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Soldat, va dire au monde…

Dans “Crisis Core”, on apprend que Weiss et Nero avaient demandé à Genesis de les aider à prendre le contrôle du très secret Deep Ground, pour se libérer de la tyrannie des Restrictors et des scientifiques de la Shinra. Le Soldat, ayant d’autres priorités, refusa…

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Texte : Shiva Rajah
Illustration : Studio Gothika
***
Le cadet devait supporter
Les expériences et contusions.
Le plus âgé l’indignité
Des insultes et humiliations.
Ils espéraient, nuit après nuit,
Un miracle ou une délivrance
Ils priaient pour que leur ami
Dénonce tant d’indifférence.
*
Courage, Soldat ! Brise le silence !
Raconte au monde notre vie
Ami, fais preuve de vaillance.
Viens-nous en aide, je t’en supplie…
*
Nero le croyait homme d’honneur
Et Weiss homme de décision
Mais quand, par une nuit d’horreur,
On sépara les deux garçons,
Nero finit dans un sous-sol
Où nul ne descendait jamais.
Et Weiss, captif à l’entresol,
Ne pouvait que l’entendre hurler.
*
Courage, Soldat ! Brise le silence !
Raconte au monde notre vie
Ami, fais preuve de vaillance.
Viens-nous en aide, je t’en supplie…
*
Nero, sans cesse, entre deux coups,
Appelait Weiss de sa prison
Et on lui marquait l’autre joue
De la boucle d’un ceinturon…
Weiss répondait, crevant de haine,
Se débattait, mais ses bourreaux
Agrémentèrent ses lourdes chaînes,
D’épines qui déchiraient sa peau.
*
Courage, Soldat ! Brise le silence !
Raconte au monde notre vie
Ami, fais preuve de vaillance.
Viens-nous en aide, je t’en supplie…
*
Mais Genesis ferma les yeux,
Délaissa ses amis d’enfance.
Ses cheveux roux, ses traits gracieux,
Valaient bien toutes leurs souffrances.
Si le bourreau des deux garçons
N’était pas le seul à pouvoir
Préserver son corps d’Apollon
Il y aurait eu quelque espoir…
*
Courage, Soldat ! Brise le silence !
Raconte au monde notre vie
Ami, fais preuve de vaillance.
Viens-nous en aide, je t’en supplie…

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Lumière

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Auteur : Ayame Nightbreed

Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

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Journal de Weiss - Première page

La plus belle des libertés est sans doute celle d’être maître de ses mouvements. Pouvoir aller là où l’on veut, quand on le veut…

En être privé, c’est comme être privé de lumière. Mais je suis mal placé pour dire une chose pareille.

Quand je ferme les yeux, je ne vois qu’une blancheur aveuglante et cette couleur est la mienne. Il s’agit sans doute de ma supposée pureté. Ils disent que je suis fait de lumière. Mais mes jours sont gris, et mes nuits sont noires.

On se lasse vite d’une couleur uniforme, mais c’est toujours mieux que ma cage de béton et de mako. Ils m’ont enfermé là il y a peu de temps, tout près du cœur du réacteur. Je suppose qu’ils espèrent doubler, voire tripler mes capacités.

De temps en temps, on me laisse aller et venir dans la ” salle du trône “, comme ils l’appellent. On m’a même donné de quoi écrire. Nero le fait déjà, lui ; il m’a dit une fois que cela l’aidait à ne pas perdre la raison.

Nero… Mon cher petit frère. Je l’aime tellement… Bien plus que moi-même. M’en veut-il de m’être laissé enchaîner ainsi et de l’avoir laissé seul ? Me considère-t-il encore comme son unique, son adoré grand frère ? Me hait-il ?

Lui qui ne supporte pas la solitude… Il devra maintenant vivre avec elle au quotidien.

Journal de Weiss - Page 6

Ils se doutent que je risque à tout moment de m’attaquer à eux, soit par désir de vengeance, soit parce que j’aurais perdu la raison.

Quoi qu’il en soit, si je devais tuer ceux qui m’ont créé de toutes pièces, je disparaîtrais avec eux. La raison à cela ? Un implant à la base de ma nuque - où dort un nanovirus qui provoquera un arrêt cardiaque à la moindre alerte - relié à un ordinateur surveillant mes moindres faits et gestes.

Aussi simple que cela. La solution idéale - du moins, la meilleure qu’ils aient trouvée.

Je dois me soumettre à leur volonté ; ils peuvent faire de moi ce qu’ils souhaitent … Et ils ne s’en privent pas.

