«Qu’est-ce que la possession
qu’un lent désir n’a pas précédée ?»
J. Lamarche
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Rédaction : Shiva Rajah
Scenario et Rewriting : Claude Neix (studio Gothika)
Illustration : Shiva Rajah d’après des illustrations de M.A. Sambre
Corrections : Les volontaires sont les bienvenus !
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La version non censurée de ce texte accompagnée d’une illustration inédite trop osée pour être publiée ici se trouvent dans le fascicule “Les interdits de www.ff7-yaoi-fanfics.com Tome 2″ (voir dans la boutique)
- Loz ? insista Tifa en posant la main sur sa joue. Qu’est-ce que tu as ? Tu me fais peur…
Avec un grognement sauvage, il l’écarta de l’épaule et asséna un coup de poing si violent dans le mur qu’un morceau de maçonnerie tomba à ses pieds.
- Loz ! s’affola la jeune femme. Qu’est-ce qui te prend ? Qu’est-ce que tu as ?
Pour toute réponse, l’argenté pressa ses deux mains sur ses tempes et, dos au mur qu’il venait de frapper, se laissa glisser jusqu’au sol avec un gémissement horrible, le visage déformé par quelque chose qui n’était pas loin de ressembler à de la douleur.
- Oh, mon Dieu ! Loz !
Elle voulut le serrer contre elle et l’aider à se relever mais il la repoussa brutalement, les yeux voilés de larmes.
- Ne m’approche pas !
- Qu… Quoi ?
- Je vais te faire du mal, Tifa, ne m’approche pas !
- Qu’est-ce que tu racontes ? Loz…
- Qu’est-ce qui se passe, ici ? s’écria Shalua, qui venait de sortir du laboratoire, alertée par le bruit. Qu’est-ce qu’il a ? demanda-t-elle en voyant l’argenté sur le sol.
- Je l’ignore ! hoqueta son amie, complètement affolée. Il a… il a changé d’attitude soudainement et… Je ne sais pas, Shalua. Je ne sais pas ce qu’il a !
Kadaj sortit à son tour du laboratoire et, évaluant la situation en un instant, se précipita aussitôt vers son frère.
***
Dans la bibliothèque, Vincent referma d’un geste rageur les rapports remis par Rufus et qu’il avait demandés à Elena la veille.
Il avait lu et relu les différents passages concernant le compte-rendu de l’incident qui avait fait annuler le décollage de la fusée de Cid, il y a plusieurs années, mettant par là même une fin définitive à son rêve d’aller dans l’espace et au projet spatial de la Shinra. Il avait décortiqué le texte jusque dans les moindres détails, cherchant la faille, mais n’avait rien trouvé.
Rien du tout…
Mais qu’espérait-il y trouver, en réalité ? Ce n’était pas la première fois que son intuition le trompait, après tout.
Que les rapports matériels aient confirmé l’anomalie détectée par Shera concernant les réserves d’oxygène de fusée, ce n’était cependant pas ce qui allait le faire changer d’avis sur elle, loin de là !
Si ces fichues réserves d’oxygène avaient explosé en vol, tout l’équipage de la fusée aurait été réduit en cendres et ça, Shera s’était toujours chargé de le rappeler à Cid et de le dire à qui voulait bien l’entendre. Oh, bien sûr, jamais de façon à avoir l’air de s’en vanter, bien au contraire. Plutôt en se présentant comme celle qui « avait gâché le rêve de l’homme pour qui elle aurait volontiers donné sa vie ! » La jeune femme avait peaufiné son rôle de « Sainte Shera Martyr » jusqu’à la dernière larme !
Vincent froissa une feuille de notes et la jeta rageusement sur le sol.
Pourquoi personne ne voyait clair dans le jeu de cette folle en dehors de lui ?
« Shera ? Mais enfin, Vincent, tu es fou ! Elle est la douceur même. »
« Avec Shera, Cid ne pouvait pas mieux tomber ! Mais la patience de cette femme sera mise à rude épreuve durant ce mariage, tu peux me croire ! »
« Comment Cid peut-il traiter une femme si gentille avec autant de mépris ? Il a beau être mon ami, j’avoue que je lui dirais volontiers ses quatre vérités à ce sujet ! »
Etaient-ils donc tous aveugles ?
