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LXV - Chibi Face

” Un ami, c’est quelqu’un qui vous connaît bien…
et qui vous aime quand même. ”

Hervé Lauwick

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Lorsque Vincent et les soldats du WRO qui l’accompagnaient firent irruption dans la grotte surplombant le ravin où coulait la rivière de la vie, ils furent saisis par le spectacle qui s’offrit à eux.

A quelques pas à peine du bord de l’abîme, Genesis semblait défier… Genesis !

- Qu’est-ce que… bredouilla l’un des soldats, ébahi.

- Shelke, as-tu une idée de ce qui se passe ? demanda l’ex turk à la jeune fille.

Celle-ci observait la scène, aussi surprise que ses compagnons, mais analysa immédiatement la situation.

- On dirait qu’il essaye de récupérer son propre corps, Vincent. Et il n’est pas seul, regarde.

Elle désigna les deux formes opalescentes qui observaient elles aussi la scène avec inquiétude et Vincent laissa échapper un cri.

- Lucrecia !

Tous se tournèrent alors vers lui et, profitant, de la diversion, le voleur du corps de Genesis s’en débarrassa comme d’un vieux vêtement pour plonger dans l’abîme où coulait la rivière de la vie avec un rire fou.

Le corps désincarné de Genesis voulut le suivre mais Angeal, le second ” fantôme ” présent, s’interposa.

- Non ! Recupère ton corps et rejoins ces hommes ! ordonna le Soldat avant de plonger derrière Hojo.

Lucrecia voulut sauter à son tour mais Vincent l’appela encore.

- Non ! Lucrecia ! Attends !

- Nous nous verrons bientôt, Vincent, je te le promets… dit-elle avant de se lancer à son tour dans l’onde tourbillonnante. Je te confie Genesis.

- Lucrecia !

Il se précipita au bord du précipice, où l’essence désincarnée du soldat s’était agenouillée près de son propre corps.

- Il n’est pas là… bredouilla-t-il en enfonçant une main translucide dans la poitrine sanglée de cuir. Comment est-ce possible ?

- Tu es Genesis, n’est-ce pas ? demanda Shelke, qui s’était approchée à son tour. Le ” vrai ” Genesis ?

Celui-ci hocha la tête, hébété.

- Où est-il ? demanda-t-il. Où est le garçon qui avait pris ce corps ?

Vincent se tourna vers eux.

- Nero ? En sécurité. Très affaibli mais il reconstitue son enveloppe et ses organes petit à petit.

Genesis secoua la tête, sceptique.

- Il reconstitue son enveloppe ? Mais… Avec quoi ? C’est impossible ! Il… Il n’a rien pris. Pas une seule cellule. Mon corps est intact !

- Nous l’avons mis dans un caisson mako, l’informa Shelke.

- Un caisson mako ? répéta-t-il, visiblement préoccupé. Mais ça ne suffira jamais !

- Est-ce Hojo que nous avons vu plonger dans la rivière ? demanda Vincent, encore sous le choc de ce qu’il avait vu.

- Oui. Oui, c’était bien cette ordure d’Hojo. Comment… Comment Nero s’y est-il pris ? insista Genesis.

Shelke leva le sourcil, étonné de l’inquiétude de l’ancien soldat pour le second des Tsviets.

- Pas de la meilleure façon, je le crains, mais il n’avait pas vraiment le choix. Le fait de devoir reconstituer son corps avec la force de son seul moi psychique l’a fortement affaibli et, à entendre ma sœur, il est aussi fragile qu’un nouveau-né.

- Récupère ton enveloppe et partons d’ici, ordonna Vincent. Il nous faut nous dep…

- Non, le coupa Genesis. Si je réintègre mon corps, je ne pourrais plus en sortir.

L’ex turk ouvrit de grands yeux.

- Tu préfères donc rester un fantôme ?

- Bien sûr que non ! Mais j’aimerais d’abord que Nero y prenne la matière suffisante pour se régénérer et, pour cela, il faut lui amener ” vide “. D’après ce que me dit cette jeune fille, il n’aura jamais la force de s’y glisser si j’y suis déjà.

Shelke sourit.

- Alors Sephiroth avait raison, finalement. Tu sembles beaucoup aimer Nero et son frère.

- Sephiroth ? bredouilla Genesis. Alors cette femme disait vrai ? Sephiroth est… vivant ?

- ” Cette femme ” est sa mère, l’informa l’ex turk. Lucrecia Crescent. Et, oui, il est bien vivant.

Le soldat frotta son visage désincarné, visiblement très ébranlé.

- Je suis resté absent si longtemps…

Vincent et Shelke échangèrent un regard embarrassé.

Les soldats du WRO qui les accompagnaient, eux, ne savaient visiblement plus du tout à quel saint se vouer.

*

- Et tu ne m’as rien dit ? gronda Loz, fou de rage mais essayant de se contrôler pour ne pas malmener Nero, toujours blotti contre lui. Cette ordure a torturé mon fils !

- ” Cette ordure “ a tué le mien ! rétorqua Yazoo sur le même ton, faisant blêmir son frère. Qu’est-ce ce que tu crois ? Que je n’avais pas envie, moi aussi, de grimper dans ce satané hélicoptère pour aller régler son compte à cet enfant de salaud ? Tu crois que j’ai déjà oublié ce qu’il a fait à mon bébé ?

- Bien sûr que non. Je… Je suis désolé… Ce n’est pas ce que je voulais dire, murmura son jumeau, horriblement mal à l’aise. Mais ni Vincent, ni Rufus, ni toi n’aviez le droit de nous empêcher de régler son compte à cet homme !

- Peut-être avons-nous estimé que ta vie et celles de mes frères valait mieux que le plaisir fugace d’une vengeance ! railla le cadet, amer. Mille pardons d’avoir voulu vous protéger des griffes de ce Genesis et de Jenova !

- De quoi devons-nous être protégés, Yazoo baby ? On peut savoir ? demanda la voix de Cid, qui venait d’arriver dans leur dos, flanqué de Sephiroth et de Cloud.

Yazoo ferma les yeux et pinça les lèvres, anéanti.

Il avait juré à Reno de garder le secret sur la mission et, en trois heures à peine, il avait déjà réussi à mettre la puce à l’oreille à tous ses frères.

Quel piètre compagnon il faisait pour un turk aussi haut placé que Reno !

Il s’apprêtait à fournir une explication laborieuse lorsque le cri de Shalua, qui venait de sortir de son bureau le téléphone collé à l’oreille, l’interrompit.

- Merill ! Ils sont sur le toit ! Prépare la cuve et demande à Kadaj de descendre de toute urgence !

- Il est en si mauvais état que ça ? s’enquit son assistant, anxieux.

- A en croire Reno, oui. Cid ! Je vais avoir besoin de toi, là-haut !

- Mais enfin, qu’est-ce qui se passe, ici ? demanda Cloud, le regard allant de Shalua à Yazoo.

Cette dernière ne prit pas le temps de répondre et quitta l’infirmerie en tirant le pilote interloqué par le devant de son t-shirt.

L’argenté, lui, sentit ses joues s’empourprer sous le regard croisé de ses frères.

*

Weiss, sanglé à la civière se sentit ballotté en tout sens et il lui sembla entendre des voix d’hommes affolés autour de lui. Son esprit embrumé ne lui permettait de saisir que des bribes de leur conversation.

” …cassé …sérieux …urgence …Kadaj …cuve …dangereux pour lui …mako purifié ..Omega …Nero “

Nero…

Son petit frère…

Où était-il ?

- Ne…ro… gémit-il. Ne…ro…

Une voix douce de femme chuchota tout contre son oreille.

- Nero est en sécurité, je te le promets, tu le verras bientôt. Accroche-toi, mon grand, on va s’occuper de toi.

Nero…

Il ne fallait pas que Nero le voie dans cet état. Cela le terrifierait. Il aurait voulu le dire à la femme mais il se sentait incapable de former une phrase cohérente.

Son petit frère n’avait jamais supporté de le voir malade ou malmené. Ca le rendait fou de peur et de chagrin. Comme il y a quatre ans, là-bas, au réacteur zéro, lorsque Weiss et ses lieutenants avaient enfin réussi à se débarrasser de leur bourreau, ce Restrictor maudit qui les avait enfermés et dressés comme chiens de combat.

Non…

Non, c’était injuste de dire ça…

Les chiens de combats étaient bien mieux traités !

Lorsque le Restrictor s’était effondré à ses pieds, Weiss s’était figé et avait attendu quelques instants. Une douleur… Une gêne… Un malaise… Un quelconque signe annonçant que le nanovirus qu’on lui avait injecté pour prévenir toute mutinerie, et qui devait se réveiller dans les trois jours suivant la mort de son bourreau, avait commencé son œuvre de destruction.

Le nanovirus…

Cette minuscule promesse de mort…

Le seul obstacle qui l’avait empêché de se révolter jusqu’alors.

Du moins jusqu’à ce qu’on attache Nero à cette colonne maudite dans ce sous-sol crasseux et qu’il l’entende hurler et l’appeler à l’aide jour et nuit…

Une seule chose comptait aux yeux de Weiss plus que sa propre vie : son petit frère. Et son premier geste d’homme libre, après avoir éliminé le Restrictor, fut d’aller libérer Nero.

- C’est fini … avait-il murmuré à son oreille lorsqu’il avait brisé les chaînes qui retenaient impitoyablement son corps menu contre la pierre dure. C’est fini, chibi face

Chibi face “

Un sobriquet affectueux donné par Angeal Hewley et que le benjamin n’acceptait que de la part de son frère aîné.

Nero était resté un long moment blotti contre lui, dans ce sous-sol horrible, comme s’il voulait s’assurer de la réalité de son frère. Il lui fallut plusieurs minutes pour faire sortir quelques mots de sa gorge, écorchée à force de sanglots et de hurlements.

- Tu as… réussi… Tu as pu te… libérer de… lui… Je suis tellement… heureux… Mon frère… Bien aimé…

- Oui, chibi face, cette fois, c’est bien terminé.

- Comment ? Le virus… Comment as-tu…

- Nous trouverons, l’avait coupé Weiss. Ne t’en fais pas pour ça.

Nero s’était alors raidit dans ses bras et avait levé vers lui un regard épouvanté.

- Tu as tué le Restrictor sans… Sans anihiler… le virus ?

- Nous trouverons une solution, Nero, Shelke va me…

- Non ! avait hurlé son frère, en larmes en s’accrochant désespérément à lui.

- Nero, je…

- Il ne reste que trois jours, Weiss ! Comment vas-tu faire ?

- Je t’ai dit que…

- Pourquoi as-tu fait ça ? Pourquoi ? Pourquoi ? POURQUOI ? !

La dernière chose dont il se souvenait ensuite, était d’avoir pénétré grâce à Shelke dans la réalité virtuelle de la toile mondiale, à la recherche d’informations et… plus rien.

Jusqu’à ce que, trois ans plus tard, Vincent Valentine et son frère chassent (ou du moins l’avait-il cru) l’homme qui avait pris possession de son corps pour en faire l’hôte de l’Omega…

à suivre

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LXIV - Plus mort que vif

Mieux vaut la mort dans le combat que la vie d’un vaincu.
Anonyme

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Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

L’oreillette de Vincent grésilla et il leva la main pour signifier aux soldats de la WRO qui le suivaient de s’arrêter.

Ces derniers obéirent comme un seul homme et se placèrent dos au mur de l’étroit conduit souterrain qu’ils arpentaient prudemment depuis près d’une heure et qui menait aux entrailles du mont Nibel.

Ici l’Unité alpha. Tout est propre. Rien à signaler dans les grottes du secteur C01. “ fit la voix de Rude dans l’oreillette de l’ex-turk.

Ici unité beta. Tout est propre aussi dans la zone C02, Monsieur. Quelles sont vos instructions ?” demanda la voix d’une jeune femme à son tour.

Vincent se tourna vers Shelke, qui lui fit signe de la tête en tapotant sur son PDA.

- Unités alpha et beta, continuez la progression comme convenu dans les secteurs C03 et C04, ordonna l’ex-turk. Nous vous envoyons une topographie détaillée des lieux.

A vos ordres, Monsieur. “

O.K., on continue, Vince “

Vincent donna ordre de poursuivre et la petite colonne armée se remit en marche.

*

Denzel finit par s’endormir, pelotonné dans le lit entre Tifa et Loz.

- Décidément, il sera dit que nous ne passerons pas une seule nuit tranquilles… soupira la jeune femme.

L’argenté eut un sourire las et tendit la main pour lui caresser la joue.

- Avec le bébé, ça ne va pas s’arranger, tu sais. Je vais m’installer avec lui à côté, dans la chambre que Yazoo et moi nous…

- Ne dis pas de bêtises, le coupa Tifa. Le bébé viendra ici, avec son papa.

Le papa en question se permit un petit rire ironique.

- As-tu déjà passé des mois avec un nourrisson qui se réveille plusieurs fois par nuit avec des cris aigus ? demanda-t-il, non sans humour.

- Non mais ça ne doit pas être si terrible que ça.

- Crois-moi sur parole, Yazoo et moi avons eu envie de jeter ” bébé Kadaj ” dans les toilettes plus d’une fois.

La jeune femme pouffa en se mordant la langue pour ne pas réveiller Denzel.

- Dans les toilettes ?

- Nous n’avions pas de fenêtres, au cratère Nord, plaisanta l’argenté avec une moue taquine.

Tifa grimaça désespérément pour ne pas piquer un fou-rire.

- Idiot…

Loz lui pinça tendrement la joue.

- Je vais redescendre un peu auprès de ce garçon, dans le caisson.

- Nero ? Il est inconscient.

- Peu importe. Il m’a ramené mon fils. Rester un peu à ses côtés est le moins que je puisse faire en l’absence de son frère. Ca va aller ?

Tifa, tombant de fatigue, acquiesça, les yeux mi-clos, et embrassa sa paume.

- Oui, ne t’en fais pas. Essaye de revenir dormir un peu quand même.

Il se pencha prudemment par-dessus le garçonnet et déposa un baiser sur les lèvres offertes.

- Ne t’inquiète pas pour moi. Dors.

Il les borda, elle et Denzel, et s’habilla en silence, sachant très bien qu’il n’était pas prêt de se recoucher.

Veiller Nero n’était qu’un prétexte.

Bien qu’il ait fait mine de ne s’apercevoir de rien pour ne pas effrayer Tifa, il s’était évidemment rendu compte que Yazoo lui cachait quelque chose. Et il était bien décidé à le ” cuisiner ” le temps qu’il faudrait pour savoir de quoi il s’agissait !

*

Rude et son unité firent irruption dans une large grotte.

- Go ! Go ! cria le turk. En position !

La dizaine de soldats du WRO se déploya aussitôt le long des parois en balayant les lieux du faisceau des torches qu’ils avaient fixées à l’extrémité de leurs armes.

Tout semblait désert et Rude s’apprêtait à en informer Vincent lorsqu’un jeune soldat roux l’interpella depuis l’extrémité opposée de la grotte.

- Monsieur ! cria-t-il. Par ici ! Dans les rochers !

Le turk se tourna vers lui.

Comme une poupée désarticulée que l’on aurait jetée au sol, l’ancien chef des Tsviets gisait sur le dos, les bras en croix et la tête renversée sur les arêtes aiguës des pierres qui lui servaient de couche.

- Oh, merde… gémit Rude en se précipitant vers lui. Vince ! cria-t-il dans le petit micro fixé au col de sa tenue de commando. On l’a trouvé ! Dis à Reno de poser l’hélico sur le terre-plain, à l’entrée de la grotte !

*

- Comment va-t-il ? demanda Loz à son jumeau, le faisant sursauter.

Ce dernier se tenait debout à côté du caisson de Nero et le regardait avec inquiétude.

- Il s’agite, hyperventile et n’arrête pas d’appeler son frère. Il ne te rappelle pas quelqu’un ? demanda-t-il avec un sourire triste en posant la main à plat sur la paroi de verre, juste au-dessus du visage comprimé dans son masque de contention, comme pour lui caresser la joue à distance.

Loz s’approcha à son tour et sentit son cœur se pincer devant le corps tremblant, si mince que l’on voyait le dessin des côtes sur ses flancs. Par rapport au reste, si menu, ses bras, ses épaules et sa musculature pectorale et abdominale paraissaient étonnamment vigoureux mais pouvait-il en être autrement lorsqu’on vous contraint à manier d’énormes pistolets de près de trois livres chacun et qu’on vous visse une immense paire d’ailes métalliques aux os de l’épine dorsale et des omoplates ?

Les longs doigts graciles étaient recroquevillés sous le petit menton pointu, autant du moins que le permettaient les fins poignets entravés par plusieurs épaisseurs de gaze.

Les globes oculaires roulèrent sous les paupières diaphanes à demi-closes.

- Weiss… eiss… eiss…

A peine un murmure.

La poitrine ornée d’arabesques haleta, fut prise de soubresauts, et des larmes perlèrent au bout des longs cils frémissants.

La gorge de Yazoo se serra tandis qu’il avait l’impression de revenir des années en arrière, là-bas, au cratère Nord, lorsque les scientifiques ramenaient Kadaj dans leur chambre, après lui avoir fait subir les Dieux seuls savaient quoi.

L’adolescent semblait si fragile, alors, étendu sur son lit, à peine conscient, tremblant et utilisant le peu de forces qui lui restait pour gémir le nom de Loz sans discontinuer, jusqu’à ce que celui-ci revienne enfin de son entraînement forcé le soir venu et serre le garçon contre lui pour le bercer comme un tout petit. Comme lorsqu’il était enfant et qu’un cauchemar l’effrayait.

Les jumeaux s’étaient toujours occupés de Kadaj avec autant de dévouement l’un que l’autre mais, dans ses moments là, lorsqu’il était vraiment terrifié, c’était toujours l’aîné que le cadet réclamait. La force peu commune de Loz, sa carrure, sa voix profonde et son indéfectible patience rassuraient Kadaj et le calmaient plus sûrement que n’importe quelle caresse ou mot tendre de Yazoo.

Une figure paternelle, protectrice et rassurante ? Sans doute.

Et c’est aussi ce que devait être Weiss pour Nero, si l’on en croyait ses réactions et ce qu’avait raconté Shelke.

Alerté par les ” bips ” de l’ordinateur relié au caisson, Merill s’approcha pour vérifier les données.

- Zut… soupira-t-il en constatant que l’agitation de son patient montait en flèche, risquant de provoquer un incident cardiaque - ou pire. Shalua, ça ne va pas, appela-t-il.

La jeune scientifique s’approcha à son tour et lut par-dessus l’épaule de son assistant.

- Il va falloir injecter une nouvelle dose de sédatifs.

- Encore ? J’ai peur que cela lui fasse plus de mal que de bien.

Yazoo lança à Loz un regard suppliant. Celui-ci sourit et hocha la tête.

- Shalua, peut-on le sortir du caisson, un instant ? demanda le grand argenté.

Les deux médecins ouvrirent de grands yeux surpris.

- Loz, il a besoin du mako qui…

- Juste une minute. Il est juste effrayé. C’est d’un contact, dont il a besoin, pas de médicaments.

Shalua parut hésiter mais Yazoo insista.

- Kadaj faisait exactement les mêmes mimiques et réagissait de la même façon après avoir été malmené par les chercheurs, dit-il. Loz arrivait toujours à calmer. Laisse-le essayer, ça n’engage à rien.

Avec un soupir sceptique, la jeune femme et Merill s’exécutèrent, sans grand enthousiasme, et, après l’avoir enroulé le corps nu avec mille précautions dans une couverture très douce, Loz souleva le fragile ténébreux dans ses bras et alla s’asseoir sur l’un des lits, dont Yazoo redressa le dossier pour qu’il puisse s’y appuyer, son précieux fardeau roulé en position fœtale contre sa poitrine.

- Attention à son dos, les points de suture sont encore très frais, prévint Merill en collant quelques électrodes sur la poitrine et le dos de Nero.

Shalua s’avança avec un masque à oxygène relié à la cuve par un long tuyau où circulait un gaz verdâtre et le posa sur le visage de son patient après avoir déclipsé la partie du système de contention qui lui cachait la bouche.

- C’est de mélange d’oxygène et de mako, expliqua-t-elle. Ca ne vaut pas le caisson mais c’est mieux que rien.

Nero inspira le mélange avec avidité, au début, puis de plus en plus lentement tandis qu’il se laissait aller contre la large poitrine, dont il entendait battre le cœur contre son oreille.

” Papam… Papam… Papam… ”

Une grande main lissa les longs cheveux noirs tandis qu’il se sentit bercé tout doucement d’arrière en avant, en un mouvement lent et hypnotique accompagné par le rassurant battement.

” Papam… En arrière… Papam… En avant… Papam… Papam…”

La peau contre le haut de sa joue, l’une des rares parties de son visage que laissait à découvert son masque de contention, était tiède et douce. Le muscle qu’elle recouvrait, puissant et volumineux.

Comme ceux de Weiss…

Mais ce n’était pas lui.

Et ce n’était pas non plus Angeal.

Qui était cet homme, qui le tenait dans le berceau protecteur de ses bras avec la même tendresse que son frère ou que leur capitaine, sans la moindre crainte ou dégoût ?

” Weiss… Grand frère… Bientôt là… Dormir… Weiss… Mont Nibel… Va revenir…”

Une voix qui n’appartenait pas à l’homme contre qui il se blottissait, lui parvenait par intermittences, elle aussi rassurante et douce, presque féminine. A demi inconscient, il ne parvenait pas à tout saisir mais l’essentiel était clair : Weiss viendrait bientôt. Weiss serait bientôt là, près de lui, et le protégerait comme il l’avait toujours fait.

En attendant, l’homme aux grandes mains douces veillerait sur lui. Oui, il en était persuadé. Il le sentait dans la façon dont ses doigts lissaient ses cheveux et dont ses lèvres effleuraient parfois sa pommette ronde. Comme seuls son frère et Angeal avaient osé le faire jusqu’à présent.

Et Genesis.

Genesis…

Genesis… Je croyais que tu nous aimais bien… C’est ce que tu disais toujours… Pourquoi nous as-tu fait autant de mal ? Parce que j’ai pris ton corps ? J’en avais juste besoin pour sauver mon frère bien aimé… Je te l’aurais rendu intact… Jamais je n’aurais fait quelque chose pour te nuire ou te blesser, Genesis… Même lorsque tu as refusé de nous aider à nous libérer des restrictors, nous t’avons protégé de la Shinra… J’ai mis moi-même ton corps à l’abri dans la grotte…Tu savais que je te l’aurais rendu très vite… Tu le savais… Tu le savais… Tu le savais ! Alors pourquoi nous as-tu fait ça ? Pourquoi, Genesis ? Pourquoi ? “

Une larme perla entre ses longs cils et Yazoo essuya les grands yeux en amande à l’aide d’une compresse stérile.

- Comment es-tu aussi sûr que Weiss ne va pas tarder, Yazoo ? murumura Loz avec un regard perçant. (Son jumeau se figea) Qu’est-ce que tu ne veux pas me dire, petit frère ?

*

Dans l’hélicoptère, Vincent aida Rude à fixer Weiss à la civière de secours.

Reno, qui s’était tourné pour voir à quoi ressemblait l’homme qu’il était venu sauver, jura.

- Faut avoir fait ” bombe sup’ ” pour être officier supérieur dans le SOLDAT ou quoi ? Ils les recrutent sur photo ?