Ils devraient se méfier, pourtant : l’animal blessé sur le point de se faire dévorer [...] est souvent le plus dangereux…

Journal de Weiss - Page 15

Il m’arrive de plus en plus souvent de penser à notre passé. J’ai beaucoup de temps pour ça : hormis les bains de mako et les entraînements quotidiens, il ne se passe presque rien.

C’est mon frère cadet qui a tué notre mère, le jour même de sa naissance. Ses pouvoirs ténébreux se sont éveillés à l’instant ou il a poussé son premier cri. Tout ce qui se trouvait à sa portée fut englouti dans ses Ténèbres affamées, sauf lui et moi. Mais il s’en est fallu de peu…

J’étais là, ce jour fatidique où ma vie de petit garçon fut bouleversée. Même si ma mère ne s’approchait de moi que pour me faire subir des examens, je savais qu’elle allait mettre au monde un second fils. Mon frère. Un frère à moi et rien qu’à moi ! J’ignorais alors la notion de fraternité, mais je ne voulais pas manquer sa venue au monde.

Mais les choses ne se sont pas passées comme je l’imaginais.

Je m’étais caché dans l’un des conduits d’aération, que je m’amusais à explorer ; c’était par ailleurs ma seule occupation. De là où j’étais, caché dans l’ombre, j’ai vu naître mon frère et ses pouvoirs obscurs.

Malgré mon effroi et la présence des Ténèbres, j’ai trouvé le courage de rejoindre mon frère en bas pour calmer ses pleurs. Ce petit, je l’aimais déjà. Il avait tué notre mère, c’est vrai, mais quelle importance ? Elle ne m’avait jamais porté dans mon cœur et je le savais pertinemment. Je ne devais pas lui faire penser à un fils, avec mes cheveux blancs et mes yeux trop bleus. Elle ne valait pas mieux que le reste des scientifiques.

Mais au moins, j’avais Nero près de moi, désormais.

Journal de Weiss - Page 30

Je ne cesse de penser à mon frère.

Je l’aime… Plus que tout dans ce monde clos. Comme je suis le seul capable de calmer les crises que ses Ténèbres provoquent en lui, on me laisse maintenant m’en occuper le plus souvent possible.

Pour être franc, je ne pourrais pas survivre sans sa présence. Tant qu’il est là, je garde espoir. Et s’il devait mourir, je n’aurais moi-même plus la force de combattre.

Nous ne sommes que des animaux de compagnie, des jouets. De simples possessions qu’ils exhibent fièrement. J’ai de plus en plus de mal à supporter tout ça ; les cris de mon frère, ces cris déchirants que j’entends de jour comme de nuit…

Quelques jours plus tôt, ils ont décidé de lui visser de fausses ailes mécaniques dans le dos pour remplacer ses bras. Quand je l’ai découvert, j’ai cru devenir fou.

A quoi est-ce qu’ils pensent, à la fin !?

Je les hais !

Journal de Weiss - Page 42

Je suis allé libérer mon frère, hier. Je n’y croyais pas mais tout s’est déroulé comme nous l’avions prévu.

Je savais qu’il était enfermé à quelques étages au-dessus du réacteur mais je ne l’avais jamais vu de mes propres yeux.

Nero a toujours été incapable de me dire ce qu’il endurait, là-dedans. Combien de fois l’ai-je retrouvé effondré dans sa cellule dans un état pitoyable, presque mort de faim, d’effroi et de douleur ?

Quand je le voyais dans cet état, je me sentais capable de braver tous les dangers pour le protéger des mains de ces fous. Rien ne m’importait plus que lui.

Finalement, il aurait mieux valu pour lui qu’il ne survive pas à tout cela. Quel instinct primitif a pu le pousser à supporter toutes ces horreurs ? Quel que soit son destin, il aura une vie courte; son don finira par le tuer. Je m’étonne encore qu’il ait pu vivre si longtemps sans en ressentir les effets. Son enfance et son adolescence n’ont été que ténèbres et souffrances.

Pour le protéger, j’ai dû suivre la volonté de ces hommes et devenir le plus résistant possible. Une contrainte ? Au contraire. Prendre soin de mon frère cadet est depuis toujours, plus qu’un devoir, c’est la meilleure chose que je puisse faire.

Dès qu’ils le savaient affaibli et dans l’incapacité de se servir de ton don, ils n’hésitaient pas à le malmener, à le blesser ou à tenter de nouvelles expériences sur lui. Ils espéraient sans doute découvrir ses dernières limites. Combien de fois ai-je dû calmer ses pleurs, apaiser son corps meurtri de mes caresses ?

