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LXV - Chibi Face

” Un ami, c’est quelqu’un qui vous connaît bien…
et qui vous aime quand même. ”

Hervé Lauwick

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Lorsque Vincent et les soldats du WRO qui l’accompagnaient firent irruption dans la grotte surplombant le ravin où coulait la rivière de la vie, ils furent saisis par le spectacle qui s’offrit à eux.

A quelques pas à peine du bord de l’abîme, Genesis semblait défier… Genesis !

- Qu’est-ce que… bredouilla l’un des soldats, ébahi.

- Shelke, as-tu une idée de ce qui se passe ? demanda l’ex turk à la jeune fille.

Celle-ci observait la scène, aussi surprise que ses compagnons, mais analysa immédiatement la situation.

- On dirait qu’il essaye de récupérer son propre corps, Vincent. Et il n’est pas seul, regarde.

Elle désigna les deux formes opalescentes qui observaient elles aussi la scène avec inquiétude et Vincent laissa échapper un cri.

- Lucrecia !

Tous se tournèrent alors vers lui et, profitant, de la diversion, le voleur du corps de Genesis s’en débarrassa comme d’un vieux vêtement pour plonger dans l’abîme où coulait la rivière de la vie avec un rire fou.

Le corps désincarné de Genesis voulut le suivre mais Angeal, le second ” fantôme ” présent, s’interposa.

- Non ! Recupère ton corps et rejoins ces hommes ! ordonna le Soldat avant de plonger derrière Hojo.

Lucrecia voulut sauter à son tour mais Vincent l’appela encore.

- Non ! Lucrecia ! Attends !

- Nous nous verrons bientôt, Vincent, je te le promets… dit-elle avant de se lancer à son tour dans l’onde tourbillonnante. Je te confie Genesis.

- Lucrecia !

Il se précipita au bord du précipice, où l’essence désincarnée du soldat s’était agenouillée près de son propre corps.

- Il n’est pas là… bredouilla-t-il en enfonçant une main translucide dans la poitrine sanglée de cuir. Comment est-ce possible ?

- Tu es Genesis, n’est-ce pas ? demanda Shelke, qui s’était approchée à son tour. Le ” vrai ” Genesis ?

Celui-ci hocha la tête, hébété.

- Où est-il ? demanda-t-il. Où est le garçon qui avait pris ce corps ?

Vincent se tourna vers eux.

- Nero ? En sécurité. Très affaibli mais il reconstitue son enveloppe et ses organes petit à petit.

Genesis secoua la tête, sceptique.

- Il reconstitue son enveloppe ? Mais… Avec quoi ? C’est impossible ! Il… Il n’a rien pris. Pas une seule cellule. Mon corps est intact !

- Nous l’avons mis dans un caisson mako, l’informa Shelke.

- Un caisson mako ? répéta-t-il, visiblement préoccupé. Mais ça ne suffira jamais !

- Est-ce Hojo que nous avons vu plonger dans la rivière ? demanda Vincent, encore sous le choc de ce qu’il avait vu.

- Oui. Oui, c’était bien cette ordure d’Hojo. Comment… Comment Nero s’y est-il pris ? insista Genesis.

Shelke leva le sourcil, étonné de l’inquiétude de l’ancien soldat pour le second des Tsviets.

- Pas de la meilleure façon, je le crains, mais il n’avait pas vraiment le choix. Le fait de devoir reconstituer son corps avec la force de son seul moi psychique l’a fortement affaibli et, à entendre ma sœur, il est aussi fragile qu’un nouveau-né.

- Récupère ton enveloppe et partons d’ici, ordonna Vincent. Il nous faut nous dep…

- Non, le coupa Genesis. Si je réintègre mon corps, je ne pourrais plus en sortir.

L’ex turk ouvrit de grands yeux.

- Tu préfères donc rester un fantôme ?

- Bien sûr que non ! Mais j’aimerais d’abord que Nero y prenne la matière suffisante pour se régénérer et, pour cela, il faut lui amener ” vide “. D’après ce que me dit cette jeune fille, il n’aura jamais la force de s’y glisser si j’y suis déjà.

Shelke sourit.

- Alors Sephiroth avait raison, finalement. Tu sembles beaucoup aimer Nero et son frère.

- Sephiroth ? bredouilla Genesis. Alors cette femme disait vrai ? Sephiroth est… vivant ?

- ” Cette femme ” est sa mère, l’informa l’ex turk. Lucrecia Crescent. Et, oui, il est bien vivant.

Le soldat frotta son visage désincarné, visiblement très ébranlé.

- Je suis resté absent si longtemps…

Vincent et Shelke échangèrent un regard embarrassé.

Les soldats du WRO qui les accompagnaient, eux, ne savaient visiblement plus du tout à quel saint se vouer.

*

- Et tu ne m’as rien dit ? gronda Loz, fou de rage mais essayant de se contrôler pour ne pas malmener Nero, toujours blotti contre lui. Cette ordure a torturé mon fils !

- ” Cette ordure “ a tué le mien ! rétorqua Yazoo sur le même ton, faisant blêmir son frère. Qu’est-ce ce que tu crois ? Que je n’avais pas envie, moi aussi, de grimper dans ce satané hélicoptère pour aller régler son compte à cet enfant de salaud ? Tu crois que j’ai déjà oublié ce qu’il a fait à mon bébé ?

- Bien sûr que non. Je… Je suis désolé… Ce n’est pas ce que je voulais dire, murmura son jumeau, horriblement mal à l’aise. Mais ni Vincent, ni Rufus, ni toi n’aviez le droit de nous empêcher de régler son compte à cet homme !

- Peut-être avons-nous estimé que ta vie et celles de mes frères valait mieux que le plaisir fugace d’une vengeance ! railla le cadet, amer. Mille pardons d’avoir voulu vous protéger des griffes de ce Genesis et de Jenova !

- De quoi devons-nous être protégés, Yazoo baby ? On peut savoir ? demanda la voix de Cid, qui venait d’arriver dans leur dos, flanqué de Sephiroth et de Cloud.

Yazoo ferma les yeux et pinça les lèvres, anéanti.

Il avait juré à Reno de garder le secret sur la mission et, en trois heures à peine, il avait déjà réussi à mettre la puce à l’oreille à tous ses frères.

Quel piètre compagnon il faisait pour un turk aussi haut placé que Reno !

Il s’apprêtait à fournir une explication laborieuse lorsque le cri de Shalua, qui venait de sortir de son bureau le téléphone collé à l’oreille, l’interrompit.

- Merill ! Ils sont sur le toit ! Prépare la cuve et demande à Kadaj de descendre de toute urgence !

- Il est en si mauvais état que ça ? s’enquit son assistant, anxieux.

- A en croire Reno, oui. Cid ! Je vais avoir besoin de toi, là-haut !

- Mais enfin, qu’est-ce qui se passe, ici ? demanda Cloud, le regard allant de Shalua à Yazoo.

Cette dernière ne prit pas le temps de répondre et quitta l’infirmerie en tirant le pilote interloqué par le devant de son t-shirt.

L’argenté, lui, sentit ses joues s’empourprer sous le regard croisé de ses frères.

*

Weiss, sanglé à la civière se sentit ballotté en tout sens et il lui sembla entendre des voix d’hommes affolés autour de lui. Son esprit embrumé ne lui permettait de saisir que des bribes de leur conversation.

” …cassé …sérieux …urgence …Kadaj …cuve …dangereux pour lui …mako purifié ..Omega …Nero “

Nero…

Son petit frère…

Où était-il ?

- Ne…ro… gémit-il. Ne…ro…

Une voix douce de femme chuchota tout contre son oreille.

- Nero est en sécurité, je te le promets, tu le verras bientôt. Accroche-toi, mon grand, on va s’occuper de toi.

Nero…

Il ne fallait pas que Nero le voie dans cet état. Cela le terrifierait. Il aurait voulu le dire à la femme mais il se sentait incapable de former une phrase cohérente.

Son petit frère n’avait jamais supporté de le voir malade ou malmené. Ca le rendait fou de peur et de chagrin. Comme il y a quatre ans, là-bas, au réacteur zéro, lorsque Weiss et ses lieutenants avaient enfin réussi à se débarrasser de leur bourreau, ce Restrictor maudit qui les avait enfermés et dressés comme chiens de combat.

Non…

Non, c’était injuste de dire ça…

Les chiens de combats étaient bien mieux traités !

Lorsque le Restrictor s’était effondré à ses pieds, Weiss s’était figé et avait attendu quelques instants. Une douleur… Une gêne… Un malaise… Un quelconque signe annonçant que le nanovirus qu’on lui avait injecté pour prévenir toute mutinerie, et qui devait se réveiller dans les trois jours suivant la mort de son bourreau, avait commencé son œuvre de destruction.

Le nanovirus…

Cette minuscule promesse de mort…

Le seul obstacle qui l’avait empêché de se révolter jusqu’alors.

Du moins jusqu’à ce qu’on attache Nero à cette colonne maudite dans ce sous-sol crasseux et qu’il l’entende hurler et l’appeler à l’aide jour et nuit…

Une seule chose comptait aux yeux de Weiss plus que sa propre vie : son petit frère. Et son premier geste d’homme libre, après avoir éliminé le Restrictor, fut d’aller libérer Nero.

- C’est fini … avait-il murmuré à son oreille lorsqu’il avait brisé les chaînes qui retenaient impitoyablement son corps menu contre la pierre dure. C’est fini, chibi face

Chibi face “

Un sobriquet affectueux donné par Angeal Hewley et que le benjamin n’acceptait que de la part de son frère aîné.

Nero était resté un long moment blotti contre lui, dans ce sous-sol horrible, comme s’il voulait s’assurer de la réalité de son frère. Il lui fallut plusieurs minutes pour faire sortir quelques mots de sa gorge, écorchée à force de sanglots et de hurlements.

- Tu as… réussi… Tu as pu te… libérer de… lui… Je suis tellement… heureux… Mon frère… Bien aimé…

- Oui, chibi face, cette fois, c’est bien terminé.

- Comment ? Le virus… Comment as-tu…

- Nous trouverons, l’avait coupé Weiss. Ne t’en fais pas pour ça.

Nero s’était alors raidit dans ses bras et avait levé vers lui un regard épouvanté.

- Tu as tué le Restrictor sans… Sans anihiler… le virus ?

- Nous trouverons une solution, Nero, Shelke va me…

- Non ! avait hurlé son frère, en larmes en s’accrochant désespérément à lui.

- Nero, je…

- Il ne reste que trois jours, Weiss ! Comment vas-tu faire ?

- Je t’ai dit que…

- Pourquoi as-tu fait ça ? Pourquoi ? Pourquoi ? POURQUOI ? !

La dernière chose dont il se souvenait ensuite, était d’avoir pénétré grâce à Shelke dans la réalité virtuelle de la toile mondiale, à la recherche d’informations et… plus rien.

Jusqu’à ce que, trois ans plus tard, Vincent Valentine et son frère chassent (ou du moins l’avait-il cru) l’homme qui avait pris possession de son corps pour en faire l’hôte de l’Omega…

à suivre

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VI - Balaye devant ta porte !

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scenario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : Tirée du doujinshi BUBBLES du Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Nous arrivâmes chez Rufus Shinra vers cinq heures du matin.

Sa famille possédait une propriété, à l’ouest de Gongaga, un ancien palais qui faisait ressembler le manoir de Nibelheim où j’avais passé ma petite enfance à une vulgaire maison de poupée.

C’était une demeure très anciene, aux dômes élégants, à la façade sculptée de statues et aux hautes fenêtres. Je n’osai compter le nombre de balcons mais, pour ce que j’en voyais de la grille d’entrée, il devait bien y en avoir sept par étage sur deux niveaux - rien que sur la façade Nord.

Par endroits, la pierre ressemblait à de la dentelle.

Un vieil homme vêtu d’un pantalon de lin blanc et d’une longue tunique fendue serrée par une longue ceinture de soie ouvrit la porte après que nous lui ayions expliqué qui nous étions.

Il nous laissa passer d’un air soupçonneux et lorgna avec écœurement la poussière qui nous recouvrait et mon torse nu.

Il estimait probablement que notre mise ne seyait guère pour une visite à sa ” majesté sérénissime “.

Le domestique nous fit signe de le précéder d’un geste, en restant à distance, comme si notre proximité le souillait. Nous nous engageâmes dans les allées de l’immense jardin. Même à la lumière capricieuse de la lune et en dépit de ce que je venais de vivre, je dois avouer qu’il était magnifique et je ne pus m’empêcher de l’admirer.

Il nous fit entrer dans l’immense hall.

Angeal et moi échangeâmes un regard ébahi.

La seule fois que j’avais pu voir autant d’antiquités, c’était au musée de Midgar.

Pas un mètre carré du sol qui ne soit pas recouvert de tapis précieux, pas un pan de mur qui ne soit pas peint de fresques anciennes et chaque statue ou objet décoratif devait valoir une fortune.

Malgré l’heure plus que matinale, nous croisâmes plusieurs serviteurs époussetant les meubles impeccables ou vaquant à quelque occupation nécessaire à l’apparat de la demeure de l’héritier Shinra.

Nous suivîmes le domestique à travers une grande galerie à colonnes et entrâmes dans ce qui semblait être un petit salon de réception.

Je dis ” petit ” en comparaison du reste de la demeure car il devait faire à lui seul la totalité de la surface de mes appartements à la caserne du SOLDAT.

Comme dans toutes les demeures traditionnelles, les appartements privés se trouvaient au fond de la maison, à l’abri des regards indiscrets.

- Je vais m’enquérir auprès de monsieur Shinra pour savoir s’il accepte de vous recevoir, dit-il avec hauteur.

Il s’inclina avec cérémonie et jamais salut ne me parut aussi insultant.

Il y avait plus de mépris dans ce simple geste, pourtant révérencieux, qu’en n’importe quelle insulte proférée par un pilier de bar après une nuit de beuverie.

Je serrai les poings mais le domestique feignit ne s’apercevoir de rien.

- Pour qui se prend-il ? demandai-je à Angeal, irrité, une fois le larbin obséquieux sorti.

- La question est mal formulée, répondit mon ami en riant. Je dirais plutôt : pour qui nous prend-il ? Je crois que la réponse est : pour de la piétaille indigne de ce palais et de son propriétaire.

Je secouai la tête.

- Décidément, j’ai beau faire des efforts, je ne comprendrai jamais ce pays.

La porte s’ouvrit à nouveau, faisant place au lèche-bottes de service.

Palmer s’approcha et s’inclina devant nous - avec moins de mépris que le domestique, dois-je préciser.

Il était emmitouflé dans un énorme peignoir de soie ou quelque chose dans ce goût là. Ca me faisait penser à la tenue des nomades de Canyon Cosmo, en plus chic.

- Général… Capitaine… murmura-t-il, mielleux. Monsieur Shinra va venir dans un instant. Je ne vous cache pas qu’il a été très irrité de cette inopportune visite. On ne dérange pas le fils du président ainsi. J’espère que vous avez une raison valable pour faire irruption ici en pleine nuit !

- Valable ? s’écria Angeal. Nous avons plusieurs cadavres sur les bras dont un victime de meurtre ! s’écria-t-il. Est-ce, selon vous, une raison suffisamment “valable” pour que sa ” gracieuse majesté ” daigne quitter ses draps de satin ?

- Cela, c’est à moi d’en juger, Hewley, gronda la voix de Rufus Shinra, que nous n’avions pas entendu entrer.

Il avait enfilé un kimono de coton bleu marine, si impeccablement coupé qu’il ne pouvait avoir été fait que sur mesure, et se tenait nu-pieds sur le somptueux carrelage émaillé de bleu, blanc et or. La large échancrure dévoilait deux pectoraux au dessin si ferme et parfait que j ‘en oubliai presque à quel point il me tapait sur le système.

Mais cela ne dura pas…

- On m’a parlé d’un petit incident, sur le chantier, poursuivit-il d’un air las en s’asseyant sur l’un des divans brodés. Tu peux nous laisser,dit-il à Palmer, qui sortit en reculant, la tête respectueusement inclinée.

Ca y est ! Il recommençait à me donner envie de lui arracher les yeux avec une petite cuiller…

- Un “petit” incident ? relevai-je sarcastique.

Il me lança un regard méprisant.

- Rien, en tous les cas, qui mérite de me déranger à cette heure.

- Un fauve s’est introduit dans le camp ! criai-je en me retenant pour ne pas le saisir par le col de son kimono de luxe. Des hommes sont morts ! Des hommes qui travaillaient pour que vous puissiez poser votre fessier princier sur la cuvette des chiottes de votre putain de réacteur “que tout monde pourra voir de loin” !

Rufus Shinra ferma à demi les yeux, menaçant.

- Je vous conseille d’employer un autre ton avec moi, Général Sephiroth. Je ne suis en rien responsable de vos délires. Un fauve mangeur d’hommes… Nous ne sommes plus au temps des Cetras. Moins encore dans un zoo !

J’allais répliquer vertement mais Angeal me devança.

- Nous l’avons vu, insista-t-il. Nous en avons même croisé deux, pour être exact. Un au camp et un Gongaga. Plusieurs ouvriers sont morts, déchiquetés, et l’un d’entre eux a été assassiné.

Rufus leva un sourcil et esquissa un sourire, comme s’il avait affaire à des déficients mentaux.

- Il n’y a plus de grands fauves dans la région, Capitaine Hewley. Depuis des dizaines et des dizaines d’années. Et certainement pas des fauves assassins, ajouta-t-il avec une moue sarcastique.

- Quand je parlais d’assassinat, je voulais dire par la main d’un homme, monsieur. Un ouvrier a eu la gorge proprement tranchée d’une oreille à l’autre.

Le rejeton Shinra leva les yeux au ciel et soupira.

- Il faudrait savoir ! C’était un fauve ou un homme ?

J’eus beau avoir envie de l’étrangler, je me fis la réflexion que sa question n’était pas, tout compte fait, ouvertement idiote. Il était tout de même étrange que, la même nuit, se déroule un assassinat et un tel carnage.

L’assassin possédait-il un fauve ?

Non, cela ne tenait pas debout.

Et celui de Gongaga, dans ce cas ?

- Les deux, tranchai-je. Mais une chose est claire, la région est bel et bien infestée de bestioles, quoi que vous en pensiez.

Il sembla réfléchir un instant.

- Et je peux savoir ce que vous attendez de moi ? demanda-t-il. J’ai ordonné l’arrêt de ce chantier, ce qui s’y déroule ne m’intéresse plus.

J’ouvris la bouche mais il leva la main.

- Soyez tranquilles, reprit-il, vous recevrez la prime convenue au départ et nulle sanction ne figurera dans votre dossier militaire. Malgré la catastrophe que vous avez causée… ajouta-t-il en me jetant un regard meurtrier.

- Quelle catastrophe ? s’écria Angeal, outré. Nous ne sommes pas responsables si…

- Ca suffit ! coupai-je, à bout, en me penchant sur Rufus, menaçant. J’en ai assez de tout ce cinéma, alors écoutez-moi bien, vice-président de ce que vous voudrez ! Des hommes sont morts, leurs cadavres gisent sous une tente du chantier, de votre chantier, et un homme a été égorgé. La police refuse de prendre une déposition ou d’envoyer quelqu’un sans votre autorisation. Alors vous allez bouger votre putain de cul, prendre ce putain de téléphone et ordonner à tous ces bras cassés de prendre les mesures nécessaires ! Me suis-je bien fait comprendre ?

Rufus en resta bouche bée.

Je crois que jamais il me m’aurait cru capable de m’adresser ainsi à un supérieur et qu’il comprit, à ce moment-là, en voyant mes yeux verts glaciaux, ma mâchoire crispée et mes muscles bandés, à quel point je pouvais être dangereux.

“Sa majesté des réacteurs” perdit donc une bonne partie de son assurance.

- Et la moindre des choses serait d’indemniser les familles des victimes, ajouta mon ami, profitant de l’effet “Sephiroth risque d’exploser alors ne le contrariez pas”.

Rufus ouvrit la bouche puis parut penser à quelque chose et se figea, comme si une pensée soudaine l’avait frappé.

Il ferma les yeux un instant, les rouvrit, se leva et… chancela.

- Ah là ! Doucement ! Vous allez bien ? demanda Angeal, un peu coupable.

C’était la première fois que Rufus se tenait immobile aussi près de moi.

Son front m’arrivait au menton ce qui, avec mon mètre quatre vingt douze et mes quatre vingt sept kilos, était déjà en soi un bel exploit pour un homme normalement constitué.

Un parfum musqué me chatouilla les narines et mon regard glissa à nouveau vers l’échancrure de son peignoir.

Merde… Ce type était sculptural.

Si seulement il n’était pas aussi imbuvable !

- J’ai une impression de “déjà vu”, murmura-t-il, la gorge serrée. C’est très désagréable. Excusez-moi, je reviens dans un instant.

Il sortit, nous laissant, Angeal et moi, totalement interloqués.

***

Journal de Rufus Shinra

Palmer m’a réveillé ce matin à l’aube, avant l’heure que je lui avais donnée. C’est la première fois qu’il ose désobéir à mes ordres, c’est dire si grande était son inquiétude. Et bien que je ne puisse le montrer, j’avoue la partager.

Mes plus grandes craintes se réalisent…

Ce Général mal dégrossi a attiré sur nous la colère des dieux. Des soldats restés au camp ont été massacrés par un fauve qui s’est enfui.

Je n’en ai pas parlé à ce rustre mais le grand léopard noir a toujours été l’animal tutélaire des Shinra, depuis la naissance de notre lignée. Je ne peux voir une coïncidence dans le fait que la vengeance des dieux s’accomplisse par la patte de cet animal.

Toujours tournée vers le passé, comme tous les anciens, ma vieille nourrice m’a assez seriné la longue histoire de mes ancêtres pour que je puisse la réciter mot pour mot.

Sa loyauté à ma famille m’est précieuse, mais son archaïsme me porte sur les nerfs, parfois.

Déjà que J’ai le plus grand mal à convaincre mon propre père d’accepter les changements qu’impose le passage de notre société dans l’ère de la modernité…

Ce Sephiroth ajoute aussi à la liste de nos ennuis la mort de celui qui a déclenché cette tragédie par sa maladresse.

Il n’arrive pas à comprendre que cela n’est que la juste conséquence de son erreur. Mais je crains qu’il ne prenne ce décès un peu trop au sérieux, et qu’il n’en réfère aux autorités, qui ne manqueraient pas de m’importuner.

Je ne m’inquiète pas vraiment pour la police, ils comprendront aisément mon point de vue, mais j’enrage à l’idée de payer des pots-de-vin supplémentaires pour m’assurer leur silence à cause des scrupules de celui qui n’est, bien qu’il l’ignore encore, que le fruit d’une expérience de laboratoire - comme son compagnon.

Ils feraient mieux de balayer devant leur porte et de s’interroger sur leur propre famille avant de me donner des leçons de morale !

La seule pensée de leur présence troublant la paix de cette demeure me contrarie !

Hewley a même oser mentionner la possibilité de verser une somme aux familles des victimes.

“En compensation “, a-t-il dit.

En compensation du travail non fourni, sans doute ? Du temple de mes ancêtres saccagé ?

Décidément, ces deux rebuts d’éprouvette m’exaspèrent !

Ils n’ont aucun sens des priorités.

Les mânes de mes aïeux doivent hurler à l’agonie devant la profanation de ce lieu, et les dieux ne pardonnent ni n’oublient ce genre d’offenses aussi facilement que les hommes.

Je sais que les ouvriers, eux, auront compris.

Je doute qu’un seul d’entre eux ait accepté de retourner travailler sur le chantier sans qu’il n’y ait eu expiation, de toute façon. En tout cas, pas avec le responsable de ce crime sur les lieux.

Mais ce rejeton mal dégrossi d’extraterrestre ne semble pas conscient de cet aspect de la situation. Pas plus que son compagnon.

Quels piètres meneurs d’hommes ils font !

J’ai même du mal à imaginer qu’ils aient pu se faire tolérer si longtemps par les ouvriers. Je me demande bien comment ils s’y sont pris !

Enfin…

Ah, j’allais oublier ! Je ne sais si je dois confesser dans ces pages mais…

J’ai accueilli le réveil inopiné de Palmer avec soulagement, en fait, car il m’a tiré d’un rêve extrêmement dérangeant. Tel que je n’en avais jamais fait auparavant.

Je parlais à un homme. Et cet homme…

Non, c’est idiot, c’est sans importance.

Il vaut mieux que je finisse de régler mes problèmes avec mes deux expériences de laboratoire qui s’ignorent au plus vite !

… à suivre

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On ne dit pas…

***

Rédaction : Shiva Rajah

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Vous connaissez tous les fameuses blagues sur les nains… On ne dit pas “un imposteur” mais : “un facteur de petite taille” !

Dans la même veine, quelques petits “on ne dit pas” à la sauce FF7, rien que pour rire un coup !

Hein ?

Si, si, Kadaj en tenue d’aérobic, ça a un rapport avec ce qui suit, vous verrez ! Promis !

***

On ne dit pas ” Le ton monte “ mais ” Shera prend l’escalier “.

On ne dit pas ” Lazard fait des courbettes “ mais “Lazard est nul comme prof “.

On ne dit pas “Barret a du cran”, on dit “Barret est frisé”.

On ne dit pas “Aerith a un potager”, on dit “Aerigh a un vieux copain”.

On ne dit pas “Immaculé Weiss” mais “Je me suis fait mettre par le boss”.

On ne dit pas “l’électronique” mais “Reeve fait l’amour”.

On ne dit pas “Yazoo avale une biroute” mais “Yazoo emprunte une route à 2 voies”.

On ne dit pas “Loz a un cerf-volant” mais “Loz est long à la détente”.

On ne dit pas “Le gestionnaire des taches” mais “Le chef des turks”.

On ne dit pas “Scarlet est paniquée”, mais “Scarlet cherche un mec”.

On ne dit pas “Cloud a vaincu”, mais “Le chocobo est pluri-anal”.

On ne dit pas “Le Général fait les vendanges”, mais “Sephiroth pète comme un Dieu”.

On ne dit pas “Cait est un chat hors pair”, mais “Le chat de Reeve est castré”.

On ne dit pas “Rufus a enclenché le processus de paix”, mais “Le patron va lâcher une caisse”.

On ne dit pas “La connerie” mais “Yuffie s’amuse”.

On ne dit pas “Décongeler” mais “Les idiots du cratère nord”

On ne dit pas “Cloud est incompétent” mais “Cet idiot de Cloud fait de l’aérophagie”

On ne dit pas “Compense” mais “Reno essaie de réfléchir”

On ne dit pas “Un instant” mais “Kadaj fait du stretching” (vous voyez, je vous disais bien qu’il y avait un rapport !)

On ne dit pas “Le Gospel” mais “Denzel a pris un coup de soleil”

On ne dit pas “ce jeune soldat s’est élevé à la force du poignet” mais “Zack est un branleur”

On ne dit pas “Ciboulette”, mais “Trois trois argentés dévêtus”

On ne dit pas “Un match interminable” mais “Un combat amical entre SOLDATS”

Vous avez aimé cette partie de rigolade ? Laissez-moi un commentaire !

Les murs murmurent toujours !

***

Rédaction : Shiva Rajah

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Troisième et dernière cargaison de graffitis version FF VII ! Ah ! Bah… C’est que j’ai plus de stock au bout d’un moment, moi ^___-

Et des murs des cuisines à ceux des douches, Hojo rouspète toujours !


(Dans la cafétéria des turks)

Déjà 6h00 du matin ? Il est plus que temps de nous cuiter !
Reno


- POSTE VACANT POUR CAUSE DE DECES -

Ouais… Encore une fichue excuse pour pas bosser !
Hojo


Dans les toilettes d’un bar à la mode de la Costa del Sol

A mon époque, la Costa del Sol, c’était les 3 “S” : Sea, Sun & Sex !
Cid

Et à la notre, c’est les 3 “M” : Mazout, Mélanomes & Morbacs !
Cloud


Sur le mur flambant neuf d’un labo de la Shinra

Pas un tag, pas un graffiti, pas une tache ! Je le cherchais, c’est : LE MUR DU SILENCE !
Lucrecia


(Dans les WC du SOLDAT, dans un état lamentable)

Mais enfin, qu’est-ce que vous avez fichu, ici ? ! On dirait qu’il y a eu un congrès d’aveugles parkinsoniens !
Hojo

Non, juste de vieux scientifiques de passage.
Sephiroth


Sur la camionnette de livraison de Cloud :

- ARRETS FREQUENTS -

Vessie faiblarde !
Zack


(Dans les WC du SOLDAT)

Vous qui venez ici, dans une humble posture
De vos flancs alourdis, décharger le fardeau
Veuillez, quand vous aurez soulagé la nature
Epancher dans l’amphore, un courant d’onde pure
Et, sur l’autel fumant, placer pour chapiteau
Le couvercle arrondi, dont l’auguste jointure
Aux parfums indiscrets doit servir de tombeau…
Genesis

Oh, là, là… Faut que t’arrêtes Loveless d’urgence, toi, hein !
Angeal

C’est pas Loveless, c’est du Musset, ignare !
Genesis

Oh, le boulet…
Zack

Ils ont raison, t’en tiens une sacrée couche !
Sephiroth

Toi, le héros de supermarché, on t’a rien demandé !
Genesis

Ah bah, valà ! Y nous l’a encore énervé ! LOLLLL
Angeal


Je pardonne à ceux qui m’ont offensé… mais j’ai la liste !
Tseng


Loz, t’es tellement con que s’il existait un championat de la connerie, tu serais même trop con pour le gagner !
Cloud

Et le championnat d’orthographe, enfoiré ? Tu t’inscris quand ?
Loz


(Discrètement gravé au pied d’une cuve Mako du réacteur de Nibelheim)

Plonge qui veut, remonte qui peut !
Anonyme


(Dans les WC des turks)

Reno, sois gentil, évite de tirer la langue à tout va ! Surtout quand elle est chargée.
Elena

Pourquoi ? T’as peur que je blesse quelqu’un ?
Reno


(Dans un des WC de la tour Shinra)

Ne déroulez pas le papier en le tirant entre vos jambes et n’arrachez que la longueur dont vous avez besoin ! Et, surtout… NE LE RE-ENROULEZ PAS SUR LE ROULEAU APRES USAGE !
Hojo

Putain, y’a des caméras, ici, ou quoi ?
Reno


(Dans les toilettes pour dames du 7ème ciel)

LES FEMMES N’ONT PAS BESOIN DES HOMMES !
Elena

Faut avouer qu’ici, on peut se débrouiller plus ou moins sans eux…
Rosso


(Dans les toilettes de la salle de tir des turks)

C’est ici que repose
Une certaine dose
D’une certaine chose
Qui ne sent pas la rose.
Celui qui se propose
De faire ici sa prose
Doit avant toute chose
Tenir la porte close.
Anonyme

Oh, non, merde ! Genesis, tu vas pas t’y mettre ici aussi, hein ! Les chiottes du SOLDAT te suffisent plus ?
Reno

Comment tu sais que c’est moi ?
Genesis

Baka…
Reno


(Mot sur le frigo, dans la cuisine du bar de Tifa)

Loz, je t’ai gardé ton repas dans la boîte bento bleue. Je te préviens que si tu laisses encore les légumes, tu as intérêt à trouver une explication plus convaincante que “j’aime pas ça” ou tu auras affaire à moi ! Tu donnes un très mauvais exemple aux enfants !
Tifa

O.K. Je n’en mange pas parce que je suis un grand émotif ! Comment peux-tu rester insensible au hurlement épouvantable de l’épinard plongé vivant dans une casserole légumicide ? Je refuse d’être mêlé à ce génocide ! J’ai donc laissé les légumes dans la boîte…
Loz


(Dans les douches du SOLDAT)

Hier soir, à l’entrainement, Sephiroth a paniqué !
Anonyme

Mais moi, oui !
Zack


Bel homme, fort, courageux, bonne situation, cherche jeune femme pour partager doux moments et plus si affinités…
Rude (poste 32 21)

Rudo, c’est les WC pour hommes, ici, crétin !
Reno


Le ghetto de ma liberté s’achève au bout de mes bras.
Kadaj

La vache, c’est profond… Mais qu’est-ce-que ça veut dire ?
Loz

A mon avis, qu’il vient de fumer un truc !
Yazoo


(Gravé sur la peinture flambant neuve de la carlingue du Tiny Bronco )

Le plaisir solitaire, c’est économique : pas besoin d’inviter votre main au resto après !
Anonyme

Vince, je sais que Lucrecia de manque et qu’il faut que tu te défoules mais là, t’es lourd…
Cid


Gravé le mur fraîchement repeint du labo d’Hojo, sous l’avertissement suivant :

- INTERDICTION DE GRIBOUILLER, DE PEINDRE, DE BOMBER OU D’AFFICHER SUR CE MUR -

Franchement, ça ne me serait même pas venu à l’idée !!!
Vincent

Bon sang ! Mais quel crétin lui a collé cette saleté de gant en métal ?!
Hojo

Si vous le découvrez, je veux bien le tuyau. Moi aussi j’aurais deux mots à lui dire…
Cid


(Sur le mur des toilettes du DEEP GROUND)

C’est ici que tombent en ruines
Tous les déchets de la cuisine.
Dans un lieu aussi respectable,
Il faut se tenir ici comme à table
Et garder le bord de la lunette
Aussi propre que celui de son assiette.
Si vous venez sans papier ni paille,
Lavez-vous les doigts au lieu de salir la muraille.
Anonyme

Ah non ! Nan, nan, Genesis ! T’es gentil, tu vas versificoter dans les chiottes du SOLDAT si tu veux mais pas ici !
Weiss

Merde, c’est pas vrai ! Mais comment vous faites pour savoir que c’est moi ?
Genesis

T’es vraiment une pomme, toi, hein !
Weiss


WUTAI AUX UTAIENS !
Anonyme

Et la frisée aux lardons !
Sephiroth

Et le poulet aux morilles !
Angeal

Et le steak au poivre !
Genesis

Et le chèque au porteur !
Zack

C’est fini, oui !?
Tseng


(Sur le mur de la bibliothèque du manoir de Nibelheim)

Avec la chance que j’ai, je vais sûrement me faire choper à écrire au marqueur sur ce putain de mu_

Game over ! Hojo : 1 - Reno : 0
Rude


Hojo, Palmer et Heidegger sont dans un avion en flammes et il n’y a que 2 parachutes. Question : qui se sacrifie ?
Zack

Réponse : on s’en fout !!!
Angeal


A 8 ans, Tifa rêvait de poupées et moi de SOLDATS. Maintenant, c’est moi qui rêve de poupées et elle qui rêve de SOLDATS !!!
Cloud

Loz peut la draguer, alors ?
Yazoo

Pourquoi ?
Cloud

Bah, t’en es pas un, non ?
Yazoo

Loz non plus !
Cloud

Non, mais il en a une plus grosse que la tienne !
Yazoo

Depuis quand il a une épée, lui ?
Cloud

Oh, la vache… Tu m’étonnes que t’as pas pu devenir SOLDAT !
Yazoo


Et si on parlait du plaisir d’enseigner ?
Lazard

Et si on parlait d’enseigner le plaisir ?
Sephiroth


(Dans l’ascenseur du DEEP GROUND)

- MAXIMUM 6 PERSONNES -

Ou 1 Azul…
Shelke


(Dans les WC du 7ème ciel)

Il y a quelque chose d’héroïque à commander un plat ici, quelque chose d’inconscient à l’avaler et quelque chose de maso à le payer. Suis-je un héros inconsciemment masochiste ? Un inconscient masochistement héroïque ? Ou un maso héroïquement inconscient ?
Lazard

Juste un con d’intellectuel…
Loz


FIN (Bah vi, a pu ! Ces petits mots sont inspirés de vrais graffitis et j’en ai plus en stock !)

