- D’accord !

- Laisse-moi juste aller enfiler un t-shirt pendant que tu vas voir ta mère.

Cloud accompagna le garçonnet jusqu’à la porte de la chambre de Tifa, à laquelle il frappa doucement, et poursuivit jusqu’à sa propre chambre, où il alla prendre un t-shirt noir et se passer le visage sous l’eau.

Il n’arrivait pas encore à croire qu’il venait de pousser son rival dans les bras de son ancienne petite amie et de son fils adoptif !

Curieusement, il n’en éprouvait nul regret, bien au contraire. C’était ce qu’il y avait de mieux à faire pour le bien de tous. Quant au reste de jalousie qui lui pinçait bien un peu le cœur, il ferait avec ! Le bonheur qu’il avait lu sur le visage de Denzel valait bien cette minuscule petite douleur. Il avait fait ce qu’il fallait et il le savait.

Il s’essuya le visage en se regardant dans la glace, au-dessus de l’évier, et la conversation qu’il avait eue avec Barret deux jours plus tôt lui revint en mémoire…

- Barret… Comment sait-on si on est un homme ?

- Quoi ?

- Je veux dire… un ” vrai “. ” Fort ” et ” Droit dans ses bottes “, comme tu dis. Comment sait-on si on en est devenu un ?

- J’en sais rien, p’tit. Tout ce que je peux te dire c’est qu’un beau jour, tu te regardes dans le miroir et que tu sais que tu n’as plus besoin de te poser cette question… “

Cloud s’observa un long moment, sourit à son reflet et, du plus profond des océans azurés de ses yeux, une vieille femme lépreuse lui rendit son sourire…

… à suivre

Ce chapitre vous a plu ? Laissez-moi un commentaire !

LVIII - Un cercueil contre un berceau

” Il n’y a pas de cimetière assez grand

pour engloutir le passé.”

A. Kivimaa

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Lorsque Vincent fit irruption dans l’infirmerie, Merill se tenait devant la porte du bureau de Shalua, pétrifié, le bébé de Loz dans les bras.

De l’intérieur parvenaient des bruits confus de sanglots et de bris d’objets que l’on aurait jeté sur le sol ou contre les murs.

- Monsieur Valentine, vous voilà enfin, Dieux merci !

L’ancien turk posa Cait sur le sol et jeta un œil en direction du box de chirurgie vitré, inquiet que le boucan ne déconcentre Shalua et Reeve.

- Ne vous en faites pas, monsieur Valentine, le rassura Merill, la salle de chirurgie est insonorisée.

- Reste ici et n’interviens pas, quoi qu’il arrive, ordonna Vincent en entrant dans le petit bureau.

Le garçon n’eut pas le temps protester que la porte se referma sur l’ex-turk.

*

- Tu meurs d’envie de descendre voir le bébé ! railla Tifa en éclatant de rire. Allez, admets-le ! Tu ne vas pas commencer à faire comme Cloud et essayer de cacher ce que tu ressens ou ce dont tu as envie !

Cloud, qui revenait de la cuisine avec une bouteille d’eau, s’arrêta devant la porte de Tifa en entendant prononcer son nom et tendit l’oreille.

Il n’était vêtu que d’un pantalon de pyjama et il frissonna en appuyant son dos nu contre le mur du couloir plongé dans l’ombre.

- Très bien, c’est vrai, j’ai envie de descendre, acquiesça Loz en riant lui aussi. Mais je ne le ferai pas. Je veux être fixé sur son état de santé. Tu as vu ses pieds ?

- Oui. Nero nous dira peut-être ce qui s’est passé. Je suis persuadé qu’hormis cela, il va très bien.

- Pourquoi dis-tu que grand frère essaye de cacher ce qu’il ressent ?

Dans le couloir, ce dernier se raidit.

- Parce qu’il l’a toujours fait. Tu sais que ça me fait vraiment bizarre, lorsque je t’entends l’appeler comme ça ?

- C’est ce qu’il est. Comment veux-tu que je l’appelle ?

Le doux rire triste de Tifa tinta derrière la porte close et Cloud sentit un pincement au coeur.

- Je crains, hélas, qu’il ne soit pas de ton avis, Loz. Contrairement à Cid, il considérera toujours les cellules de Jenova qui sont en lui comme une souillure. Jamais il n’acceptera d’en voir le côté positif, ce lien qui vous unit tous, plus fort et indestructible que n’importe quelle attache familiale. Cloud a toujours été un solitaire.

Loz soupira.

- Les gens changent, parfois. Regarde ceux qui sont ici, dans ce manoir.

- Oh, Cloud peut changer d’attitude envers les autres, j’en suis certaine. Mais de là à se pardonner à lui-même et à accepter ce qu’il est… Ou du moins ce qu’il croit être, c’est une autre histoire.

Dans le couloir, les mains de Cloud se contractèrent si fort sur la bouteille d’eau qu’il tenait à la main qu’il faillit la faire éclater.

- La vérité est une vieille femme lépreuse que personne n’a envie de regarder en face, Tifa.

- Que c’est joli ! Où as-tu entendu çà ?

Le Soldat tiqua, étonné d’entendre ce genre de choses dans la bouche d’une grande brute comme Loz.

- C’était il y a longtemps.

- Encore de tes histoires, pas vrai ? Avoue !

Loz éclata de son beau rire grave et Tifa insista.

- Raconte-la-moi !

- Tifa…

- Allez, s’il te plaît !

- Tu sais bien que je ne suis pas à l’aise pour parl…

- Sornettes ! Tu racontes merveilleusement bien ! Ne m’oblige pas à te supplier, Loz.

Cloud, de plus en plus surpris, colla son oreille contre la porte.

Il entendit grincer un peu le lit et imagina la jeune femme se blottir contre l’argenté à la façon d’une petite fille pour écouter attentivement l’histoire qu’il s’apprêtait à raconter.

*

Le mythique général avait transformé la pièce en zone sinistrée.

Des documents étaient éparpillés partout sur le sol, les meubles, hormis le bureau où était posé l’ordinateur portable où défilaient les images vidéo, avaient été renversés et des dizaines d’objets avaient été brisés.

Sephiroth empoigna le fauteuil où il était assis quelques instants plus tôt avec l’intention évidente de le lancer contre le mur ou, pire, contre la vitre sans tain qui séparait le bureau de Shalua du laboratoire mais Vincent s’interposa.

- Ca suffit ! cria l’ex-turk en lui saisissant les avant-bras.

- Lâche-moi ou je te jure que je te…

- Tu n’es pas responsable de ce qu’Hojo leur a fait ! insista Vincent en vissant son regard purpurin au sien sans desserrer sa prise.

Les yeux de Sephiroth étaient rouges et son visage souillé des larmes qui en avaient coulé, et qui coulaient encore, ruisselant sur ses joues jusqu’à son menton, sa gorge et sa poitrine nue. Mais sa bouche, elle, se tordait en un rictus haineux qui découvrait ses dents de carnassier.

- J’aurais dû l’en empêcher !

- Tu n’étais toi-même qu’un petit garçon, lorsque les jumeaux sont nés !

L’ancien cauchemar de la planète repoussa Vincent avec une telle brutalité qu’il alla s’écraser contre la seule étagère encore debout, provoquant une avalanche de livres et de dossiers.

Il leva ensuite le fauteuil au-dessus de sa tête avec un cri de rage et allait le lancer contre la vitre sans tain lorsque l’ex-turk se redressa et l’apostropha.

- C’est ça, vas-y ! hurla celui-ci, à son tour fou de rage. Profites-en, Nibelheim a été reconstruit et sa population a triplé !

Il ramassa un briquet dans un tas d’objets épars, sur le sol, et lui lança avec colère.

- Tiens ! Amuse-toi ! Avec trois fois plus de victimes, ce sera encore plus drôle à faire flamber que la première fois !

Sephiroth blêmit à tel point que Vincent le crut sur le point de se trouver mal et reposa le fauteuil avant de s’y laisser tomber, profondément choqué.

Vincent, comprenant qu’il était allé trop loin, s’approcha et lui posa la main sur l’épaule.

- Je suis désolé, je n’aurais pas dû dire ça. Tu n’étais plus toi-même, alors.

Le regard du Soldat glissa jusqu’à l’écran de l’ordinateur portable, où les images des vidéos de surveillance du cratère nord continuaient à défiler.

- Quelle importance, que je sois moi-même ou non au moment où les malheurs surviennent… soupira-t-il. Force est de constater que j’ai toujours été incapable de les empêcher de frapper.

L’ex-turk le serra contre lui, le gosier noué.

- Tu n’as pas le droit de te reprocher ce qui est arrivé au cratère nord.

- J’aurais dû le sentir. Sentir leur présence. Leur souffrance. Leur existence !

- Ton père et Ashton Shinra sont les seuls coupables, Sephiroth.

- Pourquoi ? Pourquoi ont-ils fait ça ? Ils m’avaient moi, à cette époque ! Et Angeal ! Et Genesis ! Comment ont-ils pu vouloir créer d’autres “super-soldats” avec tous les risques que cela comportait ? Ils le savaient ! Ils connaissaient les risques !

- Ce n’était que des expériences, pour eux. Tout comme toi. Et moi. Et Nero. Et Weiss. Et Cloud. Et tant d’autres… Tant d’autres, Sephiroth…

- Ils n’étaient que des petits garçons innocents, Vincent… Ils n’étaient que des petits garçons… Mes petits garçons…

Vincent resserra son étreinte.

- Je sais…

*

Au fond du parc du manoir, Yazoo frissonna et sursauta lorsque la main de Reno se posa sur son épaule.

- Pardon. Je t’ai fait peur ?

L’argenté s’essuya les yeux et secoua la tête.

- Non, tu m’as surpris, c’est tout.

Le turk désigna du menton le mausolée des Shinra qui se découpait dans le ciel nocturne éclairé par la pleine lune.

- Je t’ai dit que ce n’était pas lugubre mais de là à venir en pleine nuit… essaya-t-il de plaisanter.

- Même la nuit, je… enfin, ce n’est pas lugubre du tout, en effet.

Reno lui lissa les cheveux et lui tendit un mouchoir.

- Ca va aller ?

Yazoo acquiesça et se força à sourire en se tamponnant les yeux.

- Oui, bien sûr, ne t’en fais pas. C’est… C’est très joli, tu avais raison. Quand… Quand vont-ils amener le… le corps ?

- Demain. Elena a appelé tout à l’heure.

- Elle a appelé ? Si tard ?

- Elle et Tseng voulaient que le filme Kay avec mon portable pour leur envoyer, expliqua le Turk. Je crois bien qu’eux aussi sont en train de tomber amoureux de ce bébé !

- Il est si mignon…

- Le tien l’était aussi, fit une voix dans leur dos.

Ils se tournèrent pour voir Rufus Shinra venir ver eux, emmitouflé dans un élégant manteau de laine gris.

- Tu veux entrer ? demanda-t-il encore à Yazoo en agitant un trousseau de clés.

- Comment saviez-vous que nous étions ici ?

- Gretta m’a dit que tu lui avais demandé où se trouvait le mausolée. Venez.

Il déverrouilla la magnifique porte de fer forgé, qui s’ouvrit sans même un grincement, et une agréable odeur de fleurs fraîche leur chatouilla les narines.

Rufus actionna un interrupteur et une douce lumière dorée éclaira la crypte, toute de marbre rose et luisante de propreté.

Durant la journée, les rayons du soleil passant à travers les vitraux représentant les magnifiques jardins de la terre promise des Cetras devaient illuminer les lieux de mille couleurs chatoyantes et, sur chaque tombeau, vide ou non, des statues d’anges souriants jouaient de la musique, lisaient ou devisaient au milieu des fleurs et des plantes d’hiver.

Le jeune président sourit devant l’expression étonnée de l’argenté et échangea un sourire entendu avec Reno.

- Tu vois ? fit celui-ci. Je t’avais dit que c’était clair et paisible.

- La section réservée aux enfants est ici, les guida Rufus. Elle est vide, pour l’instant.

Il les mena vers ce qui ressemblait à la reproduction d’un petit château de conte de fées en albâtre multicolore, sur lequel veillaient des chérubins joufflus et des créatures fantastiques, sympathiques dragons rondouillards et souriants ou fées et lutins facétieux qui se cachaient dans les tours ou derrière les colonnes.

La porte et les deux grandes fenêtres du château étaient en fait les plaques funéraires fermant les niches prêtes à accueillir trois petits cercueils.

- Mon père disait que nous n’avions pas à faire supporter notre tristesse aux morts, expliqua Rufus. Et moins encore si ces morts étaient des enfants.

Yazoo tendit la main pour caresser l’aile d’un dragon jovial qui tendait un panier destiné à recevoir des fleurs pour les petits défunts.

- Loz doit choisir un berceau et moi une boîte… ne put-il s’empêcher de remarquer, amer et incapable de ravaler ses larmes. Le destin ne manque pas d’humour…

Reno ouvrit la bouche, prêt à le consoler, mais Rufus lui posa la main sur l’épaule et secoua la tête.

L’argenté avait besoin de faire sortir sa rage et sa frustration.

Ils le laissèrent donc déverser son trop plein de peine et colère en silence, jusqu’à ce que, au bout d’un long moment, Yazoo se reprenne, s’essuie le visage et se tourne vers eux.

- Je suis désolé, s’excusa-t-il en rougissant. Je ne devrais pas dire des choses pareilles. Kay et Loz n’y sont pour rien.

Rufus et Reno lui sourirent, rassurants.

- C’est normal, que t’aies la rage, fit ce dernier.

- C’est humain, renchérit le jeune président.

L’argenté sentit un coup au cœur et les larmes lui remonter aux yeux mais sous le coup de l’émotion, cette fois.

” Humain “

Lui, Yazoo, était humain

C’était la première fois qu’on lui disait une chose pareille mais comment leur faire comprendre à quel point ce simple petit mot lancé de façon aussi naturelle le flattait plus sûrement que le plus retentissant des panégyriques ?

- Je vous remercie d’accepter d’accueillir mon… fils ici, Rufus.

” Mon fils “

Que ces mots, qu’il disait pour la première fois sonnaient bizarrement dans sa bouche…

Un instant, il craignit même qu’une trace de sarcasme n’apparaisse sur le visage de Rufus ou de Reno mais ce ne fut pas le cas, loin de là.

- As-tu réfléchi au nom qu’on doit faire graver sur la plaque ? demanda le jeune président. (Yazoo blêmit) Ca ne fait rien, ce n’est pas urgent, prends le temps de réfléchir, je…

- Kaly, dit Yazoo avant de manquer de courage.

- Kaly ? répéta Reno. Ca sonne bien. Ka-daj, L-oz, Y-azoo. Kaly.

- Oui, la technique de Loz me plaît assez, finalement, acquiesça Yazoo.

- Va pour Kaly, fit Rufus. Nous nous en occuperons dès demain matin.

- Il sera bien ici… soupira l’argenté en jetant un dernier regard à la ronde. C’est si joli et paisible. Merci encore, Rufus.

Ce dernier secoua la tête.

- Ce manoir, cette propriété, ne sont plus seulement à moi. Ils ont trop à raconter. Ils ont vu trop de grands malheurs et de bonheurs immenses ces derniers jours. Trop pour un seul homme. Cette maison est celle du clan, désormais. Notre clan. A nous tous.

Reno sourit et passa le bras autour des épaules de Yazoo.

- Le clan Shinra ? murmura celui-ci avec un sourire reconnaissant.

- Le clan Shinra… répéta le turk. Ca aussi, ça sonne plutôt bien.

- Oui… acquiesça Rufus, bien plus ému qu’il ne l’aurait souhaité. Ca sonne bien.

L’argenté acquiesça d’un sourire et se laissa aller contre l’épaule de Reno.

Oui, c’est vrai que ça sonnait bien…

…à suivre

Ce chapitre vous a plu ? Laissez un commentaire !

Part 11 Les chemins de la vertu… Ils sont de quel côté, déjà ?

Cid (semblant réfléchir un moment) : A la guerre comme à la guerre ! Soit !

Tout le monde pousse un gros soupir.

Loz (en bâillant) : Eh bien bonne nuit.

Il se dirige vers sa cabine où Yazoo dort comme un bienheureux, se déshabille *ben quoi, il va pas dormir habillé, non ?*, met un pyjama *ah vous ne vous y attendiez pas à celle-là, hein ?* avec des petits moogles rouges et essaye de pousser Yazoo qui s’est étalé en long, en large, en travers et en hauteur… En hauteur ? C’est quoi ce truc ? Glups !

Loz (en grognant) : Mais pousse-toi donc un peu, enfin !

Yazoo grommelle et s’étale encore plus.

Loz (en le poussant sans ménagement) : Mais pousse-toi j’te dis !

Yazoo se casse la gueule et continue à roupiller par terre.

Loz (qui va pour le relever et se rétracte au dernier moment) : Oh, puis merde, reste là ! Au moins j’aurai de la place ! (il se couche, croise les mimines derrière la tête et regarde le plafond) J’ai pas sommeil, moi ! J’ai pas l’habitude de m’coucher à c’t'heure là (il regarde Yazoo, qui roupille, avec envie) R’gard’le l’aut’la ! Le plafond pourrait lui tomber dessus…

Yazoo (en rêvant) : Prends-moi dans tes bras, mon étalon céleste… (Loz, d’un zouli rouze pivoine, se met l’oreiller sur la figure) Aahhh ! ! !Ouuiiiiiiiiii ! ! ! Encore…

Incapable d’en supporter plus, Loz se lève et se rend dans la chambre de Kadaj pour échapper à la ” vision lamentable des instincts primaires de Yazoo ” et faire un “mi” sur le front de son p’tit frère adoré. Mais, arrivé devant la cabine il entend des …bruits bizarres.

Loz (en poussant la porte d’un coup) : Espèces d’obsédés de l’espace ! Qu’est ce que vous faites à mon p’tit frère ? Glups ! (Reprenant un air distingué et martial) Mes hommages, Madame !

Tifa : Nan mais ça va pas nan de rentrer comme ça chez …? Tes quoi ? “Hommages” ? (la mâchoire pendante) Pincez-moi je rêve !

Cloud (avec un grand sourire, sortant la tête des draps) : Alors ? On commence à s’ennuyer ?

Loz (le regard pudiquement tourné) : Vous me voyez navré de cette intrusion inopportune, Madame, veuillez m’excuser

Il ressort en fermant doucement la porte.

Tifa (qui regarde Cloud comme si elle venait de voir passer un troupeau de vaches à bicyclette) : Est-cet que toi entendre ce que moi avoir entendu ? Lui être devenu un gentleman ?

Cloud (levant le sourcil) : De quoi ?

Tifa (un entonnoir sur la tête et les cheveux hérissés sur le caillou) : Moi y’en a dire que pas le reconnaître… Moi y’en a avoir mal entendu ? Hommages de Madame à moi ?

Cloud (qui lui tapote l’épaule) : Oh, là, là ! Respire fort, ça va aller mieux dans un moment…

Tifa (toujours avec son entonnoir sur la tête et un œil qui dit merde à l’autre) : Ah Agha…? Mieux aller ? C’est quand est-ce, prévu pour ?

Sephiroth (qui sort à son tour des draps et l’entraîne sous les couvertures) : Pour tout de suite. Viens là, j’vais t’expliquer…

Tifa (avec DEUX entonnoirs) : Agha ?

Loz, en état de choc *si, si* décide d’aller voir Reeve pour qu’il lui donne un prozac. Il pousse la porte de sa cabine et rentre, la queue à l’oreille et la fleur entre les jambes… Euh, non ! L’inverse, l’inverse !

Loz : Reeve, aide-moi. Je… (il voit deux pieds et deux mains dépassent au pied du lit) Dis donc, j’avais jamais remarqué que t’avais les bras aussi longs !

Elena (qui sort la tête de sous les draps, entre les mollets Reeve) : Non mais faut pas se gêner !

Loz (à moitié pâmé) : Que..que..que.. ? Keskissepassladsou ?

Reeve (qui sort à son tour la tête, mais de l’autre côté) : Qu’est-ce qu’il dit ? Pas grave Loz, crache, on fera le tri !

Loz (quitte l’infirmerie comme un somnambule, tout flageolant) : Sépapossib…sépapossib…vite quelqu’un… s’cour… Zeng… Zid… s’cour…édémoi…

Tseng (qui revient du p’tit coin *ah ben c’est ça, les problèmes de prostate…*) : Officier Loz ? (Il le retient avant qu’il tombe) Qu’y a-t-il, officier ?

Loz (qui ne sait plus ou il est) : Ils font…y sont…Y partouzent…Y partouzent…

Tseng (lui tapotant paternellement la tête) : Mais non, mais non, personne ne part , allons, allons, vous avez du faire un cauchemar.

Loz (qui hoche vigoureusement la tête) : Ah zi ! zi,zi,zi,zi,zi,zi ! (il montre les cabines du doigt) Y partouzent… par deux, par trois…et z’ai pas vu les autres…

Tseng (raisonnable) : Mais non, il ne partent pas, je vous dis. Où voudriez vous qu’ils aillent ? Et en groupe en plus ! Ils ne passeraient pas inaperçus, voyons. Allons, allons, je vous raccompagne à votre cabine. (Il le soutient pour marcher). Vous avez besoin de repos. Je savais bien que vous travailliez trop, tous !

Tseng entre dans la cabine avec Loz sous le bras et voit Yazoo par terre. Il dépose Loz sur le lit et se penche vers Yazoo pour le secouer.

Tseng : Réveillez vous, mon garçon. (Yazoo gémit) C’est pas vrai… Pauvre petit. Il est tellement épuisé que même quand un cauchemar le fait tomber du lit, il ne se réveille même pas ! (La larme à l’œil) Pauvre enfant… Comme sa maman doit lui manquer… snirrffflll… Ca doit être si dûr d’être né orphelin… Snirrrfllll !

Il le secoue comme un prunier et Yazoo ouvre un œil glauque

Yazoo : Kya ? C’est déjà l’heure de l’école ? Loz, j’peux avoir un lait chaud ? Avec du miel.

Tseng (le serrant dans ses bras) : Beueuahhhwww ! Mon pauvre Yazoo ! Beuahahahww ! Je vous comprends vous savez…sniffff…tant d’années de solitude et vous pensez toujours à votre mère, Dieux que c’est triste…snifff

Yazoo : Chenova ? Où cha ?

Tseng (s’essuyant les larmes d’un viril revers de pyjama à chocobos verts) : Il faut vous reposer. Mais promettez-moi de ne plus penser à Jenova.

Yazoo (shooté total) : Chans problème ! (Il voit Loz et se jette dans ses bras) Mamouuuuuurrrrr ! ! ! ! ! Kechk’y ont faiiiiiiit ? ? ?

Tseng (complètement bouleversé *il est très fleur bleue*) : Comme c’est beau. (des angelots avec des lyres papillonnent autour de lui) Pouvoir se laisser aller ainsi à son chagrin et parler librement dans les bras d’un frère.

Il sort, le cœur faisant boum boum.

Yazoo (secouant Loz, toujours en état de choc) : Niiiii-Chaaaannnn ! J’t'en suppliiiiiiiiie ! ! ! *tiens il a retrouvé sa voix* Dis-moi que tu m’aimes toujours ! S’teuplaiiiiiiiiit ! ! ! ! !

Loz (genre menhir) : Sépépossib…sépaposssibb ! Dans le vaisseau amiral… Partouzer…

CRAC, CHKRONKCH, SHKRIK (bruit du cœur de Yazoo qui se brise)

Yazoo : Partouzer ? Parce que lorsque nous faisons l’amour tu appelles ça partouzer ? BBBueueuahhhhhhwwww ! ! ! !

Loz : Cloud, Tifa, Reeve, la nympho…tous ! Y partouzent !

Yazoo (désespéré) : Beuhawww ! ! ! Tu es un monssstttreeawww ! ! !

Loz (qui poursuit son délire) : Tranquilles, peinards, comme si c’était naturel ! Et allez ! Ca partouze !

Yazoo : Bien sur que c’est naturel puisque je t’aiiimmmmeuhhh !

Loz (qui émerge un peu) : J’vois pas le rapport.

Yazoo (qui, désespéré, met la tête dans une grille, près du mur et tourne le bouton sur ” maximum “) : J’veux mouriiiir ! J’vais m’suicideeer !

Loz (roule des yeux, excédé) : Veux-tu sortir la tête de la clim ! Tu vas choper la crève.

Yazoo : La cli… (mort de honte, il referme la grille) Puisque c’est ça, je vais aller me faire écraser dans les turbines !

Il fait mine de sortir et Loz le retient.

Loz : Ah non ! On vient de les décrasser !

Yazoo : Beuawwww ! ! ! T’en a rien à cirer que je crèèèèève !

Loz (excédé) : Non mais t’as fini, oui ?

Yazoo (l’air menaçant se saisit de son gunblade et retourne le canon-lame contre lui) : Si à trois tu ne me dis pas que tu m’aimes, je me jette sur Velvet Nighmare ! Un…

Loz (lève les bras au ciel) : Ah bah, v’la autre chose !

Yazoo : deux…

Loz : Ca suffit ! Arrête de faire l’enfant !

Yazoo : Deux et demi…

Loz : Ca va, ça va, je t’aime, là ! Voilà, t’es content ?

Yazoo (s’écroule, en larmes) : T’es pas sincèèèèèèèreeuuahhhwww ! ! !

Loz : chuuutt ! Tu vas réveiller tout le monde !

Yazoo : M’en fiiiiiicchheueueaaaahhhwww ! ! ! !

Loz (le regardant de haut) : Et puis mets un pyjama, tu es ridicule, tout nu, à quatre pattes avec ton gunblade dans les bras… Tu imagines si quelqu’un rentrait ?

Yazoo (qui arrête subitement de pleurer) : Ridicule à poil, moi ? (il approche, menaçant) C’est ce que tu insinues ?

Loz (qui recule un peu) : Ben, avec ton truc qui pendouille… (il baisse les yeux vers le ” truc ” en question) Euh… Qui pendouillait…

Yazoo : Ah, j’suis ridicule à quatre pattes !

Loz (très inquiet) : Pourquoi tu me regardes comme ça ?

Yazoo (des éclairs dans les yeux) : Tu crois que tu auras l’air plus malin, toi ?

Loz (qui déglutit avec un bruit étranglé) : Je suis ton aîné et je t’ordonne de rester où tu es !

Yazoo : Alors comme ça je ne suis plus que ridicule pour “Moôôssieur” ?!

Loz (recule en tendant les mains devant lui pour dissuader Yazoo d’avancer): Ne t’énerve pas, c’est mauvais pour la discipline du vaisseau et, en plus, les officiers ne doivent pas faire preuve de rancunes personnelles durant le service…

Yazoo (rugit): ON N’EST PAS “EN SERVICE” ! ON EST DANS TA CHAMBRE! ET DANS TA CHAMBRE, ON NE PENSE PLUS “SERVICE”!

Loz (flap-flape des mains en regardant en biais vers la porte derrière lui pour vérifier que personne n’arrive, alerté par le chahut): Chuuut! Pas si fort!

Yazoo : JE FAIS CE QUE JE VEUX !

Loz : Je t’ai dit que je t’aimais, qu’est-ce que tu veux de plus ?

Yazoo : C’ETAIT PAS SINCEEEERE ! ! IL M’AIME MÊME PAAAAS!!! BOUAAHHHH!!!

Loz (confus de déclencher une telle cascade façon Niagara): Mais non ! Enfin je veux dire si !

Yazoo: NANNNNNNNNN !! AVOUE !!!!!! TU M’A FAIT L’AMOUR QUE PASKE TIFA VOULAIT PAS TOUAAAAHHH !!

Loz (qui commence à avoir un peu pitié): Mais non, mais non, je n’ai jamais dit ça….

Yazoo (renifle à gros sanglots): Je t’ai tout donnééééé ! Et maintenant, tu me fous à la porte !

Loz (s’approche avec précaution pour lui tapoter la joue): Allons, allons, c’est fini le gros chagrin ? Tu sais bien que je ferais n’importe quoi pour te faire plaisir…

Yazoo (le regarde par en dessous avec un air qui reste de mauvais augure): Prouve-le !

Loz (se fige instantanément): Hein?

Yazoo (le prend par la taille et essaye de l’attirer vers le lit): Je te donne l’occasion de me faire plaisir!

Loz (effrayé, résiste): Naaaan ! C’est pas ce que je voulais dire !! B’sédé ! Barbare ! Lâche-moi !!

Yazoo (mauvais mauvais): Pas question ! Ah tu voulais me faire plaisir ! Bah fais-moi le plaisir de payer ton ardoise illico ! Tu vas voir un peu comment je vais t’aider à régler tes dettes!

Loz (les ongles crissant sur le sol dans une tentative désespérée d’échapper à Yazoo qui l’entraîne par les pieds vers le lit): Je ne veux pas ! Je suis ton aîné ! Laisse-moi partir ou je te punirais !

Yazoo (mélodramatique): Il n’y a pas pire punition que ton indifférence et ton refus ! *Ouah celle-là je la recaserai dans une fan-fic plus sérieuse…*

Loz : NANNNNNNNNN !!!

…à suivre

Les murs murmurent

Ah ! Là là, les graffitis !

Depuis des milliers d’années, ils disent bien souvent ce que personne n’ose avouer à haute voix et Midgar ne fait pas exception à la règle. Des murs des casernes du Soldat aux toilettes des pubs du quartier populaire, chacun y va de son petit blabla.

Voyez plutôt !

***

(Dans le vestiaire de la salle d’entraînement du SOLDAT)

Ce matin, à 7h48, Sephiroth a souri.

Angeal


Dans l’armée, les hommes sont des hommes !

Heidegger

Les chocobos en savent quelque chose…

Reno


(Dans les WC du sous-sol du réfectoire)

Ici on mange de la merde !

Zack

Là-haut c’est encore pire.

Angeal


Sephiroth nous pompe !

Cloud

A quelle heure ?

Anonyme


La réponse c’est la guerre !

Anonyme

Ce qui prouve combien la question était idiote…

Reeve


Encore des graffitis sur ce mur repeint ? C’est pas bientôt fini, bande de porcs ?

Hojo


Les femmes ont leur mot à dire ! Revalorisez la condition féminine !

Tifa

C’est vrai ! Les éviers sont trop hauts, les cuisines sont trop petites et le liquide vaisselle est hors de prix !

Cid


Ce mur est rouvert après travaux.

Rufus

Si vous vous y mettez aussi, on va jamais s’en sortir !

Hojo


Pourquoi les femmes baissent-elles les yeux quand on leur avoue qu’on les aime ?

Vincent

A ton avis ? Pour voir si c’est vrai !

Cid


Ce matin je suis allé voir le toubib ; j’avais envie de tirer la langue à quelqu’un.

Reno


Quand je vois ce que les pigeons ont fait sur cette pierre tombale… Je suis content que les chocobos ne puissent pas voler trop haut !

Vincent


Halte à la phallocratie ! Notre corps nous appartient, il n’est pas à vendre !

Elena

Mais on est prêts à le louer !

Rude


(Dans les WC des quartiers du SOLDAT)

Ne cherchez pas des traits d’humour sur ce mur… La plaisanterie du jour, vous l’avez dans les mains, bande de nazes !

Reno


Faites l’amour, pas la guerre.

Aerith

Tu parles ! Faites les deux, mariez-vous…

Lucrecia

Sympa, merci !

Hojo


Mesdames, gardez toujours en tête que si ça a des pneus ou des testicules, vous aurez tôt ou tard des ennuis avec !

Cid


SEPHIROTH EST UN ENFOIRE !

Anonyme

Zack, je sais que c’est toi qui a écrit ça. Si je t’attrape, je te découpe en tranches.

Sephiroth

Merde, Sephy, fais pas le con, c’était pour rire !


Est-il donc si difficile pour une femme de trouver le plus court chemin vers le coeur d’un homme ?

Vincent

Non. Pas si on a une prise à portée de main où brancher la tronçonneuse.

Rosso


(Dans les toilettes du du bar de Tifa)

Tous ces graffitis, c’est vraiment dégueulasses.

Hojo

Attends d’avoir goûté la bière qu’on sert ici !

Barett


Nero, je sais que tu va picoler comme un trous a midi et que tu va donc forcemment venir ici cet et lire ceci. Oublit pas qu’on a réserver la salle d’entrainement ce soir. Traine pas trois plonbes dans cette putain cafette.

Weiss

T’est gonfler d’écrire sa devant tous le monde ! C’est toujours toi qui aies a la boure !

Nero

Eh ! Vous deux ! J’ai un dictionnaire en double, ça vous intéresse ?

Genesis


Le Soldat, c’est des douilles, des nouilles et des chtouilles.

Cloud

Et des testicules

Zack

Aussi mais ça rime plus.

Cloud


La femme est l’être parfait.

Scarlet

Alors pourquoi ma douce Lucrecia est toujours fourrée chez le docteur ?

Vincent

Pas « chez » le docteur ; « par » le docteur !

Scarlet


(Sur le mur d’un dortoir du soldat)

Ce qui nous venge des missions pourries, c’est d’imaginer Sephiroth se battre avec ses bretelles en cuir à chaque fois qu’il a envie d’y aller !

Anonyme


Spécialités de la maison : la serveuse et le chocobo au citron. J’ai essayé les deux, je préfère le chocobo.

Anonyme

Je n’ai jamais essayé avec un chocobo…

Reno


(Dans les toilettes du labo de la Shinra)

Et si j’avais infecté le papier toilette avec un virus mortel, hein, bande de graffiteurs dégueulasses ? Avec quoi vous vous torcheriez le derrière ?

Hojo

Comme toujours : avec l’essuie-mains.

Sephiroth


Ne dites pas « l’idole des jeunes » mais « Séphiroth casse la croûte ».

Zack


(Dans les douches des quartiers des Turks)

Quelle merveilleuse invention que ce nouveau stylo feutre de la Shinra ! On peut enfin écrire sur ce putain de carrelage.

Reno


Sephiroth est cool !

Anonyme

Non, Sephiroth est froid.

Cloud


Rien que de penser à la taille du slip de Palmer, ça me dégoûte des hommes.

Scarlet


Pardon pour les grossières allusions “Chocophiles” mais je me dis que si nos légionnaires à nous ont les chèvres, les soldats de la Shinra, eux… Enfin bref. (sifflote sifflote)

Part 10. Les chemins de la vertu sont pavés de… va savoir !

Qui a dit de capotes usagées ? J’attends !

Yazoo (qui regarde la très longue aiguille entre les doigts de Reeve) : J’te préviens ! Si tu lui fais mal t’auras à faire à moi !

Reeve (détournant le regard et enfonçant à l’aveuglette l’aiguille d’un coup sec dans la fesse de Loz) : Arrgh ! Je déteste les piqûres !

Loz pousse une plainte et Yazoo le serre contre lui.

Yazoo (en pétard) : Sadique ! Mon pauvre frère! T’as vu comme tu l’as empalé ? (Il caresse le front de son “Lozy”) Mon pauvre Lozynou, il t’a fait mal…

Reeve : C’est fini oui ! Il en a vu d’autres !

Yazoo (soudain affolé) : Alors pourquoi il devient tout mou ? Pourquoi il ne bouge plus ? Hein ? (Hystérique) POURQUOI Y BOUGE PLUS ? !

Reeve (qui mine de rien commence à flipper) : Zut, qu’est ce qu’il a ? (il regarde l’étiquette du flacon) Oups…

Yazoo : Quoi “oups” ? (Il le secoue) : Qu’est ce que tu as fait ?

Reeve (avec un sourire forcé) : j’m'ai gouré…

Yazoo (prêt à le tuer) : Comment “gouré” ? Qu’est ce que tu lui a injecté ?

Reeve : Du bbrrmmmre

Yazoo : Du brem ? C’est quoi, ça, encore ?

Reeve (déconfit): Non ! Pas du “brem” ! Du bromure…

Yazoo (bredouille) : Du… bromure ? (Hurle, prenant conscience de ce que ça signifie pour lui) TU LUI AS INJECTE DU BROMURE ? ! Combien ?

Reeve (qui recule un peu par prudence) : Euh… Normalement… ça calmerait un troupeau de chocobos pendant une bonne semaine.

Yazoo : Un… QUOI ? ? ? ?

Reeve (d’une voix geignarde) : Enfin, toutes proportions gardées, s’entend. (Yazoo gronde, menaçant) Un “petit” troupeau.

Yazoo (plus radioactif que le slip de Kadaj après 3 assiettes du chili con carne d’Aerith): PETIT COMMENT ?

Reeve (de plus en plus pitoyable) : Tout petit. Un troupinet. (Il fait mine de tenir quelque chose de minuscule entrer son pouce et son index) Un troupininou…

Yazoo (fond ne larmes, incapable d’en supporter plus) : Mon pauvre mamour de frèèèèère ! Il l’a castréééééééé !!!!!!

Reeve (qui lui tapote l’épaule) : Mais non, mais non, ça lui passera…dans un mois ou deux…

Yazoo (se raidit, les yeux exorbités) : Un mois ou deux ? ? ? ? Beuhahwwwww ! ! ! Il l’a rendu impuisssaaaaaannnnntttteuaheuaheuah ! ! ! Malade ! Sadique ! Savant fou !