Il poussa un profond soupir de dépit.
Il aurait tant aimé trouver dans ces rapports une raison inexcusable de rupture à ajouter au dossier de divorce - une erreur, un mensonge, un sabotage, n’importe quoi !
Non, en fait. Pas n’importe quoi. La confirmation de ce qu’il pensait depuis toujours : que c’était Shera qui avait saboté la fusée pour l’empêcher de décoller !
Si Cid avait été le premier homme à aller dans l’espace, il serait devenu un héros, une vedette… inaccessible pour elle, qui avait pourtant accepté de jouer les esclaves soumises durant des années pour pouvoir être seulement près de lui.
De l’amour ? C’est ce qu’elle croyait mais, à ce niveau, ça tenait plus de l’obsession psychotique que de l’idylle.
Cid avait beau essayer de le cacher, il savait très bien qu’elle n’accepterait jamais de divorcer. Pas sans qu’on lui force la main, du moins.
- Mon maître vous réclame et semble tourmenté, annonça Cait 9 en entrant dans la bibliothèque. Si vous me permettez la familiarité.
- Kadaj ? Qu’a-t-il donc ?
- Je l’ignore mais il m’a demandé d’accourir et, sans perdre de temps, de venir vous quérir.
Vincent rangea les rapports dans leur pochette cartonnée et les coinça sous son bras.
- Allons-y donc, fit-il en tendant sa main gantée au chat robotisé.
Cait la saisit et ils quittèrent la bibliothèque en direction du sous-sol.
***
- Loz ! Loz, regarde-moi. Regarde-moi !
Kadaj lui prit le visage dans les mains et le força à lever la tête.
- Elle est là, Kadaj ! haleta Loz, faisant blêmir Tifa et Shalua. Elle est revenue ! Je l’entends ! Elle essaye de s’imposer dans chacune de mes pensées !
Son frère le serra contre lui.
- Je le sais, mon frère. Je le sais…
- Jenova… murmura la jeune scientifique en se détournant avec un frémissement horrifié dans la voix.
Elle eut un geste aussi rageur qu’impuissant et Tifa, au bord de la nausée, s’appuya contre le mur du couloir.
- Oh, non… Elle ne va pas les reprendre ? Shalua, dis-moi qu’elle ne peut pas les reprendre !
A ce moment précis, Vincent descendit les dernières marches qui menaient au sous-sol en tenant Cait 9 par la main.
Devant le spectacle désolant qui s’offrit à lui, il comprit immédiatement de quoi il retournait.
- Elle n’a pas perdu de temps… soupira-t-il en s’accroupissant à côté de Loz et de Kadaj. Lui aussi ? demanda-t-il à ce dernier.
Kadaj acquiesça.
- Aussi ? s’étonna Shalua. Pourquoi ? Qui est l’autre ? Yazoo ?
Le benjamin de la fratrie leva vers elle un regard coupable et elle posa une main compatissante sur son épaule.
- Oh, poussin…
Cait, sentant la détresse de son jeune maître et que quelque chose de grave se passait, se glissa entre lui et son frère pour enlacer son cou de ses petites pattes velues.
- On ne la laissera pas faire, Kadaj, assura Vincent en gratouillant la tête du chat. Je te le promets.
- Loz est le plus fort d’entre nous, Vincent. Si même lui n’arrive pas à lutter, comment le pourrons-nous ?
Son aîné redressa la tête, le regard farouche et volontaire.
- J’ai lutté, assura-t-il. Si ce n’avait pas été le cas, Tifa serait morte, à l’heure qu’il est, ajouta-t-il, faisant hoqueter la jeune femme.
Profondément choquée par ces paroles, Tifa dut s’appuyer contre Shalua et l’ancien turk se tourna vers elle.
- Reprends-toi, Tifa, ce n’est pas le moment de flancher.
- Il a raison, ma grande, chuchota la jeune scientifique en serrant affectueusement les épaules de son amie de son bras valide. C’est maintenant qu’ils vont avoir besoin de nous.
Loz adressa à Tifa un regard à la fois accablé et coupable qui la bouleversa et, prenant son courage à deux mains, elle s’agenouilla à ses côtés pour enfouir son visage contre son cou.
- Je ne te ferai jamais de mal, Tifa, assura-t-il. Pas tant qu’il me restera une once de conscience qu’elle n’aura pas dévoré.