- Reno… le tança Vincent.

- Oh, ça va, je détendais un peu l’ambiance, c’est tout…

- Il est dans un sale était, soupira Rude.

- Hojo… ne cessait de répéter l’ancien chef des Tsviets dans une sorte de délire à demi conscient. Vincent… Vincent Valentine…

- Je suis là, le rassura ce dernier.

Il épongea le sang qui coulait de la lèvre du jeune homme avec une moue révoltée. Ce garçon et son frère étaient-ils donc destinés à servir toute leur vie de marionnettes et de défouloir à des bourreaux tous plus déséquilibrés les uns que les autres ?

Weiss était jeune, beau, rayonnant et si plein de vie… Quel gâchis !

Vincent le couvrit d’une couverture de survie et le blessé s’agita.

- Du calme. On va te sortir de là. Le cauchemar est fini, Weiss.

- Hojo… répéta celui-ci en agrippant le bras de l’ex-turk.

- Hojo est mort.

- Non… Il est… Vivant…

- J’ai tué Hojo lorsqu’il…

- Vincent… l’interrompit Shelke, les yeux brillants soudain d’une étrange lueur dorée en sautant dans l’hélicoptère. Il y a des perturbations importantes en bas, près de la rivière.

- Genesis… insista Weiss avant de sombrer dans l’inconscience. Genesis… C’est… C’est Hojo…

- Quoi ?

*

Des dizaines de mètres plus bras, celui qui n’était pas Genesis courait en direction du flux vital de la planète, qui passait sous la montagne.

Si seulement il avait encore eu Nero sous sa coupe, il aurait envoyé tous ces gêneurs et ces satanés soldats dans un endroit d’où il ne risquaient plus de revenir autrement que fous !

Mais Nero s’était enfui…

Et il avait dû abandonner Weiss…

Il secoua la tête avec rage.

- Arrête de ressasser, ce n’est qu’un léger retard ! s’admonesta-t-il sans cesser de courir.

Un dernier coude…

Une dernière dénivellation…

Et elle était là : sa libération. La rivière de la vie où il s’apprêtait à plonger..

Mais quelque chose se dressait entre lui et elle.

Quelque chose qu’il n’avait pas prévu…

Pas prévu du tout !

Genesis-Hojo se figea dans son élan, à quelques mètres à peine du gouffre où coulait la rivière, et son visage se tordit en un masque de rage.

Devant lui, flanqué des apparitions fantomatiques de son ex-femme et du soldat Angeal Hewley, une légende vivante bien plus consistante que les deux défunts lui adressait un sourire vibrant de mépris.

- On est venu m’informer que tu avais pris quelque chose qui m’appartenait, dit l’apparition en campant fermement ses jambes désincarnées sur le sol de pierre, bien décidé à empêcher le scientifique de passer pour se jeter dans le rivière.

Hojo sentit son estomac d’emprunt se contracter et sa crainte n’avait rien à voir avec Lucrecia ou Angeal, pour haineux qu’ils fussent. Les morts ne sont que des fantômes inoffensifs.

Mais les âmes désincarnées, c’était une autre paire de manches… surtout lorsque l’âme en question risquait à tout moment de reprendre de son corps et de vous emprisonner avec elle à l’intérieur comme un vulgaire moustique dans un bocal…

Hojo recula d’un pas.

- Genesis… bredouilla-t-il.

à suivre

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LXIII - Mon père, cet assassin

” Mon père aima ma mère comme on aime un complice ;
comme le crime aime le vice !”

C. Rodriguez

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et relecture : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Tifa bâilla et Loz la serra contre lui.

Vêtue d’une simple nuisette par-dessus laquelle elle avait rapidement enfilé un déshabillé pour descendre à l’infirmerie, elle frissonnait dans l’air climatisé du sous-sol.

- Nous devrions remonter dormir un peu, chuchota-t-il à son oreille. Il est presque quatre heures du matin.

La jeune femme acquiesça avec un sourire épuisé et se laissa aller contre son torse nu.

- Tu vas finir par attraper la mort, à te promener comme ça, murmura-t-elle en frictionnant la peau satinée.

Il haussa les épaules.

- Le froid ne me fait pas plus d’effet que ça, tu devrais commencer à le savoir, répondit-il avec un clin d’oeil. Où est passé Denzel ?

La jeune femme jeta un regard alentour.

Elle et Loz se tenaient debout près du caisson mako où Nero était toujours inconscient. Sephiroth, Cid et Cloud discutaient non loin de là avec des mines sombres. Shalua et Merill nettoyaient et désinfectaient le box de chirurgie et Shelke était penchée sur le berceau de Kay, qui gazouillait joyeusement sous les chatouilles de la jeune fille.

- Il était avec le bébé et Shelke à l’instant…

- Là, fit Loz en désignant la porte entrouverte du bureau de Shalua.

Tifa fronça les sourcils.

- Sale petit farfouilleur trop curieux ! gronda-t-elle faisant rire l’argenté.

- Je vais le chercher.

- Et fais-lui la leçon, surtout ! Toi, il t’écoutera peut-être.

Loz traversa le laboratoire en direction du bureau et Kadaj entra à ce moment précis, accompagné de Cait et d’une Yuffie aux yeux bouffis de sommeil.

- Ca y est, ils ont terminé ? s’enquit cette dernière en s’approchant du caisson pour observer Nero. Tiens, je ne me souvenais plus qu’il avait tous ces tatouages.

- Ce ne sont pas des tatouages, l’informa Tifa. D’après ce que j’ai compris, ces marques sont apparues sur sa peau à la puberté.

Cait écarquilla les yeux et colla presque la truffe contre le couvercle de verre pour mieux voir.

- Tu parles d’un truc bizarre, nota l’Utaïenne.

Kadaj tendit l’oreille.

- C’est quoi, ce bruit et cette fumée noire ? On dirait des centaines gémissements mêlés, dit-il en frissonnant malgré lui. Un mélange spécial de mako ?

Sa compagne sourit.

- Non, c’est Nero qui fait ça. C’est son ” don “. Il invoque des sortes de ténèbres peuplées de… de… Je ne sais pas vraiment quoi, en fait. Mais je peux te dire que quand tu te retrouves coincée dedans, ça n’a rien de drôle !

- Ca y est ? demanda une voix douce derrière eux. Alors ? Il a dit quelque chose ?

Ils se tournèrent pour voir Yazoo, qui venait d’arriver à son tour.

- Non, lui apprit Tifa. Il ne s’est pas encoré réveillé. Reno n’est pas avec toi ?

- Il est dans le bureau de Rufus, avec Rude, Vincent et Reeve.

Kadaj tiqua.

- Un problème ?

- Non ! le rassura son frère avec un sourire. Pas du tout. Maintenant que grand frère est réveillé, ils doivent préparer son ” grand retour ” pour la presse.

- Oh. Je n’avais pas pensé à ça.

- Je dois aller dire à Shelke qu’ils ont besoin d’elle.

- Elle est là-bas, avec Kay, fit Tifa en pointant la jeune fille du menton.

Yazoo s’éloigna avec un soupir silencieux. A l’instar de Loz, et contrairement à ce que pensaient beaucoup de personnes, il n’avait jamais été très doué pour mentir, surtout pas à ses frères. Mais, qu’il le veuille ou non, c’était visiblement le prix à payer pour être l’amant d’un turk…

Aussi naturellement que possible, il s’approcha de Shelke et se pencha vers elle comme si de rien n’était, pour caresser les joues du bébé que la jeune fille berçait.

- Vincent a besoin de toi, murmura-t-il sans se départir de son sourire, pour donner le change à ceux qui pouvaient les observer. Lui, Reno, Rude et Barret vont aller chercher le frère de Nero au mont Nibel. Un escadron de la WRO appelé par le commandeur Tuesti sera sur place dans moins d’une demi-heure et vous attendra.

Shelke sourit en retour et hocha la tête, entrant dans son jeu. Le bébé s’était presque rendormi et elle le donna à l’argenté.

- Une attaque terrestre ? Pas d’appui aérien ?

- Uniquement l’hélico piloté par Reno pour évacuer Weiss le plus vite possible.

- Pourquoi pas une unité de Cid ?

- Il porte les cellules de Jenova lui-aussi, à présent. Vincent pense qu’il est donc lui aussi devenu une cible, au même titre que moi et mes frères.

- Je comprends. J’y vais tout de suite.

Elle quitta l’infirmerie calmement et Yazoo embrassa doucement le bébé endormi avant de le coucher dans son berceau.

Ensuite, comme Reno le lui avait demandé, il se dirigea vers le box de chirurgie pour parler discrètement à Merill et Shalua.

Cette dernière, le voyant approcher avec les traits tendus, retira son masque et posa la lingette désinfectante qu’elle passait sur toute la surface de la table d’opération.

- Yazoo baby ? Tu en fais une tête. Tu es souffrant ?

Il s’approcha tout près, en prenant garde de rester dos au mur vitré du box afin que personne ne puisse voir son expression ni les mouvements de ses lèvres.

- Shalua, j’ai des consignes de Vincent pour toi. Souris, comme si tout était normal.

La jeune femme obéit.

- Tu me fais peur, qu’est-ce qui se passe ?

- Vincent, ta sœur et les turks partent chercher le frère de Nero au mont Nibel.

- Quoi ? Seuls ? intervint Merill en souriant à son tour comme s’ils parlaient de la pluie et du beau temps.

- Non. Un escadron de la WRO les attend là-bas. Lucrecia a parlé à Vincent. Weiss est sans doute très très mal en point. Elle craint même que Genesis ne soit sur le point de le tuer, si ce n’est pas déjà fait. Il faut vous préparer à son arrivée. Reno l’évacuera par hélicoptère au plus vite et il faut que vous soyez prêts à une éventuelle intervention d’urgence.

- J’ai compris. Qui est au courant ?

- Ici ? Personne. A part vous et moi, s’entend. Et il ne faut surtout pas en parler aux autres. Vincent ne veut pas qu’ils aillent se jeter dans la gueule du loup.

La jeune femme acquiesça.

- Il pense toujours que Genesis veut mettre la main sur des porteurs des cellules de Jenova ?

- Disons qu’il préfère ne prendre aucun risque. (Yazoo grimaça et serra les poings) Je serais pourtant volontiers allé dire ma façon de penser à cet enfant de salaud.

Shalua lui prit les mains et les serra.

- Si c’est bien lui qui a fait ces maudites manipulations au labo du Deepground et qui a tué Kaly, il paiera, Yazoo baby. Je te promets que nous lui ferons payer d’une façon ou d’une autre.

- Grand frère dit que, du temps où ils étaient amis, Genesis aurait été incapable de faire la différence entre une éprouvette et une seringue.

- Il n’a pas tort. J’avoue que je serais curieuse moi-aussi de savoir où Genesis a appris à faire des manipulations génétiques aussi complexes.

Yazoo allait répondre mais fut interrompu par les sanglots et les supplications étouffées de Denzel, qui s’échappèrent soudain du bureau de Shalua, les figeant tous et faisant réveillant le bébé.

Tifa se précipita mais Cid, Cloud et Sephiroth, qui étaient plus près, la devancèrent.

*

Au plus profond du mont Nibel, Genesis sentit presque immédiatement que quelque chose ” clochait “. Comme si une alarme silencieuse s’était mise à carillonner dans les tréfonds de son cerveau, il pressentit un danger. Un danger imminent.

Il se raidit et tendit l’oreille, les sens au aguets.

Weiss, étendu à ses pieds, brisé et ensanglanté, puisa dans ses dernières forces pour sourire et le railler.

- Je crois que… tu vas avoir… de la visite… sous peu.

- La ferme !

- Tu comptes faire… quoi ? Me traîner par les… cheveux en… espérant qu’après quelques coups… supplémentaires je… joue les… chiots… obéissants ? Je croyais que… tu me connaissais… un peu… mieux que ça…

Il ricana et Genesis le fit taire d’un coup de pied dans le foie.

- Je t’ai dit de la fermer !

Mais il savait que Weiss avait raison.

En perdant Nero, il avait perdu sa meilleure arme et son seul moyen de pression sur l’ancien chef des Tsviets. Mais, bon sang ! Comment aurait-il pu deviner que cette saloperie de tas de ténèbres impures allait abandonner son frère adoré cette façon ? !

C’ était même la dernière chose à laquelle il se serait attendu !

Et en emportant la seule source de cellules de Jenova qui lui restait, qui plus est !

De pure frustration, il frappa Weiss à coups redoublés.

Nero. Il devait récupérer Nero s’il voulait faire obéir son frère. Et il devait récupérer aussi une source de cellules de Jenova de toute urgence ! Il allait avoir besoin d’aide.

Avec un peu de chance, les géostigmates avaient déjà dû se répandre dans Nibelheim et ce serait bien le diable si, avec l’appui de Jenova, il ne parvenait pas à prendre le contrôle de quelques imbéciles plus gravement atteints que les autres pour ” l’assister ” dans cette tâche.

Nero, Weiss et une source de cellules. C’était tout ce qu’il lui fallait pour mener ses plans à bien.

Des plans bien plus modestes que ce qu’il avait imaginé au début - avant que cette chienne qui lui avait servi d’épouse ne lui vole son fils et les trois rejetons de celui-ci pour les mettre à l’abri, loin de la rivière de la vie - mais, pour un homme de son génie, il y avait toujours ” moyen de moyenner “, comme il disait.

S’il ne pouvait commencer tout de suite par un feu d’artifice, il commencerait par une étincelle. La réaction en chaîne suivrait…

Pour l’instant, il devait renoncer à Weiss. Encore une fois. Comme il avait déjà dû y renoncer un an plus tôt, là-bas, au réacteur zéro. Pas pour longtemps, c’est vrai.

Oui, il serait toujours temps de les récupérer lui et son frère par la suite.

Chaque chose en son temps…

Ce qu’il avait raté dans les ruines de Midgar, un an plus tôt, puis à Nibelheim plus récemment, il le réussirait à Edge ! Jamais deux sans trois et, cette fois, il réussirait à réveiller l’Omega pour de bon ! Il avait juste besoin pour cela de quelques cellules de Jenova.

Des cellules de Jenova…

Mais où en trouver ?

Il se tapa rageusement le front de son poing fermé.

Réfléchir ! Réfléchir ! Réfléchir !

Reeve avait mis toutes les cellules restantes à l’abri…

Le bébé s’était envolé avec Nero…

Les argentés étaient protégés de bien trop près pour être atteintes directement…

Réfléchir ! Réfléchir ! Réfléchir encore ! Il devait y avoir un moyen. Il y avait forcément un moyen. Il y avait toujours un moy…

Son visage s’éclaira soudain et un sourire hideux déforma ses traits.

- Bien sûr… Comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ? ! Je suis un génie… murmura-t-il. Un génie ! Un pur génie !

Un rire hystérique incontrôlable résonna dans la grotte et Weiss, qui reconnut immédiatement ces mots et cet affreux rire rocailleux pour les avoir entendus à maintes reprises, se redressa péniblement sur un coude, les yeux écarquillés d’horreur.

- Ce n’est pas… possible… bredouilla-t-il. Toi…

- Quoi ? railla Genesis. Tu réalises l’évidence seulement maintenant ? Ah ! Ah ! Ah ! Tout dans les muscles et rien dans la tête ! Pauvre Weiss !

- Tu es… mort…

Le rire grinçant redoubla et l’ancien chef des Tsviets sentit le désespoir le terrasser.

- Vincent… t’a tué… gémit-il encore. Il t’a tué… il y a un an… au réacteur… zéro… Vincent… t’a tué !

Sans cesser de rire, celui qui n’avait jamais été Genesis lui asséna un coup si violent à la tête qu’il perdit connaissance.

- Profite des petites vacances que je t’accorde, amphitryon d’Omega. Je veux que tu sois en pleine forme, lorsque je reviendrais vous chercher, toi et ton frère chéri. Ah ! Ah ! Ah !

*

Dans le bureau de Shalua, Denzel s’accrochait désespérément en pleurant aux hanches Loz, qui regardait Cloud et Tifa à tout de rôle, ne sachant plus quoi faire pour le calmer.

- Je savais pas ! sanglotait le petit garçon. J’te jure que j’savais pas ! Ils me disaient qu’ils travaillaient pour que le monde soit meilleur ! J’te jure que je savais pas, Loz ! J’te jure !

Cid s’approcha et s’accroupit aux pieds du garçonnet.

- Mais enfin, de quoi tu parles, mon grand ?

- Je savais pas qu’il faisaient ça ! geignit encore Denzel en pointant le doigt vers l’ordinateur portable de Shalua, où Sephiroth avait consulté les vidéos de surveillance un peu plus tôt.

Sur l’écran, Loz, sous anesthésie générale, était allongé nu et sanglé sur la table d’opération tandis qu’Hojo, aidé de ses assistants, un homme et une jeune femme, faisaient les prélèvements de sperme qui donneraient naissance à Kay cinq ans plus tard.

- Les vidéos retrouvées au labo du Deepground… soupira Shalua. Denzel ! Qu’est-ce qui t’a pris de regarder ces horreurs ?

Cloud s’approcha à son tour et Denzel lui sauta dans les bras.

- Dis-lui, Cloud ! supplia-t-il. Dis-lui que je savais pas !

- Mais enfin, tu ne pouvais pas deviner qu’il avait subi tout ça, voyons… Pourquoi ça te met dans un tel état ? Tu as de la peine pour lui, c’est ça ?

- Il voudra plus être mon papa, maintenant !

Tous les adultes présents échangèrent un sourire attendri.

- Mais enfin, Denzel, qu’est-ce que ça a à voir avec toutes les vilaines choses que les méchants savants lui ont fait ? demanda à son tour Tifa en retenant un rire.

- Je suis pas comme eux ! cria presque Denzel en s’accrochant à nouveau à Loz, qui se baissa pour l’asseoir sur sa cuisse et le serrer contre son torse nu. Quand je t’ai dit que je voulais que tu crèves, c’était pas vrai ! Je le pensais pas ! Je te jure que je suis pas comme eux ! Je savais pas ce qu’ils faisaient ! Je savais pas ! Je te promets ! Je te promets !

Loz tiqua.

- Denzel, mais de qui tu parles ? Tu n’es pas comme qui ?

En sanglotant et sans oser relever la tête, le garçonnet pointa le doigt vers l’écran de l’ordinateur.

Tous tournèrent la tête vers l’image figée de la caméra de surveillance.

- Tu n’est pas comme Hojo ? demanda doucement Cloud. C’est ça, que tu veux dire ?

Denzel secoua la tête, fixant toujours le sol.

- Non… murmura-t-il d’une voix à peine audible. Les autres…

- Le monsieur et la dame en blouse blanche ? demanda Sephiroth à son tour.

Le garçonnet acquiesça et inclina le front en pleurant de plus belle.

Yazoo lui ébouriffa les cheveux.

- S’il a vu ne serait-ce qu’un millième de ce que ces deux ordures nous ont fait subir là-bas, je comprends qu’ils puissent lui faire peur, soupira-t-il.

Cid grimaça.

- A ce point là ?

Loz acquiesça en berçant Denzel dans l’espoir de le calmer un peu.

- Plus le mari se montrait sadique durant la journée, cracha-t-il avec une haine dans le regard que le pilote ne lui avait jamais vu, plus sa femme devenait perverse durant la nuit lorsqu’elle me forçait à la…

- Loz ! l’interrompit Yazoo en désignant le garçonnet.

Son aîné rougit.

- Désolé.

- Tu n’es pas comme eux, Denzel, reprit son jumeau. C’était sans doute les scientifiques les plus méchants du cratère nord après Hojo ! Même un bahamut enragé n’est pas aussi méchant.

Loz acquiesça.

- C’est vrai. Même si tu m’avais dit des choses encore plus horribles, tu ne leur arriverais même pas tout en bas de la cheville !

- Je ne savais pas, qu’ils étaient comme ça ! sanglota de nouveau le petit garçon. Pardon ! Pardon !

- Denzel ! essaya de plaisanter Cloud. Ils disent ça pour te rassurer, voyons !

Personne, hormis Shalua, ne remarqua que Tifa s’était levée depuis un petit moment, déjà, et que, penchée sur l’écran, elle était devenue blême comme un linge.

Elle venait de reconnaître les deux visages pour les avoir époussetés des dizaines de fois dans leur cadre, sur la table de chevet de Denzel.

- Tifa ? Tu en fais une tête. Tu les connais ? demanda la jeune scientifique.

Le pleurs de Denzel redoublèrent et Tifa inspira un grand coup avant de laisser tomber d’une voix blanche :

- Je crois que ce sont ses parents…

… à suivre

Vous avez aimé ce texte ? Laissez-moi un commentaire !

On ne dit pas…

***

Rédaction : Shiva Rajah

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Vous connaissez tous les fameuses blagues sur les nains… On ne dit pas “un imposteur” mais : “un facteur de petite taille” !

Dans la même veine, quelques petits “on ne dit pas” à la sauce FF7, rien que pour rire un coup !

Hein ?

Si, si, Kadaj en tenue d’aérobic, ça a un rapport avec ce qui suit, vous verrez ! Promis !

***

On ne dit pas ” Le ton monte “ mais ” Shera prend l’escalier “.

On ne dit pas ” Lazard fait des courbettes “ mais “Lazard est nul comme prof “.

On ne dit pas “Barret a du cran”, on dit “Barret est frisé”.

On ne dit pas “Aerith a un potager”, on dit “Aerigh a un vieux copain”.

On ne dit pas “Immaculé Weiss” mais “Je me suis fait mettre par le boss”.

On ne dit pas “l’électronique” mais “Reeve fait l’amour”.

On ne dit pas “Yazoo avale une biroute” mais “Yazoo emprunte une route à 2 voies”.

On ne dit pas “Loz a un cerf-volant” mais “Loz est long à la détente”.

On ne dit pas “Le gestionnaire des taches” mais “Le chef des turks”.

On ne dit pas “Scarlet est paniquée”, mais “Scarlet cherche un mec”.

On ne dit pas “Cloud a vaincu”, mais “Le chocobo est pluri-anal”.

On ne dit pas “Le Général fait les vendanges”, mais “Sephiroth pète comme un Dieu”.

On ne dit pas “Cait est un chat hors pair”, mais “Le chat de Reeve est castré”.

On ne dit pas “Rufus a enclenché le processus de paix”, mais “Le patron va lâcher une caisse”.

On ne dit pas “La connerie” mais “Yuffie s’amuse”.

On ne dit pas “Décongeler” mais “Les idiots du cratère nord”

On ne dit pas “Cloud est incompétent” mais “Cet idiot de Cloud fait de l’aérophagie”

On ne dit pas “Compense” mais “Reno essaie de réfléchir”

On ne dit pas “Un instant” mais “Kadaj fait du stretching” (vous voyez, je vous disais bien qu’il y avait un rapport !)

On ne dit pas “Le Gospel” mais “Denzel a pris un coup de soleil”

On ne dit pas “ce jeune soldat s’est élevé à la force du poignet” mais “Zack est un branleur”

On ne dit pas “Ciboulette”, mais “Trois trois argentés dévêtus”

On ne dit pas “Un match interminable” mais “Un combat amical entre SOLDATS”

Vous avez aimé cette partie de rigolade ? Laissez-moi un commentaire !

Les murs murmurent toujours !