Reeve (outré) : N’exagérons rien ! Je l’ai juste un peu calmé !

Pendant ce temps, sur le pont de commandement…

Tseng (qui dresse l’oreille) : Vous entendez ?

Tout le monde écoute et reconnaît les lamentations caractéristiques de Yazoo.

Tseng : Mais c’est Yazoo ! (inquiet) Serait-il arrivé malheur à son frère ?

Kadaj : je vais voir, monsieur !

Tifa (qui se lève à son tour en entraînant Nero avec elle) : Nous y allons aussi ! Vous tracassez pas ! On a besoin de vous ici !

Ils sortent tous les trois avant que Tseng n’aie le temps de bouger le petit doigt.

Tifa (qui rentre dans la cabine et voit Yazoo effondré sur la poitrine de Loz, qui roupille comme un bienheureux) : Oh oh ! C’est plus sérieux que je croyais…

Yazoo (en larmes) : Il a chatré mon Lozyamouaahahah ! ! ! !

Nero : Il a quoi ?

Reeve : Meuhhh non ! Il exagère ! Je l’ai juste un peu calmé !

Yazoo (chouinant à l’intention de Nero) : Il lui a injecté une dose de bromure à assommer un troupeau de taureaux !

Nero éclate de rire.

Tifa (à son oreille) : Ouais ben te marre pas trop, parce que… (tout bas) Si le p’tit cachou d’amour de son mamour de frère adoré n’a pas sa dose de saute moutons, il pète carrément les plombs !

Nero : A ce point là ?

Tifa et Kadaj hochent la tête.

Nero : Et…il va en avoir pour combien de temps ?

Reeve (qui hausse les épaules) : Chais pas moi…Un mois ou deux.

Kadaj : QUOI ? (Tout le monde lui fait signe de baisser d’une octave) Quoi ? Nan mais ça va pas ? Yazoo va tout saccager ! Que va penser Tseng ?

Nero : Mais, attendez un peu. Pourquoi ça le mettrait dans un état pareil d’abord ? Sa se trouve un peu de calme ça lui fera du bien aussi.

Tifa (qui lui tape sur l’épaule) : Ouais, t’as de l’espoir… C’est un fils de Jenova, je te signale. Et l’un des plus atteints. Les galipettes, ça lui permet de mettre son énergie ailleurs… Mais si y’a plus ça, il est capable de nous faire péter le vaisseau et nous avec ! A mois qu’on dégote une bonne guerre bien saignante…

Yazoo (qui n’en a que pour Loz et n’a rien entendu) : Lozynet…réveille toi…sniff snifff…mon Lozynounet…sniff ….ouvre les yeux ! Lozynouuuuuuuh……..Lozy ? Lozy ! Oh Loz, tu m’as fait si peur !

Loz (qui ouvre les yeux) : Que s’est-il passé ?

Tout le monde approche et Reeve lui prend le pouls.

Yazoo : Lozyyyy ! Tu nous a fait une de ces peurs…

Loz (qui lui tapote la joue) : Allons allons, un peu de tenue. (Tout le monde se regarde éberlué) Où est Tseng ?

Kadaj : A ton poste.

Loz : Alors, j’y vais, on ne sait jamais. Reeve, enlève moi cette perfusion.

Reeve (qui s’exécute ahuri) : Bh… bh… bien.

Loz se lève, lisse ses vêtements et se redresse fièrement, fesses cambrées et torse bombé.

Kadaj (en pinçant Tifa, qui fond comme un glaçon sur une chaudière) : Eh, oh ! Y’a quelqu’un ? On se réveille !

Tifa (des petits coeurs dans les yeux et des angelots avec des arcs qui volent autour de sa tête) : Il est impressionnant quand il est sérieux, comme ça, non ?

Loz (qui se tourne vers elle et lui tapote le joue) : C’est très gentil, merci. Bon allez, la récréation est finie, tout le monde sur le pont !

Yazoo (la larme à l’œil) : Ben… Lozynou…

Loz (en fronçant les sourcils) : Je t’ai dit : un peu de tenue s’il te plaît. Nous ne sommes pas seuls.

Il sort avec roulement d’épaules digne d’Al Pacino après trois shoots de testostérone.

Yazoo (effondré) : Il me l’a bousillé ! Il me l’a châtré ! Il me l’a complètement déglinguééhéhéhhhehhhhhhh ! ! ! !

Reeve (qui ne s’en est toujours pas remis) : Ah ben mince, alors ! Tu parles d’effets secondaires ! Un vrai iceberg ! Pire que Sephiroth.

Tifa (complètement gâteuse) : Qu’il est beau, qu’il est viril, qu’il est impressionnant…

Kadaj : Dis moi ce que t’as fait de Cloud au lieu de te répandre !

Tifa : Qui ça ? (Kadaj la regarde de travers) Oh ! Il est à l’infirmerie avec Weiss. Tu trouves pas que ton frère est vraiment … Oh, là, là !

Nero (qui décide de profiter honteusement de la situation et de consoler Yazoo) : Bon, allez rejoindre les autres ; moi, je m’occupe de lui.

Tout le monde sort.

Sur le pont de commandement

Loz entre dans la salle des commandes en faisant vibrer l’air tant sa présence est impressionnante.

Tseng : Officier Loz ! Heureux de vous revoir en bonne santé.

Loz : Merci, Monsieur. Je peux reprendre mon poste. Je suis navré de vous avoir imposé le spectacle d’une faiblesse passagère.

Teng : Allons, allons, ne soyez pas désolé, mon garçon, ces choses peuvent arriver. Je vous souhaite une bonne nuit à tous.

Loz : Merci, Monsieur, vous de même. Kadaj ! Que fais-tu là à regarder les mouches ? N’y a-t-il pas de travail à faire ?

Kadaj (sur le cul) : Euuhh… Si, Grand fr… Euh… j’y vais !

Yazoo (qui entre, soutenu par Nero, qui a eu beau tout essayer mais n’a pas pu conclure) : Lozyyyy…

Loz : Tu ne te sent pas bien, Yazoo ?

Yazoo : Mais… Mémémémémém… Beueueuaaaahhhhwhwhh ! ! !

Nero : Il a été très… choqué par ton malaise, et très inquiet de…

Loz (impérieux) : Eh bien qu’il aille s’allonger, au lieu de faire des vocalises !

Nero (dans sa barbe) : Sans cœur !

Il ressort, ramenant Yazoo dans sa cabine, le déshabille et le met sous les draps.

Yazoo : Il m’aime plus ! Il se fiche de moi comme d’une guigne ! Je vais tuer Reeve ! Qu’est ce qu’il a fait à mon Lozynouneeetttt ? J’veux qu’il soit comme avant ! ! !

Nero (en apparté) : Oui bah ça ça va pas être de la tarte !

Yazoo (s’accrochant à lui comme un naufragé et se répandant en larmes sur son épaule): J’supporte pas qu’on m’ignooooreuuhhhh!

Nero (compatissant): Allons allons, ça va lui passer, moi aussi j’ai parfois du mal a faire que Weiss soit plus attentionné mais il faut s’accrocher et…

Yazoo (le regarde entre ses larmes): Sniff… sniff… Beuh c’est pas pareiiiiil!!! Toi t’as l’habitude, t’es trop bizarre et tout le monde te fuit depuis toujours !!! Beuahhh !!!

Nero (prend la mouche): Dis donc, moi je veux bien essayer de te consoler mais si tu commences les vacheries je te laisse hein !

Yazoo (genre “les grandes eaux”): Beuaaahh!!! Tout le monde me laisse tomber!!!!

Reeve (arrive en courant de l’infirmerie avec sa trousse à pharmacie sous le bras) : Houlaaa, je le savais qu’il lui faudrait un calmant dare-dare!

Yazoo (tombe du lit en essayant d’échapper à Reeve) : Ah ! Toi me touche pas, hein ! Espèce de monstre ! Savant fou ! T’as complètement castré mon Lozyyyynouneett !!!

Nero (se bouchant les oreilles): Fais-le taire avant que votre turk en chef ne se pointe par ici et entende ses lamentations ! On a l’air de quoi là ?!

Reeve (préparant fébrilement une seringue): J’y vais, j’y vais, ferme la porte qu’on soit insonorisés au moins ! Ca nous fera gagner du temps!

Nero : Oui ben mangez-vous, parce que moi, je dois aller mettre la main sur mon frère.

Reeve (en faisant sa piqûre): La mets pas n’importe où, hein, avec Tseng qui risque de vous tomber dessus et de….

SHBLAFF!!!

Reeve se rattrape de justesse à la table de nuit, à moitié assommé par le lancer d’annuaire de Nero (NDLA : quoi y’a pas d’annuaire sur les vaisseaux spatiaux ? Pas grave ! C’est de la “génération spontanée de projectiles inattendus” - très connue dans le métier de scénariste style manga, si, si !)

Pendant ce temps, sur la passerelle de commandement…

Tifa (assise aux pieds de Loz, en adoration totale devant la liste d’ordres qu’il vient de donner pour que le vaisseau reprenne une vitesse de croisière normale - Enfin de la vitesse tout court, ça serait déjà mal vu l’état du joint du culasse du vaisseau…) : ***soupirrrrrrrrrrrrr***

Loz (termine la liste des trucs qu’il vient de vérifier) : … et enfin les lieux d’aisance ont été réparés par Cloud il y a déjà quelques heures, Capitaine.

Cid (sourire conquérant et assuré) : Fort bien! Il nous reste donc à régler la question de l’hébergement des nouvelles recrues ! Quelles sont les cabines disponibles?

Vincent (qui boude dans son coin depuis que les deux “mâles dominants” du pont de commandement - Cid et Loz - ont commencé à se la péter “militaires efficaces”) : Gnagagna…

Tifa (roucoule amoureusement) : Je pourrais dormir dans celle de Loz, si ça peut dépanner, Capitaine…

Loz (lui tapote la tête) : Je ne voudrais sûrement pas t’obliger à partager la cabine d’un homme, ce ne serait pas convenable pour ta réputation. Bien que je puisse t’assurer que je n’en aurais évidemment pas profité….

Tifa (le moral chutant un peu): Ben je vois pas l’intérêt, alors… Flûte c’est vrai que c’est pénible, attends un peu que je mette la main sur Reeve…

Kadaj (qui se pointe le calepin à la main et au garde à vous): Ahem ! Voici la liste des membres d’équipage d’origine, la plupart n’ayant pas de cabine personnelle vu que le règlement ne prévoit pas qu’on… enfin c’est prévu comme ça, quoi. Loz, Yazoo, Shera, Tifa, le Capitaine, Cloud, moi-même, Sephiroth, Reeve, Reno et Vincent répartis en sept cabines. Les nouveaux arrivants sont : Tseng, la pu… Pardon. Elena, le gars avec les ailes et son frère, ce qui fait quatre. Certains vont donc devoir se mettre à deux par cabine, Majesté. Puis-je suggérer que Tseng bénéficie d’une cabine pour lui seul ?

Loz (agite distraitement la main): C’est cela, c’est cela. A moins qu’on en manque vraiment, je pense qu’il faudrait que je garde la mienne, comme le Capitaine et Sephiroth, eu égard à notre rang…

Là, les rares présents le regardent la mâchoire pendante.

Vincent : Ben et moa ? Je vais dormir où, moa ?

Loz (se drapant dans la dignité offensée qui sied au guerrier viril et fier de l’être): Eh bien dans ta boîte, quelle question !

Donk, bink, pok (les mâchoires qui touchent terre).

Kadaj (timidement): Euh… Sauf ton respect, j’avais compté qu’on pourrait garder en partie la répartition habituelle. Non?

Loz (le fixe d’un regard mako glacé et totalement impassible): *soupir* Quelle solution cela vous donnait-il?

Kadaj (feuilletant rapidement son calepin): voilà voilà ! D’abord les deux frangins de l’espace dans la cabine de Yazoo, Yazoo avec Loz, Tifa avec Reno, Cloud avec Sephiroth -ça devrait pas les déranger beaucoup-, moi avec Reeve, le capitaine avec sa femme, Vincent dans son cercueil à la soute, Tseng tout seul et il vaudrait mieux qu’on laisse l’excitée dormir à l’infirmerie en sécurité dans sa ceinture de chasteté. Enfin quand je parle de sécurité c’est pour nous, je veux dire. (Petite voix) non ?

…à suivre

LVII - Vos cris et mon silence

Le plaisir est un cri ;

la douleur, un hurlement ;

l’horreur, un murmure. “

Anonyme

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : d’après des illustrations de M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Les versions non censurées de ce texte et de cette illustration se trouvent fascicule “Les interdits de www.ff7-yaoi-fanfics.com” tome 1 (voir dans la boutique)

Merill retira la fine aiguille de la sonde du bras de Sephiroth et celui-ci se redressa sur le lit de l’infirmerie.

- Alors ? demanda-t-il.

- Tout est parfait, Général, affirma le jeune homme en imprimant les résultats des analyses pour les glisser dans un dossier.

- Tant mieux.

Le bébé de Loz, qui était resté en observation à l’infirmerie pour la nuit, babilla dans son berceau transparent et Sephiroth alla le prendre dans ses bras en faisant attention à ne pas décoller les capteurs qui envoyaient des informations sur ses fonctions vitales à un ordinateur de contrôle.

- Déjà réveillé, toi ? demanda-t-il en effleurant des lèvres le duvet argenté qui recouvrait son petit crâne.

Le bébé leva ses grands yeux mako vers lui et s’accrocha à ses longs cheveux en baragouinant une série de sons incompréhensibles.

Merill pouffa tout en rangeant son matériel d’analyses.

- Bah dis donc ! Tu veux nous en dire, des choses !

Le petit les dévisagea à tour de rôle et sourit en se blottissant contre la poitrine nue de Sephiroth, ce qui parut beaucoup amuser ce dernier.

- Qu’est-ce qu’il y a, Kay ? Tu veux faire un câlin ?

Kay…

C’est le nom que Loz lui avait officiellement donné un peu plus tôt. Un mélange des premières lettres des prénoms de ses frères : Ka-daj et Y-azoo. Kay. L’idée était un peu saugrenue mais le résultait sonnait plutôt bien, il devait le reconnaître.

- Il a eu beaucoup d’émotions, ce soir, Général. Il a du mal à dormir.

- Tu n’as pas sommeil ? Papa te manq… Eh ! Tu espères faire quoi, là ? Il n’y a rien à manger là-dedans !

Merill tourna la tête et éclata de rire devant le tableau impayable du bébé accroché au muscle pectoral de Sephiroth, la bouche collée à son téton.

- Ah ! Ah ! Ah ! Ce n’est pas la faim, Général. Je crois que ça le rassure.

L’ancien ” cauchemar de la planète ” ne put s’empêcher de partager l’amusement du jeune homme.

- Il va falloir dire à papa de faire provision de tétines au village dès demain ! dit-il au bébé. De quoi j’ai l’air, moi, comme ça, hein ?

L’hilarité de Merill redoubla.

- Je vais le prendre, si vous voulez, Général, proposa-t-il en tendant les bras.

Sephiroth secoua la tête en riant.

- Ca ira, Merill, je pense pouvoir assumer le ridicule de la situation, railla-t-il avec une moue. Mais toi, si tu en parles à quelqu’un, menaça-t-il le bébé en lui chatouillant la joue, je te coupe le bout du nez !

Pour toute réaction, le petit s’installa plus confortablement au creux de son bras et commença à se rendormir sans lâcher pour autant le succulent petit mamelon, qu’il tétait avec délectation.

- Je t’impressionne, c’est effrayant… gouailla Sephiroth en s’asseyant sur l’un des lits, le bébé serré contre lui.

Il prit une petite main entre son pouce et son index et l’observa attentivement, stupéfait par les doigts minuscules et les ongles de la taille d’une tête d’allumette.

Est-ce que ses fils avaient eu des menottes semblables ? Kay ressemblait-il à son père, à son âge ? S’il l’avait pris dans ses bras en pleine nuit, Loz se serait-il aussi endormi en tétant son sein, sa petite main entre ses doigts ? Les cheveux de bébé de Kadaj étaient-ils aussi doux ? Les joues tendres de Yazoo aussi rebondies ? Il ne le saurait jamais…

La gorge serrée, il allait remettre le bébé endormi dans son berceau transparent lorsque l’assistant de Shalua intervint.

- Toujours à plat, Général, fit-il en lui prenant le petit des mains pour le coucher sur le dos. En lui tenant bien la tête. Si vous l’allongez tête première avec un mouvement le balancier, elle risque de riper sur les draps et vous pouvez lui briser la nuque comme un rien.

Sephiroth blêmit.

- Désolé, je… Je n’ai pas l’habitude de manipuler des nourrissons.

Merill le rassura d’un sourire.

- Ce n’est rien, ça vient vite, Général, vous verrez.

Celui-ci hocha la tête avec un pincement au cœur.

Trois fils… Il avait trois fils et ne savait même pas coucher un bébé correctement ! Pour quel père lamentable passerait-il auprès de ceux qui ignoraient les circonstances de la naissance de Kadaj et des jumeaux ?

Il s’imagina dans un hôpital, appelé en pleine nuit parce que l’un d’entre eux aurait eu un léger accrochage à moto.

Y a-t-il un médicament auquel il est allergique, Général ? “

A-t-il déjà eu ce genre de fracture ? “

D’où vient cette cicatrice, sur son abdomen ? “

A-t-il subi des interventions chirurgicales ? “

Il serait incapable de répondre…

Un bruit d’objet métallique tombant sur le sol carrelé leur parvint depuis le boxe de chirurgie et ils allèrent voir ce qui se passait à travers les murs vitrés de la petite pièce aseptisée.

Reeve, Shalua et Shelke s’affairaient toujours sur Nero, allongé sur la table d’opération. Le bruit qu’ils avaient entendu était celui du premier implant d’aile qu’ils venaient de retirer de son dos.

- Bon sang, ça fait combien de temps, qu’ils sont là-dedans ? demanda Sephiroth en remarquant leurs fronts moites de sueur.

Merill regarda sa montre.

- Presque deux heures, Général. Le professeur Hojo avait apparemment relié les ailes à la moelle épinière par un réseau nerveux synthétique complexe, expliqua-t-il en lui désignant les écrans d’un microscope électronique dernier cri sur lesquels se concentrait Shalua pour couper les connexions nerveuses une à une.

- Je n’arrive toujours pas à savoir si mon père était un génie qui a perdu la raison, ou un fou dangereux doté d’une intelligence peu commune, soupira Sephiroth.

- Sans vouloir vous offenser, Général, c’est une question que nous nous sommes tous posée en visionnant les comptes-rendus de ses recherches.

Le soldat se tourna vers lui.

- Comment ça, ” visionner ” ? Il a filmé ses expériences ?

Merill acquiesça.

- Oui, Général. Scrupuleusement.

Sephiroth sentir sa gorge s’assécher et son vendre se nouer.

- Y compris… celle qui me concerne moi et ma mère ? Le projet ” Jenova ” ?

L’assistant de Shalua acquiesça et le soldat sentit son cœur s’affoler dans sa poitrine.

- Oui, Général. Les projets Jenova I, II et III.

Sephiroth tiqua.

- Comment, trois ?

- Vous, Général : Jenova I. Les jumeaux : Jenova II. Et Kadaj : Jenova III.

Le soldat le prit la les épaules, décontenançant le jeune homme.

- Je veux les voir, Merill !

- Que… Quoi ? Maintenant ?

- Bien sûr, maintenant !

- Mais… Ca représente des années de films et de rapports, Général.

Sephiroth le lâcha et recula d’un pas, estomaqué.

- Mon père a… tout filmé ?

- Absolument tout, général. La conception, la naissance, l’apprentissage, les expériences, les tests de résistance aux injections de mako, les…

- Les quoi ? le coupa le soldat, sûr d’avoir mal entendu.

Merill se mordit les lèvres et détourna le regard, gêné.

- Je… Je pense que vous devriez en parler à Shalua, lorsqu’elle…

- Que leur a-t-il fait ? insista Sephiroth en entraînant le garçon à l’écart, pour ne pas risquer de déconcentrer Shalua, sa soeur et Reeve. Qu’est-ce que ce salopard a fait ?

*

Dans la salle de bains, Loz monta encore un peu la température du jet et le laissa couler sur ses larges épaules en un délassant massage. Il n’avait qu’une envie : descendre à l’infirmerie pour prendre son bébé dans ses bras mais il se raisonna. Cette nuit d’observation était nécessaire pour être certains qu’il allait parfaitement bien.

- Comment va ton dos ? demanda Tifa en le rejoignant sous la douche.

Elle l’enlaça par derrière de déposa une traînée de baisers sur ses omoplates.

- Ca va, ça ne brûle presque plus.

La jeune femme recula un peu et observa la croûte rougeâtre qui s’était formée sur son épine dorsale, là où Shalua avait fait la douloureuse injection de mako.

- Ca cicatrise bien, on dirait.

Loz se retourna dans ses bras et l’enlaça en souriant.

- Dans quelques jours, il n’y paraîtra plus, tu verras.

Elle se pendit à son cou et ils restèrent un long moment à s’embrasser sous le jet brûlant. Jusqu’à ce que l’argenté s’accroupisse lentement devant elle, ses lèvres descendant progressivement de long de sa gorge, de sa poitrine, de son ventre, puis…

- Oh, Loz… gémit-elle en plongeant les doigts dans ses cheveux mouillés lorsque la langue du jeune homme, diaboliquement habile, fondit sur son intimité.

D’une main sur les reins de Tifa, il poussait ses hanches en avant, pour pouvoir explorer la chair brûlante aussi profondément que possible et, de l’autre, il caressait discrètement sa propre virilité dressée entre ses cuisses.

- J’adore, quand tu fais ça… haleta la jeune femme avec un clin d’oeil coquin.

Sans cesser de titiller du bout de la langue le petit bouton rose lové dans ses replis les plus secrets, Loz leva ses grands yeux mako vers elle et sourit.

- Quoi ? Ca ? demanda-t-il avec un sourire mutin en aspirant le petit clitoris entre ses lèvres.

Tifa laissa échapper un petit cri de plaisir surpris et répondit à son sourire.

- Non, là, avec ta main…

L’argenté abandonna sa proie en se léchant les lèvres avec gourmandise.

- Ca ? fit-il en redressant la tête et en poussant son bassin en avant, un peu provocateur, sa main gauche enserrant toujours sa virilité imposante.

En le voyant accroupi là, à ses pieds, les cuisses largement ouvertes, empoignant son sexe tendu et l’eau de la douche coulant sur son corps parfait, la jeune femme sentit une vague de lave lui descendre le long du ventre.

- Tu n’a pas idée à quel point la vue d’un beau garçon comme toi en train de se caresser peut être excitante, murmura-t-elle avec passion.

Loz fronça les sourcils avec un sourire mi-sceptique, mi-amusé et elle hocha la tête, les yeux brillants de désir et le souffle court.

- Parfois, nous aimerions être des petites souris pour nous cacher dans un coin de la pièce et vous regarder faire, lorsque vous ” jouez ” tout seuls, ajouta-t-elle en rougissant un peu.

Loz éclata de rire.

- Non !

- Je t’assure que c’est vrai, assura-t-elle en se mordant la lèvre. C’est vraiment… sexy en diable !

Il se redressa et se pressa contre elle jusqu’à ce qu’elle se retrouve coincée entre lui et le mur de verre de la douche.

- Tu te fiches de moi… murmura-t-il contre son oreille, la faisant, frissonner.

Il frotta son sexe tendu contre son ventre enflammé et elle gémit en l’enlaçant.

- Je te jure que non, insista-t-elle en mordillant son cou, s’enivrant de son odeur sucrée, que l’eau brûlante sur la peau douce intensifiait jusqu’au vertige. C’est incroyablement excitant.

Loz ferma brutalement le robinet et s’écarta pour la dévisager avec une expression insondable.

La jeune femme blêmit, craignant de l’avoir blessé ou humilié d’une façon ou d’une autre.

- Loz, je ne disais pas ça pour te mettre mal à l’aise, je…

- Chut ! la coupa-t-il en posant un doigt sur ses lèvres.

Il la prit par la main et la fit sortir de la douche sans changer d’expression.

Puis il enroula Tifa dans un drap de bain et la porta, de plus en plus inquiète, dans la chambre, où il la déposa sur un fauteuil, dans un coin de la pièce.

- Loz, je…

Il pressa la main sur sa bouche et secoua la tête.

- Ne dis plus rien, chuchota-t-il. Tu n’es pas là.

Il éteignit le plafonnier, plongeant la chambre dans le noir total, et alluma la petite veilleuse de la table de nuit, qui éclairait tout juste le lit d’une douce lumière ténue.

Tifa, invisible dans l’ombre épaisse, le vit s’allonger sur l’édredon, la peau et les cheveux encore mouillés, et fermer les yeux, comme s’il s’apprêtait à s’endormir.

Il resta allongé ainsi un petit moment, sur le dos, le souffle régulier, les yeux clos et les membres complètement détendus.

Incrédule et troublée, la jeune femme s’apprêtait à se lever et à demander des explications lorsqu’il ouvrit ses beaux yeux mako pour fixer le plafond, un sourire sensuel sur les lèvres, comme s’il venait de penser à quelque chose de particulièrement agréable.

Il s’étira alors comme un chat, ferma à demi les paupières et laissa échapper un soupir expressif.

Portant ses deux mains à sa bouche, il lécha la pulpe de ses doigts et Tifa faillit laisser échapper un Oh ! Mon Dieu ! “ vibrant en le voyant se caresser les tétons, qui durcirent sous le bout des doigts mouillés tandis que la peau de son torse se hérissait d’excitation…

*

Sephiroth, s’assit dans le fauteuil de Shalua et, la main tremblant légèrement, il glissa l’une des cartes mémoire que lui avaient données Merill dans l’ordinateur portable de la jeune femme. Il s’agissait, d’après ce qu’il avait compris, d’une sorte de compilation que Vincent Valentine avait réalisée pour la présenter aux hôtes du manoir quelques jours plus tôt.

Sur le petit écran, apparut une jeune femme allongée sur une table d’examen, son ventre proéminent dépassant du drap vert qui la couvrait jusqu’en haut des cuisses. Sa grossesse était visiblement bien avancée.

Lucrecia…

Un homme en blouse blanche, les cheveux noirs serrés dans une queue de cheval nouée à la va-vite, s’affairait à ses côtés. Il remplit une seringue de liquide bleuâtre et y fixa une fine aiguille stérile d’une longueur terrifiante.

Hojo…

Lorsque l’aiguille s’enfonça d’une bonne dizaine de centimètres, transperçant peau, muscles et placenta, le cri de Lucrecia résonna dans les petits haut-parleurs et Sephiroth serra les dents pour contrôler la nausée qui lui souleva le cœur.

*

Terrassé par le plaisir qu’il venait lui-même de se procurer, Loz s’affala sur le lit, la tête de côté, le souffle court et le cœur battant à tout rompre.

Tifa vint s’appuyer sur le bord du lit et l’intense parfum chaud et sucré qui montait de la peau nacrée du grand corps frissonnant finit de lui tourner les sens.

Après un orgasme, la peau de Loz était comme électrifiée et d’une sensibilité excessive durant plusieurs minutes. Tifa avait vite appris qu’elle devait éviter de le caresser durant ce court laps de temps car le moindre attouchement provoquait de violents tremblements et saccades qui lui coupaient le souffle. Après l’amour, elle le serrait donc simplement contre elle et attendait, émue, que son corps s’apaise et que sa respiration redevienne normale.

Mais, pour l’heure, elle devait se contenter de l’observer, attendrie aux larmes, en résistant à l’envie d’écarter de son front quelques mèches de ses cheveux encore mouillés.

L’argenté ouvrit les yeux et sourit en voyant son expression.

- Alors ? demanda-t-il dans un murmure sensuel et encore un peu haletant. Qu’est-ce que ça fait, d’être une petite souris ?

Il glissa la main entre les cuisses de la jeune femme, la faisant trembler et gémir.

- A ce point là ? la taquina-t-il en se léchant les doigts.

Incapable de se contenir davantage, elle écrasa sa bouche sur la sienne et la dévora en un baiser profond qui les laissa pantelants l’un et l’autre.

Elle posa sur lui un regard de prédateur.

- Je vais te… commença-t-elle avec une grimace expressive en faisant mine de déchiqueter quelque chose entre ses doigts recroquevillés comme des griffes.

Elle gronda comme un fauve en lui montrant les dents et Loz éclata de rire.

- Oh, oui… murmura-t-il tout contre sa bouche. Vas-y, mange-moi…

Tifa fondit sur sa gorge avec un rugissement comique et il l’enlaça en riant de plus belle.

*

Cait 9 trottinait en direction de l’infirmerie en traînant Vincent par la main, derrière lui.

- Doucement, Cait !

- Merill est vraiment très inquiet, pour m’ordonner de vous chercher.

- T’a-t-il au moins dit ce qui se passait ?

- Je crois que c’est le général. Le choc a l’air d’être brutal.

- Quel choc ?

- Il regarde les vidéos, sur la formation du trio.

Vincent se figea un instant dans le couloir, blême.

- Tu veux dire les vidéos d’Hojo sur la naissance de ses fils et leur vie au cratère Nord ?

Ce chat acquiesça et il le souleva dans ses bras pour dévaler l’escalier qui menait au laboratoire, l’angoisse au ventre.

La dernière fois que Sephiroth avait eu ce genre de révélation, tout Nibelheim était parti en fumée…

…à suivre

Cette fanfiction vous a plu ? Laissez un commentaire !

Substance illicite

***

Rédaction : Shiva Rajah

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : les volontaires sont les bienvenus !

***

- Monsieur ! Monsieur !

Nero se tourna brutalement pour découvrir le jeune Cloud Strife hors d’haleine et les vêtements chiffonnés .

- Qu’y a-t-il, postulant Strife ? Tu m’as l’air en bien piteux état.

Le garçon essaya de reprendre son souffle.

- Les monstres viennent d’attaquer la frontière Sud, monsieur ! Le général Sephiroth vous réclame, vous et votre frère. Tous les soldats disponibles sont déjà sur le pied de guerre.

Nero soupira.

- Sephiroth devra se contenter de moi. Weiss est en mission à Canyon Cosmo. A quelle distance se trouvent les montres ?

- A peine une journée et une nuit de route, monsieur.

Le postulant et le soldat première classe rejoignirent rapidement les troupes rassemblées. Sephiroth arriva à son tour, flanqué de Zack et d’Angeal, et l’armée se mit rapidement en route à une allure soutenue.

Le second jour, à la tombée de la nuit, ils établirent le campement à l’entrée d’un col montagneux que Sephiroth jugeait facile à défendre. Cette position leur permettrait de stopper les monstres lorsqu’ils s’engageraient dans la gorge et leur tendre une embuscade.

L’étroitesse du col fit que les soldats durent se contenter de partager les quelques tentes montées à la hâte.

Zack venait de poser son paquetage sur le sol recouvert d’une bâche plastique de l’une d’entre elles lorsque Nero se glissa par le rabat, son paquetage sur l’épaule, le faisant sursauter.

- Salut à toi, soldat ! railla-t-il. Désolé de devoir m’imposer, dit-il avec un sourire lourd de sous-entendus, mais je crains que personne ne souhaite prendre de risques en partageant sa tente avec moi.

Cette allusion à peine voilée à son étrange nature sembla embarrasser le jeune homme, qui rétorqua impulsivement :

- On ne peut pas le leur reprocher…

Nero se raidit devant l’âpreté de sa réaction.

- Je vois… Dans ce cas je vais prendre un tour de garde avec les aspirants. Puis-je au moins te laisser mon paquetage ou as-tu peur qu’il te fasse passer par inadvertance dans une autre dimension ?

- Connard !

Nero cligna de l’oeil, sarcastique, posa son sac dans un coin et quitta la tente sous le regard interdit de Zack.

Celui-ci jura, se débarrassa de son uniforme et s’assit sur son sac de couchage en attendant le retour de Nero mais, lorsque deux heures plus tard, il entendit les bruits typiques de la relève de la garde à l’extérieur de la tente, il comprit que le ténébreux n’avait pas plaisanté en parlant de prendre un tour de garde, ce qui accrut son malaise.

Nero filait les chocottes à tout le monde, c’est vrai, mais son frère Weiss était apprécié de tous et il n’avait aucune envie de se le mettre à dos.

- Merde, merde et merde…

Il se leva et marcha de long en large dans la tente, jusqu’à ce que, finalement, il entende un grattement à l’entrée. Qui pouvait demander à le voir à une heure aussi tardive ? Nero n’irait quand même pas jusqu’à lui faire sentir de manière aussi flagrante la méfiance et le mépris qu’il lui avait témoigné, tout de même ! Si ?

Il ouvrit le pan et vit le frère de Weiss, bras croisé devant la tente, les traits tirés et un sourire pincé accroché aux lèvres.

- Désolé de t’importuner, mais un deuxième tour de garde serait réellement au-dessus de mes forces. Puis-je récupérer mon paquetage ? Je pense que les postulants soldats toléreront ma présence pour une nuit sans déserter.

- Je ne pense pas que ce soit nécessaire, persifla Zack, blêmissant sous le ton narquois, en s’effaçant pour le laisser passer.

Sans un mot, Nero se dévêtit entièrement sans pudeur aucune, exposant les curieux tatouages noirs qui lui recouvraient le corps, sortit son sac de couchage de son paquetage et s’y allongea aussitôt.

Les bras derrière la tête, il regarda Zack lacer le rabat.

- Le cadeau d’une admiratrice ? persifla le ténébreux en désignant son caleçon estampillé de moggles ridicules.

Zack retira le sous-vêtement d’un geste rageur et tendit la main vers la torche électrique qui éclairait la tente.

- Si j’étais toi, je ne ferais pas ça, prévint Nero.

Le jeune soldat ricana.

- Quoi ? La boule de ténèbres a peur du noir ?

- Disons qu’en cas d’attaque, la “boule de ténèbres” ne tient pas à tâtonner dans le noir à la recherche de son arme, laissa tomber Nero en souriant.

Zack se mordit la lèvre pour ne pas répliquer crûment et reposa la torche dans sur support.

“Merde… Un point pour lui. Quel con !”

Lorsqu’il se retourna pour affronter le regard ironique de Nero, cependant, celui-ci avait déjà fermé ses étranges yeux carmin et, soulagé, Zack alla s’allonger près de lui, sans parvenir cependant à se détendre assez pour espérer dormir.

Ce type et son frère étaient vraiment des gens bizarres. Enfin, Weiss, pas vraiment, en fait. Mais il faut dire qu’à côté de Nero, même un bahamut végétérien danseur de rumba aurait semblé normal !

Son regard rouge, sa voix blanche et glaciale, ses tatouages noirs, qui le recouvraient entièrement, du haut de la poitrine aux orteils… rien en lui n’était fait pour rassurer ou inspirer confiance et seul son frère Weiss semblait vraiment éprouver pour lui une sincère et indéfectible affection.

Jamais deux frères n’avaient été plus différents et Zack avait coutume de comparer l’un à un grand cygne blanc et l’autre à un vilain petit canard tout noir.

La comparaison était injuste, bien sûr. Nero n’était ni petit ni laid, loin s’en fallait, mais,comparé à Weiss, toujours enjoué, souriant, lumineux et énergique, son cadet paraissait “éteint”. Les cheveux aussi clairs que ceux de Nero étaient noirs, les yeux aussi bleus que les siens étaient rouges, aussi musclé que son frète était mince, Weiss était l’antithèse la plus criante de Nero. Puissant et physique, il attaquait toujours de front alors que son cadet, intelligent et sournois, prenait toujours l’adversaire à revers et ne lésinait jamais sur ses étonnants pouvoirs psychiques - qu’il avait d’ailleurs parfois peine à contrôler tant ils étaient puissants.

Les mauvaises langues racontaient même qu’il avait par accident tué sa propre mère et les médecins qui l’accouchaient en les envoyant dans l’un des mondes parallèles ténébreux qu’il avait le pouvoir d’invoquer.

En tous les cas, ce qui était sûr, c’est que c’était Weiss qui avait élevé Nero lorsqu’ils s’étaient retrouvés orphelins. Ca, tout le monde le savait. Etait-ce pour cela qu’ils étaient si proches et que l’aîné défendait le cadet bec et ongles ?

Zack soupira et tourna la tête vers son curieux compagnon.

D’après sa respiration irrégulière, Nero semblait perdu dans un rêve houleux. Il se retourna d’un mouvement brusque, et repoussa son sac de couchage dans son sommeil.

“Pourvu qu’il ne fasse pas de cauchemar et qu’il ne nous balance pas dans l’une de ses dimensions à la con…” pria Zack en silence.

A la lueur de la torche, il observa le corps souple orné de tatouages avec curiosité. N’ayant jamais partagé de chambre (ou de tente) avec lui - Weiss n’aurait jamais permis d’un autre que lui une telle familiarité avec son frère - il n’avait jamais eu l’occasion de les regarder en détail. Et, en fait, ils étaient plutôt jolis, ces tatouages. Oui, très beaux, même. Leurs entrelacs couraient sur la peau de porcelaine et accentuaient des creux et les déliés de sa musculature élégante et bien dessinée.