- Elle ne dévorera rien du tout ! promit Vincent. Nous l’en empêcherons. Jenova n’est pas invincible, loin s’en faut, et cette première bataille contre elle, tu l’as bel et bien gagnée, Loz.
Kadaj serra fortement Cait 9 contre lui, comme si l’affectueuse peluche était une amulette pouvant le protéger de Jenova.
Et elle l’était, en quelque sorte, puisqu’elle était la marque de l’amitié de Reeve et qu’elle lui rappelait à chaque instant, par sa seule et attendrissante présence, que lui et ses frères n’étaient plus seuls, désormais.
Mais cela suffirait-il ? Jenova était si forte…
- Et les prochaines batailles ? murmura-t-il avec un tremblement dans la voix. Qui les gagnera, Loz ? Elle ou nous ?
- Nous ! répondit Tifa à sa place. Nous tous. Et peu importe que nous ne sachions pour l’instant comment…
Vincent se leva.
- Dès que Reno sera sorti de la cuve, après le dîner, nous réunirons tout le monde en salle de conférence. Les hostilités sont ouvertes et nous devons serrer les rangs…
Tifa se blottit contre Loz et Cait leva un regard inquiet vers Kadaj et Shalua, quémandant une grattouille réconfortante.
***
Yuffie regarda sa montre et repoussa sa deuxième part de dessert, repue.
- Je descends voir Reno ! lança-t-elle à la cantonade en quittant la table du déjeuner. Je lui ai promis !
Cid avala son rapidement son café et se leva.
- Je vais avec toi.
Ils descendirent dans le sous-sol et frappèrent doucement à la porte du laboratoire.
Ce fut Cait 9 qui leur ouvrit.
- Mademoiselle. Cher Amiral, salua-il avec une petite révérence. Votre souci est médical ?
Cid roula des yeux et les leva au plafond.
- Ah non mais c’est carrément insupportable, cette façon de parler…
- On est pas malades, Cait, chuchota l’Utaïenne sans prêter attention à la réflexion du pilote. On vient voir Reno. C’est possible ?
Le chat acquiesça et s’effaça pour les laisser passer en mettant un doigt de sa petite patte devant sa bouche.
- Passez, passez et parlez bas, recommanda-t-il. Yazoo repose juste là.
***
Nu-pieds, vêtu d’un t-shirt noir et de son pantalon de cuir après une douche brûlante, Loz essayait de se détendre, allongé sur son lit.
Sans succès.
Il avait quitté la table du déjeuner sans attendre le dessert - espérant s’accorder quelques moments d’intimité avec Tifa - mais cette dernière était restée en bas et ne paraissait pas pressée de le rejoindre dans sa chambre, comme il l’avait espéré.
Pire : depuis presque une demi-heure que durait son attente, la voix dans son cerveau ne le laissait pas en paix, menaçant de le rendre fou.
« Elle ne viendra pas, Loz. » railla-t-elle « Cette peste ne sera satisfaite que lorsqu’elle t’aura brisé le coeur et enterré sous six pieds de gravats ! »
Il ferma les yeux et essaya de l’ignorer.
« Comme ce turk pour lequel ton jumeau a risqué sa vie ! Tu te souviens de l’explosion, dans le tunnel, Loz ? Tu te souviens des flammes ? De l’odeur de ta propre chair en train de se consumer ? Du bruit des os de Yazoo écrasés sous les blocs de ciment ? De la douleur ? Te souviens-tu de vos cris, Loz ? Ceux qui ont fait ça sont les mêmes que ceux qui voudraient te faire croire aujourd’hui qu’ils sont tes amis ! »
Il posa un oreiller sur son visage pour étouffer un gémissement.
- Mais tu vas te taire, à la fin !
« Je suis ta mère et mon devoir est de veiller à ce que tu ne… »
- Tu n’es pas ma mère ! Ma mère s’appelait Lucrecia !
« Mensonge ! Qui était là, lorsque vous aviez besoin d’aide : cette garce ou moi ? Qui a fait de vous des hommes puissants et redoutés alors que vous n’étiez que des expériences ratées ? Veux-tu redevenir une expérience ratée, Loz ? C’est ça que tu veux ? Parce que, pour eux, tu n’es et ne seras jamais rien d’autre ! »
- Je ne veux plus t’entendre !