***

Rédaction : Shiva Rajah

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Troisième et dernière cargaison de graffitis version FF VII ! Ah ! Bah… C’est que j’ai plus de stock au bout d’un moment, moi ^___-

Et des murs des cuisines à ceux des douches, Hojo rouspète toujours !


(Dans la cafétéria des turks)

Déjà 6h00 du matin ? Il est plus que temps de nous cuiter !
Reno


- POSTE VACANT POUR CAUSE DE DECES -

Ouais… Encore une fichue excuse pour pas bosser !
Hojo


Dans les toilettes d’un bar à la mode de la Costa del Sol

A mon époque, la Costa del Sol, c’était les 3 “S” : Sea, Sun & Sex !
Cid

Et à la notre, c’est les 3 “M” : Mazout, Mélanomes & Morbacs !
Cloud


Sur le mur flambant neuf d’un labo de la Shinra

Pas un tag, pas un graffiti, pas une tache ! Je le cherchais, c’est : LE MUR DU SILENCE !
Lucrecia


(Dans les WC du SOLDAT, dans un état lamentable)

Mais enfin, qu’est-ce que vous avez fichu, ici ? ! On dirait qu’il y a eu un congrès d’aveugles parkinsoniens !
Hojo

Non, juste de vieux scientifiques de passage.
Sephiroth


Sur la camionnette de livraison de Cloud :

- ARRETS FREQUENTS -

Vessie faiblarde !
Zack


(Dans les WC du SOLDAT)

Vous qui venez ici, dans une humble posture
De vos flancs alourdis, décharger le fardeau
Veuillez, quand vous aurez soulagé la nature
Epancher dans l’amphore, un courant d’onde pure
Et, sur l’autel fumant, placer pour chapiteau
Le couvercle arrondi, dont l’auguste jointure
Aux parfums indiscrets doit servir de tombeau…
Genesis

Oh, là, là… Faut que t’arrêtes Loveless d’urgence, toi, hein !
Angeal

C’est pas Loveless, c’est du Musset, ignare !
Genesis

Oh, le boulet…
Zack

Ils ont raison, t’en tiens une sacrée couche !
Sephiroth

Toi, le héros de supermarché, on t’a rien demandé !
Genesis

Ah bah, valà ! Y nous l’a encore énervé ! LOLLLL
Angeal


Je pardonne à ceux qui m’ont offensé… mais j’ai la liste !
Tseng


Loz, t’es tellement con que s’il existait un championat de la connerie, tu serais même trop con pour le gagner !
Cloud

Et le championnat d’orthographe, enfoiré ? Tu t’inscris quand ?
Loz


(Discrètement gravé au pied d’une cuve Mako du réacteur de Nibelheim)

Plonge qui veut, remonte qui peut !
Anonyme


(Dans les WC des turks)

Reno, sois gentil, évite de tirer la langue à tout va ! Surtout quand elle est chargée.
Elena

Pourquoi ? T’as peur que je blesse quelqu’un ?
Reno


(Dans un des WC de la tour Shinra)

Ne déroulez pas le papier en le tirant entre vos jambes et n’arrachez que la longueur dont vous avez besoin ! Et, surtout… NE LE RE-ENROULEZ PAS SUR LE ROULEAU APRES USAGE !
Hojo

Putain, y’a des caméras, ici, ou quoi ?
Reno


(Dans les toilettes pour dames du 7ème ciel)

LES FEMMES N’ONT PAS BESOIN DES HOMMES !
Elena

Faut avouer qu’ici, on peut se débrouiller plus ou moins sans eux…
Rosso


(Dans les toilettes de la salle de tir des turks)

C’est ici que repose
Une certaine dose
D’une certaine chose
Qui ne sent pas la rose.
Celui qui se propose
De faire ici sa prose
Doit avant toute chose
Tenir la porte close.
Anonyme

Oh, non, merde ! Genesis, tu vas pas t’y mettre ici aussi, hein ! Les chiottes du SOLDAT te suffisent plus ?
Reno

Comment tu sais que c’est moi ?
Genesis

Baka…
Reno


(Mot sur le frigo, dans la cuisine du bar de Tifa)

Loz, je t’ai gardé ton repas dans la boîte bento bleue. Je te préviens que si tu laisses encore les légumes, tu as intérêt à trouver une explication plus convaincante que “j’aime pas ça” ou tu auras affaire à moi ! Tu donnes un très mauvais exemple aux enfants !
Tifa

O.K. Je n’en mange pas parce que je suis un grand émotif ! Comment peux-tu rester insensible au hurlement épouvantable de l’épinard plongé vivant dans une casserole légumicide ? Je refuse d’être mêlé à ce génocide ! J’ai donc laissé les légumes dans la boîte…
Loz


(Dans les douches du SOLDAT)

Hier soir, à l’entrainement, Sephiroth a paniqué !
Anonyme

Mais moi, oui !
Zack


Bel homme, fort, courageux, bonne situation, cherche jeune femme pour partager doux moments et plus si affinités…
Rude (poste 32 21)

Rudo, c’est les WC pour hommes, ici, crétin !
Reno


Le ghetto de ma liberté s’achève au bout de mes bras.
Kadaj

La vache, c’est profond… Mais qu’est-ce-que ça veut dire ?
Loz

A mon avis, qu’il vient de fumer un truc !
Yazoo


(Gravé sur la peinture flambant neuve de la carlingue du Tiny Bronco )

Le plaisir solitaire, c’est économique : pas besoin d’inviter votre main au resto après !
Anonyme

Vince, je sais que Lucrecia de manque et qu’il faut que tu te défoules mais là, t’es lourd…
Cid


Gravé le mur fraîchement repeint du labo d’Hojo, sous l’avertissement suivant :

- INTERDICTION DE GRIBOUILLER, DE PEINDRE, DE BOMBER OU D’AFFICHER SUR CE MUR -

Franchement, ça ne me serait même pas venu à l’idée !!!
Vincent

Bon sang ! Mais quel crétin lui a collé cette saleté de gant en métal ?!
Hojo

Si vous le découvrez, je veux bien le tuyau. Moi aussi j’aurais deux mots à lui dire…
Cid


(Sur le mur des toilettes du DEEP GROUND)

C’est ici que tombent en ruines
Tous les déchets de la cuisine.
Dans un lieu aussi respectable,
Il faut se tenir ici comme à table
Et garder le bord de la lunette
Aussi propre que celui de son assiette.
Si vous venez sans papier ni paille,
Lavez-vous les doigts au lieu de salir la muraille.
Anonyme

Ah non ! Nan, nan, Genesis ! T’es gentil, tu vas versificoter dans les chiottes du SOLDAT si tu veux mais pas ici !
Weiss

Merde, c’est pas vrai ! Mais comment vous faites pour savoir que c’est moi ?
Genesis

T’es vraiment une pomme, toi, hein !
Weiss


WUTAI AUX UTAIENS !
Anonyme

Et la frisée aux lardons !
Sephiroth

Et le poulet aux morilles !
Angeal

Et le steak au poivre !
Genesis

Et le chèque au porteur !
Zack

C’est fini, oui !?
Tseng


(Sur le mur de la bibliothèque du manoir de Nibelheim)

Avec la chance que j’ai, je vais sûrement me faire choper à écrire au marqueur sur ce putain de mu_

Game over ! Hojo : 1 - Reno : 0
Rude


Hojo, Palmer et Heidegger sont dans un avion en flammes et il n’y a que 2 parachutes. Question : qui se sacrifie ?
Zack

Réponse : on s’en fout !!!
Angeal


A 8 ans, Tifa rêvait de poupées et moi de SOLDATS. Maintenant, c’est moi qui rêve de poupées et elle qui rêve de SOLDATS !!!
Cloud

Loz peut la draguer, alors ?
Yazoo

Pourquoi ?
Cloud

Bah, t’en es pas un, non ?
Yazoo

Loz non plus !
Cloud

Non, mais il en a une plus grosse que la tienne !
Yazoo

Depuis quand il a une épée, lui ?
Cloud

Oh, la vache… Tu m’étonnes que t’as pas pu devenir SOLDAT !
Yazoo


Et si on parlait du plaisir d’enseigner ?
Lazard

Et si on parlait d’enseigner le plaisir ?
Sephiroth


(Dans l’ascenseur du DEEP GROUND)

- MAXIMUM 6 PERSONNES -

Ou 1 Azul…
Shelke


(Dans les WC du 7ème ciel)

Il y a quelque chose d’héroïque à commander un plat ici, quelque chose d’inconscient à l’avaler et quelque chose de maso à le payer. Suis-je un héros inconsciemment masochiste ? Un inconscient masochistement héroïque ? Ou un maso héroïquement inconscient ?
Lazard

Juste un con d’intellectuel…
Loz


FIN (Bah vi, a pu ! Ces petits mots sont inspirés de vrais graffitis et j’en ai plus en stock !)

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Loz ne sait pas mentir

Pauvre Loz… Certains le disent simplet et d’autres pleurnichard mais, en réalité, c’est une pâte, cet homme. (Et il a un C… mais un de ces c… je vous dis ça !) La preuve que c’est une crème : il ne sait pas mentir. (Et je ne vous parle pas de son dos et des cuisses ! C’est… oh, là, là… Ces trapèzes, mon Dieu !) Mais être comme l’agneau qui vient de naître (même s’il a un poitrail de taureau et des… O.K. O.K. J’arrête, ça va !) le met parfois dans des situations un peu… Lisez, vous verrez !


Yazoo sort de la salle d’entraînement en faisant gonfler ses biceps et Loz siffle.

- Ouah…

- Je t’impressionne ?

- Non, tu chlingues !


Kadaj se regarde nu, debout devant la glace, et pleurniche :

- Loz… Je suis le plus petit, le plus efféminé et je fais plus jeune que mon âge… C’est déprimant. Tu veux pas essayer me faire un compliment ?

Et Loz répond :

- Bien sûr : tu as une très bonne vue. Dix sur dix !


C’est l’anniversaire de Yazoo.

- Je suis né aujourd’hui ! annonce celui-ci. Si on mangeait un chocobo, pour l’occasion ?

- Pourquoi ? répond Loz. C’est pas de sa faute.


Kadaj et Yazoo se disputent depuis une heure et décident, pour en finir, de prendre leur aîné à témoin.

- Loz, qu’est-ce que tu préfères ? Un frère séduisant ou une frère intelligent ? Sois franc !

- Ni l’un, ni l’autre, je ne n’aime que vous.


Les trois frangins arrêtent leurs motos au plus haut point d’un canyon.

- Ce paysage me laisse sans voix ! s’extasie Kadaj.

Loz se tourne vers Yazoo :

- On devrait peut-être monter le camp ici, alors, non ?


Et ses pectoraux ? Je vous ai parlé de ses pectoraux ? Non ?

Eh bien il a une paire de p… Gonflante toi-même ! Non mais oh ! C’est ma fic, je fais ce que veux, je suis chez moua !

Les murs murmurent encore…

Vous les avez réclamés, les voilà ! Plus de graffitis version FF VII !

Qu’il s’agisse des murs des casernes ou de ceux des toilettes de la Shinra, Hojo n’a pas fini de rouspéter !

***

(Dans le vestiaire de la salle d’entraînement du DEEP GROUND)

Weiss signifiant “blanc” en germanique, pourquoi a-t-on appelé le frère de notre cher empereur immaculé “Nero” (du latin “nero”/”noir”) au lieu de “Schwarz” (du germanique “Schwarz”/”noir-sombre”) ?
Rosso

Pour que les idiotes aient quelque chose d’intelligent à dire (du ténébreux “j’t'emmerde” !)
Nero


- EN CAS D’INCENDIE NE PAS UTILISER L’ASCENSEUR -

Utilisez l’extincteur !
Vincent


Dans le dico médical d’Hojo, à côté du mot “blennoragie”, y’a marqué “Voir index”. J’ai regardé mes doigts, c’est bon, j’ai rien.
Zack

Seigneur ! Et c’est avec ça que je suis supposé faire des soldats d’élite…
Hojo


Ce qu’il y a de bien, dans la position du missionnaire, c’est qu’on peut continuer à lire sa BD !
Kadaj

En levrette, c’est mieux, t’as pas besoin de la tenir !
Loz

Que je revoie UNE BD traîner dans la chambre… UNE SEULE !
Yazoo


(Dans les WC de la salle de réunion des turks)

Vous êtes là pour éjecter votre bol fécal, pas pour le couver !
Tseng


(Sur le mur du vestiaire des Turks)

A ce qu’on m’a dit, ce mur serait réservé aux graffitis ! La, la, la…
Anonyme

Non, mon petit Reno ! Vos gribouillages immondes sont interdits, ce mur doit rester propre sous peine de sanctions !
Hojo (heureux possesseur d’une mini-caméra espion et d’un fusil de chasse à 2 coups chargé de gros sel !)

Oh, merde…


L’insupportable manie de repeindre ce mur est une atteinte à liberté d’expression !
Genesis

Continuez vos cochonneries et je vais vous atteindre autre chose, moi !
Hojo


C’est pas pour me vanter mais, aujourd’hui, il fait vachement beau !
Rufus

C’est contagieux, la mégalomanie ?
Weiss


(Dans la salle de commandement du WRO)

- NO SMOKING ! -

But salopette, yes !
Cid


Soutenez Cloud !
Yuffie

Pourquoi ? Il se sent mal ?
Angeal


- SOS SUICIDE : UN COUP DE TELEPHONE PEUT SAUVER UNE VIE -

Sur la tête, il peut aussi fracturer un crâne…
Sephiroth


Sephiroth for president !
Cloud

And Cloud for queen !
Cid


(Dans un ascenseur flambant neuf de la section des turks)

Voilà ce que j’appelle un ascenseur nickel. Pas une marque, pas un graffiti, pas une tache, rien. Bravo les gars ! Splendide !
Genesis


(Dans les WC du SOLDAT)

Plus de 5 secousses, c’est de la masturbation !
Reno


J’ai fait pipi à côté. Le faire a soulagé ma vessie. Le dire a soulagé ma conscience !
Kadaj


OAHHHH !!!! DES FILLES AVEC DES GROS NENEEEESS !!!!
Loz

Où ça, où ça ?
Rude

Rudo, il a écrit ça au mois de juillet ! T’es lent, mais t’es lent…
Helena


(Dans la salle d’attente du service d’évaluation psychologique du SOLDAT)

Je vois bien que vous m’en voulez, pour mon complexe de persécution !
Sephiroth

Depuis que j’ai mon complexe de castration, j’ai l’impression qu’il me manque un truc…
Angeal

Moi, j’aimerais bien avoir un complexe de castration, mon complexe de frustration ne me suffit plus !
Genesis

C’est ça, moquez-vous ! Attendez de vous coltiner un bon syndrome post-traumatique, vous ferez moins les malins !
Hojo


(Dans les toilettes du du bar de Tifa)

Soyez gentils d’écrire à hauteur des yeux. Trop bas, on se penche en avant et on déjante de la cuvette. Trop haut, on se penche en arrière et se fracasse le crâne sur la chasse. Merci d’avance.
Reeve


J’ai testé le mako, on dirait de l’eau de vaisselle…
Weiss

Je viens de palper l’infirmière, on dirait de la gélatine…
Azul

Je viens de d’essayer la piscine, on dirait une baignoire…
Nero

Je viens de payer les factures du Deep Ground. On dirait de l’arnaque !
Rufus


MERDE ! PUTAIN ! BORDEL ! CHIER ! (Maintenant que j’ai prouvé que je pouvais moi-aussi piloter une fusée, où faut-il s’inscrire ?)
Reno

Tu remets tes lacets, pour courir ?
Cid


(Gravé sur l’écorce d’un arbre de la cité des anciens)

Si tu es le garçon super canon qui s’est battu ici la nuit dernière avec les longs cheveux argentés, des yeux d’émeraude, un long manteau de cuir noir zipé, un pantalon moulant et une petite bouche en coeur, je ne dors plus la nuit !!!! Où t’as acheté ton flingue ? Répondre ici : ……………
Vincent


(Sur le mur du bar de Tifa)

Un repas ici : 4 heures de mastication, 40 heures d’aigreurs, 4 semaines de nausées, 4 années de plaidoiries.
Rufus


Un jour mon prince viendra !
Jenova

Depuis le temps que tu l’attends, quand il va te voir, il va avoir un choc…
Lucrecia


(Sur le mur de la salle de cours de Lazard)

Ceux qui ont le savoir, produisent. Ceux qui ne savent pas et ne produisent pas, enseignent. Ceux qui enseignent, transmettent aux nouvelles recrues ce qu’ils savent. Merde, qu’on me dise comment c’est possible !?
Sephiroth


Ce qu’il y a sur ce mur de WC est vraiment odieux !
Hojo

Jetez donc un coup d’oeil dans le miroir : c’est pire !
Weiss


(Dans les toilettes du réacteur de Nibelheim)

Pour gagner un superbe badge “tireur d’élite”, visez juste ! (Demander le badge dans bureau du fond, en sortant, là où y’a marqué “Pr Hojo”).
Anonyme


On me reproche toujours de passer mon temps dans “Loveless”
Genesis

Et moi, on me reproche toujours de commencer des trucs et de ne jamais les finir…
Sephiroth

Ouais. Les enfants, par exemple !
Kadaj


(Dans les WC des turks)

Ah, enfin !… S’asseoir, défaire son noeud de cravate et poser les pieds sur la porte, relax…
Rude


(Dans un ascenseur de la Shinra, au-dessus d’une moquette trempée)

Ce petit pissou m’a purgé de toute la haine que je nourris pour les ascenseurs à musique…
Reno

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LXII - Qu’on l’attache ou qu’on l’égorge !

“Qu’on me donne une échelle

pour monter au pilier

et pour briser les chaînes

de mon frère bien-aimé…”

G. Torres de Villa

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Nero savait ce qu’était la souffrance.

Aussi loin qu’il s’en souvienne, il avait toujours vécu avec elle, qu’elle soit physique ou psychologique.

Son frère bien aimé avait toujours été le seul à pouvoir la soulager un peu.

Les premiers souvenirs qu’il avait, étaient ceux d’une pièce obscure, sans meuble ni fenêtre, froide et totalement vide, au centre de laquelle il passait son temps assis, à se balancer, à dormir en boule ou à chantonner.

Nero ne contrôlait pas du tout ses pouvoirs, alors, il n’était guère plus qu’un bébé, et le moindre geste un peu vif de ses petites menottes pouvait provoquer des trous noirs où tout ce qui se trouvait à portée - objets ou gens - disparaissait corps et biens.

C’est d’ailleurs ainsi qu’il avait tué sa mère, en venant au monde, en l’engloutissant elle et les médecins dans un maelström de ténèbres hurlantes, faisant de Weiss un petit orphelin de sept ans.

Si celui-ci en voulut à son frère ?

Il n’en eut pas l’occasion car, durant plus d’un an, on lui fit croire que son frère était mort lors de l’accouchement.

C’est l’indiscrétion d’une infirmière qui poussa Weiss à fouiller le réacteur Zéro - où il vivait avec les scientifiques et d’autres enfants - de fond en comble.

Il finit par trouver le bébé dans un sous-sol glacial, enfermé dans une pièce vide aux épais murs de métal renforcé.

Immédiatement, dès l’instant où le petit avait tendu ses mains vers lui en pleurant, il avait été pris de pitié et d’affection pour la petite créature.

Weiss lui avait raconté bien plus tard qu’il lui arrivait de descendre en cachette au sous-sol et de le trouver dans un état si pitoyable - presque inconscient par manque de nourriture et croupissant dans une couche qui n’avait pas été changée depuis parfois trois jours - qu’il avait songé à plusieurs reprises à briser le petit cou tendre une fois pour toutes et abréger ses souffrances.

Bien sûr, il ne l’avait jamais ne serait-ce que tenté. Il aimait trop son petit frère pour cela. Mais il était bien le seul !

Nero se souvient d’avoir eu faim très souvent, déjà à cette époque. Les hommes en blouse lui apportaient une petite bouteille en plastique contenant du lait froid (qui se serait donné la peine de chauffer un biberon pour lui ?) lorsqu’ils ne pouvaient plus faire autrement mais, la plupart du temps, il devait se contenter d’avaler sa salive et de pleurer en écoutant son petit estomac gargouiller.

Lorsque Weiss eut treize ans, Hojo lui fit intégrer l’Académie du SOLDAT et autorisa le garçon à emmener son frère, alors âgé de six ans, avec lui.

Ce fut la première fois que Nero vit la lumière du jour.

Les scientifiques regardèrent partir l’enfant avec un soulagement à peine dissimulé, heureux de voir s’éloigner cet ” aspirateur à ténèbres “, comme ils l’appelaient.

Si Weiss avait pensé de prime abord que de quitter le réacteur Zéro pour vivre à l’Académie allait améliorer la vie de son frère, il réalisa bien vite son erreur.

Nero faisait peur et, lorsqu’il n’était pas là pour s’en occuper, personne ne le faisait.

On lui interdisait même le réfectoire, les salles de classe, la cour, bref, tous les endroits où se retrouvaient habituellement les autres enfants.

Au début, le garçonnet errait donc dans les couloirs en veillant à ne croiser personne, de peur qu’un soldat ou un aspirant ne le bouscule avec l’habituel ” dégage, de là, toi ! ” méprisant en le repoussant - du bout du pied s’il était courageux ou de celui de son arme, s’il l’était moins. Car personne, hormis Weiss, n’osait toucher Nero.

Ce dernier prit donc l’habitude de rester enfermé dans la chambre de son frère toute la journée, se cachant sous le lit dès qu’il entendait le moindre bruit de pas approcher. Hormis un lit, un lavabo qui lui permettait de ne pas mourir de soif et des toilettes qu’il était désormais assez grand pour atteindre, les choses n’étaient pas si différentes que dans le réacteur Zéro. Comme là-bas, il passait les heures à attendre son frère, à s’ennuyer, à pleurer et à avoir faim.

Un soir, c’en fut trop pour Weiss, qui ne supportait plus de voir son frère dépérir, et il planifia leur fuite.

Il n’avait que quinze ans mais était grand et fort, un corps d’adulte, déjà, et ce serait bien le diable s’il n’arrivait pas à trouver du travail en mentant un peu sur son âge ! Nero et lui s’installeraient quelque part et il s’occuperait du petit comme il se devait.

Il prépara donc un sac avec leurs maigres affaires, un peu de nourriture, de l’argent qu’il avait volé dans la poche d’un scientifique du labo sans le moindre scrupule et, vers deux heures du matin, il réveilla son frère.

- Réveille-toi, Nero.

Le garçonnet avait frotté ses yeux ensommeillés.

- Pourquoi ? Je dois aller sous le lit ?

- Non, plus personne ne t’obligera à te cacher où que ce soit, assura Weiss en l’habillant. On se tire d’ici ! Pour toujours !

- Où ça ?

- En sécurité, allez viens.

Il avait pris son petit frère par la main et s’était glissé discrètement dans le couloir.

Tout alla comme sur des roulettes jusqu’à la porte d’entrée de l’académie mais, au moment où les enfants allaient s’esquiver au nez et à la barbe de soldat de garde - trop occupé à regarder des photos de filles nues dans un magazine - leurs rêves de fuite s’évaporèrent.

La porte s’ouvrit devant eux pour laisser apparaître un grand soldat brun à la carrure impressionnante que Weiss reconnut aussitôt. Les plus grands officiers étaient de véritables stars, à Midgar, et Angeal Hewley en faisait partie.

Il fronça les sourcils, surpris de se retrouver nez à nez avec les deux garçons en rentrant d’une soirée bien arrosée en ville.