- Weiss…

Le nom de son frère murmuré par la voix enfiévrée de Nero fit naître sur les lèvres de Zack un sourire déconcerté.

Le ténébreux se cambra avec un soupir langoureux et sa main, comme d’elle-même, caressa son bas-ventre.

Zack retint un rire de justesse et s’appuya sur un coude pour profiter du spectacle inattendu. Les va et vient se faisant plus pressants, Nero renversa la tête en arrière, agrippa son sac de couchage de sa main gauche et le jeune soldat se passa la langue sur les lèvres, séduit par l’émouvant tableau du désir dont il était témoin.

Il savait que le beau Weiss était l’objet de bien des convoitises - principalement féminines - mais il n’aurait jamais cru que ce désir puisse conduire à de telles extrémités. Surtout venant de “l’imperturbable” et “insensible” Nero.

- Weiss… Je t’aime…

Zack tressaillit et leva les yeux vers le visage passionné du ténébreux.

Il n’avait lui-même jamais assez désiré quelqu’un pour en rêver de façon aussi passionnée. Les rumeurs sur ces deux-là étaient donc fondées ! Mazette… Quand il allait raconter ça à Angeal !

Du coup, tous les petits détails du comportement de Nero, auxquels il n’avait pas porté attention jusque là, prirent soudain un tout autre sens pour Zack, qui se souvint de la douceur avec laquelle il lissait parfois les cheveux de son frère, des regards insistants qu’il avait lorsqu’il croisait son regard clair… Même ses incessantes réflexions malicieuses apparurent comme autant de maladroites marques d’affection.

Peut-être n’est-il pas aussi glacial et insensible qu’il en a l’air… ” songea Zack.

Il avait toujours cru que l’affection entre les deux frères était à sens unique, du protecteur Weiss vers le solitaire Nero, mais force était de constater qu’il se trompait.

Zack posa une main prudente sur la poitrine ferme et y sentit le cœur battre la charge. Le corps de Nero se banda comme un arc sous la caresse, et sa main se posa sur la sienne pour la presser contre sa peau tatouée.

Une chaleur pernicieuse se répandit dans le ventre jeune soldat, qui en était le premier surpris. Sa main libre n’en empoigna pas moins son propre sexe désormais dressé pour lui impliquer un mouvement similaire à ceux du ténébreux.

Les lèvres de Nero remuèrent dans son sommeil et des mots incompréhensibles en sortirent. Avec mille précautions pour ne pas le réveiller, Zack se pencha vers son visage posa les lèvres sur la bouche offerte, comme ça, juste pour voir, et le ténébreux, perdu dans son rêve, répondit au baiser avec ardeur et attira le jeune homme contre lui.

Celui-ci, enflammé par le contact de la peau tatouée, qu’il n’aurait jamais imaginé si douce, fit glisser sa main de son propre sexe à celui de Nero et ajouta sa caresse à la sienne. Un râle de plaisir s’échappa de sa gorge et Zack aspira le souffle chaud entre ses lèvres. Puis sa caresse se fit plus insistante et il écarta du genou les cuisses souples, alors que sa bouche descendait le long de la gorge et de la poitrine pour happer un téton tout rose entre ses dents et le titiller du bout de la langue.

Nero entrouvrit alors les paupières et baissa un regard embrumé sur la noire chevelure qui s’étalait sur son torse, comme s’il n’avait pas complètement conscience de ce qui se passait. Persuadé de l’irréalité de ce qu’il percevait…

Un rêve. Cela ne pouvait être qu’un rêve car personne ne l’aurait touché ainsi hormis son frère, encore moins quelqu’un comme Zack !

Eh ! Bien, soit. Autant en profiter…

Il se laissa donc aller aux douces sensations que lui procuraient les caresses “imaginaires” du soldat et ce dernier, encouragé par ses halètements, promena ses lèvres sur le ventre dur jusqu’à prendre la place de sa main et faire courir sa langue sur le membre gonflé.

D’un coup de reins souple, Nero pénétra dans sa bouche et Zack hoqueta mais ne se dégagea pas. Au contraire, il le libéra avec un dernier coup de langue et glissa sa tête entre ses cuisses tatouées, refermant ses mains sur ses reins. Les lèvres tremblantes d’excitation à l’idée de ce qu’il allait faire, il lécha le pourtour de l’entrée close et les gémissements du ténébreux se muèrent en petits cris de plaisir. Levant les mains pour écarter les fesses rondes et lisses, Zack plaqua sa bouche contre lui, insinuant sa langue dans sa chaleur, et sentit la saccade qui agita ses reins.

“Et si quelqu’un entrait dans la tente ?” songea-t-il en se sentant blêmir.

Oh, bon sang, quelle honte !

Mais il chassa vitre cette idée car Nero balançait impatiemment les hanches à sa rencontre. Etirant la langue, le jeune soldat explora ce sanctuaire aussi loin qu’il le put mais, bientôt incapable de supporter plus longtemps la fièvre que les réactions du “dormeur” faisaient naître en lui, il lubrifia abondamment de salive l’entrée qu’il titillait de sa langue agile. Baissant la main, il trouva le chemin et s’y engagea. Lentement d’abord, presque avec hésitation, puis, voyant Nero relever la tête pour exhaler un gémissement rauque et impatient, il s’enhardit. Un troisième doigt vint rejoindre les deux autres et le frère de Weiss poussa un râle animal.

Zack sentit soudain les jambes tatouées le ceinturer pour le pousser en avant, ses mains se saisir de son sexe impatient et il hoqueta de surprise en se rendant compte que Nero l’avait amené à plonger en lui. Baissant les yeux, il vit ses reins plaqués à ceux du ténébreux, qui resserra encore ses jambes autour de son bassin pour l’emprisonner contre lui.

Transporté par cette sensation, Zack articula faiblement son nom et eut un sourire carnassier en refermant les mains sur ses fesses et s’enfonçant en lui plus profondément.

Bien vite, il sentit Nero se soulever sous lui avec un cri de plaisir difficilement étouffé et, à la vue de sa semence jaillissant pour se répandre sur son ventre orné d’arabesques, il se libéra dans un long gémissement alors qu’il inondait le havre où il avait pénétré.

Apaisé, une douce langueur s’empara de lui et il se laissa aller contre son partenaire, qui referma les bras autour de lui.

- Tu es beau, Zack… murmura-t-il, le cœur battant contre ses côtes.

Et il se rendormit aussitôt, terrassé par les endorphines.

Zack sourit, l’embrassa, non sans douceur, et il essuya son ventre tatoué souillé de semence avec un sourire mutin de garnement qui s’apprête à faire une farce. Puis il se leva ensuite avec mille précautions, recouvrit le corps mince et entreprit de s’habiller pour sortir dans l’aube naissante comme si de rien n’était.

*

Lorsque Nero ouvrit les yeux, deux bonnes heures plus tard, Zack avait déjà quitté la tente.

En se souvenant du rêve agité de la nuit, il rougit.

“Pourvu que Zack ne se soit rendu compte de rien…”

Les sensations avaient semblé si réelles qu’il avait presque l’impression de sentir l’odeur du jeune soldat sur sa peau.

Il se leva en soupirant et prit son pantalon, qui traînait sur le sol. Au moment de l’enfiler, il sentit quelque chose d’humide couler entre ses jambes et baissa les yeux, intrigué. Il recueillit du bout des doigts la substance blanchâtre et, la reconnaissant, marqua un temps d’arrêt.

- Oh ! Le… Le sale petit démon sournois !

A la fois humilié d’avoir été un simple jouet de plaisir, et ravi du désir qu’il avait provoqué chez un homme autre que son frère bien-aimé, il s’habilla à la hâte et sortit précipitamment de la tente pour voir l’objet de ses pensées discuter avec Sephiroth. A son salut, Zack répondit par un sec hochement de tête mais, lorsque Nero lui lança un sourire interrogateur lourd de sous-entendus, il consentit néanmoins à une confirmation silencieuse d’un mouvement de paupières espiègle.

Sephiroth, qui n’avait pas perdu une miette de l’échange muet, adressa au ténébreux un sourire complice et s’étonna de le voir rougir pour la première fois…

FIN

CETTE FANFICTION VOUS A PLU ? LAISSEZ-MOI UN COMMENTAIRE !

LV - J’avais trois fils

On n’est pas forcément le père de quelqu’un…

mais on n’est jamais le fils de personne.»

G. Wolinski

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et relecture : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

- Non, ne fais pas ça, attends ! gémit Zack en tendant une main suppliante vers Nero, qui disparaissait petit à petit dans un maelstrom de ténèbres qui paraissaient sortir de lui. Je plaisantais ! Ne ne le prends pas comme ça !

Le ténébreux secoua la tête et recula d’un pas, le bébé de Loz pleurant de terreur dans ses bras.

- Je savais que c’était un piège… Je n’aurais jamais dû écouter Weiss. Jamais…

Le jeune soldat secoua furieusement la tête.

- Quoi ? Non ! Je dois vous guider tous les deux jusqu’à un endroit où l’on viendra vous cherch…

- C’est faux ! Toi et la Shinra vous moquez bien de ce qui peut nous arriver à moi et à mon pauvre frère ! Tout ce que vous voulez, c’est le bébé et les cellules de Jenova qu’il contient !

- Pas du tout, Angeal a…

- Angeal ne t’aurait jamais envoyé toi !

Zack se frotta le visage avec un gémissement désespéré.

Et dire qu’Angeal lui avait pourtant fait la leçon pendant une heure…

« Et, surtout, évite de faire de l’humour douteux ! Il faut récupérer ces garçons et le petit ! »

« Ca va ! C’est bon ! Je suis quand même capable de ram… »

« C’est sérieux, Zack ! Tu es sans doute la dernière personne à qui Nero ou Weiss feraient confiance mais nous n’avons pas le choix ! Lucrecia et moi devons absolument aider Aerith à contenir les géostigmates. »

« C’est bon, je te dis ! Quoi ? D’accord, je reconnais que j’ai parfois un peu titillé la boule de poix et son choupinounet de frérot mais… »

« Zack, bon sang ! »

« Désolé, ça m’a échappé ! »

- Merde… Merde… Merde… Je… NON ! Nero ! Non, allez, déconne pas ! Nero !

Celui-ci recula encore dans le brouillard ténébreux et les cris du bébé redoublèrent.

- Arrête, merde ! Tu vas le rendre malade de peur si tu l’emmènes avec toi là-dedans !

- Quand bien même ! Il sera plus en sécurité avec moi qu’entre les mains des scientifiques de la Shinra !

- NON ! Je t’en supplie, ne fais pas ça ! NERO !Oh, merde…

*

Sephiroth cracha un long jet de mako avec un dernier haut-le-coeur qui le laissa pantelant au pied de la cuve.

- Général, pouvez-vous respirer normalement ? s’enquit Merill après un petit moment en l’aidant à s’asseoir.

L’argenté hocha péniblement la tête et déglutit avec une grimace.

- Oui… fit-il d’une voix rauque. Je crois que… tout le… liquide… est sorti.

La tête lui tournait et sa vue ne serait pas nette avant plusieurs minutes, il le savait, mais le temps pressait.

Les yeux larmoyants, il essaya de distinguer - ou du moins d’identifier vaguement - les personnes qui formaient un cercle autour de lui et des deux médecins agenouillés à ses côtés.

La tête avec les grands pics, ce devait être Strife. La tête rouge, Reno. Et, près de lui…

- Cid… gémit Sephiroth en tendant la main. Cid Highwind…

Tous tressaillirent, surpris.

Le pilote n’avait jamais connu Sephiroth avant d’être confronté à lui lorsqu’il avait rejoint AVALANCHE, peu avant la chute du météore ; il ne lui avait même jamais parlé. Pourtant, quelque chose faisait à présent du général un être familier et aussi proche de Cid que Yazoo, Kadaj ou Loz - mais sans atteindre toutefois le degré d’intimité qu’il partageait désormais avec ce dernier.

- Qu’y a-t-il, mon frère ? demanda le pilote en prenant l’avant-bras tendu.

- Nero… Il faut que tu ailles chercher Nero… Le mont Nibel… Il est sur le mont Nibel… Avec Zack… Et le bébé…

A ces mots, Loz tressaillit.

- Je t’accompagne !

Sephiroth, trop affaibli pour protester, pressa le bras de Cid, suppliant, mais c’était inutile. Celui-ci savait très bien ce qu’il avait à faire.

- Non, Loz. Reno et Vincent m’accompagneront.

L’argenté allait protester mais Sephiroth s’effondra alors dans les bras du pilote.

- Faites… vite… haleta-t-il avant de perdre connaissance.

*

- Où est le bébé ? hurla Genesis aux oreilles de Weiss en essayant de reprendre son souffle.

Il avait frappé le jeune homme si fort et à de si nombreuses reprises depuis une heure qu’il en avait les bras engourdis et était essoufflé comme s’il venait de finir une course d’obstacles.

- Va… te faire… foutre… gémit le prisonnier d’une voix tout juste audible.

Son visage ensanglanté était si contusionné que l’on avait presque du mal à reconnaitre dans cette bouillie rougeâtre le ravissant minois de l’ex-commandant des Tsviets

Fou de rage, Genesis lui tomba dessus à bras racourcis.

*

Cloud faisait les cent pas dans le couloir, hésitant à entrer dans la chambre du premier où Rufus avait fait installer Sephiroth et où tous attendaient qu’il reprenne connaissance.

Lorsque le général avait demandé de l’aide à Cid, en bas, il en avait presque ressenti… Quoi en fait ? Comme un pincement au coeur et une sorte de colère, une…

“De la jalousie, Cloud ! Ni plus ni moins que de la jalousie !” persiffla une petit voix dans son cerveau. Et, cette fois, il s’agissait bien de sa propre conscience et non de cette pourriture de Jenova ! C’était peut-être ce qui l’agaçait le plus, d’ailleurs…

Jaloux…

Il en avait presque honte.

Mais, après tout, il avait reçu les cellules de Jenova, lui aussi, alors pourquoi c’était Cid que les argentés respectaient et accueillaient comme un membre de la famille ? Pourquoi le pilote et pas lui ?

Parce que tu les as toujours rejetés sans chercher à comprendre ce qui les motivait ou ce qui se passait !” lui rappela sa conscience. “Il y a deux ans, lorsque Kadaj t’appelait “grand frère”, tu lui rétorquais déjà “marionnette !”

- Ils m’ont attaqué sans me laisser de temps de comprendre quoi que ce soit !

- As-tu seulement essayé ? T’es-tu posé ne serait-ce qu’une seule question à leur sujet en dehors de “comment nous en débarrasser” ?

- J’ignorais, alors, ce qu’il en était réellement et les épreuves qu’ils avaient traversées ! répondit-il à son reflet, dans l’un des grands miroirs qui ornaient le couloir.

“Tu ne l’ignorais pas, lorsque tu as essayé de les tuer en trafiquant les freins de leurs motos…”

- Je n’étais pas moi-même ! C’était Jenova !

“Et, lorsque tu as insulté et blessé cruellement Tifa, parce que tu l’avais vue essayer d’embrasser Loz ? Lorsque tu as failli briser les vies de Cid et Shalua en te mêlant de ce qui ne te regardait pas ? C’était Jenova, aussi ?”

- La ferme ! gémit le jeune homme en se prenant la tête dans les mains.

“Ce n’est pas trop fatigant, de se chercher sans cesse des excuses, Cloud ?”

Il allait se rétorquer à lui-même lorsque la porte de la chambre de Sephiroth s’ouvrit, laissant passer la tête Tifa.

- Cloud… il se réveille.

Le garçon eut l’impression que son sang cessait de couler dans ses veines.

*

- Là ! cria Vincent pour couvrir le bruit de l’hélice en désignant un point dans la forêt dense qui recouvrait le flanc du mont Nibel.

Dans cette zone, même les puissants projecteurs de l’hélicoptère peinaient à percer l’obscurité.

Reno, assis dans le fauteuil de co-pilote de l’hélicoptère, scruta le sol à la jumelle.

- Je ne vois rien !

- Fais-moi confiance ! fit Vincent. Cid, descend !

Le pilote secoua la tête.

- Je ne peux pas me poser, Vince ! La forêt est trop dense. Tu vas devoir jouer les acrobates !

Vincent déboucla les sangles de sécurité qui le maintenaient sur le siège arrière et fixa une corde à harnais aux crochets prévus à cet effet.

- Descends autant que tu peux et ça devrait aller !

- Comment tu sais que c’est bien là ? insista Reno. Il fait noir comme dans un four, là en bas !

- Précisément, Reno ! Il fait beaucoup trop noir ! Descends encore, Cid ! Stop ! C’est bon !

Au sol, Zack vit l’hélicoptère se stabiliser avec un immense soulagement.

- Nero ! appela-t-il. Ils sont là ! Sort de ce truc, bon sang !

Mais, à l’intérieur du maelström de noirceur, le ténébreux n’entendait rien et essayait de calmer le bébé qui hurlait, rendu presque fou de terreur par les cris et les chuchotements des âmes perdues qui se pressaient auteur d’eux. Ses petits bras battaient désespérément pour chasser les mains désincarnées qui se tendaient vers lui mais ses poings minuscules n’impressionnaient guère les lambeaux de ténèbres glaciales. Ces dernières frôlaient son adorable visage, caressaient son petit corps tendre et s’enroulaient à son toupet de cheveux argentés.

- Chut, bébé, ce n’est rien, ils ne peuvent pas te faire de mal tant que je suis là, assura Nero. Du calme.

Peine perdue.

- Tu vas le faire mourir de peur, si tu le gardes ici, Nero.

Ce dernier leva brusquement la tête et recula d’un pas en serrant un peu plus le bébé contre lui.

- Vincent Valentine… murmura-t-il en s’enfonçant encore dans les ténèbres, faisant redoubler les cris du petit.

- Attends ! Arrête !

- Désolé, Vincent Valentine, mais cette danse-ci, je suis pas en état de te l’accorder. Pas tout de suite, du moins.

Vincent leva les mains pour lui montrer qu’il n’était pas armé.

- Je ne suis pas venu pour me battre, Nero, mais pour vous mettre à l’abri, toi et le bébé !

- Venant de toi, je me serais attendu à un mensonge moins naïf.

- C’est la vérité !

Le petit s’arrêta soudain de crier et le ténébreux remarqua avec épouvante qu’il avait les yeux révulsés.

- Par tous les démons de la planète, Nero, tu es en train de le faire mourir de terreur ! s’affola Vincent. Il faut le sortir d’ici !

Nero, médusé, le secoua doucement.

- Réveille-toi… Ouvre les yeux, bébé. Ouvre les yeux !

Ses jambes trop affaiblies refusant de le soutenir plus longtemps, il tomba à genoux, le nourrisson toujours serré contre sa poitrine, et jeta à Vincent un regard désespéré.

- Si tu le gardes ici, dans ces ténèbres, avec toi, il mourra !

Le ténébreux secoua furieusement la tête.

- Je voulais le protéger… gémit-il. Juste le protéger.

- Je le sais, Nero. Mais un homme normalement constitué ne peut pas rester dans un endroit comme celui-ci sans perdre totalement la raison. A plus forte raison, un enfant. Il faut le sortir d’ici.

- Pour qu’ils en fassent un monstre ? Comme moi ? Comme mon frère ?

- Je ne le permettrai pas, Nero. Jamais. Et son père non père encore moins. Oui, Nero, ce petit a un père, insista l’ex-turc en voyant le tsviet écarquiller les yeux. Un père à qui j’ai promis de ramener son bébé.

Nero déglutit avec difficulté et caressa la petite tête argentée, hésitant.

- Jure-moi que tu ne laisseras pas la Shinra le prendre ou lui faire du mal, Vincent Valentine…

Celui-ci secoua la tête et s’approcha de quelques pas.

- Personne n’a l’intention de lui faire du mal, Nero. Et surtout pas Rufus Shinra, tu as ma parole.

Le ténébreux berça un instant le bébé inconscient avec un sanglot désespéré, indécis, puis le tendis à Vincent.

- Très bien… Emmène-le, Vincent Valentine. Et fais ce que tu as à faire aussi vite que tu le pourras.

- J’en ai bien l’intention, assura-t-il en prenant le bébé.

- Lorsque tu verras mon frère, murmura Nero d’une voix étranglée, dis-lui que, jusqu’au dernier moment, je n’ai cessé de penser à lui et de l’aimer.

Il tendit son cou gracile vers l’ancien turc en fermant ses beaux yeux carmins et celui-ci tiqua.

- Que… qu’est-ce que tu fais ?

- Ton arme n’aurait aucun effet, ici. Tu vas devoir te salir les mains, Vincent Valentine.

Ce dernier hoqueta.

- Mais enfin, je n’ai nullement l’intention de te tuer ! Encore moins de te tordre le cou comme à un poulet !

Nero rouvrit les yeux et cligna des paupières, perdu.

- Mais tu… Tu as ce que tu étais venu chercher. Tu as le bébé.

- Nero… soupira Vincent. Angeal a promis à ton frère que nous ferions tout pour vous sortir de là et c’est bien ce que nous avons l’intention de faire !

- Je… J’ai peur de ne pas comprendre.

- Il n’y a rien à comprendre, s’impatiernte l’ancien turk. Peux-tu marcher ?

Le ténébreux secoua la tête, hébété.

- Je… Je ne crois pas.

- Alors, tiens le bébé.

Vincent lui posa le bébé sur le ventre avant qu’il n’ait le temps de répliquer et voulut les soulever délicatement tous deux dans ses bras mais quelque chose lui piqua douloureusement le bras.

Nero s’étant un peu rasséréné, les ténèbres s’étaient clairsemées et l’ex-turk frémit d’horreur en voyant ce qui lui avait pincé le biceps.

- Nero… Qu’est-il arrivé à ton dos ?

- Mes ailes… fit celui-ci entre ses dents serrées pour contenir un cri de douleur. Genesis… Genesis les a arrachées.

- Que les Dieux nous viennent en aide…

Mais, le bébé commençant à montrer des signes de conscience, il n’eut pas le loisir de poser plus questions.

*

Lorsque Sephiroth ouvrit les yeux, le premier visage qu’il vit fut celui de Kadaj.

Assis sur le lit, le garçon était penché sur lui et guettait attentivement le moindre signe de conscience.

- Grand frère ? chuchota-t-il, les yeux luisants et la voix tremblant d’émotion.

Le général sourit et posa une main glacée sur la joue poupine.

- Kadaj… Mon fougueux et imprévisible Kadaj… railla-t-il gentiment. Mon adorable petit fauve…

Ce dernier, bouleversé, se jeta dans ses bras en sanglotant comme l’enfant qu’il y était encore il a peu.

- Grand frère…

- Laisse-moi te regarder, fit celui-ci en prenant Kadaj par les épaules pour l’obliger à lui faire face.

Le garçon rougit un peu sous l’examen attentif mais s’essuya les yeux et sourit.

- Tu nous a tellement manqué, si tu savais…

- Vous aussi, vous m’avez manqué, assura l’ex-cauchemar de la planète en pétrissant ses épaules avec affection. Si tu savais comme j’avais envie de vous connaître enfin… Vous connaître vraiment… (Il écarta les cheveux du petit visage rond avec une douceur qui surprit Cloud) Bon sang, ce que tu peux ressembler à mère !

A la mention de ce mot, le garçon se raidit.

- A… mère ?

Sephiroth rit, sachant très bien ce qu’il pensait.

- A Lucrecia.

- Gretta me l’a dit aussi, répondit le garçon en rougissant de fierté.

- Gretta… Elle est toujours ici ?

- Et elle a hâte de te saluer. Elle m’a beaucoup parlé de toi et de mère.

- Ah oui ?

Sephiroth laissa échapper un petit rire attendri en serrant le garçon contre lui et lissa ses cheveux doux et fins comme ceux d’un bébé.

Par dessus son épaule, il vit Cloud, qui ne savait visiblement pas s’il devait lui sourire ou baisser les yeux ; la jeune Tifa, qui était devenue une superbe jeune femme depuis la dernière fois qu’il l’avait vue ; Reeve, qui était toujours le même, sobre, calme et élégant ; l’immense Barret, qui serrait contre lui une petite fille qui le regardait avec curiosité ; une jeune femme et un garçon en blouse blanche, qui ne pouvaient être que Shalua et Merill, qui avaient si bien pris soin de lui, lorsqu’il était dans la cuve ; Yuffie, dont il reconnut le rire joyeux pour l’avoir souvent entendu dans le laboratoire, lorsqu’elle venait voir Kadaj ; Rufus, bien sûr, toujours aussi joli garçon ; Rude, seul, pour une fois, et…

Loz, lui, baissa les yeux, intimidé.

- Bonjour, grand-frère, murmura Yazoo avec un petit signe de tête timoré.

Il n’osait pas s’avancer, et Sephiroth lui tendit la main en signe d’invitation.

- Tendre Yazoo… Mon autre moi-même… Approche que je te regarde. Approche, mon ange noir…

Le jeune homme ne se le fit pas dire deux fois et se jeta à son tour dans les bras de Sephiroth, ému aux larmes.

- Je croyais que tu ne souviendrais plus jamais de nous, grand frère…

Reeve échangea un regard attendri avec Shalua et Cloud secoua la tête, incrédule. Il était si surpris par le comportement affectueux de son ancien ennemi qu’il avait presque envie de se frotter les yeux pour être sûr que ces derniers ne lui jouaient pas un tour.

Barret, lui, sa fille adoptive accrochée à sa cuisse, paraissait comprendre ce que ressentait Sephiroth et Yuffie, comme à son habitude, luttait pour ne pas se laisser déborder par l’émotion.

Loz, qui observait leur effusions avec envie, lâcha la main de Tifa et recula discrètement de plusieurs pas. En cet instant, il aurait donné n’importe quoi pour prendre ses jambes à son cou ou se transformer en souris et se cacher dans un trou du plancher.

Le mythique général paraissait béat d’admiration devant ses cadets, qu’il ne finissait pas de toucher et de serrer contre lui avec effusion. Et c’était bien normal, il aurait été le premier à reconnaitre si on le lui avait demandé. Ses frères avaient tout pour eux, avaient hérité du meilleur de Sephiroth, mais lui… Lui, il n’avait ni l’intelligence et l’esprit vif de Kadaj, ni la beauté et la sagesse de Yazoo, et il le savait. Hojo et ses assistants le lui avaient assez répété. En fait, hormis ses yeux verts fendus et ses cheveux gris, il ne lui ressemblait guère, il s’en rendait bien compte, à présent qu’il les voyait tous les trois.

- Loz ? s’inquiéta Tifa dans un discret murmure en réalisant qu’il avait reculé vers la porte.

Il ouvrit la bouche pour la rassurer mais n’en eut pas le temps car Sephiroth venait de lever les yeux vers lui.

Le jeune homme hocha respectueusement la tête, les yeux fixés sur le parquet, mais resta où il était pour ne pas mettre le général mal à l’aise en l’obligeant à se montrer aussi affectueux avec lui qu’avec ses cadets par pur devoir.

- Bon retour parmi nous, grand frère. Je suis heureux de te revoir.

N’obtenant pas de réponse, il se décida enfin à relever la tête. Le pénétrant regard mako se vissa au sien.

- Loz… fit Sephiroth d’une voix étranglée par l’émotion en tendant les bras vers lui. Unique et indispensable Loz…

Celui-ci s’avança lentement et s’assit prudemment sur le bord du lit, ne sachant si Sephiroth se moquait gentiment de lui ou s’il était sincère jusqu’à ce que ce dernier referme ses mains sur ses puissantes épaules et l’attire contre lui pour le serrer avec force.

- Merci de m’avoir remplacé auprès d’eux, Loz… murmura-t-il tout contre son oreille afin que lui seul puisse entendre. Merci d’avoir toujours été un père pour Kadaj et Yazoo.

“Ce qu’on ne m’a jamais permis d’être et que je ne serais sans doute jamais pour aucun de vous, hélas…” avait-il envie de rajouter.

- Je… C’est… C’est normal, bredouilla le jeune homme sur le même ton en rougissant de confusion, pris de court par le compliment. Ce sont mes petits frères. Ils n’avaient que moi, pour les protéger.

Sephiroth sourit avec tendresse contre son cou.

- Comment tant puissance peut-elle contenir autant de générosité et de douceur après tout ce que tu as supporté, Loz, je me le demande… Où diable as-tu puisé un tel courage, toutes ces années ?

- Ce n’est rien. Tout le monde en aurait fait autant.

- Non. Tout le monde ne l’aurait pas fait… poursuivit Sephiroth en pétrissant affectueusement son large dos. Tout le monde ne l’aurait pas fait, crois-moi. Je suis fier de toi…

C’en était trop pour Loz, qui fondit en larmes dans les bras de Sephiroth.

- Père

En entendant cette épithète, qui lui était adressée pour la première fois de sa vie et qu’il n’aurait jamais espéré entendre, Sephiroth sentit son coeur se serrer jusqu’à lui en faire mal et une émotion sans nom le saisir à la gorge.

Le mot était sorti droit du coeur et de la bouche de Loz avec sa franchise habituelle, sans malice aucune, et c’était sans doute ce qui était le plus touchant.

- Dis-le encore, sanglota Sephiroth en resserrant son étreinte. Toi seul est assez fort pour assumer cette vérité, Loz, et j’ai tellement besoin de l’entendre… Dis-le encore, mon fils

- Père…

- Qu’est-ce qu’ils se racontent ? demanda discrètement Kadaj à Yazoo en essayant de saisir les murmures inaudibles de ses deux frères aînés.

Yazoo haussa les épaules et échangea un regard interloqué avec les autres, tout aussi étonnés - si ce n’est plus - de voir Sephiroth et Loz s’étreindre ainsi en pleurant et riant à la fois.

Part 9. L’équipage se mord la langue… Mais chacun la sienne !

Pont de commandement avec tout l’équipage + Tseng

Tseng: Ah ! Bah voilà ! Quand je vous disais de faire attention à vos ailes, jeune homme !

Nero : d’solé, sir.

Tseng (lui tapotant l’épaule) : Mais non, mais non, mon garçon, ça peut arriver. Bon ben c’est pas tout ça mais je meurs de faim moi. Que diriez vous de goûter la tarte aux pommes, hein ? Allez ! Reeve, tu veux bien aller chercher mes bagages dans le vaisseau ?

Reeve (blême) : Vos bagages ?

Tseng : Oui, j’ai décidé de vous accompagner un petit bout de chemin. Je me suis dit que c’était vraiment injuste de vous voir suer comme des esclaves ici, alors que moi je coule des heures paisibles dans ma maison de campagne.

Cloud (le sourire plus que forcé) : Ahhhh… quelle bonne idée…

Tseng (compatissant) : Mes pauvres enfants, quand je pense que vous êtes une poignée à trimer pour taper les rapports, mener l’exploration, faire les statistiques, analyser l’atmosphère des divers mondes, mener les batailles contre les monstres, commander le vaisseau, revoir les archives, archiver les rapports et j’en passe. Mais vous le savez sans doute mieux que moi.

Vince (à l’oreille de Cid) : Merde, on doit faire tout ça ? (tout haut) C’est que… nous avons pris un peu de retard, chef.

Kadaj (à Yazoo) : Psstt ! C’est quoi les sratistikes ?

Yazoo (qui le fusille du regard) : Voilà ce que c’est, de faire mumuse avec un sabre au lieu de faire ses devoirs !

Kadaj (vexé) : Oh, ça va, hein…

Reeve (qui revient avec cinq valises trois bouteilles de jus d’orange et deux énormes tartes aux pommes) : Pffouh ! Voilà.

Tseng : Merci. Mais dis-moi, Yazoo, je te trouve une petite mine.

Yazoo (emmitouflé dans sa combinaison) : C’est qu’on a eu pas mal de pannes.

Weiss (étouffant un rire) : Mais elles ont redémarré au quart de tour !

Yazoo lui fiche un coup dans les côtes et Loz se retient pour ne pas se remettre à pleurnicher.

Tseng : Tant mieux, tant mieux. Amiral Highwind, permettez-moi de vous demander où je dois m’installer.

Vince (sans réfléchir) : Dans ma cabine. (Il voit le regard de Cid) Glups !

Tseng : Mais où dormirez-vous donc ?

Vince (qui tape dans le dos de Cid qui commence à s’étouffer pendant que tout le monde retient son souffle) : Ben…. c’est à dire qu’on dort deux par deux… pour… le… La… la sécurité ! Et puis comme ça, ça fait de la place aux nouveaux arrivants.(il se tortille) Le vaisseau est tellement petit….

Tseng : Et avec qui partagez-vous habituellement la votre ?

Vince : La mienne est vide, moi je dors avec Cid …

Tseng (lui tapant sur l’épaule) : Ah vous deux ! Vous êtes vraiment inséparables ! Si c’est pas beau une telle amitié ! Voyez les jeunots ? Prenez-en de la graine ! Même perdus au fond de l’espace ils restent vertueux ! Les hommes avec les hommes et les dames avec les dames !

Tout le monde pique un fard.

Weiss : Bon ben, on se la mange cette tarte ?

Reeve et Yazoo posent les tartes sur la console et chacun s’installe autour de la table.

Tseng (regardant Elena, aussi dans les pommes que les tartes en question *oui,je sais,elle est nulle mais il est tard*) : Mais… et la pintade ? Il faut peut-être la réveiller ?

Tous : NAAAAANNNNNNN !!!!!!!

Reeve (la prenant dans les bras et l’emportant dans le labo) : Je m’en occupe. (à Cid) Il doit bien me rester un ou deux tubes de somnifères.

Tseng Loz) : Mais dis-moi, mon grand, quand est-ce que tu vas finir par nous annoncer le mariage ?

Yazoo manque de s’étouffer avec sa tarte et Loz devient blanc comme un linge.

Loz : Quel mariage ?

Tseng : Allons, allons, pas à un vieux briscard comme moi mon garçon ! Tu ne vas pas me dire qu’un beau et viril garçon comme toi n’a pas de petite amie ?

Loz (qui secoue la tête, le nez dans son jus d’orange) : Pas l’temps.

Tseng : Ah, le devoir, toujours le devoir ! Mais enfin, les enfants, prenez donc un peu de bon temps que diable ! Que diriez vous d’une petite partie ce soir ?

Tout le monde le regarde la mâchoire pendante

Weiss : Moi je veux bien !

Nero (lui file un coup de pied sous la table) : Une partie ?

Tseng : Bah, oui, amusez vous un peu que diable ! Vous avez le matériel j’espère, parce que je n’ai rien apporté avec moi.

Weiss (qui n’a rien capté) : Y’en a plein le placard de Yazoo ! (tout le monde retient son souffle et Loz frôle la syncope) En métal, en latex…

Tseng (qui lève une main) : Ouh là, ouh là, jeune homme, je n’en demande pas tant. Des dés en plastique nous iront très bien !

Weiss : Des… dés ?

Nero (agitant la main) : Ah ! Ah ! Ah ! Ce Weiss, quel comique ! Dès qu’on parle de matériel, il pense « outils » ! Vous savez ce que c’est… le travail, le travail, toujours le travail !

Tseng (à Yazoo, intéressé) : Tiens donc, tu bricoles, toi ? Depuis quand ?

Yazoo (qui ne sais pas comment se dépatouiller de la boulette de Nero) : Euuhhh… Si on veut. Disons que… Je tripatouille un peu… par ci, par là.

Loz se lève, au bord de l’apoplexie, et s’écroule inanimé.

Kadaj : Nii-S… Loz !

Tseng : Par les Dieux ! Tifa, faites lui donc du bouche à bouche ! Vous voyez bien qu’il s’étouffe !

Tifa : Pourquoi moi ?

Tseng : Comment pourquoi vous ? Vous voyez bien qu’il par terre est à vos pieds !

Tifa : Ah oui, tiens.

Elle va pour se pencher mais Yazoo plonge pour se mettre entre les deux.

Yazoo : Bas les pattes, femelle ! Je m’en charge !

Reno : Ouh, là, là ! Le réveil va être salé ! Sortez le jex vitres !

Tseng (qui se tourne vers lui) : Ne dites pas de bêtises ! Dans ces cas là c’est du vinaigre qu’on utilise !

Reno (intéressé) : Ah bon ? Sa décrasse mieux, chef ?

Tseng : Et comment ! Ca vous fouette les nasaux jusqu’au cerveau.

Reno (qui se tourne vers Tifa) : Pas tout capté là !

Loz, sentant les lèvres de Yazoo sur les siennes gémit et l’enlace.

Loz moitié dans les vapes) : Ma petite chauve-souris en sucre…

Yazoo regarde à la ronde avec un sourire aussi niais qu’embarrassé.

Tseng (affolé) : Dieux du ciel ! Il délire ! Il vous prend pour une femme ! Ne le contrariez surtout pas ! Ca pourrait lui provoquer un choc émotionnel !

Weiss (mort de rire) : Attendez de voir la taille du choc !

CHHTOONG !