Pour le moment, il dort ; il s’est assoupi contre moi, alors que nous étions en train de discuter. Il n’arrête pas de parler de l’extérieur, de ce que nous ferons, une fois sortis de Deepground…

J’ai du mal à être optimiste. Une fois dehors, ce sera combattre ou mourir. Nos troupes nous obéiront, elles savent déjà ce qu’elles ont à faire.

Finalement, rien ne va changer… Mais nous disposerons d’un bien inestimable : la liberté.

J’ai promis à Nero que je ne le quitterai plus jamais. Enfin, dans la limite du temps qu’il me reste, du moins.

Et il ne me reste que deux jours…

Il va bien falloir que je le lui dise, je ne peux plus lui mentir.

Journal de Weiss - Avant-dernière page

Ca y est… je vais mourir.

Je savais que je perdrai la vie en me rebellant contre eux. Mais je devais sauver Nero. Une fois que la machine serait lancée, plus rien ne peut l’arrêter, et personne ne s’opposera à lui ni au reste de Deepground. Ce dernier continuera à m’obéir. Et je suppose qu’il le fait déjà, en ce moment. Ne suis-je pas son ” Empereur immaculé ” ?

Nero… Je t’ai fait promettre de ne pas dévoiler ma mort aux autres. Nous ne pouvons pas leur faire confiance. Nous savons tous les deux ce qui se passerait s’ils venaient à le découvrir : ils se rebelleraient contre nous. Sans remettre en cause tes capacités, tu ne tiendrais pas longtemps face à une armée de cette envergure.

Tu m’as dit de t’attendre, que tu trouverais un moyen de me ramener à la vie. La mort n’a pas de secrets pour toi, mais permets-moi quand même de douter [...]…

Ils ont pensé à tout, même à notre propre fin, parce qu’ils savaient qu’un jour ou l’autre, nous les détruirions. Et, nous ayant étudiés sous tous les angles durant plus de vingt ans, ils savaient très bien comment se débarrasser de nous une bonne fois pour toutes. Alors… Il est certainement inutile de tenter quoique ce soit. Ce serait trop risqué.

Si tu mourais à ton tour, je… Non, je ne suis même pas capable d’y penser.

Journal de Weiss - Dernière page

C’est décidé : je vais t’attendre. Pour l’avoir côtoyée à maintes reprises, je sais comment éviter les griffes de la mort. Il me suffira de me réfugier dans cet océan de lumière, ma propre essence. Mon âme sera en sécurité en attendant.

Je sais déjà à quoi ma mort ressemblera. Je ne serai plus qu’une âme flottant dans une immensité lumineuse, que mes sens ne percevront pas, mais que je verrai tout de même. Ni son, ni odeur, ni matière palpable. Uniquement ce néant blanc et mes pensées.

Je dois au moins faire ça pour toi. Je m’en veux déjà tant de te laisser seul ; nous qui venions tout juste de nous retrouver. Comment vas-tu survivre dans le monde extérieur ? Ici, tous te voyaient déjà comme un monstre, alors je n’ose imaginer ce qu’on pensera de toi à la surface. Mais je te fais confiance, tu t’en sortiras.

Un jour, tu retrouveras peut-être tout ce que j’ai écrit ces dernières années. Je te l’ai toujours répété mais… Je t’aime, sache-le. Je déteste devoir te le dire comme ça : mes mots sonnent comme un adieu.

Nous nous reverrons, Nero. Nous nous reverrons bientôt.

Tu ne cesses de répéter que je suis ta lumière, la seule au milieu de tes Ténèbres. Mais Nero, si l’un éclaire l’existence de l’autre, c’est bien toi. Les Ténèbres [...] peuvent-elles rayonner d’une lueur obscure ? Je crois que oui… Tu es mon alter-ego, mon autre moi. Nous nous sommes toujours dit que nous ne faisions qu’un, tu te souviens ?

Mais nous avons deux visages : l’un noir et l’autre blanc.

Bientôt, nous serons à nouveau réunis. Alors… Sèche tes larmes, relève la tête… et ne m’oublie pas.

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Ténèbres

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Auteur : Ayame Nightbreed

Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Arisu

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Journal de Nero - Première page

Les Ténèbres…

Mes Ténèbres. Mon monde intérieur. Cette part de moi sans limite tangible.

Elles sont mon seul refuge en cas de menace. Le seul endroit - si on peut appeler ça ” un endroit ” - où je me sens intouchable. Un sanctuaire maudit auquel je dois ma survie et où nul ne peut m’atteindre.

Les plaintes des morts qui hantent mes Ténèbres sonnent comme une berceuse à mes oreilles. Une berceuse qui m’apaise depuis toujours…

Non… Ce n’est pas tout à fait vrai.