« Il le faudra bien, pourtant, parce que je ne laisserai pas mon fils bien aimé être berné par une putain et une bande de fripouilles parvenues ! Tôt ou tard, j’arriverai à te faire entendre raison ! »
On frappa et Loz sursauta.
- C’est ouvert !
La porte s’entrouvrit et Tifa passa la tête par l’entrebâillement.
- Je peux ?
Il sourit, le coeur battant.
- Bien sûr, entre.
Il s’assit sur le lit et elle referma la porte pour s’y appuyer.
- Comment te sens-tu ?
Il haussa les épaules et grimaça.
- Elle se réveille de temps à autres. C’est à devenir complètement cinglé.
- Si seulement je pouvais faire quelque chose pour te soulager.
Loz prit sur lui pour faire bonne figure.
- Un câlin ne serait pas de refus, badina-t-il avec une petite moue espiègle.
Elle éclata de rire.
- Ca devrait pourvoir s’arranger ! Tu es parti comme une flèche, après le déjeuner.
- Je… En fait, je m’attendais à ce que tu me suives, quand je suis monté, avoua-t-il en détournant le regard, la gorge soudain sèche.
Jenova avait raison sur un point : il désirait Tifa à en être malade, comme il n’avait jamais désiré une femme. La souffrance provoquée par ce désir, c’est ce qui avait nourri l’entité. C’est en profitant de cette faiblesse que sa pseudo-mère avait failli le pousser à commettre le pire, un peu plus tôt.
- J’avais envie de prendre une douche et me changer, avant, murmura Tifa en verrouillant la porte pour que, cette fois, personne ne vienne plus les déranger. Je portais encore les vêtements d’entraînement de ce matin.
Les iris couleur de mako se plantèrent dans les siens et le monde qui l’entourait cessa d’exister…
***
Cid tapota doucement sur le cylindre en verre de la cuve de mako et Reno ouvrit les yeux.
- Salut, poil de carotte ! La baille est bonne ?
Le turk sourit et leva le pouce.
- Salut ! fit à son tour Yuffie en sortant de derrière le dos de Cid pour s’approcher de la cuve. Comment t… Oups !
Elle rougit brutalement avant de reculer de plusieurs pas et Kadaj pouffa derrière son écran.
Un : elle ne s’était pas attendue à voir Reno nu dans la cuve.
Deux : celle-ci étant surélevée d’une cinquantaine de centimètres et Yuffie surbaissée de vingt par rapport à la moyenne des femmes, elle s’était, pour ainsi dire, retrouvée le nez sur…
- Ce n’est qu’un pénis, du calme ! la brocarda le pilote, la faisant rougir plus encore. Dis-donc, Reno, t’es un vrai roux ? J’aurais jamais cru !
Le turk roula des yeux et son sourire s’élargit.
- Ne le fais pas rire, Cid, intervint Shalua en lui pinçant les fesses, ce qui fit hausser le sourcil à Reno.
Tiens, tiens… Se passait-il quelque chose entre ces deux-là ? Intéressant. Il faudrait qu’il examine le sujet de plus près une fois sorti de là.
- Bon, bah, contente de voir que tu vas bien, Reno ! Je te vois tout à l’heure pour dîner, hein ! fit précipitamment Yuffie avant de s’éclipser - ou de s’enfuir ? - les joues presque aussi rouges que les cheveux du turk.
Ce dernier agita la main et haussa les épaules.
- Je ne l’aurais pas crue si pudique, notre petite ninja… nota Shalua, follement amusée par la réaction épidermique de la jeune fille.
Kadaj, lui, trouva sa réaction plutôt émouvante et un sourire énigmatique étira ses lèvres pâles tandis qu’il se concentrait sur son clavier.
***
Tifa alla s’agenouilla à côté de Loz, sur le lit, pour suivre de l’index les formes un rien agressives des pattes argentées qui accentuaient les angles élégants de ses joues.
L’odeur sucrée du jeune homme l’enveloppa et elle caressa du bout des doigts ce visage à la beauté virile, farouche, et cette peau lisse et parfumée d’une pâleur onctueuse.
Loz sourit en fermant à demi les yeux.