Kadaj (qui cache le marteau derrière son dos quand Tseng se tourne vers lui) : Ah, l’affolement, hein ! Y’a qu’un coup sec pour éviter l’hystérie !

Tseng, qui décide de prendre les choses en main, soulève Loz dans ses bras.

Tseng : Où est sa cabine ?

Cid : Par ici.

Loz (qui enlace Tseng, croyant que c’est Yazoo) : Où m’emmènes-tu mon ange d’amour adoré ?

Tseng (très psychologue à deux balles) : Nous allons dormir…chéri. (tout bas au peloton qui le suit) Surtout ne pas le contrarier.

Weiss (pouffe): Ben alors ça va être un sacré bordel dans cinq minutes !

Nero (qui lui pince les fesses) : Chut !

Tseng pose Loz sur le lit et ce dernier l’agrippe, l’entraînant avec lui sur le matelas.

Kadaj (sentant venir la cata, secoue son frère incosncient comme un prunier) : Ouille, ouille… On se réveille !

Tseng (dans les bras de Loz) : Tais-toi, petit ! Il ne faut…

Tous : « Surtout pas le contrarier », on sait !

Cid : Ouais, ben faites gaffe quand même, hein ! On sait jamais.

Tseng : mais non, je contrôle la situation.

Loz (complètement shooté par le manque d’oxygène) : Embrasse-moi encore, mon chocobo interstellaire.

Weiss (qui se tape les cuisses) : Ouahhnh ! Ah ! Ah ! Ah ! Alors celle-là, j’crois que c’est la pire de toutes !

Tseng (très diplomate en prenant une petite voix efféminée) : Ce n’est pas raisonnable chéri il faut dormir.

Tout le monde pouffe.

Tseng : Oh ! Ca va, je fais c’que j’peux, moi, hein !

Loz (qui caresse les poils rêches de la barbichette Tseng) : Bah… Mon piou piou, Pourquoi t’as mis ton cul sur l’oreiller ?

Là c’est est trop, tout le monde éclate de rire et Tseng rougit au point d’exploser.

Tseng : apportez-moi du vinaigre au lieu de rire du malheur d’un homme malade !

Reno se porte volontaire et part vers la cuisine en riant tout son soul. Il revient avec une grande bouteille de vinaigre qu’Tseng lui arrache presque des mains.

Tseng (totalement largué): Il délire complètement! Il n’est même plus cohérent! Appelez Reeve, c’est lui le scientifique du bord, il nous dira comment le faire revenir à lui!

Reno (s’approche de l’interphone sur le mur et brame de toutes ses forces de sa voix la plus perçante dans l’espoir que ça va réveiller Loz avant que ça tourne mal): Reeve ! Laisse tomber la cat… (il se reprend in extremis en se souvenant de la présence d’Tseng) la cat…astrophe causée par Nero, et viens dans la cabine de Loz, il a un gros malaise ! GROUIIIIIILLE!!

Tseng (les mains plaquées sur les oreilles qui tintent encore): Dites donc, mon garçon, pas la peine de hurler comme ça, les interphones servent à éviter de crier pour communiquer!

Reno (air penaud d’autant plus que ça n’a eu aucun effet sur Loz à qui Yazoo essaie d’arracher la bouteille qu’il caresse amoureusement) : D’solé.

Tseng (bon prince): Ca ira, ça ira. Pensez-y la prochaine fois.

Il se débouche les oreilles dans un bruit de bouchon et se retourne vers la couchette. Yazoo se relève précipitamment en immobilisant la main de Loz qui est partie en balade de son propre chef sur le derrière familier. Du coup la bouteille de vinaigre tombe de ses genoux et se brise sur le sol.

Tseng (se détournant): Pouah! Quelle horrible odeur! Mais comment se fait-il que ça n’ait pas d’effet sur lui ?

Cid (saisissant l’occasion): Ne restez pas ici à suffoquer, Tseng, pas la peine de tous subir cela ! Retournez donc dans la salle de commandement, je suis sûr que vous êtes le plus qualifié pour remplacer Loz à ce poste pendant qu’il est… euh… Disons indisponible.

Tous les autres (poussant Tseng hors de la cabine): Oui, oui, bonne idée, il faut quelqu’un à la barre, vous avez tout à fait raison, Amiral !

Tseng (traînant les pieds genre “mais on a besoin de moi ici”): Mais je voudrais m’assurer de la santé de…

Reeve (arrivant en catastrophe et comprenant la situation aux roucoulements que continue à faire Loz dans un état second): Ouh là ! Si vous le permettez, monsieur, il faut de l’oxygène au blessé, aussi je pense que je travaillerais mieux seul si vous me laissez de l’espace !

Tseng (un peu ennuyé): Bon, si vous le dites, Reeve, on va vous laisser. Venez aussi, Yazoo.

Reeve (qui s’imagine déjà enfermé dans la cabine, seul avec un Loz dans les vapes et complètement allumé qui prend tout ce qui passe à portée pour son cher mamour de frère…) : NOOONNNN !

Tseng (perplexe): Pardon ? Pourquoi ce cri ?

Reeve (confus): Euh, je… J’aurais besoin de quelqu’un pour m’aider et Yazoo est le plus qualifié, monsieur…

Kadaj (très martial, se mettant au garde à vous): monsieur ! Nous ne pouvons pas laisser le Star Trash sans commandement si personnel navigant ! Il faut que remplaciez Loz et retourniez avec moi au poste de contrôle avant qu’une catastrophe n’arrive, sauf votre respect !

Cloud (les yeux au plafond en train de se retenir de rire): Ca c’est sûr que ça va tourner mal s’il reste là…

Kadaj (le fusille du regard): Aide-nous, si t’es si malin!

Tifa (ferme la porte de la cabine d’autorité pour accélérer la décision): Ils ont raison monsieur, il nous faut un homme à poigne aux commandes pour seconder l’amiral Highwind !

Weiss (hilare, à voix basse): Ca, c’est sûr que, de la poigne, Loz en a !

Cloud (lui tapant sur l’épaule an rigolant): Ouais, mais il s’en sert pas toujours sur les comm…

CRACK!!!!!

Tseng, enfin parti vers la salle, se retourne pour voir Weiss et Cloud s’effondrer côte à côte, assommés, et Nero derrière eux croise précipitamment ses ailes derrière son dos.

Nero (sourire contrit): Désolé, je… J’ai glissé. On va les soigner, sir, pas de problème…

Tseng (incrédule, tente de ne rien laisser paraître): Euh… Bon, je vous fais confiance. Quelle insécurité sur ce vaisseau ! Il va falloir que je mette de l’ordre dans tout ça…

Tifa (à côté de Nero, lui fait au revoir de la main) : Certainement, monsieur ! On compte sur vous, monsieur !

Elle a élevé la voix pour éviter qu’TsengTsengTseng n’entende les bruits qui viennent de derrière la porte de la cabine…

… à suivre

Part 8. L’équipage apprend la morale ! Ya du boulot…

La scène redémarre sur le pont de commandement avec tout l’équipage.

Reeve (avec une énorme trousse à pharmacie sous le bras et un gros coussin ) : C’est pour qui l’oreiller ?

Nero lève le doigt en regardant Loz de travers, prend le coussin et s’assoit dessus avec mille grimaces et précautions.

Cid (la voix cassée et l’œil au beurre noir, agite la main) : Là t’as été vache, mec,.

Loz (griffé de partout) : Bien fait pour lui !

Cid (en essayant de se racler la gorge) : D’accord, il a déconné avec Yazoo, mais n’empêche que c’est vache…

Reeve (en brandissant un tube de pommade) : C’est pour qui la pommade anti-piqure,

Tout le monde lève la main.

Reeve : Ppffiuu ! Eh bien ! (Yazoo la lui arrache des mains) Eh là doucement !

Yazoo (couvert de petits points rouges) : Oui ben hein ! C’est moi le plus atteint !

Reno (que Kadaj commence à couvrir de sparadraps) : T’as qu’à croire ! Ouille ! Doucement !

Reeve (qui sort une bouteille d’eau minérale) : C’est pour qui la flotte ?

Loz agite la main.

Tout le monde : NOOOONNN !

Reeve (qui range la bouteille) Désolé Lozy, tu boiras plus tard ! (Etonné, il sort un trousseau de clefs) Qui a demandé un passe partout ? (Elena lève une main timide et Reeve range le trousseau) Compte là-dessus, ma grande !

Shera (qui arrive en tendant une boite à Cid) : Tiens, j’ai enfin retrouvé les strepcils. T’as mal à la gorge ?

Vince se retourne en sifflotant d’un air absent.

Cid (presque aphone) : Si on veut…

Reeve (qui continue la distribution en regardant sa liste) : Et un tube de co… Hein ? Un tube de colle ?

Sephy (un énorme tas de plumes sur les genoux) : C’est pour moi !

Weiss ( des bleus partout ) : Nero ! Bobo !

Nero (qui essaye de trouver la place la plus confortable possible sur son gros coussin) : Je sais, je sais, ton frérot est là, t’inquiète pas !

Tout le monde se plaint, gémit, ou grogne pendant que Reeve les rafistole comme il peut. Le vaisseau fait alors une embardée et tout le monde se retrouve par terre.

Tifa : C’était quoi ça ?

Silence de mort, tout le monde attend.

Deuxième embardée suivi d’un bruit de ferraille.

Troisième embardée,

Une voix résonne dans les hauts parleurs : Zut ! Flûte ! Crotte ! Mais ils ne peuvent pas les faire plus grandes, ces plates-formes d’atterrissage ! Pas vrai ça ! De mon temps c’était pas comme ça ! Ouhouh ! Y’a quelqu’un ? Tout le monde va bien ? J’vous ai apporté une tarte aux pommes et du jus d’orange ! Eh oh !

Weiss : C’est qui, ça, encore ?

L’équipage s’affole, commence à tout ranger et à épousseter le moindre recoin.

Cid (Complètement perdu) : Oulalalalala ! Manquait plus que lui ! Alors plus un gros mot ! Plus une insulte ! Plus une seule insinuation ! Planquez les clops, le matos louche et l’alcool !

Sephy (alarmé) : Qu’est ce qu’il va dire quand il va nous voir comme ça ? (il désigne les pansements dont tout le monde est couvert) Oulalalala !

Cid (qui réfléchit à toute vitesse) : Euhh…On a été attaqués ! On s’est défendu ! Et maintenant tout va bien !

Weiss : TEMPS MORT ! Qu’est ce qui se passe ici ? C’est qui ce mec ?

Tous en cœur : C’est TSENG!

Tseng (dans les hauts parleurs) : Vous êtes là ? Ah ! vous me faites une farce, hein ? Je monte ! J’espère que vous n’êtes pas entrain de vous empiffrer de cochonneries pleines de cholestérol et de sucre en douce !

Kadaj (qui planque tant bien que mal les bouteilles, les joints, les capotes et le « matos » dans un placard qui menace d’exploser) : C’est l’emmerdeur de service ! Le chef des turks ! Le gardien des valeurs morales de la planète ! Le mot le plus grossier qu’il connaisse c’est “ salaud ”.

Weiss (qui siffle entre ses dents) : Oh bah là on est pas dans la merde ! Parce qu ’à moins qu’il soit aveugle, le tutu, je vois pas comment on va passer pour des vertueux !

Nero (hésitant entre effondrement et crise de fou rire nerveux): Ah ca… Déjà l’autre avec sa ceinture de chasteté ça donne l’ambiance…

Weiss (en désignant Reeve qui badigeonne en vitesse tout le monde de crème anti-piqure-d’ailes-de-Nero): Moi, ce qui m’étonne, c’est qu’il n’ait encore rien compris à vivre au milieu d’une bande de tarés pareils…

Cid (se lève d’un coup et essaye de gueuler): C’est qui la bande de tar… keuff keuff keuff *tousse* *tousse*… Aaaghh…

Vince (paniqué -pour une fois, ouahaah…. Bon elle nulle d’accord-): Mamour ! Je t’ai dit de pas trop parler tu te fais du mal… (fusille Weiss du regard) Et toi arrête de l’énerver, sinon je me charge de toi.

Weiss : essaye, pour voir !

Loz : C’est fini, oui ! C’est moi qui vais me charger des deux, si on se fait griller à cause de vos conneries, ça va pas tarder !

Nero (grimace): Ouh là, bah fais gaffe, frérot, il plaisante pas et j’aimerais pas passer après…

Sephy (gêné qu’on parle de son frère comme ça): Bon ben bouclez-là, Tseng ne va pas tarder à débarquer ! Taisez-vous tout le monde ! Ayez l’air naturel !

Yazoo (grommelle en enfilant des gants pour compléter la combi le qui recouvre entièrement, seul moyen de cacher les plaies, piqures et bosses récoltées dans la journée): Naturels, tu parles…

Ils adoptent tous une pose qu’ils espèrent innocente, les couples s’éloignent l’un de l’autre d’un pas réglementaire et la porte s’ouvre pour laisser entrer…

Tseng : Ah enfin je vous trouve ! (S’inquiète soudain des pansements qu’ils portent presque tous) Bah… qu’est-ce qui vous est arrivé ?

Cid veut s’éclaircir la gorge, manque de s’étrangler et est pris d’une crise de toux.

Sephy (tapotant dans le dos de Cid): Ce n’est rien. Nous avons essuyé une attaque surprise de démons inconnus, et nous les avons vaillamment repoussés. Mais la bataille a été rude et nous avons quelques plaies à panser. Voilà. En gros.

Weiss (à part): Ouais… En très très gros, alors.

Tifa (lui file un coup de coude en sifflant): Pas de commentaires!

Kadaj : Bravo Nii-San ! Euh, je voulais dire, excellent rapport de la situation, Général.

Tseng (les couvant d’un regard compatissant): Oh je suis désolé de ne pas avoir été là pour vous aider. Ils devaient être puissants pour avoir réussi à en blesser autant…

Tous (acquiesçant avec ardeur et jetant dans le désordre le plus total): C’est ça, c’est ça, ils étaient très puissants, et supérieurs en nombre, et bien armés, oh là oui ils étaient bien équipés, mais on les a eus, pas la peine de s’inquiéter, tout est réglé maintenant, voilà, c’est ça, tout est réglé, tout va bien, ça roule, on oublie tout et on passe à la suite…

Tseng (remarquant - c’est pas un turk pour rien ! - que l’équipage a quelques nouvelles recrues): Tiens ? Des nouveaux ?

Sephy (tapotant le dos de Cid toujours aphone): Euuuh… Des naufragés de l’espace récupérés au hasard de la mission, rien de bien important.

Tseng (s’approchant de Loz en louchant sur ses mains et son cou pleins de piqures): Qu’est-ce que c’est que ces petits points rouges que vous portez tous?…

Cloud (se met au garde à vous en essayant en vain de ne pas rougir): C’est une arme des démons, M’sieu! Une nouvelle arme très efficace, M’sieu! Ca a passé les défenses, M’sieu! C’est un… (regarde tout le monde en espérant qu’ils lui soufflent une explication plausible, mais ils sont aussi en panne d’inspiration que lui) …un fouet d’épines! Voilà, c’est un fouet d’épines, M’sieu! Ils en avaient tous! C’était une vraie boucherie! Mais heureusement on les a eus quand même ces vermines! M’sieu!

Les autres hochent la tête avec ferveur.

Weiss (le regarde de travers et grommelle) : Si t’aimes pas, n’en dégoûte pas les autres…

Tseng (se tourne vers lui) : Et vous jeune homme? Ah et bien vous n’êtes pas blessé au moins?

Weiss (pique un fard): Ben moi j’ai l’habit… Je veux dire, je sais esquiver le plus gros.

Nero (s’écrie, étonné): Ah bon?

Weiss (fait des gestes de la main dans son dos pour le faire taire): C’est à dire que mon frère et moi avons une certaine expérience, M’sieu.

Reno (glisse en douce): On dit “Chef”, pas “M’sieu”.

Weiss (boude en désignant Cloud) : Ben il a bien dit “M’sieu” lui !

Tseng (lève les mains entre eux pour apaiser les esprits): Bon, ça va, ça va, c’est pas grave. (Passe à Nero, visiblement très intrigué par son mors et sa camisole de force) Alors vous êtes le frère de ce jeune homme ?

Nero (absolument infichu de se mettre au garde à vous vu ses fringues et ses ailes qui cognent au plafond quand il essaie de se tenir tout droit): Oui, Sir ! On voyage ensemble, Sir !

Tseng (paternaliste): Faites attention à ne pas blesser quelqu’un avec ces ailes, le vaisseau est un peu exigu. Et notre cher Sephy lui-même a tendance à laisser quelques plumes dans les sas.

Cloud (en coin): Pas que dans les sas si je me souviens…

Kadaj (tout bas): Shhh!

Tseng (arrive à Elena): Mais… qu’est-ce que c’est que cette tenue ? C’est pas réglementaire ! Et c’est quoi, cette curieuse ceinture, une nouvelle mode venue de la Costa del Sol ?

Elena (qui le regardait avec des petits coeurs dans les yeux depuis qu’il était arrvié et passe soudain en mode « pitbull »): Il se fout de ma gueule en plus, le bridé ?

Tous : Noooon!

Reeve (qui se met devant elle) : Excusez-là, le choc de la bataille, tout ça, elle est encore très énervée, elle ne sait plus ce qu’elle dit… Ils devaient avoir un disrupteur psychique, voilà, c’est sûrement ça ! (Tout bas d’une voix pressante à Elena) Tais-toi donc, tu vois bien qu’il peut pas savoir ce que c’est, il y connaît rien!

Elena (boude): Décidément c’est plein de puceaux, ce vaisseau…

Tout le monde se regarde et lève les yeux au plafond d’un air innocent, sauf Tseng qui a un peu pris des couleurs à la remarque de sa consœur.

Tseng (incarnation de la dignité offensée): Sache, chère collègue, que tu es ici sur le Star Trash, bastion de l’armée spatiale de la Shinra, fierté de la planète, et sous le commandement du vénérable et ô combien respectable Amiral Highwind ! Pas dans une vulgaire maison de passe comme celle dont, au passage, vous m’as l’air de sortir avec cette tenue !

Là tous les autres se regardent incrédules en se demandant s’il parle bien de leur vaisseau.

Tseng (poursuivant sur sa lancée): Les hommes d’équipage de ce vaisseau ont été triés sur le volet pour leurs hautes compétences techniques, stratégiques et martiales!

Reno (ajoute tout bas): Et/ou leur coup de main assuré, leur capacité à remonter le moral des troupes et leurs ouverture d’esprit, entre autres…

Tseng (qui n’entend rien): … aussi, je t’interdis avec la plus grande énergie de jeter le blâme sur leur intégrité, leur grande moralité et leur dévotion sans faille à leur unique passion : la protection de la planète !

Cid est en train de se regarder dans le reflet d’un écran de contrôle pour tenter de savoir si, des fois, il ne se serait pas réincarné à son insu dans le corps d’un saint.

Les autres, honteux, ont la tête piteusement baissée et une jolie couleur vermeille.

Elena s’apprête à faire une remarque sur la séance de conseil de guerre des officiers qu’elle a eu l’occasion de surprendre, mais, prévoyant la cata, Nero se lève d’un seul coup pour faire semblant de se mettre au garde-à-vous et étend ses ailes, assommant Elena au passage.

Nero (lève la main à sa bouche d’un air confus) : Oups ! Désolé !

…à suivre

LIV - Pardon pour le retard mais j’étais mort !

« ” Si vous arrivez en retard, dites :

“C’est que je ne suis pas le premier venu !” »

Alphonse Allais

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et relecture : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

- J’ai un fils… J’ai un fils…

Assis sur l’une des deux chaises qui flanquaient le bureau de Shalua, Loz, les bras ballants et profondément choqué, fut longtemps incapable de dire autre chose.

Yazoo s’approcha de lui pour l’enlacer par derrière et enfouit son visage contre son cou.

- Nous allons le retrouver, Loz, je te promets.

- Vincent, Rufus et Shelke mettent tout en œuvre pour localiser Genesis, renchérit Kadaj, présent lui aussi dans la pièce ainsi que la jeune scientifique et le chef de la WRO.

- Alors c’était lui… bredouilla encore Loz. Le bébé, dans mes rêves… C’était lui…

Reeve hocha la tête et rabattit l’écran de l’ordinateur portable pour leur épargner la vue des images figées du cadavre putrescent qui avait porté l’enfant.

- Probablement, oui. Nous pensons que Genesis compte sur le fait que tu te lances à sa recherche.

L’argenté se raidit.

- Et c’est bien ce que j’ai l’intention de faire ! s’écria-t-il en bondissant sur ses pieds. Même si je dois retourner la moitié de la planète pour le retrouver !

- Loz ! intervint Yazoo. C’est précisément ce que cet homme espère !

- Que ferais-tu à la place ? tempêta son jumeau.

Ce dernier se détourna, sachant très bien qu’il ne réagirait pas autrement si les rôles avaient été inversés.

- Je… Je ne sais pas.

- Je dois retrouver mon fils !

- Et moi, je te garantis que tu ne bougeras pas tes jolies fesses de ce putain de manoir ! rugit la voix de Cid, qui venait d’entrer dans le bureau.

Tous se tournèrent vers le pilote, qui n’avait pas donné signe de vie depuis qu’il avait annoncé son ” saut rapide à Canyon Cosmo ” le soir précédent.

- Cid ! s’écria Shalua en se levant de son fauteuil pour courir l’enlacer.

Elle referma ses bras autour de lui et il grimaça de douleur.

- Attention, ma belle… murmura-t-il, trop bas pour les autres puissent l’entendre.

- Désolée, répondit-elle sur le même ton en retirant les mains de son dos.

Il l’embrassa passionnément et elle ne put que remarquer ses traits tirés et le pli douloureux qui barrait ses lèvres sensuelles.

- Tu vas bien ? demanda-t-elle encore.

Il hocha la tête, rassurant, et cligna de l’œil.

- Tu ne bouges pas tes fesses d’ici, p’tit frère, désolé ! répéta-t-il à l’intention de Loz en pointant un doigt autoritaire dans sa direction.

Shalua et Reeve échangèrent un regard abasourdi, surpris par le ton impérieux que Cid osait employer avec l’argenté et s’attendant à une réaction virulente de la part de ses cadets.

Mais, curieusement, ni Loz ni ses frères ne parurent s’offusquer de sa soudaine familiarité.

- C’est mon fils !

- Justement ! Hors de question de donner à l’enfant de salaud qui le retient la moindre chance de te mettre la main dessus ! On le retrouvera, Loz. Mais ni toi, ni Kadaj ou Yazoo ne devez vous mettre à portée de ce Genesis.

Kadaj se redressa.

- Tu ne peux pas exiger de nous que nous restions les bras croisés ! gronda-t-il, menaçant. Loz passe encore, il est trop impliqué pour ça, mais Yazoo et moi… c’est hors de question ! Cet enfant fait partie de nous !

Cid s’approcha et s’inclina pour mettre son visage à hauteur du sien jusqu’à le frôler, pas le moins du monde impressionné.

- Cet enfant fait partie du clan. Et je le laisserai pas ce Genesis se servir de lui pour mettre ses sales pattes sur l’un de ses membres. C’est clair ?

- Pourquoi ne pourrions-nous p… ? s’entêta l’argenté.

- Parce que j’en ai décidé ainsi, voilà pourquoi ! le coupa Cid. Tu as quelque chose à redire à ça, têtard ? grommela-t-il en le voyant ouvrir la bouche pour protester encore. Penses-tu que Sephiroth vous laisserait aller vous jeter dans la gueule du loup, s’il était à ma place ?

La pâleur de Reeve et de Shalua vira au vert maladif, persuadés qu’ils étaient de voir Kadaj sauter à la gorge du pilote mais, pour leur plus grand étonnement, celui-ci baissa la tête avec respect.

- Non, murmura-t-il. Bien sûr que non…

Cid se calma et lui passa le bras autour des épaules.

- Je sais que vous êtes tous très inquiets mais nous ferons ce qu’il faut, je vous le promets.

Kadaj se laissa aller contre sa poitrine, Yazoo le rejoignit et Loz serra avec chaleur l’avant-bras que lui tendit le pilote

- Promets-moi que tu me le ramèneras, Cid, pria-t-il, les larmes aux yeux.

- Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, p’tit frère. Je te le jure.

Ils restèrent tous les quatre ainsi enlacés un long moment, sous le regard interdit de Reeve et de Shalua, comme si, par une étrange alchimie, leur proximité leur permettait d’échanger leur force et de s’encourager mutuellement sans un mot.

Que les trois garçons agissent de la sorte, cela n’avait, en soi, rien de surprenant lorsqu’on les connaissait mais… Cid !

A plusieurs reprises, la jeune femme crut même surprendre des messages silencieux dans les regards qu’il échangeait avec eux.

Il est leur frère, à présent… “ réalisa-t-elle tandis que Cid lui faisait de plus en plus l’impression d’une femelle bahamut couvant ses petits. ” L’assimilation des cellules de Jenova a fait de lui leur frère aîné ! “

Ce n’était même pas un phénomène conscient, cette évidence était juste inscrite dans le code génétique des cellules transmises par Loz.

Les réflexes de protection de Cid vis-à-vis des argentés n’étaient pas prémédités, elle le savait, moins encore la soumission de ces derniers à ses décisions. Ils les acceptaient parce qu’il était ” des leurs “ et qu’il était leur aîné.

Fallait-il que les gênes de Jenova soient puissantes pour engendrer de tels comportements !

La scientifique ne pouvait s’empêcher d’être fascinée par le phénomène.

C’est prodigieux… “

Elle croyait presque voir les fils invisibles qui les liaient les uns aux autres en un inextricable réseau d’échange de sentiments et d’émotions.

Reeve, aussi stupéfait qu’elle, si ce n’est davantage, lui coula un regard en biais et sourit.

- C’est fou, non ? murmura-t-il tout bas.

Elle acquiesça et lui rendit son sourire.

En silence pour ne pas interrompre les conversations muettes et les échanges émotionnels - qui définiraient les rapports futurs entre Cid et les argentés, de même que leurs places respectives dans le clan -, ils continuèrent à observer l’étrange phénomène qui se déroulait sous leurs yeux avec une fascination à la fois curieuse et attendrie.

*

La nuit était tombée depuis longtemps et la lune palote, dissimulée par intermittence par de noirs nuages menaçants, ne permettait guère d’y voir à plus de trois pas.

Nero, les jambes flageolantes et les bras douloureux à force de tenir le minuscule bébé serré contre lui, s’appuya au mur de la grotte d’où il venait de surgir pour reprendre son souffle,

Il sentit l’une de ses côtes se briser sous la pression d’une arête de pierre qu’il n’avait pas repérée dans l’obscurité et cria.

Son mors de cuir étouffa à demi sa plainte mais, dans le silence de la forêt dense qui recouvrait le flanc sud du mont Nibel, celui-ci parut quand même résonner à des kilomètres.

Sentant que quelque chose n’allait pas, le nourrisson se réveilla et se mit à pleurer, finissant d’affoler le ténébreux.

- Chut, bébé… supplia-t-il, n’osant pas bercer ce dernier de peur de se déboîter un coude ou une épaule. Chut… Ne pleure pas, s’il te plaît… Il ne faut pas qu’on nous entende… Ne pleure pas…

Rassemblant sa dernière énergie il marcha en direction d’un bouquet d’arbrisseaux dans l’espoir de s’y cacher le temps de calmer le petit.

- Non, pas par là, jolie maman, par ici ! chuchota une voix à sa droite, le faisant tressaillir.

Il pivota et reconnut immédiatement le jeune homme nimbé d’un halo fantomatique qui semblait flotter à une dizaine de centimètres du sol.

- Toi… gémit-il en sentant s’envoler les dernières onces de courage qui lui restaient.

- Avec qui as-tu fauté pour nous faire ce joli poupon, boule de suif ? Ton grand frère chéri ?

Nero recula d’un pas et secoua la tête, désespéré, en serrant un peu plus fort le bébé contre lui.

- Je le savais… Je savais que c’était un piège… Je n’aurais pas dû écouter Weiss… Je n’aurais jamais dû…

*

Cid sentit des doigts frais courir sur son visage.

Il ouvrit les yeux, vit le doux visage de Shalua penché sur lui et sourit.

- Quelle heure est-il ? demanda-t-il.

- 21h00. L’heure de dîner. Tu as dormi deux bonnes heures.

Il se frotta les yeux et s’assit sur le lit de la jeune femme, où il s’était écroulé tout habillé après avoir passé la journée à étudier les informations rassemblées par les agents de la WRO et les services de renseignement de la Shinra.

Ils avaient tous eu beau se creuser les méninges et tapoter sur leurs claviers jusqu’à en avoir les yeux rougis, les traces de la présence de Genesis se perdaient quelque part entre le cratère Nord et le Canyon Cosmo.

- Du nouveau ? demanda-t-il.

La scientifique secoua la tête.

- Shelke n’arrive pas à entrer en contact avec Lucrecia ou Aerith. Et l’électroencéphalogramme de Sephiroth fait des sauts de cabri depuis plus d’une heure. Il se passe apparemment quelque chose mais quoi, ça…

Elle soupira et il lui caressa tendrement la joue.

- Aerith ne nous laissera pas dans doute très longtemps, j’en suis convaincu. Elle nous fera signe d’une manière ou d’une autre.

Il se pencha sur elle pour lui voler un baiser et elle se laissa aller contre sa poitrine dure pour s’enivrer de son parfum si viril, goûtant la façon dont sa barbe naissante lui picotait les lèvres tandis que sa langue s’enroulait autour de la sienne.

- Est-ce que je peux la voir ? murmura-t-elle dans sa bouche.

Il sourit contre ses lèvres et s’écarta un peu.

- Bien sûr que tu peux. Il faut changer le pansement, de toute façon.

Il retira son t-shirt avec précaution et, folle de curiosité, Shalua dénoua lentement les larges bandes de lin artisanales qui lui bardaient la poitrine, protégeant son dos.

Lorsque le dernier pan d’étoffe vaporeuse tomba, la jeune femme recula d’un pas pour contempler le large dos muslé et ne put retenir un hoquet surpris.

- Alors ? demanda Cid.

- Cid, c’est… C’est magnifique !

Le pilote sourit.

- Tu me rassures parce que j’ai cru que j’allais en avaler ma langue, tellement j’en ai bavé !

- C’est incroyable, c’est… Les mots me manquent ! J’en avais déjà vu en photo mais là… Mon Dieu, Cid, tu as dû souffrir comme un damné !

- Mais est-elle à la hauteur de ce qu’elle honore ou pas ?

- Oui, assura-t-elle. Oh, oui, elle l’est. Elle… Elle est superbe, Cid. Vraiment. Tu devrais la lui montrer.

Il secoua la tête et lui présenta de nouveau son dos pour qu’elle puisse le bander de frais.

- Je ne l’ai pas faite pour faire joli ni m’en vanter à la ronde, Shalua.

- Je le sais bien Cid, mais…

- Il la verra bien tôt ou tard, ne t’en fais pas.

Elle prit un vaporisateur d’antiseptique dans sa trousse de première urgence et en aspergea le dos du pilote.

- C’est dingue, reprit ce dernier. Tu te rends compte qu’à l’époque, quand Tifa a été laissée pour morte dans la vieille église et que Cloud s’est fait fumer sur la tour, à Midgar, j’ai dit à Barret que, jusqu’à mon dernier souffle, je fouillerai la rivière de la vie à la recherche de ce fils de pute de Loz ? Je pensais vraiment que la déesse ne m’avait permis de survivre et d’échapper aux géostigmates que dans ce but…

Shalua éclata de rire.

- Quoi ? Pourquoi lui et pas les autres ?

Le pilote fit une moue sarcastique, comme pour se moquer de lui-même.

- Parce que je ne m’en prends ni aux femmes ni aux gosses et que c’était le seul de ces trois salopards qui, à mes yeux, paraissait suffisamment viril et adulte pour que je me permette de lui mettre mon poing dans la gueule !

Shalua éclata de rire à son tour.

- Oh ! Mon Dieu, Cid… Ne dis jamais ça à Kadaj ou à Yazoo !

- Ouais… Je sais. Mais je voulais vraiment lui faire la peau, tu sais. Lui en faire baver jusqu’à ce qu’il crie grâce, autant que lui et ses frangins avaient fait souffrir toute la planète ! Et regarde ce qui s’est passé… (Il laissa échapper un rire amer) Comme quoi, il faut vraiment, vraiment faire attention à ne pas faire de vœux qui pourraient se réaliser bien au-delà de nos espérances ! C’est ce je dis toujours à Denzel et à Marlène.

- Oh, je le sais ! A cause de ça, il a pleuré toutes les larmes de son corps, persuadé que c’était à cause de lui que Loz était ” en train de mourir ” !

Le pilote pouffa.

- Tu plaisantes ?

- Non, je t’assure, demande à Tifa, martela-t-elle en commençant à bander son torse. C’est la promesse en question, là, en bas, n’est-ce pas ? demanda-t-elle en passant délicatement le doigt sur ses muscles lombaires.

Cid acquiesça.

- Oui.

- Qu’est-ce que ça dit ?

Il se retourna à demi pour lui murmurer quelque chose à l’oreille et une émotion sans nom serra la gorge de la jeune femme.

- C’est vraiment beau. Tu devrais la montrer aux autres, Cid, je t’assure ! (Il secoua de nouveau la tête en souriant) Réalises-tu que vous devez être une poignée d’hommes sur cette planète à porter une promesse de sang authentique ? C’est quelque chose qui mérite de…

- Shalua ! railla Cid en riant.

- D’accord, ça va, je me tais, je n’insiste pas…

Elle fit mine de bouder et son rire redoubla.

- Viens par là, toi ! fit-il en l’attrapant par la taille pour l’allonger sous lui.

*

- Toujours rien, annonça Vincent tirant la chaise de Shelke pour l’aider à s’asseoir à la grande table.

La jeune fille était visiblement épuisée et, n’eut été l’insistance de Rufus et de Vincent, elle serait plus volontiers allée se coucher que dîner.

- Monsieur Valentine a raison, il faut reprendre des forces, fit Gretta en remplissant généreusement son assiette.

Reeve posa sa fourchette et soupira, déçu.

- On trouvera, Reeve, assura Rufus. Ca prendra le temps qu’il faudra mais on trouvera.

- A supposer qu’on ait du temps, laissa tomber Loz, lugubre.

Tifa lui serra la main sous la table, le cœur serré, et Yazoo lui adressa un sourire d’encouragement.

- Et toi, mon pote, ça va ? lança joyeusement Reno pour détendre un peu l’atmosphère en assénant une grande claque dans le dos de Cid, faisant hoqueter Shalua.

L’effet ne se fit pas attendre et le pilote laissa échapper un cri de douleur étouffé en se bandant comme un ressort.

- Putain de merde ! Reno ! jura-t-il en arquant le dos.

La grossièreté du juron fit pouffer Denzel et Marlène, qui reçurent chacun une tape sur la tête de la part de Tifa.

- Bah… Qu’est-ce que t’as ? s’étonna le turk, confus. Je croyais que le mako t’avait remis à neuf, non ?

Il jeta des regards confondus à la ronde, désolé de sa boulette, mais chacun haussa les épaules, ne comprenant pas non plus la réaction du pilote.

- Oh ! Mais c’est le cas, Reno, répondit Shalua avec un petit sourire en coin. Sa nouvelle… ” blessure ” n’a rien à voir avec son ex-femme !

Cid lui coula une œillade sarcastique et elle lui répondit par un sourire taquin.

- Tu es blessé ? s’enquit Vincent, inquiet.

Le pilote ouvrit la bouche pour répondre par la négative et inventer une sombre histoire de chute et d’écorchure mais la jeune scientifique le devança.

- Il a fait une promesse de sang ! claironna-t-elle avec délice, provoquant la stupéfaction autour de la table.

- C’est pour ça que t’es parti à Canyon Cosmo ? demanda Cloud, dont les yeux venaient de s’écarquiller jusqu’à doubler de volume.

- Oh, putain… Bah merde, alors ! laissa échapper Barret.

- Barret ! le tança Tifa en désignant les enfants, qui riaient à nouveau comme des fous.

- Une promesse de sang mais… une vraie ? s’étonna Rude, dont la fourchette s’était arrêtée à mi-chemin de sa bouche béante.

Shalua acquiesça à la place de Cid.

- Une vraie de vraie ? insista Reno. Pas l’un de ces tatouages à la mode, comme on fait a Edge ? Wouahhh ! Et… on peut voir ?

Yazoo se pencha vers lui.

- Une promesse de quoi ?

- Une promesse de sang ! Un truc mystique fait les par les chamans de Canyon Cosmo ! T’en as jamais entendu parler ?

L’argenté se tourna vers ses frères, qui secouèrent la tête de concert.

- Non.

- Une promesse de sang est un sacrifice que l’on fait en l’honneur de quelqu’un, expliqua Vincent. Je n’ai vu qu’un homme en porter une dans ma vie. Il l’avait faite pour sa fille.

Rufus acquiesça, aussi étonné que les autres convives.