En réalité, je dispose d’un second refuge : les bras de mon frère aîné. Il va sans dire que je les préfère à mes Ténèbres. Malheureusement, contrairement à elles, je n’ai pas la possibilité de rejoindre Weiss quand je le désire.

Encore moins ces derniers temps.

Weiss… Que ne donnerais-je pour une nuit à tes côtés ?

Ta présence seule suffit à faire refluer mes Ténèbres jusqu’aux limites de mon être. Ta lumière m’apporte à la fois répit et réconfort. Elle peut parfois même adoucir mon âme jusqu’à me faire éprouver un sentiment de paix. Mais plus que ta lumière, c’est toi, Weiss qui m’es essentiel.

Ta peau, tiède et si douce ; tes mains apaisantes et aimantes ; ta voix, si chaude et si rassurante. Et tes yeux… Tes yeux d’un bleu pur agrémenté d’une touche d’or qui illumine ton visage. A eux seuls, tes yeux me renvoient l’image de ce que tu es pour moi, Weiss : l’incarnation de la perfection.

Journal de Nero - Page 17

Sans Weiss, le temps n’est plus qu’une succession de moments plus ou moins longs et éprouvants. Repos, examens, entraînement, injections de mako, examens. Repos, examens, entraînement, injections de mako, examens…

On lui permet parfois de dormir dans la même pièce que moi - quand on ne le laisse pas enchaîné à son propre trône plusieurs jours de suite. En ce qui me concerne, les nuits que nous passons hors de nos cellules respectives sont ma seule raison de ne pas perdre la raison.

Mais peut-on parler de ” nuits ” ?

De simples numéros verts sur un cadran noir, au-dessus de la porte de notre geôle, pour nous rappeler à quel point notre bonheur est éphémère : voilà ce qu’est ” la nuit ” pour nous.

Ah ! Bien sûr, j’ai déjà eu le privilège de voir la nuit, celle de l’extérieur, les rares fois où l’on nous envoie en mission à la surface. Ces nuits-là sont l’exact reflet de ma propre existence : noires, solitaires et silencieuses, et regorgeant de menaces cachées.

Journal de Nero - Page 21

Il est désormais manifeste pour ” eux “ que Weiss et moi représentons un danger non négligeable (nous sommes certainement leurs expériences les plus imprévisibles et les moins dociles). On nous séparera bientôt, j’en ai la certitude.

Journal de Nero - Page 22

On enferma Weiss au cœur du réacteur Zéro, exposé à des doses de mako mortelles pour un être normalement constitué, et moi quelques niveaux plus haut, enchaîné à plusieurs mètres du sol.

Je passai ces années seul, dans l’obscurité, à hurler et à supplier jusqu’à m’en briser la voix.

Je ne dormis presque jamais car les chaînes d’acier mordaient dans ma chair et le poids de mes ailes métalliques semblait me déchirer le dos. La douleur me tenait constamment éveillé et rares étaient les moments où je sombrais dans mes Ténèbres, terrassé par l’épuisement.

Journal de Nero - Page 27

Mon univers a toujours été fait de trois couleurs : le noir de mon essence, le blanc pur de mon frère et le rouge, celui du sang de tous ceux que l’on m’a fait éliminer ou dont j’ai choisi d’abréger la vie.

Si je regrette toutes ces morts ?

Tue et tu vivras. “ Telle était la règle d’or, au Deepground.

Difficile de dire si j’aime tuer ou non…

Impossible de nier, cependant, que j’éprouve un certain plaisir à donner la mort à ceux qui se font appeler ” humains ” et qui prétendent nous être supérieurs, faisant étalage de leur intelligence et de la liberté dont ils jouissent. Pour eux, nous ne sommes que des numéros, des bêtes qu’ils se réjouissent d’envoyer à l’abattoir. Que dis-je, des animaux ?

Non…

Les rares animaux que j’ai eu l’occasion de voir - ailleurs qu’au fond de mon assiette, s’entend - étaient bien mieux traités que les soldats du Deepground.

Les ” autres ” nous voient que comme des expériences à étudier, des curiosités qu’ils ont eux-mêmes créées, des monstres à torturer. Et c’est bien ce que nous sommes, en réalité.

Des monstres.

Je ne suis pas dupe ; je sais, pour avoir aperçu le monde extérieur, que nous ne devrions pas vivre ça. Mais à quoi bon s’apitoyer sur son sort ? C’est comme ça.

Pourtant, je ne suis pas certain que les ” autres ” valent mieux que nous…

Je les hais et les méprise presque autant que moi-même. Ils ne sont rien. Ne valent rien. Qui qu’ils soient, d’où qu’ils viennent, ils sont tous les mêmes !

Journal de Nero - Page 45

Weiss… Mon frère bien-aimé.