Les reflets bleutés du froid soleil d’hiver qui pénétrait par l’entrebâillement des lourds rideaux faisaient chatoyer ses cheveux de mercure et se reflétaient sur sa peau, le transformant en statue d’électrum.
Le sourire de Tifa se fit caresse pour se poser sur sa pommette haute et elle se sentit soudain saisie d’une confusion qui n’était due qu’à l’émotion du moment.
- Je t’ai vue moins timide, murmura-t-il à son oreille.
« Oui, lorsqu’elle a essayé de te tuer, là-bas, à Midgar, elle était tout sauf timide… » persifla la voix dans sa tête. « T’en souviens-tu, Loz ? De souviens-tu de la haine, dans ses yeux ? »
« Mais tu vas la fermer, oui ! » répliqua-t-il en silence.
Tifa hocha la tête.
- C’est à mon tour de ne pas trouver les bons mots pour te faire comprendre à quel point tu m’attires et combien j’aimerais te le dire.
- Alors montre-le-moi…
Les mains de Loz se posèrent sur sa ceinture de cuir.
Souriant, il défit la boucle ainsi que le bouton de son pantalon et Tifa sentit une vague de chaleur remonter le long de son ventre. Puis il retira son t-shirt noir, dénudant son torse.
Sans la quitter des yeux, il fit descendre ses doigts de sa poitrine à son ventre, où ils dézippèrent la fermeture éclair. Puis ils se faufilèrent dans son pantalon pour le faire glisser sur ses cuisses et s’en débarrasser d’une torsion de reins.
Il ne portait aucun sous-vêtement.
Magnifique dans sa nudité, il se pencha sur Tifa et ses mains défirent un à un les petits boutons de son corsage. Sa bouche suivit bientôt ses doigts, se posant délicatement sur chaque pouce de peau dévoilée.
Ses lèvres traçaient un chemin de sensations contradictoires sur la peau de la jeune femme, frôlements assassins et caresses meurtrières, à la fois douces et douloureusement plaisantes.
« Ne fais pas autant de manières, Loz ! Ca ne te ressemble pas ! Et ce n’est pas ce qu’elle attend de toi, pauvre idiot ! Elle se sert de toi, es-tu donc si aveugle ? »
« Je t’ai dit de la fermer ! »
Après s’être débarrassé de la jupe longue et des bottes, il dégrafa le soutien-gorge, qu’il envoya valser au pied du lit, et fit glisser la petite culotte de dentelle le long des jambes fuselées.
Lorsqu’il s’allongea sur elle et que Tifa sentit la chaleur de sa peau contre la sienne, entièrement libérée de la barrière des vêtements, ce fut une intense brûlure qu’elle ressentit jusqu’aux tréfonds.
Le visage enfoui contre son cou, il mordilla tendrement le lobe de son oreille et un long frisson traversa le corps de la jeune femme. Le poids du corps de Loz, qui la pressait contre le matelas, l’enchanta, lui rappelant les sensations enivrantes et malheureusement interrompues de la nuit précédente.
Elle soupira et sourit, simplement heureuse de le sentir sur elle, pesant, fort, à sa place.
Tifa ouvrit brutalement les yeux.
Oui… il était à sa place.
Il se redressa légèrement et la regarda.
Un feu intense luisait dans son regard de félin. Un brasier effrayant d’intensité. Ses lèvres entrouvertes étaient gonflées et ses joues se teintaient d’une douce ombre rosée, comme s’il venait de courir. La veine, sur sa tempe, battait si violemment que Tifa craignit un instant de le voir s’affaler. Impression accrue par le souffle haletant et difficile qui s’échappait de sa gorge.
- Loz… murmura-t-elle, un peu inquiète.
Mais ces yeux-là n’étaient pas ceux d’un homme souffrant ou sous l’emprise d’une entité extra-terrestre. C’étaient ceux d’un homme dévoré par le désir. Un désir qui, lorsque qu’elle le décela, tordit les entrailles de la jeune femme en une agréable et sensuelle pression, faisant se dilater chacune de ses veines.
Le voir la désirer ainsi le rendait incroyablement désirable en retour et Tifa se sentit plonger dans un tourbillon de folie, une frénésie de concupiscence attisée par une trop longue abstinence. Une passion toute de brutalité et de domination forgée au grand feu de l’impatience. Si elle relâchait ne serait-ce qu’un peu le contrôle, ce serait violent… Effrayant… Animal… Le pire d’elle-même, cette partie masculine si bestiale qu’elle détestait d’autant plus chez les hommes qu’elle faisait partie intégrante de sa personnalité de combattante.