- Les souffrances que l’intervention occasionne sont terribles. Elles sont offertes via le chaman à la rivière de la vie, pour qu’en échange ce paiement elle se montre clémente et veille sur l’âme de la personne à qui l’on a dédié sa promesse. C’est un acte de piété et de générosité totale, qui n’apporte absolument rien à celui qui la fait, ni bénédiction divine ni quoi que ce soit de cette sorte. Une démarche entièrement tourné vers et au bénéfice de l’autre.

- C’est d’ailleurs pour ça qu’il n’y a jamais eu beaucoup de volontaires ! plaisanta Reeve. Les promesses de sang sont une chose rarissime et, contrairement à Vincent, je n’en ai jamais vue une seule. Une vraie s’entend. Mais j’ai vu quelques vieilles photos. C’est surprenant.

- C’est quoi ? demanda Kadaj, curieux. Un tatouage ou quelque chose comme ça ?

- Pas tout à fait, expliqua encore Rufus. Les cinq éléments de la planète doivent toujours intervenir dans une promesse de sang : l’eau, le feu, la terre, l’air et l’esprit. La chair est donc marquée par des scarifications, des tatouages aux encres très particulières, des brûlures et des implants minéraux, le tout formant un dessin illustrant la promesse elle-même, écrite en lettres cunéiformes primitives, une écriture ancestrale et mystique plus ancienne encore que le cetra.

- Vous avez l’air de maîtriser sacrément le sujet, dites-moi ! railla le pilote.

Le jeune président hocha la tête.

- J’ai étudié les traditions chamaniques et l’écriture primitive pendant longtemps. C’est fascinant et très instructif. Mais, comme Reeve, je n’ai vu de promesses de sang qu’en photo, hélas.

Tifa se pencha vers Shalua et lui pinça le bras, taquine.

- Alors ? Qu’est-ce que ça fait d’être gravée à vie dans la chair de ton pilote adoré ? demanda-t-elle, malicieuse, faisant rire toute la tablée.

La jeune scientifique ne se démonta pas.

- Et qui te dit que cette promesse me concerne, ma chère Tifa ? rétorqua Shalua, ravie de la surprise que provoqua sa révélation.

- Bon, tu nous montres ou pas ? insista Reno, impatient.

Cid soupira et - flatté malgré tout par les réactions qu’il suscitait - se leva sous les regards curieux de ses amis pour retirer son t-shirt.

Shalua, ravie, l’aida à défaire son bandage et, lorsqu’il pivota pour leur montrer son dos, des cris surpris et émerveillés retentirent jusqu’au plafond de la grande salle.

- Oh, mon Dieu ! s’exclama Tifa, qui n’en croyait pas ses yeux.

- C’est… C’est… dingue ! fit à son tour Yuffie, qui s’était approchée pour y voir de plus près.

- Incroyable… murmura Cloud. C’est… C’est des scarifications, ça, non ? demanda-t-il en détaillant l’arabesque d’une ronce stylisée qui ressortait en relief sur la peau. Tu as dû en baver comme c’est pas permis…

Reno, qui en était resté sans voix, se tourna vers Yazoo, qui pressait les deux mains sur sa bouche, sidéré.

- C’est beau, non ? murmura-t-il. Tu as vu ces couleurs ? On dirait que les entrelacs de lianes et ronces vont se mettre à bouger.

L’argenté acquiesça.

- Magnifique ! s’écria Rufus. Vincent, tu as vu ça ?

- Oui, c’est… c’est superbe.

- Les détails sont tout simplement époustouflants ! acquiesça Reeve en suivant prudemment du doigt la ligne d’une minuscule araignée argentée cachée parmi les entrelacs végétaux qui entouraient le dessin central.

Chacun s’extasia ainsi durant un long moment, essayant de voir tous les détails cachés du dessin, chacun ayant une signification bien précise pour Cid.

Puis, l’un après l’autre, les convives se tournèrent vers celui qui était concerné au premier plan par la Promesse de Sang en question car point n’était besoin d’être versé en mystique chamanique pour voir au bénéfice de qui celle-ci avait été faite.

La symbolique du dessin central était on ne peut plus évidente.

Scarifications, implants, tatouages, tout se mêlait dans une débauche de couleurs avec une élégance et une beauté que personne n’aurait pu soupçonner de prime abord au vu de méthodes d’ornementation d’apparence aussi ” barbare “.

Le coupe-papier en forme de dague que Shera avait utilisé pour poignarder le pilote avait été reproduit avec une minutie quasi magique et avec un tel réalisme que l’on croyait pouvoir le saisir en tendant la main.

Il était planté jusqu’à la garde entre deux vertèbres et le sang qui coulait de la blessure n’était pas rouge… mais vert mako.

Loz qui, la gorge trop serrée pour prononcer le moindre mot, était resté un peu à l’écart, osa enfin s’approcher.

Formant une sorte de haie d’honneur improvisée, le groupe se scinda en deux de part et d’autre du pilote pour le laisser passer et ils observèrent ses réactions avec une émotion teintée de respect.

L’argenté tendit la main pour toucher, du bout des doigts, les élégants déliés et arabesques qui entouraient le dessin central de l’incroyable œuvre d’art ornant le large dos de Cid.

Il s’arrêta sur le cartouche qui contenait des sortes de dizaines de petits triangles dans toutes les positions possibles et imaginables.

- Que… qu’est-ce que ça dit ? demanda-t-il d’une voix étranglée par l’émotion.

Cid, trop ému pour parler, tourna un regard suppliant vers Rufus, qui s’approcha et lut d’une voix vibrante :

- « A toi qui as tant souffert pour que je puisse vivre… Moi qui n’avais survécu que pour te faire souffrir. »

Un concert de cris étouffés et d’exclamations émues s’éleva dans la grande salle et beaucoup sentirent leur gorge se nouer jusqu’à leur mal.

Loz, lui, ne voyait presque plus rien tant il pleurait.

Il n’en posa pas moins la main sur l’épaule de Cid pour le faire se retourner.

- Tu n’étais pas obligé de faire ça, Cid…

- Je sais, p’tit frère, répondit celui-ci en serrant l’argenté contre lui dans une étreinte brutale en tapotant doucement le pansement au bas de son dos par-dessus le blouson de cuir. Disons que moi aussi j’avais envie de garder ce souvenir là gravé dans la peau…

Yazoo eut beau faire, il fut incapable de retenir un sanglot, et Kadaj lutta pour ne pas se laisser déborder à son tour par son émotion.

Yuffie prit la main de Tifa et essuya ses yeux.

- Je crois que je vais me mettre à pleurer comme une fontaine… geignit-elle.

Tifa, non moins touchée, allait répondre par une petite boutade amicale lorsque Merill fit irruption dans la salle, blême et totalement paniqué.

- Shalua ! Vite !

Celle-ci se reprit et tous se tournèrent vers le jeune homme, soudain inquiets.

- Qu’y a-t-il, Merill ?

- Sephiroth ! Ca y est ! Il a ouvert les yeux !

à suivre.

LII - Frères de sang

Quand le ciel veut sauver un homme,

il lui donne l’affection d’un ami pour le protéger.”

Lao-Tseu

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Lorsque Loz ouvrit à demi les yeux, il faisait nuit noire dans le parc du manoir et la lampe de chevet nimbait la chambre d’une douce pénombre dorée.

- Tifa ? murmura-t-il avec difficulté dans un état semi-conscient, la gorge irritée d’avoir tant hurlé. Yazoo ?

Il grimaça, tourna la tête de part et d’autre du lit pour chercher la jeune femme ou son jumeau et deux grands yeux d’un bleu d’azur lui sourirent.

- Bon retour parmi les vivants !

- Cid…

L’argenté voulut s’asseoir sur le lit et ravala de justesse la plainte qui lui monta aux lèvres lorsque l’horrible brûlure de mako au bas de son dos frotta sur les draps malgré la barrière protectrice du pansement.

Cid bondit aussitôt de sa chaise pour l’aider à se redresser.

- Eh ! Là… Doucement !

- Merci…

Loz était pâle comme la mort, ses yeux cernés de noir et ses traits étaient marqués par les souffrances qu’il avait endurées - et qu’il endurait sans doute encore.

- C’est moi qui ai failli passer l’arme à gauche et c’est toi qui en baves, hein ? fit remarquer Cid, bien plus touché qu’il ne l’aurait voulu.

L’argenté simula une expression sereine.

- Je vais bien, maintenant.

- Ouais… Tu parles. J’ai connu des prêtres de Gaïa qui mentaient mieux que toi !

Loz rit malgré lui.

- Quand es-tu sorti de la cuve ?

- Il y a deux heures à peine. Et je suis venu remplacer ta dulcinée à ton chevet jusqu’à ce qu’ils aient fini leur ” réunion au sommet “.

- La réunion ? Quelle réunion ?

Comme Shalua lui avait conseillé de le faire jusqu’à ce que l’argenté soit parfaitement rétabli, le pilote secoua la tête et sourit comme s’il s’agissait d’une chose sans importance.

Heureusement pour le convalescent, Cid mentait bien mieux que lui.

- Les hommes de Reeve ont découvert un étage supplémentaire dans les anciens locaux du Deepground. Rien de bien folichon ! Les autres t’en parleront quand tu te seras reposé. Ne te prends pas la tête avec ça pour l’instant.

- Je suis heureux de voir que tu vas bien, Cid. Tu nous as fait une belle peur, tu sais.

Celui-ci s’assit sur le bord du lit et serra l’avant-bras de Loz, qui aurait juré voir ses yeux briller plus que de coutume.

- Alors ? On est quoi, maintenant, toi et moi ? demanda le pilote, le gosier si noué par l’émotion que les mots avaient du mal à sortir. Frères de sang ?

Un sourire incurva les lèvres sensuelles de l’argenté.

- Un truc comme ça, oui, sans doute.

Cid sentit quelque chose d’humide rouler sur sa joue hérissée d’une sempiternelle barbe naissante et, faisant fi de ses habituels discours sur la sensiblerie, serra Loz contre sa poitrine en une étreinte de fer aussi soudaine que sincère.

- Merci, mon frère… murmura-t-il, le visage enfoui au creux du cou de l’argenté. Je sais ce que je te dois…

Loz répondit à son étreinte avec sa sensibilité et sa simplicité habituelle, comme il l’aurait fait avec Kadaj ou Yazoo, et ils restèrent ainsi de longues minutes, sans rien dire, laissant simplement les larmes couler sur leurs visages, lavant les tensions et les souvenirs des moments difficiles.

Mary, la nourrice qui avait élevé Cid à la mort de son père, lui aurait flanqué une belle taloche, si elle avait pu le voir se répandre ainsi.

” Ce sont les femmes, qui pleurent, Cid. C’est dans l’ordre des choses. Tout comme ce sont les lionnes chassent, pour nourrir leur famille, et non les lions ! C’est ainsi que Dame nature en a décidé. “

Pourtant, ça faisait tellement de bien…

Mais si ce sentiment de quiétude et de tendre complicité qui l’envahissait lorsqu’il étreignait l’un de ses frères était familier pour Loz, il ne l’était pas pour le pilote, peu habitué aux marques d’affection et aux contacts physiques autres que ceux qu’il dispensait aux femmes qui partageaient son lit.

Même avec Vincent, qui était pourtant ce qui pourrait se rapprocher le plus d’un ami intime, ce genre de proximité devenait rapidement… “gênante”.

Avec Loz, c’était différent.

Cid avait l’impression de serrer dans ses bras une partie de lui-même. Son contact, son odeur sucrée, sa chaleur, tout son être paraissait trouver une résonance en lui. Une résonance qui n’était pas là avant que…

” Les cellules de Jenova… “ réalisa soudain le pilote.

Il les sentait presque courir dans ses veines et vibrer à la proximité de l’un de ses ” frères “, en écho aux siennes.

Il se raidit, s’attendant à être soudain empli de dégoût mais… non.

Au contraire.

Ce n’était pas le mauvais de côté de Jenova qu’il découvrait là, il le savait, le percevait jusqu’au plus petit recoin de son cerveau.

Les cellules qu’il avait reçues étaient pures de toute influence néfaste. C’était simplement une qualité intrinsèque de ces dernières : pouvoir ressentir la présence de ses ” semblables ” et glaner des indices sur leur état d’esprit comme s’ils étaient un échantillon de sa propre essence. Pour lui, qui avait perdu ses parents très jeune et n’avait ni frères, ni enfants, ni même de famille encore en vie, c’était un sentiment totalement nouveau.

C’était agréable d’être aussi proche d’un autre être sans qu’aucune connotation sexuelle ne vienne troubler la donne… D’éprouver une telle sensation d’apaisement et de sentir sa poitrine de gonfler d’affection à son contact…

Ressentirait-il une chose semblable avec Kadaj ou Yazoo ?

Très certainement, bien que probablement moins intensément. Et peut-être même avec Sephiroth.

Cid allait avoir du mal à expliquer cet étrange sentiment de complicité innée et d’attachement à Vincent ou à Shalua. Quoiqu’à fréquenter avec les argentés et à voir la relation fusionnelle qu’ils entretenaient, un esprit suffisamment ouvert pouvait s’en faire aisément une idée.

- Merci, Loz… murmura-t-il encore. Merci pour tout…

- Ce n’est rien. Tu ferais la même chose pour moi. (Un court silence, puis :) Tu… Tu le ferais, Cid… n’est ce pas ?

En percevant le doute qui vibrait dans sa voix, le pilote sourit contre son cou et resserra son étreinte.

- Oh ! Oui, petit frère… assura-t-il avec toute l’affection dont il était capable. Je te jure que oui…

Il sentit les larmes de l’argenté humidifier le col de son t-shirt et les siennes redoublèrent.

Cela faisait tellement de bien de se laisser aller… Tellement de bien…

Les hommes ne pleurent pas “ disait sa nourrice. ” C’est dans la nature des choses, tout comme tu ne verras jamais un lion chasser. “

Elle se trompait.

Les hommes peuvent pleurer et les lions savent chasser. C’est le courage de le faire qui leur manque. C’est tout…

*

Nero secoua obstinément la tête.

- Je ne t’abandonnerai pas, Weiss… Jamais.

- Au contraire ! T’enfuir et amener de l’aide est le meilleur moyen de nous sauver tous les deux.

- Non… gémit le ténébreux. Il se vengera encore sur toi ! Il te tuera !

- Il a trop besoin de moi pour ça, Nero.

- Mais…

- Il nous tuera tous les deux tôt au tard, ne le comprends-tu pas ? Lorsque nous lui aurons donné ce qu’il veut, il n’aura plus que faire de nous. C’est la seule solution, mon frère. La seule…

Nero se laissa tomber aux pieds de son aîné avec un gémissement douloureux et étreignit ses jambes.

- Quand bien même, je ne suis même pas certain d’avoir la force physique de sortir de cette grotte, Weiss. Dès que je m’éloigne de la rivière de la vie, mon corps me trahit…

- Tu dois essayer ! Et tu dois emporter le bébé avec toi.

Nero hocha tristement la tête.

- J’aurais déjà de la chance si mes bras ne se brisent pas comme du verre sous son poids.

- ” Sortir à la surface “ a dit Angeal. C’est tout ce que tu auras à faire, mon frère. Sortir à la surface et te cacher dans la forêt jusqu’à ce qu’ils viennent te chercher.

Son cadet enlaça ses mollets vigoureux de ses bras frêles et y appuya tendrement sa joue.

- Non… Je t’abandonnerai pas ici, Weiss.

- Nero ! supplia celui-ci.

- Je t’abandonnerai pas…

*

La chambre des jumeaux était plongée dans le noir et n’eut été l’odeur sucrée qui flottait dans la pièce, on aurait pu la croire vide tant Yazoo, assis sur le bord de l’un des lits, se tenait immobile.

Ce n’est que quand Reno fut à trois pas de lui qu’il réalisa qu’il pleurait en silence.

- Nous… Nous nous attendions à ce que tu descendes au moins pour le dîner, murmura le turk, ne sachant comment l’aborder.

L’argenté continua de fixer le parc enténébré à travers le carreau de la fenêtre.

- Je n’ai pas faim… répondit-il d’une voix à peine audible.

Reno soupira.

- Ca peut se comprendre.

Un long silence s’installa, que le turk finit par rompre en s’asseyant aux côtés de l’incarné mais sans oser aller jusqu’à le toucher, ce qui fit redoubler les larmes de ce dernier.

- Je… Je ne sais pas quoi dire, Yazoo. Je… Je… je n’ose même pas imaginer ce que tu as dû ressentir en voyant ces images.

- Ne te crois pas obligé de dire quoi que ce soit, Reno… répondit l’argenté, la gorge nouée jusqu’à l’étouffement et la poitrine serrée dans un étau.

- Je suis désolé, Yazoo. Je… (Il se frotta le visage, horriblement mal à l’aise) Rufus a… J’ai pensé que… Enfin, que nous… Oh, et merde ! jura-t-il en se levant brutalement pour faire les cent pas en se tordant les mains.

Dans un élan de rage, il laissa tomber brutalement ses poings fermés sur la commode, faisant sursauter Yazoo.

Le silence retomba entre eux, seulement interrompu par la respiration haletante du turk et les sanglots étouffés de l’argenté.

- J’aurais donné dix ans de ma vie pour ne jamais avoir à t’imposer ça, Reno… Je te le jure.

Ce dernier se tourna lentement vers lui mais, à sa grande surprise, Yazoo ne lut dans ses yeux ni dégoût ni mépris, juste une profonde commisération.

- Il y a… Il y a une très jolie crypte, près de la chapelle, murmura le turk en revenant s’asseoir à ses côtés pour lui prendre timidement la main. Oh, je sais que ça ne le ramènera pas et que ça ne changera pas ce qui s’est passé, ajouta-t-il précipitamment lorsqu’il vit la bouche de Yazoo s’ouvrir d’étonnement. Mais… mais je me suis dit que… que tu aurais peut-être envie de… de… enfin, tu comprends ce que je veux dire, fit-il, horriblement mal à l’aise.

- Une… crypte ? bredouilla l’argenté, perdu.

- Oui, près de la chapelle, au nord du parc. C’est un endroit très paisible entouré de pins parasols et de lauriers-roses, un lieu de repos pas lugubre du tout. On peut aller le voir, si tu veux. Tu… tu n’es pas obligé de prendre une décision tout de suite. Rufus a ordonné que l’on garde le… enfin le ” corps ” à la morgue de la clinique Shinra de Edge en attentant de savoir si tu voulais qu’on l’incinère ou que… enfin tu vois.

Yazoo laissa échapper un hoquet étranglé, comprenant enfin de quoi Reno parlait et pourquoi il était à la fois triste, révolté et en colère. Et ce n’était pas du tout, comme il l’aurait cru, parce que son ” presque-amant ” avait cessé d’être un homme pour devenir un monstre sans réelle identité sexuelle.

- Reno… put-il seulement chuchoter, étouffé par ses sanglots.

Comme si cela avait été le signe que celui-ci attendait depuis qu’il était entré pour pouvoir étreindre l’argenté, le turk le serra enfin contre lui et enfouit son visage dans ses cheveux argentés.

- Tseng et Elena te présentent leurs condoléances, reprit le turk. De tout cœur. Et c’est sincère, je peux te l’assurer. C’est eux qui sont allés le récupérer au labo du Deepground tout à l’heure, à la demande de Rufus. (Les larmes de Yazoo redoublèrent et il s’accrocha désespérément à la chemise de Reno.) Ca va aller, mon ange. ca va aller, il ne faut pas t’en faire, tout se passera bien, tu verras. Elena… Elena a dit que c’était comme s’il dormait. Le mako a parfaitement conservé les tissus, tu ne seras absolument pas choqué de le voir si tu en as envie, je te le promets. C’était un très beau bébé, tu sais… Oui, un très beau bébé.

Lorsque Reno lui avait avoué ses sentiments, la veille, Yazoo avait cru que plus jamais il ne se sentirait aussi humain, aussi vivant, aussi… ” normal “.

Mais il se trompait.

En offrant une sépulture à celui qui aurait pu être son fils comme si c’était la chose la plus naturelle du monde, on venait le faire passer Yazoo du stade d’objet d’expérimentation à celui d’être humain à part entière. Tout comme du statut de déchet chirurgical, son fils était passé à celui de victime d’un infanticide.

- Je ne sais pas si c’est le genre de choses à dire dans ce genre de situation, Yazoo, mais… Rien ne t’empêche d’avoir d’autres enfants. Ce ne sont pas les mères porteuses qui manquent, ni les femmes ayant projeté de donner leur corps à la science et qui seraient ravies de pouvoir donner la vie même après leur mort. Et cette fois… Cette fois, tu pourras au moins choisir le père, acheva-t-il d’une voix trop timide pour ne pas y voir une allusion personnelle à peine voilée.

Yazoo ne s’y trompa pas et redressa la tête, à la fois merveilleusement surpris et totalement décontenancé.

- Pardon… s’excusa aussitôt le turk, gêné par sa propre audace. Je n’aurais pas dû dire ça.

- Non, je… Enfin, je veux dire si, tu as bien fait, au contraire, je… (Il sourit) Tu as su trouver les bons mots, Reno, je t’assure.

Il se blottit dans ses bras et colla son oreille contre sa poitrine pour entendre les battements de son cœur.

Reno le garda simplement ainsi serré contre lui, sans rien dire, respectant à la fois sa douleur et son silence.

Au bout d’un long moment, Yazoo s’essuya les yeux et se redressa.

- Merci, Reno… murmura-t-il, profondément ému. Merci de m’accepter tel que je suis.

- Quoi ? Ca ? demanda le turk en posant la main au bas de son ventre, à l’endroit où il avait vu Hojo pratiquer l’incision dans la vidéo. (Yazoo acquiesça et Reno haussa les épaules) Si ce truc là n’était pas là, tu ne serais plus vraiment notre Yazoo baby… Sais-tu à quel point nos putains d’hormones influent sur notre cervelle et notre comportement en général ?

Yazoo lui répondit par un sourire et fondit à nouveau en larmes, mais de pur soulagement, cette fois.

*

Tifa quitta sa chambre sur la pointe des pieds avec le plateau préparé par Gretta. Loz y avait à peine touché et s’était endormi en plein milieu de son repas.

- Comment va-t-il ? chuchota une voix douce dans le couloir.

La jeune femme se tourna vers Yuffie et Kadaj qui, leur dîner terminé, étaient montés se coucher.

Cait 9 se tenait entre eux deux, une petite patte serrée dans la main de chacun des jeunes gens.

- La douleur l’a épuisé. Il s’est endormi avant même de terminer son bol de potage.

- Lui as-tu parlé de… ce que tu sais ? s’enquit l’Utaïenne.

Tifa secoua la tête.

- Bien sûr que non mais… (Elle se mordilla la lèvre et ravala ses larmes) Je me sens coupable de garder le silence. Ca me fait tellement de peine de le voir dans cet état, si tu savais…

Son amie lui pressa le bras de sa main libre et Cait lui adressa un sourire d’encouragement.

- Loz est solide et dès demain soir, il arpentera les allées du manoir !

- C’est gentil, Cait, remercia la jeune femme en lui gratouillant la tête.

- Cait a raison, assura Kadaj. Demain, il sera d’aplomb et nous lui parlerons de son fils à ce moment là. Pour l’heure, il faut juste le laisser récupérer. (Il soupira.) Je comprends ton inquiétude. Moi-même, je pensais qu’il supporterait l’injection de mako mieux que ça. Au laboratoire, il était sur pied en quelques heures à peine.

Tifa sourit avec amertume.

- Loz a été très malade, la nuit dernière, Kadaj. Et la précédente n’a pas été bien meilleure. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les conditions n’étaient pas réunies pour que l’intervention se passe au mieux.

- En parlant de ça, vous savez où est passé Cid ? s’enquit Yuffie. Il a disparu juste après le dîner.

Tifa sourit.

- Sans doute avec Shalua. Il ne…

Elle fut interrompue par un bruit sourd provenant du toit.

- L’hélicoptère ? s’étonna Kadaj en échangeant un regard interloqué avec l’Utaïenne.

- Qui peut partir en balade à cette heure ?

…à suivre

LI - J’ai mal à mon “ moi ”

«Il ne faut pas blesser une bête ;

on la caresse ou on la tue !»

Anonyme

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Ne pas dormir… Il ne fallait surtout pas qu’il sombre dans l’inconscience ou les cauchemars reviendraient…

Il devait lutter contre cette langueur qui menaçait de l’engloutir. Lutter contre les sédatifs…

Lutter…

Lutter…

Lutter…

La sensation désagréable d’une aiguille que l’on retire de la chair de son bras…

Voilà… “ disait la voix douce. ” Avec ça, il devrait dormir comme un bébé. “

Quelque chose de petit, d’humide et de chaud qui se pose sur sa joue avec un bruit de ventouse…

Un baiser ?

Attention, Marlène. Ne t’appuie pas sur lui, tu pourrais lui faire mal. ”

Cette fois, la voix est grave, rocailleuse et puissante. Reconnaissable entre toutes.

Barret ?

Quand est-il revenu ?

Pourquoi il n’a pas ouvert les yeux ? “ demande la petite, une note inquiète dans son intonation fluette.

Parce que je l’ai endormi, ma chérie. Pour qu’il n’ait plus mal du tout. ”

Shalua…

Approche, Denzel, n’aie pas peur. “ dit la belle voix de Vincent. ” Tu vois ? Ne t’avais-je pas promis qu’il ne mourrait pas ? “

Une petite main tiède et timide sur son biceps…

Il va se réveiller quand ? “

Quand il se sera assez reposé. Mais pour cela, nous devons le laisser tranquille. Allez, fais-lui un bisou toi aussi et remontons avec les autres. “

A nouveau deux mains fragiles et enfantines sur sa poitrine et une petite bouche mouillée sur sa joue.

Tifa, on pourra revenir le voir avant d’aller dormir ? “

A la mention de ce nom, son cœur fait une embardée.

Tifa… Elle était donc là, elle aussi.

Une main tendre lui lisse les cheveux et le parfum délicat de la jeune femme lui caresse les narines. Elle semble inquiète.

Tifa…

S’il en avait la force, il lui sourirait pour la rassurer.

Bien sûr, ma chérie.”

Tu restes ici ? “

Oui. Yazoo et moi allons rester près de lui, cette nuit. “

Shalua, ne serait-il pas mieux là-haut que dans ce sous-sol aseptisé ? “

Vincent… le seul homme sans doute à détester les laboratoires autant que lui. Une fois encore, il aurait aimé sourire.

Probablement, oui. Mais il faudrait que Barret ou Rude nous aident à le trans… “

La jeune scientifique n’a pas le temps de finir sa phrase que Loz sent déjà des bras énormes se glisser doucement derrière sa nuque et le creux de ses genoux.

Pas de problème. “

Il est soulevé de son lit avec une facilité déconcertante et une douceur qui surprend de la part d’un colosse comme Barret.

Puis vient l’agréable sensation de léviter à plusieurs vingtaines de centimètres du sol alors que le chef d’avalanche l’emporte loin de l’infirmerie du laboratoire et monte prudemment l’escalier qui mene au rez-de-chaussée puis dans les chambres du premier étage.

Attention à sa tête, papa… “

Yazoo, les couvertures… “

Bon Dieu… Ce gosse est glacé, c’est normal ? “

C’est un effet secondaire du mako, Barret, ne t’en fais pas. “

Quelqu’un peut monter un peu le thermostat ? “

Denzel, tourne un peu le bouton, chaton. “

Venez, laissons-le se reposer. “

Des bribes de conversation.

Des voix qui se confondent.

Des mains sur ses bras, sa poitrine et son front.

Des pas qui s’éloignent et une porte qui se referme doucement.

Ses narines frémissent et son odorat surdéveloppé détecte un parfum de femme et de sexe qui flotte dans l’air, affolant, entêtant et imperceptible pour le commun des mortels.

La chambre de Tifa…

La douceur d’un oreiller frais et moelleux sous sa nuque et l’odeur mêlée de son propre corps et de celui de la jeune femme sur les draps.

Le lit de Tifa…

Tifa…

Dont les seins tendres et lourds se pressent à présent contre son bras. Dont la main lisse ses cheveux et caresse sa joue. Dont les lèvres chaudes effleurent sa tempe moite d’une sueur glacée…

Tifa.

- Ti… fa…

- Chut… Je suis là. N’essaye pas de parler, repose-toi. Dors, mon pauvre amour. Dors…

Dormir ?

Oui… Oui, maintenant il pouvait dormir.

Tifa était là.

Elle éloignerait les cauchemars.

Elle veillerait sur lui.

Dormir…

Enfin…

*

Malgré la croûte de sang séché qui lui fermait à demi la paupière, Weiss plongea son regard bleu opalin dans les prunelles ectoplasmiques d’Angeal, qui s’était accroupi aux côtés de Nero, étendu inconscient aux pieds de son frère.

- Par tous les démons de la planète… jura le soldat horrifié. Que lui est-il arrivé ?

Incrédule, il détaillait le corps amaigri engoncé dans une épaisse combinaison de cuir noir qui paraissait meurtrir la fragile peau de porcelaine de Nero, dont les bras étaient assujettis par de robustes lanières renforcées.

Son visage délicat, si féminin, et qui lui avait valu au sein du SOLDAT - tout comme à Sephiroth - autant d’admiration que de railleries, se voyait à présent comprimé dans une sorte de masque de contention qui lui maintenait la mâchoire et lui permettait tout juste d’entrouvrir la bouche. Quant à sa luxuriante chevelure noire, elle était - à l’instar de celle de son frère - d’une longueur qu’Angeal ne lui avait jamais connue, mal entretenue, coupée à la va-vite et hirsute.

Mais le pire était sans doute la vision des deux tiges de métal ensanglantées qui saillaient de son dos souple et gracieux à la façon de deux énormes échardes et qui finissaient de lui donner l’air pathétique d’un ange déchu aux ailes arrachées jeté cruellement sur terre par un Dieu sadique… Et, sur ce point, Angeal n’imaginait pas à quel point il était proche de la vérité !

- Au Deepground… Hojo a surdéveloppé… ses pouvoirs psychiques, haleta Weiss, dont l’inconfortable position, puisqu’il était toujours suspendu par les poignets, l’empêchait de respirer convenablement. Il… Il a fallu trouver un moyen de les… brider… C’est… c’est la façon la plus… efficace que le professeur ait trouvée.

Le soldat secoua tristement la tête, pris de pitié.

- C’était surtout la plus facile… Je reconnais bien là cette ordure d’Hojo.

- Hojo a… avait implanté des sortes d’ailes, dans son dos… Des appendices métalliques articulés qui… qui lui permettaient de remplacer ses mains lorsque que ces dernières… étaient attachées mais… Genesis… Genesis les lui a arrachés pour l’empêcher de… de se libérer ou de… m’aider à me libérer moi.

Angeal lut dans ses yeux la supplication muette qu’il n’osait formuler et secoua la tête avec un pincement au cœur.

- Je suis désolé, Weiss… s’excusa-t-il. Je ne suis hélas guère plus qu’un fantôme, désormais.

Il fit mine se saisir une pierre qui se trouvait près de son pied et sa main ectoplasmique passa au travers.

- Si cela n’avait pas été le cas, reprit-il. Je vous aurais déjà libérés et sortis d’ici, tu t’en doutes bien.

Weiss acquiesça tristement.

- Je… comprends. Et je n’en mérite sans doute pas plus… de toute façon.

Le soldat se redressa et planta son regard franc dans les yeux azurés.

- Je suis au courant pour l’Omega. Mais, que tous les Dieux m’en soient témoins, Weiss, ni toi ni ton frère n’étiez préparés à affronter ce genre de situation. Pas plus que Sephiroth ne l’était pour résister à la volonté de fer de Jenova et à ses sordides manipulations.

- J’aurais dû… me méfier. J’aurais dû résister. Je mérite… ce qui m’arrive, Angeal, mais… mais pas Nero… C’est moi qui l’ai entraîné dans le Deepground… Ils disaient… Ils disaient que c’était… la nouvelle unité d’élite… Que…

- Tu as été manipulé par les savants fous de la Shinra, mon garçon. Comme beaucoup d’autres. Moi y compris. Nous avons tous joué avec le feu, à un moment ou l’autre. Mais c’est du passé. C’est devant qu’il faut regarder, en direction de l’avenir, et ne jamais oublier la leçon qui nous a été donnée. Toutes ces erreurs que nous avons commises, il est grand temps d’essayer de les réparer. Pas pour nous mais pour cette planète et pour ceux à qui nous la laisserons. Que cherche Genesis, Weiss ? Que diable s’est-il passé ? Je croyais qu’il avait fait amende honorable et s’était repenti. Nous étions tous persuadés qu’il était enfin en paix. Qu’est-il arrivé, Weiss ?

- C’était peut avant l’éveil de l’Omega. Nero… J’ai tué Nero… Enfin, Hojo l’a tué… Son enveloppe mortelle, du moins. Mais mon frère a… a eu le temps de sauver son essence et de se cacher dans son monde de ténèbres avant de… de trouver refuge en moi et de chasser Hojo. Il… il m’a aidé à survivre à la puissance dévastatrice de l’Omega. Nero a… a bien plus de volonté et de force psychique que moi. Après la bataille, j’étais vivant mais mal en point alors… alors il a brisé le cristal mako dans lequel se trouvait Genesis pour s’emparer de son corps et… et me sauver. Cela s’est fait si facilement que… que Nero était même persuadé que l’âme de Genesis avait quitté son enveloppe depuis longtemps pour rejoindre la rivière de la vie mais…

- Mais ce n’était pas le cas, termina Angeal à sa place.

- Non… Il a bien caché son jeu. Il a laissé faire Nero durant des semaines, sans montrer le moindre signe… de sa présence. Et lorsque j’ai commencé à reprendre des forces… Il s’est manifesté.

Angeal se pencha à nouveau sur Nero. Il dormait, ou plutôt avait sombré dans cette sorte de profonde inconscience à la limite du coma où il était plongé la plupart du temps depuis que Genesis l’avait chassé de son enveloppe charnelle.

La substance du jeune ténébreux, mi-psychique, mi-physique, était encore si fragile qu’elle en était presque translucide et point n’était besoin d’enfoncer l’index dans la chevelure brune pour voir que les os du crâne étaient encore mous. Les endroits où Genesis avait frappé, et où s’étalaient des hématomes à présent noirâtres, ne présentaient aucune inflammation trahissant une cassure, ce qui aurait pourtant dû être le cas au vu de l’évidente brutalité des coups portés.

A quelques mois de guérison près, Nero était dans le même état que Sephiroth lorsqu’Aerith l’avait sorti de la rivière de la vie.

Depuis quand Genesis avait-il des pouvoirs et des connaissances cetra nécessaires à condenser la matière psychique et la transformer en matière solide ?

- C’est Genesis qui a fait ça ? demanda le Soldat.

- Non, c’est… c’est la proximité de la rivière de la vie qui permet à Nero de garder une forme… solide à peu près stable. S’il s’en éloigne il… il tient à peine sur ses jambes sans les briser.

- Tu veux dire que c’est lui-même qui reconstitue son corps cellule après cellule à partir de son moi psychique ? s’étonna Angeal

Weiss hocha la tête et sourit avec tristesse.

- Genesis l’y contraint en l’empêchant de se réfugier… en moi. Il… Il est en train de…

Il toussa douloureusement et le soldat finit la phrase à sa place.

- D’épuiser ses ressources psychiques pour reconstituer son corps physique. Autrement dit, Genesis est en train de le tuer pour de bon. Bon sang, Weiss, à quoi ça rime, tout ça ? Que cherche à faire Genesis ? Et pourquoi ?

- Genesis… a passé une sorte de pacte… avec Jenova.

Angeal blêmit.

- Quoi ?

*

Reeve arrêta l’enregistrement et Yazoo se laissa tomber lourdement dans le fauteuil du bureau de Shalua, le regard perdu et la gorge serrée.

Cette dernière lui enserra les épaules de son bras valide et le serra contre son giron dans un geste d’affection tout maternel.

- Nous ne sommes pas obligés de leur montrer tout l’enregistrement, Yazoo baby. C’est à toi de choisir.

- Qu’est-ce que je suis, Shalua ? murmura l’incarné d’une voix brisée tout juste audible. Quel monstre suis-je donc ?

Reeve referma l’ordinateur portable et s’accroupit à ses pieds.

- Tu n’as rien d’un monstre. L’hermaphrodisme est un phénomène bien plus courant qu’il n’y paraît. Si tu le souhaites, une opération pourrait même se pratiqu…

- Non ! le coupa le jeune homme. Enfin, je veux dire… Je… Je dois réfléchir. Je… (Il repoussa la jeune femme et se prit la tête dans les mains) Je ne sais plus…

Celle-ci jeta un regard inquiet au chef de la WRO, qui hocha gravement la tête.

- Je me suis souvent demandé pourquoi j’étais moins résistant que Loz, poursuivit l’incarné comme s’il se parlait à lui-même. Pourquoi il y avait ce côté si… efféminé, si fragile en moi. Je… Je pensais que c’était dû à notre naissance et à la façon dont nous avions été conçus…

- Yazoo… reprit Reeve. Je sais que tu viens d’avoir un choc terrible mais les informations que contient cette vidéo et ce que mes hommes ont trouvé dans les labos du Deepground est très important. Quelque chose de très grave se prépare. Nous devons en informer les autres au plus vite et je dois savoir si tu souhaites que nous coupions le passage qui te concerne.