Ils l’ont tué !

Tout était prévu ! Tout ! Depuis le début.

Weiss, pourquoi avoir fait ça ?

Pourquoi ?

Tu disais que tu voulais me libérer, les empêcher de m’entraver dans mes propres cauchemars, dans l’obscurité de mon cœur. Tu disais que tu aurais fait n’importe quoi pour moi. Tu disais que tu m’aimais…

Etait-ce une raison pour payer mon salut de ta vie ?

Ma vie ne vaut pas un dixième de la tienne. Nous aurions mieux fait de rester encore un peu dans nos cages respectives. Ne nous sommes-nous pas promis d’être toujours ensemble ?

Journal de Nero - Dernière page

Mon frère… Je me rappelle ton sourire lorsque tu venais retirer mon masque et que tu prenais mon visage souillé de larmes entre tes mains. Si elle n’était pas déjà vouée aux ténèbres, j’aurais vendu mon âme pour un seul de tes sourires. Tu étais la seule chose qui m’empêchait de sombrer dans la folie. Nous ne faisions qu’un. Notre amour était l’unique sentiment capable de mettre à mal ma noirceur sans pour autant me faire souffrir et je sais qu’il restera intact quoiqu’il arrive.

Weiss…

J’ai tant besoin de toi… De ta chaleur et de ta lumière…

Mais tu es parti.

Pourtant, je te sens encore près de moi. Ton cœur ne bat plus. Ta voix s’est tue et tes bras sont inertes mais tu es toujours là. A la fois proche et si lointain.

Mon cher frère…

Parce que tu m’as sauvé de la folie, je t’arracherai à la mort.

Je t’en fais le serment, Weiss… Nous serons bientôt réunis. Personne ne nous séparera plus jamais. Et je ne laisserai plus qui que ce soit faire du mal à mon autre moi, à mon frère, à mon contraire, au seul être que j’ai aimé.

Que ferons-nous lorsque nous serons de nouveau ensemble ?

Je n’en sais rien…

Toi seul dois en décider.

Peut-être une nouvelle existence, ailleurs, loin d’ici… Je sais que ta lumière nous guidera. J’ai confiance en toi. Il y a toujours dans les ténèbres, pour épaisses qu’elles soient, une lueur - d’espoir, d’amour, qu’importe ?

Cette lumière, c’est toi.

FIN

Substance illicite

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Rédaction : Shiva Rajah

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : les volontaires sont les bienvenus !

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- Monsieur ! Monsieur !

Nero se tourna brutalement pour découvrir le jeune Cloud Strife hors d’haleine et les vêtements chiffonnés .

- Qu’y a-t-il, postulant Strife ? Tu m’as l’air en bien piteux état.

Le garçon essaya de reprendre son souffle.

- Les monstres viennent d’attaquer la frontière Sud, monsieur ! Le général Sephiroth vous réclame, vous et votre frère. Tous les soldats disponibles sont déjà sur le pied de guerre.

Nero soupira.

- Sephiroth devra se contenter de moi. Weiss est en mission à Canyon Cosmo. A quelle distance se trouvent les montres ?

- A peine une journée et une nuit de route, monsieur.

Le postulant et le soldat première classe rejoignirent rapidement les troupes rassemblées. Sephiroth arriva à son tour, flanqué de Zack et d’Angeal, et l’armée se mit rapidement en route à une allure soutenue.

Le second jour, à la tombée de la nuit, ils établirent le campement à l’entrée d’un col montagneux que Sephiroth jugeait facile à défendre. Cette position leur permettrait de stopper les monstres lorsqu’ils s’engageraient dans la gorge et leur tendre une embuscade.

L’étroitesse du col fit que les soldats durent se contenter de partager les quelques tentes montées à la hâte.

Zack venait de poser son paquetage sur le sol recouvert d’une bâche plastique de l’une d’entre elles lorsque Nero se glissa par le rabat, son paquetage sur l’épaule, le faisant sursauter.

- Salut à toi, soldat ! railla-t-il. Désolé de devoir m’imposer, dit-il avec un sourire lourd de sous-entendus, mais je crains que personne ne souhaite prendre de risques en partageant sa tente avec moi.

Cette allusion à peine voilée à son étrange nature sembla embarrasser le jeune homme, qui rétorqua impulsivement :

- On ne peut pas le leur reprocher…

Nero se raidit devant l’âpreté de sa réaction.

- Je vois… Dans ce cas je vais prendre un tour de garde avec les aspirants. Puis-je au moins te laisser mon paquetage ou as-tu peur qu’il te fasse passer par inadvertance dans une autre dimension ?

- Connard !