« N’attends pas ! » hurla la petite voix dans la tête de Loz. « Possède cette chienne en chaleur et débarrasse-toi d’elle ! »
« Non… »
Il se pencha vers elle pour prendre son visage entre ses mains et déposer un baiser passionné sur ses lèvres.
Un feu dévastateur enflamma les reins de la jeune femme.
« Plus bas, Loz. » insista la petite voix. « Serre cette gorge comme elle aurait tant voulu le faire avec toi, il y a deux ans ! »
« Jamais… Je ne lui ferai jamais de mal. »
« Bien sûr que si ! Parce qu’elle le mérite et parce que c’est dans ta nature, que tu le veuilles ou non ! »
« Tais-toi donc ! »
« Prends-là, allez, qu’attends-tu ? Glisse-toi entre ses jambes, soulage-toi et serre tes mains sur sa gorge ! »
« Tais-toi ! Tais-toi ! Tais-toi ! »
Il poussa un gémissement douloureux dans la bouche de Tifa et celle-ci couvrit son visage de baisers.
La jeune femme lui prit la main droite et la fit courir sur son corps jusqu’à ses seins et sa gorge avec un soupir expressif tandis que de l’autre, elle lui pinça cruellement les tétons, le faisant brutalement tressaillir.
- Tifa… haleta-t-il en lui saisissant le poignet de sa main libre.
Elle lui adressa une petite moue désolée, ne l’ayant pas cru si sensible à cet endroit…
« Regarde comme elle te traite ! Tu n’es qu’un jouet, pour elle ! Comme pour les autres !»
Il sentait battre la jugulaire de la jeune femme sous sa paume droite et il lova les doigts sur la gorge délicate.
« Montre-lui qui est le maître !»
Il serra un peu et elle le laissa faire, préférant continer de taquiner ses tétons si sensibles plus gentiment.
« Serre ! Mais serre donc ! Tu n’auras jamais de plus belle occasion ! C’est la femme qui a essayé de te tuer, Loz ! Ne l’oublie pas ! »
- Loz… susurra Tifa, si bas qu’il faillit ne pas l’entendre. Doucement. Tu… Tu m’étrangles.
Il ouvrit brutalement les yeux et voyant sa main puissante contractée sur le cou gracile, fut pris de panique. Par tous les démons de la planète ! Qu’était-il donc en train de faire ?
Il la lâcha immédiatement et recula.
- Pardon, je…
Il parut hésiter un instant, le souffle court, puis se pencha par dessus le bord du lit pour se saisir de son pantalon, qu’il avait jeté sur le sol.
La jeune femme se raidit, soudain blême, croyant qu’il allait se rhabiller et partir.
- Loz ? bredouilla-t-elle. Attends, que…
Il retira la ceinture de cuir des passants du vêtement et la lui tendit.
- Attache-moi, chuchota-t-il.
« Que fais-tu, Loz ? Es-tu fou ?»
Tifa écarquilla les yeux.
- Quoi ?
« Arrête ! Arrête ce jeu stupide immédiatement, Loz ! Au fond de toi, tu sais que j’ai raison ! »
Il s’allongea lentement sur le dos, sans la quitter des yeux, et saisit les barreaux du lit, au-dessus de sa tête.
- Attache-moi les mains, répéta-t-il, le souffle saccadé.
« Pauvre imbécile… »
Tifa n’en croyait ni ses yeux ni ses oreilles mais la simple perspective de soumettre ainsi cette force brute, de dompter cette créature si puissante était… terriblement excitant.
Jamais elle n’aurait imaginé qu’un homme tel que Loz, si viril, si dominateur, se prêterait à ce genre de jeu…
Mais était-ce un jeu ?
Elle plongea son regard dans les yeux mako et y lut du désir, bien sûr, mais aussi ce qu’elle interpréta comme de l’appréhension.
- De quoi as-tu peur, Loz ? demanda-t-elle en se penchant pour caresser son ventre de ses lèvres, le faisant frissonner de plus belle. De moi ?
- Non… répondit-il.
- De toi, alors ?