L’argenté plongea ses incroyables yeux fendus dans les siens et Reeve y lut un monde de doutes et de souffrance.

Le cœur et la fierté de Yazoo avaient envie de répondre ” Non ! Je ne veux pas que Reno et mes frères sachent quelle créature monstrueuse ni quelle erreur de la nature je suis ! “ mais sa raison fut la plus forte et il acquiesça lentement.

- Ne leur cachez rien, fit-il à contrecœur. Les membres d’un clan doivent se faire confiance, quoi qu’il arrive et… Ne faisons-nous pas tous partie d’un clan, désormais ? Les difficultés, les souffrances et les dangers ne nous ont-ils pas rapprochés plus que de simples liens familiaux ne sauraient le faire, des derniers jours ?

- Si, Yazoo baby, répondit Shalua, la gorge nouée par l’émotion en serrant ses mains fines dans la sienne. Nous formons tous bel et bien un clan, désormais.

Il se laissa aller contre elle, incapable de retenir ses larmes plus longtemps à la seule pensée que lui et Reno ne partageraient bientôt plus jamais le même lit et qu’il ne sentirait plus jamais ses bras autour de lui.

Lorsqu’il aurait vu la vidéo, le turk frémirait de dégoût à la seule pensée de ce qui avait failli se passer entre eux.

- Il faut retrouver le bébé, Reeve, fit-il entre deux sanglots. C’est ça, l’important. Retrouver le fils de mon frère et découvrir ce que ce Genesis a derrière la tête.

Il serra les paupières de toutes ses forces pour chasser la photo que lui avait montré Reeve. Celle d’un fœtus de quatre mois à peine dans une coupelle d’aluminium.

Son fils à lui.

Une expérience ratée.

Un simple déchet.

Comme lui…

à suivre

CETTE FANFICTION VOUS A PLU ? LAISSEZ UN COMMENTAIRE !

L - Sang pour sang

«Le sang se lave avec des larmes
et non avec du sang.»

Victor Hugo

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : d’après un dessin de M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Réunis dans la grande salle, où personne n’avait touché au déjeuner servi par les domestiques, chacun était prostré, assis sur sa chaise ou debout et les bras ballants près de la table monumentale débordante de victuailles.

On avait eu beau fermer portes, fenêtres et battants, les cris de Loz résonnaient à intervalles réguliers dans tout le manoir, figeant les habitants de l’antique demeure qui cédaient alors aux prières, aux jurons ou aux larmes.

- Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu… ne pouvait que sangloter Gretta, son mouchoir de fine dentelle pressé sur sa bouche et les oreilles encore sifflantes des cris de bête blessée qui montaient du sous-sol.

Rufus, blême, lui posa la main sur l’épaule.

- Ca va aller, Gretta. Cela fait plus de trois heures, à présent, les phases d’inconscience sont de plus en plus fréquentes. C’est bon signe, cela signifie que le mako est presque assimilé.

La brave femme secoua la tête et essuya ses yeux rougis.

Trois heures…

Trois interminables heures qu’ils étaient tous là, à prier pour que l’organisme de Loz assimile le mako au plus vite et que les hurlements cessent.

Trois heures durant lesquelles l’argenté alternait les phases de syncope, lorsque la douleur se faisait insupportable, et de conscience, lorsque cette même douleur le réveillait en hurlant.

Yazoo se leva pour faire quelques pas nerveux devant l’une des hautes fenêtres et Reno le suivit du regard, résistant à l’envie de le rejoindre pour le serrer contre lui.

Kadaj, le regard vide, était attablé devant une assiette à laquelle, à l’instar des autres convives, il n’avait pas touchée, et serrait les poings si fort que les articulations de ses phalanges avaient viré au blanc.

Yuffie lui pressa timidement les doigts en signe de soutien et le garçon recouvrit la petite main de la sienne avec un sourire triste.

- Pourquoi le mako est-il encore aussi actif ? demanda l’Utaïenne à Rufus et à Vincent d’une voix étranglée.

Rude, planté devant la fenêtre, le regard perdu dans le vide, serra les poings.

- Elle a raison, renchérit-il, si inquiet qu’il en était excédé. Shalua a assuré qu’elle pourrait endormir Loz deux heures après l’injection, lorsque le mako serait assimilé par son organisme, mais ça fait plus de trois heures qu’il souffre comme un damné ! Qu’est-ce qui se passe, merde ? !

Tifa éclata à nouveau en sanglots et il maudit aussitôt son manque de contrôle.

- Il n’était pas au mieux de sa forme pour ce genre d’intervention, expliqua calmement Reeve en passant un bras consolateur autour des épaules de la jeune femme.

- Loz était épuisé, Rudo, répondit cette dernière d’une voix tout juste audible. Il n’arrête pas de faire d’horribles cauchemars. Il en a même été malade, la nuit dernière.

Reno hocha la tête.

- Il nous en a parlé, dans l’hélico. Yazoo non plus n’a presque pas fermé l’œil de la nuit. Hein, m… ?

Il allait dire ” Hein, mon ange ? ” mais s’était mordu la langue juste à temps.

Yazoo acquiesça, absent, et Kadaj redressa la tête.

- Quel genre de cauchemars ? Mèr… Jenova ?

Son frère allait répondre lorsqu’une nouvelle série de hurlements s’éleva du sous-sol et résonna dans chaque recoin du manoir.

- Putain, c’est pas vrai… jura Reno en se prenant la tête dans les mains, l’estomac noué. Ca ne peut plus durer, ça fait des heures qu’il crie à s’en arracher les cordes vocales ! Il y a bien quelque chose à faire pour le soulager, bordel !

Vincent ouvrir la bouche pour répondre mais fut interrompu par Denzel qui, ayant échappé à la jeune domestique et à Cait 9, qui avaient reçu pour consigne d’emmener les enfants se promener dans le parc et leur épargner ainsi les cris de souffrance de Loz, se jeta dans le giron de Tifa en sanglotant.

- Pardon, Miss Lockheart, s’excusa la jeune fille à qui l’on avait confié Marlène et le garçonnet. Il s’est précipité. Même du point le plus éloigné du parc, on entend crier monsieur Hojo.

Elle rentra la tête dans les épaules, effrayée par les cris en question qui montaient du sous-sol, et Gretta lui fit signe de sortir.

- Ca va aller, ma fille, vous pouvez disposer.

La jeune femme fit une petite courbette et s’en fut sans demander son reste.

Marlène, qui tenait Cait par la main (ou plutôt par la patte), lâcha l’animal pour courir vers Yazoo, dont elle enlaça les hanches de toute la force de ses petits bras en enfouissant son visage contre son ventre.

- Yazoo, j’ai peur ! sanglota-t-elle. Pourquoi Loz a aussi mal ? Qu’est-ce qu’on lui fait ?

L’argenté se pencha pour étreindre la fillette et lui caressa les cheveux.

- Ce n’est rien, chuchota-t-il à son oreille, rassurant. C’est bientôt fini, je te le promets.

- C’est de ma faute ! s’égosilla Denzel, en larmes.

Tifa fit un effort pour ravaler les siennes et essaya d’apaiser le garçonnet.

- Qu’est-ce que tu racontes ? Oncle Cid a eu un… un accident mais… Denzel, tu n’y es pour rien, voyons.

- Pas oncle Cid ! Loz ! (Il s’accrocha au corsage de la jeune femme avec des pleurs désespérés) Pardon, Tifa, je voulais pas ! Je te jure que je voulais pas ! Oncle Cid m’avait prévenu mais j’ai pas voulu l’écouter ! Je voulais pas ! Je voulais pas ! J’étais juste en colère, je te le promets !

- Chut… Allons, du calme. De quoi est-ce que tu parles ? Loz a très malade parce qu’il a voulu aider oncle Cid mais il va guérir très vite, Denzel, tu verras.

Le garçonnet secoua furieusement la tête.

- C’est pas vrai ! Oncle Cid l’avait dit : il faut jamais faire des vœux méchants parce que si un démon les entend, ils risquent de se réaliser ! Et c’est exactement ce qui s’est passé !

Denezel paraissait terrifié et Tifa jeta à Vincent un regard affolé.

L’ancien turc s’approcha et s’accroupit devant le garçonnet.

- Pourquoi dis-tu que c’est de ta faute, Denzel ? demanda-t-il tout doucement en lui caressant la tête. Qu’est-ce qui s’est passé, d’après toi ?

Le petit renifla à plusieurs reprises et geignit :

- J’ai dit à Loz que je voulais qu’il crève et maintenant… maintenant, il est en train de mourir !

Comme pour lui donner raison, un ultime cri résonna, les figeant tous, et s’éteignit, plongeant la demeure dans un silence sinistre.

- Loz n’est pas en train de mourir, assura Kadaj, qui s’était approché à son tour. Comme ta maman te l’a dit, Cid a eu un accident et…

- C’est pas vrai ! C’était pas un accident ! Shera a voulu le tuer, Marlène et moi on l’a bien vu, il y avait du sang partout ! Arrête de mentir, je suis plus un bébé !

- D’accord. D’accord, ce n’était pas un accident, c’est vrai. Mais mon frère a dû lui donner beaucoup de sang pour le sauver. C’est pour ça qu’il est malade. Parce que, pour compenser tout ce sang perdu, on a dû lui faire une piqûre qui fait très très mal mais ça va passer.

- Menteur ! Tu dis juste ça pour me rassurer ! Loz va mourir et c’est à cause de moi !

Kadaj secoua la tête et sourit.

- Non, Denzel. Il ne va pas mourir. Je t’en donne ma parole.

Le garçonnet se tourna vers Vincent et celui-ci acquiesça.

- Kadaj a raison, Denzel. Bientôt, Loz va s’endormir et tu pourras même descendre le voir pour t’assurer qu’il va bien. Je t’emmènerai, si tu veux. D’accord ?

Le petit acquiesça, pas tout à fait rassuré encore, et Tifa lui essuya le visage avec un mouchoir en papier.

- Promets-moi que tu seras gentil avec Loz, lorsqu’il se réveillera. (Denzel se blottit contre elle dans son giron et hocha la tête en reniflant) Il nous aime beaucoup, tu sais…

- Et toi ? chuchota le garçonnet d’une voix à peine audible. Tu l’aimes ?

- Oui… répondit-elle, la gorge serrée. Oui, Denzel. Bien plus que je ne l’aurais jamais cru…

***

Genesis, le bébé aux cheveux argentés dans les bras et un sourire satisfait sur les lèvres, se tenait debout au bord de la source qui alimentaient en eau la ville de Nibelheim, au cœur du mont Nibel.

L’eau de Nibelheim était connue pour sa pureté et ses propriétés curatives. Certains faisaient des kilomètres pour la boire car les instances locales, craignant que la source ne finisse par se tarir ou, pire, par être polluée, en avaient toujours refusé la commercialisation.

Quiconque voulait profiter des bienfaits de l’eau de Nibelheim devait venir sur place ou s’en faire envoyer quelques bouteilles par des amis ou de la famille.

L’origine des bienfaits de l’eau n’était un mystère pour personne, dans la région : la rivière de la vie coulait juste sous la source et lui transmettait ainsi une part de ses propriétés - dont un infime pourcentage de mako idéal pour consolider les os des nourrissons et des personnes âgées.

Mais, ce que les habitants de Nibelheim ignoraient encore c’est que, depuis deux jours, un nouvel élément faisait désormais partie de la composition de l’eau…

Genesis ricana en dépliant la lame d’un petit canif affûté comme un rasoir et, voyant l’objet scintiller, le bébé s’agita aussitôt dans ses bras et se mit à pleurer.

Mais il eut beau faire, ruer et crier de toute la force de ses minuscules poumons, une petite créature comme lui était bien incapable de résister à l’ancien soldat, qui se saisit d’une jambe potelée portant déjà plusieurs profondes coupures à demi-cicatrisées.

Sans une hésitation ni la moindre pitié, la lame du canif entailla en plusieurs endroits la chair tendre du pied du bébé, qui hurla à s’en arracher les cordes vocales, et un filet de sang écarlate coula dans la source d’eau pure, où il se dilua totalement.

Un sourire torve déformant ses lèvres sensuelles, Genesis regarda le sang gorgé des cellules de Jenova partir à la dérive pour rejoindre la nappe phréatique souterraine où un imbroglio de tuyaux distribuerait l’eau ainsi souillée à chaque fontaine, chaque maison, chaque robinet de Nibelheim… où elle serait bue.

Quelques gouttes de sang… la quantité paraissait ridicule comparée aux milliers de litres d’eau dans lesquels il s’était dissous et pourtant !

Une seule cellule de Jenova suffisait.

Oui, une seule minuscule cellule dans un corps humain et le lien entre le porteur et la calamité tombée du ciel pouvait se faire : une voie royale pour les géostigmates…

Le sang cessa de couler du pied du nourrisson et Genesis le lécha pour le nettoyer avant de le remettre sous la couverture moelleuse.

- Chut… C’est fini, bébé, allez, allez… Ce n’est rien du tout, arrête de pleurer. (Les cris du poupon redoublèrent et l’ancien soldat ricana) Aussi pleurnichard que papa, hein ? railla-t-il gentiment.

Il s’éloigna de la source en direction de la grotte ténébreuse, un niveau plus bas, où coulait la rivière de la vie par laquelle il était arrivé deux jours plus tôt…

***

Barret gara le camion dans le parc et monta l’escalier de pierre quatre à quatre, un paquet enrubanné sous le bras.

Il n’avait pas voulu appeler pour annoncer son retour et faire ainsi la surprise à Marlène.

Comme il s’y attendait, tous étaient réunis pour le déjeuner dans la grande salle et il avança à pas de loup jusqu’à la porte monumentale, dont il poussa les deux battants d’un geste théâtral.

- Alors ? On ne m’attend même pas pour manger ? claironna-t-il avec un rire enjoué. Qu’est-ce qui se passe, ici, quelqu’un est mort ? essaya-t-il de plaisanter en voyant les regards hébétés des convives.

Il remarqua alors que les assiettes étaient pleines, la nourriture froide et bien des yeux rougis.

- Papa ! sanglota Marlène en s’arrachant à l’étreinte de Yazoo pour se précipiter dans ses bras.

- Que… qu’est-ce qui se passe ? demanda encore Barret, de plus en plus inquiet en cherchant Cloud des yeux. Où est Cloud ? Et Cid ?

- Barret… commença Vincent en venant vers lui. Viens, assieds-toi.

- M’asseoir ? Pourquoi ? s’enquit-il, l’estomac soudain noué. Qu’est-ce qui risquerait de me faire tomber à la renverse ?

- Barret…

- Bordel de merde, Vince, dis-moi ce qui se passe !

- Il s’est passé pas mal de choses durant ton absence. Cid est bas, à l’infirmerie, mais il va s’en sortir, ne t’en fais pas.

- S’en sortir ? Comment ça ? Il a été blessé ? On s’en est pris à lui ? Et Cloud ? Où est Cloud ?

Le chef d’avalanche regardait autour de lui et essayait de compter les absents, mort d’inquiétude. Son regard s’arrêta alors sur Kadaj et Yazoo.

- Où est le troisième enfoiré ? cracha-t-il en serrant les poings.

- Barret, calme-toi, ce n’est pas du tout ce que tu crois ! intervint Tifa, les larmes aux yeux.

- C’est ce fils de pute, hein ? Il s’en est pris à eux ! Je savais qu’on ne pouvait pas leur faire confiance !

Il voulut se jeter sur les argentés mais Vincent, Reno et et Rude s’interposèrent.

- Arrête papa ! hurla Marlène, en larmes, en repoussant son père. Arrête, s’il te plaît ! Arrête !

Les petits bras fragiles arrêtèrent plus facilement dans son élan le chef d’AVALANCHE que les muscles des turks et de Vincent.

Il s’accroupit aussitôt pour serrer sa fille adoptive contre lui.

- Pardon, princesse, je ne voulais pas t’effrayer. Mais votre salopard de frère, il ne perd rien pour attendre ! menaça-t-il Yazoo et Kadaj. Où est cet enfoiré, Vince ?

- Arrête ! pleura de plus belle Marlène. Tu comprends rien ! Loz n’a rien fait ! C’est Shera ! Elle a essayé de tuer Cid et Loz l’a sauvé !

Barret cligna des paupières, abasourdi.

- Que… quoi ?

- C’est la stricte vérité, Barret, intervint Reeve.

Un nouvel hurlement de douleur monta du sous-sol et le chef d’avalanche se raidit, horrifié.

- Oh, mon Dieu… sanglota Gretta en pressant d’une main son mouchoir de dentelle sur sa bouche tandis que l’autre serrait celle de Tifa. Mon Dieu, ayez pitié de lui, je vous en supplie…

- Ce… C’était quoi, ça ? bredouilla Barret.

- C’est Loz, papa, hoqueta Marlène, les yeux inondés de larmes. Ils ont dû lui lui faire une piqûre de mako, comme dans le film…

Son père blêmit au souvenir des horribles images des vidéos de surveillance.

- Vince… Par tous les démons de la planète… Mais qu’est-ce qui se passe, ici ?

à suivre

Part. 7 - Les patrons se la pètent comme des Dieux !

Cabine de Yazoo : Weiss, Sephy, Loz, Yazoo, kadaj, Tifa, Cid, Vincent, Cloud.

Depuis le moment où Weiss a commencé prononcé les mots “ grande gigue ”, les grandes fontaines de Versailles (enfin toutes les pleureuses qui inondaient le plancher, quoi) se sont brusquement arrêtées pour écouter dans un silence horrifié le flot ininterrompu des explications.

Nero lui-même est complètement blême depuis un bon moment et a essayé en vain de faire taire son frère en pensant à l’inévitable explosion de Sephiroth qui ne devrait pas tarder…

Weiss est le seul qui n’a rien remarqué.

Bref, quand il s’arrête *enfin* de parler, tout le monde le fixe avec la mâchoire qui pend par terre, dans le glougloutement de l’eau qui continue à s’évacuer doucement à travers les coursives.

Enfin… tout le monde sauf Sephiroth, qui le fixe, certes, mais avec les mâchoires tellement crispées qu’on a l’impression qu’il se mord les dents (exercice difficile s’il en est !).

Sephy (qui repousse doucement un Kadaj mortifié hors de son chemin et se drape dans son manteau - ce qui projette alentour une bonne douche vu qu’il traîne dans 30 cm d’eau salée) : c’est qui, la “ gigue ” ?

Trèèèèès menaçant, il avance trèèèès lentement sur Weiss, qui le regarde d’un air blasé.

Weiss (grand sourire): Ne te sous-estimes pas ! Tu devrais être content, j’ai dit “grande gigue”.

Sephy (de l’électricité qui crépite tout autour de lui et a l’air assez bouillant pour cuire des frites): Et il insiste, le délavé ! Tu comptes me donner des cours p’tet’ ? Toi qui n’est même pas fichu de contenter un mec tout seul ?

Weiss (marque une seconde d’arrêt et désigne son frère du menton) : Alors là pouce, coup bas ! Tu l’as regardé, le mec en question ?

Sephy : Ouais, justement, un môme façon “ crevette ” ! Même Kadaj - ma “lavette” de frère, t’as dit? - ne se laisserait pas traiter comme ça !

Nero hésite entre aller demander des comptes à Sephy ou adopter un silence diplomatique étant donnée l’humeur massacrante de celui-cit.

Vu que le vaisseau commence à ressembler à une usine EDF avec les éclairs qui zigzaguent partout, la prudence l’emporte…

Weiss (ricane): T’as raison, il est tellement bouché qu’il serait pas fichu de se rendre compte quand une fille lui fait du rentre-dedans…

Sephy (siffle): Tu dis encore un mot sur mon petit frère et t’es mort.

Weiss (sifflote): Me fais pas rigoler, je suis l’Omega, moi, j’te signale. Un vrai Dieu ! Ca veut dire que je suis immortel. Invulnérable et tout et tout. Pas un demi-dieu au rabais qui meurt empalé par un croupion de chocobo sur une grosse biscotte en kevlar ! Ca doit être le sport national chez vous, de s’empaler sur des grandes épées, si j’ai compris ?

Sephy (les yeux exorbités): Tu… oses…?! Tu parles de qui là?

Weiss (air sadique): Ben de ton… Comment tu l’appelais tout à l’heure déjà ? Tu sais, quand on vous a surpris dans le couloir ? Attends voir, ça va me revenir… “Mon roudoudou d’amour” ? Nan, ça c’est ce que râlait l’autre. Enfin je crois. Il parlait d’épée aussi, il me semble. Nan ? C’était p’tet’ une image, c’était assez confus. Ah ouais, je me souviens, “mon oiseau céleste” ! Cette rigolade ! Z’étiez trop chous tiens ! Tu parles de Soldats de la Shinra en train de roucouler!

Tous les autres se cachent la tête dans les mains mais regardent au cas où entre leurs doigts pour ne pas rater une miette du carnage.

Sephy (rugit): JE VAIS TE TUER !

Le ailes de Nero claquent sous le souffle du rugissement de Sephiroth et Weiss éclate de rire en se tapant sur la cuisse tellement il rigole.

Sephy (deux fois plus furieux, si c’est possible): QUOI ?! BATS-TOI SI T’ES UN HOMME AU LIEU DE TE FOUTRE DE MOI!!

Weiss (s’essuie les larmes de rire, reprend son souffle et dit avec bonne humeur): Ah t’es vraiment trop super quand tu t’énerves ! T’excites pas, va, (là son sourire devient franchement suspect) je suis là pour ça !

Sur quoi il franchit le mur d’éclairs qui le séparait de Sephy et lui roule un patin magistral. La tension électrique chute d’un seul coup, sauf aux alentours de Kadaj, qui n’en croit pas ses yeux et dont les cheveux se dressent sur la tête.

Nero (les bras lui en tombent): Ben…? Mon frère bien aimé ?

Kadaj (meurtrier): Qu’est-ce qu’il fait à mon Nii-San ?!

Arrive Vincent en train d’essorer le bas de sa cape.

Vince : Dites donc qu’est-ce que vous foutez, encore ? Quand je suis sorti de la cabine de Cid, je me suis pris une tonne de flotte dans la figure. (Avisant l’aile noire de Sephy fermée comme un cocon, et ses pieds et ceux de Weiss qui dépassent en dessous) Tiens, j’ai raté quelque chose?

Loz : Euuhh… J’préfère pas te raconter ça ici… Ca risquerait d’être dangereux…

Kadaj (accroupi par terre dans la flotte pour essayer de voir ce qui se passe sous l’aile) : Mais tu vas lâcher mon Nii-San, oui ?!

Yazoo (confus): Relève-toi ! Ca se fait pas pour un fils de Jenova, de se mettre à genoux.

Loz (vaguement surpris): Ah bon ?

Yazoo (vire au rouge et lui file une baffe): J’parle pas de ça !

Cloud (qui arrive en faisant floutch floutch précipitamment à contre-courant et n’a pas remarqué les pieds de Weiss dépassant de sous l’aile de Sephy): Dites ! Oh ! Ca va pas la tête, non ?! Pourquoi vous avez inondé les couloirs ?! Si c’était pour me faire une blague c’était une très mauvaise idée ! (à Sephy) Range ton aile, merde ! On voit bien que c’est pas toi qui dois curer les gaines d’aération tous les 15 jours à cause des plumes !

Kadaj (toujours accroupi, regardant sous l’aile de Sephy) : Ca va Nii-SDan ? Tu fais de drôles de bruits ! Tu me fais peur, on dirait que t’étouffes ! Nii-San ?

Sephy (la bouche pleine…) : Mffppppfffrs ! ! !

Loz (mort de rire) : Ah ! Ah ! Ah ! Ca, pour un patin, c’est un patin !

Tifa (qui chronomètre) : Waouh ! Ca va faire 8 mn !

Nero (qui commence à avoir de la fumée qui sort par les oreilles) : LACHE CET HOMME, WEISS ! TOUT DE SUITE !

Cloud (pivoine, qui commence à comprendre ce qui se passe) : Mais… Mémémémémémé…

Weiss lâche enfin Sephy, qui tombe sur les fesses dans l’eau.

Sephy (qui essaye de reprendre son souffle) : Vite…une…épée….un…sabre… un couteau… une compil de Lara Fabian… quelque…chose… Je …veux…tuer…ce…type…

Loz : Pas la peine ! (Il se campe fermement sur ses jambes, l’air de vouloir en découdre) J’m'en occupe !

Weiss (les larmes aux yeux tellement qu’y se marre) : Ah ! Ah ! Ah ! De mieux en mieux ! Après la gigue, le cro-magnon ! Ah ! Ah ! Ah ! Arrête ! Tu me fais peur !

Nero fait un mouvement bizarre et Loz est enveloppé d’une drôle de fumée bleue.

Nero : Tu seras plus à l’aise comme ça !

La fumée se dissipe et tout le monde regarde Loz, dont les vêtements ont …fondu !

Loz (qui baisse les yeux, devient tout pale, il se tourne vers la caméra ) : Ah non ! ALORS LA, NON ! C’est une manie de vouloir me défroquer ou me coller des blousons dépoitraillés et pantalons poutre apparente ou quoi ? JE VEUX PARLER AU SCENARISTE !

Voix off : Arrête de t’exciter ! T’es trop près de la caméra ! Tu sais combien ça coûte, une lentille ?!

Loz : Qui c’est qui veut faire des gros plans à chaque fois, hein ? C’est moi p’tet ?

Weiss (qui fixe éberlué l’énorme “ truc ” qui lui pendouille entre les jambes) : Ah ben merde ! J’devine pourquoi c’est toi qui es supposé être “ l’homme viril ” de la fratrie !

Sephy (après qu’il ait réussi a récupérer sa langue, qu’il a failli avaler) : Nan mais ça va pas nan ? T’as fini de le mater comme ça ? Où tu te crois, là ? Dans un film X ?

Le scénariste déboule devant caméra, un casque sur les oreilles et un clap à la main. On voit au second plan toute la bande qui s’étripe, s’étrille, se mord et se tape dessus joyeusement.

Le scénariste : Coupez ! Coupez ! C’est pas bon, les gars !

Les voix derrière lui :

“ Ouille, pas mon aile, pas mon aile ! ”

“ Va te faire cuire un oeuf, croupion de volaille ! ”

“ Weiss ! fais gaf…trop tard ! ”

“ Ouaahhhhouuu aïe aïe aïe ! C’est pas ma jambe, ça ! ”

“ Je suis l’amiral de ce vaisspppffffrrrggg… ”

“ Recrache, Cid ! Recrache ”

“Kef ke fu crois que f’éfaille de fairrggpppfffg ”

“ Soldat du dimanche ! ”

“ Nii-San ! m’laisse paaassss !”

“ Ouilleouilleouille, pas les cheveux, pas les cheveux ! ”

“ Mords-lui l’oreille, Loz ! ”

Le scé (qui fait de grands gestes au cameraman) : On dérape là ! On saute direct à la scène suivante ! (une main te tire en arrière) Nan ! Pas moi ! J’y suis pour rieeeeennnnn….

………………..fondu……………………..

Part. 6 - Un, on écope ; deux, on éponge !

Pont de commandement : Tifa, Weiss, Cloud, Kadaj, Shera.

Weiss entre en trombe.

Weiss : Ou est Yazoo ?

Tout le monde hausse les épaules.

Kadaj (qui rentre à son tour et s’approche à deux doigts de lui) : Dis donc… c’est quoi tous ces petits points rouges sur ta poitrine et tes bras ?

Weiss (comme s’il les voyait pour la première fois) : De quoi ? Ca ? Chais pas moi ! (Tout le monde le regarde avec un sourire en coin, se souvenant très bien par quoi sont terminées les étranges ailes de son frère) Oui bah le problème n’est pas là ! OU EST YAZOO ?

Shera : Qu’est ce que tu lui veux, à ce pauvre agneau ?

Weiss (qui s’approche d’elle et la toise) : Pauvre quoi ? Agneau ? Tu veux rire !

Shera (que la proximité de la large poitrine nue et musculeuse commence titiller) : Comment ça ?

Weiss (dramatique) : A cause de ce petit dévergondé, son frangin Loz est entrain de pleurer toutes les larmes de son corps !

Tout le monde (retenant la respiration) : Hein ?

Weiss (d’un cri indigné) : Lui et Sephiroth nous ont surpris mon frère et moi avec lui !

Tout le monde (soupirant de soulagement genre « oh, ce n’est que ça ! ») : Aaaaah !

Weiss : Non mais vous vous rendez pas compte ! Loz nous accuse d’en avoir fait un obsédé !

Tifa (en lui tapotant l’épaule) : Mais non, mais non. S’il est pas devenu obsédé avec des frères comme les siens, j’vois pas…(le regard de Kadaj se fait mauvais)…pourquoi…(très mauvais)…il…(plus que mauvais)…..Je plaisantais !

Weiss : Bah restez pas comme ça faites un appel au micro !

Kadaj (se saisissant du micro) : Eh ! l’frangin ! File dans ta cabine en quatrième vitesse ou ya Nii-San-bis qui va encore nous inonder jusqu’aux soutes !

Weiss : oui bah, en attendant, venez ! Vous pourrez peut-être faire quelque chose !

Chambre de Yazoo : Pont de commandement : Tifa, Weiss, Cloud, Kadaj, Sephy, Loz, Nero, Yazoo, un pack d’eau, de l’huile, du beurre, 3 kg de patates et… oups, pardon, je me trompe de liste !

Tifa et Kadaj suivent Weiss et se retrouvent devant la cabine de Yazoo. Loz y étendu ventre à terre dans une énorme flaque, Il pleure avec des ululements de chien battu !

Sephy (pratique) : C’est qu’il va nous inonder le couloir, si ça continue !

Kadaj lui donne un coup dans les côtes.

Yazoo (qui vient d’arriver) : Ben… Lozzy ? Qu’est ce que t’as ?

Loz (qui lève la tête et voit son frère) : BBEUUUAAAAHHHHH ! ! ! ! ! Et en plus il me demande ce que j’aiaiaihhhhhhhh !

Yazoo : Mais arrête, enfin ! Tu vois bien que t’es entrain de tout inonder !

Loz : Beueueahhhhh ! M’en fous ! J’suis le pleurnichard de l’histoire, alors si j’ai envie de faire une innondation, bah je la f’raiaiaiaihhhhhh !

Sephy (a Yazoo) : Ah non mais là, faut que tu fasses quelque chose parce que ça commence VRAIMENT à déborder dans le couloir !

Tifa (les pieds mouillés) : Mais d’où sort-il toute cette flotte ?

Kadaj (à l’oreille de Tifa sur le ton de la confidence) : Ben, c’est l’incarné de Nii-San qui a hérité de TOUT le côté sensible et comme Nii-San n’a pas chialé depuis sa naissance… il a des réserves !

Yazoo (suppliant) : Mais enfin Lozzy, arrête ! Tu vois bien que tu te fais du mal !

Loz : Beueueaaahhhhh ! Frère indigne ! Comment t’as pu me faire çaaaahhhhhhhhh !

Yazoo (en pétard) : Frère indigne moi ? C’est la meilleure du centenaire celle là ! C’est toi le frère indigne !

Loz (avec les larmes qui jaillissent genre fontaine): BBEEUUUUAAAAHHHHH ! ! ! ! Et en plus il ose élever le ton avec moiiiiiiiiiiahahahahaha !

Yazoo (qui enfile des bottes en caoutchouc pour aller le rejoindre) *ne me demandez pas où il les a trouvées* : Oui ben moi au moins je fais l’effort de parler ! Que toi, à part pleurnicher, hein !

Tous : Glups !

Loz : Beueueahhhh ! J’veux mourriiiiiiirrr ! Toute ma vie à me sacrifier pour mes petits frères et voilà le remerciemeeennnnnntttt !

Kadaj (qui se met à pleurer lui aussi dans les bras de Tifa) : Mon pauvre Nii-San-bis ! Je supporte pas de voir pleurer mon Nii-San-bis ! ! !

Tifa (de l’eau jusqu’aux genoux et Kadaj qui l’inonde) : Ah non hein ! Tu ne vas pas t’y mettre aussi !

Weiss : Quelqu’un pourrait ouvrir les panneaux d’évacuation ? (Tout le monde le regarde de travers) Bon, bon, ça va, j’ai rien dit…

Loz : Beueuaahhh ! Qu’est ce que j’ai fait pour mériter çaaaaaaa ? ? ?! ! ! Traîné plus bas que terre, humilié et trompé par mon indigne de frère !

Yazoo (fou de rage) : Indigne, moi ? Oui bah moi, au moins, je ne suis pas un gros balourd sans cervelle !

Tout le monde retient son souffle et Loz, qui s’est brusquement arrêté de pleurer, se redresse, les yeux lançant des flammes. Il gonfle la poitrine et des éclairs électriques se mettent à crépiter autour de lui.

Tout le monde recule et Yazoo déglutit péniblement.

Yazoo (d’une toute toute toute petite voix) : Zuzte “ neuneu ” alors ?

Loz (d’une voix qui retentit comme le tonnerre) : C’EST PAS GENTIL !

Tout le monde se remet les cheveux en place (parce que quand Loz a parlé, c’est comme s’ils avaient reçu une rafale d’orage électrique en pleine tronche !).

Yazoo (qui recule au fur et à mesure que son frère approche) : Arrête Lozzy, tu me fais peur là !

Loz (grondant) : Alors, petit merdeux ? On veut jouer les durs et quand on a un ennemi de taille en face de soi, on chie dans son froc ? Mhhhh ?

Yazoo (les larmes aux yeux) : Arrête Lozzy… S’te plait…

Loz : Grrrrrr…

Yazoo (qui se jette dans ses bras) : C’est pas de ma faute ! C’est eux ! Ils m’ont obligé !

Nero (qui avait gardé un silence diplomatique jusque là) : Oh l’autre ! T’as pas dis non, hein !

Tifa (lui mettant la main sur la bouche) : Chut ! Tu vois pas qu’il essaye de le calmer !

Loz (que le contact de son “ pitit frère ” émeut quand même pas mal) : C’est bien vrai, ça ?

Yazoo (gros yeux de chiot battu): J’te le juuuure ! J’ai honte ! Tu le diras pas à môman, hein ?

Loz (complètement gaga) : Mais non, mon poussin. *smac smac smac* Là là c’est fini mon ange. *smac smac smac* C’est fini, grand frère est là, mon canard…

Kadaj (toujours dans les bras de Tifa) : Beueueahahaha !

Tifa : Mais qu’est-ce que t’as, encore ?

Kadaj : Ce genre de scène ça me fait toujours pleureeeeeerrrrrrr ! ! ! !

Weiss (qui regarde au plafond pour pas voir le bouquet de fleurs bleues entrain de se répandre) : Mais qu’est ce que je fous ici ! Eh oh ! Les enfants ! Faut arrêter là ! Oh ! L’inondation va reprendre, sinon ! Et merde, tiens…

Cid (qui arrive en pataugeant) : Eh ! mais qu’est ce qui se passe, ici ? Ya de l’eau dans les soutes et les chiottes débordent encore ! ! ! (A Weiss) Mais c’est quoi ce bordel ?

Weiss (qui apparemment est très en verve entre la parade électrique et l’interlude aquatique): Oh, ça a commencé parce que la grande gigue avait des états d’âme parce que sa lavette de petit frère s’est fait dépuceler par une furie - t’as dû la croiser non ? Une blondinette incendiaire complètement excitée. Elle saute sur tout ce qui bouge - et vice-versa pour ainsi dire. T’as qu’à voir, pour avoir réussi à se taper la lavette à son Nii-San faut vraiment qu’elle soit motivée ! En plus, il est gonflé, le Sephiroth, parce que, tout à l’heure, on l’a croisé dans le couloir avec le gamin qui ressemble à un croupion de chocobo en train de faire un truc dont je connais même pas le nom - et pourtant, j’en connais un rayon c’est moi qui te le dis ! Et après, Môssieur vient faire le délicat parce que son petit frère a ENFIN couché. Alors il a débarqué ici pour se faire consoler par sa tapette de frère du milieu mais il nous surprend Nero et moi avec lui. Pire, la fontaine amirale a suivi de peu le grand frère et a eu des mots avec son… frangin-amant-clone-incarné - je sais comment appeler ça - et là ils viennent de se réconcilier en se tombant dans les bras l’un de l’autre. O se croirait dans un mauvais roman rose, berk… En plus, il est pas gonflé, le grand dadais, parce que, depuis que je suis arrivé, il a pas arrêté de dragouiller la brunette aux gros nénés, là… Faut pas déconner ! Nan, t’es pas d’accord?

Cid le fixe avec des yeux effarés sans répondre.

Silence de mort.

…à suivre

Part 5 - Qui a piqué le titre ? Que personne ne sorte !

Coursive puis cabine de Cid : Vincent et Cid

Vincent, qui n’en peut plus de se morfondre tout seul dans sa cabine après avoir piqué sa crise sur le pont de commandement, prend son courage à deux mains pour aller faire la paix avec Cid.