Nero cligna de l’oeil, sarcastique, posa son sac dans un coin et quitta la tente sous le regard interdit de Zack.

Celui-ci jura, se débarrassa de son uniforme et s’assit sur son sac de couchage en attendant le retour de Nero mais, lorsque deux heures plus tard, il entendit les bruits typiques de la relève de la garde à l’extérieur de la tente, il comprit que le ténébreux n’avait pas plaisanté en parlant de prendre un tour de garde, ce qui accrut son malaise.

Nero filait les chocottes à tout le monde, c’est vrai, mais son frère Weiss était apprécié de tous et il n’avait aucune envie de se le mettre à dos.

- Merde, merde et merde…

Il se leva et marcha de long en large dans la tente, jusqu’à ce que, finalement, il entende un grattement à l’entrée. Qui pouvait demander à le voir à une heure aussi tardive ? Nero n’irait quand même pas jusqu’à lui faire sentir de manière aussi flagrante la méfiance et le mépris qu’il lui avait témoigné, tout de même ! Si ?

Il ouvrit le pan et vit le frère de Weiss, bras croisé devant la tente, les traits tirés et un sourire pincé accroché aux lèvres.

- Désolé de t’importuner, mais un deuxième tour de garde serait réellement au-dessus de mes forces. Puis-je récupérer mon paquetage ? Je pense que les postulants soldats toléreront ma présence pour une nuit sans déserter.

- Je ne pense pas que ce soit nécessaire, persifla Zack, blêmissant sous le ton narquois, en s’effaçant pour le laisser passer.

Sans un mot, Nero se dévêtit entièrement sans pudeur aucune, exposant les curieux tatouages noirs qui lui recouvraient le corps, sortit son sac de couchage de son paquetage et s’y allongea aussitôt.

Les bras derrière la tête, il regarda Zack lacer le rabat.

- Le cadeau d’une admiratrice ? persifla le ténébreux en désignant son caleçon estampillé de moggles ridicules.

Zack retira le sous-vêtement d’un geste rageur et tendit la main vers la torche électrique qui éclairait la tente.

- Si j’étais toi, je ne ferais pas ça, prévint Nero.

Le jeune soldat ricana.

- Quoi ? La boule de ténèbres a peur du noir ?

- Disons qu’en cas d’attaque, la “boule de ténèbres” ne tient pas à tâtonner dans le noir à la recherche de son arme, laissa tomber Nero en souriant.

Zack se mordit la lèvre pour ne pas répliquer crûment et reposa la torche dans sur support.

“Merde… Un point pour lui. Quel con !”

Lorsqu’il se retourna pour affronter le regard ironique de Nero, cependant, celui-ci avait déjà fermé ses étranges yeux carmin et, soulagé, Zack alla s’allonger près de lui, sans parvenir cependant à se détendre assez pour espérer dormir.

Ce type et son frère étaient vraiment des gens bizarres. Enfin, Weiss, pas vraiment, en fait. Mais il faut dire qu’à côté de Nero, même un bahamut végétérien danseur de rumba aurait semblé normal !

Son regard rouge, sa voix blanche et glaciale, ses tatouages noirs, qui le recouvraient entièrement, du haut de la poitrine aux orteils… rien en lui n’était fait pour rassurer ou inspirer confiance et seul son frère Weiss semblait vraiment éprouver pour lui une sincère et indéfectible affection.

Jamais deux frères n’avaient été plus différents et Zack avait coutume de comparer l’un à un grand cygne blanc et l’autre à un vilain petit canard tout noir.

La comparaison était injuste, bien sûr. Nero n’était ni petit ni laid, loin s’en fallait, mais,comparé à Weiss, toujours enjoué, souriant, lumineux et énergique, son cadet paraissait “éteint”. Les cheveux aussi clairs que ceux de Nero étaient noirs, les yeux aussi bleus que les siens étaient rouges, aussi musclé que son frète était mince, Weiss était l’antithèse la plus criante de Nero. Puissant et physique, il attaquait toujours de front alors que son cadet, intelligent et sournois, prenait toujours l’adversaire à revers et ne lésinait jamais sur ses étonnants pouvoirs psychiques - qu’il avait d’ailleurs parfois peine à contrôler tant ils étaient puissants.

Les mauvaises langues racontaient même qu’il avait par accident tué sa propre mère et les médecins qui l’accouchaient en les envoyant dans l’un des mondes parallèles ténébreux qu’il avait le pouvoir d’invoquer.

En tous les cas, ce qui était sûr, c’est que c’était Weiss qui avait élevé Nero lorsqu’ils s’étaient retrouvés orphelins. Ca, tout le monde le savait. Etait-ce pour cela qu’ils étaient si proches et que l’aîné défendait le cadet bec et ongles ?