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Parlez-vous Genesien ?

Avez-vous remarqué que Genesis est pour ainsi dire le seul à ne jamais employer les termes populaciers, voire parfois grossiers, chers aux autres personnages ?

Normal, c’est un lettré (en sus d’une grosses andouille, certes, mais lettré quand même).

Alors en exclusivité planétaire, voici pour vous quelques traductions des expressions courantes de notre Genesis national et qu’il est parfois difficile d’appréhender lorsque l’on ne fait pas partie du club très fermé des pros en “littérature-pour-lovelessfans-siphonnés-de-la-calotte” .


Extraits choisis

« Cesse tes simagrées, Angeal, car je sens une ascension rhino-moutardiere imminente ! »

Traduction : Arrête de faire le con, Angy, j’ai la moutarde qui me monte au nez

« Jeune home charmant mais qui souffre hélas d’un capilarisme epiglottal très marqué »

Traduction : Ce grand dadais a un cheveu sur la langue de la taille d’une balayette

« On ne va pas caquegluer à ce stade de la bataille ! »

Traduction : C’est pas le moment de chier dans la colle, les gars !

« Un cariolisme ante-bovin est la dernière chose à envisager »

Traduction : N’allez pas nous mettre la charrue avant les bœufs.

« Je crains que nous ne nous trouvions en situation de catacervicomerdose »

Traduction : Je crois qu’on est dans la merde jusqu’au cou

« Permettez que j’effectue une cession felino-linguale »

Traduction : Je donne ma langue au chat

« Ce garçon va finir cretinothanasié »

Traduction : Il va mourir idiot, ce con là

« Mes amis, que diriez-vous d’une brève crustafraction ? »

Traduction : Et si on cassait la croûte, les mecs ?

« Optons pour le cubitoludisme ou nous n’arriverons jamais au bar »

Traduction : Va falloir jouer des coudes pour aller s’en jeter un derrière la cravate, les gars.

« Je déplore une endororectocephalie depuis ce matin 8h00»

Traduction : Je me suis levé avec la tête dans le cul

« Faisons une geopalpation auprès du patron avant de lui exposer notre stratégie »

Traduction : Tâtons le terrain pour voir s’il ne risque pas nous lyncher

« J’endure une laryngofelinie tous les diables ! »

Traduction : J’ai une saleté de chat dans la gorge

« Sephiroth souffre de latrinogueusie, c’est évident ! »

Traduction : Sephy a vraiment des goûts de chiotte !

« Pardonne ma franchise, Angeal, mais il n’est plus temps de se laisser aller à la muscapedication »

Traduction : Quand t’auras fini ton enculage de mouches, Angy, on pourra peut-être passer aux choses sérieuses et avancer.


Vous, je ne sais pas mais j’ai soudain un de ces mal de tête, moi…

Cette fanfiction vous a plu ? Laissez un commentaire !

Le SOLDAT recrute !

Pas facile de devenir soldat de la Shinra…

Pourtant, avec les jeux vidéos toujours plus nombreux, les films et les reportages réguliers sur «super Sephiroth», de plus en plus impérieuse est l’envie, pour nombre de jeunes gens, de quitter les jupes de môman pour tenter l’aventure.

Seulement voilà : lorsqu’on a passé 18 ans à se faire chouchouter par « la-môman-chérie-à-son-fiston », pas facile de s’habituer à la vie militaire…

Mais, une fois de plus, la Shinra a tout prévu et, en exclusivité planétaire (et uniquement pour « ff7 yaoi fanfics »), voici pour la première fois dévoilés les secrets de la formation suprême, celle que les plus grandes écoles militaires de la galaxie envient à la firme, j’ai nommé : LE PROGRAMME DES COURS PREPARATOIRES AU CONCOURS DU SOLDAT ou « comment éveiller cet organe appelé cerveau, dont les jeunes recrues ignoraient l’existence jusque là ».

C’est pas gagné, hein…


PROGRAMME DES COURS PREPARATOIRES DES NOUVELLES RECRUES

Note : En raison de la complexité et de la difficulté des cours, seulement 10 participants seront acceptés pour chaque cours.

Ce stage préparatoire au concours du Soldat s’étend sur 5 jours, et comprend les modules suivants :


PREMIER JOUR

Thème : Mon arrivée à la caserne

Instructeur : Heidegger

8h30 : COMMENT RANGER LE CONTENU DE MA VALISE DANS MON PLACARD
Présentation tâche par tâche sur diapositives

10h30 : COMMENT TROUVER LES CHOSES SANS RETOURNER LA CASERNE EN POUSSANT DES CRIS DE HYENE
Forum

13h30 : S’HABILLER DECEMMENT TOUT SEUL ET NE PAS FAIRE SEMBLANT D’IGNORER OU SE TROUVE MON CASIER
Exercices pratiques

15h00 : COMMENT ETRE LE COMPAGNON DE DORTOIR IDEAL
Exercices de relaxation, méditation et techniques de respiration

16h00 : VIVRE A LA CASERNE : MON SUPERIEUR HIERARCHIQUE N’EST PAS MA MERE
Jeux de rôle


DEUXIEME JOUR

Thème : vos collègues femmes sont des soldats comme les autres

Instructeur : Sacarlet

8h30 : EST-IL GENETIQUEMENT IMPOSSIBLE DE RESTER TRANQUILLE PENDANT QUE VOTRE COÉQUIPIERE POSE L’HELICO OU GARE LE CAMION ?
Simulation de conduite

10h00 : MA COLLEGUE N’EST PAS MON INFIRMIERE
Présentation diapositives + jeux de rôle

11h00 : MA COLLEGUE N’EST PAS MA BONNE
Projection de documentaire + intervention de témoins

14h00 : MA COLLEGUE N’EST PAS MA MERE
Présentation PowerPoint

16h00 : NOTIONS ESSENTIELLES DE GRAMMAIRE : LE FEMININ DE “ASSIS AUX COMMANDES D’UN REMORQUEUR” N’EST PAS “DEBOUT DERRIERE L’ASPIRATEUR”
Jeux de rôle


TROISIEME JOUR

Thème : vivre à la caserne – la vie en communauté

Instructeur : Angeal

8h00 : PAPIER TOILETTE : POUSSE-T-IL TOUT SEUL SUR LES DISTRIBUTEURS ?
Table ronde

10h00 : JE NE FAIS PAS PIPI A COTE : JE M’AVANCE UN PEU ET OUBLIE MA PRETENTION
Exercice pratique avec vidéo

13h00 : ASSIETTES ET VERRES : PASSENT-ILS DU REFECTOIRE AU LAVE-VAISSELLE GRACE A LA LEVITATION ?
Débats - Intervention d’experts

15h00 : BOUTEILLES DE BIERE VIDES : DOIVENT-ELLES ALLER DANS LE FRIGO OU DANS LA POUBELLE ?
Groupes de discussion et jeux de rôle


QUATRIEME JOUR

Thème : se débrouiller tout seul sans maman

Instructeur : Genesis

8h00 : REPASSAGE EN 2 ETAPES : A) 1 CHEMISE EN MOINS DE 2 HEURES B) LA VAPEUR CA BRULE
Exercice pratiques avec des professionnels

10h00 : LE MENAGE DU DORTOIR, UNE ACTIVITE VIRILE ET VALORISANTE
Table ronde et exercices pratiques

12h00 : DIFFERENCES ENTRE LE PANIER A LINGE ET LE SOL ET COMMENT SE RENDRE A LA LAVERIE SANS SE PERDRE
Exercices pratiques avec paniers en osier

De 14h00 à 19h00 : COURS DE CUISINE PRATIQUE EN 3 ETAPES

Niveau 1 (débutant) : Les appareils ménagers « ON mettre en marche » « OFF arrêter l’appareil ».

Niveau 2 avancé : Mon premier « Shinra rapid’soup » sans brûler l’eau

Niveau 3 Expert : Faire un café sans oublier l’eau ou le café et ne pas utiliser le soluble qui est incompatible avec la cafetière


CINQUIEME JOUR

Thème : être un SOLDAT dans son corps et dans sa tête

Instructeur : Sephiroth

8h00 : Santé module 1 : SE LAVER TOUS LES JOURS EST SANS RISQUE POUR VOTRE SANTE
Présentation Power Point avec intervention du Pr. Hojo

9h00 : Santé module 2 : NON, LE GEL COIFFANT N’EST PAS UNE FATALITE, ON PEUT S’EN PASSER
Table ronde avec intervention de médecins addictologues

11h00 : Santé module 3 : COMMENT SURVIVRE A UN RHUME SANS PENSER ETRE A L’ARTICLE DE LA MORT
Table ronde avec intervention de médecins

14h00 : Vie pratique module 1 : DES HOMMES PERDUS PEUVENT DEMANDER LEUR CHEMIN
Témoignages du seul soldat mâle l’ayant jamais fait

16h00 : Vie pratique module 2 : SE RAPPELER DES DATES DE MISSION ET PREVENIR QUAND VOUS AVEZ DU RETARD
Apporter son agenda au cours

17h00 : Vie pratique module 3 : MON ARME N’EST PAS L’EXPRESSION DE MA VIRILITE, LA PREUVE PAR LES CHIFFRES
Apporter son double décimètre personnel

18h00 : COMPTE-RENDU DU STAGE AVEC L’EQUIPE PEDAGOGIQUE


En raison du nombre croissant des demandes, nous invitons les supérieurs hiérarchiques directs et les instructeurs à nous faire parvenir les demandes d’inscription dans les plus brefs délais.

Merci d’avance

CETTE FANFIC VOUS A PLU ? LAISSEZ-MOI UN COMMENTAIRE !

V - Seuls les morts sont froids

Le désir est l’appétit de l’agréable. “

Aristote

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scenario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Zack nous apprit que le seul poste de police de Gongaga se trouvait à deux pas de la maison de ses parents, sur la place du village.

Nous avions contacté Lazard par téléphone pour l’informer de ce qui s’était passé mais il s’était contenté d’un : ” cela regarde les autorités locales, désormais. Le président a interrompu la mission, vous n’avez plus rien à faire là-bas. Passez le dossier aux autorités compétentes, rassemblez le matériel sensible et rentrez à la base. Vous avez trois jours pour plier bagage. “

Ca avait au moins le mérite d’être clair…

En raison de la mauvaise visibilité et de l’état des routes, nous mîmes deux bonnes heures à parcourir les quelques quarante kilomètres à vol d’oiseau (le double par la route) qui nous séparaient de Gongaga, qui était, en fait, un village plus qu’un bourg.

Pas de lumière dans les ruelles, bien entendu, et des trous où je faillis plusieurs fois me briser les jambes.

Je ne sus que nous étions arrivés à l’antenne de police que parce que Zack me traduisit l’inscription à demi effacée peinte sur le mur de torchis. Jamais il ne me serait venu à l’idée que cette porcherie pouvait tenir lieu de commissariat local.

A peine passée la porte, dont seules quelques écailles témoignaient d’un ancien vernissage, l’odeur de sueur et d’huile rance me prit à la gorge.

Le policier de garde, un Gongagien bedonnant à la chemise blanche maculée de tâches, était affalé sur une chaise de bois qui avait vu des jours meilleurs. Il est hasardeux d’essayer de donner un âge aux gens de ce pays mais j’aurais dit qu’il devait avoir dans les quarante ans.

En nous entendant arriver, il leva vers nous un œil endormi et retira ses pieds de la table.

Visiblement, nous avions interrompu son petit somme.

Je vis Zack se lancer dans un discours, auquel je ne compris pas un traître mot, à grand renfort de gestes et d’exclamations mais le policier, ou ce qui en tenait lieu, se contenta de gratter sa barbe de trois jours et de chasser de la table un cafard gros comme mon poignet d’un revers de la main.

J’esquivai le projectile ragoûtant avec une grimace et me tournai vers Angeal.

- Qu’est-ce qu’il raconte ? demandai-je.

Angeal, concentré sur la conversation, me fit signe de me taire d’un geste et je soupirai.

Lorsqu’il entendit le nom de “Rufus Shinra”, seule chose que je saisis de la discussion, le policier tressaillit et se leva d’un mouvement brusque pour se lancer, à son tour, dans une diatribe sans fin en agitant les bras en tout sens.

Je ne sais pas ce que lui avait dit Zack mais cela avait eu l’air de faire son effet à en juger par la mine soudain inquiète du policier et par la façon dont il se tenait la tête, gémissant entre deux phrases.

- Mais qu’est-ce qu’il dit ? insistai-je.

- Chut ! rétorqua Angeal avec un geste irrité.

Je levai les yeux au ciel et fit claquer mes mains sur les cuisses en m’accroupissant sur le sol. Le cafard, de nouveau sur ses pattes, était juste entre les miennes et je me redressai aussi sec en jurant comme un charretier pour l’écraser brutalement sous ma semelle avec un bruit de craquement de céréales.

Je ne sais pas si ce fut à cause du bruit du cafard ou de celui du claquement de ma semelle sur le sol de bois fêlé - je chausse quand même du quarante-cinq - mais Zack et le policier cessèrent immédiatement leur conversation animée et se tournèrent vers moi.

J’en profitai.

- Alors ? demandai-je.

- Il ne veut pas s’occuper de l’affaire avant d’en référer à monsieur Shinra, soupira Zack.

Je faillis m’étrangler.

- Quoi ? m’écriai-je. Un homme a été assassiné et nous avons plusieurs cadavres sur les bras ! Il faut un légiste et au moins deux ambulances !

Zack commença à lui traduire ce que je venais de dire et s’arrêta en cours de route pour se tourner vers moi.

- Euh… Je crains que le mot ” légiste ” n’existe pas en gongagien, Général.

J’allais lui répondre lorsqu’Angeal me devança et adressa au policier quelques mots en un Gongagien laborieux.

Le visage de l’homme s’éclaira et il répondit quelque chose que je ne compris pas.

- Il dit qu’il en a vu un dans un film policier, le mois dernier… soupira mon ami d’un ton morne.

Je tapai à nouveau du pied, faisant sauter un éclat de plancher. Cette fois je commençais vraiment à m’énerver.

- J’exige qu’il prenne notre déposition et qu’il appelle un hôpital ! hurlai-je.

Zack traduisit mais l’homme secoua la tête, obstiné. Avec un grognement, je le saisis par son col de chemise et Angeal s’interposa, me tirant en arrière.

- Laisse tomber, Seph, c’est inutile. Ici, rien ne fonctionne comme chez nous. Allons plutôt voir son “altesse”. Ce type ne bougera pas le petit doigt sans son accord express.

Nous quittâmes le bâtiment et l’homme me jeta un regard terrifié avant de fermer doucement la porte derrière nous.

Notre véhicule n’avait pas bougé des abords du village, les ruelles étroites et les trous dans la chaussée ne permettant pas son passage à travers le village sans risquer de perdre une roue, 4×4 ou non.

Enfin… disons que le 4×4 break lui-même n’avait pas bougé… parce que les portières, elles, gisaient de part et d’autre sur le sol.

Avec un juron, Angeal se précipita, brandissant la torche électrique qui nous avait permis de trouver le commissariat sans tomber dans un trou.

En m’approchant à mon tour, je ne pus retenir une exclamation étouffée et Zack se mit à marmonner ce qui semblait être une prière pour chasser le mauvais oeil.

Visiblement, celui qui avait fait ça avait agi par pur plaisir de nuire car nous n’avions pas fermé les portières à clé. Il n’y avait donc nulle raison de les arracher.

De plus, rien n’avait été volé. Le sac à dos d’Angeal n’avait même pas été fouillé. Tout était intact sur le siège du conducteur et rien ne manquait du matériel.

- Bon sang ! Le type qui a fait ça devait être une force de la nature, remarquai-je en observant le métal tordu.

- C’est de la tôle ! répliqua Angeal en soulevant une portière. Personne n’aurait pu faire une chose pareille. Regarde-moi ça, on dirait qu’elle a été pliée comme une vulgaire feuille de papier.

La portière en question me faisait penser à une énorme papillote, comme celles que les femmes se mettent dans les cheveux pour les friser.

Angeal braqua la torche sur la seconde et la retourna du pied.

- Merde ! Merde ! Merde ! grogna-t-il. Il ne nous manquait plus que ça !

La seconde portière était éventrée comme si elle avait eu maille à partir avec une pelleteuse mécanique.

Des petits lézards glacés me descendaient le long du dos, mais, sachant que Zack nous observait pour savoir quelle attitude adopter, j’essayai tant bien que mal d’afficher une expression décontractée, comme celle des héros de films ou de jeux vidéo qui plaisantent devant la voiture qui vient de leur exploser sous le nez, manquant de peu de les faire rôtir.

- Qu’est-ce qu’on fait ? demandai-je, faussement sarcastique. On aura l’air fin à rouler comme ça. Remarque, ça économisera la clim. Je savais qu’ils n’aimaient pas beaucoup les étrangers, ici, mais à ce point là…

Angeal jura une fois de plus et nous fit signe de monter à bord.

- Oh putain ! s’écria Zack en ressortant vivement.

- Quoi ? demandai-je en m’approchant pour regarder prudemment à l’intérieur.

Pour toute réponse, Zack me désigna le siège passager et Angeal balaya la cabine de la torche.

Au début, je ne vis rien de particulier. Le siège du conducteur était intact, ainsi que le tableau de bord.

Là où ça se gâtait, c’était du côté passager - à savoir le mien.

Je crois que le terme “place du mort” se justifiait parfaitement dans ce cas : le fauteuil, mon fauteuil, avait été éventré avec une rage impressionnante. Des morceaux de mousse étaient éparpillés partout et le skaï avait été lacéré. Quatre belles coupures bien régulières, comme celles qu’aurait pu faire la patte d’un chat.

D’un très gros chat…

- Tous les fauves de la région se sont donnés le mot pour nous pourrir la vie ou quoi ? lançai-je dans une lamentable tentative pour faire de l’humour malgré l’angoisse qui commençait à me nouer le ventre. Ils sont de sortie ? C’est leur fête annuelle ?

Angeal tendit la main, prit un amas de coton déchiqueté sur le plancher et le déplia.

Mon sweat-shirt. Celui que je laissais en permanence dans la voiture au cas où.

Il ne restait même plus dix centimètres carrés de tissu intact.

- Je ne sais pas s’ils sont de sortie mais celui-là, c’est visiblement toi qu’il voulait. Tu dois avoir une odeur particulièrement appétissante.

Je lui arrachai feu sweat-shirt des mains avec un regard meurtrier, et m’en fis une sorte de ” coussin-serpillière ” pour empêcher les ressorts du siège de m’arracher la peau des fesses.

- Très drôle, dis-je en retenant un frisson. Allez, grimpe et démarre ! Je ne tiens pas vraiment à rester dans le coin avec une bestiole comme ça dans les parages.

Zack marqua un temps d’arrêt, avant de monter dans le véhicule, et nous le vîmes tourner la tête en direction du village en se mordillant la lèvre.

- Zack, ça va ? s’enquit Angeal, le faisant sursauter.

Le garçon rougit et acquiesça.

- Oui, monsieur. Bien sûr.

Mon ami sourit.

- Tu t’inquiète pour tes parents ?

Son protégé baissa les yeux, horriblement embarrassé.

- C’est que… je n’avais jamais vu un fauve s’approcher aussi près des habitations, monsieur.

Angeal hocha gravement la tête, d’apparence calme, mais je remarquai que le tendon de sa mâchoire jouait sous sa peau tandis qu’il serrait les dents.

Ah ! On peut dire qu’on avait du mal à le jouer, notre rôle de gros durs blasés !

Mon ami et moi avions beau faire les fiers à bras, nous étions tout aussi angoissés que le gamin par les événements de la nuit.

Et l’atmosphère lugubre n’arrangeait rien à l’affaire.

La lune était cachée par intermittences, les nuages noirs se déplaçant lentement avec la brise, et j’avais l’impression que chaque coin d’ombre cachait un monstre prêt à bondir. Je m’imaginai l’un de ces animaux me saisissant la jambe par le trou béant qu’avait laissé la portière et je me m’en écartait d’instinct le plus possible en essayant de me faire tout petit sur mon siège.

Zack avait raison de s’inquiéter.

Un fauve sur le chantier, on pouvait encore l’admettre, la dense forêt de Gongaga n’était pas loin. Mais ici, au beau milieu du village…

- Monsieur… murmura timidement le garçon.

Angeal lui adressa un sourire un peu forcé.

- Mhh ?

- Vous… Vous ne croyez pas qu’il pourrait s’agir de la même bête que sur le chantier, n’est-ce pas ?

Je sortis la tête de la voiture pour me tourner vers lui et éclatai de rire.

- Bien sûr que si ! raillai-je. Il nous a suivi en courant uniquement pour avoir le plaisir de te croquer les orteils ! T’as une touche, petit, y’a pas de doute !

Il rougit furieusement et Angeal secoua la tête.

- Tu sais mieux que personne combien il y a de fauves dans ce putain de pays, Zack. A mon avis, ils doivent crever de faim par manque de gibier ou un truc comme ça et ils sont sortis de la forêt pour trouver de la nourriture, point. A en croire les écologistes, il paraît qu’avec l’extension des cultures, les animaux ont de moins en moins d’espace vital. Qu’est-ce que tu ferais à leur place, mhh ?

Il hocha la tête.

- Vous avez sûrement raison, monsieur.

- Il a raison, fis-je avec un sourire qui se voulait rassurant. C’était un accident Zack, rien de plus.

Angeal lui désigna le village d’un mouvement du menton.

- File chez tes parents pour cette nuit et assure-toi qu’ils vont bien. Je passerai te chercher demain, lorsque nous aurons mis un peu d’ordre dans le camp.

- Non, je ne peux pas vous laiss…

- C’est un ordre !

Le garçon s’inclina.

- Bien, monsieur. Merci…

Il nous adressa un sourire reconnaissant et fila sans demander son reste avant que l’on ne change d’avis.

Nous nous mîmes en route et je frottai mes bras nus.

Je n’avais même pas pris le temps de mettre au moins un maillot de corps avant de partir et je commençais à le regretter.

Comment aurais-je pu deviner qu’une saloperie de bestiole allait réduite mon sweat en pièces, aussi ?

Saloperie de pays !

Tandis que nous reprenions le chemin du chantier, cette histoire de malédiction et de démon me trottait dans la tête. On a beau ne pas y croire, dans ce genre de cas, on ne peut pas s’empêcher de douter de tout, à plus forte raison de ses propres convictions.

Je repensai au chamane.

Il traînait sa puanteur dans toute la région et devait forcément être au courant que les fauves quittaient la forêt en quête d’un bon repas. N’importe quel imbécile sachant cela aurait pu faire une telle prédiction et j’étais persuadé qu’il connaissait l’existence du temple sous le réacteur, le salaud !

Il nous avait laissé creuser en se marrant dans son coin, attendant de faire sa petite entrée et de nous coller une frousse de tous les diables avec sa belle prophétie préparée de longue date.

Quel chien ! Il ne perdait rien pour attendre.

Je me massai la nuque en baillant. J’étais physiquement et nerveusement épuisé.

Angeal me donna une petite tape sur le genou et je tressaillis.

J’étais vraiment à cran.

- Essaye de dormir un peu, Seph. Nous n’arriverons pas avant deux bonnes heures, vu l’était de la route.

- Tu auras assez d’essence ?

Si on tombait en panne, là, au milieu de nulle part, je ne donnais pas cher de notre peau avec toutes ces bestioles en vadrouille. Cela devait être affreux de mourir de la sorte. Sentir sa chair se déchirer, lambeau par lambeau, être dévoré vif…

Je repensai aux cadavres des soldats et du cuisinier et me frottai les bras encore plus vigoureusement.

- Il y a trois jerrycans derrière, t’en fais pas. Tu as froid ? C’est la fatigue. Tiens, mets ça.

Tout en conduisant, il retira le pull de son uniforme et me le tendit, pour ne garder que son maillot.

Je l’enfilai avec reconnaissance.

Il était doux et la chaleur de son corps s’était communiquée au tissu. Je cessai instantanément de frissonner et frottai ma joue contre le col.

Il portait son odeur, un parfum fortement boisé. Pour un peu, si je prenais la peine de tomber dans un ridicule un tantinet romantique, je dirais que je me serai cru dans ses bras.

Je le regardai dans la pénombre que diffusait la lumière de phares : un visage anguleux et carré, des traits élégants et fermes et une carrure de lutteur. Angeal avait un corps à damner un saint.

Et si… “ me surpris-je à penser avec un sourire rêveur.

Bah, quoi ?

Pourquoi pas, après tout ? Il était de compagnie agréable et je savais qu’il avait eu une petite aventure platonique avec Genesis, dans son adolescence. Il suffisait peut être de peu de choses pour…

- Ca va ? me demanda-t-il, interrompant ma rêverie. Tu fais une drôle de tête.

Le charme était rompu et je redescendis brusquement sur terre.

Angeal était comme mon frère. Comment pouvais-je penser à des choses pareilles ?

Je secouai la tête.

- Si je te disais à quoi j’étais en train de penser, tu me jetterais en pâture aux fauves, répondis-je amèrement.

Il leva un sourcil et me coula un regard en coin avant de me faire un clin d’œil.

- Quand on voit la mort de trop près, on a envie de ça, c’est normal. Ca t’a pas fait ça, à Wutaï ? Moi, j’avais envie de baiser sans arrêt. Les psy disent que c’est une réaction… comment on dit déjà ? Tu sais pour exorciser le truc. L’opposition entre la vie et la mort, tout ça.

Je tordis le nez.

- Oui, je sais.

- Bah j’espère qu’à Wutaï, tu as eu plus de chance que moi.

Je fis la moue.

- Je n’ai pas tâté de la ” chair locale “, avouai-je.

- Tu n’as rien perdu.

- Les dames utaïennes ne sont donc pas des ” affaires ” ?

- Ni les hommes, d’après ce que j’ai entendu dire. A croire qu’un Dieu blagueur les a privés de libido !

- A ce point là ?

Il se tourna avec un sourire moqueur.

- T’as vu Tseng ?

Je ris de bon cœur.

- Oui, c’est sûr que, vu comme ça…

- Blague à part, tu n’as quand même pas passé tout ce temps à Wutaï à te serrer la ceinture !

- Non, j’avais une aventure avec un autre soldat, à l’époque.

Angeal leva le sourcil.

- Ah ? Qui ?

- Weiss. Enfin, quand son frère Nero voulait bien lui lâcher la jambe !

Il pouffa.

- Ah ! Ces deux-là…

- Ouais.

- C’est vrai que question jolis garçons, t’es pas gâté, par ici, dit-il en secouant la tête. Sérieux, ça fait combien de temps que tu n’as pas… Ah, merde !

La voiture fit un écart et je dus m’agripper à lui pour ne pas être projeté à l’extérieur du Break.

Il me sembla voir une masse noire passer dans mon champ de vision et un cri se coinça dans ma gorge.

C’était inconcevable.

Nous roulions à plus de soixante ! Cet animal ne pouvait pas nous suivre et certainement pas nous percuter ainsi sans y laisser un os.

Angeal parvint à rétablir le véhicule et coupa le moteur.

- Mais qu’est-ce que tu fais ? criai-je, paniqué. Tu veux te faire déchiqueter ? Redémarre ! Tu as vu la force de cette bestiole ?

Il me fixa un instant, interdit, et me posa la main sur l’épaule.

- Seph… On a crevé, dit-il comme s’il parlait à un simple d’esprit.

- Je l’ai vu ! Il nous a percuté ! Il était là, dehors, il est passé devant nous !

Je regardai partout, m’attendant à le voir surgir à tout instant pour enfoncer ses crocs dans ma cuisse.

- On a crevé, Seph… répéta Angeal. Il n’y a rien dehors.

- Bon sang ! Je te dis qu’il est là ! hurlai-je en me tournant en tout sens.

Avec un soupir, il tendit la main pour prendre le fusil et la torche derrière lui et sortit du break.

- Reviens ici tout de suite et redémarre !

L’angoisse au ventre, je le vis faire le tour de la voiture et balayer le paysage de sa torche.

Puis il se baissa pour ramasser quelque chose et se pencha vers moi.

- On a crevé, répéta-t-il en me tendant une pierre aiguë. Et il n’y a rien dehors, Seph, à part ces fichus cailloux coupants.

Je sortis du véhicule et regardai la roue.

Aucun fauve ne nous avait percuté, la roue était juste affaissée et dégonflée. On voyait parfaitement le silex qui y était fiché.

- Désolé… murmurai-je, honteux, en m’appuyant sur le 4×4.

Angeal commença à sortir un pneu de secours et un cric de l’arrière du véhicule et je l’aidai à changer la roue - sans pouvoir cependant m’empêcher de regarder par-dessus mon épaule, à la recherche d’une paire d’yeux luisant dans l’obscurité.

Les vis grippaient à cause de la poussière mais nous pûmes nous remettre en route assez rapidement, ce qui, je l’avoue, me soulagea.

Mon compagnon me jetait de fréquents coups d’œil, auxquels j’essayai de répondre par un sourire - hélas peu convainquant.

- T’es sur les nerfs, hein ? me demanda-t-il soudain.

Je regardai l’obscurité qui nous entourait et me laissai aller sur mon siège en soupirant, me couvrant le bas du visage des mains.

- C’est peu de le dire.

Il hocha la tête et m’adressa un sourire rassurant.

- C’est bientôt terminé, Seph. On va aller voir “sa majesté”, régler tout ça, et, dans trois jours, ce ne sera plus qu’un lointain souvenir.

Je laissai échapper un rire amer.

- Un lointain souvenir… Tu parles ! Ce connard blondinet m’a littéralement lynché ! J’aurais de la chance si, après ça, on ne me relègue pas à la surveillance des réacteurs… Et pour améliorer encore l’excellente impression que je lui ai faite, je viens de perdre quatre hommes par la faute d’un foutu chat de merde et d’un tueur mystérieux ! Chier !

Je frappai le tableau de bord du plat de la main.

- Seph…

- Chier ! Chier ! Chier !

Je me sentais au bord de la crise de nerfs, les cadavres déchiquetés dansant devant mes yeux, et fermai les paupières pour essayer de me calmer.

- Viens là.

J’ouvris les yeux et remarquai qu’Angeal s’était arrêté au milieu de la petite route déserte. Je ne m’étais même pas aperçu du silence soudain, provoqué par l’arrêt du moteur.

On n’entendait plus que le chant des insectes et le chuchotement de la brise, uniquement entrecoupés par le cri lointain d’un oiseau de nuit.

- Allez, viens là, répéta-t-il.