Une fois devant la porte de sa cabine, il respire à fond, toussote, et arrange ses vêtements. Après une petite réflexion (et après avoir bien vérifié que personne ne le regarde !), il déboutonne sa chemise.

Encore une réflexion et il fait quelques grimaces pour ramener un peu couleur sur ses joues, se brosse les cheveux avec les doigts et se frotte les dents avec un pan de sa cape pour être sur qu’aucun petit morceau de salade n’enlaidit son sourire.

Après un dernier regard de part et d’autre du couloir, il fait un rapide récurage de narines pour être sûr d’être parfaitement net.

Cid (qui, ayant entendu du bruit, vient d’ouvrir la porte et se retrouve nez à nez avec Vincent, les doigts dans le museau. Il le regarde d’un air dégoûté) : Tu veux les miens ? Ils sont plus gros !

Vincent ( qui a viré au rouge écarlate profond assorti à sa cape) : Heu… ça me grattait. Je suis venu pour faire la paix !

Il lui tend la main et Cid la regarde d’un air suspect.

Cid (qui a préféré ne pas y toucher) : Entre. Le lavabo, c’est au fond à droite.

Vincent devient blême mais s’exécute pour se donner une contenance et ondule généreusement des épaules et du popotin en passant devant lui pour mettre en avant l’échancrure toute fraîche.

Cid (qui le regarde onduler comme une couleuvre, sourcil levé) : Si t’as des démangeaisons à cet endroit aussi, j’aimerais autant que tu évites de le faire devant moi.

Vincent se retourne, toujours blême, mais de rage ce coup-ci.

Vincent (qui se plante devant lui) : Dis donc ! Je ne te permets pas de me parler comme si j’étais le dernier les malappris ! Ca t’arrive jamais le nez qui gratte ?

Cid : Le nez si !

Vincent (la fumée commence à sortir par les oreilles) : Cet endroit de mon anatomie ne souffre d’aucune démangeaison ! C’est ma façon de marcher figure-toi ! (Il rejette avec fierté une mèche brune en arrière) Je n’y suis pour rien si la nature m’a pourvu de reins cambrés, d’un fessier musclé et de cuisses souples qui m’empêchent de me déplacer sans ce déhanchement que d’ailleurs, soit dit en passant, tu es le seul à trouver sans un esthétisme certain ajoutant à mon charme.

Cid (pas très convaincu) : Mouais… Ben moi je dis qu’un mec qui ondule comme une femme, ça fait un peu… Enfin tu vois.

Vincent (fou de rage ce coup-ci) : Quoi ? Et ban vas-y ! Dis-le ! Ca fait tapette, c’est ça ?

Cid (surpris par sa colère soudaine) : T’énerve pas. J’te donne un conseil d’ami, c’est tout. Une dégaine de tante, c’est pas une fatalité, il suffit juste d’essayer de la corriger un peu. (le visage de Vincent se décompose et Cid essaye d’argumenter) Fais pas cette tête, c’est pas de ta faute si t’as vraiment un visage de fille, des jambes de pin-up, un déhancher de gonzesse et des yeux de midinette.

Vincent (Au bord des larmes) : Et tu te considères comme un ami ? Ah je vois ! Très bien ! Dès demain je fais un régime pour engraisser comme un porc, j’me laverai plus qu’une fois par semaine, j’me couturerai le visage de cicatrices et… et je me rase le crâne !

Cid (affolé) : NON !

Vincent (en papillonnant des cils, avec expression de martyr et ravi que Cid s’inquiète pour lui) : Non ? (Minaude en jouant avec ses cheveux) Pourtant tu disais que…

Cid : Non, pas les cheveux. C’est la seule chose qui cache un peu ton déhanchement.

Vincent (en larmes ce coup-ci) : Ahhhhh ! Ordure ! Pourri ! Sadique ! Tu te dis mon ami et t’es prêt à me laisser me défigurer !

Cid (gêné de le voir se répandre ainsi) : Mais, mais, mais, mais, mais, mais… Te mets pas dans un état pareil voyons ! Vous passez votre temps à vous chambrer toi et les turks !

Vincent (piteux. Non… Minable, plutôt) : C’est pô pareil. Snirrrfl. Eux, j’m'en fous comme de ma première sod… heu, ma première branlette.

Il se laisse tomber en sanglotant comme une midinette sur le lit… Euh, non le canapé… le boudoir ? P’tain, kesk’y z’ont au juste comme meubles dans un vaisseau de la Shin-ra ? ! Qui m’a piqué mon “Maisons et Jardins - numéro hors-série : en direct des ruines volantes d’Highwind” ? ! Celui avec la visite de la cuisine le jour des « Knaky Balls » ? - private joke - Bon ben tant pis, on va dire que c’est un sofa ou l’équivalent local.

Cid (le regarde inonder ses jolis coussins brodés de « cui-cuis » (second private joke !) sans comprendre l’étendue de son désespoir-euh) : Vincent ? Houhou ? La base appelle Vincent ! Y’a quelqu’un ? Tu vas pas te mettre dans des états pareils pour si peu ?

Vincent ( lui jette un regard humide - voire même complètement trempé - de sous ses longs cils d’obsidienne - renifle bruyamment et recommence à chialer ): Ne me regarde paaaas ! Je suis laiiid ! ! !

Cid ( raisonnable ): Ben forcément, à force de pleurer comme ça, ça te bouffit les yeux, et puis t’es tout rouge et ça te tire les traits, et t’as les cheveux tout emmêlés comme de la vieille étoupe qu’aurait passé dans le lave-linge, ça t’arrange pas non plus…

Vincent (s’enfonce un peu plus dans le sofa sous le poids de la description) : J’m'en fouuus ! Je ne veux plus jamais plaiiire !(hoquète entre deux sanglots et hoche la tête, mais ça se voit pas vraiment vu qu’il a la tronche enfouie dans un coussin) BWIIIIIIII ! ! ! ! Je suis un incompriiiiis !

Cid (blême d’embarras façon endive, ou plutôt poireau avec les oreilles qui font les feuilles bien tombantes…) : Ah ?

Vincent (le regarde du fin fond de son amour-propre blessé, ramassant les restes épars de sa dignité offensée pour s’y draper tel Jules César à Gergovie - NDLA : demain, je me lance dans les romans à l’eau de rose. J’ai largement le niveau et le style, et ça paye mieux que la fan-fiction. Ca sert de lire Astérix, pas vrai ? ): Tu peux te gausser de moi, Cid, mais tu ne pourras pas nier la vérité !

Cid (largué) : Quelle vérité ?

Vincent (se redresse dans toute sa majesté - quelque peu gâchée par l’échancrure béante de sa chemise qui lui donne des allures de strip-teaseuse ) : Je ne dissimulerai pas mon opproble… opplobre ? Octobre? Rolp… Plorr…

NDLR : on croit qu’il voulait dire “opprobre”, mais on a eu la flemme de vérifier dans le dico pour vous donner la définition

Cid (en aparté) : Il y en a un des deux qui ne sait plus ce qu’il dit et je ne crois pas que ce soit moi. Ou alors j’ai sauté une page du script. Où j’ai fichu mon texte, moi?

Vincent (qui le regarde faire son aparté à un innocent pot de bégonias, qui n’en demandait pas tant, puis regarder dessous d’un air préoccupé) : Euh… Cid ? Tu as perdu quelque chose ? (il fait des efforts désespérés pour ne pas ajouter pour lui-même “Oui, la raison”. NDLA: qui a dit “Sa vertu!” en rigolant ? Et puis d’abord, on ne peut perdre que ce qu’on a, CQFD...)

Cid (prend la teinte purpurine du soleil affleurant au ponant. NDLA: p’tain, c’est moi qu’ai écrit ça ? On comprend à peine que ça veut dire qu’il rougit !): Euh… Nan, nan, j’essayais juste de me souvenir d’un truc… Donc, tu me disais que tu étais venu me demander un truc, c’est ça ? Alors ? En quoi je peux t’aider ?

Vincent (ses trois synapses qui moulinent, moulinent): M”aider” ? J’appellerais pas vraiment ça comme ça, tu vois…

Cid : Bah t’es venu pour quoi, alors ?

Vincent (les mots qui godillent sur son cerveau comme une gondole dans les canaux de Venise - rame, rame, POCK - ah, on a touché le quai) : Bah… Euh… Enfin… (flappe flappe des mains rouge écarlate) Tu t’en doutes bien, non ?

***

Autre coursive… : Loz, Sephiroth, Kadaj, Tifa, Reno, Cloud

Loz (qui s’approche insidieusement de Tifa) : Tiens, tiens… Le couloir est désert… Ca t’inspire rien ?

Tifa ( qui le repousse genre… ” j’te repousse mais faut que t’insistes ”) : Arrête des bêtises, si Yazoo nous voit, il nous tue tous les deux !

Loz l’attrape par la taille et s’apprête à la faire plonger genre « tango » pour lui rouler le patin di siècle quand une tornade leur rentre dedans de plein fouet.

Reno (mort de trouille, tout rouge, les cheveux mouillés et enroulé dans un drap de bain) : AAAAHHHHH ! Aidez-moi ! Au secours !

Loz (en relevant Tifa) : Mais qu’est ce qui te prend ?

Reno (en montrant le couloir du doigt) : Y’a Elena qui me poursuit ! ! ! Elle est devenue folle !!! Ahhhh ! (il s’accroche à Loz) Aide-moi ! ! ! ! ! La laisse pas tripatouiller mon zozio ! ! ! ! Elle a déjà eu Kadaj ! Elle pété un plomb, j’te dis ! ! !

Sephiroth (qui, alerté par le raffut, vient de sortir de la chambre de Cloud) : Quoi ? Qui ça ? Qui a touché à mon poupounet gris ? (Il secoue Reno comme un prunier) Réponds espèce de larve pleureuse !

Cloud (qui récupère Reno dans les griffes de Sephy et le berce) : Mais arrête voyons ! Tu vois bien qu’il est tout effrayé, pau’v p’tit père !

Sephiroth (furax) : Qui a touché à mon petit frère ?

Reno (blotti dans les bras de Cloud mais qui commence à se demander ce que signifie son étrange sourire carnassier) : Elena !

Sephiroth (les yeux lançant des éclairs) : Quoi ? Cette aliénée a osé tripatouiller la chair de ma chair ? Le sang de mon sang ? mon trésor ? La moitié de moi même ? Le fruit de mes entrailles ? La candeur réincarnée ? Mon ange immaculé ? Mon agneau virginal ?

Loz : Euh… Ca va, faut pas déconner, non plus, T’en fais un peu trop là.

Sephiroth (des éclairs jaillissant autour de lui) : Nan j’en fais pas trop ! C’est mon poussin à moi et je permettrais pas qu’une ¤@#& me le dévergonde ! Où elle est cette ¤}@\`de*$=$£ que je lui apprenne à vivre !

Reno (tout tremblant) : Dans la cabine de Kadaj.

Sephiroth part en courant et passe en trombe dans les couloirs, talonné par Loz.

Sephiroth : Kadaj ! Tiens bon ! Phiphy arrive !

Il pile devant la porte en voyant son “ ange de vertu ” sortir de sa cabine, l’air blasé, la clope au bec, le blouson ouvert et un air de dire “ t’as plus rien à m’apprendre, j’suis un homme ”.

Sephiroth (avec un bruit de cœur brisé) : Ben…mon bébé !

Kadaj (en s’étouffant à moitié avec la fumée) : Arrête ton char, frérot ! Va pas me faire le coup des oiseaux et des abeilles ! Cette gisquette c’est de la dynamite !

Sephiroth (la larme à l’œil) : C’est pas vrai ! Kadaj ! T’as pas fait ça, hein ? Pas mon bébé !

Kadaj (en tapotant l’épaule de Sephy) : T’inquiètes frangin ! (Raisonnable) C’est pas parce que j’suis devenu un homme fort, viril, sexy et une bête au pieu que ça veut dire que tu vieillis !

Sephiroth (qui se précipite dans la chambre) : JE VAIS LA TUER ! ! ! ! 20 ans d’éducation et elle m’en fait un obsédé sexuel en moins de cinq minutes !

Kadaj : Nii-San, arrête !

Sephiroth (en le giflant) : Toi, camembert ! C’est pas parce que t’es plus puceau qu’il faut la ramener !

Kadaj (rouge écrevisse) : euh… Nii-San… Là, t’es vulgaire !

Sephiroth (fier comme Apollon) : Et alors ? tu veux que je te parle comme à un homme oui ou merde ? Tu oublies que j’ai été élevé dans le Soldat, môa, Môsieur ! Et jette-moi cette cigarette ! (Kadaj s’exécute et s’en va sans demander son reste) Alors ? (Il rentre dans la cabine) Elle est où la grognasse ?

Loz (un fouet à la main, lui montre Elena, qu’il a enchaîné et bâillonnée au pied du lit) : T’inquiète, je l’ai matée ! J’en fais quoi ?

Sephiroth : Ce que tu veux ! Mais je veux qu’elle s’en rappelle pendant les vingt prochaines années…

Loz (pense à un truc, fait un grand sourire puis… se rembrunit et secoue la tête) : ouais mais non… Ca risquerait de lui plaire,

Sephiroth s’approche et lui murmure quelque chose à l’oreille.

Loz : Noooon ? Si ? O.K. ! Alors c’est parti ! Il va me falloir du cuir, de l’acier, une serrure….

Sephiroth (se penche vers Elena et lui enlève son bâillon) : Tu vas adorer ce que Loz va te préparer !

Elena (rouge comme une tomate) : De quoi tu parles ?

Sephiroth (en pétard) : Tu connais la définition de… “ ceinture de chasteté ” ?

Elena (affolée) : Quoi ? ? ? Ca va pas la tête ? Assassin !

Mais Sephiroth s’en va, traînant dans les couloirs comme une âme en peine. Il se dirige vers la cabine de Yazoo histoire de se faire consoler et… tombe à genoux avec un cri déchirant.

Sephiroth (s’écroule en larmes): NOOONNNNN ! Vous voulez tous ma mort !

Nero (en position assez tarabiscotée avec son frère et Yazoo) : Oh, oh ! On a de la visite !

Weiss (tapant sur l’épaule de Yazoo) : Redresse-toi, mon tout beau, v’la ton frérot et il n’a pas l’air content…

…à suivre

XXXXV - Jamais deux sans toi !

A trop se donner, on s’abandonne.”
J. Ferron

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

- Imbécile ! Comment as-tu pu te faire avoir aussi bêtement par ce gamin ? !

Le poing de Genesis cueillit Nero au creux de l’estomac, lui coupant le souffle.

Telle une mince gerbe de blé coupé par une faux, le buste gracieux plia vers l’avant et le ténébreux s’effondra aux pieds de son bourreau.

- NOOONNN ! NERO !

Le hurlement de Weiss résonna dans les profondeurs souterraines.

- Ferme le bec ou je te jure que je lui décorerai la peau à ma façon pour chaque mot qui sortira du clapier te servant de bouche ! menaça Genesis en saisissant Nero par ses longs cheveux noirs.

- Ca… ça va… aller… mon frère… haleta ce dernier en essayant de se relever sous le douloureux tiraillement. Je… vais bi…

Une gifle retentissante l’interrompit.

- Qui t’a permis de l’ouvrir, maudit tas de poix ?

- Enfant de salaud ! cria encore Weiss. Laisse-le tranquille !

- Je ne me suis pas bien fait comprendre, on dirait, railla le soldat. Long à la détente, hein ? Tu préfères les exemples aux paroles ? A ta guise ! (Il gifla à nouveau Nero à toute volée.) Encore quelque chose à dire ?

L’ancien chef des Tsviets se mordit la langue pour ne pas répliquer mais, en voyant le sang couler de la lèvre fendue et du nez de son frère, il se débattit comme un diable dans ses liens.

- Il va suffoquer ! cria-t-il. Enlève-lui son mors ! Détache-lui les mains !

En effet, entravé par son mors, les bras immobilisés par les sangles de sa camisole et ses ailes de métal - dont les mains artificielles auraient pu lui permettre de se libérer - arrachées, Nero bataillait pour ne pas s’étouffer avec son propre sang.

Genesis tendit une main lasse vers les attaches du mors de cuir avec un soupir résigné mais interrompit son geste en entendant les pleurs de bébé qui résonnèrent soudain dans la grotte.

Abandonnant Nero, qui luttait pour respirer, et se dirigea vers un petit tas de couvertures gigotant, qu’il souleva dans ses bras avec un sourire de carnassier.

- Il t’a réveillé, hein, bébé ? babilla-t-il au milieu des bruits gargouillants de suffocation et des cris affolés de Weiss en berçant le nourrisson, dont un toupet de cheveux argentés dépassait de la couverture. Méchant petit bout de ténèbres qui embête bébé… Méchant Nero… Méchant ! On va le punir comme il se doit. Oh, oui…

- Espèce de malade ! hurla encore Weiss en se débattant entre ses liens, faisant pleurer le petit de plus belle.

Son frère essaya de tousser et une partie du sang qui coulait de son nez gicla, éclaboussant la couverture et le visage du bébé.

Fou de rage, Genesis le poussa violemment du pied, l’envoyant s’affaler contre un rocher.

- Crache tes impuretés ailleurs que sur lui !

Il essuya le visage poupon avec un pan de la couverture et le bébé, terrifié, pressa ses poings minuscules sur ses beaux yeux mako aux pupilles fendues en pleurant à fendre l’âme.

*

Cid posa l’hélicoptère sur la pelouse du parc et Reno qui - une fois n’est pas coutume - jouait les copilotes, secoua la tête.

- Pourquoi ne te poses-tu pas sur la piste du toit ?

- Et la moto, on la descend comment, poil de carotte ? railla l’amiral de la W.R.O. en faisant sourire Vincent. On lui met un parachute et on la jette dans le vide ?

Yazoo pouffa, Marlène endormie recroquevillée dans son giron.

Une fois l’hélice immobile et les moteurs coupés, Cid et Loz descendirent la moto à la force des poignets et se dirigèrent vers le garage accompagnés de Vincent tandis que le turk et Yazoo, la fillette endormie dans les bras, prenaient le chemin du manoir.

- Yazoo… appela Loz. N’oublie pas ce qu’on a dit.

- Je sais, mon frère, j’ai compris : tu es juste tombé en panne. Un ” simple incident mécanique “.

Il lui adressa un clin d’œil avant de disparaître en compagnie du turk et Vincent soupira en tapant sur l’épaule de Cid.

- Allons vite remettre d’aplomb les motos avant que tout le monde se réveille.

- Toi, fit le pilote en posant la main sur la large poitrine de Loz pour l’arrêter, tu vas me faire le plaisir d’aller nicher ton joli museau ente les roploplos de qui tu sais et de ne pas réapparaître avant d’avoir dormi deux ou trois heures !

L’argenté sourit malgré lui.

- Je vais bien, Cid, je dormirai un peu cet après-mi…

- Maintenant ! insista Cid. Tu tiens à peine sur tes jambes, mon gaillard.

- Cid a raison, renchérit Vincent. Nous nous occupons des motos, ne t’en fais pas. (Loz se frotta le visage et esquissa un geste impuissant.) Je sais que les cauchemars risquent de revenir, ajouta l’ancien turk en lui pressant le bras en signe d’encouragement. Mais tu dois quand même essayer de te reposer un peu.

- Qu’est-ce qui se prépare, Vincent ? Qu’est-ce que moi Yazoo avons à voir avec ce Genesis ?

- Je ne sais pas. Mais nous trouverons, je te le promets. (L’argenté hocha la tête et s’en retourna.) Loz ! Merci de vouloir rester discret au sujet de… de ça, fit-il en désignant la moto aux freins trafiqués.

- C’est mieux pour Tifa et pour les enfants. Ca leur ferait trop mal. Ils ne comprendraient pas.

Il s’éloigna et Cid siffla entre ses dents, admiratif.

- Ce mec en a une putain de paire, moi je te le dis !

Vincent éclata de rire et aida son ami à pousser la moto en direction du garage.

*

Shalua sentit qu’on lui secouait doucement l’épaule et ouvrit son œil valide.

Elle s’était assoupie auprès de Denzel, qui dormait profondément.

- Reeve ? murmura-t-elle en reconnaissant le chef de la W.R.O., vêtu d’un sobre peignoir de coton bleu. Qu’est-ce qui se passe ?

- Shalua, il faut absolument que tu vois ça, fit-il sur le même ton pour ne pas réveiller le garçonnet en sortant une clé mémoire de sa poche. On m’a envoyé ces documents il y a une heure.

- A voir ta tête, ça a l’air grave. Qu’est-ce que c’est ?

Il désigna Denzel.

- Allons dans la pièce d’à côté, je t’expliquerai. Prends ton ordinateur.

La jeune femme obéit et le suivit dans le salon.

- Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-elle, de plus en plus inquiète en voyant le visage décomposé de Reeve à la lumière du plafonnier.

- Le labo du Deepground.

- Quoi, ” le labo du Deepground ” ? Il a été vidé et scellé, non ?

- Pas entièrement, Shalua.

Elle pâlit.

- Qu’est-ce que tu veux dire ?

Reeve se laissa tomber sur le divan et se tordit nerveusement les mains.

- Mes hommes viennent de… de retrouver un étage.

Shalua s’affala à ses côtés.

- Je… Je ne comprends pas.

- Un étage supplémentaire intermédiaire que nous n’avions pas repéré lors de la première fouille. C’est l’effondrement d’une poutre de soutien qui l’a mis au jour. Elle a été rongée par le mako.

La jeune femme déglutit péniblement.

- J’ai peur de poser la question, Reeve, mais… qu’est-ce que tes hommes ont trouvé de si grave pour te réveiller en pleine nuit ?

- Des cuves. Douze cuves mako dont plusieurs contenaient des restes humains. (Shalua porta sa main valide à sa bouche pour réprimer un haut-le-cœur) C’est la fuite de l’une d’elles qui a rongé la colonne. Ils ont également trouvé du matériel génétique. Récemment utilisé.

Shalua se raidit.

- Quel genre de… ” matériel ” ?

Reeve brancha la clé mémoire sur l’ordinateur portable de la jeune femme.

- Juge par par toi-même…

Il lança une vidéo et Shalua reconnut aussitôt l’endroit : les laboratoires du cratère nord.

Après avoir visionné des heures et des heures d’horreurs elle pensait avoir fait le tour de l’inhumanité d’Hojo mais force était de constater qu’elle s’était trompée.

*

Loz entra à pas de loup dans la chambre et vit son téléphone clignoter sur la table de chevet, illuminant par intermittences le visage de Tifa, profondément endormie, d’une lueur verdâtre : ” Vous avez un message “.

Avec un sourire attendri, il se saisit du petit appareil et s’assit tout doucement sur le bord du lit en effleurant la douce chevelure brune étalée sur l’oreiller .

Il consulta son répondeur afin d’arrêter l’agaçant clignotement et eut la surprise d’entendre la voix de Tifa.

” …à l’endroit de ton choix. A tout de suite. Je…Je t’aime. “

- Fin de vos messages. Pour les réécouter, tapez

Loz sentit une émotion sans nom lui serrer la gorge et, le cœur battant, essaya désespérément de ravaler les larmes qui menaçaient de couler.

Immobile à quelques centimètres seulement de la femme pour qui - il en était certain à présent - il pourrait offrir sa vie sans le moindre état d’âme, il dut attendre un long moment que l’émoi provoqué par les derniers mots du message se calme un peu.

Si tu crois qu’elle va laisser Denzel faire sa loi, tu la connais pas ! “

Marlène avait peut-être raison, finalement…

Il reposa le téléphone sur la table de chevet et, une fois certain qu’il pourrait garder les yeux secs, il se déshabilla en silence et se glissa sous les couvertures.

La jeune femme s’éveilla à demi en sentant un corps d’homme se presser contre son dos et une douce odeur sucrée lui chatouiller les narines. Une bouche avide remonta le long de sa nuque, mordillant la peau en provoquant d’agréables frissons.

- Je vous préviens, monsieur, fit-elle avec un petit rire ensommeillé sans ouvrir les yeux. Si vous n’êtes pas un grand garçon au corps de rêve avec des cheveux argentés très courts et de beaux yeux verts, vous allez au devant de gros ennuis…

Elle se retourna dans les bras de Loz et lui sourit dans la pénombre.

- J’ai droit à un baiser, murmura-t-il contre ses lèvres. J’ai reçu le message gagnant, je peux le prouver.

Tifa éclata de rire et l’embrassa avec une fougue impatiente mêlée de tendresse.

*

Vincent et Cid venaient de terminer de réparer les freins de la moto de Yazoo lorsque le téléphone du pilote sonna.

- Highwnind. Déjà ? Très bien, j’arrive. Non. Non, non, mieux vaut que ce soit fait tout de suite. Et Cloud ? Très bien, je lui dis.

Il raccrocha.

- Alors ? s’enquit l’ancien turk.

Le pilote prit une profonde inspiration.

- Les documents du divorce viennent d’arriver, laissa-t-il tomber, le cœur battant.

- Bien. Et Cloud ?

- Toujours avec Shelke, en bas. Ca se passe plutôt bien, d’après Rufus.

- Tant mieux.

Cid sourit, fébrile.

Il avait attendu cet instant si impatiemment ces derniers jours que, maintenant que ça arrivait, il se sentait tout ” chose “, comme disait Marlène.

- Nerveux ? demanda Vincent en voyant son ami respirer avec irrégularité.

- Un peu, je l’avoue.

- Vas-y, je m’occupe de la moto de Kadaj.

- Tu es sûr ?

Vincent lui pressa l’épaule.

- Va mettre fin à la mascarade qu’est ton semblant de mariage et nicher ” ton joli museau dans les roploplos de qui tu sais “ !

Le pilote éclata de rire et serra l’ancien turk contre lui en une virile accolade.

- Ca ne te va du tout, de dire des choses pareilles, tu sais ? railla-t-il. Mais l’intention était bonne, ajouta-t-il plus ému qu’il ne l’aurait voulu.

- Allez file avant qu’on se mette à pleurnicher.

Cid s’éloigna en direction de la porte du garage et se retourna une dernière fois avant de disparaître.

- Eh ! Vampy ! A toute fin utile : les freins, c’est les trucs sur lesquels on appuie pour s’arrêter de rouler ! plaisanta-t-il.

Il esquiva un chiffon noir de graisse et Vincent rit de bon cœur en se saisissant d’une clé à molette.

*

Reno, las d’attendre assis sur son lit que Yazoo le rejoigne et, surtout, craignant de s’endormir qu’il restait là à rien faire une minute de plus, décida d’aller le chercher.

Lui et l’argenté avaient quelque chose à… ” terminer ” !

Il quitta sa chambre pour se diriger vers celle de Denzel et Marlène et poussa doucement la porte.

Le lit du garçonnet était vide - Cid leur avait dit dans l’hélicoptère qu’il l’avait laissé avec Shalua - mais, sur celui de Marlène, le spectacle qui s’offrait à lui faillit le faire éclater de rire.

Yazoo, épuisé successivement par une nuit de cauchemars, un Reno entreprenant soûl comme une barrique, une partie de ” tralala ” interrompue, un frère sur le point de faire le saut de l’ange dans un ravin et un voyage nocturne en hélico, n’avait apparemment pas résisté au pouvoir hypnotique du couvre-lit estampillé de chocobos multicolores - et on pouvait le comprendre.

L’argenté et la fillette, ainsi qu’une bonne dizaine de peluches et une demi-douzaine de poupées, étaient entortillés dans un inextricable amas de bras, de jambes, de pattes, d’ailes et de cheveux (ou de poils) en tout genre.

Réprimant un fou rire, le turk couvrit le ” tas ” d’une couette et s’allongea sur le lit de Denzel avec un soupir las.

Il ferma les yeux “juste une minute” mais, avant même de s’en rendre compte, il s’endormit à son tour.

*

Une fois de plus happé par les ténèbres glaciales, Loz marchait à l’aveuglette, frissonnant et essayant désespérément de percer le brouillard obscur.

Les langues de brume ténébreuse et hurlante s’accrochaient à ses cheveux, enserraient ses jambes et ses bras, s’enroulaient autour de ses hanches étroites et léchaient son visage comme autant de mains, de bras ou de langues d’outre-tombe.

Il luttait pour ne pas céder à l’affolement, n’osant ouvrir la bouche pour crier ou appeler à l’aide de peur que le brouillard noir ne se glisse dans sa gorge.

Après une marche cauchemardesque durant laquelle il batailla contre les ténèbres, se débattant contre les assauts des mains invisibles et des voix hurlantes, il distingua un point lumineux au loin.

Avec sa dernière énergie, il se dirigea vers la lumière, essayant de courir de toutes ses forces mais en ayant l’impression de faire du ” sur place ” et, soudain, la lumière l’éblouit, comme s’il avait parcouru la distance qui se séparait du point lumineux en un dixième de seconde.

Il cligna des yeux.

Les ténèbres n’avaient pas totalement disparu, elles s’étaient juste retirées un peu, rampant, chuchotantes, vers les murs de la pièce dans laquelle il se trouvait…

Une salle dallée de blanc au centre de laquelle trônait une table de dissection à défaut de tout autre mobilier. Et, sur cette table, il se vit lui-même allongé, entièrement nu.

- Ce n’est pas réel… murmura-t-il en se forçant à mette un pied devant l’autre. Tout ceci n’est pas réel…

L’autre lui-même tourna la tête vers lui en le fixant de ses yeux mako vitreux.

- Ne pleure pas, Loz, fit-il d’une voix d’automate avant de reprendre sa position initiale.

Il fit encore un pas et… le remarqua. A croire qu’il venait de se matérialiser devant lui.

Le bébé.

Assis, nu sur la table métallique, il lui tournait le dos et babillait en jouant sur le ventre de l’autre ” lui ” avec quelque chose qui faisait un étrange bruit glaireux.

Ce dos tout rond à la chair tendre, ces fesses joufflues, ces petits bras potelés et ce toupet de cheveux argentés fins comme des toiles d’araignée, Loz les connaissait bien pour les avoir embrassés, massés ou toilettés à d’innombrables reprises.

- Kadaj ? chuchota-t-il en s’approchant du petit, la gorge serrée. Kadaj ? Qu’est-ce que tu fais là, bébé ?

Le petit se tourna à demi vers lui et il eut l’impression qu’on lui assénait un coup au cœur.

Ce n’était pas Kadaj.

Son front était plus large, ses traits plus volontaire et il était bien plus grand que son frère cadet au même âge.

- Qui est-tu, bébé ? demanda-t-il, attendri, en tendant les bras vers lui. Qu’est-ce que tu fais là ?

Le bébé laissa échapper un éclat de rire joyeux qui fit sourire Loz et agita frénétiquement ce qu’il tenait dans ses petites menottes, projetant des éclaboussures de sang et de liquide blanchâtre en tout sens.

L’argenté vit alors avec quoi jouait le nourrisson et d’où provenait l’étrange bruit glaireux : le bas-ventre de son “double” semblait avoir été réduit en un amas sanglant de peau et de chair dont les lambeaux s’accrochaient encore aux canaux séminifères ensanglantés sur lesquels le bébé tirait en riant, comme pour les arracher des testicules éventrés…

Le hurlement de Loz résonna dans son crâne avec la force de mille tambours et la dernière chose qu’il vit fut le rideau de ténèbres qui se referma sur lui pour le dévorer.

” …oz ! Lo… oi ! “

Il étouffait…

eille… oi ! Loz ! “

La bille lui brûlait la gorge…

- Loz ! Loz ! Oh, mon Dieu, Loz, réveille-toi !

Il ouvrit brutalement les yeux et voulut hurler mais sa gorge était trop serrée pour pouvoir émettre le moindre son.

- Loz ! Respire ! Respire, je t’en supplie ! Loz !

Tifa était accroupie au-dessus de lui, au bord des larmes, et le secouait aussi fort qu’elle le pouvait.

- Tifa… gémit-il.

Sa gorge se desserra soudain et il eut à peine le temps d’avaler une goulée d’air qu’un violent haut-le-cœur lui contracta l’estomac.

Il écarta la jeune femme aussi délicatement qu’il le put et se précipita dans la salle de bains pour rendre le contenu de son estomac dans une succession ininterrompue de spasmes douloureux qui parurent lui déchirer les entrailles.

- Loz… gémissait sans discontinuer Tifa en lui caressant le dos, totalement démunie. Oh, mon Dieu, Loz…

Lorsque les contractions finirent par se calmer, elles le laissèrent à genoux sur le luxueux carrelage, pantelant, totalement épuisé et ruisselant d’une sueur glacée.

Tifa enveloppa son corps moite frissonnant dans un drap de bain moelleux et le serra contre elle en suppliant tous les Dieux qu’elle connaissait de lui venir en aide.

Elle se laissa aller contre le mur de la salle de bains, Loz blotti contre elle, et pleura à la fois d’impuissance et de soulagement en pétrissant les muscles de son dos et de ses épaules.

- Pardon, Tifa… réussit-il à articuler, la gorge brûlante de la bile qu’il avait vomie. Pardon…

- Mon pauvre amour… chuchota-t-elle en couvrant son visage de baisers. Mon pauvre amour…

…à suivre.

CETTE FANFICTION VOUS A PLU ? LAISSEZ UN COMMENTAIRE !

XXXXIV - La dame en blanc

C’est de ta peur que j’ai peur ! “

William Shakespeare

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et relecture : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : Shiva Rajah d’après une illustration de M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Zack pouvait les voir à mi-chemin de la vertigineuse descente du mont Nibel. Dans quelques minutes, ils atteindraient le terre-plein, le seul endroit large et plat de la route avant une pente à donner le vertige. Une pente dont Loz et Marlène ne sortiraient jamais vivants s’ils venaient à s’y engager.

Le jeune soldat était sur le point de se matérialiser pour se mettre en travers du chemin afin de les arrêter tant qu’il était encore temps de le faire mais, en quelques instants, il sentit les ténèbres l’envelopper.

Un rideau de brume noire s’épaissit autour de lui à un point tel qu’il lui fut bientôt impossible de voir au travers ni même de distinguer vaguement quoi que ce soit.

- Nero, laisse-moi passer ! ordonna-t-il en s’adressant aux ténèbres glaciales. Ils vont se tuer !

- Je ne peux pas… lui répondit une voix profonde comme un tombeau et belle comme une harpe funèbre.

- C’est une innocente petite fille ! Tu ne peux pas vouloir la mort d’une enfant ! Tu n’es pas tombé aussi bas, Nero !

- Bien sûr que non, je ne souhaite pas sa mort. Mais je veux encore moins que l’on fasse du mal à mon frère bien aimé…

- L’homme que tu vois là a des frères qui l’aiment, lui aussi. Imagines-tu ce qu’ils vont ressentir, si tu le laisses mourir de cette façon ?

Une forme longiligne se dessina dans la brume ténébreuse, un corps mince et élégant, aux longs cheveux noirs et aux yeux purpurins brillants de désespoir.

- Je suis désolé.

- Nero, laisse-moi passer ! Laisse-moi les arrêter tant que c’est encore possible !

Zack voulut avancer mais les ténèbres s’épaissirent, le prenant dans un tel piège de noirceur qu’il avait l’impression d’évoluer dans une sorte de poix psychique glaciale et gluante.

- Je ne peux pas, s’excusa encore la voix mélodieuse de Nero malgré le mors qui lui entravait la mâchoire. Je ne peux pas les laisser faire du mal à Weiss. Il est la seule personne qui ne m’ait jamais aimé. Et la seule que je n’aimerai jamais. Je suis désolé…

- Très bien, soupira Zack, prêt au combat malgré l’ambiance oppressante de la dimension psychique où le ténébreux les avait propulsés tous les deux. Si tu préfères que nous en passions d’abord par là…

*

Loz ralentit un peu en arrivant sur le terre-plein rendu glissant par la pluie et heureusement : il ne vit la jeune femme en blanc qu’au dernier moment et crut bien ne pas pouvoir l’éviter.

Elle paraissait s’être soudain matérialisée au milieu de la route.

Marlène poussa un cri strident et, dans un crissement insupportable de mécanique torturée, l’argenté pressa les freins aussi fort qu’il le put tout en posant un pied au sol pour effectuer un dérapage acrobatique et éviter de percuter l’inconnue de plein fouet.

N’eut été sa force peu commune, qui lui permit de maintenir la lourde moto d’aplomb, lui, Marlène et l’engin surpuissant auraient valsé dans le décor - ou plutôt… dans le ravin !

Le cœur battant à ses tempes, il stabilisa la machine, planta fermement la béquille sur le sol détrempé et souleva Marlène pour la retourner et l’asseoir sur sa cuisse.

- Ca va ? s’enquit-il fébrilement en auscultant la petite sous toutes les coutures. Tu n’as rien ? Tu as mal quelque part ?

La fillette secoua la tête et regard autour d’elle.

- Non, je vais bien. Mais… la dame ? Elle est où ?

Loz tourna la tête en tout sens, à la recherche de l’inconnue mais, ne la voyant nulle part, il sauta de sa moto en jurant.

- Ne bouge pas, ordonna-t-il à Marlène en s’éloignant un peu de l’engin pour fouiller le bas-côté.