Point n’était besoin d’être devin pour comprendre qu’il était en présence de deux petits déserteurs en herbe et, lorsqu’il le comprit, un sourire amusé étira ses lèvres, à la surprise de Weiss, qui s’attendait plutôt à une bonne taloche (au mieux !).

- Et où vous comptez aller où, comme ça, tous les deux ? railla-t-il. Boire une bière dans les taudis ?

Nero se blottit contre les jambes de son frère en pleurant et ce dernier baissa la tête, penaud.

- Eh ! Oh ! insista Angeal d’une voix douce pour ne pas effrayer davantage le petit. Tu ne veux pas répondre ?

- Qu’est-ce qui se passe, ici ? avait grondé la voix bourrue de Heidegger, qui arrivait dans le couloir. Qu’est-ce que vous fichez là en pleine nuit, tous les deux ?

Weiss avait rentré la tête et Angeal lui avait pris son sac pour le mettre sur son épaule.

- Merci de me l’avoir rapporté, p’tit ! fit-il d’une voix forte. Sans toi, je l’aurais cherché toute la nuit.

Heidegger fronça ses gros sourcils, soupçonneux.

- Hewley ! Que fait ce garçon et l’aberration qui lui sert de frère ici en pleine nuit ?

Weiss avait vu Angeal se raidir, choqué par les paroles du chef des armées de la Shinra.

- Il m’attendait pour me rendre mon sac, que j’avais oublié, avait menti le soldat en passant un bras protecteur autour des épaules du garçon.

Heidegger était alors reparti, pas plus convaincu que ça mais peu importait. L’essentiel pour Nero était qu’il ne punisse pas Weiss.

Effrayé, néanmoins, il avait éclaté en sanglots et, chose impensable, Angeal l’avait alors soulevé dans ses bras… et avait marqué une pause. Non parce que Nero l’effrayait ou le dégoûtait mais parce qu’il ne s’attendait pas à ce qu’il soit aussi léger et aussi maigre.

- Il est malade ? avait-il demandé à son aîné.

- C’est une longue histoire, monsieur, avait soupiré celui-ci.

- Eh bien, tu vas me la raconter, ton histoire. Allez, en route !

Et c’est ce que Weiss avait fait, celle nuit-là, dans la chambre du soldat. Il lui avait parlé du réacteur Zéro, de la naissance de Nero et de leur vie là-bas puis à l’académie.

Nero était petit mais il se souvenait encore parfaitement de deux choses : l’expression horrifiée d’Angeal et son premier bol de chocolat chaud.

A compter de ce jour, le soldat avait pris les garçons sous son aile, et il s’agissait sans doute là des années les plus heureuses de toute leur vie. Si l’on faisait abstraction de Zack, bien sûr, l’autre protégé d’Angeal. Combien de fois Weiss et lui en étaient-ils venus aux mains ? Nero en avait perdu le compte. Lorsqu’il ne faisait pas des allusions sexuelles grossières sur la relation fusionnelle des deux frères, il leur trouvait des surnoms grotesques, surtout à Nero: boule de suif “, pelote de poix “, bout de charbon “ ou encore ” nonos ” ou ” gribouille “, en raison des arabesques noires ressemblant à des tatouages qui étaient apparues sur la quasi totalité de son corps à la puberté.

Angeal, lui, le surnommait affectueusement chibi face “ en raison de ses immenses yeux carmins et de son petit nez retroussé.

Oui, les années passées aux côtés d’Angeal avaient été les plus belles de leur existence… jusqu’à ce que les Restrictors, les membres les plus puissants du SOLDAT, un mythe parmi les jeunes miliciens, viennent les chercher pour les ramener à nouveau au réacteur Zéro.

Deep Ground

Ca sonnait plutôt bien, sur le papier. Une unité d’élite presque aussi secrète et mystérieuse que les Restrictors eux-mêmes.

Weiss et Nero avaient obtempéré et un nouveau cauchemar avait commencé.

Un entraînement inhumain agrémenté de traitements divers avaient décuplé leurs capacités jusqu’au point limite de rupture.

Les pouvoirs de Nero étaient devenus tels qu’il lui était désormais presque impossible de les contrôler et, après plusieurs incidents, Hojo et les Restrictors n’avaient trouvé d’autre solution que de lui immobiliser le haut du corps dans une sorte de camisole de force et un masque de contention qui lui meurtrissait la peau du visage et l’empêchait d’ouvrir la bouche.

Weiss avait été horrifié, lorsqu’il l’avait vu mais il ne pouvait rien faire.

Pour remplacer ses bras, on lui implanta d’énormes appendices mécaniques, lourds et douloureux au possible, qu’il dût apprendre à utiliser.

Et s’il crut alors qu’il avait atteint le fin fond de l’humiliation et de l’indignité, il déchanta vite car, camisole ou pas, mors ou non, ses pouvoirs étaient toujours immenses et il pouvait désormais disparaître dans ses propres ténèbres pour réapparaître où il le souhaitait. Murs et portes n’étaient plus un obstacle, ce qui lui permettait de rejoindre son frère lorsqu’il le voulait, fut-il au secret ou en cellule disciplinaire.

Lorsque les Restrictors s’en rendirent compte, le véritable enfer commença.

Au plus profond des sous-sols du réacteur, juste à l’endroit où l’on confinait Weiss la plupart du temps, près de la cuve de mako, on l’attacha dos à une énorme colonne de pierre, à presque deux mètres du sol. De lourdes chaînes se croisaient sur sa poitrine, entre ses bras immobilisés par la camisole, et le pressaient contre la pierre pour l’empêcher de glisser.

Cette façon de procéder faisait que ses ailes métalliques lui rentraient dans le dos et les reins. Quant aux chaînes, elle mordaient profondément dans ses bras repliés et sa poitrine, meurtrissant la chair à travers le cuir épais, l’empêchant presque de respirer - et le masque de contention n’arrangeait rien.

Au début, il crut à une simple punition et serra les dents mais, au bout d’un quart d’heure son dos lui faisait si mal que ses larmes se mirent à couler. Une demi-heure plus tard, il crut que les chaînes s’incrustaient dans ses côtes et une heure après, il suppliait et criait pour qu’on vienne le libérer, jurant qu’il n’utiliserait plus jamais ses pouvoirs pour se déplacer d’un endroit à l’autre.

Personne ne l’entendit et, le lendemain, on vint lui apporter un peu d’eau et lui injecter une solution opaque dans la veine du cou.

- Bon appétit ! railla le médecin en faisant l’injection.

Nero sentit un froid glacial l’envahir en devinant ce que cela signifiait.

Si on le nourrissait par intraveineuse, c’est qu’on avait l’intention de le laissa pendu là encore un moment mais comment allait-il supporter une douleur pareille durant encore plusieurs heures sans devenir fou ?

Plusieurs heures…

Il y resta des mois.

Des mois durant lesquels il ne pouvait que hurler et appeler son frère à l’aide à s’en arracher les cordes vocales.

Mais Weiss, à quelques mètres à peine au-dessus de lui, ne pouvait que l’entendre et souffrir à s’en liquéfier le cœur de ne rien pouvoir faire pour l’aider.

Bien conscients qu’il délivrerait son frère dès qu’il en aurait l’occasion, les Restrictors avaient enchaîné Weiss à ce qui deviendrait son trône.

Voilà.

Voilà à quoi rêvait Nero tandis que Reeve Tuesti, avec mille précautions, l’allongeait dans un caisson médical transparent dans lequel on pourrait non seulement contrôler température et pression à la perfection mais aussi injecter une fine brume de mako qui lui permettrait d’accélérer sa remise sur pied sans traumatiser son organisme déjà fragilisé à l’extrême.

Pourquoi repensait-il à tout cela ?

Peut-être parce que, malgré le fait qu’il soit endormi, il entendait de façon inconsciente parler Shelke, qui racontait précisément tout cela au petit groupe composé de Cid, Tifa, Loz, Sephiroth et Cloud, descendus prendre des nouvelles du blessé et du bébé.

- C’est horrible… frissonna Cloud.

- Tu le savais ? demanda Cid à Sephiroth.

Ce dernier secoua la tête, lui aussi révolté mais pas le moins du monde surpris. Il connaissait la façon de procéder de son père.

- Pas pour le Deep Ground. La dernière fois que j’ai vu Weiss et Nero, ils faisaient partie des poulains d’Angeal. Et des meilleurs, qui plus est.

- Pauvre gamin… soupira le pilote en voyant Shelke attacher les mains de Nero à l’aide d’un morceau de gaze très douce et sans serrer.

Le but était seulement de l’empêcher d’agiter brutalement les mains et de provoquer un trou noir par accident, pas de lui faire mal ou de l’empêcher de bouger.

- Il a l’air si fragile, comme ça, sans son costume et tout son attirail… acquiesça Tifa en désignant le corps nu si mince.

La peau si pâle - et couverte de ce qui n’était donc pas des tatouages, à en croire Shelke - paraissait si fine qu’elle semblait sur le point de se rompre à chaque petit tressautement du jeune homme.

- C’est vraiment nécessaire, ça, Shalua ? demanda Cid en la voyant placer précautionneusement le masque de contention sur l’adorable visage de poupée de porcelaine de Nero.

Elle frôla affectueusement les lèvres joliment ourlées de son jeune patient du bout des doigts en s’étonnant une fois encore de leur insolite couleur bleutée.

- Oui, Cid, c’est vraiment nécessaire. Pour lui, si ce n’est pour nous.

Elle fixa le masque, dissimulant la bouche sensuelle.

A l’autre bout de l’infirmerie, le bébé de Loz gazouilla, tout joyeux, et Tifa leva les yeux au ciel.

Denzel était penché sur le berceau et lui chatouillait le ventre en lui faisant des grimaces.

- Je lui avais pourtant dit, de ne pas le réveiller, soupira la jeune femme en se dirigeant vers le garçonnet.

- Quand pourra-t-on lui parler, commandeur Tuesti ? demanda Sephiroth en désignant Nero.

Reeve lissa doucement les cheveux d’ébène et secoua la tête.

- Il est dans un état plus ou moins similaire au vôtre lorsque nous vous avons récupéré dans le mont Nibel, Général. Genesis ne lui a rien épargné.

L’ex-cauchemar de la planète se frotta le visage, sceptique.

- Ca ne lui ressemble pas, assura-t-il. Pas du tout.

- Quoi donc, père ? intervint Loz.

En l’entendant apostropher Sephiroth de la sorte, les autres se raidirent, s’attendant à une vive réaction, mais le principal concerné ne s’offusqua nullement de ce titre, bien au contraire.

- Lorsqu’Angeal a mis Weiss et son frère sous sa protection, Genesis s’est tout de suite pris d’affection pour le petit, expliqua-t-il. Il passait des heures avec Nero sur les genoux, à le faire lire. Il ne lui aurait jamais de mal, assura-t-il. Ni à lui, ni à Weiss. C’est impossible !

Reeve ferma le caisson avant de commencer à y répandre le mako gazeux.

- C’est pourtant ce que semblent affirmer Lucrecia et Aerith.

Cloud acquiesça.

- Aerith est formelle. C’est bien lui qui est derrière tout ça.

- Ca n’a pas de sens… soupira Sephiroth. Et qu’en est-il de cette histoire de… comment Kadaj a-t-il appelé cela, déjà ?

- Les géostigmates, répondit Loz.

- C’est ça, les ” géostigmates “. A-t-on des nouvelles, à ce sujet ?

Reeve secoua la tête.

- Non, Général, pas pour l’instant. Mais j’ai placé un détachement de protection autour de la source d’eau originelle, dans les ruines de Midgar. C’est le seul antidote que nous connaissions pour l’instant.

- Vous avez bien fait, commandeur. Jusqu’à quel degré d’épidémie pouvons-nous répondre avec cette source ?

- Je dirais… 100 000 personnes au maximum, intervint Cid Au-delà, nous risquons de contaminer la source ou de l’assécher.

- Pas de quoi faire face à une pandémie, si je comprends bien.

- Non, Général.

- Aucune chance, mon frère, confirma l’amiral de la W.R.O.

- Quelles sont les autres options ?

Ils partirent dans une discussion de stratégie organisationnelle et Cloud les écouta, un peu à l’écart, fasciné.

D’instinct, Sephiroth reprenait ses réflexes de chef des armées et c’était bien une réunion d’état major, voire de crise, qui s’était improvisée là, devant ses yeux et dans cette infirmerie, entre trois des plus hauts gradés de l’armée de la planète.

Même vêtu de sa tenue d’hôpital - nu-pieds, un pantalon de coton bleu clair et une tunique à manches courtes au confortable col en V -, l’avant-bras amicalement posé en signe de confiance sur l’épaule de Cid, le mythique Sephiroth faisait vibrer l’air de sa présence et de son charisme.

Cloud était incapable de le quitter des yeux, fasciné, happé par la vision ensorcelante de cette légende vivante comme une phalène par la flamme d’une bougie…

… à suivre

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LXI - J’ai mal, je t’aime

“On ne souffre jamais seul.

On souffre toujours avec ceux qui souffrent

à cause de votre souffrance.”

E. Wiesel

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Shalua coupa la dernière terminaison nerveuse qui reliait la moelle épinière de Nero au système de contrôle du mécanisme de ses ailes et Reeve retira précautionneusement le second tronçon d’aile. Une horrible écharde de métal au bout de laquelle pendait un imbroglio gluant de chair rougeâtre, de reste d’os, de câbles et de nerfs qui, avec les années, s’étaient formés autour de la structure que l’on avait fixée à la colonne vertébrale, aux côtes et aux omoplates du jeune homme.

- Ca devait lui faire un mal de chien… nota le chef de la WRO en posant la répugnante écharde de métal sur le sol.

Shalua acquiesça sous son masque de chirurgie tandis qu’elle s’affairait sur le dos du ténébreux.

- Les douleurs osseuses sont les pires qui soient. J’ignore comment il a pu supporter tout ça.

Shelke vérifia les fonctions vitales de son ancien compagnon d’armes sur son ordinateur.

- Plus que vingt minutes d’anesthésie, annonça-t-elle.

Reeve hocha la tête.

- Ca suffira largement. Nous avons presque fini.

Pauvre gosse… “ pensa-t-il en lissant la longue chevelure noire de ses mains gantées de latex.

Il secoua la tête, pris de pitié, mais Nero ne sentit pas la caresse réconfortante.

Nero était loin du box de chirurgie du manoir de Nibelheim.

Très loin…

Des années en arrière, en fait…

*

Ce n’était pas le cas de son frère Weiss.

Les coups de pieds furieux de Genesis et la douleur de chaque nouvel impact lui interdisaient la moindre échappatoire à la douleur, ne fût-ce qu’en se réfugiant dans ses souvenirs. Ce n’était pourtant pas faute de provoquer son tourmenter en espérant qu’un uppercut assez fort l’assommerait.

L’ancien chef des Tsviets, l’admiré, l’adoré, l’immaculé Weiss, se tordait sur le sol rocheux en gémissant sous les coups, le souffle coupé, les mains liées et le corps brisé et ensanglanté.

- Dis-lui de revenir ! hurlait Genesis à tue-tête. Appelle-le ! Appelle-le !

Il lui asséna un coup de pied particulièrement violent à la poitrine et le jeune supplicié en eut le souffle coupé mais essaya malgré tout de ricaner.

L’ironie était la dernière arme qui lui restait et il savait que cela rendait Genesis fou de rage.

- Désolé… J’ai pas… son numéro de… téléphone… sur moi…

Son bourreau le saisit par ses longs cheveux blancs et souleva sa tête pour lui parler à un pouce à peine du visage. Un visage qui, il y a encore quelques heures, avant que sa peau éburnéenne n’éclate sous l’impact des coups, aurait rendu jaloux bien des anges.

- Très drôle… Continue à faire le malin et c’est en morceaux, que ton frère te récupérera. Contacte-le ! Utilise ce lien empoisonné qui vous unit ! répéta-t-il en cognant brutalement sa tête sur le sol, lui ouvrant une nouvelle entaille - au front, cette fois. Dis-lui de revenir avec ce qu’il m’a volé !

- Va te… faire… mettre !

L’ex-soldat feula comme un fauve enragé et lui donna un coup de pied si brutal dans ses reins, provoquant une telle douleur, que Weiss s’évanouit.

Genesis jura, comprenant que c’était bien ce que le tsviet avait cherché à faire depuis le début.

- Maudit ! gronda-t-il en Tu ne perds rien pour attendre ! Je te jure que lorsque j’en aurais fini avec toi, tu hurleras tellement et tu appelleras ton frère au secours avec une telle force psychique qu’il aura de la chance si sa cervelle n’éclate pas !

*

Dans le grand open space réservé aux turks dans les plus hauts étages de la nouvelle tour Shinra, Tseng tapait impatiemment du pied.

Que fichait Elena ?

Elle aurait dû être là depuis un moment déjà et le pilote de l’hélicoptère commençait à s’impatienter !

Avec un soupir irrité, le chef des turks se rassit à son bureau, sur lequel était posée une petite boîte blanche de bois laquée ornée de minuscules poignées d’argent ciselé.

N’importe qui aurait pris cette boîte pour un grand écrin à bijoux ou un coffre à trésors quelconque jusqu’à qu’il lise la petite plaque gravée et délicieusement ornementée qui y avait été fixée deux heures plus tôt par un bijoutier réveillé en pleine nuit (et grassement payé pour le dérangement) : ” KALY - R.I.P.* “.

(*Note : pour ceux qui m’ont posé la question par mail, R.I.P. est l’inscription que l’on trouve sur les pierres tombales et les cercueils occidentaux, elle est l’abréviation du latin “Requiescat in pace” (Qu’il/elle repose en paix))

La porte s’ouvrit, laissant passer sa collègue retardataire, qui s’avança avec un grand et luxueux sac cartonné à la main.

Tseng lui adressa un regard lourd de reproches.

- Où diable étais-tu passée ? Nous aurions déjà dû part… Qu’est-ce que tu fais ? s’étrangla-t-il en la voyant ouvrir le petit cercueil.

Elena, guère intimidée, brandit le sac estampillé du logo d’un prestigieux magasin de jouets de luxe.

- J’ai dû faire intervenir quelques contacts pour me faire ouvrir la boutique en pleine nuit, mais j’ai enfin trouvé ce que j’ai cherché toute la journée ! claironna-t-elle en débarrassant le minuscule cadavre de son petit drap d’hôpital bleu.

L’Utaïen faillit en manger sa cravate.

- Elena ! Par tous les Dieux de la planète ! Repose ce fœtus dans son cercueil immédiatement !

La jeune femme se contenta de hausser les épaules et allongea la minuscule créature sur le bureau de son chef avec un petit bruit sec qui retourna l’estomac de celui-ci.

Le mako avait littéralement momifié les tissus, désormais durs comme de la pierre et parfaitement conservés, comme si la vie du petit être s’était figée dans le temps, fossilisée par le mako. En fait, le bébé paraissait dormir et n’importe qui, qui l’aurait vue ainsi, se serait attendu à voir la menotte se resserrer d’instinct autour de son doigt.

Une poupée de cire “ avait pensé Elena lorsqu’elle avait touché le fœtus momifié la première fois. Une poupée de cire comme celles qu’on voit dans les musées… “

Si ce n’est que les poupées de cire étaient à taille humaine alors que le petit cadavre, à qui on avait ôté la vie à cinq mois de gestation à peine, tenait presque tout entier dans sa main.

- Bon sang, Elena, mais qu’est-ce que tu fiches ? s’étrangla Tseng en la voyant sortir de minuscules vêtements de poupée de son sac.

Patiemment, et sans s’énerver ou lui prêter attention le moins du monde, la jeune femme habilla le bébé avec les vêtements de poupée : une adorable grenouillère bleue et blanche brodée de petits poussins chocobo, des chaussons blancs et un petit bonnet assorti.

- S’il veut le voir, il sera mieux comme ça que nu dans un morceau de tissu récupéré à la morgue, répondit-elle enfin, ravie du résultat. Qu’est-ce que tu en dis ?

Le chef des turks frissonna car le bébé avait l’air plus que jamais vivant.

- C’est… (Il soupira) Je ne sais pas si je dois trouver ça sordide ou… Ou… Remets-le là-dedans, tu veux ?

Il se détourna, horriblement mal à l’aise, et la jeune femme allongea doucement le bébé dans son cercueil après en avoir retiré l’horrible drap bleu et referma le couvercle, le cœur un peu lourd.

Cela n’aurait sans doute pas été le cas si elle n’avait pas eu cette fichue conversation, avec Reno.

Ils avaient parlé longtemps.

Sans doute même plus longtemps qu’elle ne l’avait jamais fait et elle était sûre d’une chose : Reno était fou amoureux de Yazoo. C’était une évidence. Une évidence dont le jeune turk ne s’était peut-être même pas encore rendu compte. Il lui avait parlé de l’argenté pendant presque une heure, lui racontant à quel point les découvertes dans le laboratoire secret du Deep Ground l’avaient remué.

Rends le fœtus aussi présentable que possible, d’accord ? “ avait-il demandé avec une timidité et une anxiété qu’elle ne lui connaissait pas. Je suis sûr qu’il voudra le voir avant qu’on le mette dans la crypte”.

Elle l’avait rassuré, alors, lui avait dit que cela ne poserait aucun problème, que le petit corps était parfaitement conservé et que le bébé paraissait dormir.

Reno avait soupiré de soulagement et elle avait souri.

Oui, il était vraiment amoureux…

Et elle ne savait que trop ce que l’on pouvait ressentir en voyant souffrir la personne que l’on aimait le plus au monde.

Les images de la terrible nuit qu’elle et Tseng avaient passé au cratère nord frappèrent à la porte de sa mémoire mais elle ne les laissa pas entrer.

Pas cette fois.

Plus jamais…

Depuis qu’elle avait tenu le petit corps dans ses mains et qu’elle avait vu les premières images de Kay, filmé par Reno, quelque chose s’était réveillé en elle.

Quelque chose avait changé.

Profondément.

Obtenir l’amour de Tseng, ce qui avait été pour elle durant des années la finalité rêvée, le but ultime, commença à perdre de son importance.

Oh, bien sûr, elle l’aimait toujours et ne cesserait sans doute jamais de l’aimer, mais autre chose occupait désormais le premier plan son esprit : un bébé. Elena, qui avait passé une partie de sa vie à ôter celle des autres lorsque la situation l’exigeait, rêvait désormais de la donner…

Elle ne pouvait donc que trop imaginer ce que devait ressentir Yazoo, à qui l’on avait arraché son enfant sans même lui donner une chance de le voir.

Elle trouvait cela cruel, injuste et profondément choquant. Peu importe ce qu’il avait pu faire, deux ans plus tôt, aucune mère ne méritait ça ! Car, aussi curieux que cela semble à dire, Yazoo était bien la mère de la petite créature qu’elle avait habillée avec tant de soin.

Elena avait passé la journée sur Internet et au téléphone pour trouver des vêtements de bébé à la bonne taille. En vain. Même les vêtements pour grands prématurés étaient encore trop larges.

Le vêtir ainsi aussi sonné faux, comme une parodie ou une bouffonnerie de maternité. Elle voulait, au contraire, que tout paraisse normal, naturel. Comme l’enterrement d’un bébé mort-né. Une tragédie, certes… mais une chose qui arrivait souvent. Pas comme un bébé grandissant dans un cadavre et tué par des savants fous uniquement soucieux de performance !