Il s’était à demi tourné vers moi et me tendait les bras.

Je m’y blottis sans réfléchir.

Il était plus petit que moi mais dégageait une force presque palpable. Je me sentais comme un petit garçon entre ses bras.

En sécurité.

Au chaud.

Je cessai immédiatement de frissonner, ses larges mains pétrissant mon dos, me communiquant leur chaleur à travers l’étoffe de son pull.

- Ce connard va me rétrograder, Angie.

- Bien sûr que non…

Il resserra son étreinte et le soupirai.

Le levier de vitesse me meurtrissait la cuisse mais je m’en moquais. J’étais bien entre ses bras.

Je sentais sa joue contre mon cou, les poils de sa barbichette qui me piquaient la joue et son odeur chaude, presque animale. J’avais besoin de cette chaleur et de ce soutien.

J’en vais besoin tout de suite !

Sans même m’en rendre compte, ma joue glissa sur la sienne et il eut un petit mouvement de recul lorsque mes lèvres frôlèrent les siennes.

- S’il te plaît, murmurai-je en le sentant se pétrifier. S’il te plaît, Angie…

Il recula et me fixa un instant sans comprendre. Je lui lançai un regard suppliant et sa bouche s’étira en un sourire indulgent.

- Allons Seph, ça va aller, reprends-toi, mon grand.

Je pressai alors mes lèvres sur les siennes et il fit une chose dont je ne l’aurais jamais cru capable : Angeal me frappa avec une telle brutalité que je dus m’agripper au tableau de bord pour ne pas être expulsé de la voiture sous la force du choc.

Je savais qu’il était une force de la nature, mais j’avoue que je ne m’étais pas non plus attendu à cela.

Il n’avait jamais été brutal avec moi, pas même durant nos entraînements et il n’avait que rarement haussé le ton.

La violence de son rejet me fit plus mal que le coup lui-même.

Il avait mis tant de rage dans son geste, tant de mépris, que j’eus l’impression de me retrouver devant un étranger.

- Angeal… chuchotai-je, sous le choc.

Ses lèvres se mirent à trembler et il secoua la tête.

- Je… je suis désolé, Seph, bredouilla-t-il. Je… je ne voulais pas cogner aussi fort. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Je crois que moi aussi, je suis à bout.

- Tu n’avais pas besoin de faire ça, fis-je d’une voix blanche.

Je commençais à sentir la colère me gagner.

Jamais je n’avais forcé qui que ce soit et Angeal le savait parfaitement. Il aurait suffit d’un simple ” stop ! ” pour que je le laisse tranquille.

Il tendit une main vers ma joue mais je la repoussai.

- Qu’est-ce qui nous arrive, bon sang ? soupira-t-il en s’adossant à son fauteuil, se prenant la tête dans les mains. Qu’est-ce qui nous arrive ?

Il semblait brisé.

- Oublie ça, Angie. Je suis allé trop loin, c’est de ma faute.

Il tourna la tête vers moi et tendit une main pour allumer le plafonnier.

La lumière vive m’éblouit.

Je fermai les yeux mais sentis ses doigts sur ma joue, qui commençait à me lancer.

- Je ne t’ai pas raté, mon pauvre Seph, remarqua-t-il en éteignant la petite lampe. Désolé.

Je souris mais n’osai pas le regarder en face ou faire un geste, de peur qu’il soit mal interprété. Un mur venait de s’élever entre nous et je sus que jamais plus je ne me permettrai un geste tendre ou amical à son endroit. Du moins, pas avant de longs mois.

Il dut s’en rendre compte car je le sentis se raidir.

- Il ne vaut mieux pas rester dans le coin, dis-je en détournant le visage pour regarder à l’extérieur.

Je le sentis s’écarter, remuer sur son siège et j’attendis sagement que le moteur se remette en marche, les yeux toujours fixés dans le décor, à travers le trou béant de la portière manquante.

- Seph ?

En soupirant, je me tournai vers lui et blêmis.

Il avait retiré son maillot et le haut de son pantalon était déboutonné, laissant apparaître quelques poils bruns sur le bas de son ventre.

Ma gorge s’assécha.

Angeal était bâti comme un dieu, une musculature ferme et bien dessinée roulait sous sa peau hâlée.

- Qu’y a-t-il, Seph ? murmura-t-il en souriant. On devient timide ?

- Angie…

Je n’osai pas faire un geste.

D’un mouvement qui fit gonfler son biceps, il actionna le levier de rotation de son siège, dont le dossier s’abaissa jusqu’à être totalement à plat sur la banquette arrière.

Confortablement allongé, il tendit une main autoritaire, qui se referma autour de ma nuque pour m’attirer à lui.

Sans savoir comment, je me retrouvai sous lui, ses mains se glissant sous mes vêtements, faisant passer le pull par-dessus ma tête, déboutonnant mon pantalon, courant sur ma peau et se faufilant entre mes cuisses…

J’étais un jouet entre ses mains et j’avoue que cela ne déplaisait pas le moins du monde, en cet instant.

J’avais envie de lâcher prise et c’est ce que je fis.

Pour quelques instants, j’oubliai les fauves, les morts et la peur de perdre bientôt un statut que j’avais mis des années à acquérir à la force des poings, tout au plaisir que m’offrait Angeal.

Il me fit l’amour avec ardeur, presque avec brutalité, mais j’avais au moins la certitude de ressentir les choses et d’être vivant. Pas comme ceux dont les restes gisaient dans la tente, là-bas, sur la colline…

… à suivre

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Les murs murmurent encore…

Vous les avez réclamés, les voilà ! Plus de graffitis version FF VII !

Qu’il s’agisse des murs des casernes ou de ceux des toilettes de la Shinra, Hojo n’a pas fini de rouspéter !

***

(Dans le vestiaire de la salle d’entraînement du DEEP GROUND)

Weiss signifiant “blanc” en germanique, pourquoi a-t-on appelé le frère de notre cher empereur immaculé “Nero” (du latin “nero”/”noir”) au lieu de “Schwarz” (du germanique “Schwarz”/”noir-sombre”) ?
Rosso

Pour que les idiotes aient quelque chose d’intelligent à dire (du ténébreux “j’t'emmerde” !)
Nero


- EN CAS D’INCENDIE NE PAS UTILISER L’ASCENSEUR -

Utilisez l’extincteur !
Vincent


Dans le dico médical d’Hojo, à côté du mot “blennoragie”, y’a marqué “Voir index”. J’ai regardé mes doigts, c’est bon, j’ai rien.
Zack

Seigneur ! Et c’est avec ça que je suis supposé faire des soldats d’élite…
Hojo


Ce qu’il y a de bien, dans la position du missionnaire, c’est qu’on peut continuer à lire sa BD !
Kadaj

En levrette, c’est mieux, t’as pas besoin de la tenir !
Loz

Que je revoie UNE BD traîner dans la chambre… UNE SEULE !
Yazoo


(Dans les WC de la salle de réunion des turks)

Vous êtes là pour éjecter votre bol fécal, pas pour le couver !
Tseng


(Sur le mur du vestiaire des Turks)

A ce qu’on m’a dit, ce mur serait réservé aux graffitis ! La, la, la…
Anonyme

Non, mon petit Reno ! Vos gribouillages immondes sont interdits, ce mur doit rester propre sous peine de sanctions !
Hojo (heureux possesseur d’une mini-caméra espion et d’un fusil de chasse à 2 coups chargé de gros sel !)

Oh, merde…


L’insupportable manie de repeindre ce mur est une atteinte à liberté d’expression !
Genesis

Continuez vos cochonneries et je vais vous atteindre autre chose, moi !
Hojo


C’est pas pour me vanter mais, aujourd’hui, il fait vachement beau !
Rufus

C’est contagieux, la mégalomanie ?
Weiss


(Dans la salle de commandement du WRO)

- NO SMOKING ! -

But salopette, yes !
Cid


Soutenez Cloud !
Yuffie

Pourquoi ? Il se sent mal ?
Angeal


- SOS SUICIDE : UN COUP DE TELEPHONE PEUT SAUVER UNE VIE -

Sur la tête, il peut aussi fracturer un crâne…
Sephiroth


Sephiroth for president !
Cloud

And Cloud for queen !
Cid


(Dans un ascenseur flambant neuf de la section des turks)

Voilà ce que j’appelle un ascenseur nickel. Pas une marque, pas un graffiti, pas une tache, rien. Bravo les gars ! Splendide !
Genesis


(Dans les WC du SOLDAT)

Plus de 5 secousses, c’est de la masturbation !
Reno


J’ai fait pipi à côté. Le faire a soulagé ma vessie. Le dire a soulagé ma conscience !
Kadaj


OAHHHH !!!! DES FILLES AVEC DES GROS NENEEEESS !!!!
Loz

Où ça, où ça ?
Rude

Rudo, il a écrit ça au mois de juillet ! T’es lent, mais t’es lent…
Helena


(Dans la salle d’attente du service d’évaluation psychologique du SOLDAT)

Je vois bien que vous m’en voulez, pour mon complexe de persécution !
Sephiroth

Depuis que j’ai mon complexe de castration, j’ai l’impression qu’il me manque un truc…
Angeal

Moi, j’aimerais bien avoir un complexe de castration, mon complexe de frustration ne me suffit plus !
Genesis

C’est ça, moquez-vous ! Attendez de vous coltiner un bon syndrome post-traumatique, vous ferez moins les malins !
Hojo


(Dans les toilettes du du bar de Tifa)

Soyez gentils d’écrire à hauteur des yeux. Trop bas, on se penche en avant et on déjante de la cuvette. Trop haut, on se penche en arrière et se fracasse le crâne sur la chasse. Merci d’avance.
Reeve


J’ai testé le mako, on dirait de l’eau de vaisselle…
Weiss

Je viens de palper l’infirmière, on dirait de la gélatine…
Azul

Je viens de d’essayer la piscine, on dirait une baignoire…
Nero

Je viens de payer les factures du Deep Ground. On dirait de l’arnaque !
Rufus


MERDE ! PUTAIN ! BORDEL ! CHIER ! (Maintenant que j’ai prouvé que je pouvais moi-aussi piloter une fusée, où faut-il s’inscrire ?)
Reno

Tu remets tes lacets, pour courir ?
Cid


(Gravé sur l’écorce d’un arbre de la cité des anciens)

Si tu es le garçon super canon qui s’est battu ici la nuit dernière avec les longs cheveux argentés, des yeux d’émeraude, un long manteau de cuir noir zipé, un pantalon moulant et une petite bouche en coeur, je ne dors plus la nuit !!!! Où t’as acheté ton flingue ? Répondre ici : ……………
Vincent


(Sur le mur du bar de Tifa)

Un repas ici : 4 heures de mastication, 40 heures d’aigreurs, 4 semaines de nausées, 4 années de plaidoiries.
Rufus


Un jour mon prince viendra !
Jenova

Depuis le temps que tu l’attends, quand il va te voir, il va avoir un choc…
Lucrecia


(Sur le mur de la salle de cours de Lazard)

Ceux qui ont le savoir, produisent. Ceux qui ne savent pas et ne produisent pas, enseignent. Ceux qui enseignent, transmettent aux nouvelles recrues ce qu’ils savent. Merde, qu’on me dise comment c’est possible !?
Sephiroth


Ce qu’il y a sur ce mur de WC est vraiment odieux !
Hojo

Jetez donc un coup d’oeil dans le miroir : c’est pire !
Weiss


(Dans les toilettes du réacteur de Nibelheim)

Pour gagner un superbe badge “tireur d’élite”, visez juste ! (Demander le badge dans bureau du fond, en sortant, là où y’a marqué “Pr Hojo”).
Anonyme


On me reproche toujours de passer mon temps dans “Loveless”
Genesis

Et moi, on me reproche toujours de commencer des trucs et de ne jamais les finir…
Sephiroth

Ouais. Les enfants, par exemple !
Kadaj


(Dans les WC des turks)

Ah, enfin !… S’asseoir, défaire son noeud de cravate et poser les pieds sur la porte, relax…
Rude


(Dans un ascenseur de la Shinra, au-dessus d’une moquette trempée)

Ce petit pissou m’a purgé de toute la haine que je nourris pour les ascenseurs à musique…
Reno

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IV - Chasse nocturne

« La guerre, c’est comme la chasse,
sauf qu’à la guerre, les lapins tirent. »

C. de Gaulle

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scenario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

- Du calme, Angie… chuchotai-je en regardant le pouce d’Angeal contracté sur le chien du fusil.

Il épaula et posa l’index sur la détente, tenant le canon et la torche de la main gauche.

Avec un tel dispositif, ce qui se trouverait face à la torche serait inévitablement dans la ligne de mire.

- Je me calmerai quand je saurai ce qui se passe là-dedans.

Avant d’entrer dans la tente, il balaya une dernière fois les alentours du faisceau de lumière, dans le sens des aiguilles d’une montre, et refit l’opération dans l’autre sens, plus lentement.

Rien ne semblait bouger.

Il s’apprêtait à tendre le bras pour saisir le rabat quand deux billes vertes accrochèrent un instant la lumière, sur notre gauche, à quelques mètres de la tente.

- Merde ! cria-t-il.

Je reculai d’instinct et il braqua la torche et le canon sur une tête monstrueuse où luisaient des crocs rougeâtres et grands comme des dagues.

- Tire ! hurlai-je au moment où j’entendais la détonation.

Je clignai des yeux, surpris par le bruit qui retentit et se répercuta dans les vallons sur une distance inimaginable.

Angeal tira deux cartouches et une masse de fourrure noire traversa le faisceau de lumière.

- Putain de bestiole ! jura mon ami en braquant la torche vers l’endroit où l’énorme panthère était partie.

- Je croyais que ces animaux étaient en voie de disparition ! fis-je remarquer, hébété.

Mon compagnon avança de quelques pas, dans la direction qu’avait prise le félin, et je le suivis pour scruter la colline en contrebas : un à-pic à donner le vertige.

- Une panthère volante, tu crois ? essaya-t-il de plaisanter.

- Cette saleté a dû faire le tour de la tente, elle n’a pas pu sauter.

- Merde !

Je regardais autour de moi en essayant de percer l’obscurité à la recherche de deux billes vertes et luisantes.

- Elle est partie, assurai-je.

- Tu crois ?

- Je l’espère, du moins…

Ca, c’est le genre de choses que je n’ai jamais pu expliquer.

Autant je peux affronter cinq hommes armés jusqu’aux dents sans broncher, autant les sales bestioles font monter mon stress à un niveau de tous les diables ! A plus forte raison quand la bestiole en question fait dans les quatre vingt kilos et a des dents comme des poignards…

- Oui, il a dû partir, soupira Angeal en retournant à la tente. Il a du venir de la forêt, ce fils de pute ! Il y a quelqu’un ? demanda-t-il en soulevant le rabat. Zack ? T’es là ? Ou vous vous êtes tous enfuis comme des lâches qui se… (Je lui montrai le rabat lacéré et sa voix fut remplacée par une respiration sifflante). Oh mon Dieu ! Zack !

Je le suivis à l’intérieur et mon cœur manqua un battement.

Ce n’était pourtant pas les premiers cadavres que je voyais, loin s’en fallait ! Lorsqu’on a fait cette putain de guerre de Wutaï, on est vacciné à vie pour faire face à ce genre de spectacle sans rendre le contenu de son estomac…

D’ailleurs, je n’oublierai jamais ma première rencontre avec un cadavre, là-bas. Je venais d’arriver, les lieux avaient été sécurisés et, curieux, je me promenais dans l’exotique capitale le nez en l’air, sans faire attention où je marchais. Et, fatalement, j’avais trébuché… pour me retrouver allongé et nez à nez avec un machin à demi putréfié, abandonné en pleine rue sur une civière débordante de fleurs fanées.

Ca m’avait fichu un sacré coup, je peux bien l’avouer !

J’appris plus tard qu’il y avait des coutumes mortuaires bizarres, à Wutaï. Ce qui expliquait que l’on baladait les macchabées à l’air libre pendant plusieurs jours, avant de le mener vers son bûcher funéraire au bord de l’eau au vu et au su de tout le monde, tel un paquet de linge à laver.

Ce n’est pas que je sois particulièrement impressionnable mais, franchement, je n’avais que seize ans et n’y étais pas préparé.

Au SOLDAT, tout ce qui concerne la mort est tellement tabou, pour ne pas décourager les nouvelles recrues, que voir des dépouilles participer pour ainsi dire au train train de la vie quotidienne à Wutaï semblait ” indécent “.

Je me doute que j’ai l’air d’un imbécile en disant ça. Je sais bien que ce n’est qu’une question d’éducation et de coutumes mais avouez que vous n’en mèneriez pas large non plus si vous aviez à l’improviste failli faire un ” love kiss ” à un cadavre recouvert de fleurs fanées - et je vous fais grâce de l’odeur !

Dans la tente où Angeal et moi nous étions figés de dégoût, il n’y avait pas de fleurs ou de cortège pour les malheureux qui gisaient sur le sol. Seulement du sang, des tripes répandues par des blessures béantes et la puanteur âcre de la peur et des corps à qui l’imminence de la mort ôte tout contrôle.

Pas de quoi faire des effets de style…

Ces deux jeunes soldats et le cuisinier, j’avais appris à les connaître et à les apprécier et voir leurs cadavres ainsi déchiquetés me serra les tripes.

- Zack n’est pas là, fit Angeal en parcourant les lieux du regard.

Il balaya l’intérieur de la tente de sa lampe .

- Il doit encore courir, à moins qu’il ne soit blessé et se terre quelque part près d’ici, fis-je avec une ironie morbide que mon compagnon n’apprécia pas.

Il s’était beaucoup attaché à ce garçon, semblait-il. Beaucoup plus que je ne l’aurais cru.

- Il faut le retrouver avant que ce fauve ne revienne, dit-il en sortant de la tente.

J’acquiesçai d’un signe de tête et lui m’emboîtai le pas.

- Zack est allé à bonne école, avec toi. C’est un garçon malin et adroit, il ne se serait pas laissé avoir aussi facilement, essayai-je maladroitement de me rattraper.

Angeal eut un petit rire nerveux.

- Si j’étais superstitieux, Seph, je me dirais qu’on aurait peut-être dû écouter le vieux fou qui nous a mis en garde cet après-midi…

Je me raidis.

- Ne sois pas ridicule ! Rien n’aurait empêché ce fauve de sortir de la forêt voisine pour venir se faire les crocs ici ! A tous les coups, il a été attiré par les bruits. Ou les odeurs de nourriture.

J’avais vu, dans un reportage, que les fauves n’attaquaient l’homme que lorsqu’ils ne pouvaient plus chasser de proies plus dangereuses - ou plus rapides.

Celui-là m’avait paru en pleine possession de ses moyens, pourtant !

Quoi que… en y repensant, pas aussi énorme qu’il m’avait semblé lorsqu’il avait émergé des ténèbres. Même pas aussi massif que les félins gras du bide que l’on voit se traîner mollement dans le zoo de Midgar.

Bien assez grand, cela dit, pour être dangereux.

S’il avait décidé de s’offrir un steak d’humain, peut-être avait-il prévu d’aller jusqu’aux abords de Gongaga. Mais comme nous avions installé le campement ici… Il en avait profité.

- Cette attaque n’est pas une malédiction, Angie, assurai-je, mais une épouvantable malchance ! S’accabler de reproches tardifs ne ramènera pas ces malheureux à leurs familles. Mais on peut peut-être encore sauver ton Zack.

Angeal enfila rapidement ses vêtements et moi mon pantalon et mes bottes sans même prendre le temps de mettre des chaussettes ou de me couvrir le torse - j’ai toujours détesté avoir quelque chose sur la gorge ou la poitrine, je ne sais pas pourquoi. J’avais toujours un pull d’uniforme de secours dans la voiture, de toute façon, au cas où.

Nous fîmes le tour du campement, maîtrisant nos craintes de ne retrouver que des morceaux épars de Zack.

Notre 4×4 nous attendait silencieusement dans le noir, sa silhouette trapue bien visible marquant le début de la sente qui menait à la civilisation, ou du moins, à la sécurité relative de la communauté humaine de Gongaga.

J’aurais donné n’importe quoi en ce moment pour me retrouver au milieu de la foule que j’évitais d’ordinaire. Je crois même que j’aurais pu serrer dans mes bras le vieux chamane poussiéreux s’il avait surgi des ténèbres !

Sans nous concerter, nous nous dirigeâmes droit vers le véhicule et un grincement métallique à peine audible nous fit nous raidir.

Angeal me fit signe de me tenir prêt à ouvrir la portière arrière du break, pendant qu’il pointait à la fois le fusil et la torche vers l’intérieur.

Tendu à craquer, je tirai si brusquement sur la portière qu’elle faillit sortir de ses gonds dans un odieux crissement qui résonna comme un gong en fin de course.

Dans le silence de la nuit, j’avais l’impression d’avoir commis un sacrilège par ce vacarme.

J’ignore encore comment, en dépit de cette tension accumulée, Angeal put se retenir d’appuyer sur la détente lorsqu’un mouvement se fit dans le véhicule.

Si j’avais été à sa place, j’aurais probablement causé un drame car c’était notre pauvre Zack, légèrement blessé à la jambe, qui y avait trouvé refuge.

- C’est vous ! soupira-t-il en nous voyant. Dieux merci !

*

Pendant qu’Angeal bandait la jambe de son protégé, celui-ci nous raconta qu’il avait aussi entendu les hurlements de ses camarades alors qu’il était sorti soulager sa vessie. Mais, au contraire de nous, en entrant dans la tente plongée dans le noir pour leur porter secours, il avait également reconnu le feulement sourd qu’il entendit. Et devinant la nature de la menace, il avait battu en retraite mais pas assez rapidement pour éviter un coup de griffe.

Il avait alors rampé jusqu’à l’abri des parois de tôle de la voiture, sûr que l’animal allait se précipiter à ses trousses.

Le garçon s’excusait à n’en plus finir de qu’il considérait comme de la lâcheté.

- Zack…

- J’aurais dû aller vous avertir, récupérer une arme, défendre mes compagnons !

- Il était trop tard.

- Le contremaître ? demanda soudain Zack. Damon ! Avez-vous trouvé Damon ?

Je secouai la tête.

- Pourtant, il a réussi à s’enfuir de la tente. Je le sais, je l’ai vu ! insista-t-il.

Nous refîmes donc tous trois le tour du camp.

En vain.

Nous trouvâmes pas le cadavre de Damon et personne ne répondit à nos appels.

Je ne sais lequel de nous trois eu enfin l’idée d’aller jeter un œil dans les fondations.

Sans doute pas Zack car, depuis le début de l’après-midi, tous les Gongagiens manifestaient une réticence maladive à s’approcher du temple.

Rufus Shinra leur avait bien sûr interdit de le faire, certes, mais au vu de leurs visages décomposés par la peur, cette interdiction était totalement superflue.

Angeal et moi descendîmes la pente abrupte menant au fond du trou et je l’entendis jurer dans la pénombre en se frappant trois fois le front.

Ce geste me surprit par je ne l’avais jamais vu manifester une ombre de superstition.

Cela dit, en de telles circonstances, j’arrivais presque à le comprendre.

Angeal avait déjà travaillé ici, avant, ainsi qu’à Canyon Cosmo, où les mythes étaient au moins aussi vivaces qu’à Gongaga. Qui savait ce qu’il avait pu voir au cours de ses missions ? Il faudrait que je le questionne là-dessus, un jour. Mais pas en pleine nuit, après trois cadavres mis en pièces et près d’un temple profané…

Angeal se glissa sous le ruban de plastique censé interdire l’entrée par la crevasse ouverte dans le mur du temple, la torche en avant.

Après un pesant silence, il laissa tomber :

- Je l’ai trouvé.

A son ton neutre et à son dos raidi, je devinai une autre mauvaise nouvelle.

Je le rejoignis et vis le corps du contremaître étendu sur l’autel de pierre et couvert de sang comme les autres.

Je notai que les blessures n’étaient pas dues à un fauve ou à quelconque animal : cet homme avait été égorgé par une lame, non par des crocs ou des griffes !

J’échangeai un regard avec Angeal, hésitant à formuler des conclusions qui pourraient s’apparenter à des accusations.

Avions-nous un meurtrier sur les bras en sus d’une bête fauve ?

Nous ne pouvions fournir aucune réponse à cette question pour l’instant.

… à suivre

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III - Nuit d’angoisse

« Où serait le mérite,

si les héros n’avaient jamais peur ? »

Alphonse Daudet

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scenario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Lorsque Rufus annonça la suspension des travaux, la plupart des ouvriers rentrèrent chez eux à pied sans même réclamer leur rétribution et le chantier me parut horriblement désert. D’habitude ils restaient dormir sous leur tente et ne repartaient au village qu’une fois par semaine, le jour de la paye.

Ce soir-là, seuls le contremaître, le cuisinier et trois hommes étaient au camp en sus d’Angeal et de moi-même. Mon ami était parti ruminer dans sa tente sans même se donner la peine de manger la nourriture gongaïenne, délicieuse mais trop épicé qui m’avait donné des brûlures d’estomac et des coliques durant les trois premières semaines, ce qui avait beaucoup amusé Zack fair, le petit protégé d’Angeal.

Ce dernier semblait horriblement déçu par la décision de Rudus mais, surtout, très en colère. Je crois qu’il devait m’en vouloir de ne pas avoir suffisamment étudié le terrain avant de commencer les fondations.

Comment pouvais-je deviner qu’une bande de sagouins s’était amusée à creuser un temple dans la roche de la colline pour le condamner ensuite sans la moindre indication de son emplacement ?

Je ne suis pas une devineresse cétra !

Las, je m’assis en tailleur sur le sol, devant ma tente, et allumai une de ces infectes cigarettes à… A quoi, d’ailleurs ? Mieux valait ne pas le savoir mais c’était les seules que l’on pouvait trouver dans le village le plus proche, distant d’une bonne dizaine de kilomètres à vol d’oiseau.

Il n’y avait pas un souffle d’air et la seule chose que l’on entendait était le bourdonnement des moustiques et le murmure des prières du cuisinier et du contremaître.

Depuis que Rufus était parti, ils n’avaient cessé de prier et leurs mélopées me donnaient le bourdon.

Je regardai ma montre bracelet et dus essuyer le cadran couvert d’une poussière rougeâtre pour lire l’heure.

20h00.

Le soleil se couchait et le ciel était d’un rouge agressif, recouvrant le paysage d’un voile sanguinolent. On avait une belle vue depuis le haut de la grande colline.

D’après ce que m’avait expliqué Angeal, le nom de cette colline avait été emprunté à des entités célestes qui commandent aux vents : les mâruts. Il m’a montré une représentation de ceux-ci sur Internet. Il s’agissait de Dieux terrifiants, aux bras multiples et au visage agressif. Il avait ri de ma réaction en m’expliquant que les Mâruts n’était en rien des Dieux maléfiques, tout au contraire.

Au nord, la colline Mârut formait un à-pic de vingt mètres qui donnait sur la route ; l’emplacement que j’avais choisi pour construire la véranda du laboratoire attenant au réacteur.

A cet endroit du sommet, le terrain était droit et plat sur à peu près 1200 mètres carrés ; puis le sol s’abaissait en pente douce vers le sud. Vue du ciel, la colline devait avoir la forme d’une énorme virgule. A perte de vue c’était un terrain vallonné, aride, parsemé de petits bosquets d’épineux, à travers lequel serpentait le large ruban de terre battue qui menait à la rivière.

A une dizaine de kilomètres de la pointe de la virgule, cependant, une masse verdâtre inextricable attirait le regard. C’était la forêt sacrée de Gongaga.

Zack m’expliqua que des milliers de gens y venaient en pèlerinage car c’était dans cette région qu’un Dieu local supposé faire des miracles avait passé son enfance. J’avais insisté pour m’y rendre.

C’était l’une de ces forêts du cru où il valait mieux éviter de mettre les pieds si l’on ne voulait pas se retrouver face une bestiole aussi attachante qu’un serpent vert ou à un troupeau de singes amoureux qui vous collaient aux basques et vous mettaient leur derrière pelé sous le nez, sûrs de leur sex-appeal. Les serpents, c’est vrai, étaient monnaie courante et, une fois, une énorme vipère s’était introduit dans ma tente. J’avais poussé un tel hurlement que je ne sais pas lequel, du serpent ou de moi, avait été le plus effrayé par l’autre. Il avait filé sans demander son reste et j’avais passé une semaine à sursauter à chaque fois que je voyais un câble ou une corde traîner sur le sol.

Pour l’instant, ce n’était pas tant les serpents qui m’effrayaient que le silence entrecoupé par le bourdonnement des moustiques et des prières.

Je fixai le trou des fondations et un frisson glacé me remonta le long du dos. Je ne croyais pas une seconde, bien entendu, qu’une quelconque bêbête digne d’un roman d’horreur allait sortir de là, comme semblait le craindre son altesse Shinra de mes genoux, mais il fallait bien reconnaître que l’ambiance était tout ce qu’il a de lugubre sous ce ciel sanglant. La terre elle-même semblait gorgée d’hémoglobine.

Et si ce terrain appartenait à la famille de Rufus depuis des dizaines d’années, il était fort probable que ce fut bien le cas…

D’après ce que j’avais lu, l’étripage entre familles, clans, castes - ou comme on voulait bien les appeler-, semblait faire partie depuis belle lurette du sport régional, au même titre que les combats de cailles ou de coqs.

J’essayai de m’imaginer Rufus, installé sur son chocobo, en train de mener ses troupes au combat, aboyant des ordres et sautant sur le cul de sa volaille au rythme de sa marche lourdaude.

J’ajoutai au tableau un Palmer gras double courant à ses côtés, parasol ou éventail en étendard, tout en sautillant de temps en temps pour lui tendre un bol de cacahouètes et l’allégorie était presque assez cocasse pour être digne de son altesse ridiculissime.

Bon sang ! Quel gâchis d’avoir mis un tel abruti dans un corps pareil.

Je sortis de ma rêverie pour m’apercevoir que le soleil s’était couché.

Plus aucune lumière ne brillait dans le camp et ma cigarette s’était consumé et éteinte. J’en allumai une seconde et fixai la pleine lune.

Elle me parut énorme.

Après la vision d’un paysage baigné de sang, tout me paraissait à présent couleur de cendre grise.

“Eh allez ! D’abord tu vois le sang, les batailles et la mort et, maintenant, de la cendre. Remarque, t’as de la logique dans tes délires mon pauvre Sephiroth : après la boucherie, le bûcher. Normal. Faut bien se débarrasser des restes”.

Un Rufus échevelé, en larmes et hurlant de désespoir, se dessina devant moi. Je secouai la tête pour chasser cette image et regardai ma cigarette, suspicieux.

“Mais qu’est-ce qu’ils mettent dans leurs putain de clops ?”

Je l’écrasai sous ma semelle et me relevai avec un soupir pour entrer dans ma tente.

J’allumai la lampe posée sur une caisse de matériel en fer blanc, juste à côté de mon lit de camp, et elle vacilla durant un instant. Il était grand temps que je change la batterie.

“Demain”, me promis-je avant de me déshabiller et de jeter mes vêtements à la ronde.

“Quel désordre”, pensais-je en m’allongeant sous la moustiquaire.

Des plans étaient épars sur la planche de contre-plaqué montée sur tréteaux qui me servait de table. Une chaise, une malle, quelques caisses de matériel, une bassine et un nécessaire de toilette complétaient le reste du mobilier, le tout dans une disposition plus qu’approximative et branlante. Quelle misère…

Je me grattai le menton. Après deux jours sans rasage, ma barbe naissante me démangerait.

“Demain”, me dis-je encore en tendant la main pour éteindre la lampe.

Elle était trop loin.

“De toute façon, il n’y a plus de jus…”

Fainéant pour fainéant…

Je fermai les yeux, bras derrière la nuque et essayai de dormir.

En fait, j’étais épuisé. Le drap de coton était agréablement frais mais quelque chose me chatouillait les pieds. Les miettes des biscuits de la veille sans doute. Ou de l’avant veille.

Je secouai les jambes.

Les miettes irritantes tombèrent au fond du lit.

Les voilà qui m’égratignaient le mollet à présent. Elles avaient décidé me m’empoisonner la vie ou quoi ?

Je secouai rageusement les pieds pour les faire tomber.

Elles revinrent à l’assaut de mes cuisses, grimpèrent sur mon ventre, remontèrent vers la poitrine et j’ouvris brutalement les yeux.

Les miettes, ça ne cavale pas… mais les araignées, oui !

Avec un cri de dément, je bondis hors de mon lit, emportant la moustiquaire, dans laquelle je m’empêtrai, et sautai sur place en agitant la tête tout en me donnant des claques sur le corps.

En y repensant, je devais avoir l’air d’un bel épouvantail à moineaux ou d’un fantôme pris d’hystérie.

La mygale détala sous la malle et j’essayai de reprendre mon souffre en luttant pour me débarrasser de la monstrueuse toile d’araignée en mousseline couverte de dépouilles de moustiques. J’entendais encore l’écho de mon cri se répercuter dans la tente.

Tiens… Depuis quand ça avait de l’écho une tente ?

Je me figeai et tendis l’oreille.