- Tu crois qu’elle aurait pu tomber dans le ravin ? demanda la fillette en se couvrant les joues des deux mains.

L’argenté secoua la tête mais jeta un coup d’œil dans le vide par acquit de conscience.

Pas même une brindille n’avait été brisée et aucune jeune femme en blouse blanche ne gisait sur la large corniche, en contrebas.

- Non. Et je suis sûr qu’on ne l’a pas touchée, de toute façon. Bon sang ! jura-t-il en se frottant le visage, déconcerté. Je ne l’ai même pas vue arriver au milieu de la route !

Marlène s’agrippa à ses hanches, encore tremblante de la peur ressentie, et Loz s’accroupit pour la serrer contre lui.

- Moi non plus, je l’ai pas vue, chuchota la fillette. Et pourtant, je regardais tout droit. (Un long silence puis :) Dis, Loz…

- Mhh ?

- Tu crois que… (Elle baissa encore d’un ton) Tu crois que c’était un fantôme ? finit-elle par oser demander, blême de peur.

L’argenté éclata de rire et se releva avec la petite dans les bras.

- Bien sûr que non, voyons ! Et tu sais quoi ? Je pense même qu’on a seulement ” cru ” voir quelque chose. Quelque chose qui ressemblait à une femme. Une nappe de brume, peut-être. Ou la réflexion des phares sur une flaque d’eau.

Marlène tordit le nez.

- Moi j’ai vu une dame habillée comme Shalua. Et toi ?

- Moi aussi. J’ai cru voir une jeune femme. Mais regarde. Il n’y a absolument rien. Ce n’était qu’une ombre ou un reflet. Tu n’as pas à avoir peur. Ce qui m’inquiète bien davantage, ajouta-t-il avec une grimace en asseyant la petite sur le siège de la moto, c’est le bruit qu’a fait cette merveille quand j’ai forcé sur les freins…

- Ah bon ? Tu crois que c’est cassé ?

- Je te dis ça dans une minute, soupira Loz en s’accroupissant sur le sol boueux pour vérifier le mécanisme de freinage. Tu me passes la lampe torche ?

*

Nero laissa échapper ce qui ressemblait à un soupir déchirant.

- Un leurre… gémit-il. Tu n’étais qu’un leurre destiné à détourner mon attention, maudit sois-tu !

Zack eut un sourire en coin.

- C’était de bonne guerre. Salue cette saloperie de Jenova de ma part et dis-lui bien que, quoi qu’elle ait derrière la tête, on ne la laissera jamais arriver à ses fins !

Nero poussa un cri de rage désespéré et bondit sur lui dans un maelström de ténèbres encore plus denses que tout ce qu’il avait pu évoquer jusqu’à maintenant.

- C’est sur mon frère qu’elle va se venger, maudit sois-tu !

Mais, lorsqu’il tendit ses bras tatoués pour refermer ses mains élégantes sur la gorge ectoplasmique du jeune soldat, celui-ci parut se volatiliser sous ses doigts.

- Tuer un mort ? railla-t-il avant de disparaître totalement. Quelle prétention, Nero ! Ah ! Ah ! Ah !

*

Loz vérifia un dernière fois ses poches et jura comme un corps de garde.

- Mais quel idiot !

- T’as vraiment oublié ton téléphone, alors ?

- Il a dû tomber quand je me suis habillé. C’est pas vrai, quel crétin !

Marlène fouilla dans sa doudoune.

- Attends, on peut utiliser le mien.

L’argenté se tourna vers elle comme si elle venait de lui proposer le secret de la vie éternelle.

- Tu as un téléphone ?

Elle haussa les épaules et sortit un petit objet rose à paillettes de la poche intérieure de son vêtement.

- Si on veut. Papa dit que je suis trop petite, encore, pour en avoir un vrai. C’est un appareil qu’a fabriqué oncle Cid pour que papa puisse me parler de son téléphone à lui.

- Et toi ? Tu ne peux appeler personne ?

- Seulement papa ou oncle Cid si j’ai une urgence ou de gros ennuis. Et comme on a des ennuis mécaniques…

Pour un peu, Loz serait tombé à genoux pour remercier une bonne moitié du panthéon de la planète !

*

Cid confia Denzel à Shalua et se précipita dans le couloir en enfilant son blouson, le téléphone collé à l’oreille.

- Comment ça ” les freins ont lâché “ ? répéta-t-il, sidéré. C’est impossible, Loz, ces motos sont flambant neuves !

Disons qu’on les a un peu… aidés. “

Le pilote se figea au milieu du couloir, n’en croyant pas ses oreilles.

- Tu plaisantes !

Non. Cid, je suis formel. “

- Comment ? Les circuits ? Les pla…

Oui, oui, Marlène est tout près de moi, elle va très bien, je t’assure. “ Le coupa Loz.

- Merde, elle écoute tout ce que tu dis, c’est ça ?

Exactement ! Juste une grosse peur, rien de grave. “

- Considère que je suis déjà parti. Où êtes-vous coincés ?

A quelques pas de la balise 54, sur le terre-plein, à mi-chemin de la descente. “

- Assez de place pour caser un hélico ?

A peine. “

Cid ricana.

- ” A peine “ pour un pilote lambda, ça se traduit par ” les doigts dans le nez “ en ce qui me concerne, p’tit frère ! Je serai là avant même que vous n’ayez le temps de dire ” ouf ! “.

Il rangea son téléphone, finit de boucler son blouson et allait s’engager dans l’escalier qui menait à la piste d’atterrissage du toit lorsqu’il faillit percuter Reno et Vincent qui arrivaient en sens inverse dans le couloir, talonnés par Yazoo.

- Oh là ! fit-il. En voilà une précipitation à une heure pareille ! Ne me dites pas que vous comptiez prendre l’hélico, si ?

- Nous devons allez chercher Loz et Marlène, Cid, argua précipitamment Vincent. Je t’expliquerai.

- Ah ? Ils vous ont appelé aussi ? Comment ? Loz vient de me dire qu’il avait oublié son téléphone.

Vincent se figea et Reno hoqueta.

- Tu viens de lui parler ? s’écria Yazoo en s’agrippant au blouson du pilote. Où sont-ils ? Ils vont bien ?

*

Shalua allongea Denzel dans son propre lit et étreignit le petit corps tremblant, encore sous le choc de ce que Cid venait de lui montrer.

Contre l’avis de la jeune femme, il lui avait fait visionner des extraits des vidéos de surveillance si horribles qu’elle-même n’avait pas jugé utile de les inclure dans son exposé de la salle de conférences.

Sur l’un d’eux, Loz adolescent se tordait de douleur et paraissait suffoquer dans les petits bras de Kadaj, bien plus jeune encore que Denzel à l’époque.

On y voyait le garçonnet pleurer et supplier durant d’interminables minutes avec des hurlements déchirants que quelqu’un vienne aider son frère mais les chercheurs, qui avaient volontairement provoqué l’incident en faisant ingérer à l’aîné une substance hautement allergène, étudiaient chacune des réactions de l’enfant à travers un miroir sans tain sans bouger le petit doigt.

La séquence était d’une tristesse à vous arracher le cœur.

- Ah ! Ah ! Bien fait pour ce salaud, hein ? avait ricané Cid. T’as vu ? Et attends, après ils leur font des piqûres d’enfer avec des aiguilles grosses comme ça ! Ils en bavent à mort, tu vas adorer !

Bien entendu, comme le pilote l’avait escompté, Denzel ” n’adora ” pas du tout la chose, bien au contraire. Avec cette facilité déconcertante qu’ont les enfants de s’identifier à quelqu’un ou de prendre en pitié ceux à qui on fait injustement du mal, qu’il s’agisse d’humains ou d’animaux, le garçonnet ne tarda à fondre en larmes, profondément ébranlé.

Une explication - bien plus longue que celle qui avait déjà été fournie aux enfants au sujet de Sephitoth, de Jenova et des argentés lors du réveil de ces derniers - avait suivi. Certes, beaucoup de choses ne pouvant être dites à un petit garçon, telles les incestueuses fécondations in-vitro effectuées sur les cadavres, avaient été passées sous silence et d’autres encore ramenées à au niveau de compréhension adapté à un enfant de son âge.

Mais, malgré cette simplification outrancière, Jenova passa, pour Denzel, d’” entité extra-terrestre malfaisante douée de pensée et de perception “ à une sorte de maladie qui ” entrait dans le cerveau les gens ” et ” volait leur corps “.

C’était à bien des égards plus terrifiant mais beaucoup moins grave car, contrairement à un extraterrestre malfaisant, une maladie, ça pouvait se soigner. Du moins dans l’esprit d’un petit garçon de six ans !

Et ce d’autant plus facilement que, à en croire Shalua, chacun - même lui ! - pouvait contribuer à guérir les gens atteints de ” Jenovite “, comme Cloud, Sephiroth ou les argentés. Les médicaments étaient gratuits et très faciles à trouver : câlins, bisous et beaucoup d’affection. Voilà ce qui soignait cette terrible maladie. Cid avait bien insisté là-dessus : Jenova étant ” la créature la plus méchante du monde entier “, le moindre signe de tendresse ou d’attachement la rendait ” MA-LA-DEUH “ !

A l’instar des cruelles sorcières des contes pour enfant que lui lisait Tifa le soir, Jenova ne supportait pas le moindre signe d’affection ou de gentillesse.

Elle déteste tellement ça que c’est même la première chose qu’elle détruit dans les gens qu’elle infecte ! “ avait encore expliqué Cid.

Voilà donc pourquoi les argentés avaient été si méchants, il y a deux ans, et pourquoi Sephiroth avait fait brûler tout Nibelheim. Oui, tout était plus clair, à présent, pour le garçonnet.

- Mais là, c’est moi qui ai été méchant, murmura-t-il, au bord des larmes en s’agrippant à Shalua. Ca veut dire que moi aussi, j’ai la “jénovite” ?

La jeune femme remonta les couvertures sous son menton et éclata de rire.

- Bien sûr que non, voyons, je c’est pas contagieux ! Tu as cru ce que Cloud a dit, poussin, c’est tout, ce n’était pas de ta faute. Tu ne pouvais pas savoir qu’il était ” malade “. Personne ne s’en était aperçu, d’ailleurs, pas même moi.

Elle essuya le nez du garçonnet avec un mouchoir en papier et l’embrassa pour le rassurer.

- Et tu crois qu’on va pouvoir le guérir, comme Loz ?

- Et comment, qu’on va le guérir ! Je te promets que le manoir va devenir l’usine de câlins et de bisous la plus productive de la planète jusqu’à ce que Cloud se soit totalement débarrassé de sa ” jénovite “. Rassuré ?

Denzel hocha la tête et se pelotonna dans le grand lit de la jeune femme, totalement épuisé après la première nuit blanche de sa courte vie.

…à suivre

XXXIX - La lumière de mes ténèbres

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;

Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !»

C. Baudelaire

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et Rewriting : Claude Neix (Studio Gothika)

Illustration : M.A. Sambre (Studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Un coup dans les reins.

Puis un autre.

Et un autre encore.

Peu importait. Il ne sentait plus rien, de toute façon.

Il avait trop mal pour ça…

- Fils de putain ! Pourquoi ne t’en prends-tu pas à moi, plutôt ? Tu as trop peur ? Lâche !

Weiss… Cher Weiss…

Il souffrait pour lui et ça, en revanche, ça lui faisait mal.

Pauvre Weiss…

« Mon pauvre frère… »

Il voulut l’appeler, le conforter, lui donner un signe de vie, fut-il misérable, mais la seule chose qui sortit des lèvres asséchées de Nero, compressées par le mors de cuir, fut à peine un murmure. Faible. Douloureux. Inaudible.

Un nouveau coup.

Dans le ventre, cette fois, lui coupant la respiration.

- Espèce de salopard ! Nero ! Nero !

Une main gantée se referma sur les cheveux de celui-ci et tira sa tête en arrière jusqu’au point limite de rupture des vertèbres cervicales.

- Pas très solide, la petite pelote de ténèbres… railla la voix sensuelle de leur bourreau, les lèvres tout contre son oreille. Et c’est ce petit bout de noirceur qui espérait prendre le contrôle de moi, mhh ? Hélas pour toi, irritant petit grain sable(1) trop sûr de lui, ce corps là n’a pas besoin d’un locataire supplémentaire. Ah ! Ah ! Ah !

(1) Dès lors qu’il s’agit de Nero, entendez le mot « sable » au sens héraldique du terme : noir (l’adjectif de couleur, pas le nom commun).

Weiss, suspendu par les poignets à quelques centimètres du sol, se démena comme un forcené.

- Ne le touche pas ! hurla-t-il, fou de rage, en luttant pour amener de l’air à ses poumons. Lâche-le ou je jure que je mangerai tes boyaux à même ton ventre !

- Weiss, Weiss… soupira la voix suave. Tu sais ce que j’attends de lui. Si tu arrivais à le convaincre, je…

- Jamais !

- Non ? Dommage pour vous deux. Jenova ne…

- Jenova, tu peux te la tailler en pointe et te la mettre là où ça te démange !

Sa grossièreté fut sanctionnée par l’uppercut violent du poing ganté sur sa bouche.

Les yeux pourpres de Nero s’agrandirent d’horreur devant le sacrilège du sang de son frère coulant sur sa peau éburnéenne.

« Weiss… » essaya-t-il d’articuler, sans succès.

Le poing se leva à nouveau et il fit appel à tout ce qui lui restait de forces pour pousser un gémissement pitoyable.

- Arrête… Je ferai ce que… tu voudras… Ce que tu… voudras…

Leur geôlier suspendit son geste au-dessus du visage de Weiss et sourit.

- Nero, non ! haleta ce dernier.

- Ce que tu… voudras… répéta son cadet. Mais ne lui fais… pas de mal… Genesis.

- Nero !

*

- Cid ! Il faut aller voir Rufus ! Tout de suite !

Cid sursauta et se tourna vers Shalua, qui venait de faire irruption dans la salle de bains alors qu’il finissait de se sécher.

- Que… Quoi ? bredouilla-t-il, encore perdu dans ses sombres souvenirs.

La jeune scientifique brandit les rapports du lancement de la dernière fusée du programme spatial de la Shinra.

- Je crois savoir ce que cherchait Vincent, Cid ! Et c’est grave. Très grave !

Le pilote secoua la tête.

- Mais enfin, de quoi tu parles ?

Shalua déglutit, la gorge serrée, et prit une profonde inspiration.

- Le réservoir d’oxygène numéro 8, Cid. Ce n’était ni un défaut de fabrication ni un mauvais réglage.

Cid se frotta le visage et contint difficilement un mouvement de profonde exaspération.

- Shalua, je t’ai dit que je ne voulais plus parler de ça.

- C’était un sabotage ! poursuivit la jeune femme sans tenir compte de ses protestations. Shera t’a menti ! Le réservoir était intact !

Le pilote expira bruyamment et s’assit sur le rebord de la baignoire, soudain très las, la tête et les épaules basses.

- Shalua… soupira-t-il.

- Je suis sérieuse ! Les rapports techniques ne mentent pas. Le réservoir était en parfait état, tu aurais pu décoller ! Cid ! Tu entends ce que je te dis ?

Ce dernier laissa échapper un rire abattu et sentit un pincement familier lui contracter la poitrine.

- C’est aussi ce que j’ai cru durant des années, Shalua, fit-il d’une voix douce teintée d’amertume. Mais je me trompais. Même s’il m’en coûte de l’admettre, Shera m’a bel et bien sauvé la vie, ce jour-là.

Shalua piétina de rage et ouvrit la bouche pour protester mais il la devança.

- La réserve a bel et bien explosé, Shalua, comme elle l’avait prévu. Ca s’est passé lorsqu…

- Lorsque la Shinra a voulu utiliser la fusée comme une bombe pour détruire le météore lancé par Sephiroth, je sais ! le coupa-t-elle. C’est écrit là ! ajouta-t-elle en brandissant une liasse de documents. Et c’est bien là le problème !

Cid tiqua.

- Ecrit ? Comment ça, « écrit » ? Shera n’a jamais fait de rapport là-dessus, la Shinra était pour ainsi dire dissoute après que…

- Tais-toi et écoute-moi ! ordonna la jeune scientifique s’accroupissant devant lui sur le sol, le regard planté dans le sien. Ca, dit-elle en montrant une liasse de feuilles, c’est le compte-rendu de mission fait par Shera. Et ça, dit-elle encore en brandissant une seconde liasse noire de chiffres et de données, ce sont les rapports techniques des ordinateurs de bord. Ils envoient en permanence des informations à l’ordinateur central, à terre : position, état du matériel, rapports d’incidents et…

- Je sais ce qui se passe sur mes engins, Shalua !

- Ah oui ? Et es-tu capable d’interpréter les données transmises par les ordinateurs de “tes” engins ? demanda-t-elle en lui tendant les données en question.

- Pas telles quelles, non, c’est codé. Je ne suis pas un ordinateur ! Où veux-tu en venir, à la fin ?

- Et bien moi, contrairement à toi et à Vincent, je sais les lire et les interpréter, Cid, et elles contredisent le rapport de Shera.

- Les machines ne sont pas infaillibles, Shalua, je suis bien placé pour le savoir. Et ce putain de moteur a bel et bien explosé, putain de merde, j’étais là quand ça s’est passé !

Shalua prit une profonde inspiration pour se calmer, essaya de se détendre et reprit d’une voix douce :

- D’accord. Excuse-moi. Je n’aurais pas dû te dire les choses aussi brutalement. Reprenons depuis le début. Depuis le décollage de la fusée S-26.

- Shalua ! gémit le pilote.

- S’il te plaît, pria-t-elle. Cinq minutes, Cid. Je ne te demande que cinq minutes, d’accord ?

Il lui jeta un regard morose mais hocha la tête, à contrecœur.

- Si tu me jures de ne plus jamais me reparler de ça à l’avenir.

- Si, après ce que je vais te dire, tu penses que j’ai tort, je t’en donne ma parole, d’accord ? Bien. Le matériel qui se trouvait dans ta fusée était une merveille de technologie, Cid. Le meilleur qui pouvait se faire à l’époque.

- Ca, je le savais déjà.

- Le jour du lancement, ce matériel n’a détecté aucune fuite ni aucun défaut de fonctionnement.

- Mais puisque je te dis que…

- Laisse-moi finir. Voici à présent le rapport du second lancement de la fusée, quatre ans plus tard. La réserve d’oxygène numéro huit a explosé 14 minutes après le décollage. Et les machines avaient détecté une anomalie majeure de niveau 7 sur les raccordements de ce même réservoir un peu moins de 5 secondes avant l’explosion. De niveau 7, Cid, répéta-t-elle. Sais-tu ce que cela signifie ?

- Un impact violent de type balle ou roquette ou une explosion. (Il grimaça) Une explosion avant l’explosion ? Mais ça n’a aucun sens !

- Sauf si quelqu’un a fait sauter une partie de l’installation, ce qui aurait entraîné l’explosion du réservoir.

- Tu te rends compte de ce que tu es en train de di…

- Quelqu’un était-il supposé rester dans la fusée, Cid ?

- Non ! Bien sûr que non ! Elle était en pilotage automatique et devait servir de missile contre le météore. C’est par accident que Cloud et moi nous sommes retrouvés à bord. Et Shera aussi, d’ailleurs, mais ça, nous l’ignorions.

- Si personne ne devait se trouver à bord… Pourquoi les rapports du cerveau central de la fusée indiquent que la nacelle de sauvetage a été testée et réalimentée en énergie avant le décollage ? D’ailleurs, rafraîchis-moi un peu la mémoire : combien de temps faut-il pour charger les batteries indépendantes de ce genre de nacelle, Cid ? Une ? Deux heures ?

- Trois, au minimum, répondit-il d’une voix blanche, commençant à comprendre où elle voulait en venir.

- Et, si j’en crois ce qui figure ici, presque deux autres pour vérifier les branchements, le matériel et tester le fonctionnement du système de pilotage, à plus forte raison après 4 ans passés à pourrir dans un champ. Le rapport technique dit : ” Vérifications effectuées de 14h27 à 16h12 par… « ID 258-S26-Sn002 ».” Qui est Sn002, Cid ?

- Shera, avoua celui-ci, la gorge serrée.

- Curieuse perte de temps pour une fusée en pilotage automatique supposée servir de bombe, non ?

- Ca nous mène où, tout ça, Shalua ? demanda-t-il, un nœud dans le ventre, devinant réponse.

- A répondre à une question : suppose que les machines ne se soient pas trompées lors du premier lancement et que les réservoir fonctionnaient parfaitement. Que le plan de Rufus Shinra ait réussi et que le météore ait été détruit par la fusée et la materia qu’elle contenait, comme prévu ?

- Des centaines de vies auraient été sauvées.

- Certes. Mais tu te serais aussi fatalement rendu compte que - oh ! miracle ! - malgré quatre années passées à rouiller sur place, ta fusée avait non seulement réussi à décoller sans encombre, fut-ce de guingois, mais avait aussi accompli sa mission sans encombre… et sans explosion de réservoir. En revanche, si le réservoir en question explosait bel et bien, le vilain Cid n’avait plus qu’à tomber à genoux devant la gentille Shera pour déposer à ses pieds un tapis d’excuses et la seule chose pouvant racheter quatre années d’injustice, d’insultes et de reproches non fondés : une jolie et romantique demande en mariage.

Cid avait l’impression qu’une main géante s’était refermée sur son ventre et sa poitrine pour l’empêcher de respirer.

- Non… bredouilla-t-il. Shera est une chieuse mais elle n’est pas aussi diabolique.

- Tu en es sûr ou tu l’espères, Cid ? Réfléchis. 26 essais… 26 fusées ! Tu te rends compte de l’énormité de la chose ?

- J’ai fait beaucoup d’erreurs, Shalua. Construire un appareil devant voler sous la stratosphère est une chose mais…

- Mais rien du tout, Cid ! Tu es le meilleur dans le domaine ! La vingt-sixième fusée a décollé comme une horloge malgré quatre ans passés à pourrir dans un champ, exposée aux intempéries, et tu espères me faire croire que les autres étaient ratées au point de ne même pas pouvoir tenter un essai ? Réfléchis, Cid ! Une personne dont tu refuses d’admettre la folie a saboté ton travail, a tout fait pour te clouer au sol, sachant très bien que si tu réalisais ton rêve, tu passerais ton temps loin d’elle et de la petite vie douillette qu’elle avait fantasmée pour deux !

Cid secouait obstinément la tête, le souffle court et la rage lui rongeant les tripes.

A la lumière des révélations de Shalua, il lui semblait que chaque détail, chaque petite chose, chaque petit événement sans importance revêtait soudain une signification nouvelle.

Elle avait raison et, au fond de lui, il le savait.

Shera l’avait trahi.

L’admettre, cependant, c’était reconnaître qu’il s’était laissé aveugler durant des années par une demi-folle monomaniaque uniquement guidée par l’amour obsessionnel qu’elle lui portait et ça, sa fierté d’homme ne pouvait l’accepter.

- Cid… insista doucement Shalua d’une voix douce. Nous devons aller voir Rufus. Tout de suite. Shera fait toujours partie de ses équipes d’ingénieurs et, du fait qu’elle est ta femme, on lui fait confiance. Elle possède des niveaux d’accès très élevés à des bases de données qu’il est urgent de bloquer au plus vite. Tu imagines ce qui se passerait si elle découvrait ce qui se trouve au sous-sol ? Si elle soupçonnait sur quoi je travaille ? Jusqu’où peut aller une femme, qui a saboté un programme spacial de plusieurs années, pour ruiner ma réputation ou m’éloigner de toi si elle savait que je suis ta maîtresse ?

Cid redressa brutalement la tête et une révolte sans nom lui obscurcit le cerveau.

Ses muscles se bandèrent et, avec un cri de rage qui fit tressaillir la jeune scientifique, il bondit sur ses pieds nus pour asséner un coup de poing d’une force terrifiante à la porte de la salle de bains en imaginant que c’était la tête de Shera.

*

Loz eut un petit tressaillement dans son sommeil et Tifa ouvrit aussitôt les yeux.

- Chut… chuchota-t-elle contre sa tempe moite. Ca va aller, du calme.

Elle remonta le drap sur son dos dénudé en jetant un œil au réveil, sur la table de nuit.

Presque trois heures du matin.

Elle changea de position sur les oreillers en prenant garde à ne pas réveiller l’argenté, qui était blotti tout contre elle, le visage niché dans sa poitrine opulente, et soupira.

« Bon sang ! Tu parles d’une nuit paisible et romantique… »

Perdu dans son cauchemar, Loz se mit à sangloter et elle caressa doucement les courts cheveux humides de sueur avec un petit pincement au cœur.

- Même une fois partie elle ne te laisse pas tranquille, hein ? susurra-t-elle en frôlant son front glacé d’un baiser.

Elle resserra un peu son étreinte autour des larges épaules et sentit l’une de ses larmes de l’argenté endormi tomber et rouler dans la vallée profonde et parfumée de ses lourds seins si tendres.

- Mon pauvre amour…

Priant pour qu’il ne se réveille pas à nouveau, Tifa attendit un long moment que les soubresauts dus à ses sanglots s’apaisent et qu’il enfin se reposer et récupérer un peu.

Lorsque la porte de sa chambre s’ouvrit à la volée, Loz avait presque recouvré entièrement son calme et dormait comme un bébé.

- Tifa ! Vite ! Il faut faire quelque chose ! s’écria Denzel en faisant irruption dans la pièce, Marlène sur ses talons et une lampe de poche à la main. La Shinra a enlevé des enfants dans un labo pour…

Le garçon se tut, surpris.

Il venait de braquer le faisceau lumineux sur sa mère adoptive… pour voir Loz se réveiller en sursaut dans son giron, le souffle à nouveau court et le cœur battant.

- Pourquoi il est dans ton lit, lui ? demanda le garçonnet en écarquillant les yeux.

L’argenté cligna des yeux et secoua la tête pour s’éclaircir la vue et les idées.

Tifa, elle, totalement déstabilisée par l’entrée fracassante, ne pouvait que remercier silencieusement le ciel que les enfants ne les aient pas surpris entièrement nus ou pire… en train de faire l’amour.

*

Dans la chambre de Cid plongée dans la pénombre, Shera consultait une série de dossiers, penchée sur l’écran de son ordinateur.

- Des cuves mako… Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Que fabriques-tu donc dans ton labo, espèce de putain borgne ?

Elle parcourut l’arborescence des rapports de recherches du laboratoire de Nibelheim et un nom attira son attention : « HOJO_BROTH ».

« Broth »… Pour brothers ? Les frères Hojo ?

Elle tapota rapidement une série de commandes sur le clavier.

« ACCESS DENIED ! ENTER LOGIN : … ENTER PASS : … »

La jeune femme entra son identifiant et son mot de passe.

« ACCESS DENIED ! »

- Voilà autre chose.

Elle essaya à nouveau et le message d’accès refusé s’afficha encore.

- Merde ! C’est bien le moment que ça plante ! Maudites machines !

Elle referma rageusement l’ordinateur portable de Cid et tapa du poing sur le bureau sans cesser de se triturer les méninges.

Quelque chose de bizarre se passait à Nibelheim et elle était prête à mettre sa main à couper que cela n’avait rien à voir avec une machine volante ou une reprise quelconque de programme spatial…

…à suivre

Cette fanfiction vous a plu ? Laissez un commentaire !

Part 2 - Dans l’espace, personne ne vous entendra crier : “Oh, non ! Pas eux !”

Intérieur vaisseau. Coursive : Reno, Sephiroth, Cid, Cloud, Kadaj, Loz, Yazoo, Weiss, Nero.

Reno (en enfilant un gros scaphandre) : Au fait… Pourquoi c’est moi qui dois y aller, d’abord ?

Sephiroth : On a pas de scaphandre avec la place pour mon aile.

Reno (regard noir) : Toujours une bonne excuse…

Cid : Allez préparer le sas hermétiquo-spatial de décontamination cosmique Alpha Y12 !

Reeve : T’es payé au mot ? Qu’est-ce que tu veux décontaminer ? Ils viennent de l’espace. Y’a rien qui peut vivre dans l’espace, et surtout pas des micro-organismes !

Loz regarde les pieds de Vincent et ouvre la bouche pour faire un commentaire enthousiaste.

Vincent (trèèèès menaçant) : Si j’entends un mot sortir de ta bouche…

Il referme son gant métallique devant le nez de Loz avec un bruit sinistre, comme s’il écrasait quelque chose.

Loz (une main protectrice sur ses parties intimes et l’autre désignant les hommes à l’écran) : Rien ne vit, rien ne vit… Et eux ? Ils vivent pas dedans p’être ?!

Kadaj (tordant le nez) : Ca… on verra à l’autopsie.

Reeve : Techniquement parlant, si on fait une autopsie, c’est qu’ils sont morts. Et s’ils sont morts, c’est qu’ils ne vivent pas. Logiquement. Enfin à moins d’être des morts-vivants, bien sûr. Encore que techniquement parlant…

Cloud : Tu veux aller déboucher les gogues avec ta technique ?

Kadaj : Grand fr… Sephiroth ! Le sas est prêt !

Reno (en aparté à Cloud) : Encore un pistonné, ça.

Cloud (en aparté à Reno) : T’es mal placé pour dire ça, vu ton ignorance totale du fonctionnement du Startrash qui nous fait perdre plus de temps que si t’étais pas à bord… Je me demande bien comment t’as gagné ta place ici, d’ailleurs. Y’a marqué quoi, comme fonction, sur ta feuille de paye ?

Reno (vexé, marmonne) : mllsponsmrltrp…

Cloud : Hein ? J’ai pas entendu.

Reno (boude, s’éclaircit la gorge et récite) : « officier responsable du maintien de l’ambiance et chargé de veiller au moral vainqueur des troupes. »

Cloud (bouche bée) : C’est bien du langage administratif, ça !

Loz : Des troupes t’as dit ?

Reno (renfrogné) : C’est s’kiya d’marqué sur mon contrat !

Loz (le détaille des pieds à la tête avec un sourire inquiétant à rendre dépressif le requin des dents de la mer) : J’crois que mon moral aurait besoin d’un petit coup de main, dès que t’auras un moment…

Reno passe par une gamme de couleurs rouges-rosées et préfère s’enfuir en courant vers le sas (enfin courir… C’est un bien grand mot ! Se déplacer aussi vite que son scaphandre le lui permet, du moins).

Reno (crie depuis le sas) : Ca y est ! J’y suis ! J’suis parti ! J’suis plus là !

Loz (en aparté) : Tu perds rien pour attendre…

BOUM BOUM BOUM (Bruit de du cœur de Yazoo qui se met à battre de désespoir comme la grosse caisse de la garde républicaine.)

Loz (tendant l’oreille) : Tiens, le joint de culasse à encore lâché ?

VLAAAAAAAAAN ! (gifle de Yazoo à décoller la tapisserie)

Yazoo : Au premier mouvement d’approche du rouquin j’t'arrache les yeux, je les accroche à tes oreilles et j’attache le tout avec tes boyaux pour m’en faire un collier ! C’est clair ?

Loz (la main sur la joue et des grosses larmes dans les yeux) : M’enfin…

Vincent (ignorant la scène avec application) : Amiral, Reno vient d’opérer l’approche et l’arrimage des deux corps étrangers et amorce à présent la phase de déplacement dans la direction approximative du sas alpha tango charlie Y 12.

Cid : Tu pourrais pas dire “Ils les a attrapés et il revient par ici”, non ?

Vincent : C’est toi qu’as commencé à te la péter avec ton sas alpha machin truc !

Tout le monde attend impatiemment que le sas ait fini de se remplir d’air et les portes d’acier au tungstène s’ouvrent dans un chuintement métallique (pour autant que du métal puisse chuinter). Reno, toujours engoncé (c’est un mot qui m’amuse assez, aussi, celui-là) dans sa combinaison spatiale dernier modèle, se débat avec son casque. Les deux rescapés, eux, en voyant la fine équipe, ont les épaules qui descendent de 20 cm (au moins).

Vincent (chuchote à l’oreille de Cloud, un peu inquiet, en détaillant l’espèce de camisole de force et le mors que porte le maigrichon brun du duo) : T’as vu c’te dégaine ? Tu crois qu’il est dangereux ?

Cloud (chuchote à l’oreille de Vincent, pas très rassuré non plus) : P’tet qu’il mord… C’est pour ça qu’on lui a mis une muselière…

Cid (posture style « Héros de Manga » : pleine page, une main sur la hanche, l’autre sur l’échancrure de son blouson, l’air martial et concentré, tendu tout entier vers un seul but - qui a demandé : ” le popotin de Vinny ? ” ?) : Je suis le seul maître après Dieu - et encore - sur ce vaisseau. Amiral en chef du Startrash, actuellement en mission d’exploration de l’espace infini, vers les frontières de l’inconnu, vers lesquelles se dirige notre vaiss…

Sephiroth toussote d’un air gêné.

Cid (perd de sa superbe d’un coup et termine plus calmement) : …enfin se dirigera dès qu’on aura fini de réparer et qu’on saura où on est. Mon nom est Cid.

Nero (soupire, consterné, en consultant l’Atlas des mondes parallèles en 789 tomes qu’il a toujours sur lui) : Oui, oui, Cid Highwind, ingénieur mécanicien de génie, pilote émérite, blablabla, on sait… (Marmonne pour lui-même) C’était pourtant bien au deuxième rideau de ténèbres qu’il fallait tourner… J’comprends pas…

Cid (fier comme un chocobo le jour de la saillie) : Ma réputation m’a donc précédé sur votre planète ? C’est où ? On y parle donc de moi ?

Nero : Hein ? Si on veut. Je suppose que notre tête à nous ne dit rien à personne ? Non ? Ca m’aurait étonné… Moi, c’est Néro et mon frère, Weiss.

Weiss (tête baissée, grommelle en direction de son frère) : grmmllgrmlgrml…

Cid : Pardon?

Nero (transperçant Weiss du regard) : Oh ! Ca va, hein ! Je voudrais bien t’y voir !

Kadaj (sautille entre les deux avec le doigt en l’air) : J’ai entendu, j’ai entendu ! Il a dit: “C’est pas vrai, une infinité de mondes parallèles, on pourrait être n’importe où, n’importe quand, mais non, il a fallu que tu nous fasses atterrir au milieu de cette bande de nymphes !”

Yazoo (se réfugiant dans les bras de Loz pour pleurnicher) : Ah ! merde, j’en ai marre qu’on me prenne pour une fille !

Cloud à Reeve : Ca ressemble à Yazoo, les nymphes?

Reeve : Pas que je sache.

Weiss (rouge comme la planète du même nom - pas « Weiss », rouge. Mars ! La planète rouge. Ah ! quand même !) : Pas des nymphes. J’ai dit “cette bande de nymphOs”

Cid (outré, se congèle sur place et siffle de rage comme une bouilloire) : Des… “nymphos” ?

Grand silence.

BBZZZZZZZZZZZZZZ (mouche qui passe)

Nero : C’est pas un terme réservé aux filles, ça ?

Weiss : Sais pas. J’ai pas mon dico sous la main. Ca leur va bien en tout cas.

Vincent (profondément choqué) : Et ça veut dire quoi, ça ?

Weiss avise Yazoo, qui s’est reculé un peu à l’écart et dont le moral est en train de s’élever rapidement sous l’action du coup de main de Loz.

Weiss (pointant un doigt vers eux en prenant un teint de coquelicot.) : Ça veut dire ça, par exemple.

Tout le monde se retourne et assiste à un spectacle affligeant :

Sous une dégoulinade violonesque, anges, libellules, piafs, papillons et autres bestioles romantiques typiques des mangas envahissent la scène en faisant des bruits bizarres et en rebondissent sur la tête des uns et des autres, qui regardent le “baiser le plus amoureux depuis Roméo et Juliette”, agréé par la livre des Records sous surveillance d’huissier, en se retenant les mâchoires avec des élastiques pour ne pas qu’elles cognent sur le sol.

Sephiroth (Essaie d’avaler sa salive pour parler mais il a la gorge plus sèche que le Cosmo Canyon - de honte bien sûr, qu’allez-vous imaginer !) : C’est pas bientôt fini, non ! Quelle honte pour notre nom ! Notre réputation ! Notre famille !

Il sort sa Masamune et SCHBON -CRACK-BABOOM-FSSSSSSSIIMM-PAF !

Explosions, gerbes de lumières, papier peint des coursives réduit en compost, galeries sont soufflées de l’intérieur, débris qui volent dans tous les sens !

(NDLA : Où sont les gars d’I.L.M. quand on a besoin d’effets spéciaux ? Je veux devenir George Lucas à la place de George Lucas !)

Cid (assez effondré) : Bon, alors on a deux argentés inconscients, un décor à refaire et deux étrangers qui semblent nous connaître à garder en observation… J’ai bien résumé la situation ? D’autres dégâts ou d’autres blessés ? Non ? Alors tous à vos postes. Exécution !

Tout le monde s’éparpille pour obéir aux ordres de l’amiral Cid dans un désordre sans nom -comme d’habitude quoi…

...à suivre

Cette fanfiction vous a plu ? Laissez un commentaire !