Elena était sûre que, plus cela paraîtrait naturel et plus Yazoo se remettrait facilement.

Pourquoi y tenait-elle tellement ? Aurait-on pu se demander.

Pour Yazoo ? Pour Reno ? Pour le bébé ? Pour elle-même ?

Sans doute les quatre à la fois.

Mais aussi, et surtout, parce qu’elle était une femme et qu’elle comprenait. Oui, elle comprenait d’instinct et savait ce qu’elle devait faire - ou ce qu’elle aurait aimé qu’une autre mère, en devenir ou non, fasse si les rôles avaient été inversés.

Elena souleva le cercueil avec un mystérieux sourire, à la fois triste et paisible, que Tseng ne réussit pas à interpréter.

- Oh, Tseng ! fit-elle sans se retourner. Peux-tu prendre le sac ? J’ai aussi acheté un cadeau pour Kay. Je le donnerai à Loz de notre part à tous.

- Euh… Ou… Oui… bredouilla l’Utaïen. Bien sûr.

Elle sortit et le chef des turks récupéra le sac avec un froncement de sourcils incrédule.

La jeune femme avait quitté la pièce sans même lui adresser un regard. Pas même l’un de ceux qui l’agaçaient tant, dégoulinants d’admiration, qu’elle lui coulait entre ses longs cils, croyant qu’il ne remarquait rien.

Il aurait dû en éprouver du soulagement, voire même de l’espoir en se disant qu’elle avait peut-être enfin fini par comprendre où était leur place à tous deux et accepter qu’il ne serait jamais rien pour elle que son supérieur hiérarchique, mais… curieusement ce ne fut pas le cas.

Si Tseng ne se connaissait pas mieux que ça et ne se savait pas à l’abri de sentiments aussi mesquins qu’improductifs, il aurait pu croire qu’un petit pincement vexé lui avait piqué l’estomac…

*

Allongé sur son lit et une coupe de vin à demi pleine posée sur la table, Vincent regardait les étoiles par la fenêtre entrouverte, goûtant la fraîcheur nocturne.

Lui, Cait et Merill avaient aidé Sephiroth à remettre de l’ordre dans le bureau de Shalua et avaient attendu un peu que cette dernière finisse de s’occuper de Nero mais Reeve leur avait fait signe que ce serait plus long que prévu.

Enlever les restes d’ailes métalliques ne suffisait pas, leur avait-il expliqué, il fallait aussi retirer très soigneusement un appareillage complexe fixé à l’os.

- Vincent…

Celui-ci tressaillit et sentit une armée de petits lézards glacés lui descendre le long du dos en entendant la voix douce qui s’éleva dans son dos, dans l’angle le plus sombre de sa chambre.

La gorge sèche, il pivota lentement et sa gorge serrée émit un son étranglé en reconnaissant la ” visiteuse ” nocturne.

- Lucrecia… finit-il par articuler après plusieurs tentatives infructueuses.

L’apparition s’approcha et tendit vers sa joue une main ectoplasmsique que, bien sûr, il ne sentit pas.

- Mon amour… chuchota la jeune femme, ses yeux fantomatiques brillants de larmes.

Il aurait tant voulu la consoler. La serrer dans ses bras. Enfouir son visage dans ses cheveux et respirer son parfum frais. Il aurait voulu… Oh ! Dieux, il aurait voulu tant de choses…

- Lucrecia… Si tu savais comme tu me manques…

La jeune femme fit des efforts inhumains pour se reprendre et ne pas se laisser aveugler par ses sentiments.

Elle n’avait pas le loisir de se laisser aller.

Le temps pressait.

Il fallait faire vite.

- Vincent… Weiss va mourir, dit-elle de but en blanc.

L’ex-turk se raidit.

- Quoi ?

- Il faut aller le chercher sans tarder ou Genesis va le tuer ! Il n’acceptera jamais de lui livrer son frère. Il préférera mourir et s’il meure… nous ne pourrons plus compter sur l’Omega pour combattre Jenova.

L’apparition trembla, parut se dissoudre, puis réapparut à nouveau mais si pâle qu’on la distinguait à peine.

- Lucrecia ! cria Vincent en bondissant de son lit.

La jeune femme paraissait à présent souffrir et avait visiblement du mal à rester visible.

- Lucrecia… Pourquoi a-t-on besoin de l’Omega ? En quoi Genesis est-il…

- Weiss… l’interrompit précipitamment Lucrecia en luttant pour ne pas disparaître complètement. Weiss vous expliquera tout… La source du mont Nibel… Weiss… Ne le laissez pas… Mourir…

- Lucrecia !

- La source… du mont… Nib…el…

Elle disparut complètement et, après un court instant d’hésitation, Vincent bondit hors de sa chambre et se précipita en direction des appartements de Rufus.

à suivre

LX - Charnelles vapeurs

” Tu noies tes chagrins dans l’alcool ?
Méfie-toi, ils savent nager. »
Y. Mirande

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

Les versions non censurées de ce texte et de cette illustration se trouvent fascicule “Les interdits de www.ff7-yaoi-fanfics.com” tome 2 (voir dans la boutique)

***

- Ca va aller ? demanda Reno en aidant Yazoo à s’allonger sur le lit. Ce n’était peut-être pas une si bonne idée que ça, ce verre de cognac. Je suis désolé, je n’aurais pas dû laisser Rufus te faire avaler ça.

L’argenté sourit.

- Tu n’y es pour rien et Rufus non plus. Il voulait juste que je me détende un peu. Et je dois être le seul homme au monde qui se retrouve dans cet état après trois gorgées d’alcool !

Il rit et le turk l’aida à se déshabiller en admirant le corps pâle à la douce lumière de la veilleuse avant de le recouvrir.

Bon sang ! Ce qu’il mourrait d’envie de lui faire l’amour…

Pourtant, malgré les tendres moments qu’ils avaient passés ensemble, ils n’avaient pas encore franchi le pas - si par “pas”, on entendait “relation sexuelle incluant une pénétration”.

Yazoo n’était pas encore assez à l’aise pour cela et Reno savait qu’il ne le forcerait jamais. Il attendrait qu’il soit prêt à le recevoir même si cela devait lui coûter plusieurs dizaines de nuits blanches.

- Dors, mon ange.

Il déposa un baiser léger sur ses lèvres et passa la main dans ses cheveux argentés.

- Tu… tu ne te couches pas ?

Reno cligna de l’oeil.

- Je vais aller voir comment ça se passe avec Nero, en bas. Et tu as besoin de te reposer après tout ce qui s’est passé.

Yazoo plongea ses yeux mako dans les siens et noua ses bras autour de son cou.

- Reste… S’il te plaît.

- Tu es sûr ?

- Oui. Je veux que tu sois près de moi. Pour toujours… Je t’aime Reno.

Reno goûta à la coupe de ses lèvres le cognac que Yazoo avait bu. Puis il retira sa veste de costume et s’allongea près de lui pour blottir son visage au creux de son cou.

- Reno ? murmura Yazoo au bout d’un petit moment.

Le turk releva lentement la tête.

Les joues de l’argenté avaient pris une teinte rosée et son souffle était un peu haletant.

- Ca va ? Tu n’as pas l’air bi…

Yazoo lui posa un doigt sur la bouche et lui adressa un sourire débordant d’amour.

- Chut…

Sans prévenir, il bascula Reno sur le dos et s’assit sur le matelas.

Avec une lenteur et une tendresse qui chavira le cœur du turk, il fit courir sa petite bouche en coeur sur son cou.

Reno ferma les yeux et les boutons de sa chemise semblèrent fondre entre les doigts de Yazoo. Il la sentit glisser sur ses épaules et il se redressa légèrement pour pouvoir la retirer complètement.

Les doigts délicats et les lèvres de l’argenté tracèrent un chemin caressant sur sa poitrine, son ventre, et la fermeture éclair de son pantalon céda à son tour.

Yazoo le fit glisser le long de ses jambes athlétiques jusqu’à l’envoyer rejoindre la chemise sur le sol, suivi de près par ses chaussures et ses chaussettes.

Lorsque le turk sentit ses doigts se glisser sous l’élastique de son caleçon, il hoqueta, surpris par son audace.

Bah merde ! Tu parles d’effets secondaires… “ pensa-t-il en retenant un sourire.

Des frissons lui remontèrent le long du ventre mais l’incarné de s’attarda pas. Il fit glisser le sous-vêtement jusqu’à ses chevilles et le posa avec le reste des affaires.

Reno entrouvrit les yeux et surprit le regard admiratif que je jeune homme posait sur son corps nu. Un corps mâle, mince et aux muscles bien dessinés. Un corps pour lequel bien des femmes se seraient damnées. Et, au bas du ventre plat, une hampe de chair dure et palpitante.

L’excitation rosit encore les joues de Yazoo et son propre sexe se dressa entre ses cuisses.

- Ce que t’es canon, comme ça… laissa échapper Reno, la gorge serrée.

Les longs cheveux argentés accrochaient la lumière de la lampe et tombaient sur ses épaules comme un châle coûteux. Yazoo était mince mais Reno distinguait parfaitement le dessin ferme de ses abdominaux et la courbe harmonieuse de ses pectoraux ornés de deux petits grains rose pâle.

Très doucement, les mains fines se tendirent vers le visage de Reno et celui-ci ferma de nouveau les yeux, savourant la délicate caresse des doigts fuselés sur sa peau.

L’argenté faisait courir la pulpe de ses doigts sur son corps en évitant soigneusement le bas de son ventre, faisant vibrer chaque nerf.

Le turk soupira en sentant son corps répondre à ses caresses.

Yazoo laissa une traînée de baisers chauds et humides sur sa poitrine. La respiration de Reno s’accéléra et il entrouvrit les yeux. La langue de l’argenté poussa contre l’un de ses tétons, lui arrachant un soupir comme cela envoyait un long frisson directement dans son bas-ventre.

Il apprend vite, la vache… ”

L’argenté l’excita doucement avec ses dents, faisant courir une traînée de baisers sur sa poitrine d’un téton à l’autre.

- Eh, Yazoo baby… Tu sais que tu vas avoir du mal à m’empêcher de sauter dessus, si tu continues ? grogna Reno en mordant sa lèvre inférieure, son front se plissant tandis que les sensations augmentaient.

Yazoo se contenta de sourire et la traînée de baisers descendit sur la surface lisse et dure de son estomac, chaque contact brûlant le faisant se contracter, puis elles fuirent à nouveau.

Reno sentit ses cuisses s’écarter d’elles-mêmes et une partie de lui se révolta alors même que l’autre attendait… anticipait, fascinée.

Le premier baiser sur l’intérieur de sa cuisse le fit sursauter.

Yazoo amena ses doigts à se joindre aux baisers, monta depuis l’intérieur de sa cuisse, joua avec une douceur exaspérante avec ses parties pour descendre jusqu’à l’intérieur de l’autre cuisse. Puis remonta à nouveau. Et sa bouche humide se referma enfin sur lui, sa langue poussant les testicules d’avant en arrière.

Le turk prit une autre inspiration frémissante.

Il aimait ça.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, il aimait que Yazoo prenne les devants et le touche comme ça.

Bah merde, alors ! Si je m’attendais à ça… ”

Cette certitude était invraisemblable, effrayante, dévastatrice…

- Je t’aime, murmura l’argenté en frottant de sa joue le membre soyeux et palpitant.

Il fit courir le bout de sa langue de la base à l’extrémité et entendit le soupir de Reno. Il sourit, le lécha à nouveau dans une longue et lente caresse, poussant le pénis du turk contre son aine.

Celui-ci voulait bouger, soulever ses hanches pour aller au-devant de cette langue et gémit de plaisir pendant que Yazoo continuait cette lente torture insensée.

L’incarné fit doucement courir ses lèvres sur le sexe dur, le mordillant, le frôlant avec ses dents. Sa langue flexible en lécha l’extrémité puis plongea dans la petite fente humide, se tordant comme si elle essayait de s’y forcer un passage et ses doigts caressèrent les testicules, encerclant la chair douloureusement contractée par le désir… doucement.

Reno poussa un râle et ses mains agrippèrent les draps.

- Continue… s’entendit-il mendier. Oh, oui, continue…

Mais Yazoo s’arrêta et Reno frissonna. Il en voulait plus et gémit encore. Un petit son implorant.

Pourquoi arrêtait-il ?

Il sentit Yazoo bouger à côté de lui sur le lit, puis il fut chevauché, le visage empourpré du jeune homme baissé vers lui, souriant.

- Yazoo…

Celui-ci appuya ses mains de chaque côté de sa tête, sur l’oreiller, et se pencha en avant.

- Prends… chuchota-t-il contre son oreille en pressant l’un de ses tétons contre la bouche du turk, son souffle lui envoyant des frissons dans le cou.

Reno n’en revenait pas.

C’était comme si la minuscule quantité d’alcool qu’avait avalée l’argenté avait fait tomber toutes ses inhibitions.

Ne profite pas de la situation, Reno. Contrôle-toi, merde… ” s’admonesta-t-il.

Non, il ne devait pas profiter de la situation.

Il ne le devait pas !

Il ne le devait pas !

Il ne le devait pas !

Mais… le petit grain dur sombra entre ses lèvres douces tandis que Yazoo haletait comme la langue mouillée et chaude de Reno dardait entre ses lèvres pour le goûter, le fouettant rapidement.

Le corps de l’argenté se contracta sous l’effet de l’excitation et les dents de Reno attrapèrent tout doucement le téton entre ses dents. Il tira un peu sur la peau tendre, tenant le petit grain de chair afin que sa langue puisse cingler contre son extrémité.

Yazoo soupira et un spasme lui agita le corps.

Le turk libéra le petit téton molesté et continua de le tremper avec sa langue jusqu’à ce que l’argenté se laisse glisser pour embrasser sa poitrine en allégeant sa tension avec de légers mouvements des lèvres.

Reno inspira profondément et la bouche douce remonta jusqu’à sa gorge, à son menton puis à ses lèvres.

- Je t’aime, mon ange… murmura Reno avant de presser sa bouche sur la sienne.

Leurs langues se cherchèrent et bataillèrent durant un long moment avant que Yazoo ne se redresse, s’installant confortablement sur le ventre de Reno pour frotter ses fesses contre le sexe impatient.

- Reno…

Mais Reno avait rejeté la tête en arrière, perdu dans un flot de sensations qu’il ne parvenait plus à contrôler.

Reno se noyait.

Reno qui sentait sa verge dressée contre les fesses fermes.

Reno qui, le souffle court, se demandait comment on pouvait éprouver un tel plaisir au contact d’un corps si semblable au sien.

Reno qui, bientôt, ne fut même plus capable de penser.

Et lorsque la main de Yazoo descendit sur son propre ventre et commença à caresser son sexe vibrant en rythme avec des mouvements graduels de ses hanches, Reno en oublia même comment respirer.

Il imaginait que c’était sa main, pas celle de l’argenté, qui arrachait de si délicieuses plaintes de ses lèvres entrouvertes.

Il allait tendre sa main vers le sexe dressé lorsque Yazoo lui glissa deux doigts dans la bouche.

Il les accueillit sans protester, les léchant comme s’il se fut agi de son sexe, et il poussa même un petit gémissement plaintif lorsqu’ils se retirèrent… pour se glisser entre les fesses de l’argenté, qui poussa un long soupir en rejetant la tête en arrière dans un envol de mèches argentées.

Reno imagina ces doigts qu’il ne voyait pas se faufiler dans leur caverne de chair et faillit jurer de surprise mais se mordit la langue à temps.

Non, Yazoo ne pouvait pas être en train de faire ça…

Pas son Yazoo baby, si timide et réservé. Même pas dans ses rêves érotiques les plus fous !

Reno tendit les mains pour les poser sur les fesses rondes et sentit le poignet droit de Yazoo faire des mouvements de va et vient de plus en plus rapides tandis que la main gauche s’affairait de plus en plus rapidement sur son sexe, faisant jaillir par intermittences un bourgeon de chair rose de son tendre fourreau de peau. Du bout des doigts, le turk sentit ceux de Yazoo entrer en lui et sortir, vriller et se tordre tandis que ses fesses se pressaient et se frottaient de plus en plus durement sur son propre sexe.

Le turk hoqueta, incrédule.

“Oh, la vache, il le fait…”

***

Alangui, épuisé et le souffle court, Yazoo se pelotonna contre Reno mais ce dernier semblait inanimé.

- Je t’aime…

Pas de réaction.

Pourquoi Reno ne disait-il rien ?

Yazoo parut alors réaliser ce qu’il venait de faire et son ventre se noua.

” Oh, non… Je n’aurais pas dû… Je suis le premier homme de qui il tombe amoureux et je me comporte comme un chien en rut pour quelques gorgées de cognac. Oh, Dieux, Reno, qu’est-ce que je viens de faire… “

Timidement, il lui chatouilla la nuque mais Reno ne bougea pas.

L’argenté sentit les larmes lui monter aux yeux.

” J’ai tout gâché… Gaia, viens-moi en aide, j’ai tout gâché ! “

En réalité, Reno gisait simplement sur le ventre, se complaisant dans les après-fourmillements de son orgasme.

Il aimait la façon dont le cœur de Yazoo battait contre son dos et dont son souffle et le bout de ses doigts lui chatouillaient la nuque.

Avec un pincement au cœur, il le sentit s’écarter et il se mit sur son flanc pour lui faire face.

L’argenté avait enfoui son visage dans l’oreiller, comme s’il avait honte.

Reno se redressa et lui lissa les cheveux mais Yazoo ne releva pas la tête.

- Qu’y a-t-il, Yazoo baby ? murmura Reno, soudain inquiet.

- Je suis désolé… Je me suis comporté comme un sauvage …

Sa voix se brisa et le turk écarquilla les yeux.

- Quoi ? Qu’est-ce que racontes ?

Yazoo leva enfin les yeux. Il pleurait.

Reno, attendri, prit son petit visage dans ses mains et essuya ses larmes d’un baiser.

- Tu es mon ange à moi, chuchota-t-il. Maintenant plus que jamais.

- Tu ne m’en veux pas ?

Le turk éclata de rire et le serra contre lui.

- T’es fou ! Ah ! Ah ! Ah !

… à suivre

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LIX - Mea culpa

“Un véritable égoïste accepte même que les autres soient heureux,

s’ils le sont à cause de lui.”

J. Renard

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : d’après des illustrations de M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Cloud, l’oreille collée à la porte de Tifa, ne perdait pas une miette de ce que disait Loz et avait du mal à réaliser que la belle voix grave et posée était celle de l’argenté brutal et obtus - du moins était-ce ainsi qu’il l’avait toujours considéré - qu’il avait combattu à Edge deux ans plus tôt.

- C’est une vieille légende cétra. Celle d’un jeune garçon d’écurie amoureux d’une princesse.

- Un conte de fées ? s’étonna Tifa avec un rire doux.

- Pas exactement. A moins que les contes pour enfants ne commencent par un viol.

- Un viol ? se récria la jeune femme, indignée.

- Une tentative, en fait. Sur la personne de la princesse par son oncle, qui était aussi le conseiller du roi. C’est arrivé dans l’écurie, alors que la jolie jeune femme s’apprêtait à enfourcher son cheval pour partir en promenade.

- Quelle horreur !

- Mais c’est là qu’intervient notre jeune palefrenier.

- Il a sauvé la princesse ?

- Oui. En tuant le conseiller d’un coup de fourche.

- Et comment a réagi le roi ?

Cloud entendit Loz éclater de rire.

- Tu veux que je te la raconte, cette histoire ? Ou tu vas continuer à poser des questions tout du long ?

Tifa pouffa.

- Pardon.

- Bon. Le roi, donc, le père de la jeune femme, voulut récompenser le garçon d’écurie et lui proposa de réaliser son plus grand souhait - dès l’instant qu’il était en son pouvoir de le faire, bien sûr.

- Et qu’est-ce que c’ét… Pardon, pardon.

Cloud ne put s’empêcher de sourire de l’autre côté de la porte.

Tifa ne changerait décidément jamais…

- Le palefrenier, amoureux de la princesse depuis toujours, demanda l’impensable : sa main. Et le roi, outré qu’un simple palefrenier ose prétendre à la main de sa fille, essaya de le dissuader en lui proposant des richesses, des terres et même un château encore plus grand que ce manoir. Mais rien n’y fit. Le garçon voulait la princesse et le roi réalisa bien vite que celle-ci n’était pas du tout hostile à cette union, bien au contraire. En fait, elle était elle-même éprise en secret du garçon d’écurie courageux et avenant.

- Oh ! Un amour secr… Désolée. Je ne dis plus rien, promis !

- Le roi, coincé, décida donc de biaiser et expliqua au jeune homme que seul un noble chevalier pouvait épouser une princesse et que, pour devenir chevalier, il se devait au minimum de briller à la guerre ou de mener une quête importante. La paix régnant depuis de longues années, le palefrenier opta donc pour la quête et le roi, bien entendu, lui en confia une totalement irréalisable. Pars, voyage et trouve la Vérité. “ lui dit-il. Et une fois que tu l’auras trouvée, tu pourras revenir épouser ma fille. ” Le jeune homme ne se laissa pas abattre. Il partit et, durant des années, il chercha la Vérité. Il parcourut le royaume en long, en large et en travers. Il alla demander audience aux sages de chaque cour, de chaque ville et chaque école, interrogea les plus savants d’entre eux mais aucun ne pouvait assurer avoir trouvé un jour la Vérité. Alors le jeune garçon d’écurie s’en fut voir les prêtres, du temple le plus lointain à la plus minuscule chapelle mais, là non plus, personne n’avait jamais vu la Vérité. Mois après mois, il chercha en vain et cinq années passèrent.

- Cinq ans ?

- Oui. Cinq longues années. Et, une nuit, au sommet d’une montagne, alors que, désespéré et honteux, il s’était assis dans la neige pour attendre la mort, une vieille femme l’interpella : J’ai entendu dire que tu me cherchais, mon garçon ? “ Le palefrenier sursauta et vit approcher une vieille femme lépreuse repoussante, sale et couverte de plaies. Qui es-tu ? “ demanda-t-il. Quelle question ! ” rétorqua-t-elle. “La Vérité, bien sûr ! Qui veux-tu que je sois ! “ Le jeune homme, malgré le dégoût que lui inspirait la veille lépreuse, la suivit jusqu’à sa masure et parla avec elle jusqu’au petit matin, lui posant mille questions. Lorsque le soleil fut au plus haut, il dut se rendre à l’évidence : la vieille lépreuse ne mentait pas. Elle était bel et bien la Vérité qu’il avait tant et tant cherchée. Sa quête avait été un succès.

- Et il pouvait enfin repartir épouser sa princesse, conclut Tifa avec un petit rire amusé.

- Eh bien… Pas tout à fait. Il restait un petit détail à régler. Comment prouver au roi qu’il avait bien trouvé la Vérité ? Il s’en ouvrit à la vieille femme. Je suis heureux d’avoir trouvé la Vérité que tant d’hommes ont cherché leur vie durant en vain. ” dit-il. ” J’ai mené à bien la quête que m’a confiée le roi mais… Que dois-je lui dire, pour qu’il me croie ? Que lui répondre lorsqu’il voudra savoir qui est la Vérité ? “ demanda le garçon. Alors, la vieille femme lépreuse se pencha sur l’épaule du garçon d’écurie avec un sourire et murmura à son oreille : Va et dis-lui que je suis jeune et belle. “

Tifa poussa une exclamation ravie et, derrière la porte, Cloud faillit lui-même laisser échapper un hoquet surpris.