Ce n’était pas un cri mais plusieurs hurlements qui se mêlaient jusqu’à ne plus former qu’une lamentation aiguë et hideuse qui me donna la chair de poule et me noua les entrailles.

De ma vie, je n’avais jamais rien entendu de semblable.

Sauf peut-être une fois, lorsque j’étais enfant.

Genesis m’avait invité chez lui, à la campagne, et nous étions tombés le jour le l’abattage des porcs. Les pauvres bêtes poussaient ce genre de cris quand le boucher du village les traînait à travers la cour de la ferme. Ils sentaient qu’ils allaient mourir et qu’ils ne pouvaient rien faire pour se soustraire à ce qui les attendait. Leurs cris devenaient tellement aigus et hystériques qu’ils ressemblaient à ceux d’un enfant. Ils persistaient un long moment lorsque le boucher leur maintenait la tête au-dessus d’une bassine en plastique, où le sang était récupéré pour confectionner les boudins, et leur tranchait la gorge comme on découpe un steak, à grands va et vient de lame, la peau étant trop dure pour la couper proprement.

Oui, ce que je venais d’entendre ressemblait exactement à cela.

Le hululement se mua en un gémissement atroce et se tut.

Je posai la main sur le rabat de la tente et hésitai.

Les croyances des ouvriers me semblaient d’un coup beaucoup moins ridicules…

Et si l’étrange créature qu’avait vomie les fondations où nous avions creusé m’attendait, là-dehors, dans le silence ?

La lampe vacilla, faisait scintiller la lame de Masamune, posée sur la table, et s’éteignit, ajoutant encore à mon angoisse.

Je ne pouvais pas rester indéfiniment planté dans le noir, accroché à un bout de toile.

Je secouai la tête et, d’un geste rageur davantage destiné à me persuader de mon courage qu’à l’exprimer, ouvris le rabat et sortis.

La silhouette massive qui me faisait face me fit tressaillir et un éclair de lumière vive m’aveugla.

- Tu as entendu ?

Je soupirai de soulagement en reconnaissant la voix d’Angeal.

- Oui, dis-je, la gorge sèche.

Il se dirigea vers la tente qui servait d’abri aux ouvriers et à nos hommes.

Je lui emboîtai le pas, mon rythme cardiaque dansant la gigue.

En dépit de la chaleur, j’étais glacé jusqu’aux os.

Je remarquai alors qu’il tenait un fusil à la main et lui étais reconnaissant d’avoir pris une telle initiative.

A quelques mètres, dans la tente du contremaître, tout semblait silencieux et calme.

Trop calme.

Comme si une chose tapie dans l’ombre attendait que nous soyons suffisamment près pour nous sauter dessus.

C’était là.

Je le sentais comme quand un chatouillement sur la nuque vous avertit que quelqu’un vous regarde.

Je voulus prévenir Angeal mais, au moment ou j’ouvris la bouche, cela me parut si ridicule, si fantaisiste, que je la refermai aussitôt.

C’est étrange comme le surnaturel prend immédiatement le dessus dès que l’on ne peut pas donner d’explication à son angoisse.

Sans doute quelque pan de mur s’était-il effondré dans le trou. Les ouvriers avaient pris peur et avaient dû fuir à toutes jambes, voilà pourquoi tout était silencieux.

Angeal avançait lentement, méfiant. Il scrutait l’obscurité en balayant le camp du faisceau de sa torche.

N’eut été la situation difficile, j’aurais presque ri de l’image qu’il offrait : muscles tendus à craquer, le fusil dans une main et une torche dans l’autre, avec, pour tout vêtement, un short ridicule offert par Zack et imprimé de petits lapins “touche pas à ma carotte”.

Curieusement, un air frais s’était levé et la poussière était froide sous mes pieds.

J’avais la chair de poule.

La lune, qui m’avait paru si lumineuse quelques instants auparavant, disparaissait par intermittence sous le voile des nuages.

Angeal s’arrêta devant la grande tente silencieuse, bien campé sur ses jambes, et je le serrais de tellement près que je faillis le heurter.

- Tout va bien là-dedans ? demanda-t-il d’un voix enrouée.

Pas de réponse.

Il me lança un regard anxieux et haussa le ton pour demander :

- Vous êtes là ? Zack ? Est-ce que tout va bien ?

Toujours rien.

Je le vis déglutir avec difficulté et armer le fusil.

La culasse émit un bruit sec et métallique…

…à suivre

II - Patron à céder. Beau. Imbuvable. Très peu servi.

« Un patron, c’est ce genre d’individu qui vous pose une question,

répond à votre place et vous accuse ensuite de parler à tort et à travers. »

Anonyme

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scenario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : Illustration tirée du doujinshi “BUBBLES” du Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Bien qu’irrémédiablement agnostique et sceptique, je laissai momentanément de côté mes convictions pour adresser une rapide prière à mon ange gardien, ou n’importe quoi d’autre qui pouvait m’en tenir lieu.

J’étais tout prêt à aller faire une offrande à n’importe quel Dieu qui mettrait sur ma route un spécimen pareil !

A vue de nez, un mètre quatre-vingt de classe et de grâce moulé dans un costume blanc fait sur mesure. Pour un peu je regrettais de ne pas être couturier pour prendre les mesures en question.

Le nouveau venu, à qui je donnais dans les vingt-deux, vingt-cinq ans maxi, ôta ses lunettes de soleil, révélant des yeux en amande aux prunelles bleu-gris comme un ciel d’hiver, hypnotiques. Avec ça, un visage digne d’une statue, bien dessiné sans être trop fin, et les cheveux blonds. Détail curieux, il tenait un mouchoir devant sa bouche pour ne pas respirer la poussière du chantier. Drôle de dandy…

A voir les manières de l’obséquieux en chef, cet Apollon au teint de porcelaine n’était autre que le Rufus Shinra en personne.

Ma journée s’éclaircissait-elle par miracle ?

Cela ne pouvait pas durer…

Et en effet, la faute de goût impardonnable était la poule qui faisait signe à Palmer ” gras-double ” pour lui ouvrir la portière de la voiture de luxe. A peine extirpée de l’habitacle, elle alla se pendre au bras de Rufus, autant pour lui coller ses seins sous le nez que pour ne pas trébucher avec ses talons aiguille sur les pierres du chantier.

Je me demandai où il l’avait trouvée - et surtout combien il l’avait payée - tout en estimant que quel que soit le prix, c’était trop cher.

Attention, que les choses soient claires : je ne déteste pas les femmes par principe. Tout au long de ma courte vie, j’avais déjà croisé de superbes créatures comme on peut en admirer sur les couverture des magazines et même couché avec beaucoup d’entre elles. Difficile, même pour moi (car, à en croire Angeal et Genesis, je suis ce qui se rapproche le plus d’un morceau de glace en matière d’affectivité et de romantisme), de ne pas apprécier leur beauté.

Mais Rufus, lui, descendant de plusieurs générations d’élégance raffinée, se promenait aux bras d’une abomination aux cheveux décolorés coiffés en palmier, moulée dans une mini-robe en skaï noir au ras des fesses et affublée d’un collier de chien clouté !

Il dégringola d’une belle volée de marches dans mon échelle d’intérêt et je commençai à comprendre l’origine des directives aberrantes de Palmer pour la sécurité et la discrétion des lieux. Moi qui espérais à moitié que ” gras-double ” était en partie responsable de l’excès de ” sécurite aiguë ” et que je pourrais discuter avec son patron, j’en étais pour mes frais… Pourvu qu’il ne me demande pas d’aménager un donjon sado-maso dans la cave avec des caméras cachées tournant en permanence !

Laissant de côté mes goûts personnels pour redevenir un soldat 1ère classe responsable de la sécurité, professionnel et neutre, je me portai à la rencontre de Rufus Shinra et de sa suite.

Il jeta un regard méprisant à ma main tendue, déjà noire de poussière collée par la sueur, et dédaigna de la serrer. Je ne pouvais guère lui en tenir rigueur…

Son sous-fifre intervint avec une courbette et récita comme s’il avait passé la nuit à répéter devant son miroir :

- J’ai le grand honneur de vous présenter le président directeur général adjoint, membre éminent du conseil d’administration de la ville de Midgar, chargé de mission pour le cabinet de gestion de l’énergie et en charge du dossier de restructuration du budget, monsieur Rufus Shinra.

A le voir reprendre son souffle, on comprenait aisément qu’il ait dû s’entraîner. Chaque titre et syllabe semblait élever d’un degré supplémentaire le piédestal où était juché son patron, qui me toisait du haut de son curriculum vitae.

Mais à ce jeu-là, nous pouvions être deux.

- Enchanté. Sephiroth Hojo, fis-je avec une ombre de sourire.

Je marquai une pause, puis ajoutai en élargissant mon rictus :

- Mais vous pouvez m’appelez ” Général “, en toute simplicité.

Pour une fois, j’eus une pensée reconnaissante au père du dandy pour ce grade, gagné de haute lutte durant la guerre de Wutai.

En réalité, tous les gens que je connaissais m’appelaient simplement par mon prénom - voir Seph ou Sephy pour certains - mais je n’avais pas l’intention de faire une fleur à ce fils à papa pète-sec.

La moue pincée de son altesse sérénissime, qui en oublia de se couvrir la bouche de son mouchoir, me dit que j’avais atteint mon but.

Je contins un sourire et me promis de faire un effort pour ne pas me montrer trop désagréable. D’ailleurs, me souvenir que je devais rendre des comptes à ce type dissipa aussitôt toute envie de rire comme une douche glacée. Aussi glacée que la voix de Rufus quand il me demanda où en étaient les travaux.

Son langage châtié était aussi impeccable que son costume mais je n’allais pas m’en laisser conter par un nobliau.

- Eh bien, comme vous le voyez, le vieux temple a été rasé. Nous creusons actuellement les fondations dans les ruines pour installer le réseau de thermo-détection. Voulez-vous voir cela de plus près ?

Sa poule lui lança un regard peu enthousiaste et lui-même fronça le nez en regardant les ouvriers charrier les pierres concassées hors des tranchées béantes.

Inutile de me faire un dessin… Il n’avait pas envie de salir ses chaussures à vingt mille gils pour aller voir suer les hommes qui rénovaient son fichu réacteur.

Je craignis de ne pas pouvoir rester civil bien longtemps avec ces trois snobs quand des cris et un grondement sourd retentirent.

Un nuage de poussière s’éleva soudain des fondations, et Angeal courut vers la source du vacarme. Je m’élançai moi aussi, laissant son altesse planté près de sa voiture de luxe.

Les ouvriers s’étaient regroupés autour d’un des leurs, qui avait lâché son marteau piqueur et se tenait la tête entre les mains. Devant lui, le sol s’était effondré et béait sur ce qui semblait être une cave plongée dans l’obscurité.

Je repoussai ses collègues pour l’atteindre, devancé par Zack et Angeal.

L’ouvrier s’était figé, comme s’il s’attendait à être foudroyé sur place. Je le secouai doucement.

- Eh ! Ca va aller ?

- Il est juste choqué, intervint Zack.

L’homme secoua la tête et vomit un flot de plaintes incompréhensibles.

- Du calme, fis-je en le prenant par les épaules. Ce n’est rien, personne n’est blessé. Qu’est-ce qu’il dit ? demandai-je à Zack.

- Il n’arrête pas de répéter qu’il a commis ” un péché “.

- Un péché ? Il y a eu un accident, ça arrive. Dis-lui bien qu’il ne sera pas renvoyé pour ça.

Zack traduisit et l’homme se calma un peu.

- C’est quoi le trou, en dessous ? demanda Angeal.

- Il faudrait commencer par faire le plan de ces caves du vieux temple - ou quoi que ce ça puisse être - et voir comment en tirer parti ou les éviter. On ne peut pas faire passer des tonnes de câblage destiné à transmettre des données sécurisées comme ça, à l’aveuglette, au-dessus d’un espace vide dont on ignore s’il est accessible ou non de l’extérieur.

L’ouvrier désigna du doigt des pierres sculptées mises en pièces, à ses pieds. Il blêmit, pour autant que je puisse en juger sous la terre qui le couvrait, et leva vers moi des yeux pleins de terreur en débitant je ne sais quelles explications d’une voix tremblante et surexcitée.

- Qu’est-ce qu’il dit ?

- Le temple, traduisit Zack. Il dit qu’un démon était enfermé sous le temple.

Allons bon… Il ne manquait plus que ça à ma journée ! J’allais finir par croire à leurs sornettes et penser que j’avais écopé d’un mauvais karma en débarquant ici.

- Que se passe-t-il ? demanda une voix sèche au-dessus de moi. De quel temple parlez-vous ?

Rufus m’avait suivi, au péril de ses mocassins en… en je ne sais quoi d’ailleurs - pas du cuir en tous les cas -, et semblait hypnotisé par l’ouverture béante dans les fondations des futures enceintes de son réacteur mako.

La pointe d’appréhension que je devinai dans son expression m’intrigua.

Le chef des ouvriers se répandit en courbettes se lança dans explications où il était question d’une légende concernant un démon, enfermé dans un temple.

A ma grande surprise, monsieur le prince, champion de la modernité, la connaissait déjà et semblait y attacher beaucoup plus d’importance que moi.

Arrachant son bras à l’emprise de sa petite amie - ou devrais-je dire son “esclave” ? - d’un mouvement brusque, il bondit dans le trou et, pendant une fraction de seconde, la grâce féline de son saut me détourna de mon antipathie à son égard. Un gâchis pareil, c’était bien la preuve qu’il n’y avait pas de dieux ou de démons en ce bas monde !

Rufus se pencha sur les pierres sculptées, les replaçant dans leur position initiale, et entreprit d’enlever la terre recouvrant le mur de part et d’autre du trou. Il semblait vouloir déchiffrer les fresques.

Je pris mon mal en patience et attendis sous le soleil de plomb qu’il daigne nous faire part de ses conclusions. J’aurais bien sauté dans le trou pour y patienter à l’ombre de la cave mais j’avais l’impression que cela ne serait pas très bien accueilli…

Enfin Rufus se redressa et m’adressa un regard en biais.

- Ce temple a été bâti par les cetras. Il est écrit ici qu’un certain Idfern ou Ilfern y a fait emprisonner une créature malfaisante…

- Ah. Et… c’est grave ? demandai-je, sarcastique.

Il me jeta un regard meurtrier.

J’espérai de tout mon cœur qu’il n’allait pas renoncer au projet pour ces balivernes - la permission de deux mois entiers que je pensais m’accorder à la Costa del Sol dans un hôtel de luxe entouré de petits minets alléchants en dépendait !

Je ne tenais cartes pas à démolir un patrimoine archéologique mais, au point où on en était, il ne devait plus rester grand-chose à sauver. L’antique temple avait été rasée et le mur de la cave éventré.

Rufus pointa du doigt un motif entrelacé qui semblait courir le long du mur.

- Ceci était le sceau qui condamnait le temple. Il a été détruit par cet ouvrier.

Le malheureux terrassier priait toujours et ses camarades, pleins de pitié, le regardaient comme s’ils s’attendaient à ce que ce démon sorte du sol pour le croquer.

- Cet homme creusait là où on lui avait dit de creuser. Nous n’avions aucun moyen de savoir que c’était un… ” lieu sacré ” ou comme vous voudrez bien l’appeler.

- Cela n’en est plus un maintenant, répliqua le petit prince blondinet avec animosité.

Visiblement, il m’en tenait pour responsable.

Heureusement, Angeal intervint pour m’empêcher de répondre vertement.

- Pouvons-nous faire quelque chose à ce sujet, monsieur Shinra ?

Angeal avait toujours été plus diplomate que moi.

Rufus réfléchit un instant puis demanda des torches.

Palmer s’empressa d’aller chercher un projecteur forte puissance dans le coffre de la voitre et je me demandai vaguement pourquoi il avait un truc pareil sous la main. Avant de me souvenir de la fiabilité toute relative des routes et de l’alimentation électrique locale…

Rufus désigna Palmer d’office pour descendre le premier avec la torche. Il le suivit, m’interdit d’un geste sec d’en faire autant, et Angeal posa une main sur mon bras pour m’empêcher de lui sauter à la gorge.

J’attendis en battant de la semelle dans l’air suffocant que ” sa majesté ” se soit avancée dans l’obscurité pour me glisser dans le trou avant qu’il ne puisse protester.

Il me fusilla du regard mais je n’en avais cure.

La vue du temple me rassura un peu. Nous n’avions pas fait trop de dégâts. Les bas-reliefs étaient intacts pour la plupart. Et, par chance, ceux que le mur éventré portait à l’intérieur semblaient incomplets, comme si le temple avait été achevé à la hâte.

En réalité, ce n’était qu’un des milliers de petits temples cetras mineurs qui parsemaient le continent comme des grains de sable sur un sandwich de plage. J’aurais été désolé d’avoir contribué à la destruction d’un site archéologique ou d’un trésor d’art antique.

- Apparemment, plus de peur que de mal, soupirai-je.

Rufus me fustigea d’une œillade peu amicale et Palmer rentra la tête dans les épaules.

xox

Gongaga, 12 mai, 19h17.

Journal de Rufus Shinra

Cette journée a tourné au cauchemar. Palmer m’avait bien mis en garde contre l’impudence de Sephiroth, et il n’avait pas tort. Je me demande comment ce rustre a pu s’élever au grade de Général. Non seulement il a été très malpoli avec moi mais il méprise la culture et le passé de notre planète. Le contremaître m’a même rapporté la prédiction d’un saint homme que ce Sephiroth a presque chassé du chantier le matin même. Le châtiment n’a pas tardé : les ouvriers ont mis à jour le temple dont parlait la légende du prince cetra Hendraa ; les scellés des murs ont été brisés par les marteaux piqueurs. Je n’ose imaginer quels autres désastres il va causer. Déjà, un pressentiment étrange et désagréable de mort imminente m’envahit et je sens déjà les flots de la rivière de la vie lécher mes jambes.

S’obstiner à remettre en état ce réacteur est folie mais folie plus grande encore serait de ne pas essayer de réparer les dégâts causés par cet imbécile de soldat !

Jamais homme ne n’avait inspiré une telle antipathie. Il semble traîner derrière lui une aura infestée et malpropre bien digne de son père, ce fou d’Hojo.

Bien sûr, aux yeux de n’importe qui d’autre, il apparaîtrait comme un bel homme. J’ai bien remarqué que le regard de Babeth s’attardait sur lui plus que la décence et sa condition de soumise ne le lui permettaient.

Je pense d’ailleurs prendre les mesures nécessaires pour renvoyer dès demain cette putain incapable de comprendre que son maître est le seul qu’elle doive regarder de la sorte. Palmer n’aura nul mal à me trouver une remplaçante. Je pense jeter mon dévolu sur cette comédienne que l’on voit partout sur les jaquettes de films SM depuis quelques mois. Comment s’appelle-t-elle déjà ? Peu importe d’ailleurs. Je ne lui demande pas d’avoir un nom mais qu’elle joue son rôle d’esclave, m’obéisse et sache me faire jouir quand je le lui ordonne.

J’ai expliqué à ma vielle nourrice ce qui s’était passé au réacteur en espérant qu’elle sache peut-être quoi faire. Elle s’est contentée de pousser un cri strident en se couvrant le visage des mains. J’ai eu beau tenter de la calmer, rien n’y a fait.

J’avoue que, ma colère passée, sa réaction m’a effrayé et je sens des serpents me ronger les entrailles.

J’essayerai encore demain d’obtenir les renseignements qu’elle pourrait me fournir et, si ce n’est pas le cas, je serai contraint de chercher dans la bibliothèque de Nibelheim. Dieux que je déteste cette pièce et ce manoir ! Ils semblent pleins de murmures.

J’ai ordonné que l’on suspende les travaux jusqu’à nouvel ordre. A l’annonce de cette décision, le petit rire sarcastique de Sephiroth m’a donné enviede le jeter de la colline en contrebas pour l’entendre se briser les os. Comment son esprit obtus de militaire mal dégrossi pourrait-il saisir toute la gravité de sa faute ?

C’est étrange… Jamais je n’ai senti gronder une telle haine en moi pour un homme.

Jamais…

…à suivre

Les murs murmurent

Ah ! Là là, les graffitis !

Depuis des milliers d’années, ils disent bien souvent ce que personne n’ose avouer à haute voix et Midgar ne fait pas exception à la règle. Des murs des casernes du Soldat aux toilettes des pubs du quartier populaire, chacun y va de son petit blabla.

Voyez plutôt !

***

(Dans le vestiaire de la salle d’entraînement du SOLDAT)

Ce matin, à 7h48, Sephiroth a souri.

Angeal


Dans l’armée, les hommes sont des hommes !

Heidegger

Les chocobos en savent quelque chose…

Reno


(Dans les WC du sous-sol du réfectoire)

Ici on mange de la merde !

Zack

Là-haut c’est encore pire.

Angeal


Sephiroth nous pompe !

Cloud

A quelle heure ?

Anonyme


La réponse c’est la guerre !

Anonyme

Ce qui prouve combien la question était idiote…

Reeve


Encore des graffitis sur ce mur repeint ? C’est pas bientôt fini, bande de porcs ?

Hojo


Les femmes ont leur mot à dire ! Revalorisez la condition féminine !

Tifa

C’est vrai ! Les éviers sont trop hauts, les cuisines sont trop petites et le liquide vaisselle est hors de prix !

Cid


Ce mur est rouvert après travaux.

Rufus

Si vous vous y mettez aussi, on va jamais s’en sortir !

Hojo


Pourquoi les femmes baissent-elles les yeux quand on leur avoue qu’on les aime ?

Vincent

A ton avis ? Pour voir si c’est vrai !

Cid


Ce matin je suis allé voir le toubib ; j’avais envie de tirer la langue à quelqu’un.

Reno


Quand je vois ce que les pigeons ont fait sur cette pierre tombale… Je suis content que les chocobos ne puissent pas voler trop haut !

Vincent


Halte à la phallocratie ! Notre corps nous appartient, il n’est pas à vendre !

Elena

Mais on est prêts à le louer !

Rude


(Dans les WC des quartiers du SOLDAT)

Ne cherchez pas des traits d’humour sur ce mur… La plaisanterie du jour, vous l’avez dans les mains, bande de nazes !

Reno


Faites l’amour, pas la guerre.

Aerith

Tu parles ! Faites les deux, mariez-vous…

Lucrecia

Sympa, merci !

Hojo


Mesdames, gardez toujours en tête que si ça a des pneus ou des testicules, vous aurez tôt ou tard des ennuis avec !

Cid


SEPHIROTH EST UN ENFOIRE !

Anonyme

Zack, je sais que c’est toi qui a écrit ça. Si je t’attrape, je te découpe en tranches.

Sephiroth

Merde, Sephy, fais pas le con, c’était pour rire !


Est-il donc si difficile pour une femme de trouver le plus court chemin vers le coeur d’un homme ?

Vincent

Non. Pas si on a une prise à portée de main où brancher la tronçonneuse.

Rosso


(Dans les toilettes du du bar de Tifa)

Tous ces graffitis, c’est vraiment dégueulasses.

Hojo

Attends d’avoir goûté la bière qu’on sert ici !

Barett


Nero, je sais que tu va picoler comme un trous a midi et que tu va donc forcemment venir ici cet et lire ceci. Oublit pas qu’on a réserver la salle d’entrainement ce soir. Traine pas trois plonbes dans cette putain cafette.

Weiss

T’est gonfler d’écrire sa devant tous le monde ! C’est toujours toi qui aies a la boure !

Nero

Eh ! Vous deux ! J’ai un dictionnaire en double, ça vous intéresse ?

Genesis


Le Soldat, c’est des douilles, des nouilles et des chtouilles.

Cloud

Et des testicules

Zack

Aussi mais ça rime plus.

Cloud


La femme est l’être parfait.

Scarlet

Alors pourquoi ma douce Lucrecia est toujours fourrée chez le docteur ?

Vincent

Pas « chez » le docteur ; « par » le docteur !

Scarlet


(Sur le mur d’un dortoir du soldat)

Ce qui nous venge des missions pourries, c’est d’imaginer Sephiroth se battre avec ses bretelles en cuir à chaque fois qu’il a envie d’y aller !

Anonyme


Spécialités de la maison : la serveuse et le chocobo au citron. J’ai essayé les deux, je préfère le chocobo.

Anonyme

Je n’ai jamais essayé avec un chocobo…

Reno


(Dans les toilettes du labo de la Shinra)

Et si j’avais infecté le papier toilette avec un virus mortel, hein, bande de graffiteurs dégueulasses ? Avec quoi vous vous torcheriez le derrière ?

Hojo

Comme toujours : avec l’essuie-mains.

Sephiroth


Ne dites pas « l’idole des jeunes » mais « Séphiroth casse la croûte ».

Zack


(Dans les douches des quartiers des Turks)

Quelle merveilleuse invention que ce nouveau stylo feutre de la Shinra ! On peut enfin écrire sur ce putain de carrelage.

Reno


Sephiroth est cool !

Anonyme

Non, Sephiroth est froid.

Cloud


Rien que de penser à la taille du slip de Palmer, ça me dégoûte des hommes.

Scarlet


Pardon pour les grossières allusions “Chocophiles” mais je me dis que si nos légionnaires à nous ont les chèvres, les soldats de la Shinra, eux… Enfin bref. (sifflote sifflote)

Une journée d’enfer !

***

Rédaction : Shiva Rajah

Illustration : Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Un jour parfait pour Kadaj

08h15 Être réveillé par môman avec un bisou et l’entendre dire qu’on est son fils préféré

08h30 Petit déj. fait par môman avec du vrai jus d’orange et des gaufres au sucre maison (les fans de ” Banal fantasy ” comprendront…)

09h15 Prendre un bain moussant que môman a fait couler pendant le petit déj.

09h55 Lavage de dents

10h00 Cours de poterie

11h00 Piscine

12h00 Déjeuner à midi cuisiné amoureusement par môman.

12h55 Lavage de dents

13h00 Club de Théâtre.

15h00 Lecture d’une histoire + sieste, comme tous les gentils petits garçons à leur môman.

16h00 Goûter préparé par… (allez, tous en coeur !) Môooomaaannn !

16h30 Dessins animés à la TV (sans môman).

17h30 Cuisine avec Môman.

19h00 Dîner avec môman.

20h25 Popo

20h30 Bain.

20h55 Lavage de dents

21h00 Dodo après une histoire lue par… (je vous le donne en mille ? Raté !) grand frère.


Un jour parfait pour Yazoo

08h15 Être réveillé avec des câlins et des bisous de Reno.

08h30 Peser 2 Kilos de moins que la veille

08h45 Petit déj. au lit avec jus d’oranges sans phosphates pressées et croissants servis affectueusement par Reno.

09h15 Prendre un bain très chaud avec des huiles aux senteurs exotiques offertes par Kadaj et Loz à l’occasion de la fête du ” frère le plus sexy du monde entier “.

10h30 Soin du visage, manucure, pédicure, gommage, shampooing, après-shampoing, laisser agir 20 mn, rinçage, lotion ” glossy “, mousse coiffante anti-casse, sèche-cheveux.

12h00 Déjeuner orgiaque à midi dans un resto branché : quatre feuilles de salade, trois rondelles de tomate, un dé de gruyère et deux biscottes.

12h45 Croiser Elena et Tifa et découvrir qu’elles ont pris 10 kg.

13h00 Shopping (crédit illimité).

15h00 Livraison de trois douzaines de roses accompagnées d’une carte signée par un admirateur secret (Qui a dit ” Reno ” ? Bien joué, vous gagnez une tringle à rideaux !).

15h15 Entrainement au combat avec Sephiroth qui, entre deux baisemain et trois génuflexions, déclare forfait et le supplie de lui donner des cours.

17h00 Massage fait par un kiné super sexy, super musclé et super sympa qui lui assure qu’il a rarement massé un corps si parfait.

17h30 Essayage de la nouvelle collection d’un créateur de haute couture A SA DEMANDE A LUI et faire une démo devant tout le staff sur le podium pour éviter que les mannequins ne salopent le boulot le jour du défilé.

19h30 Dîner aux chandelles avec Reno, musique douce et pluie de compliments.

22h00 Douche (seul ou à deux selon l’envie).

22h50 Être porté jusqu’au lit par Reno (draps frais et repassés).

23h00 Câlins (toujours avec Reno, oui, forcément…).

23h15 S’endormir dans ses bras musclés.


Un jour parfait pour Loz

06h00 Le réveil sonne.

06h15 Se faire tailler une pipe.

06h30 Grosse commission matinale en lisant les rubriques “sport ” et “BD” piquées dans le journal du matin.

07h00 Petit déj : rumsteck et oeufs, bière et toasts préparés par la femme de ménage à poil.

09h15 Douche.

09h30 Limousine avec chauffeur (une blonde aux gros nénés en uniforme mini-jupe) pour se rendre au gymnase.

09h45 Mettre la pâtée à Rude.

11h45 Déjeuner : burger de chocobo, frites, 2 Bières et une méga glace au chocolat.

12h15 Se faire tailler une pipe.

12h30 Retour au gymnase et mettre une ratatouille carabinée à Reno.

17h00 Retour en hélico - gracieusement prêté par la Shinra - pilotée par une rousse avec de gros nénés.

17h30 Massage thaïlandais de tout le corps + pipe par une brune aux gros nénés (Tifa ? Mouais. C’est une idée…).

18h45 Penser à prendre un douche mais seulement y penser.

19h00 Regarder les informations (que des bonnes nouvelles !) : Rufus Shinra est mort, le projet Jenova est relancé et la marijuana, les combats à mort et les pornos hardcore sont légalisés.

19h30 Dîner : bière brune, gros steak juteux et en dessert : glace au chocolat servie sur 2 gros seins rebondis (nan, j’ai pas dit ” ceux de Tifa ” !).

20h30 Finir le dernier jeu de shooting 3D en un temps record en explosant toutes les limites.

21h30 Relations sexuelles avec 2 femmes à la fois (les 2 ayant des tendances lesbiennes, bien sûr).

23h00 Massage et bain avec une jolie brune et une bière blonde

23h45 Se mettre au lit.

23h50 Faire un pet de 12 secondes qui change 4 fois de ton et qui vire les frangins de la chambre à coucher à moitié asphyxiés.

00h00 S’endormir (seul) et ronfler comme un sourd.


…Arrgghh, misère… Y’a plus de romantisme…

Je vous ai dit que le premier chapitre du nouveau feuilleton “Quand viennent les fauves” est en ligne ? Oui ? Ah bon… Non, j’suis pas sénile, j’insiste LOURDEMENT, c’est tout !

I - Bienvenue à Gongaga !

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scenario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : Illustration tirée du doujinshi “BUBBLES” du Studio Gothika

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Jamais le soleil n’avait tapé comme ce matin là. L’air sec était chargé de poussière et j’avais la gorge comme de la litière pour chats. Nous étions en août, au plus fort de la saison sèche, et je me souviens du grincement des minuscules grains de sable emportés par le vent entre mes dents.

Ma casquette me donnait l’impression d’avoir le crâne sous une cocotte minute mais c’était ça où tomber raide, assommé par le soleil. La sueur coulait sur mon front et ma queue de cheval me collait déjà à la nuque. Combien de fois en quinze jours m’étais-je promis de me couper les cheveux ? J’en avais perdu le compte mais je n’avais jamais pu me résoudre à renoncer à cette dernière coquetterie.

Avec un soupir, je me resservis du café. Il avait un goût aigre amer, comme s’il avait bouilli. Connaissant le cuisinier, je ne doutais pas que ce fut bien le cas et je le bus d’un trait en grimaçant, comme tous les matins.

Je dus déployer des efforts surhumains pour mettre un pied devant l’autre et sortir de la tente qui nous servait de cantine. Le soleil m’aveugla et cette impression de respirer à travers un mouchoir brûlant que l’on aurait pressé sur ma bouche était insupportable. Je dus fermer les yeux, incapable de supporter la lumière en dépit de l’heure matinale, sortis mes lunettes de soleil de la poche de mon pantalon de toile et les chaussai. A travers les verres fumés qui assombrissaient le décor, le camp semblait bénéficier d’une ombre illusoire, et bizarrement, il me sembla que la température avait baissé en même temps que la lumière.

Les brahmanes de Canyon Cosmo disent que l’esprit d’un homme est capable de faire plier les éléments. Eh, bien moi j’avais des lunettes magiques qui jetaient de l’ombre sur le décor ! C’était ridicule mais pour un peu de fraîcheur ou une illusion de fraîcheur, j’étais prêt à tout…

Le cahier des charges sous le bras, j’avançai sur le terrain aride, mes bottes se couvrant d’une pellicule de poussière orangeâtre.

Je crois que c’est l’une des rares choses que je déteste, dans cette région désertique qui entoure la forêt de Congaga : cette poussière grasse qui se mélange à la sueur et colle à la peau dès que l’on met le nez dehors.