- Peut-être…
- D’elle ?
- Surtout.
Avec un pincement au coeur, elle déposa une pluie de baisers sur son abdomen.
- Jamais je ne la laisserai te reprendre, Loz… assura-t-elle d’une voix enrouée en caressant son corps magnifiquement découplé. Dis-moi ce que je dois faire. Dis-moi ce que tu veux…
Elle le vit déglutir avec difficulté, sa pomme d’Adam montant et descendant dans sa gorge serrée par le désir.
- Attache-moi et…
- Et quoi, Loz ?
Il ferma les yeux un instant, le coeur battant, et elle l’encouragea d’un baiser sur le coin de la bouche.
- Fais-moi l’amour…
Ces quelques mots, si insolites dans la bouche d’un homme, le ton suppliant, ses caresses, son odeur et son physique affolant allumèrent un incendie de concupiscence au creux du ventre de la jeune femme.
- Oh, Loz…
Ses prunelles brillèrent avec l’intensité que celles d’un oiseau de proie et elle attacha solidement ses poignets du jeune homme aux barreaux du lit, au-dessus de sa tête.
***
Appuyé à l’encadrement de la fenêtre, le corps nu portant encore les traces de la passion dévorante qui l’avait uni à Tifa, Loz regardait le soleil se coucher, le ventre noué et les yeux menaçant de déborder.
La voix l’avait réveillé et ne cessait de le harceler.
« Tu as eu ce que tu voulais, Loz. Es-tu soulagé pour autant ? Bien sûr que non parce que j’avais raison ! Tout ce qu’elle voulait, c’était profiter du plaisir que tu pouvais lui offrir ! »
« C’est faux… Elle n’a pensé qu’à moi. »
« Non, Loz ! Elle a fait de toi son jouet ! Sa chose ! »
« Non… »
« Mais qu’est-ce que tu crois, mon pauvre fils ? Qu’est-ce que tu espérais ? Qu’elle te ferait l’amour en te murmurant des mots doux à l’oreille et te ferait des promesses d’affection éternelle ? Ah ! Ah ! Ah ! Ouvre les yeux, Loz ! »
« Tais-toi ! Par pitié, tais-toi… »
« Non. Pas tant que je ne t’aurais pas rendu la raison. Cette fille est en train de te briser ! Elle va réduire ton coeur et ton âme en charpie pour son seul plaisir ! Débarrasse-toi d’elle, Loz ! Débarrasse-t-en ! »
« Je ne peux pas… »
« Bien sûr que si ! Pense à ce qu’elle a fait. A ce qu’elle a dit ! Elle n’a que les mots « désir » et « plaisir » à la bouche, lorsqu’elle parle de toi, Loz ! Rien de plus ! Tu n’es rien de plus pour elle qu’un corps destiné à lui donner du plaisir ! »
« Je ne peux pas… »
« Je te guiderai, mon fils… »
« Non… Je t’en supplie, non… »
Il ferma les yeux et prit une inspiration douloureuse.
- Loz ?
Il tressaillit en sentant les bras de Tifa lui enserrer la taille par derrière.
- Tu pleures ?
Elle faillit ajouter « mon amour » mais se mordit la langue à temps, sachant combien les hommes détestaient ce genre de petits noms dès le premier rapport sexuel.
La seule chose qu’ils craignaient plus qu’une piqûre ou une prise de sang était une femme sentimentale qui risquerait de leur passer la corde au cou, elle ne le savait que trop et en avait fait l’amère expérience avec Cloud.
- Non, je ne pleure pas.
Elle laissa une traînée de baisers le long de son épine dorsale en insistant sur les cicatrices de ses injections de mako.
- Pourquoi as-tu l’air si crispé, Loz ?
- Tifa… Tout à l’heure…
Elle discerna quelque chose dans sa voix, comme un reproche, qui lui noua le ventre.
- Oui ? demanda-t-elle, la gorge soudain serrée par l’appréhension.
- Ce n’était pas… Ce n’était pas que physique, pour toi, n’est-ce pas ?
La jeune femme eut l’impression de recevoir une gifle en pleine figure.
Et dire qu’elle l’avait cru différent des autres… Mais, non, Loz était comme tous les autres hommes. Coucher, d’accord, mais s’encombrer d’une femme qui risquerait de l’aimer et de nouer un fil à la patte, hors de question !