Zack soupira et tourna la tête vers son curieux compagnon.

D’après sa respiration irrégulière, Nero semblait perdu dans un rêve houleux. Il se retourna d’un mouvement brusque, et repoussa son sac de couchage dans son sommeil.

“Pourvu qu’il ne fasse pas de cauchemar et qu’il ne nous balance pas dans l’une de ses dimensions à la con…” pria Zack en silence.

A la lueur de la torche, il observa le corps souple orné de tatouages avec curiosité. N’ayant jamais partagé de chambre (ou de tente) avec lui - Weiss n’aurait jamais permis d’un autre que lui une telle familiarité avec son frère - il n’avait jamais eu l’occasion de les regarder en détail. Et, en fait, ils étaient plutôt jolis, ces tatouages. Oui, très beaux, même. Leurs entrelacs couraient sur la peau de porcelaine et accentuaient des creux et les déliés de sa musculature élégante et bien dessinée.

- Weiss…

Le nom de son frère murmuré par la voix enfiévrée de Nero fit naître sur les lèvres de Zack un sourire déconcerté.

Le ténébreux se cambra avec un soupir langoureux et sa main, comme d’elle-même, caressa son bas-ventre.

Zack retint un rire de justesse et s’appuya sur un coude pour profiter du spectacle inattendu. Les va et vient se faisant plus pressants, Nero renversa la tête en arrière, agrippa son sac de couchage de sa main gauche et le jeune soldat se passa la langue sur les lèvres, séduit par l’émouvant tableau du désir dont il était témoin.

Il savait que le beau Weiss était l’objet de bien des convoitises - principalement féminines - mais il n’aurait jamais cru que ce désir puisse conduire à de telles extrémités. Surtout venant de “l’imperturbable” et “insensible” Nero.

- Weiss… Je t’aime…

Zack tressaillit et leva les yeux vers le visage passionné du ténébreux.

Il n’avait lui-même jamais assez désiré quelqu’un pour en rêver de façon aussi passionnée. Les rumeurs sur ces deux-là étaient donc fondées ! Mazette… Quand il allait raconter ça à Angeal !

Du coup, tous les petits détails du comportement de Nero, auxquels il n’avait pas porté attention jusque là, prirent soudain un tout autre sens pour Zack, qui se souvint de la douceur avec laquelle il lissait parfois les cheveux de son frère, des regards insistants qu’il avait lorsqu’il croisait son regard clair… Même ses incessantes réflexions malicieuses apparurent comme autant de maladroites marques d’affection.

Peut-être n’est-il pas aussi glacial et insensible qu’il en a l’air… ” songea Zack.

Il avait toujours cru que l’affection entre les deux frères était à sens unique, du protecteur Weiss vers le solitaire Nero, mais force était de constater qu’il se trompait.

Zack posa une main prudente sur la poitrine ferme et y sentit le cœur battre la charge. Le corps de Nero se banda comme un arc sous la caresse, et sa main se posa sur la sienne pour la presser contre sa peau tatouée.

Une chaleur pernicieuse se répandit dans le ventre jeune soldat, qui en était le premier surpris. Sa main libre n’en empoigna pas moins son propre sexe désormais dressé pour lui impliquer un mouvement similaire à ceux du ténébreux.

Les lèvres de Nero remuèrent dans son sommeil et des mots incompréhensibles en sortirent. Avec mille précautions pour ne pas le réveiller, Zack se pencha vers son visage posa les lèvres sur la bouche offerte, comme ça, juste pour voir, et le ténébreux, perdu dans son rêve, répondit au baiser avec ardeur et attira le jeune homme contre lui.

Celui-ci, enflammé par le contact de la peau tatouée, qu’il n’aurait jamais imaginé si douce, fit glisser sa main de son propre sexe à celui de Nero et ajouta sa caresse à la sienne. Un râle de plaisir s’échappa de sa gorge et Zack aspira le souffle chaud entre ses lèvres. Puis sa caresse se fit plus insistante et il écarta du genou les cuisses souples, alors que sa bouche descendait le long de la gorge et de la poitrine pour happer un téton tout rose entre ses dents et le titiller du bout de la langue.

Nero entrouvrit alors les paupières et baissa un regard embrumé sur la noire chevelure qui s’étalait sur son torse, comme s’il n’avait pas complètement conscience de ce qui se passait. Persuadé de l’irréalité de ce qu’il percevait…

Un rêve. Cela ne pouvait être qu’un rêve car personne ne l’aurait touché ainsi hormis son frère, encore moins quelqu’un comme Zack !