Et encore, devais-je être heureux de ne pas me trouver en poste à Midgar, comme Genesis ! La première fois que j’avais été en mission là-bas, j’avais été horrifié en constatant qu’après avoir retiré le manteau porté toute la journée, mes bras et mes jambes étaient enduits d’une suie huileuse. On voyait parfaitement la marque des vêtements que j’avais ôtés, comme si j’avais pris un monstrueux coup de soleil noir. L’eau de la douche ressemblait à de l’huile de moteur et j’avais passé de longues minutes à me décrasser les cheveux. Mes poumons devaient ressembler à un pot d’échappement mal entretenu ou à ceux des lapins que ce salopard d’Hojo oblige à fumer pour tester le taux de nicotine des cigarettes. Le second jour, l’idée de porter un masque anti-pollution m’avait effleuré et le troisième, je me promenais dans les rues aussi crasseux et grisâtre que n’importe qui.

Lorsque j’avais accepté de sécuriser la zone du réacteur de Gongaga, en pleine rénovation, je m’étais imaginé la région comme me l’avaient racontée Angeal et Genesis, à l’école d’officiers : verte, fraîche et luxuriante. Avec un adorable petit village perché à flanc de montagne….

Tu parles ! Ils avaient juste oublié de préciser que l’oasis de verdure ne restait verte que trois ou quatre mois par an, au printemps, et qu’elle était entourée d’une région caillouteuse où l’on crevait de chaud en été et où l’on mourait de froid en hiver !

Au lieu de la douce fraîcheur parfumée d’herbe verte que je m’étais imaginée, je me promenais dans la poussière du chantier en pantalon d’épaisse toile noire, t-shirt poisseux de sueur et je dormais sous l’une des tentes où il ne se passait pas une nuit sans que je ne me réveille empêtré dans la moustiquaire. Si les membres de mes fan-clubs me voyaient…

Angeal, m’avait précédé sur les lieux et avait déjà établi un périmètre de sécurité. Contrairement à moi, il connaissait la région et les coutumes du coin pour y avoir passé son enfance. D’un kilomètre à l’autre, la terre était tour à tour végétation desséchée inextricable ou désert caillouteux. Les routes n’étaient que des chemins de terre et bien souvent nos 4×4 s’ensablaient.

Je jetai un regard aux échafaudages, sur lesquels s’affairaient avec les ouvriers, tous originaires de la région. Combien étaient-ils ? Une trentaine ? Il y avait bien longtemps que j’avais renoncé à faire l’appel. Si le frère était malade, le neveu le remplaçait et cela quand le père n’amenait pas le fils pour lui prêter main forte afin de finir dans les temps. Les questions d’assurance et de contrat de travail n’avaient pas cours ici. Tout ce qui comptait pour ces hommes, c’était de terminer honorablement leur tâche, comme ils s’y étaient engagés. On ne badine pas avec l’honneur et la parole donnée, dans la région. J’avais rarement connu des gens aussi travailleurs et je n’hésitais pas à tanner Reeve pour qu’il leur verse un supplément d’argent lorsque j’estimais qu’ils le méritaient, c’est à dire bien souvent. Cela m’avait valu des amoncellements de friandises et plats traditionnels confectionnés par leurs épouses et leurs sœurs, que nous partagions lors des pauses.

J’essuyai la sueur qui coulait de mon front. Comment pouvaient-ils supporter de travailler par cette chaleur ? Torse nu, la peau tannée par le soleil et vêtus de pantalons de coton ou de chemises ouvertes sur des shorts bariolés, ils manipulaient les sacs de ciment avec une facilité déconcertante. Ils transpiraient à peine et la lumière les faisait à tout juste plisser les yeux.

Mon regard s’attarda un instant sur les dos musclés et les poitrines noueuses. Les hommes… Depuis combien de mois n’avais-je pas touché un homme ? Deux ? Trois ? Le dernier était un jeune postulant soldat dégingandé qui m’avait fait regretter de ne pas avoir passé mon chemin.

Je secouai la tête et consultai les plans de déploiement des forces de sécurité pour la énième fois. N’avais-je rien oublié ? A Midgar, j’en avais été particulièrement fier de mais, une fois arrivé dans la région de Gongaga, je m’aperçus de ce que les tours de surveillance pouvaient avoir de ridicule dans une région aussi escarpée.

De président adjoint Rufus Shinra voulait du beau, du grand, du riche et, par dessus tout, de l’impressionnant. Quand je voyais les ravissantes constructions traditionnelles qui parsemaient la région, je n’arrivais vraiment pas à comprendre comment cet imbécile pouvait leur préférer ce monceau de ciment et de verre en forme de chou-fleur que j’avais mis des semaines à sécuriser sur les conseils de son éminence grise, un petit homme gras et dégoûtant qui répondait au nom de Palmer.

“Non, il faut plus de caméras !” “Non, il y a trop de surface exposée !” “Allons, mon garçon ! Le président adjoint ne sera jamais en sécurité si les vitres ne sont pas blindées !”

Plus d’une fois l’envie m’avait démangée de le passer par la fenêtre sans prendre la peine de l’ouvrir mais c’était lui qui signait les chèques… J’avais eu ce gnome mangeur de gras sur le dos pendant trois semaines et il devait passer sur le chantier aujourd’hui en compagnie de son “altesse sérénissime”. Si le maître était aussi exaspérant que son toutou, cela promettait un bel après-midi de fichu !

Je n’avais jamais eu l’occasion de rencontrer Rufus Shinra mais je le détestais déjà cordialement !

“Son Altesse” avait souhaité que son ” chou-fleur ” domine la route qui conduisait à la petite rivière qui menait au village. Devoir raser le petit temple de pierre qui se trouvait non loin pour pouvoir sécuriser les travaux de construction m’avait fendu le cœur mais il allait l’avoir son “réacteur que tout le monde pourrait voir de loin”. C’était là les instructions les plus sottes que l’on m’avait jamais données mais Rufus payait bien. Très bien même. J’allais gagner ici plus d’argent en un an que je n’aurais pu en économiser en 50 ans de missions ordinaires.

Le groupe électrogène se mit en route avec un grondement de tonnerre et l’odeur du gasoil se mêla aux parfums d’épices. Je n’ai jamais su décrire l’odeur qu’il y avait dans la région par un autre terme. L’air sentait la terre, le parfum et les épices. Une odeur étourdissante que je n’ai jamais retrouvée ailleurs.

- Sephiroth ! Déjà levé ? Tu fais des efforts, mon grand ! Tu viens nous donner un coup de main ?

Je baissai les yeux vers Angeal, qui surveillait l’avancement des travaux dans l’immense trou des fondations et lui fis un petit signe de la main.

- Ne rêve pas ! criai-je pour couvrir le bruit des marteaux piqueurs qui s’étaient mis en route pour briser la pierre. Je n’ai pas sué durant les cours assommants de Lazard dans le but de nager dans la crasse !

Il éclata de rire et retira son casque de protection pour essuyer la sueur qui coulait sur son visage. Je connaissais Angeal depuis mon enfance, tout comme Genesis, et je peux dire que j’en étais venu à considérer au fil des années comme le frère que je n’avais jamais eu. La petite trentaine, des cheveux noirs mi-longs coiffés en arrière et une charpente à faire blêmir un culturiste, Angeal était de sept ans mon aîné et m’adorait. Je n’avais jamais cherché à cacher ma liberté de moeurs et la relation particulière que j’entretenais avec Angeal avait bien souvent alimenté les ragots.

- Dis-moi mon grand, poursuivit-il, tu ne crois pas que… oh, oh ! On a de la visite.

Il grimaça et je suivis son regard. J’avais beau le voir en contre-jour, je reconnus immédiatement le personnage qui s’avançait vers moi. Sa masse impressionnante de cheveux emmêlés et ses jambes maigres et arquées lui donnaient l’apparence d’un primate.

L’ermite de la forêt de Gongaga nous rendait visite de plus en plus souvent, ces derniers jours.

- Merde, soupirai-je en levant les yeux au ciel. Mais qu’est-ce que cet illuminé vient faire ici, encore ? Si les ouvriers le voient, nous sommes cuits…

Le saint homme arriva à ma hauteur et leva les yeux vers moi sans un mot. Il avait peint trois cercles rouges sur son front, par dessus la crasse, et son visage était vierge de toute expression. J’avais l’impression d’observer un mannequin d’argile. Vêtu d’un pagne douteux et maigre à faire peur, il dégageait une aura inquiétante et une puanteur insoutenable. Je pinçai les narines et détournai le regard.

Un cri s’éleva dans les fondations et plusieurs têtes dépassèrent du trou où travaillaient les maçons. En voyant notre visiteur, tous lâchèrent leurs outils, éteignirent les marteaux piqueurs et grimpèrent en une nuée bourdonnante pour venir s’agenouiller devant le saint homme en le priant de les bénir. Les ouvriers, pour la plupart originaires de la région, se balançaient d’arrière en avant en psalmodiant des prières devant l’homme minuscule, mains jointes devant leur front.

Je m’écartai et lançai un regard excédé à Angeal, qui me répondit par un haussement d’épaules.

- Laisse tomber, Seph.

Le saint homme avait pris l’habitude de venir une ou deux fois par semaine sur le site. Lorsque j’en avais demandé la raison à l’un des contremaîtres, il m’avait simplement répondu que les gens comme lui étaient guidés par les Dieux eux-mêmes et qu’il ne fallait pas chercher à comprendre le pourquoi de leurs actes et de leurs paroles.

J’étais bien avancé !

La première fois que ce zombie avait fait son apparition, il était arrivé derrière moi comme un fantôme et m’avait soufflé dans le cou. En voyant le visage couvert d’une croûte blanchâtre digne d’un film d’horreur, j’avais poussé un cri à paralyser un troupeau de Bahamuts et manqué de peu la crise d’apoplexie. Par la suite, je vis plusieurs de ces individus à Gongaga. Ils restaient immobiles durant des heures, assis en tailleur au beau milieu de la route, et chacun leur témoignait un respect craintif. D’après ce que j’avais compris, ils avaient fait vœu d’abandonner tout plaisir terrestre ou quelque chose dans ce goût là. Des sortes de renonçants.

Bien entendu, j’avais consulté des dizaines de guides et de livres sur la région avant de partir mais, je suis désolé de le dire, une fois sur place, on se demande si les auteurs de ces ouvrages ont bien posé le pied dans le pays dont ils parlent.

Ici, rien n’est simple et aucun texte, aussi complet soit-il, ne peut donner une idée de ce que sont réellement ces gens et leur terre.

Je regardai ma montre. Si le saint homme ne fichait pas le camp pour que nous puissions reprendre le travail, je risquais de me faire salement remonter les bretelles par le ” petit prince Shinra “, qui devait arriver d’un instant à l’autre.

- Allez, allez ! La récréation est finie.

Je tapai dans mes mains et Angeal sortit de son trou pour me poser la main sur le bras.

- Arrête, Seph. Respecte leurs croyances.

Je me tournai vers lui en ouvrant des yeux ronds comme des soucoupes.

- Mais je respecte leurs croyances ! Le problème, c’est que son altesse de mes fesses va arriver et que…

- Chut ! me rabroua Angeal. Ne parle pas de lui comme ça devant eux.

Plusieurs hommes se couvrirent le visage des mains et posèrent le front sur les pieds du gnome, comme s’ils cherchaient à se faire pardonner pour mon comportement cavalier.

- Désolé ! grimaçai-je en agitant la main dans leur direction.

Pour la première fois, j’entendis l’homme blafard parler. Sa voix était rocailleuse et aiguë. Elle vrillait les tympans et son curieux dialecte accentuait encore cette désagréable impression.

- Que dit-il ? demandai-je à Angeal.

Il haussa les épaules. Visiblement, il était parti de chez lui depuis trop longtemps et avait oublié son patois natal.

Zack, un postulant soldat lui aussi originaire de la région, s’approcha. Comme à chaque fois qu’il s’adressait à moi, ses grands yeux bleus semblaient incapables de me fixer et ses mains tremblaient. Lorsqu’il aurait pris un peu d’assurance, il ne faisait pas de doute qu’il deviendrait une excellente recrue.

Le silence était soudain tel que l’on n’entendit plus que le bruissement des pieds des ouvriers fouillant la terre poussiéreuse avec embarras et le vent léger et étouffant qui charriait l’odeur de vase de la rivière.

- Il dit que quelque chose va vous faire du mal, Général, et que vous devez faire attention.

Je plissai les lèvres. Après les prières… les superstitions ! Il ne manquait plus que ça.

- Quelque chose va me faire du mal ?

- Oui, Général.

- Cette chose doit s’appeler Rufus Shinra, dans ce cas. Parce que sois certain qu’il va m’arracher la tête s’il ne vous trouve pas tous au travail en arrivant.

Les hommes échangèrent des regards entendus et baissèrent la tête.

- Sauf votre respect, vous ne devriez pas plaisanter avec ça, Général. Le danger est réel.

- Qui ? Rufus Shinra ?

Zack sourit malgré lui.

- Non, Général. La chose.

- Quel genre de chose ? demanda Angeal.

Je levai les yeux au ciel et me donnai une claque sur le front.

- Angeal ! Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi !

Il ne répondit pas et montra le sage du menton en continuant à s’adresser Zack.

- Demande-lui.

Zack s’inclina devant la vieille chouette cendreuse et lui parla dans sa langue discordante. Le sage ne répondit pas, ne changea pas d’expression et fit demi tour.

Chacun le regarda s’éloigner et, quand il s’engagea sur la pente, disparaissant de leur champ de vision, les maçons se tournèrent vers moi de concert et me lancèrent des regards désolés.

J’avais beau être imperméable à toute sorte de religion et de superstition, l’expression de leur visage, leurs épaules basses et leur immobilité me nouèrent le ventre.

Je tournai sur moi-même.

Ils formaient une ronde lugubre et mélancolique. Ils me fixaient comme si je n’étais déjà plus qu’un cadavre autour duquel les vieux copains se recueillent en se disant “c’était un brave type”.

Je pris une profonde inspiration.

- On peut retourner travailler ou vous voulez vraiment que Shinra Junior me fasse rôtir ?

Angeal adressa quelques mots aux ouvriers, qui inclinèrent la tête et retournèrent à leurs occupations en murmurant entre eux, comme s’ils craignaient que le bruit de leurs voix n’attire le malheur dont avait parlé le vieux sage. L’un d’entre eux posa la main sur ma poitrine en murmurant une prière que je ne compris pas.

- Il demande aux Dieux de te protéger, murmura Angeal.

- Oh, je… Merci, fis-je à l’homme avec un légère inclinaison de tête.

L’ouvrier s’inclina à son tour, me sourit, et descendit dans les fondations.

Chaque coin de ce pays semblait regorger de malédictions en tout genre et j’avais déjà eu des difficultés à trouver des ouvriers à cause des multiples fariboles locales qui faisaient de la région un véritable berceau du mysticisme.

Si un jour je décidais d’abandonner l’armée, je pourrais toujours gagner ma vie en écrivant des histoires sur les mystères de la région pour gogos en mal de magie, étouffant dans leurs murs de béton…

Un bruit de moteur me tira de mes plans de carrière à long terme et, un instant, je crus bien que le saint homme avait raison au sujet de sa créature dangereuse qui allait venir me chercher.

Ce qui m’arrivait dessus était au moins aussi redoutable que l’odeur du saint homme, et je sentais mes nerfs sur le point de lâcher face à cette vision d’horreur : monsieur lèche-bottes en personne, Palmer le gras double, arrivait sur le chantier pour la visite prévue. La journée commençait vraiment mal. J’avais de plus en plus hâte qu’elle se termine pour me retrouver sous ma tente.

Et, si possible, avec le joli blondinet qui venait de sortir de la voiture…

…à suivre

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Les sept péchés capitaux : LA COLERE

***

Rédaction : Shiva Rajah

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : les volontaires sont les bienvenus !

***

Une morsure à la base de sa nuque le réveilla en sursaut et il rua sous le grand corps qui l’écrasait contre le matelas.

- Aïe ! Quand cesseras-tu d’être aussi brutal !

Il se retourna avec peine sous la masse de muscles et son frère lui adressa un sourire espiègle, amusé de l’avoir fait enrager.

Yazoo le dévisagea un instant avec une expression lasse et voyant qu’il ne bougeait pas d’un centimètre, martela ses larges épaules de ses poings.

- Tu m’écrases !

Avec un grognement, Loz consentit enfin à rouler sur le côté et son cadet s’assit sur son lit en se frottant la nuque couverte de salive avec une grimace de dégoût.

- Kadaj veut te parler, annonça le jeune colosse avec une moue boudeuse qui n’aurait pas dépareillé sur le visage d’un petit garçon.

Yazoo lui adressa un regard en biais et soupira.

- Et c’était sans doute une raison pour me réveiller en me mordant le cou ? (Loz pouffa) Ce que tu peux être puéril, parfois !

Il essuya sa paume humide de salive sur la manche du blouson de son frère et celui-ci bondit du lit en frottant le cuir d’un air écœuré.

- Eh ! C’est dégoûtant !

Yazoo éclata de rire.

- C’est ta propre bave, idiot ! railla-t-il de sa voix suave.

Il fila dans la salle de bains de sa chambre - au demeurant la seule salle de bains attenante à une chambre dans le petit appartement qu’ils avaient loué à Edge (Kadaj et Loz se contenant de celle qui se trouvait au bout du couloir).

- Je ne suis pas idiot ! rétorqua ce dernier en direction de la porte entrouverte, faisant redoubler le rire de son frère.

- Bien sûr que non ! Tu préfères juste cogner au lieu de penser !

Vexé, Loz quitta la chambre d’un pas rageur pour rejoindre Kadaj et finir le frugal petit déjeuner préparé à la va-vite par ce dernier.

***

- Et surtout, ne laissez rien au hasard ! lança Kadaj avant de démarrer en trombe. La moindre piste donnée par les deux imbéciles de la Shinra doit être exploitée dans les moindres détails !

- …doit être exploitée dans les moindres détails… Gnagnagna ! singea Loz sur le pas de la porte, faisant sourire Yazoo. Pourquoi c’est toujours nous qui écopons du sale boulot ?

Son cadet haussa les épaules.

- Il sait ce qu’il fait, Loz.

Celui-ci tordit le nez.

- Mhh…

- Je me charge retrouver les traces de grand frère dans les archives de la ville. Toi, va explorer le labo désaffecté et essaye de trouv…

- Pourquoi c’est moi qui doit aller au labo ? le coupa Loz, plus renfrogné que jamais.

Yazoo laissa échapper un profond soupir excédé et roula des yeux.

- Loz, ne commence pas, s’il te plaît.

- C’est plein de choses dégoûtantes, ces endroits, et… et… on ne sait jamais s’il ne reste pas des… des « trucs » qui peuvent te rendre malade ou… ou…

- Ou te rentrer par les narines pour te ronger le cerveau ? persifla son frère. Aucun risque de côté là en ce qui te concerne, Loz, rassure-toi.

Ce dernier se raidit avec un pincement au cœur et émit un curieux petit hoquet affecté.

- Ca, c’était vraiment pas gentil… fit-il d’une voix étranglée avant de se détourner et de se diriger, les épaules basses, vers sa moto garée non loin.

Son cadet jura et le rattrapa.

- Loz, attends, je suis désolé, je ne voulais pas dire ça.

Il le prit par le bras mais son frère se dégagea et enfourcha son bolide.

- Si, tu le voulais, Yazoo. Pire, même : tu le pensais !

Il fit ronfler le moteur et démarra.

- Non… Loz, attends, ne… Et zut !

***

Lorsque Loz quitta le laboratoire, la nuit était sur le point de tomber. Il avait eu beau fouiller les anciens locaux désaffectés de la cave au grenier, il n’avait trouvé qu’un amas de paperasses inutiles, réduites en charpie par l’humidité et les intempéries, et du matériel cassé sans le moindre intérêt, dont il valait mieux ignorer à quoi il avait pu servir.

Il s’assit sur la moto avec un soupir déchirant en s’essuyant nerveusement les mains sur son pantalon et sortit son téléphone portable de sa poche.

Yazoo ne l’avait pas appelé. Etrange. Il était rare que son cadet le laisse sans nouvelles durant plus de deux ou trois heures.

“Et s’il n’osait pas me téléphoner après la façon dont je l’ai envoyé promener ?”

Bien qu’il n’ait strictement rien à se reprocher et que ce soit lui, au contraire, qui ait subi les sarcasmes venimeux de son cadet, il se sentit coupable. Coupable et seul. Terriblement seul…

Il tint le petit téléphone un long moment dans sa paume, comme si le simple fait de le fixer intensément pouvait le faire sonner, et, lorsqu’un bit strident retentit, annonçant un message, il sursauta.

Mais ce n’était pas Yazoo.

Oh, que non…

Le coeur battant et la gorge serrée jusqu’à la nausée, Loz relut le message encore et encore, refusant d’admettre l’horrible évidence.

- Non… gémit-il, tremblant de tous ses membres. Tu es mort… Tu es mort !

***

Pour les habitants de Edge, désormais endormis, cette nuit-là ressemblait à toutes les autres nuits mais, pour l’ombre qui se glissait dans les ruelles, c’était le début d’un cauchemar. Un long cauchemar.

Loz ne portait aucune arme, comme il lui avait été ordonné dans le message. A l’insu de Kadaj, il avait caché son pistolame et sa griffe de combat dans la petite remise de la maison coquillage.

- Où vas-tu ? avait demandé son jeune frère, agacé de le voir arriver bredouille du laboratoire désaffecté pour repartir aussitôt.

- J’ai besoin de me changer les idées.

- Ne va pas provoquer de bagarre inutile !

- Ne t’en fais pas, je veux juste rouler un peu.

- Que t’a dit Yazoo, exactement ? avait insisté Kadaj. Pourquoi tarde-t-il autant à nous rejoindre ici, comme prévu ? Et pourquoi ne répond-t-il pas au téléphone ?

- Je te l’ai dit : il a un problème avec le réservoir de sa moto. Le garage où il a dû se rendre est en sous-sol, le réseau ne passe pas.

Son cadet tapa rageusement du pied.

- Il n’y en a pas un pour racheter l’autre, décidément ! ronchonna-t-il en tournant les talons. Et ne passe pas toute la nuit dehors ! ajouta-t-il depuis le seuil de la maison.

Loz n’avait pas rétorqué. Il avait attendu qu’il disparaisse derrière la porte pour aller cacher discrètement ses armes, l’angoisse au ventre, puis avait pris la route de Edge.
Le corps secoué par des tremblements incontrôlables, il traversa la ville endormie et franchit le tronçon d’autoroute délabré qui menait à de ce qui avait été la ville de Midgar.

Lorsqu’il arriva enfin devant les ruines du siège de la Shinra, il abandonna son bolide, comme il lui avait été ordonné dans le message, et se précipita à l’intérieur.

Pantelant, sans même prendre le temps de s’arrêter pour respirer, il dévala les escaliers dévastés qui menaient au sous-sol au pas de course, étage après étage… et fut presque immédiatement stoppé par une douleur soudaine qui lui coupa le peu de souffle qui lui restait.
Dans l’obscurité, il n’avait pas vu venir le pied qui le cueillit au creux de l’estomac et s’était effondré sur le sol.

Un rire tonitruant éclata dans ce qui était une espèce de salle de réunion souterraine, réduite à l’état de décombres et tout juste éclairée par une torche électrique d’appoint, qui dissipait à peine les ténèbres dans le coin de la pièce où il se trouvait.

L’incarné essaya de se redresser mais le poids d’une botte sur son épaule le maintint à terre. Une botte boueuse portée par un lascar digne des plus terrifiants contes pour enfants.

- Où est mon frère ? haleta Loz, l’estomac révulsé par l’odeur d’humidité et de moisissure qui flottait dans le sous-sol.

L’homme retira son pied et Loz put redresser la tête mais il frémit devant l’horrible visage, ou du moins ce qu’il en restait… L’œil gauche avait été arraché et la bouche formait un angle impossible du fait des cicatrices qui barraient les joues.

- J’ai changé, n’est ce pas ? Laisse-moi donc te remercier pour ce ravissant minois !

Tremblant de rage, il s’approcha et gifla l’argenté à toute volée du dos de la main, lui fendant la lèvre, mais Loz sentit à peine le coup, abasourdi par la surprise et trop inquiet pour Yazoo.

C’était donc réel… Le SMS venait réellement de lui, de ce salopard.

Kraig…

Ce nom avant hanté ses pires cauchemar durant des années.

“Soldat Première Classe Capitaine Kraig Copland”.

Il aurait dû mourir, pourtant. Oui, il aurait dû mourir, ce jour-là…

Cela faisait si longtemps que Loz avait presque oublié. Les luttes. Le sang. Les cris d’agonie. Le soleil… Ce maudit soleil les faisait cuire sur place. Et les monstres. Si nombreux… Il s’en souvenait, maintenant. Si nombreux qu’ils avaient tous cru mourir sous leurs griffes, y compris le téméraire Capitaine Copland. Son maître d’armes, son professeur et son pire bourreau.

Kraig Copland était tombé sous les coups des démons, ce jour-là. L’argenté revoyait les gueules béantes se jeter sur lui et aurait pu le prévenir. Il aurait pu l’aider - oui, il aurait pu. Mais il ne l’avait pas fait…

Il ne l’avait pas fait car, le matin même, Copland avait passé la main dans les cheveux de Yazoo, qui n’était alors qu’un tout jeune adolescent. Une caresse à priori innocente mais ponctuée d’un sourire que Loz ne connaissait que trop bien…

Alors, lorsque l’une des créatures avait refermé ses mâchoires sur le si respecté capitaine et l’avait emporté dans sa gueule pour festoyer avec ses congénères, Loz en aurait presque applaudi de joie !

Oui, ce jour-là, l’incarné s’était débarrassé de son bourreau ! Et il s’était juré de devenir fort. Plus fort que n’importe qui, afin que, plus jamais, un autre Copland ne risque de s’approcher trop près de lui ou de ses frères. Il ne le permettrait plus, pour ça non !

Et Loz avait tenu parole.

Mais voilà que Kraig Copland se tenait devant lui. Défiguré et boiteux, certes, mais bien vivant.

- Alors c’est donc ça qu’est devenu l’incarné le plus réussi du grand Sephiroth ! Ah ! Ah ! Ah ! Non mais regarde-toi, Loz ! Quel gâchis…

- Où est mon frère ? répéta ce dernier sans relever l’insulte, la gorge serrée par le dégoût.

L’homme le gifla à nouveau, le saisit par les cheveux et lui tira la tête en arrière.

- Je t’interdis de prononcer mon nom, sale petite pute ! Comment as-tu pu me faire une chose pareille ? Moi, qui t’avais tout appris ! Qui t’avais tout donné !
Le butor lui asséna un coup de pied dans les côtes et l’argenté s’effondra en gémissant sur le sol.

- Où est… mon frère ? haleta à nouveau Loz. Qu’as-tu… fait… de lui ?

- Ah ! Ah ! Ah ! Non mais regarde-toi ! railla son bourreau.

Il se pencha et saisit douloureusement le menton de l’incarné pour lui redresser la tête.

- Ne me… touche pas !

Le géant balafré éclata d’un rire méprisant et lui administra un autre coup de pied avec une violence incroyable.

Le jeune homme se plia en deux et roula sur le sol en gémissant.

- Rassure-toi, te toucher est la dernière dont on a envie lorsqu’on voit ce que tu es devenu, mon pauvre Loz ! Tes cheveux… Tes magnifiques cheveux… Par toute la pourriture de la planète, comment as-tu pu sacrifier de tels cheveux ? Et ce corps… Regarde ce que tu as fait ! Tous ces muscles et… cette barbe ! Par l’enfer ! Quand je pense à quel point tu étais beau… Tu resplendissais comme le soleil, et maintenant, tu as l’air d’un… d’un animal.

Loz émit un bruit de gorge et son visage se tordit.

- Le seul animal… c’était toi ! Toi… et tes jeux pervers !

Il se mit à genoux avec difficulté, et se redressa, chancelant.

Fou de rage, Copland le saisit à la gorge.

- C’est pour ça que tu as sacrifié ton ensorcelante beauté ? Pour échapper aux “pervers” dans mon genre ? C’est pour ça que tu as voulu me laisser crever, espèce de petite putain capricieuse ?

Loz essaya de se jeter sur lui mais le géant resserra sa prise sur son cou.

- Où est… mon frère ? réussi à articuler l’argenté, à demi-étouffé par les énormes doigts.

- Sais-tu que je l’ai pris pour toi, quand je l’ai vu, à Edge ? Un très joli garçon, lui aussi, mais une bien pâle copie de ce que tu étais. Lui as-tu parlé de moi ? Lui as-tu avoué que c’est dans mon lit, que tu venais, lorsque tu quittais votre chambre, au laboratoire du cratère Nord ? Lui as-tu raconté comment tu pleurais, quand je te…

- Tais-toi ! hurla Loz.

- Tu avais des lèvres adorables. J’ai toujours aimé tes lèvres. Ton frère a les mêmes lèv…

- Qu’est ce que tu lui as fait ? tempêta l’argenté. Si jamais tu as posé la main sur lui je te jure que je te tuerais !

Il se débattit comme un diable mais la pression sur sa gorge se resserra et sa vue s’obscurcit.

- Tu m’a laissé mourir, petite putain… murmura le butor en caressant la pommette satinée. Tu as une dette envers moi. Et, cette dette, qui va la payer ?

Loz blêmit.

- Relâche Yazoo… Relâche-le et… tu pourras faire de moi ce que tu… voudras, je le jure !

Le géant sourit.

- Comme au bon vieux temps, là-bas, au cratère Nord, mhhh ? Tu croyais franchement que je ne voyais pas ton petit manège ? Tes frères savent-il le nombre de fois que tu as sauvé leurs jolies petites fesses en t’agenouillant entre mes cuisses ?

- Tu auras ce que tu veux de moi mais ne lui parle pas de ça et laisse-le partir, supplia Loz.

Copland sembla réfléchir.

- Et qui te dit que la brute que tu es devenue m’intéresse ? Où est le Loz gracile et tendre qui réchauffait mon lit ?

- Ce que tu voudras, répéta Loz, les larmes aux yeux. Absolument… tout.

- Tu imagines ? reprit le colosse comme s’il n’avait rien entendu. Tu imagines si Kadaj et Yazoo savaient que leur frère, leur dur, leur viril, leur indestructible frère écartait régulièrement les cuisses pour leur épargner de douloureuses expérimentations ou des entraînements impitoyables ? S’ils savaient que, pour les protéger, tu as dû sacrifier ta beauté, ta jeunesse et devenir une brute sans éducation ni cervelle tout juste bonne à donner des coups de poings dans un sac et à soulever de la fonte ? Imagines-tu à quel point Yazoo serait désespéré s’il connaissait ne serait-ce qu’un dixième des souffrances que tu as endurées pour eux, Loz ?

- Yazoo ne t’a jamais fait de mal, pas plus que Kadaj ! Ils t’ont toujours respecté et admiré, Kraig ! Torture-moi ! Bats-moi mais fiche-leur la paix !

Le colosse sourit tristement.

- Toi contre Yazoo, alors ? Une fois de plus. As-tu seulement une idée de ce que je pourrais te faire subir ? De la rage que j’éprouve ? De la haine qui n’a cessé de grandir depuis ce jour ?

Loz sentit une bile amère lui monter dans la gorge.

- Laisse partir Yazoo et je te donne ma parole que tu pourras faire de moi ce que tu voudras.

Le géant se planta devant l’argenté, qui dut faire un effort pour ne pas détourner les yeux de l’horrible visage.

- Approche. Nous allons faire ça à ma manière… A genoux !

Loz obéit comme un pantin sur les fils duquel on aurait tiré et son ancien maître d’armes lui attacha les bras dans le dos avec une corde solide.

- Je t’ai donné ma parole ! Pourquoi m’attacher ?

- Il est certaines occasions où un homme est prêt à se parjurer. (Il augmenta l’intensité de la torche électrique et Loz plissa les yeux) Dans le cas, par exemple, ou…

Le cercle de lumière s’élargit, les coins d’ombres diminuèrent et le hurlement de Loz retentit alors dans tout le sous-sol : Yazoo, bâillonné et attaché à une poutre de métal dans une partie qui était jusqu’alors dans l’ombre, avait assisté à la scène et avait tout entendu.

- Yazoo…

- Dans le cas, disais-je, où un frère cadet voit son aîné se soumettre aux pires avilissements à cause lui… acheva Kraig Copland avec un sourire d’intense satisfaction.

Loz voulut se redresser mais le géant sortit une minuscule télécommande de sa poche et une lumière rouge se mit à clignoter sur la gorge de Yazoo.

En reconnaissant l’un des colliers piégés que l’on mettait aux prisonniers particulièrement dangereux lors de transferts ou de déplacements à haut risque, l’incarné poussa un sanglot déchirant.

- Si j’étais toi, je resterai tranquille, prévint le géant en desserrant son ceinturon. Regarde bien ce que ton grand frère va encore faire pour toi, Yazoo ! Regarde bien !

Le bâillon de Yazoo était trempé de larmes et il secouait désespérément la tête, suppliant silencieusement Loz de ne pas se laisser faire. Mais le colosse défiguré se jeta sur son aîné, le plaqua au sol en déchirant les lanières de son blouson et lui écarta brutalement les cuisses d’un coup de genou.

- Maintenant, on est quittes !