- La vérité est une vieille femme lépreuse que personne n’a envie de regarder en face, Tifa, reprit Loz de sa belle voix. C’est pour ça que tu ne peux pas en vouloir à grand frère d’avoir du mal à la regarder droit dans les yeux et de préférer l’imaginer comme ça l’arrange.

- Oh, Loz… soupira la jeune femme, émue.

Dans le couloir, Cloud sentit l’émotion lui serrer la gorge.

Il avait déjà commis des erreurs de jugement, dans sa vie. Beaucoup, même. Mais en ce qui concernait Loz… Force était de constater qu’il ne s’agissait même plus d’une erreur. Il s’était mis le doigt dans l’œil jusqu’au coude, oui !

Barret avait raison.

Cid avait raison.

Tifa avait raison.

Shalua, Yuffie, Vincent…

En fait, tous avaient raison ! Même Marlène avait été plus perspicace que lui ! L’incarné était quelqu’un de bien, un homme digne de ce nom “, comme disait le chef d’AVALANCHE, n’en déplaise aux imbéciles comme… Comme lui-même, en fait !

Toutes les horreurs qu’il avait pu dire au sujet du jeune argenté lui revinrent en mémoire et il sentit la honte lui serrer les tripes. Oh, bien sûr, il pouvait toujours se rassurer en se disant qu’il n’était plus lui-même, alors.

Ouais, tu parles ! Elle bon dos, Jenova, sur ce coup-là, tiens ! “ s’admonesta-t-il, en s’appuyant contre le mur du couloir. Tu t’es comporté comme un connard parce que tu étais jaloux, la voilà, la vérité, mon pauvre Cloud ! “

Il resta là un petit moment encore, immobile près de la porte à essayer de faire le tri dans la tempête qui se déchaînait dans sa tête et sans vraiment chercher à écouter ce que disaient Loz et Tifa.

Il lui sembla cependant qu’il était vaguement question de ” progrès “, de ” blocages qui s’effaçaient petit à petit ” et de ” mettre des mots sur des sentiments “. Apparemment, la jeune femme ne perdait pas une occasion d’obliger son compagnon à parler, à exprimer ce qu’il ressentait et le jeune soldat se souvint avec une pointe de nostalgie du nombre de fois où elle avait essayé de faire de même avec lui.

Contrairement à Loz, Cloud n’avait jamais cédé, restant obstinément enfermé dans sa coquille et, en cet instant, il le regrettait.

L’argenté et son amie d’enfance partirent d’un terrible fou-rire pour une histoire de ” petite souris ” et de ” gros rat ” qu’il ne saisit pas (sans doute un ” truc ” entre eux qu’ils étaient les seuls à pouvoir comprendre) et il s’éloigna en silence dans le couloir enténébré.

Il s’apprêtait à boire de l’eau à la bouteille qu’il avait ramenée de la cuisine dans l’espoir de se dénouer un peu la gorge lorsqu’il vit Denzel, en pyjama, venir à pas de loup en sens inverse.

Lorsqu’il le remarqua, le garçonnet sursauta si fort qu’il faillit lâcher la petite peluche qu’il tenait dans les bras.

- Denzel ? s’étonna Cloud. Pourquoi n’es-tu pas au lit ?

Le petit, pris en faute, rougit brutalement et cacha la peluche derrière son dos comme s’il s’était agi d’un paquet de bonbons qu’il serait allé voler en douce dans la cuisine.

***

Dans le village de Nibelheim, au premier étage de sa petite maison attenante à sa boutique d’informatique, le vieux Stan se coula discrètement hors du lit sans réveiller son épouse. Nauséeux, il se rendit dans la salle de bains, verrouilla silencieusement la porte et alluma la lumière.

Sans doute cette satanée pizza !

Il savait pourtant qu’il devait éviter ce genre de nourriture mais sa gourmandise avait été la plus forte.

Il fit couler le robinet d’eau froide pour s’asperger le visage et laissa échapper un cri étouffé en voyant ses avant-bras recouverts de tâches noirâtres qu’il ne reconnut que trop pour en avoir vu les victimes maintes et maintes fois à la télévision et dans les journaux deux ans plus tôt, lors de l’épidémie.

- Oh, mon Dieu, pas ça…

Il leva plus haut les manches de sa veste de pyjama et son cœur fit un tel bond dans sa poitrine qu’il dut s’appuyer contre le mur carrelé pour ne pas se trouver mal.

Ses bras noueux étaient recouverts de géostigmates jusqu’aux épaules…

***

- Où comptes-tu aller te promener, à une heure pareille ? s’enquit Cloud.

Denzel baissa la tête.

- A la cuisine, j’avais soif.

Le soldat fronça le nez, amusé par le mensonge enfantin, et désigna la peluche que le garçonnet cachait derrière son dos, un petit chocobo bleu fait dans une matière molle et particulièrement douce. Du genre de celle qui conviendrait parfaitement à un bébé…

- Et ton petit compagnon a soif aussi, je suppose ?

Le garçonnet vira au rouge cramoisi.

- Je… J’avais peur de descendre dans le noir.

Cloud pouffa.

- Tu allais voir Kay en douce, mhh ?

- Non ! (Le jeune soldat leva un sourcil, ironique) Je… Je voulais juste lui donner ça, avoua-t-il finalement d’une toute petite voix en brandissant la peluche. Il est tout seul à l’infirmerie et il a pas de jouet alors que Marlène et moi, on en a plein la chambre.

Cloud, aussi amusé qu’attendri, souleva le garçonnet dans ses bras et alla s’asseoir sur une marche d’escalier, à l’extrémité du couloir.

- Il n’est pas tout seul, Denzel, essaya-t-il de rassurer le petit, qu’il avait assis sur ses genoux. Merill et Shalua veillent sur lui. Sephiroth aussi est en bas, ainsi que Shelke et Reeve.

- Ah ? Bon, bah j’ai pas besoin d’y aller, alors. Tu sais, c’était juste comme ça, pour rendre service. Je m’en fiche, moi, de ce bébé.

L’excuse était si maladroite que le soldat faillit éclater carrément de rire.

- Tiens donc ? Tu t’en fiches ?

- Ouais ! acquiesça Denzel, les joues cuisantes, sans oser pour autant regarder son ami en face. C’est que le bébé de Loz, après tout, c’est pas comme si c’était ton bébé à toi.

Cloud tiqua.

- Comment ça ?

- Bah si c’était ton bébé à toi, je m’en ficherai pas, je veux dire.

Commençant à comprendre de quoi il retournait et à quoi rimaient tous ces mensonges malhabiles, le jeune homme sentit un pincement au cœur.

- Denzel… Regarde-moi. Allez, lève la tête. (Le garçonnet obéit en se mordillant la lèvre inférieure, prêt à éclater en sanglots) Pourquoi ne veux-tu pas avouer que tu l’aimes déjà, ce bébé, mhh ? (Denzel ne répondit pas) Pour les mêmes raisons que tu refuses d’avouer que tu aimes Loz de plus en plus ?

Une larme coula sur la joue du garçonnet et il s’agrippa au cou de Cloud.

- J’veux pas que tu nous laisses, moi et Tifa ! sanglota-t-il.

Le jeune soldat le serra fort contre lui et sourit.

C’était donc bien ça, il ne s’était pas trompé. Denzel craignait que s’il montrait trop d’affection pour Loz ou le bébé, Cloud ne se sente rejeté et prenne ses distances. Voire même qu’il disparaisse à jamais de leurs vies.

Mais n’était-il pas le premier responsable des craintes du garçonnet ?

Pas en raison de la façon odieuse dont il s’était comporté ces derniers jours avec les argentés et particulièrement avec l’aîné, non, cela Denzel savait que ce n’était dû qu’à la ” jénovite “. Mais parce qu’au fil des années, il avait donné au petit garçon l’image d’un homme qui, lorsqu’il se trouvait confronté à des difficultés ou à des doutes, préfèrait prendre la fuite plutôt que de s’en ouvrir à ses proches pour trouver la force de les affronter.

Ne me faites pas de peine et évitez de me causer des problèmes ou je m’en vais ! “

Beau modèle paternel et adulte qu’il avait donné à voir là !

Et dire qu’il s’était permis à d’innombrables reprises de juger Sephiroth, Cid ou les argentés - et tant d’autres ! - et de jouer les donneurs de leçons…

C’est toi, le minable, mon pauvre Cloud… “ pensa-t-il. Minable au point qu’un tout petit garçon doit souffrir en silence et taire ses sentiments de peur de te voir t’enfuir comme le lâche que tu es ! “

Un lâche, oui, parfaitement. Voilà ce qu’il était dès lors qu’il s’agissait d’engagement et de sentiments. Un être d’un incorrigible égoïsme et d’une lâcheté sans nom ! Il s’en rendait bien compte, à présent, alors que Denzel sanglotait, blotti contre lui et s’accrochant à son cou comme s’il craignait de le voir bondir sur ses pieds pour disparaître à jamais dans l’obscurité.

Décidément… C’était la nuit de toutes les révélations, ce soir ! Les Dieux avaient-il décidé que le moment était venu de lui asséner une volée de claques afin de lui remettre les idées en place ?

Peut-être bien car Cloud eut un ” déclic “. L’un de ces rares moments où l’on sait que quelque chose en nous vient de changer bien que l’on ne sache expliquer quoi ni comment.

Le jeune homme sentit comme une sensation d’air frais au fond de ses poumons et l’impression que le poids de son cœur trop lourd avait soudain diminué de moitié, qu’il était devenu aussi léger et agréable à porter qu’une plume. Un curieux sentiment d’assurance l’envahit. La certitude, en cet instant précis, de savoir exactement et sans le moindre toute possible non ce qu’il voulait mais ce qu’il convenait de faire et de quelle manière…

Il tapota le dos de Denzel, rassurant.

- Tu veux qu’on reste toujours amis, si je comprends bien ?

- Oui… pleura le petit en redressant timidement la tête.

Le jeune soldat se composa un faux masque déçu et simula une profonde tristesse.

- Et moi qui pensais que tu voulais que soyons beaucoup plus proches… dit-il avec un soupir déchirant. Une vraie grande famille… Je suis désolé, Denzel, je n’avais pas compris.

Le garçonnet fronça les sourcils, perdu.

- Hein ? Mais tu as dit que Tifa et toi vous ne…

- C’est de ma faute, pardonne-moi, le coupa Cloud en poursuivant sur sa lancée, comme s’il n’avait rien entendu. Je dirai à Tifa qu’il vaut mieux qu’elle attende un peu avant de s’engager avec Loz, que tu n’es pas prêt à avoir tout ce monde autour de toi. Elle comprendra, ne t’en fais pas.

- Mais de quoi tu…

- J’ai été idiot, vraiment. Après tout, je suis quoi, pour toi ? Un ami de ta mère, point. Et c’est déjà très bien que m’acceptes en tant qu’ami, je n’aurais jamais dû vouloir davantage. Quel besoin as-tu d’un oncle, en fait, si on réfléchit bien ? C’est vrai. Enfin, ” un “, non. Un bon paquet, en réalité, parce que rien que moi, Kadaj, Yazoo, Cid et Sephiroth, nous sommes déjà cinq frères et si on rajoute les conjoints, à savoir Yuffie, Shalua et Reno, bien sûr, c’est… Oui, c’est beaucoup trop, j’aurais dû m’en rendre compte, Denzel, je n’ai pas réfléchi. Passer d’orphelin à une famille aussi grande avec, en plus, un petit frère, c’est… Ouh !

- Une famille…

- Tu sais quoi ? Je parlerai à Loz et à Tifa dès demain matin et je…

- Attends ! s’écria Denzel en mettant ses petites mains sur la bouche de son ami pour le faire taire.

Cloud cligna des paupières avec une innocence désarmante et sut, en voyant pétiller les prunelles du garçonnet, qu’il était arrivé à ses fins.

- Comment ça, ” une vraie grande famille ” ? insista ce dernier, certain d’avoir mal compris.

Il libéra la bouche de son ami et celui-ci haussa les épaules comme si c’était une évidence.

- Oui, si Loz devient ton papa, je deviens forcément ton oncle, puisque c’est mon frère.

Denzel écarquilla les yeux.

- Ton frère ? Mais tu disais que…

- On s’en fiche, de ce que je disais ! J’avais la jénovite, tu l’as déjà oublié ? Tu crois que Loz, Kadaj et Yazoo m’appellent ” grand frère ” comme ça, juste pour faire joli ?

- C’est vraiment tes frères, alors ?

- Evidemment ! Demande à Loz, tu verras.

- Et Sephiroth aussi, c’est ton frère ?

- Oui. Et Cid, aussi, depuis que Loz lui a donné son sang.

Denzel en resta bouche bée.

- Ouahhhh…

- Mais bon, puisque tu préfères que nous restions juste amis, je…

- Non !

- Non ?

Denzel lui sauta à nouveau au cou mais c’en était fini des larmes et des sanglots. Le garçonnet riait de pur bonheur, cette fois.

- Je veux qu’on soit une vraie famille, avoua-t-il. Et je veux avoir un petit frère. Et je veux aussi plein d’oncles et tantes. Et un vrai papa pour que les copains, ils ne se moquent plus de moi à l’école…

Cloud pressa le garçonnet sur sa poitrine nue en se souvenant de cette terrible journée.

Lorsque l’école de Denzel avait organisé ” la journées des papas “, où les pères des écoliers devaient venir parler de leurs métiers respectifs devant la classe, Cloud avait tenu le rôle comme il l’avait pu. Le soir, cependant, le garçonnet était rentré en larmes et couvert de bleus pour s’être battu contre ses petits camarades, qui l’avaient raillé parce qu’il n’avait pas de ” vrai papa ” à présenter à la classe.

- Avec un papa comme Loz, plus personne n’osera se moquer de toi, assura le jeune homme, sachant à quel point cette journée avait été douloureuse pour le petit.

- C’est clair !

Non, plus personne n’oserait se moquer de lui !

Denzel s’imaginait déjà dans la cour de l’école, attendant avec les autres l’arrivée des parents, qui viendraient pour la plupart à pied.

Alors on entendrait un énorme ” VRAAAOUUUUMMM ! “.

Tous ses copains écarquilleraient les yeux en voyant arriver une grosse moto noire. Les garçons seraient épatés et les filles deviendraient toutes rouges en voyant Loz tout vêtu de cuir noir descendre du bolide avec des armes et tout et tout.

Les garçons diraient : Oh ! Qui c’est ? T’as vu comment il est fort ? On dirait un héros de jeux vidéo ! “. Et les filles : ” Oh, là, là… qu’est-ce qu’il est beau ! T’as vu ? On dirait un chanteur de rock ! “

Et là, lui, Denzel, lancerait sur un ton presque négligent :

- Arrêtez de dire n’importe quoi. C’est mon papa, il est officier 1ère classe dans le SOLDAT. Il est en tenue de combat parce qu’il revient d’une mission super importante avec mon oncle Sephiroth. Hein ? Bah évidemment, le Général ! T’en connais beaucoup, des ” Sephiroth ” ? Bah oui, c’est le grand frère de mon papa. Quoi, je vous l’ai jamais dit ? Ah ouais ? Je croyais.

- Denzel ? Tu rêves ?

Le garçonnet cligna les yeux et sortit de son rêve éveillé pour voir le visage amusé de Cloud, à quelques centimètres du sien.

- Tu diras à Loz que je veux bien qu’il soit mon papa ?

Le sourire du jeune homme s’agrandit.

- Et pourquoi tu n’irais pas lui dire toi-même, mhh ? Je suis sûr que ça lui ferait plaisir.

- Quoi ? Maintenant ?

- Mon petit doigt me dit que lui et Tifa sont réveillés. Et puis on ira ensuite vite fait apporter ton cadeau à Kay avant de retourner se coucher, qu’est-ce que tu en penses ?

Denzel acquiesça vigoureusement, ravi.

- D’accord !

- Laisse-moi juste aller enfiler un t-shirt pendant que tu vas voir ta mère.

Cloud accompagna le garçonnet jusqu’à la porte de la chambre de Tifa, à laquelle il frappa doucement, et poursuivit jusqu’à sa propre chambre, où il alla prendre un t-shirt noir et se passer le visage sous l’eau.

Il n’arrivait pas encore à croire qu’il venait de pousser son rival dans les bras de son ancienne petite amie et de son fils adoptif !

Curieusement, il n’en éprouvait nul regret, bien au contraire. C’était ce qu’il y avait de mieux à faire pour le bien de tous. Quant au reste de jalousie qui lui pinçait bien un peu le cœur, il ferait avec ! Le bonheur qu’il avait lu sur le visage de Denzel valait bien cette minuscule petite douleur. Il avait fait ce qu’il fallait et il le savait.

Il s’essuya le visage en se regardant dans la glace, au-dessus de l’évier, et la conversation qu’il avait eue avec Barret deux jours plus tôt lui revint en mémoire…

- Barret… Comment sait-on si on est un homme ?

- Quoi ?

- Je veux dire… un ” vrai “. ” Fort ” et ” Droit dans ses bottes “, comme tu dis. Comment sait-on si on en est devenu un ?

- J’en sais rien, p’tit. Tout ce que je peux te dire c’est qu’un beau jour, tu te regardes dans le miroir et que tu sais que tu n’as plus besoin de te poser cette question… “

Cloud s’observa un long moment, sourit à son reflet et, du plus profond des océans azurés de ses yeux, une vieille femme lépreuse lui rendit son sourire…

… à suivre

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LVIII - Un cercueil contre un berceau

” Il n’y a pas de cimetière assez grand

pour engloutir le passé.”

A. Kivimaa

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Lorsque Vincent fit irruption dans l’infirmerie, Merill se tenait devant la porte du bureau de Shalua, pétrifié, le bébé de Loz dans les bras.

De l’intérieur parvenaient des bruits confus de sanglots et de bris d’objets que l’on aurait jeté sur le sol ou contre les murs.

- Monsieur Valentine, vous voilà enfin, Dieux merci !

L’ancien turk posa Cait sur le sol et jeta un œil en direction du box de chirurgie vitré, inquiet que le boucan ne déconcentre Shalua et Reeve.

- Ne vous en faites pas, monsieur Valentine, le rassura Merill, la salle de chirurgie est insonorisée.

- Reste ici et n’interviens pas, quoi qu’il arrive, ordonna Vincent en entrant dans le petit bureau.

Le garçon n’eut pas le temps protester que la porte se referma sur l’ex-turk.

*

- Tu meurs d’envie de descendre voir le bébé ! railla Tifa en éclatant de rire. Allez, admets-le ! Tu ne vas pas commencer à faire comme Cloud et essayer de cacher ce que tu ressens ou ce dont tu as envie !

Cloud, qui revenait de la cuisine avec une bouteille d’eau, s’arrêta devant la porte de Tifa en entendant prononcer son nom et tendit l’oreille.

Il n’était vêtu que d’un pantalon de pyjama et il frissonna en appuyant son dos nu contre le mur du couloir plongé dans l’ombre.

- Très bien, c’est vrai, j’ai envie de descendre, acquiesça Loz en riant lui aussi. Mais je ne le ferai pas. Je veux être fixé sur son état de santé. Tu as vu ses pieds ?

- Oui. Nero nous dira peut-être ce qui s’est passé. Je suis persuadé qu’hormis cela, il va très bien.

- Pourquoi dis-tu que grand frère essaye de cacher ce qu’il ressent ?

Dans le couloir, ce dernier se raidit.

- Parce qu’il l’a toujours fait. Tu sais que ça me fait vraiment bizarre, lorsque je t’entends l’appeler comme ça ?

- C’est ce qu’il est. Comment veux-tu que je l’appelle ?

Le doux rire triste de Tifa tinta derrière la porte close et Cloud sentit un pincement au coeur.

- Je crains, hélas, qu’il ne soit pas de ton avis, Loz. Contrairement à Cid, il considérera toujours les cellules de Jenova qui sont en lui comme une souillure. Jamais il n’acceptera d’en voir le côté positif, ce lien qui vous unit tous, plus fort et indestructible que n’importe quelle attache familiale. Cloud a toujours été un solitaire.

Loz soupira.

- Les gens changent, parfois. Regarde ceux qui sont ici, dans ce manoir.

- Oh, Cloud peut changer d’attitude envers les autres, j’en suis certaine. Mais de là à se pardonner à lui-même et à accepter ce qu’il est… Ou du moins ce qu’il croit être, c’est une autre histoire.

Dans le couloir, les mains de Cloud se contractèrent si fort sur la bouteille d’eau qu’il tenait à la main qu’il faillit la faire éclater.

- La vérité est une vieille femme lépreuse que personne n’a envie de regarder en face, Tifa.

- Que c’est joli ! Où as-tu entendu çà ?

Le Soldat tiqua, étonné d’entendre ce genre de choses dans la bouche d’une grande brute comme Loz.

- C’était il y a longtemps.

- Encore de tes histoires, pas vrai ? Avoue !

Loz éclata de son beau rire grave et Tifa insista.

- Raconte-la-moi !

- Tifa…

- Allez, s’il te plaît !

- Tu sais bien que je ne suis pas à l’aise pour parl…

- Sornettes ! Tu racontes merveilleusement bien ! Ne m’oblige pas à te supplier, Loz.

Cloud, de plus en plus surpris, colla son oreille contre la porte.

Il entendit grincer un peu le lit et imagina la jeune femme se blottir contre l’argenté à la façon d’une petite fille pour écouter attentivement l’histoire qu’il s’apprêtait à raconter.

*

Le mythique général avait transformé la pièce en zone sinistrée.

Des documents étaient éparpillés partout sur le sol, les meubles, hormis le bureau où était posé l’ordinateur portable où défilaient les images vidéo, avaient été renversés et des dizaines d’objets avaient été brisés.

Sephiroth empoigna le fauteuil où il était assis quelques instants plus tôt avec l’intention évidente de le lancer contre le mur ou, pire, contre la vitre sans tain qui séparait le bureau de Shalua du laboratoire mais Vincent s’interposa.

- Ca suffit ! cria l’ex-turk en lui saisissant les avant-bras.

- Lâche-moi ou je te jure que je te…

- Tu n’es pas responsable de ce qu’Hojo leur a fait ! insista Vincent en vissant son regard purpurin au sien sans desserrer sa prise.

Les yeux de Sephiroth étaient rouges et son visage souillé des larmes qui en avaient coulé, et qui coulaient encore, ruisselant sur ses joues jusqu’à son menton, sa gorge et sa poitrine nue. Mais sa bouche, elle, se tordait en un rictus haineux qui découvrait ses dents de carnassier.

- J’aurais dû l’en empêcher !

- Tu n’étais toi-même qu’un petit garçon, lorsque les jumeaux sont nés !

L’ancien cauchemar de la planète repoussa Vincent avec une telle brutalité qu’il alla s’écraser contre la seule étagère encore debout, provoquant une avalanche de livres et de dossiers.

Il leva ensuite le fauteuil au-dessus de sa tête avec un cri de rage et allait le lancer contre la vitre sans tain lorsque l’ex-turk se redressa et l’apostropha.

- C’est ça, vas-y ! hurla celui-ci, à son tour fou de rage. Profites-en, Nibelheim a été reconstruit et sa population a triplé !