Eh ! Bien, soit. Autant en profiter…

Il se laissa donc aller aux douces sensations que lui procuraient les caresses “imaginaires” du soldat et ce dernier, encouragé par ses halètements, promena ses lèvres sur le ventre dur jusqu’à prendre la place de sa main et faire courir sa langue sur le membre gonflé.

D’un coup de reins souple, Nero pénétra dans sa bouche et Zack hoqueta mais ne se dégagea pas. Au contraire, il le libéra avec un dernier coup de langue et glissa sa tête entre ses cuisses tatouées, refermant ses mains sur ses reins. Les lèvres tremblantes d’excitation à l’idée de ce qu’il allait faire, il lécha le pourtour de l’entrée close et les gémissements du ténébreux se muèrent en petits cris de plaisir. Levant les mains pour écarter les fesses rondes et lisses, Zack plaqua sa bouche contre lui, insinuant sa langue dans sa chaleur, et sentit la saccade qui agita ses reins.

“Et si quelqu’un entrait dans la tente ?” songea-t-il en se sentant blêmir.

Oh, bon sang, quelle honte !

Mais il chassa vitre cette idée car Nero balançait impatiemment les hanches à sa rencontre. Etirant la langue, le jeune soldat explora ce sanctuaire aussi loin qu’il le put mais, bientôt incapable de supporter plus longtemps la fièvre que les réactions du “dormeur” faisaient naître en lui, il lubrifia abondamment de salive l’entrée qu’il titillait de sa langue agile. Baissant la main, il trouva le chemin et s’y engagea. Lentement d’abord, presque avec hésitation, puis, voyant Nero relever la tête pour exhaler un gémissement rauque et impatient, il s’enhardit. Un troisième doigt vint rejoindre les deux autres et le frère de Weiss poussa un râle animal.

Zack sentit soudain les jambes tatouées le ceinturer pour le pousser en avant, ses mains se saisir de son sexe impatient et il hoqueta de surprise en se rendant compte que Nero l’avait amené à plonger en lui. Baissant les yeux, il vit ses reins plaqués à ceux du ténébreux, qui resserra encore ses jambes autour de son bassin pour l’emprisonner contre lui.

Transporté par cette sensation, Zack articula faiblement son nom et eut un sourire carnassier en refermant les mains sur ses fesses et s’enfonçant en lui plus profondément.

Bien vite, il sentit Nero se soulever sous lui avec un cri de plaisir difficilement étouffé et, à la vue de sa semence jaillissant pour se répandre sur son ventre orné d’arabesques, il se libéra dans un long gémissement alors qu’il inondait le havre où il avait pénétré.

Apaisé, une douce langueur s’empara de lui et il se laissa aller contre son partenaire, qui referma les bras autour de lui.

- Tu es beau, Zack… murmura-t-il, le cœur battant contre ses côtes.

Et il se rendormit aussitôt, terrassé par les endorphines.

Zack sourit, l’embrassa, non sans douceur, et il essuya son ventre tatoué souillé de semence avec un sourire mutin de garnement qui s’apprête à faire une farce. Puis il se leva ensuite avec mille précautions, recouvrit le corps mince et entreprit de s’habiller pour sortir dans l’aube naissante comme si de rien n’était.

*

Lorsque Nero ouvrit les yeux, deux bonnes heures plus tard, Zack avait déjà quitté la tente.

En se souvenant du rêve agité de la nuit, il rougit.

“Pourvu que Zack ne se soit rendu compte de rien…”

Les sensations avaient semblé si réelles qu’il avait presque l’impression de sentir l’odeur du jeune soldat sur sa peau.

Il se leva en soupirant et prit son pantalon, qui traînait sur le sol. Au moment de l’enfiler, il sentit quelque chose d’humide couler entre ses jambes et baissa les yeux, intrigué. Il recueillit du bout des doigts la substance blanchâtre et, la reconnaissant, marqua un temps d’arrêt.

- Oh ! Le… Le sale petit démon sournois !

A la fois humilié d’avoir été un simple jouet de plaisir, et ravi du désir qu’il avait provoqué chez un homme autre que son frère bien-aimé, il s’habilla à la hâte et sortit précipitamment de la tente pour voir l’objet de ses pensées discuter avec Sephiroth. A son salut, Zack répondit par un sec hochement de tête mais, lorsque Nero lui lança un sourire interrogateur lourd de sous-entendus, il consentit néanmoins à une confirmation silencieuse d’un mouvement de paupières espiègle.

Sephiroth, qui n’avait pas perdu une miette de l’échange muet, adressa au ténébreux un sourire complice et s’étonna de le voir rougir pour la première fois…

FIN

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