- Ne regarde pas, Yazoo ! hurla Loz entre deux sanglots. Je t’en prie ! Ne regarde pas ! Ne crois pas ce qu’il te dit ! Ca n’a jamais été de ta faute ni de celle de Kadaj ! Jamais !

***

Lorsque Loz ouvrit les yeux, sa tête reposait sur les genoux de son frère. Yazoo caressait ses courts cheveux de platine avec une douceur infinie.

- Où est-il ?

- Je ne sais pas. Il m’a détaché, m’a assommé et il est parti.

Des larmes roulaient sur ses joues et retombaient sur le front de frère aîné.

- Ne pleure pas, Yazoo.

- Je le tuerai, Loz… Je retournerai toute la planète s’il le faut et je te ramènerai sa tête dans un sac !

Loz eut un sourire amer et secoua la tête.

- Tu ne devras jamais parler de ce qui s’est passé ici ou de ce que tu as entendu. Et surtout pas à Kadaj. Jamais…

Les larmes de Yazoo redoublèrent et son frère se leva avec difficulté.

- Je lui ai dit que ta moto était tombée en panne. Pars seul vers la forêt des anciens. Dans une heure ou deux, je vous rejoindrai comme si je revenais d’une balade quelconque.

Il se rhabilla avec des gestes lents et douloureux.

- Tu es blessé, Loz. Il va bien le voir.

Celui-ci toucha son visage contusionné.

- Je lui dirais que je me suis battu dans un bar.

- Il ne te croira pas.

Loz eut un sourire triste

- Bien sûr que si. Je n’ai rien dans la tête et je ne sais que cogner, vous n’arrêtez pas de le répéter, dit-il avec un clin d’oeil avant de quitter le sous-sol.

Yazoo sentit une douleur intense lui déchirer les entrailles et il éclata sanglots, pleurant comme il n’avait encore jamais pleuré.

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Les sept péchés capitaux : L’ENVIE

***

Rédaction : Shiva Rajah

Illustration : MA Sambre ( Studio Gothika)

Corrections : les volontaires sont les bienvenus !

Les versions non censurées de ce texte et de cette illustration se trouvent dans le fascicule “Les interdits de www.ff7-yaoi-fanfics.com Tome 1″ (voir dans la boutique)

***

Lorsque Kadaj revint dans la maison coquillage, les chamailleries qui lui parvenaient depuis la chambre de ses frères lui firent lever les yeux au plafond avec un soupir déchirant. Ce qu’ils pouvaient parfois être puérils ! Se bagarrer comme des chenapans à une heure pareille et dans de telles circonstances ; comme s’ils n’avaient pas plus grave à penser ! Le jeune homme avait parfois du mal à admettre qu’il était le plus jeune de la fratrie…

Yazoo poussa un petit gémissement plaintif et Kadaj se dirigea vers la porte de la chambre de ses frères en grommelant, bien décidé à leur faire la leçon une fois de plus, mais, lorsqu’il poussa le battant et réalisa ce qui se passait dans la chambre - ou plutôt sur le lit -, son sang se congela dans ses veines.

Au début, il eut du mal à comprendre ce qui se déroulait sous ses yeux, tant sa raison refusait d’admettre l’impensable.

L’air de la chambre était étouffant. Il sentait la sueur, le cuir et le sexe.

Kadaj recula en pinçant les narines de dégoût.

- C’est pas vrai…

Loz tourna brusquement la tête et blêmit.

- Oh, merde !

Yazoo le remarqua à son tour.

Il s’assit brusquement en se couvrant précipitamment le bas du corps de son manteau et essaya de reprendre son souffle.

- Kadaj, je vais t’expli…

- La ferme ! cria celui-ci, le cœur au bord des lèvres.

Le benjamin secoua la tête, les yeux écarquillés, et recula encore d’un pas dans le couloir, hésitant entre une soudaine envie de vomir et un irrépressible besoin de pleurer.

- Kadaj ! supplia Loz.

Il bondit du lit et avança vers son jeune frère pour lui poser une main apaisante sur l’épaule mais celui-ci le repoussa violemment en le détaillant de bas en haut avec agressivité.

Loz rougit jusqu’à la racine de ses cheveux de mercure et se couvrit le bas-ventre des mains.

- Kadaj, je…

- Tu me dégoûtes ! lui hurla son frère à la face. Et toi… ajouta-t-il en lançant à Yazoo un regard débordant d’aversion. Toi… tu es encore pire que lui ! Vous êtes des animaux ! Non, pire que ça ! Vous êtes des pervers incapables de vous contrôler !

Yazoo pressa ses yeux mains sur sa bouche, profondément meurtri par les paroles de son cadet, qui quitta la pièce comme on s’enfuit, malade de répulsion et fou de colère.

Loz voulut le rattraper.

- Loz, non ! Laisse-le ! Ce n’est encore qu’un petit garçon, il ne peut pas comprendre ce genre de choses.

- Mais…

- Laisse. Il a besoin de… de se calmer un peu.

L’argenté frissonna et passa sa main fine sur son visage, désorienté et honteux. Loz le rejoignit sur le lit et le serra contre sa large poitrine.

- Ne pleure pas, Yazoo. Ne pleure pas…

*

Dans sa chambre, Kadaj ne tenait pas en place. Sa rage était telle qu’il aurait avec plaisir réduit la maison coquillage en charpie et ses frères avec elle ! Il tournait en rond, laissant retomber son poing au petit bonheur la chance sur le mur ou un meuble vermoulu.

- Comment as-tu pu les laisser me faire ça, mère ? Comment as-tu pu ?

Incapable de se contenir, il dégaina son sabre et réduisit son sac de couchage en charpie en imaginant que c’était la tête de ses aînés.

Il se laissa retomber sur la bourre éventrée en sanglotant et gémissant de rage à la fois.

Les poings pressés sur les tempes, il essayait de chasser l’image des ébats de ses frères…

- Ignobles dépravés !

Kadaj s’essuya furieusement les yeux et y appuya ses paumes en sanglotant jusqu’à ce qu’il voit des centaines de petits points lumineux derrière ses paupières closes.

Mais cela ne suffit pas pour effacer la vision obsédante des grandes mains de Loz agrippées aux hanches de Yazoo, qui se tordait sous ses assauts en geignant comme une pouliche montée par un étalon trop fougueux.

- Porcs immondes ! Ordures…

Et l’adorable visage de Yazoo, les joues rosies et sa petite bouche boudeuse rouge et gonflée… Ses cheveux humides, si doux…

Oh, oui, Kadaj savait à quel point ils étaient doux. Tout comme l’était la peau satinée de Loz.

Mais, cette fois, toute cette douceur n’était que pour ses frères et pour eux seuls.

C’était ce qui lui faisait sans doute le plus mal : pour la première fois de son existence, ses aînés l’écartaient sans une hésitation et sans le moindre état d’âme. C’est le nom de Loz, que Yazoo murmurait en pleurant presque de plaisir. Celui de Yazoo que Loz susurrait, les yeux mi-clos, emporté par des sensations qui lui faisaient oublier tout le reste.

Kadaj se roula en boule et pleura comme un petit garçon, à longs sanglots bruyants, hoquetant et reniflant, la cage thoracique saisie de spasmes incontrôlables.

- Je vous déteste ! Je vous déteste…

Ils avaient toujours tout fait ensemble, n’avaient jamais eu de secret les uns pour les autres. Jamais jusqu’à présent…

- Pouquoi ? Pouquoi ! Pouquoi ! Pouquoi ! Pouquoi ! Pouquoi ! ragea-t-il en battant des pieds et des mains sans cesser de pleurer.

“Pourquoi seulement vous deux ?

Pourquoi vous… et pas moi ?

Pourquoi pas moi ?”

Et pour la première fois, Kadaj prit conscience du fossé qui le séparait de ses aînés. Un fossé de dix années qu’il avait toujours refusé de voir. Ou que ses frères avaient toujours fait semblant de ne pas considérer comme essentiel - ce qui, en réalité, était loin d’être le cas.

Loz et Yazoo étaient des hommes.

Lui, il n’était encore qu’un enfant.

Et il y avait des jeux auxquels un enfant ne jouait pas…

La tentation de Reno

***

Rédaction : Shiva Rajah

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Cette histoire (curieuse histoire, diraient certains) se passa un soir de juillet dans l’église en ruine de l’ancienne ville de Midgar.

L’athéisme ambiant, ou plutôt “ de bon ton ” avait réduit la petit église à l’état de ruine bien avant la chute du météore et, hormis une jeune femme qui, disait-on, y avait fait pousser des fleurs deux ans plus tôt, personne n’y mettait jamais les pieds.

Personne ?

Pas tout à fait car, à quelques pas du maître autel délabré, dans l’ombre d’une alcôve de pierre, un jeune homme était agenouillée à même le sol, sur les dalles de marbre.

La tête pieusement inclinée, il priait, ses mains fines jointes sur sa poitrine recouverte de cuir et ses longs cheveux de mercure retombant sur ses épaules à la fois carrées et élégantes.

“ Beau comme un ange… ”

C’est ce que murmuraient généralement les gens qui le croisaient.

Mais existe-t-il des anges aveugles ? Car aveugle, l’inconnu l’était, si l’on en croyait la canne blanche posée à côté de lui et le regard fixe de ses yeux fendus vert mako.

Détail qu’avait aussi remarqué un homme aux cheveux rouges, debout à quelques mètres derrière la pauvre créature. Et, à bien les regarder l’un et l’autre, avec leurs visages enfantins et leurs grands yeux clairs, on se disait qu’ils auraient fait les délices d’un peintre d’icônes.

L’inconnu à la chevelure de feu était un peu plus petit que le jeune aveugle et bien plus singulier. Mais, singuliers, tous les turks le sont et que nul n’imagine qu’il s’agit là d’un effet de style. Cet inconnu, qui détaillait celui que l’on prendrait volontiers pour l’un des siens, était bel et bien un turk et non des moindres. Il s’agissait de Reno.

Oui, ce Reno-là. Sur les lieux en cette belle soirée de juillet parce qu’un informateur anonyme lui avait assuré avoir été témoin d’un important trafic de materias de contrebande - dont il n’avait d’ailleurs pas vu trace.

Et Reno était subjugué par le jeune inconnu, qui ressemblait tellement à…

“ Sephiroth… ”

C’est avec une fascination mêlée de déférence qu’il s’approcha de l’aveugle agenouillé.

- Les Dieux doivent sourire en entendant de si belles prières.

Le jeune homme tressaillit et se retourna.

Faut-il décrire la surprise et le ravissement de Reno lorsqu’il contempla le délicat visage à la lumière feutrée filtrant par le toit éventré ? Inutile. Nul mot ne saurait le décrire de toute façon. Quant à sa voix, disons que si les campanules avaient pu jouer de la musique lorsque le vent du printemps les fait danser au rythme de sa brise, leur chant aurait ressemblé au doux timbre de l’aveugle.

- Bonsoir, murmura simplement celui-ci en tendant la main vers sa canne.

- Pardonnez-moi, je ne voulais pas vous effrayer mais je… je vous écoutais parler avec les Dieux et j’avoue que j’ai rarement vu quelqu’un prier avec tant de ferveur.

L’inconnu pencha la tête sur le côté et sa longue chevelure mercure lui balaya la poitrine.

- Écouter, dites-vous ? Il me semblait pourtant prier en silence. Pardonnez-moi si j’ai perturbé votre recueillement, j’étais persuadé d’avoir les lèvres closes.

- Disons que votre cœur et votre visage parlaient si bien qu’il m’a semblé les entendre.

Le jeune aveugle fit tinter son rire. Un doux rire cristallin teinté d’ironie qui ravit le turk.

- Vous êtes bien étrange, monsieur.

Reno sourit.

- D’accord, j’ai menti. En fait, je… Je trouvais que vous ressembliez étrangement à quelqu’un que j’ai connu.

- Oh. Pourtant, on me dit souvent que j’ai un physique un peu “ à part ”. Cela étant dit, monsieur, plaisanta le garçon, je suis dans l’impossibilité de vérifier !

Le turk rit de bon cœur.

- Mon nom est Reno, pas monsieur. ”

L’infirme se leva en s’aidant de sa canne et tendit sa main fine.

- Je m’appelle Yazoo. Enchanté.

Reno leva un sourcil, amusé, et serra la main tendue.

- Yazoo ? Quel nom singulier vous avez là.

- Oui, il parait.

Le jeune homme s’appuya sur sa canne, qui se coinça entre deux dalles mal assemblées et se brisa.

Emporté par son élan, il serait tombé tête première n’eût été les bras vigoureux qui le retinrent.

- Oh ! Pardonnez-moi… Zut, il ne manquait plus que ça.

- Habitez-vous loin d’ici ?

L’inconnu secoua la tête.

- Non, mais beaucoup trop loin pour moi sans cette canne, je le crains, soupira-t-il. Je vais appeler mon frère, pour qu’il vienne me chercher. Pouvez-vous me guider jusqu’à un endroit où je peux capter le réseau ?

Reno sourit.

- Je vous dois mieux que cela. Puisque je suis en partie responsable de cet incident, permettez-moi de vous raccompagner.

- Eh bien, je… je ne sais pas si…

Les hésitations du jeune homme amusèrent le turk.

- Rassurez-vous, vous ne risquez absolument rien en ma compagnie.

- Je… Je ne voulais pas être désagréable.

- Vous ne l’avez pas été.

- C’est que l’on entend tellement de choses horribles de nos jours, que… Excusez-moi. Je suis trop méfiant. Peut-être est-il temps de… (Il sourit) que je fasse un peu plus confiance aux gens.

- Venez, murmura Reno en lui donnant le bras. Attention aux gravats.

Ils quittèrent donc l’église et prirent la direction de Edge.

- Votre frère vous ressemble-t-il ? demanda Reno en marchant d’un pas serein.

Yazoo sourit.

- On le dit, oui. Bien qu’il soit beaucoup plus fort que moi ! Avez-vous des frères et sœurs vous-même ?

Ils devisèrent ainsi tout en marchant et nombreux furent les yeux qui, en chemin, se tournèrent dans leur direction. Bien des femmes succombèrent. Quant aux hommes, ma foi… soit ils grimacèrent, soit ils furent séduits, tout dépendit des hommes. Mais aucun regard, cependant, ne se détourna avant que la porte de l’entrée de l’immeuble délabré où habitait l’aveugle ne leur cache le pâle visage à la beauté éthérée.

- Vous disiez que je ressemblais à l’un de vos amis ?  demanda le jeune infirme en montant les marches.

- ” Ami ” ? Je n’irai pas jusque là, non, plaisanta le turk. Un ancien adversaire, plutôt. (L’aveugle s’arrêta un instant, haussa les sourcils et Reno rit de son expression.) Il avait les mêmes yeux que vous. Des yeux que je n’avais jamais vus chez quelqu’un d’autre jusqu’à maintenant. Ah ! Je crois que nous sommes arrivés. Je vous dis donc “ à bientôt ”. Peut-être.

- Est-ce que… Est-ce que vous accepteriez de boire un verre avec moi ? s’enquit timidement l’aveugle. Vous avez été très aimable et… j’avoue que vous m’êtes très sympathique. J’ai plaisir à parler avec vous.

Reno fut pris au dépourvu.

- Eh bien…

- Vous n’y êtes pas obligé, fit précipitamment Yazoo en rougissant furieusement.

Le turk sourit.

- J’accepte avec joie. Peut-être dois-je, moi aussi, devenir moins méfiant ! (Il haussa les épaules.) Déformation professionnelle ! plaisanta-t-il.

- Ah ? Vous êtes policier ?

- Ah ! Ah ! Ah ! Non. Je travaille pour les services de sécurité de la Shinra, fit-il évasivement.

- Oh. Je vois.

Reno entra dans l’appartement. Un meublé, selon toute vraisemblance, si l’on en croyait le manque total d’originalité et la sobriété de la décoration. Mais la seule présence de son hôte suffisait à magnifier les lieux et le turk, profitant de sa cécité, ne se gêna pas pour le détailler des pieds à la tête sans la moindre pudeur. Et il était beau, son hôte, pour ça oui ! Si les anges avaient eu une descendance, il aurait pu se croire en présence de l’un d’entre eux.

- Le salon est par là, précisa le jeune homme en le précédant. Qu’aimeriez-vous boire ?

- Un whisky allongé, si vous avez ça.

Yazoo prit deux verres dans un placard, une flasque contenant un liquide doré et une bouteille d’eau minérale dans le réfrigérateur du bar.

- Me permettez-vous de vous regarder à ma manière ? demanda-t-il en remplissant les verres. Je suis curieux de savoir à quoi vous ressemblez.

- Que voulez-vous d…

Mais le jeune homme faisait déjà courir ses doigts frais sur son visage avec délicatesse.

- Vous êtes beau.

Reno sourit, à la fois gêné et flatté.

- Merci.

- De rien, susurra Yazoo à un souffle de ses lèvres.

Le turk observa la petite bouche boudeuse avec curiosité. Que se passerait-il s’il posait ses lèvres sur ces lèvres-là ? Concupiscence ? Luxure ? Péché ? Abomination ? Acte contre-nature ? Bien sûr que non. Le baiser d’une bouche pareille ne pouvait être que tendre, pur et sans arrière pensée, à l’image de son propriétaire.

Reno se pencha doucement sur le visage délicat et embrassa les lèvres tendres. Une vague d’émotion le submergea et il eut à peine conscience des bras qui l’entraînaient sur les coussins.

***

Lorsqu’il ouvrit les yeux, il était seul dans le lit et avait un mal de crâne à faire hurler un muet.

Merde, qu’avait-il fait ?

Il vit un long cheveu d’électrum sur l’oreiller et frémit.

Que s’était-il passé ? Il eut beau essayer de se souvenir, il lui semblait que sa mémoire s’obstinait a lui masquer les preuves de sa bêtise.

“ Oh, la vache… Ma tête ! ”

Ils avaient bu… Oui, beaucoup bu. Et beaucoup ri, aussi. Puis ils avaient fait l’amour. Et avaient encore bu…

Reno avait parlé à Yazoo de sa ressemblance avec Sephiroth et le garçon avait posé des dizaines de questions. Trop de questions, en fait. Oui, beaucoup trop de questions - auxquelles il avait d’ailleurs répondu, grisé par l’alcool et le sexe.

- Qui est cette… Jenova ? avait demandé le garçon.

Reno avait éclaté de rire et vidé un autre verre de brandy.

- C’est pas vrai ! Tu as vécu dans une boîte, ces dernières années, ou quoi ?

Alors il lui avait parlé de la calamité tombée du ciel. De la façon dont Sephiroth avait…

- Oh, putain ! s’écria-t-il en se redressant sur le lit, soudain parfaitement dégrisé.

Il réalisa alors qu’il n’était pas seul dans la chambre.

Un homme vêtu de cuir, aux courts cheveux de mercure et aux épaules aussi larges aussi larges que celles de Rude, était appuyé contre le chambranle de la porte. Grand, un profil de médaille et admirablement découplé, il dégageait ce charme sauvage et cette puissance qui n’appartient qu’aux grands fauves.

Ses yeux mako aux pupilles fendues luisaient dans la pénombre et il souriait, follement amusé.

- Yazoo ! appela-t-il. Il est réveillé !

“ L’ange ” qui avait si sensuellement gémi le nom de Reno quelques heures plus tôt, entra dans la chambre, vêtu de son long manteau de cuir noir. Il s’appuya contre la large poitrine de celui qui - si l’on en croyait la façon dont il transpirait la sensualité et la vigueur - ne pouvait être que son frère.

La pose de Yazoo était languissante ; son immobilité, une invitation et son regard… un monde de sarcasmes non formulés.

Les pupilles fendues se vissèrent à celle du turk sans la moindre hésitation.

- Aveugle, mon cul… cracha ce dernier. Tu t’es servi de moi, sale fils de pute !

Fou de rage, il bondit du lit pour se jeter sur son arme mais le jeune colosse aux cheveux courts le devança à une vitesse prodigieuse et l’assomma.

- Qu’est-ce qu’on fait de lui ? demanda-t-il avec un rictus mauvais.

- On s’en fiche, répondit son frère. Viens. Allons vite dire à Kadaj que nous savons où est mère.

Ils quittèrent la pièce et, quelques secondes plus part, Reno, à demi inconscient,

entendit vrombir le moteur de deux motos au pied de l’immeuble.

Il se traîna sur le sol pour se saisir de son téléphone cellulaire et composa le numéro de Tseng.

“ Reno ? Reno, ça va ? Tu as une drôle de voix ? ”

- Elena ?

“ Oui, Tseng est en réunion avec le patr… ”

-  Il faut que vous partiez au cratère nord ! Tout de suite ! Je vous rejoindrai là-bas !

“ Quoi ? Pourquoi ? Qu’est-ce que tu racontes ? ”

- Je crois que j’ai fait une connerie, Elena… Une énorme connerie.

LIII - Etre un homme

Il est plus facile d’être un héros qu’un homme.

Héros nous pouvons l’être une fois par hasard ;

Mais être un homme digne de ce nom…

Ca, c’est une autre histoire !”

L. Pirandello

***

Rédaction : Shiva Rajah

Scénario et relecture : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !

***

Assis sur un banc du parc enténébré, Cloud et Barret regardèrent décoller l’hélicoptère en buvant une bière.

- Tu sais ce que Cid va faire à Canyon Cosmo ? demanda le jeune homme.

Le chef d’AVALANCHE haussa les épaules.

- Moi, les délires mystiques, j’y pige que dalle ! J’ai toujours trouvé Nanaki un peu ” barge “.

Cloud laissa échapper un petit rire en frottant ses bras endoloris couverts d’ecchymoses noirâtres.

Vincent n’exagérait pas : Loz avait une force hors normes. Si Barret n’était pas venu lui donner un coup de main, vers la fin, il aurait été incapable de l’empêcher de bondir hors du lit pour se cogner la tête contre les murs.

Kadaj lui avait dit que c’était ce que Loz faisait lors des premières injections de mako, au laboratoire. Se taper le front contre le sol et les parois de verre sécurisé dans l’espoir qu’un coup suffisamment violent le fasse sombrer dans l’inconscience.

” Yazoo s’est brisé les os des deux mains en essayant de l’arrêter, une fois. ”

- Ca va, tes bras ? s’enquit Barret.

Le jeune soldat hocha la tête.

- Oui, pas de problème. Jusque quelques bleus. Shalua m’a donné ce qu’il fallait, ne t’en fais pas.

Le colosse but une longue gorgée de bière et ricana.

- Il a une sacrée force, le bestiau ! Je me demande encore par quel miracle il ne t’a pas brisé les os.

- Il a réussi plus ou moins à se contrôler, c’est évident. Sinon, à l’heure qu’il est, vous tireriez tous sur mon pantalon pour m’extraire du mur de l’infirmerie où je serais encore encastré !

Barret éclata d’un rire tonitruant et lui asséna une tape sur la cuisse.

- N’empêche que Cid a raison, fit-il lorsqu’il se fut un peu calmé. Ce mec en a une sacrée paire pour avoir fait ce qu’il a fait.

Cloud finit sa bière d’un trait et hocha la tête, la gorge un peu serrée.

- Ouais. Ouais, c’est vrai. Je suis bien obligé de le reconnaître.

Le chef d’AVALANCHE tiqua et se tourna franchement vers lui.

- Ravale ta jalousie, p’tit, elle n’est vraiment pas de mise. Si tu as ne serait-ce qu’un peu d’affection pour Tifa, fais-moi au moins le plaisir d’être content pour elle parce qu’elle ne pouvait pas mieux tomber. Loz est un homme digne de ce nom, un vrai, c’est moi qui te le dis. Fort, généreux, franc du collier et droit dans ses bottes !

- Je sais, Barret, admit le jeune homme malgré lui. Et c’est peut-être ça qui me met le plus en rogne, finalement. Un salopard serait plus facile à détester…

Le colosse éclata de rire et lui tapota le dos.

- Barret… ? reprit Cloud après un petit moment d’une voix à peine audible.

- Mhh ?

- Comment… Comment sait-on si on est un homme ?

Barret faillit s’étouffer avec sa bière et son hilarité redoubla.

- Quoi ? s’étrangla-t-il.

- Je veux dire… un ” vrai “. ” Fort ” et ” Droit dans ses bottes “, comme tu dis. Comment sait-on si on en est devenu un ?

La moue sarcastique de Barret s’effaça, remplacée par un sourire avenant et paternel.

- J’en sais rien, p’tit, dit-il en pressant l’épaule de son jeune compagnon. Tout ce que je peux te dire c’est qu’un beau jour, tu te regardes dans le miroir et que tu sais que tu n’as plus besoin de te poser cette question…

Cloud sourit tristement, hocha la tête et déboucha une autre bière.

*

Cait s’assit confortablement sur le fauteuil de Kadaj et, après avoir souhaité une bonne lui à l’argenté et à Yuffie, se mit en mode “veille “.

Celle-ci, étendue tout habillée sur le lit aux côtés de l’argenté, les bras derrière la tête, sourit, attendrie.

- Ils sont vraiment mignons, tous les deux.

Kadaj tourna la tête vers elle.

- Qui ?

- Ton frère et Tifa ! railla-t-elle. Qui d’autre ?

- Oh.

- Cette façon qu’elle a de lui passer la main dans les cheveux… Et lui ? Tu as vu comme il la regarde avant de poser sa joue contre sa poitrine ? C’est trop chou ! Tu trouves pas ?

L’argenté sourit.

- C’est vrai, ils vont bien ensemble.

- Ouais… Ils font un très joli couple. Shalua et Cid aussi, remarque. Tu as vu ce baiser, lorsqu’il est sorti de la cuve ? Wouahouh ! (Elle soupira, rêveuse.) Je me demande ce que l’on éprouve en embrassant quelqu’un qui tient à toi à ce point là…

Kadaj tiqua.

- Comment ça ?

- Bah oui, quelqu’un qui a des sentiments pour toi, pas juste un partenaire d’une nuit. Quelqu’un avec ce ” truc ” bizarre dans yeux, tu sais ? Comme Loz quand il regarde Tifa.

- Du désir ? demanda l’argenté contre son oreille, taquin.

Yuffie pouffa et lui donna un coup de coude.

- Mais non, idiot ! Cette petite flamme verte qui brille dans ses yeux, quand il est sur le point de l’embrasser ou de la prendre dans ses bras. C’est… je ne sais pas. Ca doit faire bizarre de savoir que c’est toi qui provoques cette expression dans les yeux d’un homme. Je me demande ce que ça fait.

Perdue dans ses romantiques pensées, elle sentit à peine Kadaj se redresser sur un coude, à côté d’elle, et se pencher au-dessus sur son visage.

- Ca fait à peu près ça… susurra-t-il tout contre sa joue en plongeant ses beaux yeux vert mako dans les siens.

Yuffie sursauta et voulut protester mais deux pupilles fendues accrochèrent son regard et des lèvres fraîches et légères aspirèrent son cri de surprise dans la bouche entrouverte de leur propriétaire.

Prenant bien garde à ne pas l’écraser sous poids pour ne pas lui donner l’impression d’être prisonnière - mais en appuyant suffisamment sa poitrine nue sur les seins menus pour lui faire sentir que c’était bien le corps d’un homme qui la recouvrait - Kadaj l’embrassa avec toute la douceur dont il était capable.

Il ne força rien ni n’exigea rien, se contentant de caresser la petite bouche de la sienne et d’en suivre les contours du bout de la langue jusqu’à ce qu’on l’invite d’un soupir à pousser plus avant.

Les yeux grands ouverts pour qu’elle puisse tout à loisir contempler cette ” petite flamme ” qui la fascinait tant dans ceux de son frère aîné, l’argenté lui offrit sans doute le premier vrai moment de tendresse voluptueuse de sa jeune existence.

Lorsque Kadaj mit fin au baiser, craignant que le feu dévastateur qui commençait à le dévorer et menaçait de l’enflammer à tout instant n’effarouche la jeune fille, il remarqua qu’un désir au moins aussi impérieux que le sien - bien que plus innocent - flambait dans les noires ténèbres de ses prunelles.

- Non… chuchota-t-elle contre sa bouche en nouant ses bras autour de ses épaules pour le retenir.

- As-tu une idée de ce à quoi tu t’exposes en faisant ça ? demanda-t-il d’une voix enrouée, à la fois malicieuse et terriblement sensuelle.

Yuffie lui répondit par un sourire provoquant et referma la main sur sa nuque pour rapprocher à nouveau son visage du sien…

*

Reno se pressa contre le dos de Yazoo lorsqu’il sortit de la douche l’enlaça.

Il sentait le cœur de l’incarné battre aussi vite que le sien sous le peignoir de fin coton noir. Ses mains recouvrirent les siennes et les serrèrent si fort que le turk sentit les jointures de ses phalanges craquer.

- Yazoo… soupira-t-il contre sa nuque, enivré par le parfum sucré de sa peau opaline.

Il prit une profonde inspiration qui fit frissonner l’incarné et, d’une petite pression, le poussa doucement vers le lit.

La prise sur ses mains se relâcha et Yazoo se laissa aller contre lui, la tête renversée sur son épaule, les yeux clos et les lèvres entrouvertes, tendres, pleines, tentatrices…

Reno les effleura des siennes et il l’allongea sur le lit avant de s’écarter un peu pour l’admirer étendu là, à la lueur de la lampe de chevet.

Les cheveux de mercure étaient épars sur la couette et le peignoir noirs et une jambe dénudée jusqu’en haut de la cuisse par un entrebâillement fortuit, les parties les plus intimes de l’argenté à l’abri précaire d’un pli uniquement assuré par l’obstacle dérisoire du nœud de la ceinture, dont le turk saisit l’une des extrémités.

Il lui aurait suffi de tirer, ne serait-ce qu’un peu, et le nœud lâche aurait cédé, libérant les deux pans du vêtement, qui glisseraient sur ses flancs comme deux vagues ténébreuses qui se retirent, exposant le corps laiteux dans son entier…

Yazoo ouvrit à demi les yeux et laissa échapper un soupir inaudible qui, le temps d’un clignement de paupières, accentua l’échancrure provocante, impatiente de s’ouvrir d’avantage.

Reno enroula la ceinture autour de sa main et tira très lentement ; suffisamment fort pour qu’il sente le long ruban de coton forcer sur le nœud mais pas assez pour faire céder ce dernier.

Le regard de l’argenté se fit brûlant et ses lèvres frémirent.

Pouce par pouce, la ceinture coula entre les doigts de Reno et, après une dernière hésitation, retomba sur la cuisse dénudée.

Les yeux mako s’écarquillèrent, habités par l’incompréhension et peut-être, une légère anxiété, mais le turk le rassura d’un sourire et se pencha pour déposer un baiser sur le nœud du peignoir avant de se glisser hors du lit, le regard rivé au sien.

Sans hâte, il fit glisser sa chemise sur ses épaules et, lorsque le vêtement retomba sur ses reins, Yazoo retint son souffle.

Lentement, Reno défit sa ceinture et son pantalon chut à son tour à ses pieds.

Il ne portait pas de sous-vêtement.

L’argenté avait redressé un peu la tête et le turk pouvait presque sentir ses prunelles vert topaze caresser sa peau tant le regard était intense.

Immobile, il laissa Yazoo le contempler à satiété - chose que celui-ci n’avait encore jamais osé faire ouvertement jusque là -, ravi et excité par l’admiration qu’il lisait sur son visage. Admiration qui se teinta de curiosité, lorsqu’il considéra ses attributs et la hampe de chair qui se dressait au bas de son ventre.

Un invraisemblable amalgame de honte, de ravissement, de stupeur et d’excitation se lut sur le petit visage en cœur de Yazoo, qui prit une profonde inspiration et adressa à Reno un merveilleux sourire.

- Tu es… beau. Vraiment beau, ajouta-t-il en resserrant les pans de son peignoir d’un geste inconscient.

Le turk inclina la tête sur le côté et fronça les sourcils, surpris par cette pudeur soudaine.

- Je suis sincère, martela l’argenté, se méprenant sur sa moue. Je suis… flatté.

- Pourquoi te cacher, dans ce cas ?

Yazoo écarquilla les yeux, suivit son regard et parut remarquer ses doigts, contractées sur le coton noir de son peignoir.

Il pâlit.

- Oh… Je… Ne crois p… bredouilla-t-il. Enfin, je veux dire que…

Reno s’assit sur le lit et tendit la main vers ses cheveux argentins pour y entrelacer ses doigts.

- Qu’est-ce que tu as ? s’inquiéta-t-il.

Son érection provocante l’avait-elle effrayé ? Craignait-il de faire l’amour avec lui ?

Yazoo détourna le regard.

- Je… (Il toussota) Il y a un peu trop de lumière…

Les bras de Reno lui en tombèrent.

Encore cette histoire de cicatrices !

- Et moi, je trouve qu’il n’y en a pas assez, chuchota-t-il tout contre sa joue. Je ne veux pas rater une miette de toi. Pas une…

L’argenté suivit le mouvement de ses mains d’un regard inquiet et ces dernières se refermèrent sur la ceinture du peignoir.

Très lentement, le turk défit le nœud de coton, écarta les deux pans du vêtement et sourit de contentement.