Il ramassa un briquet dans un tas d’objets épars, sur le sol, et lui lança avec colère.

- Tiens ! Amuse-toi ! Avec trois fois plus de victimes, ce sera encore plus drôle à faire flamber que la première fois !

Sephiroth blêmit à tel point que Vincent le crut sur le point de se trouver mal et reposa le fauteuil avant de s’y laisser tomber, profondément choqué.

Vincent, comprenant qu’il était allé trop loin, s’approcha et lui posa la main sur l’épaule.

- Je suis désolé, je n’aurais pas dû dire ça. Tu n’étais plus toi-même, alors.

Le regard du Soldat glissa jusqu’à l’écran de l’ordinateur portable, où les images des vidéos de surveillance du cratère nord continuaient à défiler.

- Quelle importance, que je sois moi-même ou non au moment où les malheurs surviennent… soupira-t-il. Force est de constater que j’ai toujours été incapable de les empêcher de frapper.

L’ex-turk le serra contre lui, le gosier noué.

- Tu n’as pas le droit de te reprocher ce qui est arrivé au cratère nord.

- J’aurais dû le sentir. Sentir leur présence. Leur souffrance. Leur existence !

- Ton père et Ashton Shinra sont les seuls coupables, Sephiroth.

- Pourquoi ? Pourquoi ont-ils fait ça ? Ils m’avaient moi, à cette époque ! Et Angeal ! Et Genesis ! Comment ont-ils pu vouloir créer d’autres “super-soldats” avec tous les risques que cela comportait ? Ils le savaient ! Ils connaissaient les risques !

- Ce n’était que des expériences, pour eux. Tout comme toi. Et moi. Et Nero. Et Weiss. Et Cloud. Et tant d’autres… Tant d’autres, Sephiroth…

- Ils n’étaient que des petits garçons innocents, Vincent… Ils n’étaient que des petits garçons… Mes petits garçons…

Vincent resserra son étreinte.

- Je sais…

*

Au fond du parc du manoir, Yazoo frissonna et sursauta lorsque la main de Reno se posa sur son épaule.

- Pardon. Je t’ai fait peur ?

L’argenté s’essuya les yeux et secoua la tête.

- Non, tu m’as surpris, c’est tout.

Le turk désigna du menton le mausolée des Shinra qui se découpait dans le ciel nocturne éclairé par la pleine lune.

- Je t’ai dit que ce n’était pas lugubre mais de là à venir en pleine nuit… essaya-t-il de plaisanter.

- Même la nuit, je… enfin, ce n’est pas lugubre du tout, en effet.

Reno lui lissa les cheveux et lui tendit un mouchoir.

- Ca va aller ?

Yazoo acquiesça et se força à sourire en se tamponnant les yeux.

- Oui, bien sûr, ne t’en fais pas. C’est… C’est très joli, tu avais raison. Quand… Quand vont-ils amener le… le corps ?

- Demain. Elena a appelé tout à l’heure.

- Elle a appelé ? Si tard ?

- Elle et Tseng voulaient que le filme Kay avec mon portable pour leur envoyer, expliqua le Turk. Je crois bien qu’eux aussi sont en train de tomber amoureux de ce bébé !

- Il est si mignon…

- Le tien l’était aussi, fit une voix dans leur dos.

Ils se tournèrent pour voir Rufus Shinra venir ver eux, emmitouflé dans un élégant manteau de laine gris.

- Tu veux entrer ? demanda-t-il encore à Yazoo en agitant un trousseau de clés.

- Comment saviez-vous que nous étions ici ?

- Gretta m’a dit que tu lui avais demandé où se trouvait le mausolée. Venez.

Il déverrouilla la magnifique porte de fer forgé, qui s’ouvrit sans même un grincement, et une agréable odeur de fleurs fraîche leur chatouilla les narines.

Rufus actionna un interrupteur et une douce lumière dorée éclaira la crypte, toute de marbre rose et luisante de propreté.

Durant la journée, les rayons du soleil passant à travers les vitraux représentant les magnifiques jardins de la terre promise des Cetras devaient illuminer les lieux de mille couleurs chatoyantes et, sur chaque tombeau, vide ou non, des statues d’anges souriants jouaient de la musique, lisaient ou devisaient au milieu des fleurs et des plantes d’hiver.

Le jeune président sourit devant l’expression étonnée de l’argenté et échangea un sourire entendu avec Reno.

- Tu vois ? fit celui-ci. Je t’avais dit que c’était clair et paisible.

- La section réservée aux enfants est ici, les guida Rufus. Elle est vide, pour l’instant.

Il les mena vers ce qui ressemblait à la reproduction d’un petit château de conte de fées en albâtre multicolore, sur lequel veillaient des chérubins joufflus et des créatures fantastiques, sympathiques dragons rondouillards et souriants ou fées et lutins facétieux qui se cachaient dans les tours ou derrière les colonnes.

La porte et les deux grandes fenêtres du château étaient en fait les plaques funéraires fermant les niches prêtes à accueillir trois petits cercueils.

- Mon père disait que nous n’avions pas à faire supporter notre tristesse aux morts, expliqua Rufus. Et moins encore si ces morts étaient des enfants.

Yazoo tendit la main pour caresser l’aile d’un dragon jovial qui tendait un panier destiné à recevoir des fleurs pour les petits défunts.

- Loz doit choisir un berceau et moi une boîte… ne put-il s’empêcher de remarquer, amer et incapable de ravaler ses larmes. Le destin ne manque pas d’humour…

Reno ouvrit la bouche, prêt à le consoler, mais Rufus lui posa la main sur l’épaule et secoua la tête.

L’argenté avait besoin de faire sortir sa rage et sa frustration.

Ils le laissèrent donc déverser son trop plein de peine et colère en silence, jusqu’à ce que, au bout d’un long moment, Yazoo se reprenne, s’essuie le visage et se tourne vers eux.

- Je suis désolé, s’excusa-t-il en rougissant. Je ne devrais pas dire des choses pareilles. Kay et Loz n’y sont pour rien.

Rufus et Reno lui sourirent, rassurants.

- C’est normal, que t’aies la rage, fit ce dernier.

- C’est humain, renchérit le jeune président.

L’argenté sentit un coup au cœur et les larmes lui remonter aux yeux mais sous le coup de l’émotion, cette fois.

” Humain “

Lui, Yazoo, était humain

C’était la première fois qu’on lui disait une chose pareille mais comment leur faire comprendre à quel point ce simple petit mot lancé de façon aussi naturelle le flattait plus sûrement que le plus retentissant des panégyriques ?

- Je vous remercie d’accepter d’accueillir mon… fils ici, Rufus.

” Mon fils “

Que ces mots, qu’il disait pour la première fois sonnaient bizarrement dans sa bouche…

Un instant, il craignit même qu’une trace de sarcasme n’apparaisse sur le visage de Rufus ou de Reno mais ce ne fut pas le cas, loin de là.

- As-tu réfléchi au nom qu’on doit faire graver sur la plaque ? demanda le jeune président. (Yazoo blêmit) Ca ne fait rien, ce n’est pas urgent, prends le temps de réfléchir, je…

- Kaly, dit Yazoo avant de manquer de courage.

- Kaly ? répéta Reno. Ca sonne bien. Ka-daj, L-oz, Y-azoo. Kaly.

- Oui, la technique de Loz me plaît assez, finalement, acquiesça Yazoo.

- Va pour Kaly, fit Rufus. Nous nous en occuperons dès demain matin.

- Il sera bien ici… soupira l’argenté en jetant un dernier regard à la ronde. C’est si joli et paisible. Merci encore, Rufus.

Ce dernier secoua la tête.

- Ce manoir, cette propriété, ne sont plus seulement à moi. Ils ont trop à raconter. Ils ont vu trop de grands malheurs et de bonheurs immenses ces derniers jours. Trop pour un seul homme. Cette maison est celle du clan, désormais. Notre clan. A nous tous.

Reno sourit et passa le bras autour des épaules de Yazoo.

- Le clan Shinra ? murmura celui-ci avec un sourire reconnaissant.

- Le clan Shinra… répéta le turk. Ca aussi, ça sonne plutôt bien.

- Oui… acquiesça Rufus, bien plus ému qu’il ne l’aurait souhaité. Ca sonne bien.

L’argenté acquiesça d’un sourire et se laissa aller contre l’épaule de Reno.

Oui, c’est vrai que ça sonnait bien…

…à suivre

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Les murs murmurent

Ah ! Là là, les graffitis !

Depuis des milliers d’années, ils disent bien souvent ce que personne n’ose avouer à haute voix et Midgar ne fait pas exception à la règle. Des murs des casernes du Soldat aux toilettes des pubs du quartier populaire, chacun y va de son petit blabla.

Voyez plutôt !

***

(Dans le vestiaire de la salle d’entraînement du SOLDAT)

Ce matin, à 7h48, Sephiroth a souri.

Angeal


Dans l’armée, les hommes sont des hommes !

Heidegger

Les chocobos en savent quelque chose…

Reno


(Dans les WC du sous-sol du réfectoire)

Ici on mange de la merde !

Zack

Là-haut c’est encore pire.

Angeal


Sephiroth nous pompe !

Cloud

A quelle heure ?

Anonyme


La réponse c’est la guerre !

Anonyme

Ce qui prouve combien la question était idiote…

Reeve


Encore des graffitis sur ce mur repeint ? C’est pas bientôt fini, bande de porcs ?

Hojo


Les femmes ont leur mot à dire ! Revalorisez la condition féminine !

Tifa

C’est vrai ! Les éviers sont trop hauts, les cuisines sont trop petites et le liquide vaisselle est hors de prix !

Cid


Ce mur est rouvert après travaux.

Rufus

Si vous vous y mettez aussi, on va jamais s’en sortir !

Hojo


Pourquoi les femmes baissent-elles les yeux quand on leur avoue qu’on les aime ?

Vincent

A ton avis ? Pour voir si c’est vrai !

Cid


Ce matin je suis allé voir le toubib ; j’avais envie de tirer la langue à quelqu’un.

Reno


Quand je vois ce que les pigeons ont fait sur cette pierre tombale… Je suis content que les chocobos ne puissent pas voler trop haut !

Vincent


Halte à la phallocratie ! Notre corps nous appartient, il n’est pas à vendre !

Elena

Mais on est prêts à le louer !

Rude


(Dans les WC des quartiers du SOLDAT)

Ne cherchez pas des traits d’humour sur ce mur… La plaisanterie du jour, vous l’avez dans les mains, bande de nazes !

Reno


Faites l’amour, pas la guerre.

Aerith

Tu parles ! Faites les deux, mariez-vous…

Lucrecia

Sympa, merci !

Hojo


Mesdames, gardez toujours en tête que si ça a des pneus ou des testicules, vous aurez tôt ou tard des ennuis avec !

Cid


SEPHIROTH EST UN ENFOIRE !

Anonyme

Zack, je sais que c’est toi qui a écrit ça. Si je t’attrape, je te découpe en tranches.

Sephiroth

Merde, Sephy, fais pas le con, c’était pour rire !


Est-il donc si difficile pour une femme de trouver le plus court chemin vers le coeur d’un homme ?

Vincent

Non. Pas si on a une prise à portée de main où brancher la tronçonneuse.

Rosso


(Dans les toilettes du du bar de Tifa)

Tous ces graffitis, c’est vraiment dégueulasses.

Hojo

Attends d’avoir goûté la bière qu’on sert ici !

Barett


Nero, je sais que tu va picoler comme un trous a midi et que tu va donc forcemment venir ici cet et lire ceci. Oublit pas qu’on a réserver la salle d’entrainement ce soir. Traine pas trois plonbes dans cette putain cafette.

Weiss

T’est gonfler d’écrire sa devant tous le monde ! C’est toujours toi qui aies a la boure !

Nero

Eh ! Vous deux ! J’ai un dictionnaire en double, ça vous intéresse ?

Genesis


Le Soldat, c’est des douilles, des nouilles et des chtouilles.

Cloud

Et des testicules

Zack

Aussi mais ça rime plus.

Cloud


La femme est l’être parfait.

Scarlet

Alors pourquoi ma douce Lucrecia est toujours fourrée chez le docteur ?

Vincent

Pas « chez » le docteur ; « par » le docteur !

Scarlet


(Sur le mur d’un dortoir du soldat)

Ce qui nous venge des missions pourries, c’est d’imaginer Sephiroth se battre avec ses bretelles en cuir à chaque fois qu’il a envie d’y aller !

Anonyme


Spécialités de la maison : la serveuse et le chocobo au citron. J’ai essayé les deux, je préfère le chocobo.

Anonyme

Je n’ai jamais essayé avec un chocobo…

Reno


(Dans les toilettes du labo de la Shinra)

Et si j’avais infecté le papier toilette avec un virus mortel, hein, bande de graffiteurs dégueulasses ? Avec quoi vous vous torcheriez le derrière ?

Hojo

Comme toujours : avec l’essuie-mains.

Sephiroth


Ne dites pas « l’idole des jeunes » mais « Séphiroth casse la croûte ».

Zack


(Dans les douches des quartiers des Turks)

Quelle merveilleuse invention que ce nouveau stylo feutre de la Shinra ! On peut enfin écrire sur ce putain de carrelage.

Reno


Sephiroth est cool !

Anonyme

Non, Sephiroth est froid.

Cloud


Rien que de penser à la taille du slip de Palmer, ça me dégoûte des hommes.

Scarlet


Pardon pour les grossières allusions “Chocophiles” mais je me dis que si nos légionnaires à nous ont les chèvres, les soldats de la Shinra, eux… Enfin bref. (sifflote sifflote)

Un nouvel élément chimique a été découvert !

AVIS A LA POPULATION

Élément 127

Nom : Sephiroth

SYMBOLE : Sth

DÉCOUVREUR : Hojo

MASSE ATOMIQUE : Acceptable à 84 kg mais des isotopes connus de 60 à 108 kg (surtout dans les fan arts)

OCCURRENCE : Plusieurs exemplaires (partiels ou entiers) répertoriées

PROPRIÉTÉS PHYSIQUES :

Solide à 298°K et 1 bar

Entre en ébullition pour un rien et gèle sans raison.

Conductivité thermique : faible et peut descendre 0°C dès que l’on atteint le muscle cardiaque.

Coefficient de dilatation : très important autour de la zone péri-ombilicale.

Cède aux pressions appliquées aux points sensibles (généralement les même que ceux soumis à de fortes variations dans le calcul du coefficient précédent).

PROPRIÉTÉS CHIMIQUES :

Très grande affinité pour les métaux durs tels que l’acier, le fer et le titane.

Absorbe de grandes quantités de substances onéreuses, généralement whisky ou vin millésimé (surtout dans les fanfics).

Peut exploser spontanément sans avertissement.

Insoluble dans les liquides mais une activité grandement augmentée par saturation dans le mako.

Réactivité très variable selon les périodes de la journée.

Grande aptitude aux changements d’humeur et à la fureur.

UTILISATIONS COURANTES :

Hautement décoratif dans une revue militaire, un communiqué de presse ou une présentation officielle.

Puissant agent nettoyant.

Excellent désherbant, bactéricide et fongicide par intervention rotissante.

PRÉCAUTIONS D’EMPLOI :

Hautement dangereux si placé entre des mains non expertes.

Il est conseillé de n’en posséder qu’un seul spécimen, mais il est néanmoins possible d’en cultiver plusieurs en milieu nutritif adéquat à partir du spécimen souche. Attention, cependant que les différents spécimens n’entrent pas en contact (risque de mélange entraînant une explosion).


Pauvre Sephy… Qu’est-ce qu’on fait pas avec lui ! Ah si, remarquez qu’on l’a encore jamais mis dans une fic lemon avec un chocobo…

Si ?

NAAAAANNNN ?? !!

Une journée d’enfer !

***

Rédaction : Shiva Rajah

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Un jour parfait pour Kadaj

08h15 Être réveillé par môman avec un bisou et l’entendre dire qu’on est son fils préféré

08h30 Petit déj. fait par môman avec du vrai jus d’orange et des gaufres au sucre maison (les fans de ” Banal fantasy ” comprendront…)

09h15 Prendre un bain moussant que môman a fait couler pendant le petit déj.

09h55 Lavage de dents

10h00 Cours de poterie

11h00 Piscine

12h00 Déjeuner à midi cuisiné amoureusement par môman.

12h55 Lavage de dents

13h00 Club de Théâtre.

15h00 Lecture d’une histoire + sieste, comme tous les gentils petits garçons à leur môman.

16h00 Goûter préparé par… (allez, tous en coeur !) Môooomaaannn !

16h30 Dessins animés à la TV (sans môman).

17h30 Cuisine avec Môman.

19h00 Dîner avec môman.

20h25 Popo

20h30 Bain.

20h55 Lavage de dents

21h00 Dodo après une histoire lue par… (je vous le donne en mille ? Raté !) grand frère.


Un jour parfait pour Yazoo

08h15 Être réveillé avec des câlins et des bisous de Reno.

08h30 Peser 2 Kilos de moins que la veille

08h45 Petit déj. au lit avec jus d’oranges sans phosphates pressées et croissants servis affectueusement par Reno.

09h15 Prendre un bain très chaud avec des huiles aux senteurs exotiques offertes par Kadaj et Loz à l’occasion de la fête du ” frère le plus sexy du monde entier “.

10h30 Soin du visage, manucure, pédicure, gommage, shampooing, après-shampoing, laisser agir 20 mn, rinçage, lotion ” glossy “, mousse coiffante anti-casse, sèche-cheveux.

12h00 Déjeuner orgiaque à midi dans un resto branché : quatre feuilles de salade, trois rondelles de tomate, un dé de gruyère et deux biscottes.

12h45 Croiser Elena et Tifa et découvrir qu’elles ont pris 10 kg.

13h00 Shopping (crédit illimité).

15h00 Livraison de trois douzaines de roses accompagnées d’une carte signée par un admirateur secret (Qui a dit ” Reno ” ? Bien joué, vous gagnez une tringle à rideaux !).

15h15 Entrainement au combat avec Sephiroth qui, entre deux baisemain et trois génuflexions, déclare forfait et le supplie de lui donner des cours.

17h00 Massage fait par un kiné super sexy, super musclé et super sympa qui lui assure qu’il a rarement massé un corps si parfait.

17h30 Essayage de la nouvelle collection d’un créateur de haute couture A SA DEMANDE A LUI et faire une démo devant tout le staff sur le podium pour éviter que les mannequins ne salopent le boulot le jour du défilé.

19h30 Dîner aux chandelles avec Reno, musique douce et pluie de compliments.

22h00 Douche (seul ou à deux selon l’envie).

22h50 Être porté jusqu’au lit par Reno (draps frais et repassés).

23h00 Câlins (toujours avec Reno, oui, forcément…).

23h15 S’endormir dans ses bras musclés.


Un jour parfait pour Loz

06h00 Le réveil sonne.

06h15 Se faire tailler une pipe.

06h30 Grosse commission matinale en lisant les rubriques “sport ” et “BD” piquées dans le journal du matin.

07h00 Petit déj : rumsteck et oeufs, bière et toasts préparés par la femme de ménage à poil.

09h15 Douche.

09h30 Limousine avec chauffeur (une blonde aux gros nénés en uniforme mini-jupe) pour se rendre au gymnase.

09h45 Mettre la pâtée à Rude.

11h45 Déjeuner : burger de chocobo, frites, 2 Bières et une méga glace au chocolat.

12h15 Se faire tailler une pipe.

12h30 Retour au gymnase et mettre une ratatouille carabinée à Reno.

17h00 Retour en hélico - gracieusement prêté par la Shinra - pilotée par une rousse avec de gros nénés.

17h30 Massage thaïlandais de tout le corps + pipe par une brune aux gros nénés (Tifa ? Mouais. C’est une idée…).

18h45 Penser à prendre un douche mais seulement y penser.

19h00 Regarder les informations (que des bonnes nouvelles !) : Rufus Shinra est mort, le projet Jenova est relancé et la marijuana, les combats à mort et les pornos hardcore sont légalisés.

19h30 Dîner : bière brune, gros steak juteux et en dessert : glace au chocolat servie sur 2 gros seins rebondis (nan, j’ai pas dit ” ceux de Tifa ” !).

20h30 Finir le dernier jeu de shooting 3D en un temps record en explosant toutes les limites.

21h30 Relations sexuelles avec 2 femmes à la fois (les 2 ayant des tendances lesbiennes, bien sûr).

23h00 Massage et bain avec une jolie brune et une bière blonde

23h45 Se mettre au lit.

23h50 Faire un pet de 12 secondes qui change 4 fois de ton et qui vire les frangins de la chambre à coucher à moitié asphyxiés.

00h00 S’endormir (seul) et ronfler comme un sourd.


…Arrgghh, misère… Y’a plus de romantisme…

Je vous ai dit que le premier chapitre du nouveau feuilleton “Quand viennent les fauves” est en ligne ? Oui ? Ah bon… Non, j’suis pas sénile, j’insiste LOURDEMENT, c’est tout !

Les sept péchés capitaux : LA COLERE

***

Rédaction : Shiva Rajah

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : les volontaires sont les bienvenus !

***

Une morsure à la base de sa nuque le réveilla en sursaut et il rua sous le grand corps qui l’écrasait contre le matelas.

- Aïe ! Quand cesseras-tu d’être aussi brutal !

Il se retourna avec peine sous la masse de muscles et son frère lui adressa un sourire espiègle, amusé de l’avoir fait enrager.

Yazoo le dévisagea un instant avec une expression lasse et voyant qu’il ne bougeait pas d’un centimètre, martela ses larges épaules de ses poings.

- Tu m’écrases !

Avec un grognement, Loz consentit enfin à rouler sur le côté et son cadet s’assit sur son lit en se frottant la nuque couverte de salive avec une grimace de dégoût.

- Kadaj veut te parler, annonça le jeune colosse avec une moue boudeuse qui n’aurait pas dépareillé sur le visage d’un petit garçon.

Yazoo lui adressa un regard en biais et soupira.

- Et c’était sans doute une raison pour me réveiller en me mordant le cou ? (Loz pouffa) Ce que tu peux être puéril, parfois !

Il essuya sa paume humide de salive sur la manche du blouson de son frère et celui-ci bondit du lit en frottant le cuir d’un air écœuré.

- Eh ! C’est dégoûtant !

Yazoo éclata de rire.

- C’est ta propre bave, idiot ! railla-t-il de sa voix suave.

Il fila dans la salle de bains de sa chambre - au demeurant la seule salle de bains attenante à une chambre dans le petit appartement qu’ils avaient loué à Edge (Kadaj et Loz se contenant de celle qui se trouvait au bout du couloir).

- Je ne suis pas idiot ! rétorqua ce dernier en direction de la porte entrouverte, faisant redoubler le rire de son frère.

- Bien sûr que non ! Tu préfères juste cogner au lieu de penser !

Vexé, Loz quitta la chambre d’un pas rageur pour rejoindre Kadaj et finir le frugal petit déjeuner préparé à la va-vite par ce dernier.

***

- Et surtout, ne laissez rien au hasard ! lança Kadaj avant de démarrer en trombe. La moindre piste donnée par les deux imbéciles de la Shinra doit être exploitée dans les moindres détails !

- …doit être exploitée dans les moindres détails… Gnagnagna ! singea Loz sur le pas de la porte, faisant sourire Yazoo. Pourquoi c’est toujours nous qui écopons du sale boulot ?

Son cadet haussa les épaules.