Elle pressa son front contre son dos en ravalant ses larmes, se demandant si elle devait répondre par la négative, d’un enjoué : « Mais non, voyons ! Que vas-tu imaginer ! Je ne voulais que passer un moment, comme toi. Si on remettait ça un de ces quatre ? ».
Au moins, comme ça, elle aurait une chance de vivre à nouveau avec lui des minutes aussi fortes que celles qui venaient de s’écouler. Oui, si elle cachait ses sentiments, elle pourrait…
Quoi ? Souffrir en silence durant des années, comme avec Cloud ? Attendre de sa part un amour qui ne viendrait jamais ? Vivre avec son absence quasi-permanente ?
Non, elle ne mentirait pas.
Et, après tout, Loz était tout à fait en droit de refuser son affection. N’était-ce pas elle, qui l’avait cherché, dans la chapelle ? N’était-ce pas elle, qui l’avait embrassé la première ? Elle qui l’avait séduit, en fait ?
Non, Loz ne lui devait rien. Rien du tout et ne lui avait fait aucune promesse. Elle n’avait pas le droit de l’enchaîner par des sentiments qu’il n’avait pas réclamés.
- Non, Loz, avoua-t-elle, le coeur brisé. Ce n’était pas seulement physique…
Elle le sentit se pétrifier entre ses bras et resserra son étreinte une dernière fois. Juste une dernière fois pour profiter encore quelques secondes de sa chaleur, de la douceur de sa peau et de son parfum.
Elle sentait battre son coeur à tout rompre contre ses seins et son souffle s’accélérer sous l’effet du choc et de la surprise.
Bon sang, c’était encore pire que ce qu’elle aurait pu craindre…
- Si ça te pose problème autant le dire tout de suite Loz, fit-elle en ravalant ses larmes. Dis-le avant qu’il ne soit trop tard parce que… Parce que je crois que je suis en train de tomber salement amoureuse de toi, tu sais…
Il pivota entre ses bras pour lui faire face mais elle n’osa pas lever la tête pour voir son expression.
Tête basse, elle le lâcha à regret, une douleur sourde au creux de la poitrine qui mettrait sans doute des mois à cicatriser… mais deux mains puissantes se refermèrent sur son visage pour l’obliger à plonger son regard couleur de châtaigne dans les yeux mako à présent scintillants de larmes.
- Surtout ne change rien pour moi, fit-il en souriant tandis qu’un flot salé se répandait sur ses joues. Oh, Tifa…
« Je le savais… Je savais qu’elle éprouvait quelque chose pour moi ! J’avais raison ! » hurla-t-il mentalement à Jenova, narguant la voix qui avait voulu le tromper. « Tu n’as jamais su que nous mentir et te servir de nous ! Mais c’est fini ! Bel et bien fini… Je ne te laisserai plus te mettre entre elle et moi. Ni entre moi et personne, d’ailleurs ! Va pourrir avec les charognes, Jenova ! C’est là qu’est ta place… »
Il serra Tifa contre lui à l’étouffer et quelque chose, comme si on lui avait injecté une pleine seringue d’oxygène, se répandit dans chacune de ses artères, purifiant, faisant chanter le sang dans ses veines. Il se sentait soudain si libre, si léger que si la jeune femme n’était pas agrippée à lui, il aurait pu s’envoler.
- Loz… Loz… murmurait Tifa comme un mantra, la joue pressée contre sa poitrine.
- Je suis là, Tifa… Je serai toujours là, pour toi… Toujours…
Le ravissement de la jeune femme était tel qu’elle crut sa poitrine sur le point d’éclater.
Tout comme éclatèrent au même instant, à des centaines de kilomètres de là, les vitres les détecteurs de la Shinra sous le cratère nord tant fut forte l’explosion de colère de Jenova.
Tifa l’avait terrassée comme on embrasse : en douceur, passionnément et sans hésitation aucune.
Le hurlement de rage de la calamité tombée du ciel agita la rivière de la vie jusqu’aux tréfonds.
Les remous provoqués par sa formidable colère vinrent baigner avec la douceur d’une vague d’été les pieds de Lucrecia, qui lui répondit par un rire clair débordant de joie.
Jenova venait de perdre son premier « fils ».
…à suivre
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