Jusqu’au bout de ses petits tétons roses, Yazoo frôlait la perfection…

Sous sa peau de porcelaine courait une musculature ferme et bien dessinée et du bout du doigt, Reno suivit le contour des pectoraux et des abdominaux, évita le petit nombril et caressa le ventre plat, au bas duquel un sexe d’une couleur plus foncée que la peau imberbe alentour était assoupi.

De l’index, le turk tira sur la peau élastique et fit jaillir un bourgeon rose, d’où coula une goutte argentée qui roula pour se perdre entre deux petits testicules doux et lisses, aussi appétissants que des fruits mûrs.

Avec un sourire attendri, Reno se pencha en avant et les mordilla très doucement, s’enivrant de leur parfum sucré.

Yazoo tressaillit et laissa échapper un petit soupir, qui se fit sifflant lorsque la langue agile remonta le long de la colonne qui s’érigeait, de plus en plus dure, jusqu’au bourgeon humide.

Faisant tressauter la peau étourdissante, Reno remonta ensuite le long du ventre jusqu’à un téton puis papillonna jusqu’à la gorge et au menton pour trouver enfin le plus court chemin jusqu’à ses lèvres, qu’il aspira délicatement entre les siennes.

- Je t’aime, Yazoo Baby… chuchota-t-il entre elles, le souffle court.

Celui-ci sourit contre sa bouche, conscient, maintenant, de l’effet qu’il avait sur le turk, dont le sexe érigé palpitait contre sa cuisse, impatient.

Sans hâte, ses lèvres s’entrouvrirent et Reno accepta l’invitation avec un soupir affamé. Le bout de sa langue se glissa entre ses dents et chercha la sienne, qui vint timidement à sa rencontre.

Entêtant était son baiser, comme sa peau et son essence la plus intime. N’eut-il écouté que son impatience, Reno aurait plongé sans retenue dans cette caverne humide mais seul un mufle viderait d’un trait une coupe de vin rare.

Yazoo noua ses bras autour de lui et répondit à son baiser de façon passionnée et maladroite, accentuant la pression de leurs corps affamés, et aspira sa langue dans sa bouche avec ce qui n’était pas loin de ressembler à de la violence, faisant presque s’entrechoquer leurs dents.

Par caresses, tendres griffures et pincements, le turk lui fit comprendre que ce n’était pas ainsi que cela devait se passer et la petite bouche pâle se fit plus docile, ses mains moins brutales sur son dos.

- Pardon… s’excusa Yazoo contre ses lèvres.

Reno sourit et lissa une mèche de cheveux argentés.

- Laisse-moi faire… susurra-t-il avec sensualité en déposant sur sa gorge un baiser qui se mua en douce succion.

Puis il remonta jusqu’à son oreille et en suivit le contour du bout de la langue, le faisant frissonner.

La chaleur au bas du ventre du turk atteignait des sommets et il aurait alors voulu écarter les cuisses nacrées pour y plonger sans préambule et se répandre dans les entrailles ardentes mais il fit taire son empressement.

Mordillant les épaules laiteuses, Reno laissa ses mains caresser les bras souples puis le torse glabre, ses doigts cherchant les petites saillies rosées des tétons, durs et tendus.

Il les taquina l’un après l’autre, faisant tressaillir l’incarné sous lui, et le frottement de ses cuisses sur sa verge lui rappela son propre désir rageur. Un seul attouchement de la main de Yazoo à cet à cet endroit l’aurait fait venir, alors, il en certain, et il se mit à quatre pattes au dessus de lui pour éviter tout contact qui aurait pu écourter ces instants.

Sa bouche trouva le téton droit et il l’aspira en le titillant du bout de la langue.

Yazoo gémit et leva les hanches d’instinct pour aller à sa rencontre et frotter son sexe dur contre le sien mais Reno était trop haut et il se résigna avec un soupir de dépit.

Le turk avait cependant sous-estimé son entêtement et, lorsque sa langue fondit sur son téton gauche, la main de l’argenté glissa jusqu’à son ventre pour enserrer maladroitement son membre gonflé.

Il tira férocement sur la peau flexible et décalotta sans douceur, faisant hoqueter Reno. Les va-et-vient énergiques de sa main étaient aussi douloureux qu’un frottement sur une peau écorchée.

Le front appuyé contre sa poitrine, le turk enroula ses doigts autour de son poignet et l’immobilisa.

- C’est trop fort… haleta-t-il, secoué par un spasme incontrôlable.

- Je… Je suis désolé.

Yazoo le lâcha immédiatement mais Reno prit son visage dans ses mains en coupe pour le lever vers le sien et déposer un baiser léger sur ses lèvres.

- Ce n’est rien.

Souriant, il renouvela son baiser, plus doux encore si c’était possible.

Ses lèvres voletèrent à nouveau sur son torse mais, cette fois, évitèrent les petits tétons roses, aussi sensibles que de la chair à vif à force d’être titillés par les doigts et la langue diaboliquement adroits.

Yazoo n’eut que le temps de respirer trois fois avant que le bout de la langue du turk n’effleure son gland humide et il se contracta dans l’attente de mordillements ou de succions passionnés. Qui ne vinrent pas…

Très lentement, au contraire, par petits coups de langue répétés et patients, Reno habitua la peau vierge, et encore excessivement sensible, à son contact insoutenablement excitant.

Lorsqu’il sentit les muscles de l’argenté se relâcher et sa respiration s’approfondir, le turk aspira prudemment le gland lubrifié et le lécha sans hâte ni rudesse.

Un long soupir monta de la gorge de Yazoo et la main de Reno rejoignit sa bouche pour effectuer de lents va-et-vient. A peine un effleurement.

- Reno…

Sa main se porta au front de ce dernier et il essaya, sans grande conviction, de l’écarter en sentant le plaisir monter des tréfonds de son ventre, violent et inéluctable.

Les joues de Yazoo s’embrasèrent et une chaleur traîtresse se répandit en lui. Ses doigts se contractèrent sur la nuque de Reno, tous ses muscles se tendirent et il renversa la tête en arrière sur l’oreiller, la bouche entrouverte sur un cri contenu, dans l’attente de la jouissance qui n’allait pas tarder à déferler et à l’emporter.

Sa main gauche et ses petits orteils agrippèrent les draps comme des serres et une sueur ardente lui coula sur les tempes et entre les pectoraux.

- Reno… gémit-il encore en essayant encore d’éloigner la bouche brûlante de son membre lorsqu’il sentit la lave destructrice sur le point de jaillir. Reno, attention, je…

Sa phase se termina en un râle inarticulé tandis que la lumière blanche explosait dans son cerveau, mettant toutes ses terminaisons nerveuses en pièces.

Il eut vaguement conscience de se tordre sur le lit et de crier, essayant d’échapper à la vague de jouissance, mais celle-ci le rattrapa vite et le roula comme un frêle esquif perdu dans la tempête.

Où était le haut ? Où était le bas ? Comment respirait-on, déjà ? Et ce battement de tambour ? Etait-ce son cœur ou son ventre ?

Qu’importait…

Chaque fibre de ses muscles, chaque pouce de peau n’était plus que plaisir et, s’il devait mourir là, quelle plus belle mort pouvait-il espérer ?

Yazoo cessa donc de lutter et se laissa porter par la vague qui, petit à petit, se mua en houle paresseuse puis, après une ou deux bourrades assassines, se retira, le laissant haletant, l’esprit embrumé, affaibli et les membres gourds.

Bon sang ! Loz lui avait bien dit qu’un orgasme « faisait un effet dingue » mais il ne s’était quand même pas attendu à quelque chose comme ça ! C’était.. C’était… Oui, « dingue ». Complètement dingue…

Il sourit sans s’en rendre compte. Hormis la brise légère qui faisait frissonner et se hérisser sa peau en se glissant par la haute fenêtre de la chambre de Reno, il était bien… Il ne s’était même jamais aussi bien senti depuis des années.

Reno…

Au prix d’un effort surhumain, il ouvrit les yeux pour voir le visage du turk au-dessus de lui.

Reno le considérait avec une expression attendrie, curieuse et fascinée à la fois. Au coin de ses lèvres gonflées, une petite traînée blanche les rendait plus pulpeuses et désirables encore.

- Reno… murmura Yazoo avec un sourire épuisé.

Il cueillit la goutte de semence du bout de son index et Reno s’empara de sa main pour le lécher avant de presser sa paume contre sa joue.

- Sais-tu que tu es beau à mourir dans ces moments là, Yazoo baby ? demanda-t-il, les yeux brillants.

La gorge soudain serrée par ce qu’il lisait dans les prunelles bleu-vert, Yazoo fut incapable de répondre.

Il avait toujours cru, à écouter ses frères et les conversations qu’il avait pu surprendre entre les scientifiques du laboratoire du cratère nord, que les hommes prenaient leur plaisir puis s’en allaient ou s’endormaient une fois soulagés.

Reno, lui, n’avait pensé qu’au sien, reniant son propre désir, et il s’émerveillait du résultat…

C’était une attitude si touchante que l’argenté en était profondément bouleversé.

- Reno, tu es si… Si…

Celui-ci ne le laissa pas finir sa phrase.

Il l’attira tout contre lui et, fou de tendresse, l’embrassa à pleine bouche, comme avait voulu le faire Yazoo quelques instants plus tôt et qu’il l’en avait empêché…

*

Allongé sur le dos et Yuffie pelotonnée tout contre lui, endormie, la tête au creux de son épaule, Kadaj contemplait le plafond dans l’obscurité. Il se passait et se repassait dans la tête les instants délicieux qu’il venait de vivre et réfléchissant à ce curieux sentiment de possessivité égoïste qu’il ressentait à présent en serrant la jeune fille dans ses bras.

Tu es à moi. A moi ! A moi ! A moi ! “ disait chacun des allers et retours de sa main sur son dos souple. ” A moi et personne d’autre ! “

Bien souvent, il s’était considéré - bien qu’il n’ose jamais l’avouer ouvertement et encore moins devant ses frères ! - comme le plus le plus ” pondéré ” et le plus ” civilisé ” de la fratrie. Bref, celui qui possédait le caractère le plus ” proche ” de celui de Sephiroth, ce mélange ” calme intelligence ” et de ” froide élégance ” qui faisait tout le charme du grand Général, dépourvu de la virilité provocante de Loz ou de la féminité guindée de Yazoo.

Pourtant, tout à l’heure, lorsqu’il avait fait sienne la petite Utaïenne et que celle-ci s’était accrochée à lui, griffant son dos en gémissant son nom, emportée par un raz-de-marée de plaisir qu’elle n’aurait jamais cru pouvoir être provoqué par un homme, la partie la plus primitive de lui s’était réveillée. Un côté se sa personnalité qu’il n’aurait jamais soupçonnée et qui lui avait donné envie de battre sa poitrine de ses poings en criant : ” OUAIS ! ! ! ! JE SUIS LE PREMIER ! ! ! ! “.

Cette attitude lui faisait honte, à présent, et - plus étonnant encore ! - il était incapable de se l’expliquer !

Peut-être faudrait-il qu’il en parle à Loz, lorsqu’il irait mieux. Ou à Vincent, même, plutôt. Son frère aîné avait suffisamment de soucis pour l’instant sans y ajouter l’attitude frustre et grotesquement possessive de son cadet vis à vis de sa nouvelle maîtresse !

Maîtresse ” ?

Il grimaça.

Ah, non, non… Même ce mot n’allait pas du tout ! Il sous-entendait tout un tas de choses et d’autres aventures qui gênaient Kadaj au plus haut point !

- Tu ne dors pas ?

Celui-ci sursauta et adressa à Yuffie un sourire béat dont il n’avait même pas conscience.

- Je repensais à tout à l’heure, murmura-t-il en caressant le bout de son nez de ses lèvres.

Elle se raidit dans ses bras.

- Ce n’était pas bien ? Tu n’as pas aimé ?

- Quoi ? Bien sûr que si ! se récria-t-il. Au contraire, je…

- Tu quoi ?

Il ne répondit pas et, emporté par un élan de passion qui l’étonna plus encore que tout le reste, la renversa pour l’embrasser avec une passion renouvelée.

- Kadaj… gémit la jeune fille contre sa bouche.

*

Nanaki, assis au sommet du plateau rocheux, vit l’hélicoptère approcher et fit un élégant mouvement de sa queue enflammée pour signaler sa position au pilote.

Celui-ci fit atterrir l’engin volant comme dans un mouchoir à quelques mètres du chien roux, qui ne cesserait décidément jamais de s’étonner de la facilité avec laquelle Highwind manœuvrait ce genre de machine.

Une fois les moteurs coupés et l’hélice immobile, le pilote sauta de l’appareil et vint vers son ami de sa démarche athlétique et chaloupée.

- Heureux de te revoir, Red ! salua-t-il.

Nanaki sourit en lui tendant la patte et Cid la serra avec chaleur.

- Vincent m’a raconté ce qui s’était passé. Je suis heureux de te voir en si bonne santé. (Il le détailla lentement de bas en haut et le pilote se soumit à l’examen en silence) Quelque chose a changé en toi.

- Ouais… Je sais. C’est pour ça que je suis là.

Nanaki hocha gravement la tête.

- La ” promesse de sang “, oui. Viens, nous allons en parler. Le chaman nous attend.

Ils descendirent du plateau par un sentier étroit et gagnèrent une petite plaine aride au centre de laquelle s’élevait une tente d’où s’échappaient une fumée bleuâtre doucereuse et des chants rauques à faire froid dans le dos.

Cid frissonna et un pli soucieux barra son front mais il ne ralentit pas l’allure et ne fit pas le moindre commentaire.

Nanaki, qui l’observait discrètement du coin de son œil valide depuis qu’il avait atterri, sourit.

Oui, Highwind avait changé…

Comme la première fois

***

Rédaction : Shiva Rajah

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : les volontaires sont les bienvenus !

***

Incapable de dormir, Loz était accoudé à l’étrange fenêtre de la chambre improvisée qu’il partageait avec Yazoo dans la maison coquillage de la cité des anciens, le regard perdu dans les ombres de la forêt spectrale.

La pleine lune brillait et une créature telle que lui, aux curieux yeux félins bien plus perçants que ceux de n’importe quel humain, y voyait comme en plein jour.

Non loin du petit lac qui miroitait au centre de la clairière, dans le recoin le plus sombre d’un lugubre sentier bordé de ronces mortes, un éclair métallique attira son attention.

Kadaj ?

Que faisait-il donc seul à l’orée de la forêt à une heure pareille ?

N’était-il pas supposé surveiller les enfants toute la nuit, dans la lande ? Non qu’ils risquent de s’enfuir - leur libre arbitre avait été totalement sapé par l’implacable volonté de Jenova ­- mais parce qu’une sorte d’instinct, peut-être un reste d’humanité avec lequel personne sans doute n’aurait jamais compté, les empêchait de laisser des enfants en bas âge livrés à eux-mêmes sans protection. A plus forte raison dans une forêt qui tenait plus du bois de cauchemar hanté par des monstres que du bosquet de conte pour tout-petits peuplé d’elfes et de lutins.

Curieux de savoir ce qu’il en était, Loz quitta sa pseudo-chambre avec la ferme intention de rejoindre son frère sous le couvert des arbres fantomatiques et de lui tirer les vers du nez.

Sans arme et torse-nu comme il l’était, il traversa la maison coquillage silencieuse, longea le bord de l’étang et s’engagea sur l’étroit sentier qui bordait la forêt.

Il ne lui fallut pas longtemps pour trouver Kadaj, affalé sur un vieux tronc mort abattu, le front sur les genoux.

Ses épaules tressautaient et Loz reconnut distinctement les petits reniflements discrets qu’il laissait échapper lorsqu’il sanglotait.

- Kadaj ? murmura-t-il. Est-ce que ça va ?

Le jeune homme tressaillit et leva brusquement la tête, plein d’espoir, mais, reconnaissant son aîné, s’assombrit de nouveau.

- Oh… c’est toi.

Loz s’assit à ses côtés et sourit, non sans ironie.

- Ta déception fait peine à voir !

- Ca n’a rien à voir avec toi, Loz. Excuse-moi…

- Qu’est-ce que tu as ?

- Rien.

- Rien ? On ne dirait pas.

- Je n’ai pas envie d’en parler, finit par avouer Kadaj dans un murmure à peine audible en s’essuyant le visage.

Loz s’accroupit face à lui, lui fit redresser la tête et le contraignit à reposer les pieds sur le sol, le dos bien droit.

- De la tenue ! railla-t-il gentiment en croisant les mains sur les genoux graciles pour y appuyer le menton. C’est ce que te dirait Yazoo : ” quelles que soient les circonstances, de la tenue ! C’est ce qui nous différencie des bêtes ! ” (Son frère détourna le regard) D’habitude, ça te fait rire…

- Pas cette fois, Loz. Désolé.

Ce dernier fronça le nez.

- Il va bien falloir, pourtant, poursuivit-il, les yeux mako pétillants de malice. Si tu restes là avec cette tête, tu risques de tuer un gosse de trouille. (Il simula une attaque et Kadaj rit malgré lui) Un coup à finir tous les trois en bouillie dans une petite boîte scellée avec une bande jaune, ça.

- Loz ! Il n’y a que toi pour oser plaisanter avec des choses pareilles !

- Qu’est-ce que tu fais tout seul ici ? Il s’est passé quelque chose, dans la lande ?

A la lumière de la pleine lune, il vit son cadet rougir.

- Je… Je n’étais pas dans la lande.

- Hein ? Tu as laissé les enfants seuls dans la forêt ? Mais tu nous avais dit que tu les surveillerais jusqu…

- Eh bien, j’ai menti, voilà tout !

Loz hocha la tête et pinça les lèvres.

- Ah… Et… pourquoi ça ?

- Tu vas courir le répéter à Yazoo ?

- Pourqu…

- Loz !

- Non ! Tu veux que je jure et que je crache par terre ? railla l’interpellé.

Kadaj roula des yeux.

- N’en rajoute pas, tu veux. C’est déjà assez humiliant comme ça…

- Humiliant ? Bon, ça suffit ! Qu’est-ce qui se passe, à la fin ? gronda-t-il.

Son cadet ouvrit et referma la bouche à plusieurs reprises, ne sachant visiblement pas par quel bout aborder le sujet.

- Rufus a… Nous avons… Il m’a… Enfin, nous…

Son frère écarquilla les yeux.

- Rufus ? Tu es retourné là-bas ?

- Entre lui et moi… il s’est passé… disons des choses que je n’avais pas prévues. Pas prévues du tout. (Il resserra sur lui les pans de son manteau en un geste inconscient de pudeur et Loz blêmit.) Non ! Non, non, non, ce n’est pas ce que tu crois, se récria Kadaj en comprenant les inquiétudes de son aîné. Il ne m’a pas forcé à quoi que ce soit. En fait… c’est même plutôt l’inverse. (Loz hoqueta) Enfin, non ! Pas exactement ! Ce n’est pas ce que je voulais dire, je… Oh ! Eh puis zut !

- Kadaj… menaça son aîné, les nerfs en pelote. Ou tu me dis immédiatement ce qui se passe, où je compte jusqu’à trois et j’enfourche ma moto pour aller chercher Rufus par la peau du cou et savoir de quoi il retourne exactement. Et tu sais que j’en suis capable… ajouta-t-il avec un rictus agressif.

Kadaj laissa échapper un gémissement plaintif.

- Je n’ai pas pu… hoqueta-t-il. J’ai tout gâché, Loz ! Tout gâché.

Ce dernier se redressa et s’assit sur le tronc mort, à ses côtés, pour lui relever le menton et planter ses beaux yeux couleur de topaze verte dans les siennes.

- Il t’a demandé de t’envoyer en l’air avec lui en échange de mère ? s’écria-t-il, estomaqué.

- Non ! Non, Loz, ça n’a rien à voir avec mère, c’est… c’est juste un… ” truc ” qui s’est passé entre lui et moi. Une attirance, je n’en sais rien, appelle ça comme tu veux !

- Je vois… murmura Loz, troublé par l’aveu et essayant de le digérer autant que possible.

Kadaj baissa la tête et garda le silence un long moment.

- Bah dis donc… A voir ta tête, je viens de dégringoler une bonne volée d’échelons dans ton estime.

- Non, le rassura son frère avec un sourire. Non pas du tout. Je… Je suis juste surpris. Je t’aurais vu plus volontiers découper Rufus en rondelles que lui sauter au cou !

- Je ne lui ai pas sauté au cou, justement. J’ai été… minable.

Loz lui ébouriffa les cheveux, amical.

- Tu n’avais pas envie de galipettes, et après ? Ca t’étonne ? Franchement… je crois que nous avons des choses plus importantes à penser, non ?

- Tu es vraiment idiot, Loz, ou tu le fais exprès ? ! Bien sûr que j’en avais envie mais… je n’ai pas pu.

- Pas ” pu ” ? ( Kadaj baissa les yeux, plus gêné que jamais, et son frère fit claquer sa langue contre son palais.) Aïe…

- Comme tu dis : ” aïe “. Pourtant, oublie ce à quoi tu es en train de penser en ce moment parce que je peux t’assurer que je n’ai aucun problème de ce côté là.

Loz tordit le nez, pas très convaincu.

- Ouais…

- Pas avec des femmes, en tous les cas… précisa Kadaj en soupirant.

Son aîné ricana.

- Je vois…

Un silence un peu embarrassé tomba sur les jeunes gens, bientôt brisé par Kadaj, qui avait besoin de réponses et ne savait pas auprès de qui les trouver hormis son aîné, en qui il avait toute confiance.

- Loz ?

- Mhh ?

- Tu… Tu as déjà été tenté de… Enfin, je veux dire … avec un autre homme ?

Loz se tourna brutalement vers lui et planta son regard dans le sien, le faisant furieusement rougir.

- De quoi ? Non mais ça va pas ! Pour qui tu me prends? !

- Dé… Désolé… bredouilla Kadaj. Je ne voulais pas être insultant.

Son aîné fronça les sourcils et éclata de rire.

- Je te taquine, idiot ! (Son visage se radoucit) Ca fiche les jetons, hein ? Pas moi, de désirer un autre homme, je veux dire. Tu te sens largué… Tu as honte… Et tu te demandes si quelque chose ne s’est pas mis à dérailler là-dedans, fit-il en se tapotant la tempe.

Son frère se tourna franchement vers lui et le considéra avec étonnement.

- Tu as vécu ça ? chuchota-t-il, stupéfait. Toi ?

Loz eut un rire doux.

- Eh ! Ouais, ” moi “. Et si tu crois que j’avais l’air plus malin que toi, la première fois… Tu te goures !

- Comment ça, la première fois ? Tu veux dire que tu as déjà… Nooon !

- Mes mains tremblaient tellement que j’aurais été incapable de tenir un verre d’eau sans le renverser.

Son cadet éclata de rire.

- Tu dis ça pour me rassurer !

- Absolument pas.

- Et… tu as… ” conclu ” ? (Loz hocha la tête) Et ? Comment ça c’est passé ?

Loz lui répondit par un franc sourire.

- Dans mon cas, ce fut… (Il hésita, perdu dans d’agréables souvenirs) L’un des plus beaux moment de ma vie ? Ouais… Ouais, je crois qu’on peut dire ça. Durant toute la nuit, il n’y eut plus que nous deux. Rien d’autre n’existait.

Kadaj tordit le nez, ne sachant si c’était du lard ou du cochon.

- Tu es sérieux, là ? Ou tu te payes ma tête ?

Son frère lui jeta un regard en coin et soupira.

- Je ne mens pas, Kadaj. C’était quelqu’un que j’aimais énormément et ce fut vraiment formidable.

- C’était qui ? (Loz secoua la tête et son cadet le poussa affectueusement d’un coup d’épaule, presque jaloux qu’un étranger ait pu faire naître de tels sentiments chez l’un de ses frères.) Allez, ne te fais pas prier. Yazoo est au courant, je parie !

- Désolé, petit frère. Ca fait partie des choses qui n’appartiennent qu’à moi.

- Depuis quand tu as des secrets pour nous, toi ? s’offusqua Kadaj.

- Uniquement celui-là. C’est bien peu en comparaison de tout ce que je partage avec vous, non ?

Son frère lui pressa le bras et hocha la tête à contrecœur.

- D’accord. Comme tu voudras.

- Si Rufus te plaît vraiment, laisse-toi aller. Peu importe qu’il soit un homme ou une femme. Lorsque tu le sentiras s’abandonner dans tes bras, ou que tu t’abandonneras dans les siens, tu oublieras ce qu’il est. Ca n’aura plus d’importance, tu verras.

- Merci, Loz, chuchota Kadaj, la gorge serrée. Merci d’être toujours là pour me donner un coup de pied aux fesses quand j’en ai besoin.

Un silence, puis :

- Je le connais, au moins?

Loz éclata de rire et lui ébouriffa les cheveux.

- N’insiste pas. Je t’ai dit que ça ne regardait que moi ! Non ! Plus de question à ce sujet. Je vais dormir. Et toi, tu files surveiller les gosses, comme tu l’as promis, rappela-t-il.

Il s’éloigna de son frère du pas athlétique et alerte qui avait toujours été le sien et regagna la maison coquillage.

De retour dans la pièce qui leur servait de chambre à lui et à Yazoo, il retira son pantalon en silence et se glissa dans son sac de couchage en prenant bien garde à ne pas le réveiller son frère mais ce dernier ouvrit des yeux gonfles de sommeil.

- Où tu étais passé ?

Loz sourit.

- Je t’en pose, des questions ?

D’une bourrade énergique, Yazoo le renversa sur le dos et fit semblant de l’étrangler mais son frère n’eut aucun mal à le maîtriser en riant et à inverser les positions.

- Je me rends… railla Yazoo d’une vois ensommeillée, les poignets prisonniers des mains de son aîné de part et d’autre de sa tête.

Ce dernier se pencha sur son visage pour caresser sa joue du bout de son nez, joueur.

- Yazoo ?

- Mhh ?

- Tu te souviens de la première fois que nous avons fait l’amour ?

Son frère ferma à demi les yeux et parut se perdre dans de savoureux souvenirs.

- Comment pourrais-je l’oublier ?

- Qu’as-tu ressenti, cette nuit-là ? Tu te souviens ?

- C’était… magique.

- C’est bien ce que je pensais, acquiesça son frère avec un sourire malicieux.

Yazoo s’étrangla et éclata de rire.

- Prétentieux !

Il n’en noua pas moins ses bras autour de son cou vigoureux.

- Loz…

- Quoi ?

- Fais-moi l’amour, chuchota-t-il la gorge un rien serrée.

- Et si Kadaj se pointe ? murmura Loz tout contre sa bouche.

Yazoo aspira sa lèvre inférieure et la suça.

- Il est dans la lande, avec les enfants.

- Oui, mais…

Une langue humide s’insinua dans sa bouche, le contraignant au silence.

- Il ne viendra pas. Il n’y a que toi et moi… Comme ce jour là… Tu te souviens ?

Loz sentit une main fraîche descendre le long de son ventre et il ferma les yeux.

- Je me souviens… murmura-t-il en se glissant entre les cuisses consentantes. Oh, Yazoo…

- Fais-moi l’amour, Loz, supplia ce dernier dans un gémissement impatient. Fais-moi l’amour comme si c’était la première fois…

Avec toute la tendresse dont il était capable, Loz referma ses lèvres sur les siennes tandis que leurs doigts s’entrelaçaient.

***

A mi-chemin de la lande, où étaient réunis les enfants, Kadaj marqua un arrêt sur le sentier.

Que pouvait-il leur arriver, à ces mouflets, de toute façon ? Il n’y avait rien, dans cette fichue forêt, hormis les fantômes de mauvais souvenirs et d’une race éteinte. Rien du tout ! Et lui, il avait besoin d’être seul. De se blottir dans son duvet douillet et de penser.

Oui, de penser !

De penser ? Ou de rêver ?

- Rufus…

Se retrouver seul dans la pénombre avec son souvenir… Son image… L’odeur de ses cheveux blonds qui persistait sur ses doigts…

Il porta ses mains à sa bouche et sourit tandis qu’un long frisson lui remontait le long de l’épine dorsale.

- Ces satanés gamins ne risquent rien, de toute façon !

Sa décision prise, il fit demi-tour et se dirigea vers la maison coquillage, où ses frères devaient déjà dormir…

FIN

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La croisée des destins

***

Auteur : Miss Montague

Relecture et Réécriture : Claude Neix (studio Gothika)

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

Corrections : Arisu

***

Les débris épars sur le sol craquèrent sous ses talons à mesure qu’elle s’avançait dans l’allée centrale de la vieille église.

Bien qu’elle en ignore exactement la raison - peut-être simplement pour évaluer plus froidement le degré de violence de l’affrontement ou justifier sa défaite -, Tifa avait ressenti le besoin irrépressible de retourner sur les lieux.

Cloud était revenu vingt-quatre heures plus tôt à peine, la main de la petite Marlène fermement serrée dans la sienne, et ce fut un immense soulagement pour la jeune femme que de les voir tous deux sains et saufs.

Elle avait étreint la fillette avec un terrible sentiment de culpabilité mais comment aurait-il pu en être autrement ? Elle avait perdu le combat… avait abandonné la petite aux griffes de son ennemi !

Serrant Marlène dans son giron, elle avait levé les yeux vers Cloud, le regard débordant à la fois de reconnaissance et de honte.

C’est vrai, Cloud avait failli tous les abandonner et la jeune femme dut user de toute sa persuasion pour lui faire recouvrer la raison mais s’il n’avait pas été là pour récupérer Marlène… que se serait-il passé ?

Hélas, les autres enfants enlevés par Kadaj et ses frères restaient introuvables. Cloud avait parcouru la Cité des Anciens de long en large sans succès.

A en croire Marlène, il était cependant peu probable qu’il leur soit fait le moindre mal et, de toute façon, le gang referait très certainement son apparition avant peu.

En attendant, Tifa cherchait désespérément la meilleure façon de se reprendre.

Cette peur déchirante qui l’avait paralysée jusqu’à ce que Marlène lui soit ramenée saine et sauve, pour rien au monde elle ne voulait la sentir de nouveau lui tordre le ventre. Pas plus qu’elle ne souhaitait faire revivre ce cauchemar à la fillette.

Ses pas soulevant des volutes de poussière, Tifa s’avança jusqu’au parterre de fleurs entretenu - il y a une éternité de cela, semblait-il - par sa défunte amie.

C’est ici que j’ai échoué… “ pensa-t-elle. Ici même que j’ai été incapable de protéger Marlène. ”

Comme dans un rêve brumeux, Tifa revoyait son adversaire se détourner d’elle et s’approcher de la petite à la façon d’un prédateur ; se souvenait de l’effroi avec lequel elle avait assisté à toute la scène…

La jeune femme avait hurlé à la gamine de s’enfuir mais le cri avait résonné sous son crâne avec une telle puissance désespérée que la tête lui avait tourné et… plus rien.

Elle ne reprit ses esprits qu’à l’arrivée de Cloud. Et encore pour un laps de temps réduit, hélas, puisque tous deux avaient presque aussitôt sombré côte à côte pour se réveiller dans les appartements privés du 7ème ciel “, où Reno et Rude les avaient transportés, non sans difficulté.

Machinalement, Tifa tenta de redresser les tiges, couchées sous le poids son propre corps, lorsqu’il l’avait jetée au sol, sur le parterre fleuri.

Peine perdue.

La jeune femme se demanda alors si, contrairement à elle, les fleurs pouvaient se relever de cet échec.

Plus que sa vie, c’était celle de Marlène qu’elle avait mise en danger et cela, elle ne pourrait jamais se le pardonner.

- Je vais à l’église, avait-elle dit à la petite un peu plus tôt. Les voisins vont venir s’occuper de toi durant mon absence.

- Je viens avec toi !

- Non ! Je t’ai dit qu’on allait venir s’occuper de toi, je n’en ai pas pour longtemps. Je préfère te savoir à l’abri ici.

- … très bien.

Durant ce bref échange, pas une seule fois les yeux de Tifa - honteuse au point d’être incapable de la regarder en face - ne s’étaient posés sur la petite.

La fleur qu’elle venait de redresser retomba et ses mains, en appui sur la terre fraîche, se refermèrent en poings, se crispant jusqu’à faire saillir les veines sous la peau délicate.

Tap… Tap… Tap…

Tout son corps se raidit.

D’un bond, elle se redressa et se tourna vers l’imposante porte en bois, à l’autre extrémité de l’église.

Elle reconnut immédiatement le visiteur inattendu et ses yeux s’écarquillèrent.

Tap…

L’homme s’arrêta au beau milieu des débris de pierre et de bois provenant des moellons et des bancs réduits à l’état de charpie. Qu’il s’agisse des traits du visage ou des yeux d’un bleu-vert quasi-transparent, tout paraissait figé chez lui.

Le souffle coupé, la jeune femme ne put empêcher une grimace apeurée de lui tordre le visage et, ses membres ne lui obéissant plus, elle commença à trembler de toute part.

L’homme aux courts cheveux argentés s’avança encore. Sous ses sourcils froncés, ses yeux étaient fixés sur elle sans que le moindre clignement de cils ne voile le regard félin.

Qu’est ce que tu attends pour t’enfuir, espèce d’idiote ? Tu penses pouvoir t’en tirer en restant plantée devant lui ? “

Malheureusement, ses jambes ne semblaient guère pressées de lui obéir.