- Il sait ce qu’il fait, Loz.

Celui-ci tordit le nez.

- Mhh…

- Je me charge retrouver les traces de grand frère dans les archives de la ville. Toi, va explorer le labo désaffecté et essaye de trouv…

- Pourquoi c’est moi qui doit aller au labo ? le coupa Loz, plus renfrogné que jamais.

Yazoo laissa échapper un profond soupir excédé et roula des yeux.

- Loz, ne commence pas, s’il te plaît.

- C’est plein de choses dégoûtantes, ces endroits, et… et… on ne sait jamais s’il ne reste pas des… des « trucs » qui peuvent te rendre malade ou… ou…

- Ou te rentrer par les narines pour te ronger le cerveau ? persifla son frère. Aucun risque de côté là en ce qui te concerne, Loz, rassure-toi.

Ce dernier se raidit avec un pincement au cœur et émit un curieux petit hoquet affecté.

- Ca, c’était vraiment pas gentil… fit-il d’une voix étranglée avant de se détourner et de se diriger, les épaules basses, vers sa moto garée non loin.

Son cadet jura et le rattrapa.

- Loz, attends, je suis désolé, je ne voulais pas dire ça.

Il le prit par le bras mais son frère se dégagea et enfourcha son bolide.

- Si, tu le voulais, Yazoo. Pire, même : tu le pensais !

Il fit ronfler le moteur et démarra.

- Non… Loz, attends, ne… Et zut !

***

Lorsque Loz quitta le laboratoire, la nuit était sur le point de tomber. Il avait eu beau fouiller les anciens locaux désaffectés de la cave au grenier, il n’avait trouvé qu’un amas de paperasses inutiles, réduites en charpie par l’humidité et les intempéries, et du matériel cassé sans le moindre intérêt, dont il valait mieux ignorer à quoi il avait pu servir.

Il s’assit sur la moto avec un soupir déchirant en s’essuyant nerveusement les mains sur son pantalon et sortit son téléphone portable de sa poche.

Yazoo ne l’avait pas appelé. Etrange. Il était rare que son cadet le laisse sans nouvelles durant plus de deux ou trois heures.

“Et s’il n’osait pas me téléphoner après la façon dont je l’ai envoyé promener ?”

Bien qu’il n’ait strictement rien à se reprocher et que ce soit lui, au contraire, qui ait subi les sarcasmes venimeux de son cadet, il se sentit coupable. Coupable et seul. Terriblement seul…

Il tint le petit téléphone un long moment dans sa paume, comme si le simple fait de le fixer intensément pouvait le faire sonner, et, lorsqu’un bit strident retentit, annonçant un message, il sursauta.

Mais ce n’était pas Yazoo.

Oh, que non…

Le coeur battant et la gorge serrée jusqu’à la nausée, Loz relut le message encore et encore, refusant d’admettre l’horrible évidence.

- Non… gémit-il, tremblant de tous ses membres. Tu es mort… Tu es mort !

***

Pour les habitants de Edge, désormais endormis, cette nuit-là ressemblait à toutes les autres nuits mais, pour l’ombre qui se glissait dans les ruelles, c’était le début d’un cauchemar. Un long cauchemar.

Loz ne portait aucune arme, comme il lui avait été ordonné dans le message. A l’insu de Kadaj, il avait caché son pistolame et sa griffe de combat dans la petite remise de la maison coquillage.

- Où vas-tu ? avait demandé son jeune frère, agacé de le voir arriver bredouille du laboratoire désaffecté pour repartir aussitôt.

- J’ai besoin de me changer les idées.

- Ne va pas provoquer de bagarre inutile !

- Ne t’en fais pas, je veux juste rouler un peu.

- Que t’a dit Yazoo, exactement ? avait insisté Kadaj. Pourquoi tarde-t-il autant à nous rejoindre ici, comme prévu ? Et pourquoi ne répond-t-il pas au téléphone ?

- Je te l’ai dit : il a un problème avec le réservoir de sa moto. Le garage où il a dû se rendre est en sous-sol, le réseau ne passe pas.

Son cadet tapa rageusement du pied.

- Il n’y en a pas un pour racheter l’autre, décidément ! ronchonna-t-il en tournant les talons. Et ne passe pas toute la nuit dehors ! ajouta-t-il depuis le seuil de la maison.

Loz n’avait pas rétorqué. Il avait attendu qu’il disparaisse derrière la porte pour aller cacher discrètement ses armes, l’angoisse au ventre, puis avait pris la route de Edge.
Le corps secoué par des tremblements incontrôlables, il traversa la ville endormie et franchit le tronçon d’autoroute délabré qui menait à de ce qui avait été la ville de Midgar.

Lorsqu’il arriva enfin devant les ruines du siège de la Shinra, il abandonna son bolide, comme il lui avait été ordonné dans le message, et se précipita à l’intérieur.

Pantelant, sans même prendre le temps de s’arrêter pour respirer, il dévala les escaliers dévastés qui menaient au sous-sol au pas de course, étage après étage… et fut presque immédiatement stoppé par une douleur soudaine qui lui coupa le peu de souffle qui lui restait.
Dans l’obscurité, il n’avait pas vu venir le pied qui le cueillit au creux de l’estomac et s’était effondré sur le sol.

Un rire tonitruant éclata dans ce qui était une espèce de salle de réunion souterraine, réduite à l’état de décombres et tout juste éclairée par une torche électrique d’appoint, qui dissipait à peine les ténèbres dans le coin de la pièce où il se trouvait.

L’incarné essaya de se redresser mais le poids d’une botte sur son épaule le maintint à terre. Une botte boueuse portée par un lascar digne des plus terrifiants contes pour enfants.

- Où est mon frère ? haleta Loz, l’estomac révulsé par l’odeur d’humidité et de moisissure qui flottait dans le sous-sol.

L’homme retira son pied et Loz put redresser la tête mais il frémit devant l’horrible visage, ou du moins ce qu’il en restait… L’œil gauche avait été arraché et la bouche formait un angle impossible du fait des cicatrices qui barraient les joues.

- J’ai changé, n’est ce pas ? Laisse-moi donc te remercier pour ce ravissant minois !

Tremblant de rage, il s’approcha et gifla l’argenté à toute volée du dos de la main, lui fendant la lèvre, mais Loz sentit à peine le coup, abasourdi par la surprise et trop inquiet pour Yazoo.

C’était donc réel… Le SMS venait réellement de lui, de ce salopard.

Kraig…

Ce nom avant hanté ses pires cauchemar durant des années.

“Soldat Première Classe Capitaine Kraig Copland”.

Il aurait dû mourir, pourtant. Oui, il aurait dû mourir, ce jour-là…

Cela faisait si longtemps que Loz avait presque oublié. Les luttes. Le sang. Les cris d’agonie. Le soleil… Ce maudit soleil les faisait cuire sur place. Et les monstres. Si nombreux… Il s’en souvenait, maintenant. Si nombreux qu’ils avaient tous cru mourir sous leurs griffes, y compris le téméraire Capitaine Copland. Son maître d’armes, son professeur et son pire bourreau.

Kraig Copland était tombé sous les coups des démons, ce jour-là. L’argenté revoyait les gueules béantes se jeter sur lui et aurait pu le prévenir. Il aurait pu l’aider - oui, il aurait pu. Mais il ne l’avait pas fait…

Il ne l’avait pas fait car, le matin même, Copland avait passé la main dans les cheveux de Yazoo, qui n’était alors qu’un tout jeune adolescent. Une caresse à priori innocente mais ponctuée d’un sourire que Loz ne connaissait que trop bien…

Alors, lorsque l’une des créatures avait refermé ses mâchoires sur le si respecté capitaine et l’avait emporté dans sa gueule pour festoyer avec ses congénères, Loz en aurait presque applaudi de joie !

Oui, ce jour-là, l’incarné s’était débarrassé de son bourreau ! Et il s’était juré de devenir fort. Plus fort que n’importe qui, afin que, plus jamais, un autre Copland ne risque de s’approcher trop près de lui ou de ses frères. Il ne le permettrait plus, pour ça non !

Et Loz avait tenu parole.

Mais voilà que Kraig Copland se tenait devant lui. Défiguré et boiteux, certes, mais bien vivant.

- Alors c’est donc ça qu’est devenu l’incarné le plus réussi du grand Sephiroth ! Ah ! Ah ! Ah ! Non mais regarde-toi, Loz ! Quel gâchis…

- Où est mon frère ? répéta ce dernier sans relever l’insulte, la gorge serrée par le dégoût.

L’homme le gifla à nouveau, le saisit par les cheveux et lui tira la tête en arrière.

- Je t’interdis de prononcer mon nom, sale petite pute ! Comment as-tu pu me faire une chose pareille ? Moi, qui t’avais tout appris ! Qui t’avais tout donné !
Le butor lui asséna un coup de pied dans les côtes et l’argenté s’effondra en gémissant sur le sol.

- Où est… mon frère ? haleta à nouveau Loz. Qu’as-tu… fait… de lui ?

- Ah ! Ah ! Ah ! Non mais regarde-toi ! railla son bourreau.

Il se pencha et saisit douloureusement le menton de l’incarné pour lui redresser la tête.

- Ne me… touche pas !

Le géant balafré éclata d’un rire méprisant et lui administra un autre coup de pied avec une violence incroyable.

Le jeune homme se plia en deux et roula sur le sol en gémissant.

- Rassure-toi, te toucher est la dernière dont on a envie lorsqu’on voit ce que tu es devenu, mon pauvre Loz ! Tes cheveux… Tes magnifiques cheveux… Par toute la pourriture de la planète, comment as-tu pu sacrifier de tels cheveux ? Et ce corps… Regarde ce que tu as fait ! Tous ces muscles et… cette barbe ! Par l’enfer ! Quand je pense à quel point tu étais beau… Tu resplendissais comme le soleil, et maintenant, tu as l’air d’un… d’un animal.

Loz émit un bruit de gorge et son visage se tordit.

- Le seul animal… c’était toi ! Toi… et tes jeux pervers !

Il se mit à genoux avec difficulté, et se redressa, chancelant.

Fou de rage, Copland le saisit à la gorge.

- C’est pour ça que tu as sacrifié ton ensorcelante beauté ? Pour échapper aux “pervers” dans mon genre ? C’est pour ça que tu as voulu me laisser crever, espèce de petite putain capricieuse ?

Loz essaya de se jeter sur lui mais le géant resserra sa prise sur son cou.

- Où est… mon frère ? réussi à articuler l’argenté, à demi-étouffé par les énormes doigts.

- Sais-tu que je l’ai pris pour toi, quand je l’ai vu, à Edge ? Un très joli garçon, lui aussi, mais une bien pâle copie de ce que tu étais. Lui as-tu parlé de moi ? Lui as-tu avoué que c’est dans mon lit, que tu venais, lorsque tu quittais votre chambre, au laboratoire du cratère Nord ? Lui as-tu raconté comment tu pleurais, quand je te…

- Tais-toi ! hurla Loz.

- Tu avais des lèvres adorables. J’ai toujours aimé tes lèvres. Ton frère a les mêmes lèv…

- Qu’est ce que tu lui as fait ? tempêta l’argenté. Si jamais tu as posé la main sur lui je te jure que je te tuerais !

Il se débattit comme un diable mais la pression sur sa gorge se resserra et sa vue s’obscurcit.

- Tu m’a laissé mourir, petite putain… murmura le butor en caressant la pommette satinée. Tu as une dette envers moi. Et, cette dette, qui va la payer ?

Loz blêmit.

- Relâche Yazoo… Relâche-le et… tu pourras faire de moi ce que tu… voudras, je le jure !

Le géant sourit.

- Comme au bon vieux temps, là-bas, au cratère Nord, mhhh ? Tu croyais franchement que je ne voyais pas ton petit manège ? Tes frères savent-il le nombre de fois que tu as sauvé leurs jolies petites fesses en t’agenouillant entre mes cuisses ?

- Tu auras ce que tu veux de moi mais ne lui parle pas de ça et laisse-le partir, supplia Loz.

Copland sembla réfléchir.

- Et qui te dit que la brute que tu es devenue m’intéresse ? Où est le Loz gracile et tendre qui réchauffait mon lit ?

- Ce que tu voudras, répéta Loz, les larmes aux yeux. Absolument… tout.

- Tu imagines ? reprit le colosse comme s’il n’avait rien entendu. Tu imagines si Kadaj et Yazoo savaient que leur frère, leur dur, leur viril, leur indestructible frère écartait régulièrement les cuisses pour leur épargner de douloureuses expérimentations ou des entraînements impitoyables ? S’ils savaient que, pour les protéger, tu as dû sacrifier ta beauté, ta jeunesse et devenir une brute sans éducation ni cervelle tout juste bonne à donner des coups de poings dans un sac et à soulever de la fonte ? Imagines-tu à quel point Yazoo serait désespéré s’il connaissait ne serait-ce qu’un dixième des souffrances que tu as endurées pour eux, Loz ?

- Yazoo ne t’a jamais fait de mal, pas plus que Kadaj ! Ils t’ont toujours respecté et admiré, Kraig ! Torture-moi ! Bats-moi mais fiche-leur la paix !

Le colosse sourit tristement.

- Toi contre Yazoo, alors ? Une fois de plus. As-tu seulement une idée de ce que je pourrais te faire subir ? De la rage que j’éprouve ? De la haine qui n’a cessé de grandir depuis ce jour ?

Loz sentit une bile amère lui monter dans la gorge.

- Laisse partir Yazoo et je te donne ma parole que tu pourras faire de moi ce que tu voudras.

Le géant se planta devant l’argenté, qui dut faire un effort pour ne pas détourner les yeux de l’horrible visage.

- Approche. Nous allons faire ça à ma manière… A genoux !

Loz obéit comme un pantin sur les fils duquel on aurait tiré et son ancien maître d’armes lui attacha les bras dans le dos avec une corde solide.

- Je t’ai donné ma parole ! Pourquoi m’attacher ?

- Il est certaines occasions où un homme est prêt à se parjurer. (Il augmenta l’intensité de la torche électrique et Loz plissa les yeux) Dans le cas, par exemple, ou…

Le cercle de lumière s’élargit, les coins d’ombres diminuèrent et le hurlement de Loz retentit alors dans tout le sous-sol : Yazoo, bâillonné et attaché à une poutre de métal dans une partie qui était jusqu’alors dans l’ombre, avait assisté à la scène et avait tout entendu.

- Yazoo…

- Dans le cas, disais-je, où un frère cadet voit son aîné se soumettre aux pires avilissements à cause lui… acheva Kraig Copland avec un sourire d’intense satisfaction.

Loz voulut se redresser mais le géant sortit une minuscule télécommande de sa poche et une lumière rouge se mit à clignoter sur la gorge de Yazoo.

En reconnaissant l’un des colliers piégés que l’on mettait aux prisonniers particulièrement dangereux lors de transferts ou de déplacements à haut risque, l’incarné poussa un sanglot déchirant.

- Si j’étais toi, je resterai tranquille, prévint le géant en desserrant son ceinturon. Regarde bien ce que ton grand frère va encore faire pour toi, Yazoo ! Regarde bien !

Le bâillon de Yazoo était trempé de larmes et il secouait désespérément la tête, suppliant silencieusement Loz de ne pas se laisser faire. Mais le colosse défiguré se jeta sur son aîné, le plaqua au sol en déchirant les lanières de son blouson et lui écarta brutalement les cuisses d’un coup de genou.

- Maintenant, on est quittes !

- Ne regarde pas, Yazoo ! hurla Loz entre deux sanglots. Je t’en prie ! Ne regarde pas ! Ne crois pas ce qu’il te dit ! Ca n’a jamais été de ta faute ni de celle de Kadaj ! Jamais !

***

Lorsque Loz ouvrit les yeux, sa tête reposait sur les genoux de son frère. Yazoo caressait ses courts cheveux de platine avec une douceur infinie.

- Où est-il ?

- Je ne sais pas. Il m’a détaché, m’a assommé et il est parti.

Des larmes roulaient sur ses joues et retombaient sur le front de frère aîné.

- Ne pleure pas, Yazoo.

- Je le tuerai, Loz… Je retournerai toute la planète s’il le faut et je te ramènerai sa tête dans un sac !

Loz eut un sourire amer et secoua la tête.

- Tu ne devras jamais parler de ce qui s’est passé ici ou de ce que tu as entendu. Et surtout pas à Kadaj. Jamais…

Les larmes de Yazoo redoublèrent et son frère se leva avec difficulté.

- Je lui ai dit que ta moto était tombée en panne. Pars seul vers la forêt des anciens. Dans une heure ou deux, je vous rejoindrai comme si je revenais d’une balade quelconque.

Il se rhabilla avec des gestes lents et douloureux.

- Tu es blessé, Loz. Il va bien le voir.

Celui-ci toucha son visage contusionné.

- Je lui dirais que je me suis battu dans un bar.

- Il ne te croira pas.

Loz eut un sourire triste

- Bien sûr que si. Je n’ai rien dans la tête et je ne sais que cogner, vous n’arrêtez pas de le répéter, dit-il avec un clin d’oeil avant de quitter le sous-sol.

Yazoo sentit une douleur intense lui déchirer les entrailles et il éclata sanglots, pleurant comme il n’avait encore jamais pleuré.

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Les sept péchés capitaux : L’ENVIE

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Rédaction : Shiva Rajah

Illustration : MA Sambre ( Studio Gothika)

Corrections : les volontaires sont les bienvenus !

Les versions non censurées de ce texte et de cette illustration se trouvent dans le fascicule “Les interdits de www.ff7-yaoi-fanfics.com Tome 1″ (voir dans la boutique)

***

Lorsque Kadaj revint dans la maison coquillage, les chamailleries qui lui parvenaient depuis la chambre de ses frères lui firent lever les yeux au plafond avec un soupir déchirant. Ce qu’ils pouvaient parfois être puérils ! Se bagarrer comme des chenapans à une heure pareille et dans de telles circonstances ; comme s’ils n’avaient pas plus grave à penser ! Le jeune homme avait parfois du mal à admettre qu’il était le plus jeune de la fratrie…

Yazoo poussa un petit gémissement plaintif et Kadaj se dirigea vers la porte de la chambre de ses frères en grommelant, bien décidé à leur faire la leçon une fois de plus, mais, lorsqu’il poussa le battant et réalisa ce qui se passait dans la chambre - ou plutôt sur le lit -, son sang se congela dans ses veines.

Au début, il eut du mal à comprendre ce qui se déroulait sous ses yeux, tant sa raison refusait d’admettre l’impensable.

L’air de la chambre était étouffant. Il sentait la sueur, le cuir et le sexe.

Kadaj recula en pinçant les narines de dégoût.

- C’est pas vrai…

Loz tourna brusquement la tête et blêmit.

- Oh, merde !

Yazoo le remarqua à son tour.

Il s’assit brusquement en se couvrant précipitamment le bas du corps de son manteau et essaya de reprendre son souffle.

- Kadaj, je vais t’expli…

- La ferme ! cria celui-ci, le cœur au bord des lèvres.

Le benjamin secoua la tête, les yeux écarquillés, et recula encore d’un pas dans le couloir, hésitant entre une soudaine envie de vomir et un irrépressible besoin de pleurer.

- Kadaj ! supplia Loz.

Il bondit du lit et avança vers son jeune frère pour lui poser une main apaisante sur l’épaule mais celui-ci le repoussa violemment en le détaillant de bas en haut avec agressivité.

Loz rougit jusqu’à la racine de ses cheveux de mercure et se couvrit le bas-ventre des mains.

- Kadaj, je…

- Tu me dégoûtes ! lui hurla son frère à la face. Et toi… ajouta-t-il en lançant à Yazoo un regard débordant d’aversion. Toi… tu es encore pire que lui ! Vous êtes des animaux ! Non, pire que ça ! Vous êtes des pervers incapables de vous contrôler !

Yazoo pressa ses yeux mains sur sa bouche, profondément meurtri par les paroles de son cadet, qui quitta la pièce comme on s’enfuit, malade de répulsion et fou de colère.

Loz voulut le rattraper.

- Loz, non ! Laisse-le ! Ce n’est encore qu’un petit garçon, il ne peut pas comprendre ce genre de choses.

- Mais…

- Laisse. Il a besoin de… de se calmer un peu.

L’argenté frissonna et passa sa main fine sur son visage, désorienté et honteux. Loz le rejoignit sur le lit et le serra contre sa large poitrine.

- Ne pleure pas, Yazoo. Ne pleure pas…

*

Dans sa chambre, Kadaj ne tenait pas en place. Sa rage était telle qu’il aurait avec plaisir réduit la maison coquillage en charpie et ses frères avec elle ! Il tournait en rond, laissant retomber son poing au petit bonheur la chance sur le mur ou un meuble vermoulu.

- Comment as-tu pu les laisser me faire ça, mère ? Comment as-tu pu ?

Incapable de se contenir, il dégaina son sabre et réduisit son sac de couchage en charpie en imaginant que c’était la tête de ses aînés.

Il se laissa retomber sur la bourre éventrée en sanglotant et gémissant de rage à la fois.

Les poings pressés sur les tempes, il essayait de chasser l’image des ébats de ses frères…

- Ignobles dépravés !

Kadaj s’essuya furieusement les yeux et y appuya ses paumes en sanglotant jusqu’à ce qu’il voit des centaines de petits points lumineux derrière ses paupières closes.

Mais cela ne suffit pas pour effacer la vision obsédante des grandes mains de Loz agrippées aux hanches de Yazoo, qui se tordait sous ses assauts en geignant comme une pouliche montée par un étalon trop fougueux.

- Porcs immondes ! Ordures…

Et l’adorable visage de Yazoo, les joues rosies et sa petite bouche boudeuse rouge et gonflée… Ses cheveux humides, si doux…

Oh, oui, Kadaj savait à quel point ils étaient doux. Tout comme l’était la peau satinée de Loz.

Mais, cette fois, toute cette douceur n’était que pour ses frères et pour eux seuls.

C’était ce qui lui faisait sans doute le plus mal : pour la première fois de son existence, ses aînés l’écartaient sans une hésitation et sans le moindre état d’âme. C’est le nom de Loz, que Yazoo murmurait en pleurant presque de plaisir. Celui de Yazoo que Loz susurrait, les yeux mi-clos, emporté par des sensations qui lui faisaient oublier tout le reste.

Kadaj se roula en boule et pleura comme un petit garçon, à longs sanglots bruyants, hoquetant et reniflant, la cage thoracique saisie de spasmes incontrôlables.

- Je vous déteste ! Je vous déteste…

Ils avaient toujours tout fait ensemble, n’avaient jamais eu de secret les uns pour les autres. Jamais jusqu’à présent…

- Pouquoi ? Pouquoi ! Pouquoi ! Pouquoi ! Pouquoi ! Pouquoi ! ragea-t-il en battant des pieds et des mains sans cesser de pleurer.

“Pourquoi seulement vous deux ?

Pourquoi vous… et pas moi ?

Pourquoi pas moi ?”

Et pour la première fois, Kadaj prit conscience du fossé qui le séparait de ses aînés. Un fossé de dix années qu’il avait toujours refusé de voir. Ou que ses frères avaient toujours fait semblant de ne pas considérer comme essentiel - ce qui, en réalité, était loin d’être le cas.

Loz et Yazoo étaient des hommes.

Lui, il n’était encore qu’un enfant.

Et il y avait des jeux auxquels un enfant ne jouait pas…