Plus le jeune homme se rapprochait, plus le bruit de ses pas était fort, faisant écho aux battements du cœur de Tifa, de plus en plus apeurée.

Malédiction ! Qu’était-il arrivé à la combattante émérite qui avait même réussi à ravaler sa peur deux ans plus tôt face au monstrueux Sephiroth ?

Non, elle n’aurait pas dû être effrayée, n’aurait même jamais pas dû perdre face à cet homme !

Pourtant, ce fut bien le cas et, en cet instant, c’était le doute, plus que la peur, qui la minait : si elle l’affrontait encore, elle perdrait le combat une seconde fois, elle en était certaine.

- Eh bien… Qui aurait cru qu’on ferait autant de dégâts !

Sa voix grave la fit sursauter mais rien ne la surpris davantage que de le voir s’arrêter à quelques pas d’elle et… sourire !

Il embrassa les lieux d’un regard détaché, mains sur les hanches, et posa de nouveau les yeux sur elle, la tête légèrement penchée sur le côté.

- Tu as… peur ? demanda-t-il, curieux.

- Pas du tout !

Elle avait ponctué sa réponse d’un froncement de sourcils éloquent et se mit d’instinct en garde, les jambes toujours tremblantes.

- Ce n’est pas beau de mentir.

La gorge de la jeune femme se serra. A quel jeu puéril s’amusait-il ?

A en croire sa réaction, sa peur était parfaitement perceptible mais elle ne fuirait pas. Non, certainement pas ! La couardise serait un châtiment plus humiliant encore qu’une nouvelle défaite.

Elle se battrait jusqu’au bout, même si l’issu de ce nouveau conflit ne laissait aucun doute quant au résultat.

C’est du moins ce dont elle essayait de se persuader…

- Détends-toi ! railla-t-il. Je n’ai pas l’intention de me battre avec toi aujourd’hui.

Elle ne bougea pas un orteil.

- Allô ! insista-t-il, taquin.

Elle haussa très légèrement un sourcil.

A quoi jouait-il donc ? Cherchait-il à lui faire baisser la garde pour l’attaquer en traître ?

Loz se tapota le front de la main.

- Toutes les femmes sont-elles aussi têtues que toi ?

- Donne-moi une seule raison de te faire confiance ! rétorqua-t-elle avec aigreur.

- Parce que je ne vois pas l’intérêt de t’attaquer par surprise. Moins encore dans ton état, ajouta-t-il sur le ton de la plaisanterie. Tu ne tiendrais pas une minute, même si je te laissais m’attaquer la première. Détends-toi, va ! Tu vas nous refaire un malaise, sinon.

Les joues de Tifa s’empourprèrent violemment.

Mais c’est qu’il se moquait d’elle, en plus !

- Que fais-tu ici ? demanda-t-elle pour se donner une contenance, à l’affût du moindre geste suspect.

- Moi ça va, merci, et toi ?

- Où sont les enfants ?

- Eux aussi vont bien.

- Je t’ai demandé où ils étaient !

- Et tu crois sérieusement que je vais te répondre ?

- S’il le faut, je t’y obligerai ! menaça-t-elle.

- S’il le faut “ ? Si tu le pouvais, tu veux dire ! Ce qui n’est pas le cas…

- Ne me sous-estime pas.

- Et toi, cesse de te surestimer. Cela pourrait te coûter cher, un jour.

- Je ne…

Elle laissa sa phrase en suspend.

A quoi bon tenter de lui faire croire le contraire, de toute façon ? Elle n’était plus la femme forte qu’elle avait été, même lui s’en était rendu compte.

Découragée, elle baissa les bras - dans tous les sens du terme.

Loz l’observa avec curiosité et laissa échapper un soupir en la voyant détourner le regard pour fixer le sol, ses longs cheveux bruns voilant à demi son visage.

- Je n’aime pas jouer lorsque je suis certain de gagner, reprit-il d’une voix plus douce. Dis-toi que, de cette façon, je t’épargne une seconde défaite.

Il s’adressait à elle comme à un enfant boudeur. Pire : à un loser !

Ravalant son humiliation, elle prit une profonde inspiration.

- Tu ne m’as toujours pas dit pourquoi tu étais là.

- Je n’en ai aucune idée ! Mes pas m’ont guidé jusqu’ici. Peut-être parce qu’ils savaient que je t’y trouverais.

- Je… Je ne suis pas sûre de comprendre.

- Moi non plus, avoua-t-il. Demande à mes pieds, ils ont peut-être une explication logique à ça…

Spontanément, les yeux de Tifa se posèrent sur les chaussures de cuir de l’argenté, une expression incrédule sur le visage.

Loz pouffa et elle releva aussitôt la tête pour voir ses lèvres crispées en un rire contenu, des petits bruits de gorge accompagnant les soubresauts de son large torse.

- Pffff…

Les joues de la jeune femme s’empourprèrent de nouveau.

- Ce n’est pas drôle !

- Ah ! Ah ! Ah !

Elle croisa les bras, horriblement vexée.

Les larmes aux yeux, Loz leva une jambe, comme pour l’inviter à parler à son pied.

- Oh ! Ca va !

Elle ne réalisa pas immédiatement qu’elle s’était mise à rire aussi et ce rire clair et incontrôlable, qui s’échappait de sa gorge, eut pour effet de la détendre un peu, ses poumons s’emplissant d’air à chaque nouvelle respiration, lui dénouant le ventre.

- Alors ? demanda-t-il lorsqu’ils reprirent un peu leur sérieux. Ca a l’air d’aller mieux non ?

- Qu… Quoi ?

- Bah ! Tu as l’air un peu moins coincé, tout d’un coup.

Tifa se raidit, toute trace de sourire effacé.

- Dis-moi où sont les enfants.

- Ah ! J’ai parlé trop vite…

- Dis-moi où ils sont !

Il la fixa de son intense regard félin.

- Je t’ai dit qu’ils allaient bien. N’insiste pas. Tu les reverras tous, sains et saufs. Nous n’avons pas l’intention de les tuer. La seule chose qui compte, c’est de la retrouver.

- Qui ça ?

- Mère ! Je te l’ai déjà dit.

Ce mot, qu’elle n’avait plus entendu prononcer avec une telle ferveur depuis des années, fit tressaillir Tifa.

Lui aussi, le prononçait avec cette même dévotion.

Sephiroth

Elle dévisagea Loz comme si elle le voyait pour la première fois.

Ces cheveux… Ces yeux…

Etait-ce possible ?

- Mère ? bredouilla-t-elle. Ce ne serait pas… ?

Un doux sourire sur les lèvres, il s’en retourna, le bras levé en signe d’au revoir.

Non ! Elle devait savoir !

Elle se précipita derrière lui et ses mains s’agrippèrent au bras recouvert de cuir pour l’empêcher de partir.

- Dis-moi que tu ne fais pas allusion à Jenova ! supplia-t-elle. Dis-moi que ce n’est pas ça !

Il pivota lentement, riva ses pupilles félines aux siennes et un frisson parcouru la jeune femme.

Loz était réellement impressionnant…

Il la dépassait d’une bonne tête, sa peau satinée semblait sans défaut et ses yeux… Mon Dieu, quels yeux !

- Je ne… commença-t-elle. Nous ne pouvons pas te laisser faire ! se reprit-elle.

- ” Nous ” ? Mais là, tu es seule et je doute que tu puisses m’empêcher de faire quoi que ce soit.

Et le pire, c’est qu’elle savait qu’il avait raison.

Elle baissa la tête, vaincue, en même temps que ses mains glissaient le long de son bras, le libérant.

Mais voilà que ses mains à lui se posèrent sur ses joues pour l’obliger à replonger dans l’hypnotique regard bleu-vert.

- Tu reprendras bientôt des forces, promit-il. Tu reprendras aussi confiance en toi, et, alors, nous nous battrons.

Un sourire engageant éclaira son visage et la jeune femme sentit sa gorge se serrer…

***

La main de Cloud massait son dos en un doux va-et-vient.

- Tu sembles encore plus tendue que ces derniers jours. Pourtant, Marlène est rentrée, maintenant. Nous retrouverons vite Denzel et les autres enfants, tu verras.

Tifa prit sur elle pour sourire.

Les enfants…

Si seulement cela pouvait être la seule raison de sa nervosité…

Le soir était tombé et la petite lampe murale dégageait une légère et chaleureuse lumière, bien suffisante pour lui permettre de voir le visage de son compagnon.

Visage qu’elle ne regardait d’ailleurs que furtivement.

- Je n’ai pas su la protéger, Cloud…

- Tu ne connaissais pas ton ennemi et tu as été surprise par sa puissance mais, la prochaine fois que tu seras nez à nez avec lui, tu n’auras aucun mal à lui faire mordre la poussière, j’en suis certain.

Elle coula un regard en biais à son ami d’enfance.

Aucun mal…

S’il savait !

S’il savait qu’elle avait été incapable de bouger le petit doigt un peu plus tôt dans la journée… Qu’elle avait tremblé comme une feuille… Que c’était précisément l’homme à qui elle devait faire mordre la poussière” qui l’avait réconfortée avant de partir retrouver ses frères…

Elle pivota franchement vers Cloud et, toujours sans un mot, effleura ses lèvres des siennes, ses doigts lissant doucement ses cheveux hérissés, caressant sa nuque, la main du jeune homme massant toujours son dos.

S’il avait su avec quelle tendresse des doigts gantés s’étaient posés sur son visage… A quel point étaient hypnotiques les yeux qui s’étaient vissés aux siens et comment, à ce moment là, son cœur avait battu la chamade…

Encore maintenant, alors même qu’elle prenait conscience de la chaleur du corps de Cloud contre sa peau, Tifa s’interrogeait, incapable d’expliquer clairement ce qu’elle avait ressenti en cet instant.

Que dirait Cloud s’il avait pu deviner qu’elle croyait encore sentir le cuir du gant de Loz sur sa peau, s’il avait pu concevoir avec quelle débauche de détails elle se souvenait de son visage, de sa peau lisse, des traits si virils, parfois adoucis par de furtifs et sincères sourires…

Leur sueur se mêlait, à présent, ainsi leur respiration saccadée et leurs murmures haletants. Les draps s’échauffaient, se froissaient sous leurs corps et, tout à sa passion, Cloud ne remarqua pas les larmes de Tifa qui s’étaient soudain mises à perler au bout de ses longs cils.

S’il avait su…

S’il avait su qu’en cet instant, c’est à lui qu’elle pensait…

***

Au matin, Tifa s’était réveillée seule, les draps tièdes et froissés indiquant que Cloud s’était une fois de plus éclipsé ; comme si, une fois son désir satisfait, la vue de celle qui l’avait assouvi lui devenait insupportable.

Cette nouvelle matinée rendait la jeune femme morose mais elle n’en apprécia pas moins la présence de sa petite Marlène. Cloud disparaissant régulièrement, elle ne goûtait que davantage la compagnie de la petite.

Le vacarme soudain, à l’extérieur, vint briser la discrète tranquillité du 7ème ciel : la ville d’Edge était saisie d’effroi et le chaos régnait autour du mémorial de la Shinra.

Arrivée sur les lieux, Tifa constata que Kadaj et ses frères étaient une fois de plus la cause de la panique ambiante.

Un stupéfiant Bahamut avait été invoqué et les traces de son passage n’auraient jamais pu de passer inaperçues.

Le cœur de jeune femme se serra, les images de la veille défilant dans son esprit à toute vitesse, et elle se maudit de penser à cela au vu de la situation.

Les enfants…

Loz avait dit qu’elle les reverrait tous bientôt, sains et saufs, et ils étaient bien là, devant elle, entiers.

Elle courut vers Denzel qui, le regard inexpressif et inhumain, fixait le vide, devant lui.

Ces yeux… Les mêmes que…

Peu importait ! Elle devait sauver son petit garçon et l’éloigner de cet enfer !

Les monstres invoqués l’assaillirent soudain de toute part mais l’instinct de protection que lui inspirait son fils adoptif lui donnait des ailes et la force de repousser les attaques des monstrueuses bêtes.

Un cri déchira le ciel et, avant qu’elle ne se rende compte de ce qui se passait, d’immenses pattes griffues s’abattirent devant elle.

Ahurie, elle regarda le Bahamut s’élever de nouveau dans les airs afin d’envoyer une boule d’énergie qui fit exploser le mémorial, envoyant des débris aux quatre coins de la vaste place d’Edge et détruisant de nombreux bâtiments alentour.

Le souffle de l’explosion l’étourdit et, durant ces quelques minutes d’inconscience, Denzel lui apparut : le garçonnet souriait, tendant vers elle une main secourable et elle souriait en retour. Jusqu’à ce que les yeux du garçonnet virent vers ce bleu-vert si envoûtant, la pupille s’allongeant telle celle d’un félin, et sa petite menotte se transformant en une main grande et forte. Celle d’un homme aux courts cheveux d’argent…

La jeune femme reprit brutalement conscience et ses paupières se soulevèrent difficilement pour voir son vieil ami Barret protéger Denzel, son bras mécanique crachant une rafale de balles.

Le regard de Tifa balaya la place et ses alentours en ruine.

Des mouvements rapides attirèrent son attention et… elle le vit.

Il était là, se battant rageusement contre les turks.

Sa gorge se serra.

Et s’ils finissaient par se croiser ? Et s’ils se battaient ?

Elle chassa ces pensées de son esprit. D’autres priorités réclamaient toute son attention.

Les uns après les autres, ses amis vinrent en renfort au pas de charge afin d’engager la bataille contre le Bahamut de plusieurs mètres de haut et dont la carapace paraissait plus dure que de la pierre.

Chacun donna le meilleur de lui-même, tous portés comme autrefois par une inextinguible soif de victoire, avec la ferme intention d’en terminer ensuite avec le trio infernal - chose que Tifa ne pouvait s’empêcher d’appréhender.

Le Bahamut, cependant, n’entendait pas se laisser vaincre aussi facilement et rageait d’être attaqué par ces minuscules créatures si agaçantes.

Il déploya ses ailes immenses, tournoyant autour de la place maintenant dévastée, broyant et piétinant tout ce qu’il pouvait.

Puis, sa patience ayant atteint ses limites, le monstre concentra son énergie dans sa gueule hérissée de crocs et cracha une boule d’un bleu étincelant… droit sur Tifa, qui se trouvait aux cotés de Red XIII et Caith Sith !

Le chien rouge bondit prestement à quelques mètres de là, le robot sur son dos, tandis que la jeune femme rassembla toute sa force dans un extraordinaire coup de pied qu’elle asséna à l’amas bleuté.

Ce dernier termina sa course contre l’un des rares immeubles encore debout et une extraordinaire explosion en résulta, qui projeta des morceaux de métal et des morceaux de pierre droit sur elle alors qu’elle pensait avoir échappé au pire.

Elle n’eut que le temps de se mettre en boule, pour tenter tant bien que mal de se protéger des énormes débris à moitié calcinés, et ferma les yeux, attendant la douleur qui ne saurait tarder.

Mais, dans le brouhaha de l’explosion et de l’écroulement du bâtiment, les secondes passèrent sans qu’elle ne ressente quoi que ce soit.

Aucun débris n’était donc arrivé jusqu’à elle ?

Impossible… “ se dit-elle.

Prudemment, elle releva la tête.

A travers la poussière, la jeune femme distingua une imposante silhouette, juste devant elle.

A mesure que le vent balayait les minuscules résidus grisâtres, elle reconnut le grand corps athlétique. Corps traversé, au niveau du thorax, par une tige métallique pointue d’une bonne dizaine de centimètres de diamètre.

Par l’énorme plaie s’écoulait des flots rougeâtres et le corps empalé se tordait, essayant vainement de rester perpendiculaire au sol.

Sans succès.

Les jambes, pourtant puissantes, cédèrent et l’homme s’écroula avec un bruit sourd.

Tifa ne réagit pas immédiatement, une expression hébétée sur le visage.

Elle ne comprenait pas, c’était irréel ! Comment croire que Loz s’était mis devant elle, lui faisant un rempart de son corps pour lui sauver la vie ?

Elle le considéra un long moment, étendu sur le sol dans une mare de sang, l’énorme tige de métal en travers de la cage thoracique, et son souffle se fit haletant à mesure qu’elle reprenait ses esprits et qu’elle saisissait toute l’horreur de la situation.

Fébrile, elle se leva et tituba vers celui qu’elle avait eu si peur de revoir encore quelques instants auparavant.

Avant qu’elle ne puisse poser un doigt sur le corps meurtri, elle fut brutalement repoussée en arrière par un jeune homme à la taille élancée et aux longs cheveux argentés flottant sur ses épaules et son dos.

- Et estime-toi heureuse que je ne te tue pas !

Sa voix, à la fois douce et tranchante, lui fit comprendre que mieux valait éviter d’insister.

Figée, le visage de marbre, elle le vit arracher la hampe de métal plantée dans le thorax de son frère avec une violence inouïe, faisant jaillir encore plus de sang.

Loz poussa un tel hurlement que des larmes de compassion montèrent aux yeux de la jeune femme.

Indifférent, le clone du démoniaque Sephiroth emporta son aîné dans ses bras aussi facilement que s’il s’était agi d’un nouveau-né.

- Attends ! l’interpella Tifa, incapable de confiner ses interrogations au fond de sa gorge. Que va-t-il devenir ?

Yazoo marqua un temps d’arrêt mais ne se retourna pas.

- J’ignore pourquoi tu tiens à le savoir ni pourquoi il a agi aussi stupidement mais laisse-moi te donner un conseil : oublie-le !

- Garde tes conseils ! Dis-moi juste s’il va s’en sortir !

Yazoo laissa échapper un petit rire railleur.

- Oui… Ces blessures sont superficielles, pour des créatures telles que nous.

Tandis qu’il s’éloignait avec le blessé, les jambes de Tifa cédèrent et ses genoux percutèrent durement sur le sol.

Elle ne s’était pas aperçue de la présence de Cloud qui, à quelques mètres d’elle, bouillait littéralement de rage contenue.

***

Une semaine s’était écoulée depuis l’apparition du Bahamut à Edge et le retour des enfants kidnappés par le gang de Kadaj.

Le monstre exterminé et les enfants à nouveau maîtres de leur libre arbitre, chacun avait pu retrouver la chaleur de son foyer et l’affection des siens.

Malheureusement, les choses s’étaient beaucoup moins bien passées pour Tifa : elle était revenue chez elle dans un silence pesant, accompagnée par un Cloud muet comme une tombe.

Lorsqu’elle avait fini par le remarquer, quelques instants après avoir laissé partir Yazoo, elle avait bien ouvert la bouche mais n’avait pas réussi à en faire sortir le moindre mot.

A présent, le silence retombait aussi sur toute la ville mais on entendait toutefois quelques personnes courageuses essayer de déblayer le gros des dégâts faits au cours de l’après-midi.

Sachant Denzel en sécurité, Cloud s’était dirigé vers l’escalier qui menait à l’étage. Tifa l’avait suivi sans y avoir été invitée, prête à l’inévitable confrontation et aux explications qui promettaient d’être houleuses.

Et, en effet, jamais autant de fureur, de colère ou d’écœurement n’étaient sortis de la bouche de son meilleur ami.

Les insultes fusèrent, de même que les reproches, et chaque mot qu’elle recevait s’enfonçait doit dans son cœur déjà malmené.

- Je ne sais pas… Je ne comprends pas… Je suis désolée…

Ses excuses ne faisaient qu’attiser la rage de Cloud mais elle était incapable de trouver des arguments pouvant apaiser le jeune homme…

…encore moins de lui avouer la vérité !

***

Depuis leur dispute, Cloud n’avait plus quitté la maison, au grand étonnement de toute la petite bande, à qui rien de l’incompréhensible comportement de la jeune femme n’avait été révélé, bien sûr.

Il semblait évident pour Tifa que son ami d’enfance voulait garder en permanence un œil sur la ” fautive ” et elle se sentait clairement prisonnière.

Et lui ? ” ne pouvait-elle s’empêcher de se demander.

Comment allait-il ? Souffrait-il ? Ses frères s’occupaient-ils bien de lui, au moins ?

Chaque jour, profitant des courts moments de répit que lui laissaient les occupations de Cloud, elle s’éclipsait discrètement pour se précipiter dans l’église, espérant le revoir.

Mais rien. Personne.

Sept jours. Sept longs après-midi de silence pesant à l’attendre en vain.

Cloud, trop occupé, ne remarquait guère ses absences furtives mais elle se doutait bien que cela ne durerait pas.

Bien sûr, elle comprenait très bien la réaction de son ami d’enfance. Pour lui, elle avait en quelque sorte pactisé avec l’ennemi. Mais, alors, pourquoi ne se sentait-elle pas aussi coupable qu’elle l’aurait dû ? Pourquoi ne pouvait-elle s’empêcher de s’esquiver en cachette comme une petite fille pour essayer de le revoir ?

Peut-être trouverait-elle les réponses à ces questions le jour où elle le reverrait…

Et cela arriva.

Le huitième jour.

Comme chaque jour, elle avait échappé à la surveillance jalouse de Cloud pour gagner la tranquille église des taudis et, comme chaque jour, son cœur était empli d’espoir mais, une fois encore, rien. Personne.

Tifa laissa ses pas la guider entre les décombres, jouissant du calme et de la paix du lieu, priant même.

- Encore un hasard ?

La jeune femme sursauta et se retourna brusquement.

Il était là, juste devant elle.

Son cœur se serra à la vue du furtif sourire qui se dessina sur le visage viril mais de sombres pensées l’assaillirent aussitôt…

Elle se remémorait cette silhouette bienveillante là-bas, sur la place d’Edge, mais aussi le sang qui coulait à flots de sa blessure. Elle le revit s’effondrer et hurler de douleur lorsque son frère avait arraché l’épaisse tige de métal de son corps meurtri.

- Pourquoi m’as-tu protégée ? s’écria-t-elle soudain. Pourquoi as-tu risqué ta vie pour moi ?

Il ne répondit pas, pris au dépourvu par son éclat.

- Nous sommes ENNEMIS ! poursuivit-elle. Nous devons nous battre l’un contre l’autre, chacun pour ses propres idéaux, alors pourquoi ?

- Parce que tu aurais fait la même chose pour moi.

Sa voix mâle et profonde s’était brisée en prononçant ses mots… de même que l’élan de colère de la jeune femme.

- Je ne t’en veux pas à toi personnellement, ajouta-t-il. Pas plus que toi, tu ne m’en veux pas vraiment à moi non plus. Je me bats pour Mère, comme tu te bats pour cette planète.

- Justement ! Je ne peux pas te laisser détruire ce monde, auquel j’appartiens ! Je ne peux pas cautionner vos actes, à toi et tes semblables ! Je ne peux pas !

Tout comme le ton de sa voix, son poing s’était levé et elle le projeta de toutes ses forces en direction de la mâchoire de Loz, lequel rétorqua par un vif coup de pied, qu’elle esquiva d’un bond félin.

L’une après l’autre, les frappes s’enchaînèrent et le combat acharné tant prévu commença.

En même temps qu’elle assénait ses coups, Tifa laissait échapper des hurlements déchirants, comme pour extérioriser la douleur et la tristesse qu’elle éprouvait à se battre.

Elle sentait bien que Loz retenait ses coups ; des signes évidents de pitié étaient même clairement perceptibles sur son visage alors qu’il la voyait se forcer au combat.

Le poing de la jeune femme s’abattit à nouveau et, cette fois, d’incontrôlables larmes qu’elle était incapable de retenir accompagnèrent le coup, lui brouillant la vue.

La joue un peu rougie, Loz se remit rapidement d’aplomb et, impassible, replongea ses yeux envoûtants dans les siens.

Les dents serrées au point d’en avoir les mâchoires douloureuses, Tifa reprit de l’élan, pliant son bras vers l’arrière aussi loin que l’articulation de son épaule le lui permettait.

Alors que son poing prenait de la vitesse, Loz le stoppa net d’une seule main avant de saisir ses longs cheveux bruns de l’autre et d’avancer brutalement son visage pour presser ardemment ses lèvres sur les siennes.

Les yeux de Tifa s’écarquillèrent et elle tenta de se libérer de l’emprise de son adversaire mais sans succès.

Avec la dernière énergie, elle essaya désespérément de le repousser loin d’elle, ses larmes continuant à couler et son petit poing frappant son large torse, mais avec si peu de conviction qu’il ne cilla même pas.

Même après la blessure qu’il avait subie, sa combinaison de cuir paraissait neuve et, inconsciemment, elle commença à frotter cette seconde peau de sa paume.

Sa bouche s’abandonna progressivement aux tendres lèvres qui, au fil de ses caresses à elle, devinrent plus impétueuses.

L’argenté relâcha enfin son bras, qui n’opposait plus la moindre résistance et qui, au contraire, s’agrippa à sa nuque afin d’appuyer plus encore le baiser qu’ils échangeaient.

Ce qui se passa alors la surprit quelque peu : le blouson de cuir noir parut se désintégrer à proprement parler, révélant peu à peu le corps athlétique dans sa plus parfaite nudité.

Les capacités et les mystères de cet homme allaient donc jusque là…

Le bout des doigts de Tifa - abasourdie par le prodige et dans une sorte d’état second - suivirent un long moment le dessin des muscles proéminents.

Frissonnant à son tour sous ses caresses à lui, elle fit glisser la fermeture éclair de son haut noir pour laisser apparaître des formes qui avaient rendu bon nombre d’hommes fous de désir.

Leurs jambes les avaient machinalement rapprochés de l’une des colonnes de pierre qui gisaient à terre, dans la travée obscurcie par une douce pénombre.

Splendide dans sa nudité, Tifa s’assit à califourchon sur celui qui était devenu l’objet de tant de fantasmes… Celui qui lui avait fait si peur en apparaissant soudain devant elle couvert de sang, sept jours plus tôt… Celui qu’elle serrait désormais entre ses cuisses et dont les mains avides remodelaient les courbes de ses hanches… Celui dont le bassin c’était mis à bouger langoureusement de bas en haut, lui arrachant de discrets soupirs…

Jamais elle ne s’était sentie aussi bien qu’en cet instant - mêlant son corps à celui, si chaud, de son ancien adversaire au regard si froid - et ne pouvait s’empêcher de caresser ce visage auquel elle avait si souvent pensé et qu’elle avait malgré elle rêvé de revoir.

La jeune femme enserra les larges épaules de Loz de ses bras et pressa son visage tout contre son cou pour étouffer les bruyants soupirs qui s’échappaient de ses lèvres au fur et à mesure que le rythme s’accélérait et que le plaisir montait.

Elle aurait tant souhaité que les lents va-et-vient caressants ne s’arrêtent jamais, tant aimé sentir éternellement la chaleur de ce corps contre le sien et être certaine que les mâles inflexions de cette voix rauque, qui gémissait sensuellement à son oreille, l’accompagnent jusqu’à la fin des temps…

***

Un nuage de poussière se répandit au sommet de l’imposante tour Shinra.

Le combat final contre Sephiroth avait à nouveau eu lieu et le courage, la fougue et le tempérament conquérant de Cloud avait eu raison du Mal.

De l’intérieur du hautvent de leur ami Cid, toute la fine équipe avait assisté, le souffle coupé, au terrible combat et s’était réjoui de son issue mais, hélas, leur allégresse fut de courte durée.

Sortie de nulle part, une balle atteignit Cloud en plein cœur, lui transperçant la poitrine de part en part.

Souffrant et haletant, le jeune homme ne se tourna pas moins vers ceux qui l’avaient attaqué par surprise et dans le dos.

Tifa, elle, resta impassible mais son cœur s’emballa lorsqu’elle reconnut les deux assaillants.

Après une suite de combats acharnés contre Reno et Rude, tout d’abord, puis contre Cloud, Yazoo et Loz semblaient à deux doigts de la désagrégation.

Elle vit celui qui avait été son amant, certes durant de trop courtes et délicieuses heures, remuer difficilement les lèvres.

Comme elle aurait aimé revivre d’autres sensuels et précieux instants en sa compagnie…

A rien ne lui servait d’entendre les mots que Loz avait prononcés - sans doute une toute dernière provocation à l’égard de Cloud. Que perdait-il de toute manière, puisqu’elle-même savait sa fin proche ?

Tandis qu’une larme roulait sur son visage meurtri, elle vit Cloud, épée au clair, foncer rageusement vers ses ennemis.

Lorsque le vent dispersa le nuage de poussière dû à l’explosion, Tifa cherchait encore tristement en elle-même la définition du mot ” Destin “…

Fin

Habille-moi !

Rédaction : Shiva Rajah

Corrections : Noriplume

Illustration : M.A. Sambre (studio Gothika)

*

Après avoir lu ceci, vous ne déshabillerez plus Sephiroth du regard comme avant…

…et ne lirez plus jamais une fic lemon sans éclater de rire !!


Les yeux de Cloud, morceaux de ciel d’azur prisonniers de deux franges de cils mordorées, brillaient d’excitation.

Languissamment allongé sur le lit, il se passait le bout de la langue sur les lèvres en regardant Sephiroth glisser ses cuisses puissantes et marbrées dans l’échancrure du slip kangourou réglementaire en épais coton blanc, fourni deux fois l’an par l’intendance SOLDAT.

Les élastiques, distendus par l’usage, bâillaient, dévoilant le galbe d’une fesse ferme et cambrée. Par la poche, elle aussi agrandie et malmenée par de nombreuses urgences urogénitales, on entrevoyait la chair tendre et rosée d’un testicule duveteux – kiwi de platine lové dans un nid de coton devenu trop vaste pour lui.

- Que regardes-tu ? demanda le grand général, assis sur le tapis en train d’enfiler un chaussette de laine aussi réglementaire que le slip.

- Le grain de ta peau, ronronna Cloud, soudain joueur, en lui tendant la deuxième chaussette.

Sephiroth la fit sensuellement glisser le long de sa cuisse tendrement galbée avant d’en couvrir son pied élégant, dont un orteil souple dépassa par l’entrebâillement non voulu d’un trou dû à l’usure.

Il se leva en tenant son slip de sa main pour l’empêcher de tomber et se pencha pour déposer un baiser sur la nuque blonde.

- Où as-tu caché mon maillot de corps, petit coquin ? susurra-t-il à l’oreille du garçon.

Cloud se retourna, lui saisit les bras et l’attira à lui.

Ce faisant, le slip réglementaire de son supérieur glissa sur ses chevilles mais le garçon le remonta d’une main experte avec cette facilité que donne l’habitude.

- Attends, je vais t’arranger ça, promit-il d’une voix enrouée par le désir, en se penchant vers le sous-vêtement récalcitrant.

Sans quitter le général des yeux, il repéra un petit trou dans la couture, par lequel dépassait l’élastique fatigué. Il le sectionna d’un coup de dents et Sephiroth poussa un gémissement expressif en renversant la tête en arrière, frissonnant de désir.

Le jeune homme tira ensuite sur les deux bouts de l’élastique, resserrant l’échancrure du slip kangourou, et fit un gros double noeud marin pour l’empêcher de glisser à nouveau sur les jambes ivoirines.

- Ah… soupira Sephiroth. Tu me rends fou… Tes noeuds sont si beaux… Tous tes noeuds, ajouta-t-il en caressant ses mèches blondes.

Avec un sourire pervers, Cloud sortit un maillot de corps assorti au slip de dessous les draps.

Après un instant d’hésitation, uniquement destiné à faire monter le désir d’un cran, il le lui tendit en se passant la langue sur les lèvres, tel un fauve sur le point de sauter sur sa proie, et rugit sensuellement.

- Grrrrrrr…

Bien conscient de l’émoi qu’il provoquait, le grand général enfila le maillot de corps très lentement et joua un instant avec les bouloches du coton fatigué qui lui moulait le haut du torse jusqu’au dessus du nombril.

Cloud passa un doigt sur le ventre musclé que le maillot, rétréci par lavages répétés, laissait à découvert et se laissa retomber lourdement sur le lit en soupirant.

- Qu’y a-t-il, mon amour ? demanda Sephiroth en remontant ses chaussettes de laine jusqu’aux genoux, ce qui agrandit le trou d’où dépassaient maintenant deux délicieux orteils d’albâtre.

- Pourquoi faut-il que tu me quittes ? soupira l’amour en question.

Le général revêtit son pantalon de cuir souple et ses bottes.

- Une mission m’attend, tu le sais bien.

- Oui, je le sais…

Le garçon se mit en boule dans les draps pendant que Sephiroth finissait de boucler les attaches de son élégant manteau de cuir noir.

Lorsque ce fut fait, il embrassa furieusement Cloud avec un déchirant :

- Adieu, mon amour… A jamais !

Le garçon, des larmes diamantines perlant au bout de ses longs cils dorés, le regarda sortir dans une envolée de cuir noir impeccablement ciré et de magnifiques cheveux argentés.

MORALITE :

Avant de baver et de fantasmer sur des personnages sexy aux atours somptueux, demandez vous ce qui se cache en dessous…Vous baverez beaucoup moins et votre clavier s’en portera beaucoup mieux !

Et vous savez quoi ? J’ai toujours pas honte !! :-D

***

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